playlist du chapitre : « Tundra » et « Serenity » de Ola Gjeilo.


A la fois à son grand soulagement, et à sa grande déception, Putiphar respecta le souhait de Joseph, et ne revint plus le visiter. A son grand soulagement, parce que Joseph n'avait aucune envie de le revoir. La douleur était trop forte, la blessure trop profonde. Et il n'avait aucune envie de reconnaître le courage qu'avait eu le vieil homme de venir admettre ses torts, aucune envie d'admettre qu'il avait honte des mots qu'il avait prononcés, aucune envie de reconnaître qu'il revoyait encore et encore le regard tourmenté et blessé de Putiphar durant sa visite. Il n'avait pourtant rien fait de mal : dans l'histoire, c'était lui, la victime, et on ne pouvait tout de même pas lui reprocher d'en vouloir à un homme qui avait sciemment voulu le tuer !

A sa grande déception, parce que malgré tout le mal qu'il lui avait fait, une partie de lui voulait désespérément que son père – qui n'était pas son père, quand se mettrait-il cela dans le crâne ?! – se batte pour lui, lui donne de ses nouvelles, ne l'abandonne pas à nouveau. Il ne pouvait pas s'empêcher d'être blessé et déçu que l'Egyptien accepte si facilement de ne plus le revoir, ne proteste pas davantage. Joseph comptait-il vraiment si peu ? Pourtant, le chagrin, le remord et la douleur dans les yeux de Putiphar avaient été bien réels. D'une certaine manière, même s'il ne lui avait jamais rien refusé du temps où Joseph vivait chez lui, c'était la première fois que Putiphar lui demandait franchement ce qu'il voulait. C'était trop tard, mais en se pliant à ce choix qui manifestement lui coûtait, Putiphar lui accordait non plus de l'estime, mais du respect. Et si Joseph avait été honnête avec lui-même, il aurait reconnu que cette idée était pour lui un véritable réconfort.

Dans sa rancœur cependant, il essaya de se convaincre qu'il était pleinement indifférent à Putiphar. Et quand Paneb, quelques jours après la visite de l'Egyptien, lui attribua une cellule individuelle – un luxe normalement réservé aux prisonniers de marque – où il pouvait travailler, prier et cauchemarder en paix, sans craindre de déranger un codétenu, il s'interdit d'y voir autre chose qu'une coïncidence, le salaire de son travail. Putiphar n'avait certainement rien à voir avec cette faveur. Ce n'était de même qu'une coïncidence s'il avait reçu en même temps que sa cellule un pagne neuf, et une couverture supplémentaire – la prison était aux portes du désert, et les nuits y étaient souvent glaciales. C'était encore une coïncidence si Paneb le laissait désormais circuler à sa guise dans l'enceinte de la prison, le laissait travailler sans surveillance, et l'autorisait même à garder son matériel de scribe, couteau compris, dans sa cellule.

Il parvint à ne pas poser de questions quand Nani vint le voir, quelques semaines plus tard. Quand Asenath revint le visiter en revanche, il ne tint que quelques instants avant de demander des nouvelles de Putiphar, d'un ton qui se voulait dégagé. Asenath, qui le connaissait trop bien, lui adressa un regard mi-ironique, mi-agacé avant de répondre. Putiphar était mélancolique. Il vieillissait, et vivait dans le regret. Il ne parlait pas de son ancien serviteur, mais il avait libéré tous les esclaves qui étaient chez lui depuis plus de sept ans.

Joseph hocha la tête. Il était un peu blessé que Putiphar libère les autres mais pas lui. Puis il se rappela qu'il s'était comporté comme un enfant boudeur, et avait interdit à son ancien maître d'intercéder pour le faire libérer : il ne pouvait pas vraiment en vouloir à l'Egyptien de faire ce qu'il lui avait demandé. Il profita de cette nouvelle pour changer de sujet : comment se passait la moisson ? Asenath leva les yeux au ciel avant de répondre, mais s'abstint de commentaire. Sans doute sentait-elle que le jeune homme était plus affecté qu'il ne voulait le laisser paraître. Il ne doutait pas que s'ils avaient eu plus de temps, elle lui aurait donné son avis sur la question, mais ils n'avaient pas de temps à perdre à se disputer. En le quittant, elle se retourna subitement :

- Je ne sais pas si tu dois pardonner à mon oncle, je ne me mêlerai pas de vos histoires, et je ne répondrai qu'aux questions que tu auras posées. Mais si tu veux, je veux bien lui porter un message de ta part.

Joseph ne prit pas le temps de réfléchir. Il était toujours en colère, n'avait rien à dire à Putiphar, et aucune envie de le voir.

- Non. Je ne veux plus avoir affaire à lui, répliqua-t-il, la gorge nouée.

- D'accord, soupira-t-elle.

Elle lui embrassa la joue, et partit. Il la regarda partir avec un peu de mélancolie, puis se remit à l'ouvrage. Il avait juste le temps de finir ses comptes avant d'aller servir le repas du soir. Comme il avait de bonnes manières et que Paneb le jugeait digne de confiance, on le chargeait depuis quelques temps de servir les quelques détenus de haut-rang qui peuplaient occasionnellement la prison. Il s'agissait la plupart du temps de serviteurs de Pharaon et de dignitaires soupçonnés d'avoir agi directement contre le roi, qui attendaient que celui-ci prenne une décision définitive les concernant. Ils ne restaient jamais très longtemps : ils étaient parfois libérés et blanchis, ou pardonnés, parfois condamnés à l'exil, ou plus souvent, condamnés à mort. Dans tous les cas, ils demeuraient de haut-rang, et il n'était pas question de les mettre au travail avec les détenus de droit commun.

En plus de ses devoirs de scribe, quand de tels prisonniers de marque étaient présents, Joseph était donc chargé de leur apporter leurs repas. Par la force des choses, il se trouvait souvent en position de confident de ces hommes. Il n'avait pas une très haute opinion de la plupart d'entre eux car les conspirations étaient monnaies courantes, mais comme lui avait rappelé Asenath, ses yeux bleus étaient perçus comme la marque d'Horus, dieu de la Vérité, et il n'était pas rare que les coupables se confessent à lui. Trop inquiets de leur propre sort, cependant, la plupart ne s'intéressaient à lui que dans la mesure où il prêtait une oreille compatissante à leurs plaintes, sans se préoccuper de son histoire. Ils retenaient son nom le temps de leur emprisonnement, mais Joseph ne doutait pas que ceux qui ressortaient vivants l'oubliaient sitôt passée la porte de la prison. Il ne s'en offensait pas, et trouvait son compte en apprenant ce qu'il pouvait des confidences qu'il recevait. Avec le temps, il lui semblait qu'il développait une assez bonne mesure de la politique de la cour, du moins pour quelqu'un qui n'y avait jamais vécu, et n'y vivrait jamais.

Il y avait présentement deux prisonniers d'assez haut-rang : il s'agissait du boulanger et de l'échanson royal. Ils étaient emprisonnés pour avoir fauté devant Pharaon, mais Joseph aurait été bien en peine de dire quelle faute ils avaient commise. C'étaient des détenus assez standards, plutôt réservés, qu'on avait placés dans la même cellule pour qu'ils se tiennent compagnie le temps de leur emprisonnement, et Joseph se doutait qu'ils ne resteraient guère longtemps.

Un matin, quelques jours après la visite d'Asenath, il fut frappé en apportant le premier repas de la journée par l'angoisse et la tristesse qui régnaient dans la cellule. Par habitude, il demanda aux deux hommes s'ils avaient bien dormi, mais ils ne répondirent pas. Joseph servit le déjeuner sans insister : ce n'était pas sa place. Mais au moment où il allait sortir, il se retourna, soudain persuadé qu'il était essentiel, vital même, qu'il insiste. C'était la même certitude qu'il avait eue, des années plus tôt, quand Huy lui avait demandé s'il savait lire. Il avait été plutôt bien inspiré de suivre son intuition à l'époque. Patiemment, il interrogea les deux hommes : qu'avaient-ils tous les deux ? Pourquoi étaient-ils si bouleversés ?

A force d'insistance, il obtint une réponse. Chacun des deux hommes avait eu un songe dans la nuit, qui le tourmentait. Joseph marqua un temps d'arrêt. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas eu affaire à des messages divins, mais il avait toujours eu une accointance avec les rêves. Prudemment, il pria les deux hommes de lui raconter leurs rêves. Un fardeau partagé est toujours moins lourd à porter.

L'échanson se laissa convaincre le premier. Il avait rêvé d'une vigne portant trois sarments, qui donnaient de belles grappes bien mûres. Il les cueillait et en faisait du vin pour Pharaon. Joseph soupira de soulagement. La signification du rêve était claire, très claire même.

- Dans trois jours, dit paisiblement Joseph, Pharaon te pardonnera et te libérera. Tu seras libre et rétabli à ta charge. S'il te plait, ajouta-t-il sans savoir pourquoi, quand tu seras auprès de Pharaon, parle-lui de moi, car j'ai été enfermé ici pour un crime que je n'ai pas commis.

Le boulanger raconta alors son propre rêve. Il s'était vu, portant trois corbeilles de pain et de gâteaux pour Pharaon, mais les oiseaux venaient les renverser et en picorer le contenu sans qu'il ne parvienne à les chasser. En entendant cela, Joseph ferma les yeux et se mordit les lèvres. A nouveau, le présage était terriblement clair, mais il n'y avait pas de manière douce de l'annoncer.

- Je suis désolé, reprit-il doucement. Encore trois jours, et Pharaon te reconnaîtra coupable. Tu seras pendu. Je suis vraiment désolé.

Le boulanger s'assit lourdement sur sa couchette, le teint cendreux, tandis que l'échanson le regardait d'un air effaré.

- Je suis vraiment désolé, répéta Joseph en quittant précipitamment la pièce.

Une fois dehors, il se retint au mur, bouleversé. D'où lui étaient venues ces inspirations, ces prophéties ? Il avait eu des rêves qu'il avait cru prophétiques dans son enfance, mais à part de petits songes sur des sujets triviaux, aucun ne s'était réalisé jusqu'à présent. Il ne dominait ni son père, ni ses frères, bien au contraire. Il n'était pas le mari d'Asenath, il n'était ni honoré, ni respecté. Et pourtant, l'interprétation des songes du boulanger et de l'échanson était limpide ! Bah, pensa-t-il en s'obligeant à reprendre son souffle. Il verrait bien assez vite si ses prophéties se réalisaient.

Les jours suivants furent tendus, mais le troisième, tout ce qu'avait prédit Joseph se réalisa. Le bourreau royal vint chercher le boulanger pour le mettre à mort, tandis que l'échanson réintégrait le palais. Le Seigneur lui parlait donc à nouveau, comprit Joseph avec stupeur. Ce soir-là, assis sur sa couchette, il s'obligea à analyser tous les songes qu'il avait eus au fil des ans. Il avait eu des rêves très angoissants les quelques nuits précédant la trahison de ses frères, et il avait vu les ténèbres l'engloutir quand Zuleika avait tenté de le séduire. Était-il seulement possible que ce qu'il avait vu dans les rêves de sa jeunesse s'accomplisse un jour ? Il était encore jeune, après tout, il avait à peine 28 ans. Mais il était esclave ! Il était en prison ! Son père, le vrai, Jacob, le croyait mort depuis longtemps. Comment se pouvait-il qu'il sorte un jour de cette prison, honoré et respecté, qu'il épouse sa bien-aimée, qu'il domine un jour son père et ses frères ?

- Rien n'est impossible à Dieu, lui souffla la brise légère alors qu'il s'endormait.

Il médita de longs mois sur ces songes. Que voulait lui dire le Seigneur ? Voulait-Il seulement lui rappeler qu'il n'était pas seul ? qu'il n'était pas oublié ? Il l'ignorait. Mieux valait s'abandonner dans la main de Dieu, décida-t-il finalement, l'esprit en paix. Il ignorait le plan du Seigneur, et sans doute était-ce pour le mieux. Il n'avait pas besoin de preuve pour placer sa confiance en Dieu, et il ne doutait qu'un jour, il comprendrait.

Il préféra ne pas en parler à Asenath quand elle revint le visiter, ni les fois suivantes. Il ne lui parlait pas de ses rêves, de ses espoirs renouvelés, de même qu'il ne lui parlait pas d'amour. Si ses espoirs s'avéraient une nouvelle fois déçus, il ne voulait pas la faire souffrir en vain. C'était une chose qu'ils partagent un amour chaste et silencieux, c'en était une autre de rêver de plus. A la place, il demandait des nouvelles du domaine, et en passant de Putiphar. Il vieillissait, disait Asenath. Il parlait peu. Elle l'entendait parfois pleurer la nuit. Était-il certain de ne pas vouloir qu'elle convoie un message à son oncle ? Joseph refusait chaque fois. Un jour, oui, bientôt, peut-être. Mais pas encore. Pas maintenant. La blessure n'était pas encore refermée. Mais chaque fois, il sentait sa volonté vaciller un peu plus, et il savait bien que ce n'était qu'une question de temps avant qu'enfin, il pardonne au vieil homme, et ne demande humblement que celui-ci revienne le visiter. Peut-être, si Putiphar revenait, ou lui envoyait un message… Il attendait quelque chose, un signe peut-être, mais il ignorait quoi.

La vie en prison suivait son cours, immobile, et pourtant, Joseph avait le sentiment confus que quelque chose avait changé. De même qu'il avait vu les ténèbres arriver et l'engloutir quand Zuleika avait tenté de le séduire, il lui semblait qu'il était sur le point de sortir de la nuit. Était-ce de savoir que Putiphar regrettait profondément le mal qu'il lui avait fait, et sentir la blessure de cette trahison enfin cicatrisée ? Ou était-ce avoir la preuve que Dieu lui parlait encore, que vraiment il n'avait jamais été abandonné ? Il l'ignorait, mais il se sentait plus en paix qu'il n'avait jamais été. Il savait, il sentait que l'aurore était proche. Déjà, il distinguait à l'horizon les premières touches de rose qui annoncent le lever du soleil.

Près de deux ans s'étaient déjà écoulés depuis sa prophétie quand il s'en ouvrit enfin à Asenath. Il avait eu un songe cette nuit-là. Il avait vu le soleil se lever sur un immense champ de blé au bord du Nil. Il lui raconta les rêves de l'échanson et du boulanger, et les rêves de sa jeunesse.

- Je crois que le jour est tout proche, lui dit-il en lui prenant timidement la main. Ce ne sera plus très long, désormais.

- Je t'attendrai aussi longtemps qu'il le faudra, assura-t-elle avec un sourire radieux.

Et il eut toutes les peines du monde à ne pas l'embrasser. Ce n'était plus un rêve, c'était une certitude : un jour, très bientôt, il le sentait, il serait à elle et elle serait à lui. Enfin, il posa ses habituelles questions sur le domaine, et sur Putiphar. Elle répondit comme à l'accoutumé.

- Es-tu certain que tu ne veux pas que je lui porte un message de ta part ? ajouta-t-elle, plus pressante. Vous vous manquez tant l'un à l'autre. Un aveugle le verrait.

Il hésita en se mordant les lèvres. Elle avait raison, comme toujours, même s'il n'avait aucune envie de le reconnaitre. Rien ne l'avait jamais autant blessé que le rejet de Putiphar, précisément parce qu'ils avaient été si proches. Mais il se sentait encore un peu en colère, et surtout, il avait peur. N'était-ce pas trop tard ?

- Est-ce qu'il a demandé de mes nouvelles ? demanda-t-il pour gagner du temps.

- Il ne demande rien, reconnut Asenath. Mais il écoute attentivement quand on donne des nouvelles de toi. Nani m'a dit qu'elle avait trouvé dans sa chambre une tunique qu'il t'avait offerte, et moi, je l'entends pleurer la nuit en appelant ton nom.

- Tu peux lui dire…, commença Joseph d'une voix tremblante. Tu peux le saluer de ma part.

Pour une première fois, cela suffirait. Il aviserait si Putiphar revenait le visiter. Elle acquiesça avant de l'embrasser sur la joue. Pour la première fois en plusieurs années, il la retint, le temps de lui donner un vrai baiser, lui tirant un petit rire ravi.

- A la prochaine fois, ma colombe, dit-il doucement. Que Dieu te garde.

- Que Dieu te garde aussi, bien-aimé, répondit-elle, souriante, en sortant.


Les jours passèrent, et il en était de plus en plus certain, il le sentait dans sa chair : le jour était tout proche. Il ne resterait plus très longtemps dans cette prison. Bien sûr, il ne savait pas combien de temps précisément, et il avait toujours des devoirs à remplir pour Paneb. Mais il lui paraissait soudain urgent de terminer certains ouvrages, de mettre à jour son système de classement, de vérifier qu'un remplaçant aurait tout le nécessaire pour continuer son ouvrage sans encombre.

Puis, un matin, Joseph se réveilla, habité d'une certitude : c'était aujourd'hui. C'était le dernier matin qu'il se réveillait dans cette prison, et toute sa vie n'avait jamais été qu'en préparation de ce jour. Ce soir, il ignorait où il serait. Peut-être serait-il mort, songea-t-il soudain, mais même cette pensée ne l'angoissa pas. Il était en paix avec lui-même et avec le Seigneur. Comme chaque jour, il dit ses prières, se prépara, rangea soigneusement sa cellule, et accomplit ses tâches. Il n'entreprit cependant rien de nouveau. Il n'était plus temps, l'heure approchait. La matinée était bien avancée et il terminait les comptes de la semaine, quand la porte de sa cellule s'ouvrit. Deux hommes entrèrent, deux officiers de la garde de Pharaon, à en juger par leurs vêtements, accompagnés de Paneb.

- C'est toi, qu'on appelle Joseph le Cananéen ? demanda le plus âgé.

- C'est bien moi, répondit Joseph en rangeant son matériel et en se levant. C'est l'heure, n'est-ce pas ? Je suis prêt. Paneb, les comptes sont sur la table, et il y a une tablette détaillant mon système de classement. Mon successeur devrait pouvoir s'y retrouver facilement.

Les gardes le fixèrent avec une expression de crainte, et Joseph se rendit compte qu'ils n'avaient rien dit de la raison de leur venue. Mais c'était évident, n'est-ce pas ?

- Eh bien, reprit-il avec une touche d'impatience, allons-y ! On ne fait pas attendre Pharaon, n'est-ce pas ?

- Je vous l'avais dit, souffla Paneb. C'est un mage.

A son tour, Joseph lui jeta un regard surpris : il ignorait que Paneb avait une telle opinion de lui. Les gardes s'ébrouèrent, et sortirent de lourdes menottes de fer. Précaution parfaitement inutile, songea Joseph en tendant obligeamment les mains. Il jeta un dernier regard à sa cellule, et suivit les gardes.