FINAL FANTASY — VERSUS XV

Précédemment …

Gladiolus et Noctis parviennent à vaincre et ensevelir Cor Leonis en même temps que le centre commercial dans lequel ils combattaient.

Ils doivent maintenant repartir, en même

Noctis et ses compagnons le savaient pertinemment : Ardyn gardait un œil privilégié sur leurs actions.

Il n'y avait pas d'effet de surprise depuis leur arrivée à Graléa. Mais malgré cette ennuyeuse idée en tête, les membres du quatuor ne pouvaient pas faire autrement. Afin de sauver Lunafreya et Prompto, ils devaient se jeter dans la gueule du loup.

Après une très longue marche à travers les ruelles inhospitalières de la capitale déchue, voilà enfin leur destination.

« — … C'est le Palais Impérial. Il n'est peut-être pas aussi grand que la Citadelle d'Insomnia, mais c'est quand même quelque chose … »

Ignis contemplait cette œuvre architecturale gigantesque.

« — Qu'est-ce que c'est, au sommet … ? Un vaisseau ? demanda Noctis, en fronçant les sourcils.

— C'est Zegnautus, la forteresse mobile, répondit calmement Stella. J'imagine que c'est avec ça qu'ils comptent fuir si jamais les choses tournent mal pour eux.

— … Donc on y va ? murmura Gladio, en plissant son regard. J'suis claqué, mais y'a pas moyen d'attendre plus longtemps. »

Entrer à l'intérieur ressemblait pratiquement à un voyage sans retour.

Tous se jetèrent de vifs regards. Progressivement, la tension remontait. Noctis endossa alors ses responsabilités, en effectuant le premier pas vers le grand portail, déjà ouvert et qui incitait pratiquement ces envahisseurs à pénétrer ici.

Parce que oui, Ardyn Izunia et Verstael Besithia ne s'embarrasseraient pas. Ils ne se dissimulaient pas, derrière leurs petits tours mesquins et cruels.

« — … Y'a pas un soldat Magitek qui nous attend ici, marmonna-t-il.

— On va pas s'en plaindre, rétorqua Gladio.

— Mais c'est vrai que ça paraît étrange, reprit Ignis. Ce n'est pas comme si Ardyn ignorait nos intentions. »

L'immense porte d'entrée était également déjà ouverte.

Elle ne laissait transparaître que de maigres lumières, à moitié allumées, derrière ce qui fut jadis un spectaculaire et luxueux hall d'entrée. Lorsque le petit groupe pénétra à l'intérieur, ils ne pouvaient en aucun cas y imaginer de grandes festivités. Cela ne ressemblait plus qu'à d'affreuses ruines, dans lesquelles le parfum de la Mort régnait avec insistance.

« — Gardez l'œil ouvert. »

Il ne savait pas exactement pourquoi il n'élevait pas la voix, mais Noctis imaginait peut-être que cette pseudo-discrétion serait bénéfique. En avançant doucement dans les travées de cet endroit lugubre, tous remarquèrent la présence de soldats Magiteks étendus sur le sol, parfois brisés en plusieurs pièces détachées.

« — J'ignore ce qu'ils ont fait ici … mais ces types sont vraiment tarés, marmonna Noctis. Ils détruisent vraiment tout leur matos comme ça …

— Je te l'ai dit, reprit Ignis. Ils ne doivent pas porter beaucoup d'intérêt à cette ville dorénavant.

Hahaha. Vous nous faites de la psychologie de comptoir, chers invités. »

Yoko Shimomura — Ardyn II

Tous se stoppèrent.

Cette voix irritante était dorénavant suffisamment connue. Celle d'un homme fou et aux ambitions aussi absurdes que démesurées.

« — Ardyn, connard ! s'esclaffa immédiatement Noctis. Où sont Prompto et Luna ?!

Tout de suite les insultes à ce que je vois.

— Réponds !

Allons, pas de panique. Moi qui comptais vous féliciter … je suis déçu.

— Dépêche-toi !

Je t'ai dit de ne pas paniquer, Noct. Ta chère et tendre ainsi que ton ami sont encore en vie. Enfin … pour l'instant.

— Prouve-le ! Je veux les entendre ! Et les voir !

Entendre, je peux concevoir, mais voir ? Ça me paraît physiquement compliqué.

— Qu'est-ce que tu veux alors ?!

Tu t'emportes trop, Noct ! Tu me fais peur ! Je ne veux pas te parler dans ces conditions ! »

Il continuait de le provoquer ouvertement.

Même sans voir son visage, Noctis imaginait parfaitement son air espiègle, perfide et surtout insupportable.

« — Bien, je vais quand même être gentil. Allons, dame Lunafreya. Vous pouvez dire deux mots.

Prince Noctis, je …

Hop ! J'ai dit « deux mots » ! »

Il s'agissait bien de la voix de Luna.

Noctis serra les poings. Il voulait tout de suite retrouver ce dégénéré et lui régler son compte, mais cela ne pouvait pas se dérouler ainsi. À côté, Stella Nox Fleuret ne disait rien, mais son regard parlait pour elle.

« — Bien ! Bien ! Voilà, si vous me cherchez, je suis bien sûr là-haut, alors faites vous plaisir. Ah, par contre il y a quelques pièges désagréables, alors faites attention, d'accord ? Hahaha ! J'ai hâte de te revoir, Noct ! Y'a un tas de choses dont je veux discuter avec toi ! Bonne chance ! »

Chapitre 98 : Un Empire en Ruines

Le grand corridor qui succédait directement au hall donnait alors sur deux zones distinctes. Ignis arriva directement sur ce qui ressemblait à un plan de la zone, accrochée sur le fond.

« — Le couloir A et le couloir B donnent des routes totalement différentes, murmura-t-il.

— Qui est le con qui a construit cet endroit ? railla Gladio.

— … Si on veut retrouver à la fois dame Lunafreya et Prompto, nous n'allons pas avoir beaucoup de choix. Il va falloir se séparer en deux groupes.

— Et l'ascenseur ? lâcha Noctis, qui essayait de se calmer après cette courte entrevue avec Ardyn.

— Hors-service, soupira Stella, en appuyant vainement sur plusieurs touches. »

Ignis se retourna alors vers ses compagnons, une expression toujours sérieuse sur son visage.

« — Je vais aller avec Gladio dans l'escalier B. Si jamais on ne trouve rien, on doit se donner rendez-vous au sommet. Il y a le bureau du Chancelier affiché là-bas.

— Il devrait quand même y avoir certaines zones communes, non ? demanda Stella, perplexe.

— Certainement, mais impossible de calquer parfaitement notre progression avec la vôtre, sachant que l'on ne pourra pas savoir à quel rythme vous avancez.

— Entendu. Si quelqu'un trouve Luna et Prompto, qu'il se tire avec et fasse un signal à l'extérieur.

— D'accord, mais quel signal ? On casse toutes les voitures garées ? Ça sera suffisant ? hésita Gladio.

— Vu le nombre de fenêtres et de vitraux, ça pourrait être suffisant, renchérit Ignis. Soyez quand même attentifs. Le but est de retrouver nos amis, pas de vaincre directement le Chancelier. »

Même si Noctis et Stella aimeraient certainement faire d'une pierre deux coups, les enjeux se révélaient trop élevés pour laisser libre court à leurs pulsions ici.

« — Ok, soyez prudents. »

Yoko Shimomura — An Empire in Ruins

Ainsi, un nouveau périple devait avoir lieu au sein de cette zone mortifère.

Les deux groupes se scindèrent, à la recherche de leurs précieux compagnons.

Noctis ouvrit la porte de fer, en avançant prudemment devant Stella. Tous deux se montraient particulièrement concentrés, au point de ne pratiquement pas parler. La lumière défaillante et les corps établis sur le sol n'auguraient rien de bon, participant à rendre cette ambiance particulièrement oppressante et anxiogène.

Il fallait avancer avec prudence.

« — … Tu as ressenti ça … ? »

La belle princesse venait de prendre la parole, après quelques minutes de marche silencieuse.

« — Ressenti quoi ? demanda son interlocuteur, visiblement perplexe.

— Je ne sais pas trop, concéda Stella. J'ai l'impression qu'il y a eu … quelque chose, dans l'atmosphère ?

— Eh beh … je ne sais pas trop … »

Un bruit retentit, en effet.

Mais il ne s'agissait pas de ce dont voulait en réalité parler la belle femme. Ce bruit-là différait de la sensation faiblement perçue par Stella.

Cela ne changeait néanmoins pas le fait que ce nouveau son posait un sérieux problème : à l'autre bout du couloir sombre, un soldat Magitek marchait. Mais il paraissait différent de ceux combattus dans l'immense capitale.

« — Il … titube ? »

Effectivement. La machine semblait être à moitié fonctionnelle, armée d'une longue lame à la place de son bras droit. Ses mouvements saccadés la rendait étrange, presque effrayante.

Et visiblement, la machine ne disposait pas des détecteurs les plus développés : les deux partenaires s'étaient simplement rapprochés du mur, pour se dissimuler un minimum et cela avait suffi. Suffi pour que le soldat Magitek continue sa route vers une autre partie du complexe.

« — C'est bizarre … murmura Noctis. Mais si ces robots marchent moins bien ici, ça nous fera du boulot en moins. »

Stella hocha positivement la tête, avant d'emboiter le pas à son compagnon, dans cette quête de sauvetage.

Noctis avançait prudemment et silencieusement. Finalement, ne pas faire tant de bruit pourrait se révéler être un avantage ici. Il passa les mètres, à pas feutrés … jusqu'à ce qu'une poigne métallique ne vienne se saisir de sa cheville.

« — Q-Quoi ?! »

Un soldat Magitek, pourtant coupé en deux et gisant alors au sol, venait de lui saisir fermement le pied, en essayant visiblement de le tordre.

Le Prince souleva alors sa main … mais rien ne vint ?!

« — Noctis ?! »

Le robot parvint à tirer suffisamment sur le Prince afin de le déséquilibrer, jusqu'à ce que Stella ne vienne lui prêter mainforte, en faisant directement appel à son fleuret, pour trancher la tête du soldat rampant.

Elle se tourna alors vers le Prince du Lucis.

« — Que s'est-il passé ?

— Je ne sais pas … j'ai pas réussi à faire apparaître mon arme. C'est bizarre … »

Il réessaya alors, logiquement.

Mais sans davantage de succès. Une vague d'inquiétude se dessina alors vivement sur son visage. Voilà donc l'un de ces pièges, tendus ouvertement par Ardyn et Verstael ?

« — Mais comment … ? »

Stella ne dit pas un mot.

Elle ne comprenait certainement pas mieux que lui, mais devait songer à ce qui allait se passer par la suite.

Sans employer ses armes, que pouvait bien accomplir Noctis dans un lieu pareil … ?

« — Merde ! Les connards ! »

Voilà justement deux soldats, peut-être attirés par le bruit ou passant simplement par hasard dans les alentours. Toujours est-il que face à cette situation délicate, Noctis Lucis Caelum ne pouvait plus se battre n'importe comment.

Stella fut forcément celle qui se mit alors en avant, tranchant à travers les deux nouveaux venus en plusieurs coups consécutifs. Par chance, ils ne se révélaient pas extrêmement résistants, mais cette vérité ne concernait que ceux qui pouvaient se défendre face à eux. Le regard du Prince en disait ainsi assez long à cet égard.

« — … J'ignore ce qu'il se passe, mais … il vaut mieux que je passe devant, déclara alors Stella. »

Et il était difficile de la contredire à ce niveau.


« — Sors-moi de là ! Enfoiré ! »

Bien sûr, cet appel resterait sans réponse.

Évidemment, Verstael Besithia n'avait aucun intérêt à faire sortir Prompto Argentum de sa geôle.

Mais au-delà de son plaisir sadique de voir ce jeune homme dépérir en assistant à des atrocités qui l'accablaient continuellement, quel était réellement son intérêt à le conserver ici ?

Prompto serra les dents, retenant des larmes de rage et de désespoir.

De rage parce qu'il donnerait tout aujourd'hui afin de pouvoir mettre en pièces ce vieil homme complètement fou. Mais de désespoir, parce que les paroles prononcées par le même homme commençaient à prendre de l'épaisseur dans son esprit. Oui, il voulait les rejeter avec toute ses forces.

Non, il n'y parvenait pas. Elles revenaient sans cesse, comme une douce et macabre mélodie qui se rejouerait à l'infini.

Verstael se retourna une dernière fois dans sa direction, en affichant un sourire très sincère.

Trop sincère.

Il jubilait intérieurement et extérieurement.

Voir la face de ce pauvre garçon se ratatiner devant l'implacable vérité, lui procurait une grande sensation de joie.

« — Bien, tu m'excuseras ''mon fils'', ricana Verstael. J'en ai assez dit et assez fait ici. Comme tu n'as rien d'autre à faire, compte donc les gouttes de sang versées par tes amis. Après tout, chacune d'entre elles est le fruit de tes efforts.

— VERSTAEL ! »

Il frappa de toutes ses maigres forces.

Mais il n'y avait pas moyen que ses simples poings, dépourvus de toute énergie magique, puisse briser les solides barreaux métalliques qui l'enfermaient ici, seul face à ses cruelles pensées.

Prompto finit par tomber à genoux, en serrant les dents.

« — … Désolé … désolé ! Désolé ! »

Ne venez pas me sauver …

Je n'en vaux pas la peine … !


Yoko Shimomura — The Aggressors

« — Ohhh. C'est vraiment une exceptionnelle distraction, qu'en dites-vous, dame Lunafreya ? »

Elle condamnait de toutes ses forces ce triste spectacle.

Mais Lunafreya n'eut même pas besoin de prononcer une quelconque parole afin que son interlocuteur puisse en comprendre la teneur.

Il ne s'agissait aucunement d'une surprise, après tout. Attablé, le Chancelier dégusta une petite coupe de vin, avant d'en tendre une vers la princesse de Tenebrae. Sans surprise non plus, la belle femme refusa d'un simple regard glacial.

« — Vous me lancez un air particulièrement accusateur, argua Ardyn. Vous commencez à me faire peur, arrêtez.

— … Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle concernant la situation actuelle.

— Vous n'avez de toute façon jamais eu le sens de l'humour, argua son géôlier, en haussant les épaules. Pourtant, tout est bientôt parfaitement en place pour un sacré revirement de situation. »

Elle ne pouvait pas comprendre à quoi cet homme abandonné par le monde faisait référence.

Lunafreya ne comptait cependant plus raisonner cet homme. Cela faisait longtemps qu'il avait mis de côté son humanité. Le Chancelier se leva alors, décrétant que les choses devaient maintenant changer, pour devenir plus divertissantes.

Sa prisonnière n'appréciait pas. Mais elle ne disposait pas d'un quelconque choix. Obéir à Ardyn signifiait épargner les complications liées à Prompto.

Pour l'instant.

La belle blonde se racla légèrement la gorge, avant de suivre les pas du Chancelier, qui lui ouvrit d'ailleurs la porte, trop théâtralement pour que cela puisse être pris pour de la simple galanterie.

Tous ses actes étaient calculés. Toutes ses manières savamment préparées.

Cet homme irait la conduire jusqu'en Enfer, sans aucun doute.

Mais Lunafreya Nox Fleuret ne pouvait se permettre de refuser. Tous deux avançaient dans les couloirs lugubres de ce grand palais.

« — … Vous avez réussi à interférer avec le pouvoir du Cristal, reprit lentement la belle Oracle.

— Dites cela à Verstael, très chère. Personnellement, je ne sais pas comment il s'y est pris, mais malgré tous ses airs dégénérés, c'est un véritable génie. »

Qu'Ardyn qualifie un autre de « dégénéré » ressemblait vraiment à une plaisanterie de mauvais goût.

« — … C'est pourquoi je ne vais rien vous révéler à ce sujet, ricana le Chancelier. Vous espériez trouver une piste pour rendre les pouvoirs au Prince et sa clique, hein ? »

Lunafreya ne répondit pas.

Son silence suffisait à lui seul.

Quoi qu'il en soit, Ardyn interprétait toujours tout le monde qui l'entourait de la façon qui l'arrangeait.

« — … Le Cristal est un don sacré du Draconéen, affirma la princesse.

— Exact, mais donc ? Vous pensez que j'ai peur des dieux ?

— … Je dis juste que cela pourrait finir par occasionner des conséquences irréversibles.

— Parce que Bahamut se tient au-dessus de tous les autres dieux, hein ? Vous craignez que sa colère puisse engloutir la civilisation humaine ?

— … Je n'ai pas de commentaire à faire à ce sujet.

— Oh, dame Lunafreya … vous qui étiez si prompte à donner des leçons de morale … »

Où se rendaient-ils, exactement ?

Elle l'ignorait mais cela ne saurait tarder à s'éclaircir.

« — Lors de votre arrivée dans cette chère capitale de Graléa, vous m'aviez posé une question, vous vous souvenez ? »

Lunafreya plissa légèrement son regard.

En réalité, depuis son arrivée ici, elle ne faisait que poser des questions.

« — J'ai bien peur qu'il va falloir être plus précis.

— Oh, votre mémoire flanche déjà ? ricana de nouveau Ardyn. Ce n'est pas encore le moment. »

Les paroles de cet homme pouvaient sonner comme de sombres menaces.

Mais il gardait toujours ce ton excessivement jovial.

« — Vous aviez demandé où était l'empereur Iedolas Aldercapt, déclara le Chancelier. Dans ce cas-là, je propose que nous allions lui rendre une petite visite. »

Pourtant, ils ne se rendaient pas près de la salle du Trône.

Au contraire, tous deux empruntaient un simple ascenseur, afin de descendre dans un étage particulièrement sombre.

Le Chancelier baissa légèrement son chapeau, en affichant un faible sourire.

« — … À quoi cela rime-t-il ? demanda Lunafreya, de plus en plus nerveuse.

— Je vais vous prier de rester derrière moi, autrement … je ne pourrai plus garantir votre sécurité. »

Un grand hangar sombre, aux lumières allumées dès lors qu'Ardyn actionna un mécanisme, par le biais d'un simple levier.

Lunafreya et son ravisseur n'avait d'ailleurs pas un accès immédiat à cette zone, située derrière une épaisse paroi de verre renforcée. La belle femme écarquilla progressivement les yeux.

Elle s'en doutait, au fond d'elle …

Yoko Shimomura — RAVUS AETERNA

« — Voyez-vous, j'ai dit la vérité la dernière fois. Je n'ai pas levé le moindre doigt sur Sa Majesté. »

Une fumée sombre de plus en plus insistante offrait un spectacle macabre. Quelque chose de sombre, de profondément malsain, apparaissait à plusieurs dizaines de mètres.

« — Mais ce vénérable Iedolas a quelque peu … changé. »

Une créature à peine humanoïde, ailée.

« — … Vous … voulez dire qu'il s'agit de l'empereur Aldercapt … ?

— … Comprenez donc que sous cette forme, ce cher empereur ne fait plus trop de politique. Ceci explique l'état un petit peu difficile de Graléa. »

Un corps difforme, indéniablement celui d'un daemon.

Le monstre poussait des râles de douleur ou d'agonie. Cela provenait vraisemblablement de la lumière émise par les projecteurs activés par Ardyn Izunia.

« — Vous … avez transformé l'empereur en daemon …

— Oh. Sous cette forme, l'empereur est plus proche que jamais de l'immortalité qu'il désirait tant. Je dirai qu'un fier service lui a été rendu. »

Elle ne pouvait accepter un tel discours. Même si Iedolas Aldercapt avait effectivement été particulièrement belliqueux et ce assez soudainement dans sa politique étrangère, voir un humain se transformer de la sorte …

« — La même chose est arrivée au Grand Commandant, vous savez. »

Un élan de colère particulièrement notable frappa le cœur de la belle Oracle. Ardyn lui esquissa un sourire. Elle pouvait s'énerver, mais sans jamais réussir quoi que ce soit de notable, dans de telles circonstances.

« — Pardonnez-moi, je ne voulais pas me montrer désobligeant, ni raviver de douloureux souvenirs. »

Elle ne répondit pas, se contentant de le fixer d'un œil particulièrement désapprobateur. Lui, avait encore les yeux rivés vers l'homme à qui il avait plus ou moins prêté allégeance, il y a de cela bien longtemps.

« — … Et je vous avais dit que Sa Majesté ne s'intéressait qu'au Cristal du Lucis, ainsi qu'à l'anneau de la même lignée … »

Ardyn se retourna totalement vers la princesse, en affichant un air plus sombre.

Il actionna alors un autre levier.

Les immenses grilles de fer et la porte de la même matière, qui empêchaient tout accès à ce hangar, venaient d'être levées.

Presque instinctivement, en poussant des râles, Iedolas se dirigea vers la sortie.

« — Et cela tombe bien, l'anneau vient justement d'arriver dans notre palais. »

À suivre …