Chapitre 7

La décision


Lucius expira profondément, relâchant une partie de la tension qui s'était accumulée en lui.

— « Très bien. Rentrer à la maison serait un bon premier pas. »

Le lendemain, Hermione retourna sans tarder au manoir de Danburry, soulagée de percevoir un léger réchauffement dans la situation tendue avec son fiancé. Lucius lui proposa la chambre principale, mais choisit de dormir dans une autre aile du manoir, ayant besoin de distance pour faire le point. Hermione comprit et résolut de le reconquérir — en le surprenant, en le charmant, en lui prouvant qu'elle ne le quitterait plus jamais.

Un soir du début du mois de mai, Hermione décida d'organiser un petit pique-nique à l'endroit où ils avaient célébré leur premier Saint-Valentin. Cette fois, les fleurs étaient en pleine floraison, l'air doux et tiède — un contraste frappant avec le froid hivernal de leur première rencontre. Elle se souvenait de ce jour enneigé comme si c'était hier : le sol recouvert de blanc, l'air glacé, et surtout, le regard tendre de Lucius. Elle espérait que ce lieu raviverait leurs souvenirs partagés, et peut-être, les rapprocherait à nouveau.

Elle étala soigneusement une couverture sur l'herbe et disposa des plats qu'ils avaient autrefois savourés ensemble : des tartelettes aux légumes, des sandwichs gourmets, et une bouteille de vin qu'ils avaient aimé. Des lanternes enchantées flottaient au-dessus, diffusant une lumière chaude et romantique sous le ciel étoilé. Chaque détail avait été méticuleusement pensé pour rappeler à Lucius le bonheur qu'ils avaient connu.

Lorsqu'il arriva, Lucius se montra réservé, gardant une certaine distance. Ses yeux parcoururent la scène avec un mélange de nostalgie et de scepticisme. Hermione se leva pour l'accueillir, un sourire timide effleurant ses lèvres.

— « Je me suis dit… que cela pourrait nous faire du bien, » dit-elle doucement, cherchant son regard.

Lucius hocha la tête, ses traits s'adoucissant d'une tendresse qu'il n'avait pas montrée depuis longtemps.

— « Tu te souviens de tout, » murmura-t-il en s'approchant.

Hermione acquiesça.

— « Chaque détail. Chaque instant. Je les ai tous gardés en moi, même quand… même quand nous étions séparés. »

Ils s'assirent ensemble sur la couverture, savourant les mets et leurs souvenirs. Peu à peu, la tension entre eux sembla se dissiper. Lucius observait Hermione avec une émotion croissante, incapable de résister à la sincérité dans ses yeux.

— « Hermione, » commença-t-il, sa voix tremblante, « je ne suis plus en colère depuis longtemps. »

Elle le regarda, surprise.

— « Vraiment ? Alors pourquoi cette distance ? »

— « Parce que j'ai peur. Peur d'être blessé à nouveau, » avoua-t-il à voix basse.

Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux.

— « Je comprends, Lucius. Je comprends vraiment. Mais je suis là, et je ne partirai plus. Je te le promets. »

Lucius la fixa, ses yeux brillants d'émotion. Il s'approcha encore, puis craqua enfin. Il la prit dans ses bras, la serrant contre lui comme s'il avait peur de la perdre à nouveau.

— « Tu m'as tellement manqué, » murmura-t-il dans ses cheveux.

Hermione acquiesça, incapable de parler à travers ses larmes. Ils restèrent là, enlacés, profitant de la chaleur de leur amour retrouvé.

Cette nuit-là, de retour au manoir, leur réconciliation s'approfondit. Dans l'intimité de leur chambre, ils partagèrent une nuit d'amour — intense, sensuelle, passionnée et poétique. Chaque caresse, chaque baiser était une promesse renouvelée, une déclaration de leur désir de reconstruire ce qu'ils avaient perdu.

Les doigts de Lucius traçaient sa peau avec une tendresse infinie, laissant derrière eux des sillons de feu. Hermione y répondit avec la même ardeur, ses lèvres explorant chaque parcelle de lui, redécouvrant les sensations qui les avaient autrefois unis.

— « Je t'aime, » murmura-t-elle entre deux baisers, les yeux plongés dans les siens.

— « Moi aussi, je t'aime, Hermione, » répondit-il, la voix empreinte de sincérité et d'espoir.

Le début de l'année marqua un tournant décisif pour Hermione, qui s'était engagée pleinement dans une cause qui lui tenait à cœur : la libération des elfes de maison. Ce projet de loi, porté par sa passion inébranlable, devint le sens profond de son quotidien. Totalement absorbée par cette mission, Hermione s'efforçait d'équilibrer les exigences de sa vie professionnelle avec ses aspirations personnelles grandissantes.

Ses journées étaient un tourbillon de réunions interminables, de recherches méticuleuses et de débats enflammés avec ses collègues. Le soir, alors que d'autres quittaient le bureau, Hermione restait penchée sur ses parchemins, peaufinant chaque ligne de sa proposition pour en garantir la force et la clarté. La fatigue ne parvenait pas à éteindre le feu en elle ; elle puisait dans cette cause une énergie inépuisable, sa détermination à transformer l'indifférence en justice ne faisant que croître.

Un matin, alors qu'Hermione était profondément absorbée dans un rapport dense sur les droits historiques des elfes de maison, la porte de son bureau s'ouvrit doucement. Lucius entra, son expression mêlant curiosité et fierté. Son regard balaya les piles de parchemins et les notes annotées avec soin, son admiration silencieuse révélant un profond respect pour son dévouement infatigable.

— « Tu as accompli des progrès remarquables, » dit-il en s'approchant, un léger sourire aux lèvres.

Hermione leva les yeux, et malgré la fatigue qui pesait sur elle, son visage s'éclaira d'un sourire radieux.

— « C'est un travail difficile, mais je suis déterminée à aller jusqu'au bout, » répondit-elle avec une résolution inébranlable.

Lucius hocha la tête, son regard adouci par une admiration sincère.

— « Je n'en ai jamais douté. Tu es la personne la plus déterminée que je connaisse, » murmura-t-il en se rapprochant encore.

Hermione se leva, laissant un peu de la tension dans ses épaules s'évanouir, et chercha du réconfort dans ses bras.

— « Merci, Lucius. Ton soutien signifie tout pour moi, » souffla-t-elle, la voix empreinte de gratitude.

Il la serra contre lui, percevant le poids de son épuisement.

— « Je serai toujours là pour toi, Hermione. Nous sommes dans cette aventure ensemble. »

Ils restèrent là un moment, savourant la chaleur et la réassurance de leur étreinte. La passion d'Hermione pour sa cause, alliée au soutien indéfectible de Lucius, renforça leur lien. Au fil du temps et de leurs nombreuses discussions, Lucius commença à comprendre la portée du combat d'Hermione. Il devint un allié précieux, suggérant même une idée qu'il jugeait juste : un salaire modeste pour les elfes de maison en échange de leur travail — un geste de justice qu'il n'aurait jamais envisagé autrefois.

Cependant, malgré les réussites croissantes d'Hermione, une question persistante troublait Lucius : leur mariage n'avait toujours pas de date fixée. Un soir, alors qu'ils étaient assis ensemble dans le salon, les flammes dansant tranquillement dans l'âtre, Lucius décida d'aborder le sujet.

— « Hermione, pourquoi n'avons-nous toujours pas fixé de date pour notre mariage ? Tu as des doutes ? » demanda-t-il doucement, sa voix trahissant une inquiétude qu'il laissait rarement transparaître.

Hermione baissa les yeux, luttant pour dissimuler une anxiété latente.

— « J'ai… j'ai peur de te décevoir, Lucius. Et si ce n'était pas le bon moment ? » confessa-t-elle, sa voix empreinte de vulnérabilité.

Lucius prit ses mains dans les siennes, les serrant avec une douceur réconfortante.

— « Nous trouverons le bon moment ensemble. Parfois, il suffit juste de faire le premier pas, » murmura-t-il avec une conviction apaisante.

Elle releva les yeux vers lui, profondément touchée par la patience et l'amour qu'il lui offrait si naturellement.

— « Tu as raison, Lucius. Merci de comprendre. »

Un silence complice s'installa entre eux, leurs regards se croisant dans un échange silencieux de compréhension mutuelle. Lucius caressa tendrement la joue d'Hermione, son geste chargé de tendresse.

— « Tu donnes tant de toi aux autres, Hermione. N'oublie pas de prendre soin de toi aussi. Notre mariage, ce n'est pas juste une cérémonie — c'est notre projet, notre rêve partagé, » dit-il, ses mots résonnant avec une sincérité indiscutable.

Hermione hocha la tête, les yeux brillants de larmes qu'elle ne chercha pas à cacher.

— « Je ne veux pas que mes engagements professionnels nous privent de notre bonheur, » murmura-t-elle, la voix légèrement tremblante.

Lucius sourit, essuyant tendrement une larme qui roulait sur sa joue.

— « Nous trouverons un chemin, Hermione. Ensemble. Comme nous l'avons toujours fait. »

Le reste de la soirée se déroula dans un calme apaisant, ponctué de conversations douces, de rêves partagés sur l'avenir et de discussions sur la meilleure manière d'harmoniser leur vie professionnelle et leur vie personnelle. À mesure que les mots s'échangeaient, le poids sur leurs cœurs semblait s'alléger, laissant place à la force de leur amour.

Sur les conseils de Ginevra Weasley, Lucius et Hermione décidèrent de consulter un chaman de montagne pour déterminer la meilleure date pour leur union. Le chaman, réputé pour ses dons de divination, vivait dans un refuge isolé, entouré de forêts denses et de sommets escarpés. Le trajet pour le rejoindre fut une épreuve en soi, mais tous deux étaient déterminés à découvrir la vérité.

À leur arrivée, le chaman les accueillit dans sa cabane, un sanctuaire rempli de parchemins anciens, de cristaux scintillants et de cartes astrologiques complexes. Après avoir écouté leur histoire avec une grande attention, il leva les yeux vers les étoiles et les signes mystiques, puis ferma les yeux en une profonde méditation.

— « Il y a quelque chose d'inhabituel dans votre union, » dit-il en rouvrant les yeux avec une intensité perçante. « Votre amour a été influencé par un sort mal formulé. Celui qui l'a lancé n'avait pas prévu que vous seriez tous les deux présents ce jour-là. »

Hermione le fixa, stupéfaite. — « Que voulez-vous dire ? »

— « Un sort destiné à ouvrir le cœur de Lucius à d'autres femmes a été mal exécuté. Il ne devait viser que Lucius, mais vous étiez accidentellement présente au moment de l'incantation. Cela a créé un lien entre vous deux. »

Hermione, choquée jusqu'au plus profond d'elle-même, se leva brusquement, le cœur lourd, et quitta la cabane en trombe, bouleversée.

Le chaman retint Lucius pour lui expliquer davantage :
— « Si vous passez cent jours loin d'elle, vous découvrirez la vérité sur vos sentiments. Le sort vous visait vous, dans le but d'ouvrir votre cœur. Mais les sentiments d'Hermione sont authentiques. »

Lucius, visiblement secoué, demanda :
— « Et si je reste loin pendant cent jours ? »

— « Vous comprendrez alors ce que vous ressentez vraiment, » répéta le chaman. « Si après ces cent jours, vous ressentez toujours le même amour pour Hermione, cela prouvera qu'il est réel et non altéré par le sort. »

Lucius quitta la cabane, l'esprit accablé par cette révélation. Il retrouva Hermione à l'extérieur, son regard perdu dans le paysage montagneux.

— « Hermione, » dit-il doucement, « le chaman a expliqué que si je passe cent jours loin de toi, je saurai ce que je ressens vraiment. Le sort m'a ciblé, mais il a créé un lien entre nous. Si, après ces cent jours, je t'aime encore… ce sera la preuve que notre amour est authentique. »

Hermione, les larmes brillant dans ses yeux, hocha lentement la tête.
— « Nous devons le savoir, Lucius. Pour notre avenir. Fais-le. »

Peu après leur retour, un nouvel article dans la Gazette du Sorcier sema le doute quant à leurs actions au sein du Ministère, les accusant de corruption. Ces accusations infondées et les rumeurs persistantes pesaient lourdement sur eux. Lucius décida alors de quitter le Ministère de la Magie pour se consacrer aux affaires familiales des Malfoy, déterminé à sécuriser l'héritage de ses enfants et à faire en sorte qu'aucun d'eux ne souffre à cause de son nom.

— « Hermione, j'ai décidé de suivre les conseils du chaman et de partir pour ces cent jours, » déclara Lucius, la voix ferme, les yeux empreints d'une détermination inébranlable. « Je dois savoir si ce que nous partageons est réel. Et avec ces récentes accusations, il est aussi temps que je m'éloigne du Ministère. Je dois protéger notre famille et ce qui compte vraiment. »

Hermione, bien que le cœur lourd à l'idée de son absence, soutint son regard avec une compréhension silencieuse.
— « Je comprends, Lucius. Nous avons besoin de clarté — pour nous, pour notre avenir. Je t'attendrai. »

Lucius observa attentivement son visage, comme pour en mémoriser chaque trait. Son expression, bien que résolue, trahissait la douleur et l'hésitation en lui. Lentement, il s'inclina et déposa un doux baiser sur son front, un geste de tendresse et une promesse silencieuse.
— « Je reviendrai, Hermione. Nous affronterons la vérité, ensemble. »

Hermione hocha la tête, incapable de parler tant l'émotion lui serrait la gorge. Les larmes aux yeux, elle le regarda s'éloigner, chaque pas l'éloignant un peu plus de la vie qu'ils avaient construite. Le son de ses pas résonnait faiblement dans le silence du manoir, chacun d'eux rappelant l'épreuve à venir.

Parvenu à la porte, Lucius s'arrêta, se retourna une dernière fois. Leurs yeux se croisèrent à travers la distance, et l'espace d'un instant, le poids de leur amour — et de l'incertitude qui le menaçait — suspendit le temps. Sans un mot de plus, Lucius franchit le seuil, disparaissant dans la lumière vive du matin.

Seule dans l'immensité du manoir, Hermione s'effondra sur la chaise la plus proche, l'esprit en ébullition. Elle comprenait la nécessité de ce voyage, mais le vide qu'il laissait derrière lui lui paraissait insupportable. Pourtant, au fond d'elle, elle décida d'être forte — pour lui, pour eux.

Les jours suivants furent longs et silencieux, le vide du manoir accentuant sa solitude. Hermione se jeta à corps perdu dans son travail, canalisant son énergie dans les causes qui lui tenaient à cœur. Chaque lettre qu'elle rédigeait, chaque débat qu'elle préparait, portait en elle un espoir silencieux : que lorsque Lucius reviendrait, ils pourraient avancer ensemble, débarrassés du doute.

Pendant ce temps, Lucius entamait sa propre quête, se retirant dans un domaine isolé, dissimulé au cœur des terres ancestrales des Malfoy. Ses journées étaient austères, rythmées par la réflexion silencieuse et de longues marches dans les paysages hivernaux et déserts. Le soir, il s'asseyait près du feu, les souvenirs d'Hermione tournant dans sa tête — son rire, sa détermination ardente, la façon dont elle le regardait, comme si elle voyait jusqu'au fond de son âme.

La séparation les mit tous deux à l'épreuve, les forçant à affronter des questions qu'ils évitaient depuis longtemps. Et pourtant, dans la solitude, leur lien persista, tel une braise lente, brûlant doucement sous la surface, attendant le moment de se raviver.

Pour Lucius, chaque jour loin d'elle était une confrontation avec lui-même. Les mots du chaman le hantaient, mais à mesure que les semaines passaient, sa certitude grandissait. À la fin des cent jours, Lucius savait, sans l'ombre d'un doute, où en était son amour pour Hermione.

Et pour Hermione, bien que l'attente fût atroce, elle ne fit que renforcer sa conviction : ce qu'ils partageaient valait la peine d'être défendu.

Le centième jour approchait, porteur de réponses. Mais dans les instants de silence avant leurs retrouvailles, Lucius et Hermione comprirent que le voyage leur avait déjà révélé une vérité profonde : l'amour ne se trouve pas dans l'absence ou dans la certitude, mais dans la volonté de se battre pour lui — quoi qu'il en coûte.