FINAL FANTASY — VERSUS XV

Précédemment …

Tandis que Prompto fait face à la douloureuse vérité, Noctis et ses compagnons eurent à peine le temps de se remettre du combat contre le Cerbère, qu'une troupe de soldats Magiteks s'en prenne à eux. Fuyant dans un centre commercial en ruines, ils finissent de nouveau par tomber sur leurs poursuivants, avec un combat rude contre Cor Leonis et Gladiolus, bientôt appuyé par le Prince du Lucis …

Cor Leonis ne leur rendrait pas la tâche aisée.

Cela apparaissait comme une évidence. Mais pour Noctis Lucis Caelum et Gladiolus Amicitia, cette bataille dans ce sous-sol enflammé représentait bien plus qu'un simple combat.

Le « Maréchal Immortel », figure émérite du Lucis, devait à la fois être vaincu et secouru.

Et pour ce faire, il n'y avait pas trente-six solutions.

Noctis ne comptait pas employer le pouvoir des dieux contre lui, dans la mesure où cela pourrait effectivement causer des désastres. Non seulement il pourrait finir par tuer leur précieux mentor, mais dans une zone aussi fermée, les dégâts pourraient en plus se retourner contre eux. Enfin, conserver ces forces pour le combat qui approchait contre Ardyn Izunia paraissait évident.

Les deux Lucisiens ignoraient encore le procédé exact par lequel les soldats qui furent autrefois leurs compagnons, travaillaient maintenant pour l'infâme Niflheim.

Néanmoins, ces questions —importantes il est vrai— ne pouvaient être résolues en parlant avec cet homme. Le plan de base, à savoir vaincre Cor Leonis et l'assommer, sonnait comme celui qui paraissait le plus viable.

« — Gladio, tu t'occupes de la défense.

— J'connais mon boulot.

— Ça me va. Faut pas faire traîner ça en longueur. »

Parce que les troupes Magiteks envoyées par Ardyn rôdaient toujours dans les environs. D'autant plus qu'il n'était pas possible de pouvoir quantifier le nombre de soldats encore à disposition chez eux.

Yoko Shimomura — Battle on the Big Bridge

Cor Leonis effectua un pas.

Il ne parlait plus depuis longtemps. On ne pouvait pas non plus affirmer qu'il « vivait. »

Dans cet état léthargique, mécanique, l'illustre soldat n'empruntait plus que les traits inhumains des machines. Cela dit, Cor ne perdait rien de sa vitesse de déplacement ou de la puissance de ses coups.

Noctis et Gladiolus ressentaient effectivement l'ampleur de la tâche qui les attendaient, face à un homme qui ne tremblait déjà jamais d'ordinaire.

Cor n'attendit pas plus longtemps, pour lancer une attaque rectiligne, ayant pour but immédiat de trancher Noctis.

Cette fois, le Prince ne décida pas de disparaître ou d'éviter l'attaque : son coéquipier et frère d'arme se positionna juste face à lui.

Même si le choc serait certainement rude à encaisser, il fallait essayer. Se contenter d'éviter les lames tranchantes de Cor Leonis ne suffiraient pas à le déséquilibrer.

L'épée Magitek du Lucisien heurta alors le solide bouclier de son cadet. Serrant les dents, Gladio ressentait le poids de toute cette force, de ces années d'entraînements et évidemment de ce talent naturel prodigieux.

Cor Leonis avait voyagé aux côtés de Régis Lucis Caelum et en était devenu le sabre émérite. Aujourd'hui encore, les vestiges de ce glorieux passé continuaient de s'étendre sur chaque parcelle de son être, quand bien même son esprit ne distinguait plus la réalité.

Un net mouvement de recul engagea alors Gladio à une épreuve de force et de mental. Il ne pouvait pas chuter ici.

Noctis profita alors de ces quelques secondes. Sautant par-dessus son ami, le futur roi asséna un coup de sa lame motorisée, sur le bras droit de leur ennemi.

Quelques gouttes de sang.

Cor lâcha prise, en relevant la tête et son regard plus terne qu'une tombe.

« — On va l'avoir ! »

Ce court instant de répit permit alors à Gladio de foncer, pour littéralement asséner un coup de bouclier à son ennemi.

Mais là encore, déséquilibrer cet homme ne suffisait pas à prendre l'avantage. Pivotant d'un mouvement habile, le Maréchal entailla sérieusement le bras droit de son assaillant, tout en évitant soigneusement l'attaque.

« — Gladio ! »

Un Assaut Éclipse se révéla rapidement nécessaire.

Les deux vieux frères d'armes s'éloignèrent ainsi suffisamment pour ne pas être impactés par l'attaque suivante du traître : une onde tranchante, qui suffit à trancher en deux un pauvre véhicule situé à quelques mètres de distance. L'incendie qui gagnait le sous-sol continuait de se répandre.

« — Merde, railla Gladio. Il se débrouille bien, l'enfoiré.

— Le faire tomber avec un simple combo comme ça était trop beau pour être vrai. »

Pas le temps de s'étendre davantage.

Cor projeta un nouveau véhicule dans leur direction et le découpa en plein vol. Résultat, des morceaux de voitures enflammés qui chutaient comme des météores, droit dans leur direction.

Noctis tiqua légèrement. Face à cette profusion de projectiles, il valait mieux rester sur ses gardes. Levant sa main, le Prince décida d'employer une protection efficace : le sort défensif de l'anneau des Lucii, qui érigea autour des deux compagnons une barrière. Un sort suffisamment puissant pour leur permettre de s'en sortir.

« — T'es sérieux ?! C'est moi, le bouclier royal. J'ai l'air de quoi si tu me protèges, hein ?

— On a plus important ! »

Parce que Cor Leonis ne se contenterait évidemment pas que de cela.

Empoignant sa lame, il décida de foncer au milieu de cette effusion de feu et de débris.

Le sort défensif de Noctis ne fonctionnait que face à lui. Autrement dit, il pourrait être vulnérable par les flancs, si Cor avançait suffisamment bien.

« — … C'est à moi. »

Gladiolus ne pouvait pas laisser cela se produire. Empoignant fermement la lame Genji, le robuste jeune homme opta pour une riposte immédiate. Tourbillonnant avec son épée, en déployant une technique au nom fort à propos, Gladio fit alors barrage contre le sabre adverse. La collision ne tourna toujours pas en sa faveur, Cor Leonis disposant toujours d'aptitudes exceptionnelles.

À côté, Noctis serra les dents.

Le Prince ne se contenterait pas d'observer en silence. Sitôt les débris enflammés stoppés, Noctis déclencha un Assaut Éclipse pour arriver dans le dos du Maréchal. Frappant rapidement à l'aide de sa lame, il toucha ainsi sa jambe, laissant une quantité de sang non-négligeable se répandre dans les alentours.

Mais Cor répliqua immédiatement, en assénant un coup de son épée en pivot. Le Prince fut ainsi expédié violemment à plusieurs mètres de distance, traversant sans ménagement des voitures enflammées.

« — Noct ! »

Lui venir en aide serait superflu, dans la mesure où Cor arriverait sur place bien avant lui.

Dans ce cas-là, Gladio décida de s'attaquer directement au cœur du problème, en frappant à plusieurs reprises l'homme qu'il admirait tant. Mais chaque coup d'épée fut intercepté avec une dextérité impressionnante.

Cor renvoya encore Gladio à quelques mètres derrière, tandis qu'un violent éclair frappa alors le Maréchal : cet éclair provenait directement de l'anneau des Lucii, que Noctis brandissait encore.

« — Arrête d'utiliser ton anneau à tout bout de champ !

— Tu préfères mourir ?!

— J'allais bien ! »

Des combinaisons classiques ne suffiraient pas contre lui.

Alors il fallait prendre des risques plus importants.

Ce fut au tour du Maréchal de se retrouver dans les décombres. Mais il se releva assez rapidement, soulevant ensuite sa lame, une fois de plus. Soudainement, le Maréchal sauta dans les airs, pour descendre en piqué à une vitesse impressionnante. Les deux amis en face, furent alors sérieusement secoués par son assaut, plus spécifiquement par l'onde de choc en résultant.

Momentanément à terre, Gladio et Noctis voyaient bien que les choses n'abondaient clairement pas dans le sens escompté. Il fallait réagir, réagir pour ne pas subir un cuisant échec.

« — Je crois que j'ai une idée, marmonna Gladio. Mais … elle risque d'être franchement dangereuse. On risque de le tuer, si ça marche. »

Noctis déglutit légèrement.

Évidemment, depuis le début de leur combat, tuer Cor Leonis n'avait jamais été un objectif. Mais dans la mesure où cet homme, dénué de volonté propre, n'hésiterait pas à s'emparer de leurs vies, pouvaient-ils réellement se permettre de se retenir ?

« — Et du coup, le plan … ?

— Regarde là-bas. »

Gladio désigna alors simplement un panneau d'affichage quelques mètres sur la droite.

« — On est au troisième sous-sol. Il y a cinq étages souterrains ici. »

Noctis comprit alors le message.

Cela ne lui plaisait pas particulièrement, mais pouvait-il faire autrement ?

« — … T'es partant ?

— … On n'a pas tellement le choix. »

Gladio souleva alors violemment son épée et fracassa violemment le sol, juste devant lui.

Cor Leonis avançait alors dans leur direction, et aperçut simplement les deux silhouettes Lucisiennes s'enfouir, partant pour l'étage inférieur.

Chapitre 97 : Le Maréchal Immortel

Les voilà maintenant plus bas.

Forcément, Cor Leonis allait les poursuivre.

Ici au moins, pas de trace d'incendie. Pas encore, tout du moins. Autour de Gladiolus, d'autres véhicules stationnés et abandonnés patientaient.

Leur ennemi finit par poser un pied à terre, lame toujours solidement en main.

« — On ne peut vraiment pas souffler depuis qu'on est là … »

Le bouclier royal souleva justement son arme de prédilection, faisant immédiatement honneur à son titre.

« — Allez, Maréchal. Montrez-moi ce que vous avez dans le ventre. »

Cor Leonis se lança justement à l'attaque.

Pas question de céder face à lui. Yeux plissés et détermination au beau fixe, Gladio leva son bouclier afin de parer l'assaut. Même si chaque coup ressemblait potentiellement à une attaque fatale, le robuste Lucisien encaissait.

Pendant ce temps, Noctis ne pouvait pas perdre plus de temps. Le plan paraissait excessivement dangereux, mais dans l'immédiat, le Prince ne voyait rien d'autre pour neutraliser cet homme. Armé de sa puissante Épée du Conquérant, Noctis frappa l'un des piliers qui servaient de mur porteur. Il le brisa presque instantanément, mais il y en avait encore d'autres.

Tiens bon, Gladio … !

Briser tous les murs porteurs de cet étage pour le faire s'écrouler. S'échapper ensuite à l'aide d'un Assaut Éclipse en cherchant son vieil ami …

Cela ressemblait bien à une folie pure et simple. Comment savoir si Cor pourrait réellement s'en sortir, d'ailleurs ?

Pas le temps d'hésiter.

Pendant ce temps, Gladio devait faire office de leurre.

Et cette tâche se révélait excessivement difficile.

Il reculait sans cesse, pliait à en pâlir, mais ne romprait jamais.

Juste quelques secondes, quelques minutes.

Sans doute paraitraient-elles plus longues qu'aucune autre …

Mais la résolution de Gladio était maintenant aussi solide que son bouclier. Il se déplaçait efficacement, pour stopper un violent coup d'épée sur sa droite. Oui, il recula longuement, jusqu'à ce son dos ne heurte un véhicule. Mais non, il ne se laissa pas davantage déstabiliser : pivotant sur la droite, il évita de se faire trancher par la terrible lame de Cor. Au contraire, le voilà en train de profiter de ces quelques microsecondes pour lui foncer dessus en utilisant cette fois son bouclier comme arme.

Touché en plein ventre, Cor fut emporté dans la course furieuse de son adversaire. Il frappa pourtant encore, lacérant l'épaule du géant.

Le sang déversé ne représentait rien, à ce moment précis. La douleur engagée ne serait qu'une preuve supplémentaire de sa détermination. Pour un homme qui empruntait cette voie, il s'agissait même de la plus belle des récompenses.

Le plafond commençait à trembler. Il s'agissait simplement d'un signe évident. Signe que les coups portés par Noctis, aux quatre coins de cet immense souterrain, finissaient par porter leurs fruits.

Cela ne suffirait pas.

Si Cor Leonis n'était pas suffisamment affaibli ou étourdi, il rejoindrait sans encombre les étages supérieurs.

Alors Gladiolus ne lâcha pas prise. De toutes ses forces, il parvint à repousser violemment Cor contre une camionnette, son bouclier écrasant son torse et obstruant grandement sa mobilité.

Pourtant, le Maréchal ne donnait toujours pas l'impression de souffrir. Il ressemblait trait pour trait à une machine, qui subissait des dégâts mais sans jamais s'en plaindre.

L'épée du Maréchal traça alors un autre mouvement.

Il ne pouvait pas facilement atteindre Gladio, mais toucha alors le sol avec une redoutable efficacité. Le bouclier royal élargit alors vivement son regard, en comprenant les intentions de son ennemi.

Les débris qui continuaient de tomber depuis le plafond fragilisèrent ainsi le sol, faisant perdre l'équilibre au fils de Clarus. Déstabilisé, il permettait irrémédiablement la réplique de Cor Leonis. Par chance ou par un réflexe aussi prodigieux que salvateur, Gladiolus parvint à lever son bouclier, afin d'encaisser un coup direct provenant de la lame de son adversaire.

Il atterrit d'ailleurs sur le capot d'une belle voiture rouge, qui commençait malheureusement déjà à entamer une chute vers l'étage inférieur.

« — Merde ! »

Il n'eut néanmoins pas à descendre d'un niveau.

Rapidement attrapé en plein vol par Noctis, le bouclier du royal éprouvait alors des difficultés à retrouver son souffle.

« — Ça s'annonce mal, souffla l'intéressé. L'étage est en train de s'effondrer …

— Et il marche encore un peu trop bien à mon goût, compléta son camarade. »

Noctis n'aimait pas l'idée d'enterrer Cor, de toute façon.

Il le connaissait depuis fort longtemps, dès sa tendre enfance après tout. Il avait été pour lui une figure protectrice et emblématique, davantage encore que pour Gladiolus, qui l'héroïsait certainement davantage.

Mais ils ne pouvaient pas le laisser les pourchasser indéfiniment non plus. Empoignant son épée, Noctis effectua un pas vers l'avant.

« — On change de tactique, Gladio. Tu vas porter le dernier coup.

— T'es sérieux ?

— … Carrément, ouais. Faut lui porter un coup suffisamment dur pour le sonner. Je vais le gêner un max.

— … Pff. J'suis pas sûr que ce soit le bon plan, mais bon.

— Ce sera le moment d'enfin utiliser correctement l'épée Genji.

— Tu te fous de moi ou quoi ? grogna son ami. Je l'utilise depuis un bail. »

Gladio se redressa à son tour.

Les environs continuaient de chuter dans un spectacle assourdissant et effrayant. Il ne restait probablement plus que quelques minutes avant que l'intégralité de cet endroit ne soit ensevelie.

« — … Par contre, si on en fait le tombeau de Cor … murmura Gladio. Vaut mieux que l'épée Genji reste avec son véritable propriétaire, ouais.

— … Allons-y. On n'a plus beaucoup de temps. »

Noctis se lança d'un pas en avant, déclenchant irrémédiablement son Arsenal Fantôme.

Afin de contrer la dextérité de Cor à l'épée, mieux valait en utiliser beaucoup. Fonçant rapidement et tournoyant autour de sa cible, le Prince envoya ainsi plusieurs lames, que le Maréchal réussissait à stopper en frappant efficacement avec sa propre épée.

Il changea d'ailleurs rapidement de cible, faisant de l'héritier du Lucis son ennemi. Mais à cet égard, Noctis disposait d'un avantage conséquent : il pouvait disparaître assez vite et mettre une distance raisonnable entre eux, tout en poursuivant momentanément son attaque.

L'Arsenal Fantôme ne pourrait pas durer éternellement, effectivement …

Les lames permettaient de cisailler dans sa chair. Pas de blessure suffisamment importante pour l'empêcher d'agir, Cor parvenant à stopper et avancer au milieu de cette pluie métallique ancestrale.

L'étage continuait de s'écrouler en même temps que Noctis poursuivait son attaque acharnée.

Moment idéalement choisi par Gladiolus d'avancer au milieu de tous ces décombres.

Désolé, Maréchal.

« — Vas-y, Gladio … ! »

On doit vaincre le Chancelier à tout prix !

Ses deux mains fermement empoignées sur la précieuse arme transmise par Gilgamesh, le bouclier du Roi y injecta toute sa volonté. Un seul et unique coup, voilà peut-être son unique chance d'en finir ici.

Finalement, Cor Leonis se tourna dans sa direction. Trop tard pour changer de trajectoire pour l'un, trop tard pour éviter le coup pour l'autre.

Alors leurs lames se rencontrèrent une fois de plus.

Mais cette fois serait décisive.

Un effarant bruit de métal détruit.

La lame Magitek renforcée, confiée par Verstael à Cor Leonis, venait d'être pulvérisée.

Pulvérisée par l'épée que Cor Leonis avait manié pendant toutes ces années, lorsqu'il voyageait aux côtés du défunt roi Régis.

Pulvérisée par cette jeunesse fougueuse, qui désirait récupérer le trône volé.

Pulvérisée par ces valeureux guerriers, qui résistaient encore contre le destin.

Noctis élargit son regard, comme si le temps s'arrêtait autour de lui.

Gladiolus Amicitia n'avait pas seulement brisé l'épée ennemie. Il venait aussi de porter un coup décisif.

Pas de trace de sang, non.

Toute l'énergie avait été dédiée à briser ce sabre … tout comme le sol qui se trouvait en-dessous. Une faille lourde se déchira, faisant directement chuter Cor Leonis dans les tréfonds de l'étage suivant.

Un seul étage d'écart ne suffirait pas à le neutraliser.

L'effondrement finit par arriver et Noctis se précipita alors pour secourir son ami.


Tout se déroula en une fraction de seconde, mais donnait alors l'impression de durer une éternité.

L'immense centre commercial s'écroulait sur lui-même. Abattre un étage ne pouvait pas être sans conséquence pour les autres.

« — Tout s'écroule ! »

Ignis Scientia et Stella Nox Fleuret avaient pratiquement terminé d'éliminer les renforts Magiteks qui arrivaient inlassablement, lorsque les tremblements commencèrent à retentir si violemment.

Le conseiller du roi se retrouvait alors dans une posture très inconfortable. Devait-il aller plus bas pour chercher le Prince ou sortir à très haute vitesse ? Descendre ne lui garantirait aucun chemin de retour.

« — Il faut sortir d'ici ! »

L'appel de la princesse Nox Fleuret se révéla nettement moins hésitant. Ouvrant une Porte du Valhalla, la belle femme embarqua directement Ignis dans son sillage.

Le Prince Noctis pouvait utiliser l'Assaut Éclipse pour s'en sortir. S'enfoncer à sa recherche reviendrait probablement à se condamner inutilement.

Au cœur de Graléa, le son assourdissant de cette destruction continuait pendant de longues minutes.

Stella Nox Fleuret et Ignis Scientia patientaient maintenant à l'extérieur, à une distance suffisamment raisonnable. Difficile de pouvoir retrouver Noctis et Gladio dans de telles conditions. Premièrement, il fallait attendre que le vacarme causé par l'effondrement fasse partie du passé.

Mais tous deux pouvaient déjà se réjouir d'avoir réussi à sortir du centre commercial à la hâte.

Dans de telles conditions, chaque minute donnait l'impression de durer une éternité.

Visages fermés et silencieux, les deux jeunes gens ne disaient pas un mot.

Jusqu'à ce qu'enfin, une sensation de délivrance ne vienne jusqu'à eux. Ignis élargit son regard et se mit alors à courir, en apercevant les silhouettes bien connues de ses frères d'armes.

Yoko Shimomura - Hammerhead

« — Noct ! Gladio ! »

Bien amochés et poussiéreux, les deux partenaires finirent par émerger.

« — C'était vraiment une idée de merde, souffla le Prince.

— Pff … on s'en est sortis, nan ?

— … Plus ou moins. »

Ignis arriva jusqu'à eux.

« — Vous avez vraiment fait n'importe quoi, réprimanda le conseiller du roi.

— Dis ça à Gladio !

— Tu peux parler ! Tu voulais foutre Cor dans une bagnole et l'y enfermer ! »

Un sentiment ambivalent naissait dans leurs cœurs.

Forcément, ils ne pouvaient pas simplement se contenter d'une victoire pareille.

Tous les trois se retournèrent vers les ruines de cet immense centre commercial.

« — … Et Cor … ? demanda Ignis.

— Je l'ai envoyé au dernier sous-sol, murmura Gladio. Si … si c'est vraiment le Maréchal Immortel … alors il s'en sortira. »

Il serra les poings, en ressentant une amertume dans son cœur. Noctis hocha lentement la tête.

« — Il a déjà connu pire, murmura Noctis. Il reviendra. J'en suis sûr. »

À côté, Gladio souleva l'épée Genji, toujours en sa possession.

« — J'aurais peut-être dû lui laisser …

— Commence pas, railla le Prince. On aura besoin de cette arme plus tard. Et le Maître d'Armes te l'avais dit, non ?

— Oui, renchérit Ignis. Cette arme te revient maintenant pleinement, Gladio. »

Secouant la tête, l'intéressé laissa échapper un faible soupir.

Ils ne pouvaient même pas encore se reposer.

« — En tout cas, on ne peut pas perdre plus de temps. Prompto et la Princesse nous attendent toujours là-bas. »

Noctis échangea un regard entendu avec Stella.

Oui, l'heure du repos viendrait. Mais toujours pas maintenant. Parce que cette victoire, lourde dans ses conséquences émotionnelles, ne constituait qu'une maigre étape sur l'échiquier concocté par Ardyn et Verstael.

« — Allons-y. »

À suivre …