Merci à Nemerof91 pour sa review. J'espère que vous arrivez à lire cette fanfic sans problème, je vois que le site bugue, en ce moment. Parfois, avec certaines histoires d'autres auteurs, je ne peux pas accéder à certains chapitres. Je me demande ce qui se passe…
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.
Chapitre 28 :
En route
Lorsque le soir arriva, Lowen savait qu'elle ne pouvait pas rester plus longtemps cachée dans sa chambre.
Arwen arriva peu avant le dîner, lui annonçant que, pour célébrer la création de la Communauté de l'Anneau, une fête aurait lieu.
Pour l'occasion, Lowen devait donc se faire belle. Elle savait qu'elle ne pouvait y échapper, elle avait été choisie comme onzième membre du groupe.
Avec un soupir, elle laissa donc Arwen la préparer. Toutes les robes avaient été modifiées pour qu'elle puisse les porter sans cacher sa fleur.
Lorsqu'elle demanda à l'Elfe s'il ne valait pas mieux la dissimuler, la jeune femme lui rappela qu'elle devait confirmer les dires de Gandalf et Elrond à son sujet. Et, comme elle l'avait déjà dit, cette fleur n'était pas hideuse, loin de là !
Pleine d'appréhension, Lowen laissa son amie l'aider à la préparer.
Lorsqu'elle fut enfin prête, elle suivit Arwen hors de la chambre. Toutes deux empruntèrent le couloir menant aux jardins, puis le traversèrent jusqu'à rejoindre la salle où avait lieu le dîner en hommage aux futurs héros.
Sitôt arrivée devant la porte, Lowen s'arrêta. Arwen lui accorda un instant, puis toutes deux franchirent le seuil.
D'abord, personne ne remarqua rien de particulier.
Les yeux des convives se posèrent naturellement sur Arwen, la plus belle. L'Elfe avait revêtu pour l'occasion une belle robe blanche ornée de perles nacrées. Son magnifique pendentif en forme de fleur étoilée pendait à son cou, et un bandeau en diamants ornait ses cheveux.
Quand ce fut au tour de Lowen, la jeune fille inspira à fond. Vue de face, on ne voyait principalement que sa robe. D'un beau bleu tirant sur le violet, une ceinture de soie rouge ornée de motifs de fleurs dorés entourait sa taille. Ses cheveux avaient été relâchés, comme ceux d'Arwen, et un bandeau rouge orné de papillons en cristal était posé sur ses cheveux.
Mais lorsque la jeune fille s'avança davantage dans la salle, tous virent clairement la fleur qui s'épanouissait dans son dos.
Des murmures et des exclamations surpris s'élevèrent. Lowen prit sur elle pour rester droite et digne.
Qu'allaient faire ces gens ? Allait-on finir par lui rire au nez ou s'éloigner d'elle, jugeant qu'elle n'était qu'une anomalie ?
Un Elfe finit par fendre la foule et s'approcha en s'inclinant respectueusement. Lowen sourit en reconnaissant Glorfindel.
Il lui tendit la main. La jeune fille lui donna la sienne avec un sourire empli de gratitude.
Les Hobbits furent les seconds à la rejoindre, avec un sourire admiratif. Bilbon lui adressa un clin d'œil.
« Décidément, vous ne cessez de surprendre votre entourage, jeune Fille de la Fleur ! »
Lowen lui répondit par rire nerveux. Tandis qu'elle discutait avec Glorfindel et les Hobbits, elle sentit le poids des regards diminuer. Certains continuaient quand même à la dévisager, apparemment curieux, mais trop polis pour oser s'immiscer dans le groupe.
En bon jardinier, Sam ne put s'empêcher d'examiner la fleur et déclara qu'il n'en avait jamais vu de telle, qu'elle lui évoquait certaines espèces, mais rien ne correspondant parfaitement à celle-ci. Mais qu'elle était aussi magnifique !
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« Je comprends la cause de son isolement aujourd'hui », dit Aragorn.
Legolas hocha de la tête sans répondre. Ses yeux étaient rivés sur Lowen, emplis d'une grande surprise admirative. Il n'avait qu'à moitié cru Elrond et Gandalf, quand ceux-ci avaient révélé l'apparition d'une fleur dans le dos de la jeune fille.
Mais à présent, qu'il la voyait, il ne pouvait s'empêcher de s'interroger. Que pouvait donc bien être Lowen ? Une proche parente des Ents ?
Il l'ignorait, mais cela n'éveillait ni dégoût ni crainte en lui. Lowen lui apparaissait comme plus une Maia au service de Yavanna.
En voyant la jeune fille rire à une chose qu'avait dit Glorfindel, le prince ressentit une curieuse douleur dans sa poitrine, suivie d'un profond agacement.
Lowen semblait vraiment à son aise avec cet Elfe. Legolas ne le connaissait pas vraiment, il n'avait jamais vraiment osé l'approcher depuis son arrivée à Fondcombe. Glorfindel était l'un des plus anciens des Premiers Nés. Il se rappela qu'on le nommait seigneur de la Fleur d'Or.
Était-il possible qu'il se soit épris de la jeune fille ? Cette idée fit paniquer le prince. Arwen et Aragorn avaient déjà généré un scandale lorsque leur histoire d'amour était parvenue aux oreilles de leur entourage.
Et à l'idée que Lowen vive cela aussi, Legolas eut peur. Elle qui semblait désireuse de se faire discrète, avait-elle conscience de ce que cette relation pourrait déclencher ?
Comme s'il avait senti l'attention du prince, Glorfindel se tourna vers lui et lui adressa un froncement de sourcils accompagné d'un regard neutre. Non, il n'avait pas volé le cœur de la jeune fille. Et jamais il ne se permettrait une telle chose.
Rassuré, Legolas reporta son regard sur Aragorn, qui l'observait avec l'air inquiet.
« Qu'y a-t-il ? » demanda le prince.
« Rien », répondit le rôdeur sur un ton étonnamment neutre.
Il n'allait pas avouer à Legolas que cela faisait plusieurs minutes qu'il lui parlait, mais que le prince ne lui accordait plus son attention. Et en voyant la façon dont il fixait Lowen et Glorfindel, il avait deviné quelque chose… mais il refusait de le formuler à voix haute. Legolas lui-même ne semblait pas en avoir conscience.
Aragorn eut donc la sagesse de reprendre la discussion comme si de rien n'était, avant de finalement prendre congé du prince pour s'approcher de Lowen.
Cette dernière écoutait en souriant les Hobbits parler de leurs facéties à Hobbitbourg, quand elle se tourna vers le rôdeur.
« Vous êtes ravissante, ma jeune amie », dit-il avec un sourire.
« Merci… Aragorn. »
« Ah… Donc, vous êtes au courant. »
Lowen eut un haussement d'épaules. En effet, Gandalf lui en avait parlé, lors de son résumé sur le déroulement du conseil secret.
« On a tous nos petits secrets », dit la jeune fille en lançant un regard par-dessus son épaule aux pétales qui dépassaient.
« En effet. »
Le reste de la soirée se déroula de façon calme. Toutefois, Lowen nota que Boromir et Gimli ne l'avaient pas approchée. Ils semblaient plus déconfits que le reste de la foule. La jeune fille choisit de ne pas insister.
Elle avait réussi à passer une bonne soirée, il était hors de question qu'elle gâche tout.
Toutefois, après manger, elle choisit de s'isoler un instant dans les jardins. La lumière de la lune lui fit du bien. Elle se demanda si sa fleur en avait besoin, ou si les rayons du soleil seraient plus adaptés.
« Ma dame, veuillez me pardonner, mais puis-je m'entretenir avec vous un instant ? »
Lowen se tourna vers Boromir. Il l'avait apparemment suivie dehors.
« Bien sûr, de quoi s'agit-il ? » demanda la jeune fille.
« Je vous prie de m'excuser pour mon audace, mais je pense qu'il ne soit guère avisé de vous laisser participer à cette quête. »
Lowen plissa les yeux. Ah oui, bien sûr ! Elle se demandait quand est-ce que d'autres allaient argumenter sur sa présence dans la Communauté.
La jeune fille fut tentée de partager son opinion sur un ton bien froid, avant de réaliser que ce serait immature. Non, elle allait tenter une autre approche.
« Il n'y a rien à pardonner, seigneur Boromir, car je pense la même chose que vous. »
Stupéfait, Boromir ouvrit des yeux ronds.
« Je… Vous ne… Vraiment ? »
Lowen sourit. Apparemment, il avait préparé des arguments à opposer à sa réponse, mais la voir si coopérative l'avait désarmé.
« Je n'avais pas l'intention de me joindre à la Communauté, d'une part à cause de mon… lien avec Sauron, mais aussi parce que j'avais d'autres objectifs en arrivant à Fondcombe. »
« Lesquels ? »
« Je voulais retrouver mes frères. »
« Ah… Vous voulez dire dans cet autre… monde ? »
Il semblait déstabilisé à l'idée qu'il existe d'autres dimensions peuplées de gens totalement différents. Bien sûr, les habitants de la Terre du Milieu connaissaient l'existence de Valinor, mais bien qu'inaccessible aux mortels, cet endroit demeurait proche de leur plan d'existence.
« Oui. Je pense que ce serait plus sûr pour tout le monde si je retournais là-bas. L'Ennemi a tenté plusieurs fois de m'enlever quand j'étais petite. J'ai bien dit à Gandalf que c'était une très mauvaise idée de me laisser aller au Mordor, mais il semble persuadé que j'ai un rôle à jouer dans tout ça, que je le veuille ou non. Elrond le pense aussi. Alors, peu importe combien j'ai peur, je ne peux pas remettre en parole l'opinion de gens plus sages que moi. Et je ne peux pas abandonner les Hobbits, ce sont mes amis. S'ils ont besoin de mon aide, peu importe mes objectifs personnels, je continuerai le voyage avec eux. »
Boromir hocha la tête en silence, apparemment conscient que la jeune fille était sincère.
« Je comprends votre point de vue. Mais vous avez aussi un lien avec la Dame de la Lothlorien, qui est une alliée de la Lumière, n'est-ce pas ? Vous avez protégé les Hobbits lors de leur voyage jusqu'ici, et vous affirmez vous-même ne pas vouloir joindre vos forces à celles du Mordor, cela démontre bien que vous êtes de notre côté, et non celui de Sauron. »
« Vu comme ça… Mais vous n'étiez pas contre ma présence dans le groupe, il y a quelques minutes ? »
Réalisant son changement d'opinion, Boromir se passa la main dans les cheveux. Il parut en plein conflit intérieur, avant d'offrir un sourire rassurant à la jeune fille.
« Je pense comme vous qu'il serait plus sûr que vous vous cachiez, mais j'apprécie votre loyauté envers Gandalf et les Hobbits, tout comme votre courage. Pardonnez-moi, Lowen, je vous avais mal jugée. »
Surprise par son changement d'avis, Lowen lui offrit un sourire touché. Se rappelant les codes de bienséance en Terre du Milieu, elle lui fit une petite révérence.
Étant lui-même de la noblesse, Boromir lui répondit en s'inclinant, puis lui offrit son bras pour rejoindre les convives.
Bras que Lowen accepta.
Une fois de retour dans la salle de fête, elle décida de rester avec lui pour faire plus ample connaissance. Boromir lui parla du Gondor et de Minas Tirith.
Lowen l'écouta avec fascination. Lorsqu'elle était une simple adolescente sur Terre, sa mère lui avait raconté des histoires sur une cité blanche et ses habitants. Entendre Boromir en parler, en développant davantage ces récits d'enfance, suscitait en elle une flamme qu'elle avait presque oubliée.
Tandis que la soirée touchait à sa fin, la jeune fille se dit qu'en fin de compte, ce voyage avec la Communauté ne serait peut-être pas si terrible.
Le jour suivant, Elrond annonça au groupe que le départ de la Communauté aurait lieu dès que ses éclaireurs auraient fini de sonder la région.
Plusieurs guerriers et rôdeurs furent envoyés dans les quatre directions. Parmi eux se trouvaient Aragorn et les jumeaux d'Elrond.
Durant cette période d'absence, Lowen passa du temps avec les Hobbits. Le premier jour, ils étaient venus la voir et lui avaient demandé si elle pouvait leur apprendre des rudiments à l'épée.
Lowen était alors en pleine discussion avec Boromir, ils échangeaient des anecdotes sur leurs frères. Car oui, Boromir avait un frère plus jeune, Faramir, qui était resté au Gondor.
Boromir avait paru surpris que les Hobbits lui demandent de leur apprendre à se battre. Pippin et Merry lui avaient raconté son combat contre les araignées de la Vieille Forêt.
Soucieuse de ne pas vexer le Gondorien, Lowen avait décliné leur demande, d'une part parce qu'elle était encore en apprentissage, mais qu'en plus elle n'était pas sûre d'être une bonne pédagogue. Elle avait alors demandé à Boromir s'il voulait bien tenir ce rôle, même pour elle.
Ce dernier avait accepté. Mais Lowen ne participait pas toujours à ses leçons, car Gandalf lui monopolisait une bonne partie de ses journées pour continuer son entraînement magique.
Frodon non plus ne suivait pas beaucoup les cours d'escrime, car il était mal à l'aise en présence de Boromir. Il ne pouvait oublier la convoitise dont il avait fait preuve envers l'Anneau, lors du Conseil.
Durant l'entraînement avec Gandalf, Lowen réalisa que ses pouvoirs semblaient plus forts. Chaque fois qu'elle les utilisait, elle pouvait sentir une forte chaleur dans son dos, comme si sa fleur lui donnait de l'énergie.
Au bout d'une semaine, elle vit des pétales se détacher de son dos, tandis que les autres commencèrent à se friper.
Au bout de trois semaines, les derniers disparurent et la bosse avec eux. Il ne restait qu'une peau fine et sans protubérance, au grand soulagement de la jeune fille.
Aragorn et les jumeaux ne revinrent qu'un mois plus tard, et ne firent leur rapport qu'au seigneur Elrond.
Il fut décidé que la Communauté partirait une semaine plus tard.
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Lowen avait beau se retourner dans son lit, rien n'y faisait.
Elle était trop nerveuse pour arriver à dormir. Demain, elle aurait son combat dans la salle de simulation de la Tour Shinra. Cissnei serait là pour la superviser, mais elle craignait le verdict de Sephiroth.
Si elle échouait, allait-il annuler ses vacances à Costa del Sol avec ses frères et ses amies ? Oh non, elle espérait bien que non !
Soudain, la porte s'ouvrit dans un léger grincement. Inquiète, Lowen vit quelqu'un entrer. Lorsqu'il s'approcha, elle reconnut avec soulagement Kadaj.
« Eh, tu dors ? »
« Non. Qu'est-ce que tu fais là ? »
Le jeune homme avait enfilé une tunique de motard en cuir. Son sabre à deux lames, Souba, pendait à sa ceinture.
« J'arrive pas à dormir non plus, du coup je vais sortir me défouler sur quelques monstres. Ça te dit de venir ? »
Lowen ouvrit des yeux ronds. Faire le mur, la vieille de son évaluation ? Très mauvaise idée !
Mais elle devait reconnaître que le fait de rester éveillée et inactive dans sa chambre la rendait dingue.
Finalement, elle accepta. Elle fila se changer dans la salle de bains. Elle mit un jean, un pull, des bottines et un manteau. Une fois équipée de son sabre et son téléphone, elle retourna dans la chambre.
Kadaj et elle se faufilèrent en silence dans le couloir et marchèrent à pas de loup jusqu'à la cuisine.
Ils prirent la porte de sortie arrière du manoir et coururent à travers la pelouse, jusqu'à la grille. Une zone était couverte de lierre desséché, ce qui pouvait aider à l'escalader, pourvu qu'on soit doué pour cette activité.
Heureusement, c'était le cas des deux jeunes gens. Une fois de l'autre côté, ils coururent à travers la rue, passant devant des maisons plongées dans le noir, jusqu'à arriver devant une moto.
« D'où tu la sors ? » s'étonna Lowen.
Elle était vieille, la carrosserie était éraflée par endroits et la peinture avait pris une teinte kaki desséchée.
« Je l'ai prise dans un des garages de la tour Shinra. Elle était vieille, ils allaient la jeter. Du coup, je l'ai eu pour une bouchée de pain. »
Lowen ouvrit des yeux ronds.
« Mais t'as pas encore le permis ! T'as été recalé cinq fois. »
En effet, le jeune homme conduisait comme un chauffard, car il était accroc à la vitesse.
« Eh, je sais conduire ! Tu veux te changer les idées ou pas ? »
Refusant de se disputer avec lui, Lowen monta derrière lui sur le bolide. Une fois bien accrochée derrière lui, il fit démarrer la moto et ils se mirent en route vers les tunnels souterrains de la ville.
Tandis qu'ils roulaient, Lowen eut un léger sourire. C'était agréable de rouler sans personne d'autre sur la route. Bien que bruyant, le véhicule roulait en ligne droite, sans heurt.
Enfin, Kadaj s'arrêta. Ils étaient arrivés devant un vieux bâtiment abandonné.
Une enseigne en forme de quille de bowling était visible sur la façade.
La porte était condamnée avec des planches en bois, mais Kadaj lui fit signe de le suivre.
Ils contournèrent le bâtiment et trouvèrent la trappe de la cave à moitié détruite.
Le jeune homme passa en premier, puis lui fit signe de le suivre.
Une fois à l'intérieur, Lowen fut agressée par une odeur de moisissure et d'urine de chat.
Kadaj utilisa la lumière de son téléphone pour les guider à travers des cartons humides jonchant le sol, jusqu'à un escalier qui menait à la salle principale.
Ici, l'endroit sentait moins mauvais. Des tables et des chaises couverts de toiles d'araignées jalonnaient la salle.
Quelques lampes s'étaient décrochées du plafond et les débris jonchaient le sol.
Lowen balaya l'espace du regard et soupira.
« Ça devait être chouette lorsque cet endroit était encore utilisé. »
Kadaj acquiesça, puis lui montra du doigt le plafond. Une énorme figurine de boule de bowling, dotée d'yeux et d'un sourire édenté, y était accrochée.
« Tu crois que tu pourrais l'escalader ? Elle est creuse, je parie qu'il y a des trucs dedans. »
Lowen en fut surprise, mais elle comprit que son frère lui proposait un défi.
Elle regarda autour d'elle, et avisa un échafaudage pas très loin de la figurine. Il était peut-être rongé par l'humidité… mais peut-être qu'elle avait une chance, vu qu'elle était légère.
Elle grimpa dessus, puis elle avisa un néon qui pendait à des fils, à côté d'elle.
Elle posa prudemment un pied dessus, puis le deuxième. L'appareil supportant son poids, elle continua de marcher jusqu'à se retrouver face à la sculpture.
Elle la fit pivoter, jusqu'à se retrouver face à la bouche, et sourit. Des matérias brillaient à l'intérieur !
Toute contente, elle plongea le bras dedans quand le plafond au-dessus d'elle émit un grincement.
« Lowen, fais gaffe ! » cria Kadaj.
Elle n'eut pas le temps de lui répondre, le néon se détacha du plafond et tomba.
Lowen se rattrapa de justesse à la bouche de la figurine, mais celle-ci céda également. Toutes deux tombèrent dans un épais nuage de poussière.
Affolé, Kadaj s'approcha en balayant l'air de sa main, et vit Lowen à cheval sur la boule. Sa base s'était fendue en touchant le sol, mais le haut demeurait intact, ce qui avait amorti sa chute.
« T'as rien ? » s'inquiéta le jeune homme.
« Non ! Heureusement… »
Elle fit un geste du bras pour le rassurer, mais cela modifia son poids. La boule roula sur le côté.
Cette fois, Kadaj eut le bon réflexe de rattraper Lowen avant qu'elle touche le sol, et la posa délicatement près de lui.
« J'aurais peut-être dû trouver mieux comme défi », dit le jeune homme en se grattant la nuque.
« Non, c'est cool ! Regarde… »
Elle lui tendit son butin : une matéria rouge et une autre jaune.
« Joli ! » dit le jeune homme avec un sourire.
Après cela, ils se dirigèrent vers le comptoir et vérifièrent la caisse. Bien sûr, elle était vide.
Kadaj trouva des bouteilles de bière intactes et, avec un sourire malin, fit mine d'en goûter une, mais Lowen l'arrêta, ce qui le fit rire.
Tous deux montèrent ensuite à l'étage. Le toit s'était écroulé, laissant voir le ciel.
Lowen fut surprise de voir que ce soir, les nuages de pollution de Midgar avaient diminué, laissant voir les étoiles.
Assis l'un à côté de l'autre, ils admirèrent le ciel en silence.
« C'est comme dans tes histoires ? » demanda Kadaj.
« Quoi ? »
« Tu te souviens, tu avais raconté des histoires sur la Terre, une fois. Des histoires d'apocalypse, où les gens explorent des bâtiments abandonnés, comme cette série sur les zombies… »
« Ah… The Walking Dead et Warm Bodies. »
« Oui, voilà ! Ça y ressemble un peu, non ? »
Lowen sourit. En effet, on aurait pu s'y croire. Deux adolescents sans surveillance, armés de sabre, qui exploraient de vieilles maisons abandonnées pour y trouver des choses utiles…
La jeune fille eut un soupir nostalgique. La Terre… Autrefois, jamais elle ne se serait imaginé faire des choses aussi spéciales.
Parfois, celle qu'elle avait été lui manquait. Jodie Bennett n'était peut-être pas riche, sœur de trois garçons aux cheveux argentés, avec des amies fidèles et un grand manoir comme maison.
En fait, ce sont mes parents qui me manquent, surtout ma mère.
Son père… Il lui apparaissait de plus en plus comme un concept flou, tant ses souvenirs de lui étaient rares.
« Tu crois qu'un jour, ça arrivera ? » demanda Lowen.
« Quoi donc ? »
« Que la Shinra aura tant aspiré la force vitale de la planète, avec ses réacteurs, qu'on vivra une espèce d'apocalypse où ce monde est desséché, et où les survivants se battent pour les restes ? »
Kadaj fit la moue. Loin de paraître amusé, il parut songeur, ce qui inquiéta Lowen. D'habitude, il prenait plutôt les choses à la rigolade.
« J'ai de drôles d'idées qui me viennent, parfois », admit le jeune homme. « Comme si… il fallait que je trouve quelque chose… ou quelqu'un. Et que pour ça, il faudrait que je sème la destruction. »
Lowen ouvrit des yeux ronds. Kadaj lui offrit un sourire penaud.
« Oh, t'inquiète, je sais que c'est complètement insensé ! C'est juste… je ne sais pas, j'ai souvent l'impression que ça ne vient pas de moi, plutôt… qu'on me les souffle. Bah, c'est sans doute à cause des anciens discours de Hojo, du temps des labos ! »
Lowen lui rendit son sourire.
« Oui, sans doute. De toute façon, si c'était l'apocalypse, on affronterait tout ça ensemble. »
« Exactement ! Ensemble… »
Dans un silence plus tranquille, ils reprirent leur observation du firmament.
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Lowen s'éveilla en sursaut.
Ce rêve… Elle n'aurait jamais cru qu'elle rêverait du passé, après tout ce temps passé à Fondcombe.
La main sur le cœur, elle eut un soupir fatigué. Sephiroth et ses frères lui manquaient.
Prise d'une impulsion, elle tendit la main vers sa table de nuit et prit son téléphone. Elle fit défiler les photos et fut rassurée en voyant le visage des membres de sa famille d'adoption.
Tenez bon, les garçons, je vais vous retrouver ! Je le jure, pensa Lowen.
Elle se rappela alors qu'aujourd'hui était le jour J.
Peu avant que le soleil se lève, Arwen arriva dans sa chambre pour l'aider à préparer ses bagages. Elle lui fit mettre une tunique de voyage elfique, un sac avec quelques vêtements de rechange et un savon.
La jeune fille avait toujours son sabre et son téléphone, sans oublier ses matérias.
Lorsqu'elle descendit dans la cour, elle vit que les Hobbits étaient déjà prêts. Sam vérifiait que les sacs de vivres étaient bien attachés sur le dos de Bill, son poney.
Boromir et Gimli étaient là aussi, attendant en silence que le reste du groupe les rejoigne.
Alors que Lowen se dirigeait vers eux, elle vit Arwen se retourner et s'éloigner sans un mot. La jeune fille le vit rejoindre Aragorn.
Comprenant qu'ils avaient besoin de se dire au revoir en privé, la jeune fille rejoignit le groupe.
Legolas arriva peu après, suivi de Glorfindel et Elrond.
Ces deux derniers s'approchèrent de Lowen et la prirent à part.
« Prenez ceci, en gage de nos souhaits de bonne chance », dit Elrond.
Glorfindel lui tendit une ceinture en cuir elfique, dotée de motifs de fleur dorés.
Émue, Lowen troqua sa vieille ceinture contre celle-ci, et y attacha son sabre dans son fourreau.
Glorfindel s'approcha ensuite pour la serrer dans ses bras. Lowen en fut aussi surprise que touchée. Les Elfes n'étaient pas d'un naturel démonstratif, mais il était vrai que celui-ci était différent. Et comme elle, il avait traversé la mort pour revenir avec tous ses souvenirs, afin de continuer son combat contre l'Ombre.
« Puisses-tu trouver ce que tu cherches lors de cette quête, ma jeune amie. »
Lowen n'était pas sûre de comprendre ce qu'il disait, mais elle le remercia malgré tout.
Quand elle se tourna pour rejoindre le groupe, elle vit que Legolas l'observait fixement. Elle se demanda pourquoi, quand elle vit Aragorn les rejoindre.
Il semblait d'humeur fort sombre. Arwen arriva peu après, accompagnée d'autres Elfes et de Bilbon.
Lowen eut un mauvais pressentiment. Pourquoi semblaient-ils tous deux si maussades ? Ce n'était pas la première fois qu'Aragorn quittait Fondcombe pour risquer sa vie contre les Orques, mais là, la belle dame Elfe semblait vraiment triste.
Le seigneur Elrond annonça que les chacun des membres de la Communauté pouvait rester, revenir, ou prendre d'autres chemins selon l'occasion, insistant sur le fait qu'aucun serment ni aucune obligation ne les liait à leur quête.
Bilbon bégaya « bonne chance », tant il claquait des dents à cause du froid hivernal.
« La Communauté attend le Porteur de l'Anneau. »
Surpris, Frodon marcha vers l'arche marquant la sortie de Fondcombe. Alors qu'il s'y engageait, il vit deux chemins s'ouvrant devant lui.
« Gandalf… le Mordor, c'est à gauche ou à droite ? » chuchota-t-il au magicien.
« À gauche », souffla Gandalf.
Juste derrière eux, Lowen eut un sourire intérieur, mais n'en fit rien. Ils partaient pour le Mordor.
