Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : Tranche de vie

Rating : K

Acteurs: Heero, Duo, Relena, Quatre, Wufei, Trowa.

Suite de: Tous les moyens sont bons.

Début d'écriture: 01/10/2022


L'arche de Duo

Chapitre quatorze


Samedi après leur bénévolat à la SPA et l'adoption des chèvres, Duo et Heero chargent le mobile home pour une petite virée à la mer. Un moment qu'ils affectionnent tous les deux. Pouvoir se retrouver, discuter et marcher l'un à côté de l'autre. Ils n'ont pas encore trouvé de meilleur loisir à faire ensemble.

Lundi, Duo a un peu de retard sur son programme, lui qui aurait aimé pouvoir envoyer ses avis de placement doit encore aménager la deuxième chambre avant de le faire.

Après avoir été voir les chèvres, Duo se lance dans son travail. Il met un peu moins de temps que vendredi pour tout finir.

Satisfait, il réfléchit à ce qu'il veut faire: commencer la troisième chambre, voir comment réaliser l'enclos des biquettes. Il finit par opter pour les chèvres. Il va déjà vérifier s'il y a des trous dans la haie même s'il doit la diminuer en hauteur et largeur en septembre, elle va peut-être lui servir d'enclos.

Alors qu'il va sortir, il se frappe le front de la main. S'il veut être réellement opérationnel, il doit installer le futur bureau. Comme dirait Heero, parfois il se demande s'il réfléchit à la priorité des choses.

Dans un coin, il monte un lit qui cette fois, il fait, il met dessus un couvre-lit qu'il a été chercher avec un lot de vaisselles. Le bureau, c'est aussi un don, il a posé dessus son portable qui va sûrement devenir celui de l'arche. À moins qu'il ne reste de l'argent et qu'il puisse en racheter un autre. Il envoie une série de mails qu'il a préparée l'autre jour pendant que son amant prenait sa douche. Satisfait, il éteint son ordinateur.

Alors qu'il va se lever pour reprendre son rangement et installation, son téléphone sonne:

— Duo Maxwell, j'écoute.

Dire qu'il a failli dire Wing's sécurity par force de l'habitude.

— Oh, pardon, je ne suis pas à l'Arche?

— Si, j'en suis l'investigateur.

— Dans votre mail, vous dites recueillir des jeunes pour les aider à se lancer dans la vie. Je suis le centre «Les unes pour les autres». J'ai une maman ici, avec deux jeunes enfants, elle fuit son mari, elle vient d'une autre centre d'une autre région. Est-ce que vous savez l'héberger? Je vois que vous avez deux chambres.

— On vient d'ouvrir, tout n'est pas encore en place, mais si ça ne la gêne pas, je peux même lui aménager une grande chambre pour elle et ses deux enfants. Je prône la réinsertion par le travail. Je suis en train de monter d'autres chambres, elle devra me donner un coup de main et c'est provisoire, le temps qu'elle se trouve un logement définitif.

— Je lui en parle… Elle veut être autonome, mais elle ne sait pas ce qu'elle sait faire.

— Nous le découvririons ensemble. Vous lui donnez l'adresse ou je dois venir la chercher?

— Si vous pouviez venir la chercher, c'est mieux.

— Je suis là d'ici une grosse demi-heure. On ira faire des courses ensemble, elle sera la première et je n'ai pas de stock.

— Je la préviens qu'elle peut rassembler ses affaires et celles des enfants.

Après avoir raccroché, Duo descend allumer le congélateur. En remontant, il branche également le réfrigérateur dans la cuisine. Il ne l'avait pas encore fait, ça ne servait à rien de les laisser tourner à vide. Puis il court avec Mamzelle jusqu'à la maison pour chercher le camping-car plus adapté que la camionnette du travail. Il n'y avait pas pensé mais est-ce qu'il ne devrait pas acheter un véhicule pour l'Arche et ne pas toujours utiliser ceux du couple. Il faudra qu'il en discute avec Heero.

Il explique rapidement la situation à son compagnon sur un bout de papier, il est en réparation. Il laisse Mamzelle à l'étage, il ne connaît pas la réaction des enfants face aux animaux et dans un véhicule c'est risqué.

Il prend les clefs du mobile home et s'en va. Il est nerveux, c'est nouveau pour lui, mais il est heureux que sa maison d'hébergement fonctionne déjà. Les choses s'enchaînent bien plus vite qu'il ne l'avait cru.

Il gare son véhicule là où on lui a dit de le faire et va sonner à la porte. Après avoir décliné son identité, il entre. Une dame blonde l'attend.

— Madame Delarue? demande Duo.

— Oui, venez avec moi. Elle a quitté son mari, il y a trois semaines, il l'a retrouvée la semaine dernière dans un autre home. Et elle a réussi à repartir deux jours plus tard.

— Il ne la surveille pas tant que ça alors.

— Il doit travailler, il est policier, explique-t-elle.

— Si elle veut vraiment refaire sa vie, elle doit changer de ville, de nom.

— Elle a changé de ville. Pour le nom, cela va être plus difficile et dès qu'elle va chercher à obtenir des aides, elle va se faire repérer.

— J'ai les bonnes personnes dans mon entourage, légalement ou pas, fait Duo avant de mettre son index devant ses lèvres.

— Quand je vous aurai refilé la patate chaude, vous ferez ce que vous voudrez, je ne veux rien savoir. Elle avait décidé de changer de home tous les deux jours, ce n'est pas bon pour les enfants.

— L'avantage du mien, c'est qu'il est nouveau et pas encore répertorié partout.

— Il n'est pas classé femme battue aussi, c'est pour ça que j'ai sauté sur l'occasion. Maintenant que le plus gros est dit, Louise vous dira le reste.

Madame Delarue ouvre une porte, une petite femme, un bébé dans les bras, attend sur une chaise. Elle a la lèvre fendue, une ecchymose sur la joue. Dans un coin, un petit garçon joue, il a le bras dans le plâtre. Le regard brun de la femme trahit sa condition, on dirait une biche aux abois.

Dans le landau, il y a deux sacs de course pleins de vêtements et deux, trois jouets.

— Vous êtes prête Louise?

Elle affirme et se lève péniblement. Elle appelle son enfant:

— Marcus viens mon chéri.

Duo se dirige vers la poussette.

— Gardez le bébé dans les bras dans mon véhicule, ce sera plus facile. Avant de rentrer, on va passer au magasin pour acheter ce qu'il faut.

— Je n'ai besoin de rien, dit-elle d'une petite voix.

— Je viens d'ouvrir, il vous faut manger, je n'ai rien dans le logement. Tu viens Marcus?

Le gamin regarde sa mère avant d'accepter la main que lui tend Duo. Il se dirige vers la porte d'entrée puis son camping-car.

— Je sais, ce n'est pas vraiment un véhicule réglementaire, dit-il à madame Delarue en voyant sa tête.

— Rome ne s'est pas fait en un jour, sourit-elle.

— Voilà, et c'est mieux que la fourgonnette de travail de mon compagnon.

Duo aide Louise à s'installer sur la banquette devant la table, puis Marcus. Il plie sommairement le landau et l'installe devant le coffre arrière, sur la couchette qui a bien servi ce week-end. Ils ne vont pas loin et il ne roulera pas vite.

— Bonne chance, Louise, dit madame Delarue.

— Merci pour tout.

Duo fait le tour du véhicule pendant que madame Delarue ferme la porte coulissante. Il met le contact et démarre.

— Si vous voulez changer de nom pour redémarrer dans la vie, j'ai les contacts pour le faire, propose Duo en passant la deuxième.

— Je veux arrêter de fuir. Je ne veux plus de la violence dans nos vies. Tant qu'il ne touchait que moi, je sais que je le méritais, dit-elle.

— Vous avez pris la bonne décision. Voilà, on va arriver à la grande surface. On va acheter tout ce qu'il faut pour tenir une semaine. Il faut des langes pour la petite.

Duo avait bien vu qu'il n'y en avait pas dans le landau.

— J'utilise des langes lavables, précise-t-elle.

— Oh, encore une chance que vous en parlez, il me faut de la lessive aussi.

— On peut la faire soi-même avec de savon de Marseille, du fiel de bœuf et des cristaux de soude.

— Il me semble que vous faites beaucoup pour la nature, lâche Duo en se garant près de l'entrée.

— Disons que j'essayais vraiment d'être zéro déchet avec mon bébé. Mais je ne sais pas s'il y a un magasin de vrac dans le coin. Mon mari commandait en ligne. Mon mari aimait mieux ça que je ne sorte, dit-elle avec la voix qui meurt sur la fin.

Elle a tellement honte.

— Je ne sais pas si ça existe en ville, on regardera. Sinon vous pourrez toujours le créer.

— Je n'en suis pas capable, s'horrifie-t-elle.

— Je crois qu'on vous a surtout dit que vous n'en étiez pas capable.

— Je n'en ai pas le diplôme, insiste-t-elle.

— Ça, c'est vrai, si vous voulez changer de nom, vous n'aurez plus accès à ce qui a fait votre ancienne vie. Donc, il faudra reprendre des études, lâche Duo avant de sortir du véhicule.

Il fait le tour pour aider Louise à sortir ainsi que Marcus qui lui donne directement la main. Duo choisit un caddie avec maxicosy intégré.

— Je préfère la porter, elle pleure beaucoup dès que je ne l'ai pas dans les bras pour l'instant.

— Vous devriez avoir un tissu de portage alors. Et elle doit ressortir votre stress.

— Je n'en ai pas et c'est fort possible.

— On s'arrêtera pour en acheter un. Vous ne pouvez pas rester privée de vos mouvements même pour Marcus ce n'est pas bon, lâche-t-il en installant le gamin sur le siège d'un autre caddie.

Ils commencent à circuler dans les rayons. Le premier qu'ils visitent c'est les fruits et légumes. Duo ajoute dans le caddie, des pommes, des bananes, des melons, des pommes de terre, quelques tomates, carottes, des haricots qui sont de saison. Là, Louise l'arrête:

— Je n'ai jamais cuisiné des légumes frais.

— Je vous montrerai. Pour quelqu'un qui fait le zéro déchet, vous achetiez quoi?

— Mon mari ramenait des bocaux, c'est recyclable.

— Vous ne faisiez pas les courses?

Elle secoue la tête. Il comprend mieux les yeux écarquillés du gamin. Après ce rayon, ils passent à la charcuterie d'un côté, boulangerie de l'autre. Duo prend directement deux gros pains, il pourra les congeler. Pendant ce temps, il envoie Louise chercher de la charcuterie. Lui pousse jusqu'à la viande.

— Marcus qu'est-ce que tu aimes?

— Il faut manger ce qu'il y a dans son assiette, dit-il comme une leçon bien apprise.

— Oui, mais il y a bien des choses que tu aimes plus? sourit Duo.

— Saucisse, hamburger, poulet, montre le gamin.

— Va pour tout ça.

Louise revient avec du salami, du jambon et du pâté, alors il lui demande:

— Vous buvez du café?

— Oui.

— Je vais aller en chercher du soluble, je n'ai pas de machine ni de percolateur. Marcus boit du cacao?

— Son lait nature.

— Je vais en prendre, vous ne resterez pas seuls. Autant avoir un stock. Regardez s'il y a d'autres viandes qui vous tentent.

Duo revient quelques minutes plus tard, les bras chargés de pâtes à tartiner et confitures en plus de ce qu'il avait dit.

De rayon en rayon, le caddie se remplit. Dans le rayon biscuit, Duo met le gamin sur le sol en lui disant:

— Tu peux prendre un paquet rien que pour toi.

— Vous le gâtez. Je ne sais pas s'il va trouver, je lui faisais de gâteaux.

— On va acheter de la farine, du sucre et le nécessaire pour en faire. Je vais aller chercher aussi un plat de macaroni tout fait. Il commence à se faire tard et je dois encore vous monter vos lits.

— Vous avez acheté des pâtes, je peux les faire, dit-elle de sa petite voix.

— Vous aurez déjà les courses à ranger, prendre vos marques. Cette nuit, je reste avec vous, mais après vous serez seuls une partie de la journée et la nuit. J'ai un autre travail.

Duo repart, dans les rayons qu'il connaît bien, chercher ce qu'il a dit. Il passe par le rayon droguerie pour prendre du savon, du papier w.c., du déodorant, du dentifrice et des brosses à dents, sans oublier la lessive. Il faudra qu'il pense à avoir une trousse de rasage au home pour les cas comme aujourd'hui. Il ne va pas demander à son homme de lui amener ça, même si ça lui faisait plaisir de le voir, ne fût-ce que cinq minutes. Tant pis, il s'en passera pour une fois.

Quand il revient, Marcus tient un paquet de biscuits en forme d'animaux. Duo lui sourit, dépose tout ce qu'il a dans les bras avant de le remettre sur son siège. Le gamin garde le paquet contre son cœur.

Il reste le rayon crémerie un peu avant la caisse, il prend du fromage blanc, des yaourts, du beurre et de la margarine. Il se dirige vers la caisse 1 même s'il y a foule, il a besoin d'une facture et c'est la seule qui en fait.

Il regarde sa montre, il espère avoir le temps d'aller chercher le porte-bébé. Dans un coin il voit des cartons, il va les chercher pour ranger ses courses.

— Bonjour, il ne faut une facture et j'aimerai ouvrir un compte au nom de mon association, commence Duo.

— Je vais vous ouvrir le compte, mais il faudra payer les courses d'aujourd'hui avant l'acceptation. Vous voulez qu'on garde la carte?

— Non, je préfère la garder, il va y avoir du passage dans mon association. Il vaut mieux qu'on ne puisse pas faire des courses sans mon accord.

Les démarches se font rapidement, la caissière lui tend tous les explications et modes de paiement. Elle lui explique également le fonctionnement tout en scannant les courses. Louise en profite pour ranger les achats dans les cartons par types d'aliments. Au moins, elle a de la méthode, c'est trié ici et plus facilement rangé chez lui.

Duo paie avec sa carte, il se fera rembourser par le notaire et faire mettre l'acompte de deux cents crédits sur le compte de l'Arche. Seulement, il se rend bien compte que l'alimentation risque d'être son plus gros budget tant qu'il n'aura pas son potager et ses réserves.

En sortant du magasin, ils ont le temps d'aller chercher le porte-bébé. On explique à Louise comment le passer pour avoir la petite soit sur le dos, soit sur le devant. Comme elle n'a que trois mois, le devant c'est mieux pour l'instant. Duo voit bien qu'elle lorgne des vêtements et un lit, alors il lui dit à l'oreille:

— Je vais passer une annonce, vous aurez tout ce qu'il vous faut.

Duo paie, ça il ne se le fera pas rembourser. Quand ils sont sortis du magasin, il lui explique:

— J'ai un site de dons aussi. Les gens qui veulent se débarrasser de choses en bon état peuvent les mettre dessus. Et on peut demander aussi, vous aurez d'autres vêtements. Vous me ferez la liste de ce qui vous manque. Et quand vous partirez pour votre appartement, vous pourrez tout prendre.

— Merci.

— Et quand vous serez autonome, si ce qu'on vous a donné ne vous plaît pas à 100%, rien ne vous empêchera de racheter à votre goût.

— Vous croyez que j'y arriverai?

— Mais bien sûr, sourit-il en mettant le contact.

Arrivée à l'Arche, Louise écarquille des yeux devant la surface.

— Marcus pourra jouer ici, dit-elle.

— Vous n'aviez pas de jardin?

— Non, on avait un petit appartement deux chambres, Manon dormait avec son frère, mon mari ne voulait pas du bébé dans la chambre parentale.

— Pour vous qui allaitez, ça ne devait pas être pratique.

— Ça ne plaisait pas à mon mari que j'allaite, mais c'est mieux pour le bébé.

— On se dépêche de vider le véhicule. Je dois encore installer votre chambre. Vous allez devoir dormir avec les enfants.

— Ne vous tracassez pas, je le faisais déjà dans les homes et je préfère les avoir près de moi.

Duo dépose les courses dans la cuisine, Louise le suit lentement en regardant partout:

— C'est immense, finit-elle par lâcher.

— Pour vous trois, c'est certain, sourit-il. Voilà, j'ai mis les surgelés, la viande ainsi que les pains dans le congélateur à côté du frigo. Il y en a un autre à la cave, la porte est ici. Je vous laisse vider le reste des courses et les ranger. Pour les réserves, je crois qu'il faut mieux les mettre à la cave, il y a des placards partout. Je vais installer votre chambre au deuxième, au premier, il y a déjà les poutres pour les cloisons et faire de petites chambres.

— Je mettrais le froid dans le frigo et le reste en bas. Je vais allaiter la petite d'abord, elle commence à s'agiter.

— Je vous laisse faire. Si vous avez besoin, vous m'appelez, c'est Duo, je crois que j'ai oublié de me présenter.

La première chose qu'il fait, c'est monter une caisse pour installer un lit. Il va utiliser la première chambre à côté de la petite salle de bain. Il mettra un lit près de la porte et l'autre sur le mur du fond. Le landau sous le velux tant qu'il n'a pas trouvé un lit à barreaux.

Il met la dernière vis en place et va pouvoir redescendre les cartons en allant chercher le sommier quand il entend hurler Louise. Il jette son outil sur le sol et cavale dans les escaliers. Il panique en espérant que ce ne soit pas le mari qui l'ait déjà retrouvée. Mais il est prêt au combat.

À Suivre…