Résigné sachant qu'il perdrait l'équilibre si rien ne le distrayait, Richard regarda l'aîné se positionner à côté de lui. Le sentant tout aussi troublé que lui par sa nudité, Paul enclencha l'eau pour se mouiller sans hésiter à rincer celui qui était partiellement lavé. Après cela, il commença par enduire son propre corps de gel douche tout en faisant de même avec son ami, qu'il lava aussitôt. À peine conscient de la douceur procurée, Richard frissonna dès les premiers contacts tout en se demandant jusqu'où iraient ses mains. Mais en cours de lavage, alors que Paul lui passait les mains au niveau de la ceinture pelvienne, il stoppa et resta sans bouger plusieurs secondes. Ses mains remontèrent lentement dans le dos de Richard et sa tête se réfugia contre lui.
- Je ne veux pas te perdre, Richard. Si tu savais comme ça me fait peur !
L'enserrant également, Richard se focalisa sur les émotions de Paul sans se préoccuper de leur nudité. Il ne comprenait pas pourquoi Paul se comportait ainsi avec lui, alors qu'il était celui qui avait tout découvert en premier. Au contraire, il aurait dû le rejeter et le haïr, le craindre et le condamner... mais il était là.
- Qu'entends-tu par là ?
Sans savoir quelle réponse serait la plus crédible à lui donner, Paul chercha à retrouver sa concentration.
- Si je pouvais trouver comment faire disparaître tes folles envies, je le ferais.
L'autre homme hocha la tête, compatissant bien que sachant que la folie était justement là. Si Richard lui-même n'avait pu y parvenir, personne ne pourrait le faire pour lui.
- Ça a un rapport avec la raison qui te pousse à rester seul avec moi ? Je veux dire ta façon de vouloir m'aider. Même après ce que j'ai fait, tu veux encore rester près de moi. Pourquoi ?
Paul recula la tête pour ancrer son regard dans le sien et même si les mots mourraient d'envie de sortir, il les retint difficilement et lui sourit.
- On verra ça plus tard, ce n'est pas important. Il faut finir de se doucher parce que notre ami a raison, tu dois te reposer.
Il sourit en voyant Kruspe faire la moue comme un enfant déçu. La vérité était qu'en plus de taquiner l'autre homme, cette porte de sortie évitait à Paul de devoir lui avouer directement ce qu'il ressentait. Ils reprirent alors leur lavage, Richard l'empêchant tout de même de lui laver les organes intimes avec un petit sourire. Cela permit à Paul de s'occuper de lui-même. Bien que Richard termina avant lui, il ne sortit pas de la douche et demeura à ses côtés en l'étreignant par derrière. Ce fut une sorte de remerciement et Landers n'en fut que plus heureux. La gêne de leur nudité était complètement dépassée à présent. Pourtant, l'un comme l'autre avaient des réactions difficiles à cacher mais n'en firent pas état.
Décidant de rester en caleçon ensuite, Richard se brossa les dents pendant que Paul se vêtait entièrement. Repassés dans la chambre, ils remarquèrent que Till les attendait, assis sur le lit en affichant un sourire goguenard. Ils s'en doutèrent au premier regard, il était au courant pour la douche commune alors ils n'avaient pas fini de l'entendre. Eh oui, la porte étant restée entrouverte... Pendant qu'il fit avancer Richard vers le lit comme il l'aurait fait avec son enfant, Paul leva un doigt menaçant vers son ami pour lui interdire toute remarque déplacée. Mais bon, il connaissait trop Till.
- Vous avez fait des coquineries, hein ? Allez, avouez-le !
Richard n'y fit pas attention et se plaça correctement sous la couverture sous l'œil attentif de Paul, qui l'ajusta au mieux. Après s'être allongé près de lui en restant sur la couverture, Paul vit Till les rejoindre contre la tête du lit mais en regagnant son sérieux. Se regardant tous les deux, Paul hocha la tête et vit ensuite Richard bâiller.
- C'est dingue quand même ! Comment c'est possible de n'avoir jamais rien remarqué avant ? Pas même un signe !
Kruspe geignit en fermant les yeux et Till serra les dents. Il avait horreur de se répéter mais décida de se montrer patient avec Paul.
- Je l'ai déjà dit, j'ai toujours fait très attention. Juste un jour, j'ai dû me rattraper parce que j'avais gaffé. Je pense que ça vous reviendra vite étant donné tout ce qu'on y a vécu. Quand nous sommes partis en vacances en Russie après la tournée LIFAD, on avait loué un cottage à la lisière d'une forêt et invité plein de beautés pour avoir de la compagnie. Vous vous souvenez ?
Ses amis se regardèrent sans avoir à réfléchir longtemps, et Paul répondit :
- Oui, dont une que tu as fini par te taper tellement de fois qu'on a cru que vous vous étiez casés tous les deux. Tu la gardais rien que pour toi.
- Oui, mais non ! Je ne cache pas que je m'étais attaché à elle, mais ça s'arrêtait là.
Un sourire aux lèvres, Till replongea dans ce souvenir commun.
- Radin ! Elle était super mignonne en plus.
- Tu l'as dit. Heureusement qu'on avait les autres ! suivit Landers.
Après un court silence, Richard décida de leur parler de cette fameuse femme avec qui il avait passé tout son temps, et pourquoi.
- Un jour, je suis allé trop loin avec elle, mais pourtant elle m'a donné une chance alors j'ai tout fait pour me racheter. J'ai vraiment eu de la chance sur le coup, parce qu'elle aurait pu appeler les flics. Je suis resté à ses côtés en essayant d'être poli et galant, mais on a fini par ne plus se quitter. C'est pour ça que j'ai eu du mal à partir. Je me suis habitué à elle et j'ai su que je pouvais lui faire confiance. Le fait qu'elle ait fait preuve de tolérance envers ma conduite, ça m'a permis de garder le contrôle le reste du temps mais c'est aussi ce qui nous a rapprochés. Elle a bien senti que j'avais un énorme problème et comme elle en a eu un trop gros aperçu, je pense qu'au départ elle a voulu protéger ses amies en m'empêchant de les approcher.
Till serra les lèvres en hochant la tête, puis passa le bras derrière Paul pour se mettre à l'aise.
- C'est logique. Je me rappelle qu'à un moment, elles se sont toutes jetées sur toi. Avec les gars, on a eu du mal à calmer l'ambiance, mais on a su qu'il y avait eu quelque chose d'assez grave. On n'a jamais su quoi mais j'imagine maintenant que c'était lié.
Flashback
Pour célébrer la fin de la tournée LIFAD, le groupe s'était offert une virée en Russie dans un endroit où ils avaient déjà été plusieurs fois. Loin d'eux l'envie de faire du tourisme à ce moment-là, ils avaient simplement envie d'isolement en présence de beautés locales. L'alcool coulait à flot et la compagnie de six prostituées de luxe leur avait permis d'oublier tous les tracas personnels ainsi que le stress de la foule. Ces femmes, ils les avaient soigneusement choisies. La discrétion, la réputation et plus particulièrement leurs liens respectueux avec le patron faisaient que le groupe avait souvent fait appel aux services de son "agence". Les six amis n'avaient rien contre cette activité professionnelle que certains dénigraient. Ils veillaient à donner autant de bons souvenirs à ces femmes que de plaisir car elles demeuraient avant tout des êtres humains, et travaillaient comme toute personne sur cette Terre en méritant le respect de tous. La règle d'or entre eux : "la protection avant tout". Cela impliquait le respect mais surtout les préservatifs, dans leur intérêt comme celui des employées. De magnifiques formes, un beau maquillage, un vocabulaire sans la moindre vulgarité, une amitié qui les liait comme la leur... les six hommes ne pouvaient rêver mieux.
Vera, Tamila, Antonia, Svetlana, Tatiana et Liza avaient été choisies à l'unanimité pour accompagner les membres de Rammstein jusqu'à leur maison de location située à l'orée d'une forêt, et y passer quelques jours avec eux. Elles étaient toutes belles, très différentes et allaient de la vingtaine à la quarantaine d'années. Svetlana, Liza, Vera et Antonia étaient blondes avec des lentilles violettes pour la dernière. Tatiana était rousse avec des lunettes, avec un beau minois de jeune femme. Enfin, Tamila avait un mélange sel et poivre et était la chouchoute du patron. D'une élégance remarquable, elles étaient discrètes et garderaient le silence sur l'identité de leurs clients. Schneider avait presque regretté d'en avoir choisi une et avait failli décider de ne rien faire avec elle car oui, le but final était le sexe. Mariés ou non, amoureux ou non... ils allaient garder le silence sur ce séjour et repartiraient de Russie comme si de rien n'était. Chacun avait donc fait son choix et après cela, ils avaient d'abord décidé de passer la journée en duo avec leurs "conjointes", comme avec des amies. Il allaient discuter, boire, plaisanter, se promener, et le soir passer aux choses sérieuses si envie. Ils n'étaient en rien pressés puisqu'ils les avaient invitées pour plusieurs jours. Vera avec Till, Tamila avec Oliver, Antonia avec Flake, Svetlana avec Richard, Tatiana avec Paul et Liza avec Doom. De toute façon, ils s'en fichaient et avaient prévu de changer de partenaires dans les jours qui suivraient afin de varier les plaisirs, avec l'accord de ces dames bien sûr.
- Richard, on va au lac...
Paul avait fait sursauter Kruspe, qui sortit brusquement la tête qu'il avait cachée entre les seins de la blonde.
- Non mais... Il ne perd pas de temps lui, il l'a déjà allongée ! clama Paul à l'adresse des autres.
- Mais tais-toi ! murmura Richard, mal à l'aise.
Le regardant couvrir le torse de Svetlana par égard pour son intimité, Landers leva le doigt de façon exagérée et demanda avec le sérieux d'un bibliothécaire :
- J'imagine que si tu la déshabilles déjà, c'est que vous ne venez pas en balade avec nous ?
Cette question étant une réponse en elle-même, Paul regarda le plus jeune soupirer et rigola avant de demander à la blonde quelque chose que Kruspe ne comprit pas. Alors que Richard lui reprocha son indiscrétion en le suppliant de partir sans un mot de plus aux autres, ceux-ci arrivèrent justement à cet instant. Encore plus embarrassé, Kruspe cacha son visage dans le cou de Svetlana. Celle-ci, hilare, sentit les vibrations de ses grognements de honte et de frustration contre sa peau alors que les autres les fixaient. Haussant les sourcils, Till s'exclama :
- Eh ben la vie est belle !
- Mais dégagez, roh ! ronchonna Kruspe.
- C'est une pièce commune, mon vieux, tu n'as qu'à te retenir. Nous on est bien là. J'ai même envie de rester, pas vous les gars ?
Tous continuèrent de l'embêter, trop habitués à voir ses bas instincts rattraper ses bonnes manières pour le laisser s'en tirer.
- Baiseur ! clama Schneider.
- Obsédé ! compléta Flake.
Même les amies de Svetlana commencèrent à la huer en riant car comme pour Richard et les siens, elles semblaient être habituées aux taquineries.
- Sérieusement les mecs, mais cassez-vous !
Malgré sa frustration grandissante, Richard leur balança un coussin en rigolant et reprit là où il en était resté tellement son envie reprenait le dessus. Riant en le regardant, les autres lui renvoyèrent le coussin avant de décider de faire leur balade pour profiter du soleil.
Enfin tranquilles, Richard regarda Svetlana et hocha la tête en repensant à ses amis. Bien qu'amusée, elle ne demandait aussi qu'à se retrouver seule avec lui. Après lui avoir posé les mains sous les fesses, Richard commença à se frotter contre son corps suavement en murmurant :
- Fais-moi durcir.
Alors que le calme de la maison leur avait fait croire à une bonne tranquillité avec le départ des autres, Paul revint en le faisant sursauter une seconde fois.
- Qu'est-ce que je viens de voir et d'entendre à l'instant ?
- Putain, Paul !
L'aîné s'approcha du canapé sans aucun respect, puis s'accroupit en les fixant avec amusement :
- Fallait attendre que je sois parti, gros cochon. J'étais encore à côté. Quel déhanché sensuel tu as, mon Ricky... Bref ! Allez, je vous lâche la grappe. Bonne baise, les tourtereaux ! Et toi, mets une capote. Ça t'évitera de lâcher ton sperme sur le canapé ou d'avoir un quatrième gosse.
Gêné, Richard s'estima heureux que sa compagne de séjour ne parle pas leur langue.
- Je n'ai pas besoin d'un cours d'éducation sexuelle, Landers, alors vire ton cul de là.
Faussement navré, Paul fit exprès de s'attarder.
- Mais bien sûr, je ne voudrais surtout pas te faire débander. Alors laboure-la bien et on sera de retour dans à peu près une heure, ça te laissera le temps de tout faire. Sauf s'il te faut moins de temps, on peut revenir dans dix minutes... ou cinq ? Le temps peut se couvrir, on ne sait jamais...
- Paul ! soupira Richard.
Alors qu'il commençait à se relever, Paul se rabaissa immédiatement, au grand dam de Richard qui tourna la tête en couinant. L'aîné tapa du doigt sur sa nuque jusqu'à ce que Kruspe ne le regarde, ce qui arriva avec une nette menace dans le regard.
- Au fait, corrige-moi si je me trompe mais t'as pas déjà une copine en ce moment ?
Alors que Richard allait l'attaquer verbalement, Paul éclata de rire et fuit le salon en les laissant enfin tous les deux. Néanmoins, Richard ne sut pourquoi il entendit au loin ces mots de Paul :
- Sois gentil avec elle, Romeo. N'oublie pas que je parle sa langue.
L'instant suivant, sa voix tonna lorsqu'il s'adressa à Svetlana dans sa langue, et celle-ci éclata de rire en regardant Richard. Celui-ci n'apprécia que peu le regard malicieux qu'elle lui adressa durant tout le temps où il attendit pour être sûr qu'ils étaient enfin seuls dans la maison. La taquinerie de leurs amis passée, il sut que Paul avait réellement rejoint la petite troupe en route vers le lac. En effet, la fenêtre placée sur le côté de la pièce avait permis à Richard de voir leurs amis emprunter le sentier menant à l'opposé de la forêt, là où se trouvait le fameux lac. Et Paul venait de passer.
Il remonta au niveau du beau visage dont le regard envoûtant lui donna une envie que Svetlana ne put que ressentir contre elle en quelques secondes. Alors que lui avait les jambes de chaque côté de sa "compagne" du moment, il passa difficilement un genou entre les siens pour tenter de les lui espacer.
- Écarte tes jambes, beauté.
C'était un ordre et non une demande polie. Voyant l'hésitation de la jeune femme quant au ton employé ainsi que l'incompréhension issue de leur différence de langue, Richard fixa son regard dans le sien et lui passa délicatement une main sous la cuisse droite en la caressant. Mais sans prévenir, il la lui tira brusquement hors du canapé pour se placer entre elles immédiatement. Sursautant devant une telle volte-face chez ce client - pourtant adorable en présence de ses amis -, Svetlana hésita sur la conduite à tenir. En regardant l'homme au-dessus d'elle qui ne cachait en rien sa volonté de la dominer avec brutalité, elle se laissa faire et afficha un petit rire malgré son manque de confiance évident. Elle se consola uniquement en pensant que cet homme était juste un peu bourru quand il s'envoyait en l'air, et que leurs amis à tous les deux reviendraient d'ici peu.
- Qu'est-ce que mon pote t'a dit tout à l'heure, hein ? demanda Richard, la sortant de sa torpeur.
Il n'attendit aucune réponse bien sûr. Déchirant un emballage de préservatif avec ses dents sans le sortir, Richard s'abaissa pour l'embrasser avec ardeur dans le cou. En cela, il ne respectait pas la clause du marché collectif passé avec les autres. Si chacun avait envie de passer du temps avec une ou plusieurs des femmes qui les accompagnait, autant éviter de les marquer physiquement. Flake avait même manifesté son dégoût en disant qu'il n'avait "pas envie de sucer le suçon d'un autre". Ce qui était compréhensible. Pourtant, Richard se montra possessif dans sa façon d'envahir son cou. La respiration courte en écoutant les gémissements de Svetlana, il ressentit un coup de chaud en sentant son parfum et s'attaqua aux attaches de son jean. Il avait envie d'envahir une autre zone, avec violence et sans aucun respect.
- Finalement, c'est une bonne chose qu'on ne parle pas la même langue ! dit-il.
Il remarqua l'envie dans les yeux brillants de Svetlana, avant qu'elle ne lui agrippe les hanches. "Toi aussi tu as envie" pensa t-il. Il aimait que les femmes le touchent mais dans certains moments spécifiques, il avait toujours peur de se laisser adoucir. Encore les yeux dans les yeux, il murmura de façon incontrôlée :
- J'ai envie de te tuer, si tu savais...
Regrettant ses mots qui accentuèrent son envie malsaine, il cligna des yeux et posa son nez contre le sien.
- Mais d'abord, montre-moi comment tu te sers de cette belle bouche.
Embrassant lascivement et profondément Svetlana, il maltraita de plus en plus sa bouche et malgré une résistance grandissante de la jeune femme, il pressa une main sur sa poitrine aux tétons durcis par un plaisir évident. Pourtant, elle tourna doucement sa tête en tapotant sur leurs bouches, mal à l'aise. Apparemment, elle devait être de celles qui n'embrassaient pas leurs clients de peur de créer un attachement, mais Richard le prit très mal. Lorsqu'il tenta de l'embrasser de nouveau, elle y échappa à nouveau et là, il colla son gland directement contre son vagin et longea le long de son antre en la fixant dangereusement, comme pour la menacer d'une entrée sans protection si jamais elle ne l'écoutait pas. Voyant de plus en plus de peur chez elle, il revint en arrière et l'embrassa de nouveau avec toute son ardeur. Piégée, Svetlana se laissa faire. Finissant pour la laisser respirer afin de regagner un peu sa confiance, Richard la déplaça vers le haut du canapé de façon à lui poser la tête sur l'accoudoir. Bien qu'elle devina ce qu'il avait en tête lorsqu'il se masturba, cela lui fut confirmé en le voyant se lécher les lèvres avant de passer aux siennes.
- Tu vas me sucer un peu.
Posant ses mains sur le rebord, il remonta son bas-ventre jusqu'au niveau du visage féminin et vit enfin quelque chose qui lui plut : un sourire gourmand. Donc elle était aussi tentée que lui par la fellation, rien de mieux pour rassurer le guitariste qui avait craint une morsure en représailles à sa brusquerie. Aisément, il immobilisa la tête de Svetlana en caressant ses cheveux et suite à cette courte préparation mentale, il replaça ses mains de chaque côté de sa tête avant de lui fourrer brusquement son sexe en bouche. Savourant son bruit d'étouffement soudain, il donna immédiatement de violents coups de reins et pilonna sa bouche, enfonçant ses doigts dans l'accoudoir tant le plaisir lui fut intense. Il laissa tout de même à Svetlana la liberté de se servir de ses mains en cas de besoin d'avertissement. Ses allers réguliers se transformèrent, devenant plus lents et se retirant le temps de laisser la jeune femme respirer, puis ensuite redevenant rapides et profonds. Il finit par s'arrêter après avoir totalement pénétré sa gorge, sentant le contact de sa bouche contre ses testicules. Se retirant, il fit face à un visage rougi par l'étouffement et une quinte de toux nécessaire le temps que la pauvre ne se reprenne. Attrapant sa hampe, Richard donna quelques coups sur les joues de Svetlana et alors qu'il savourait l'effet de son caractère trop dominant, il fut stupéfait de la voir saisir son érection pour l'embrasser, la sucer et réserver le même traitement à chaque testicule. Autant qu'il en fut surpris, il ressentit vite une colère irrationnelle. Il avait l'habitude d'en être le sujet, mais il aurait préféré que les choses se passent différemment avec cette femme. Il n'avait rien contre elle, et il ne savait pas d'où elle venait.
- Tu crois pouvoir faire ce que tu veux de moi ?
Il s'énerva au point de la rendre encore plus mal à l'aise, et redescendit jusqu'à ce que leurs bassins ne se rencontrent. N'osant plus la regarder dans les yeux, il entendit Svetlana s'adresser à lui et sentit ses mains se poser sur ses bras. Richard grogna contre lui-même et cette envie violente et malsaine qui le saisissait. Il serra les poings pour se donner un coup sur la tête, mais cela effraya sa compagne. Reconnaissant le mot "non" en russe car Paul leur avait enseigné quelques mots basiques, il finit par la regarder dans les yeux.
- Tu sais qui je suis au moins ? Tu sais par quoi je suis passé ? J'ai une famille, j'ai des enfants et j'ai une vie comme tout le monde. Pourtant, aucune femme ne s'est jamais intéressée à tout ça. Pourquoi elles veulent coucher à chaque fois ? Il n'y a que pour la baise qu'on s'intéresse à moi. Et toi...
Sur un coup de tête, il se glissa en elle sans protection et sans la quitter des yeux. Il sentit ses lèvres trembler car son plaisir à lui commençait à changer du point de vue de la stimulation.
- Vous êtes toutes les mêmes, vous voulez uniquement que je vous saute. Hein, c'est vrai ?
Il avait achevé sa question par un hochement de tête en direction de Svetlana ainsi qu'un demi-sourire dont lui-même ignorait la nature, mais dont l'impact fut ambigu car la jeune femme rigola en attirant brusquement ses hanches et ses fesses contre elle. Mais Kruspe vit les choses autrement et commença à la prendre furieusement tout en glissant progressivement sa main gauche vers sa gorge. Déjà que Svetlana s'habituait à ce "départ surprise", elle commença à savoir que quelque chose n'allait pas avec Richard. Fourrant la tête dans le cou de la jeune femme dont la respiration s'accélérait sous la peur, il cracha :
- Vous n'êtes que des salopes. Vous vous foutez pas mal de l'homme que je suis. Vous attendez que je vous allonge et au final, c'est vous qui me baisez toutes. Je n'ai pas intérêt à m'attacher, parce que ce n'est pas que vous cherchez. Au fait, tu la sens bien ?
Pour lui montrer de quoi il parlait, il exhiba en riant le préservatif qui ressortait de son emballage. L'effet attendu se produisit : Svetlana commença à s'agiter et à vouloir le relever, mais il se plaqua sur elle de tout son poids. Alors qu'il recommença à serrer sa main sur la gorge sensible, il sentit la jeune femme se débattre de plus en plus fort. Richard recommença à la prendre sans témoigner d'intérêt à celle qui gémissait de peur sous son corps. Le couinement aigu émis par Svetlana aurait dû stopper immédiatement son geste mais au lieu de cela, il serra davantage sa main au point que son visage d'ange habituel disparut pour laisser à place à une expression meurtrière qui terrifia la jeune femme. Celle-ci agrippa le petit collier à pics autour du cou de Richard et après un cri de révolte, il remarqua enfin ce qu'il faisait. Sa froideur disparut pour laisser place à une peur presque égale à celle de Svetlana. Il relâcha instantanément sa gorge et se releva à toute vitesse pendant que Svetlana toussait en retrouvant sa respiration.
Fixant ses mains tremblantes tout en reculant contre le mur, il pensa à la réaction de ses amis dès lors que la jeune femme les avertirait, avant de faire de même avec les autorités. Tous le rejetteraient et le maudiraient tel le monstre qu'il était, et il ne verrait plus sa famille. Richard se jeta sur le peu de vêtements qu'il avait retirés et les enfila de façon rapide et désordonnée face à la jeune femme, encore hagarde et hésitante sur la conduite à adopter. Pris de folie en s'imaginant seul à tout jamais derrière des barreaux, l'homme hurla soudainement et balança une chaussure dans le mur en face, manquant de peu la fenêtre. Il fixa longuement la colline en espérant ne pas revoir arriver tous les autres, et sa vision se troubla. Des larmes coulaient jusqu'à son menton et il ne put bouger, restant ainsi à fixer l'extérieur. Prononçant inconsciemment les noms de ses proches comme si c'était la dernière fois qu'il en avait le droit, il sursauta légèrement en sentant Svetlana l'étreindre doucement. Ne se doutant même pas qu'elle avait frôlé la mort, la jeune femme avait vaincu sa frayeur. Et cherchait maintenant à calmer ce qu'elle voyait juste comme une agressivité due à un excès de testostérone pendant l'excitation sexuelle.
- Shhht !
Ne comprenant pas le russe, Richard ne put la regarder de peur de repenser à ce qu'il avait voulu faire. Ce n'était pas la première pulsion qu'il ressentait, mais la fréquence entre elles devenait alarmante. Cherchant par-dessus tout un moyen ordinaire et innocent de la faire disparaître en cet instant, il regarda Svetlana avec douceur en essayant de se souvenir des regards qu'il pouvait avoir lorsqu'il regardait certaines femmes avec innocence. Ces moments étant de plus en plus rares, il ne put s'y retrouver. Prenant les douces joues de cette femme nue contre lui, il fit ce qu'il avait toujours cherché à faire dans ces moments-là sans jamais y parvenir.
- Pardon ma belle !
La jeune femme resta contre lui et bien que sa peur était encore présente, elle le regarda dans les yeux en essuyant ses larmes.
- J'ai souvent essayé de lutter contre ça, tu sais ? Ça me terrifie parce que je ne sais pas ce que j'ai, en dehors d'un besoin intense de domination... J'ai peur de moi, et j'ai peur de mes envies. Je suis malsain, je suis mauvais.
Bien qu'il savait que Svetlana ne le comprenait pas, se confier à elle l'apaisa car au fond de lui, il s'aidait en se persuadant qu'elle pouvait comprendre ses mots à travers son regard et lui remonter le moral. Pourtant, il sentait toujours sa peur et fut surpris lorsqu'elle passa ses mains de ses pectoraux jusqu'à ses épaules.
- Je ne mérite pas ton respect. Tu es restée alors que tu aurais pu courir pour appeler les autres. Rien ne me dit que tu ne vas pas les prévenir après, mais je te remercie quand même d'être restée avec moi.
Afin de montrer à sa manière qu'elle passait l'éponge, Svetlana l'embrassa et disparut en s'abaissant pour rouvrir sa braguette. Richard en perdit ses mots, trop surpris. Son érection étant plus douloureuse encore, il la sentit entourée par les lèvres expertes de la jeune femme qui le suça voracement. Grognant de plaisir de façon malsaine, le regard du brun se dirigea par la fenêtre et y resta tout le temps durant lequel Svetlana le dévora. D'imaginer leurs amis revenir par la colline à cet instant, Richard ricana en se demandant quelles seraient leurs têtes en le voyant dans une telle position. Et lui, serait-il capable de continuer ou cela lui couperait-il son envie ? Décidant de profiter du plaisir pour une fois qu'il était avec une femme voyant autre chose en lui qu'une "bite sur pattes", comme beaucoup le qualifiaient, il releva la jeune femme et enfila son préservatif. Puis il la porta par les cuisses avant de l'embrasser profondément. Il fut ravi de provoquer chez elle de l'envie, remplaçant sa précédente peur. Pénétrant brusquement en elle en touchant son point sensible, il sentit les mains de Svetlana sous son débardeur blanc et ses dents agripper son collier sous le plaisir de ses coups de reins. Richard se prit à espérer ne pas craquer le préservatif avec sa brutalité car il n'avait plus aucune envie de s'arrêter. Il la prit encore et encore, tantôt violemment tantôt avec douceur, mais veilla aussi à lui donner de l'attention pour se faire pardonner. La jeune femme sentit son éjaculation arriver à la façon dont il prononça son prénom en gémissant :
- Svetlana... oh putain ! Oui... oui...
Elle jouit juste avant lui, au moment où il accéléra à fond ses coups de bassin. Fermant les yeux sous la puissance de son orgasme, Kruspe sentit les dents de la jeune femme se refermer sur ses lèvres. Savourant ce délice brûlant, il en fit autant, l'embrassant et la mordant jusqu'à ce que leur plaisir ne retombe. Ils s'allongèrent ensuite sur le canapé sans se revêtir à cause de la chaleur, Richard restant en caleçon. Pour passer le temps, ils s'amusèrent à prononcer leurs prénoms dans la langue et avec l'accent.
Au retour des autres et bien que Paul avait annoncé son entrée au cas où, il les trouva profondément endormis et recouverts d'une couverture malgré le temps encore ensoleillé. "Ils ont vraiment dû s'épuiser" pensa t-il en regardant son ami avec envie. Souriant, il referma doucement la porte et retourna avec les autres afin de les prévenir de les laisser dormir.
Fin flashback
- Étranglée, putain ! jura Paul.
Alors que Richard fut extirpé de ses pensées aussi mitigées que ses émotions, sur l'instant comme à l'époque, il réalisa ne pas avoir répondu entièrement à la question de Paul. Mais celui-ci fut coupé par Till au moment où il allait le houspiller.
- Heureusement, il ne s'est rien passé à ce moment-là. Bon allez, tu nous raconteras la suite après une bonne nuit de sommeil.
Richard le savait. Tous lui en voulaient pour ce qu'il était, pour le mal qu'il avait fait. Mais il parvint à montrer un sourire en repensant au reste de son séjour avec eux... mais surtout avec Svetlana.
à suivre...
