Résumé du dernier chapitre : Sur le point d'être tuée par Loly, Inoue Orihime est finalement secourue par deux inconnus : Bazz-B et Jugram Haschwalth. Pendant ce temps, le combat entre la Légion Noire et le groupe de Grimmjow continue, tandis que les Shinigamis continuent de s'organiser.

BLEACH — THE DARK AGES

Un silence assourdissant. Une chaleur de plus en plus poignante, et l'impression que le temps se figeait. Lentement, très lentement, les paupières d'Inoue Orihime lui permirent de nouveau d'avoir une vision sur le monde qui l'entourait.

Celui-ci apparaissait certes bien terne. Pour autant, avec la conscience qui lui revenait progressivement, Orihime devinait qu'elle ne se trouvait pourtant pas dans les méandres de l'Au-delà. Ou alors, cela signifierait que cet Enfer était bien différent de celui véhiculé par son imagination. Et en un sens, ce ne serait pas forcément étonnant.

Cela dit … la jeune femme avait la furieuse impression d'être encore en vie. Son corps lui faisait encore mal, et la pénombre partielle dans laquelle elle se trouvait actuellement lui donnait presque envie de refermer ses yeux grisés. Ce qu'elle ne fit pas … et pour cause, il y avait encore des questions auxquelles il fallait absolument répondre. Par exemple : pourquoi n'était-elle pas morte ?

Aussi loin que sa mémoire lui autorise à remonter, sa confrontation avec Loly et Menoly avait particulièrement mal tournée, si l'on faisait l'effort d'appeler cela une confrontation. Faiblement, Orihime passa une main sur son front, et y ressentit un curieux tissu : s'agissait-il d'un bandage, d'un pansement ? À première vue, c'était bien le cas.

Alors que son esprit se reformait avec de plus en plus de clarté, la rousse ressentit des picotements sur son corps, toujours endolori. Mais là encore, elle y percevait la présence de différents bandages, destinés à la soigner. Y compris près de son genou, ensanglanté depuis un bon moment déjà.

Depuis combien de temps, en réalité ?

Parce qu'elle n'avait absolument aucune notion du temps, actuellement… au bout de quelques secondes, réprimant un léger gémissement de douleur, l'humaine se redressa légèrement.

« — Tu devrais éviter de faire des efforts. »

Inoue ne put s'empêcher de sursauter. Avant que cette voix inconnue ne retentisse, elle n'avait décelée la présence d'aucun reiatsu dans cet endroit. Mais à y regarder de plus près, il y avait bien quelqu'un, en face d'elle, installé sur une chaise. Étant donné que la chambre n'était éclairée que par les soins de quelques bougies, sa vision n'avait pas été capable de le repérer tout de suite. De même, la jeune femme n'arrivait pas non plus à retranscrire convenablement l'architecture des lieux, hormis le fait qu'il n'y avait pas forcément beaucoup d'espace.

« — Qui … êtes-vous ? »

CHAPTER 50 : LOOKING FOR SAFE HEAVEN

Il s'agissait d'un homme. Elle l'avait reconnu à la voix, et à la posture qu'il avait actuellement, en se dévoilant progressivement à la lueur des bougies. Lentement, l'inconnu en alluma justement une autre, placée sur un meuble de bois, au fond de la pièce. Il s'approcha au même moment du lit sur lequel reposait faiblement son interlocutrice.

« — Je me nomme Jugram Haschwalth, articula-t-il, lentement. Nous t'avons récupérée dans une maison, non loin d'ici, alors que tu étais en mauvaise posture. Je t'ai ensuite ramenée ici pour te soigner. Avant que tu ne me le demandes, mon ami s'est occupé des deux femmes qui te violentaient.

— M… Merci beaucoup, répondit l'intéressée, encore un peu confuse. Je suis … Inoue Orihime. »

Il y avait encore beaucoup de questions qui affluaient dans son esprit. Lui donner un nom de manière brute n'aidait en réalité pas beaucoup Orihime à s'y retrouver. En revanche … cet homme avait parlé au pluriel. Il y avait donc plusieurs autres personnes avec lui … ? Redressée, la jeune femme s'inspecta elle-même. Elle remarqua des bandages en-dessous de sa chemise blanche, et ne put d'ailleurs s'empêcher de rougir légèrement de gêne, à l'idée que cet inconnu l'avait soignée de la sorte.

« — Tu dois te poser encore beaucoup de questions, déclara le blond, d'un air monotone. Cependant, il serait mieux pour toi de rester tranquille pour le moment. Tes blessures ont été assez sérieuses, et je ne suis pas un expert des soins non plus.

— … D'accord, répondit-elle, le plus simplement possible. »

D'ailleurs, les blessures de la rouquine se gravaient également sur son crâne. Loly l'avait sérieusement touchée en la cognant directement contre la paroi, et un autre bandage serpentant autour de sa tête ne faisait que le lui rappeler.

Mais malgré tout … malgré le fait que cet homme lui ait demandé de se reposer … la question évidente se posait et se reposait inlassablement dans son esprit.

Qui était-il … ?

L'inconnu restait de marbre, à fixer presque indifféremment celle dont il venait pourtant de sauver la vie. Son regard ne se teintait d'aucune trace de surprise. Même si la pénombre y jouait probablement pour quelque chose, Orihime n'arrivait aucunement à comprendre les émotions derrière ces yeux froids.

Et elle ne saurait non plus dire combien de temps s'écoula, depuis qu'elle s'était de nouveau couchée sur le lit, pour replonger dans un pays de songes moins douloureux …

Haschwalth, lui, resta silencieux pour laisser la jeune femme se reposer. Du moins, jusqu'à ce que la porte de bois ne commence à s'ouvrir doucement, en laissant apparaître le visage de son camarade. Bazz-B, sous ses airs de bad boy particulièrement teigneux, ne semblait pas vouloir faire de bruit. Lentement, l'homme à la coiffure si excentrique fit un signe de la tête au paisible blond. Celui-ci hocha positivement la tête, avant de se lever doucement, pour le rejoindre à l'extérieur.

« — Alors, que se passe-t-il ? articula Jugram, d'un ton calme.

— C'est à moi de poser la question, tu crois pas ? railla son interlocuteur, les mains dans les poches.

— Et qu'entends-tu par-là ?

— Cette femme pour commencer. Pourquoi l'a-t-on sauvée ? C'est pas dans nos habitudes de nous mêler de ce qui ne nous regarde pas. Tu me surprends, Jugo.

— Ce n'est pas dans notre habitude de laisser les innocents mourir de cette façon.

— Et qu'est-ce qui te fait croire qu'elle était innocente ?

— Elle ne l'était peut-être pas, murmura lentement l'homme à la chevelure blonde. Ses assaillantes en revanche … dégageaient quelque chose de fortement malfaisant.

— Et tu me demandes en plus de retenir mes coups … tss. Y'a des fois où je te suivrais jamais, Jugo.

— Je m'en doutais.

— Et ce que je voulais te dire, c'est qu'ils approchent. Dès l'arrivée de cette femme, hein ? »

Haschwalth ne répondit rien devant le sous-entendu de son partenaire. En revanche, ses yeux se laissèrent aller à une petite escapade, en dehors de ces fragiles murs de bois. Et ses sens ne lui mentirent pas, dès lors qu'il perçut une vibration teintée de violence, approchant lentement de ces terres abandonnées par le ciel.

Des terres desquelles approchait de rudes nuages orageux. Si le ciel ne laissait d'ordinaire pas la moindre place au soleil, il arrivait encore fréquemment que le climat s'emballe et asperge ces territoires d'une eau presque violente. Et au vu de la taille des nuages noirs qui approchaient, il s'avérait évident que le temps jouerait encore des tours aux survivants de cette ère délabrée.


Dimension Royale — Navire de la Brigade d'Expédition.

Yasuharu Takanashi — Seigi no Chikara

« — C'est … le sabre du Roi. Le … porteur de tous nos espoirs … et … j'aimerais … que tu le prennes avec toi.

— P-Pardon ?! »

Très affaiblie après les événements survenus récemment, le capitaine Akane Honkyô ne semblait guère plaisanter. De son regard terne jaillissait un éclat de vie, dès lors que le sujet abordé concernait cette mystérieuse lame. Ichigo Kurosaki et Rukia Kuchiki se tenaient juste en face de la Shinigami, assise sur un fauteuil roulant, que Fuyuki prenait soin de manier.

Avant le départ des deux Shinigamis, la meneuse de la Brigade avait émis le souhait de pouvoir leur parler. Néanmoins, au vu de la gravité de ses blessures, se déplacer était une utopie. Marcher de nouveau un jour, sans les soins d'Inoue Orihime, ne serait pas facile non plus.

« — N'est-ce pas imprudent de laisser cette épée entre mes mains ? Et si le Diable parvenait à mettre la main dessus ?

— C'est risqué, en effet … mais … c'est tu es aussi … le seul à pouvoir manier cette épée convenablement. Tu es … le seul qui puisse rapporter un peu d'espoir à ce monde, Kurosaki Ichigo …

— Honkyô-sama, vous devriez garder vos forces. Vous êtes encore très faible. »

Les propos inquiets de sa subordonnée n'empêchèrent pourtant pas l'intéressée de braquer un regard assez intense au Shinigami remplaçant. Ce dernier serra légèrement les dents. En réalité, il n'avait même pas la moindre idée de la façon dont il pouvait s'y prendre avec cette épée. Et au vu de la démonstration de pouvoir effectuée par le puissant monarque des Enfers, la dernière fois … il n'y avait pas de quoi fanfaronner.

« — Si je puis me le permettre … intervint doucement Rukia. Le Diable a déjà montré expressément qu'il souhaitait s'en emparer … alors le confier à Ichigo nous mettrait vraiment en danger. »

Akane baissa légèrement et faiblement les yeux. Cette épée … représentait beaucoup. Tout le travail, toute la souffrance du roi ayant gouverné sur la Soul Society. Tous les rêves, tous les espoirs qui se forgeaient au fil du temps, et au gré des difficultés.

« — C'est … aussi votre seul espoir de vous en sortir si vous rencontrez le Diable. »

La phrase sonnait forte. Les deux autres Shinigamis ne surent d'ailleurs aucunement quoi répondre, se jetant mutuellement un regard qui incitait l'autre à faire le premier pas, sans grand succès. Et au final, aucun d'eux ne se donna une telle peine, puisque ce fut de nouveau la faible voix d'Akane qui reprit le fil de la discussion.

« — J'aimerais … que vous la preniez avec vous. Elle … vous protégera. Elle … vous sera beaucoup … beaucoup plus utile qu'à nous.

— Capitaine Honkyô …

— Et j'aimerais aussi … que vous … me fassiez une promesse. »

Ichigo ne connaissait aucunement cette femme. Pourtant, il sentait étrangement son cœur se serrer. Peut-être que le faible état dans lequel elle se trouvait actuellement y jouait grandement.

« — Kurosaki Ichigo … je n'ai pas connu le tiers des souffrances que tu as endurées en Enfer. Je ne te connais … quasiment pas. Mais s'il te plaît … ramène-moi cette épée. Ramenez-la … avant que nous ne puissions engager le combat contre Sakae … nous devons le faire. Bientôt … nous allons nous attaquer aux deux camps à la fois … et l'échec ne nous sera pas permis … alors … sauvez rapidement votre amie … et revenez vers nous…

— … Je vais essayer. »

Que valaient ces promesses aujourd'hui ? Il se trouvait bien incapable d'en émettre des crédibles. Aujourd'hui, le futur s'écrivait avec la plume de l'incertitude. Une plume que lui, ne savait pas manier, ni déchiffrer. Alors, armé de tout ce que son cœur avait à porter, il ne pouvait faire mieux.

À ses côtés, Rukia conserva un masque de silence suffisamment éloquent de lui-même.

« — … Merci.

— Vous devriez vous reposer dorénavant, Honkyô-sama. »

Sans beaucoup plus attendre, Fuyuki récupéra sa supérieure hiérarchique, et intima aux deux autres de quitter la pièce, pour qu'elle puisse se reposer convenablement. Sans tarder, Ichigo et Rukia s'exécutèrent. Tous deux traversèrent silencieusement le couloir, plongés dans des pensées respectives, qui s'entrecroisaient souvent. Au bout de quelques temps, une autre ombre apparut à leurs yeux.

Une ombre cette fois-ci un peu plus connue des deux camarades.

« — Toshirô ?!

— Capitaine Hitsugaya ? »

L'intéressé, arborant une mine relativement froide, portait comme à l'accoutumée son long voile blanc, offert par la Brigade, et s'adossait simplement sur le mur du couloir. Selon toute vraisemblance, l'ancien capitaine de la dixième division attendait ses compagnons d'arme.

« — Kurosaki, Kuchiki, lâcha-t-il, de son ton habituel. Je ne vais rien vous apprendre, mais le Nouveau Monde est rempli de dangers. Faîtes attention à vous.

— … D'accord …. Mais pourquoi cette soudaine inquiétude pour nous ?

— Ne sois pas ridicule, brailla le jeune homme, en secouant négativement la tête. Je te rappelle que tu es au cœur de notre stratégie pour sauver le monde. Alors si tu ne veux pas condamner le futur, tu as intérêt à agir avec ton cerveau.

— Ça va … pas la peine de t'en faire autant.

— Quant à ma décision de t'exiler momentanément …

— Oh, laisse tomber. J'allais prendre moi-même cette décision de toute façon. »

Sans attendre la fin du speech, Ichigo s'avança relativement nonchalamment, effectuant un petit geste de la main au passage. Visiblement, même l'Enfer n'était pas capable de lui ôter ses manières douteuses en matière de respect. Toshirô plissa légèrement son regard turquoise, qui croisa rapidement celui de Rukia.

« — Tu devras veiller sur lui, Kuchiki, déclara-t-il, en fermant lentement les paupières.

— Je … je sais, bredouilla vivement l'intéressée, en sentant une once de gêne lui envahir l'esprit. Merci, Capitaine Hitsugaya.

— Ne me remercie pas alors qu'il ne s'est rien passé.

— Et comment va votre vice-capitaine ?

— Je n'ai pas eu beaucoup de retours là-dessus, articula-t-il lentement, en décidant de se décoller du mur. J'imagine qu'elle va bien. »

Du moins, l'espérait-il.

La discussion entre les deux Shinigamis utilisant la glace ne s'éternisa pas longtemps. Fort rapidement, la brunette rejoignit son compagnon, quelques encablures plus loin. Quant au natif du Rukongai, les choses allaient également s'accélérer.

Une nouvelle réunion stratégique n'allait pas tarder à avoir lieu. Encore fallait-il atteindre la nouvelle base. Mais le doute ne planait pas dans l'esprit de Toshirô. Très rapidement, les épées allaient de nouveau se croiser, dans une mélodie aussi froide que son pouvoir. Peut-être pour la dernière fois. Et tout dépendait ainsi d'eux … et de la façon dont ils allaient être, ou non, capables de faire changer les choses.


Dimension Royale — Champ de bataille …

Les dizaines de projectiles glacés furent balayés, en une fraction de seconde. Les lames bleutées de Grimmjow agissaient efficacement, c'était une évidence.

« — Mmh. Voici une technique plutôt puissante. »

Le Desgarron, lancé sans avoir besoin de passer en Resureccion. Telle était l'une des capacités acquises par Grimmjow à l'aide du gain de pouvoir obtenu aux côtés de l'Enfer. Et la panthère ne le regrettait absolument pas.

Cela dit, ce qui le contrariait davantage, résidait surtout dans le fait que Brynhild n'avait pas été touchée. Certes, le paysage en avait fait les frais. Certes, la Valkyrie n'avait pas été capable de geler son assaut.

Mais manquer encore une fois son assaut … mettait véritablement l'Arrancar dans une colère de plus en plus grande. Brynhild avait simplement disparue. Disparue, l'espace de quelques secondes, mais assez rapidement pour ne pas en subir de fâcheuses conséquences.

« — Je dois quand même te dire que je suis plutôt impressionnée. Le Diable a su accroître au maximum tes capacités et le résultat le rend bien. Cela dit … même si toutes tes facultés physiques se sont accrues, même si ton reiatsu lui-même est devenu poignant … ce n'est pas suffisant.

— Tch. T'es en train de t'la raconter parce que t'as évité mon Desgarron ? Commence pas à imaginer que ce combat soit terminé !

— À vrai dire j'attends toujours qu'il commence réellement. »

Il allait la faire taire rapidement ! Fusant à toute allure pour combler l'espace les séparant, Grimmjow chercha à lui asséner un coup d'épée plutôt puissant. Mais ce mouvement orchestré par une montée de rage n'avait rien de prudent. Brynhild plissa légèrement son regard, en observant son adversaire venir à toute allure, avant de soulever doucement sa main gauche.

Un gros bloc de glace se forma et heurta violemment la côte de l'Espada. Le froid mêlé à la douleur provoqua une sensation particulièrement désagréable, et plus encore, le bleuté ressentit un gel se répandre sur sa hanche. Sans réfléchir outre mesure, il souleva sa lame et la fit s'abattre en une fraction de seconde.

Spectatrice passive, son opposante esquissa un léger sourire de satisfaction.

« — Tu viens de te couper une partie de chair non négligeable. C'est un acte tout de même dangereux.

— Ta gueule, répliqua directement le Hollow, dans un râle de souffrance. Te laisser contrôler cette glace aurait été bien pire.

— Derrière ce masque de brutalité se trouverait donc un cerveau. Me voilà surprise. Ceci dit … je ne pense pas que tu sois maintenant en très bonne posture. »

Rapidement, de nouveaux blocs de glace explosèrent du sol, pour tournoyer autour de la cible.

Bon sang ! Il devait rapidement trouver le moyen de changer de terrain ! Cette femme était beaucoup trop avantagée, plantée au milieu de ce champ de glace ! Mais comment y parvenir ? Même en ravageant tout cet endroit au complet … elle pourrait de nouveau geler le sol et s'en servir comme une ressource inépuisable. Dans ce cas-là … !

L'Arrancar, par le biais de rapides sonido, s'en sortit particulièrement bien, en évitant tous les projectiles déployés par Brynhild, qui heurtèrent le sol, générant de plus en plus, une forme de buée froide dans les environs. Pas de quoi décontenancer Grimmjow cependant, qui leva de nouveau sa main droite, pour préparer un nouveau Cero.

« — Crève !

— Je ne pensais pas que tu bougerais aussi habilement en t'étant blessé de la sorte. Je t'ai vraiment sous-estimé. »

Le Cero ne fonctionna pas non plus, puisqu'une grande barrière de glace fut érigée pour former un barrage. Pire encore, ce fut même le rayon rougeâtre qui en paya le prix fort, en prenant une teinte bleutée, avant d'être complètement gelé à son tour. Le pouvoir de cette femme, se résumant à tout geler et à contrôler ensuite ses prises, était vraiment ennuyeux.

« — Bien, est-ce que par hasard tu t'ennuierais ? Parce que moi, c'est très clairement le cas, tu vois.

— Qu'est-ce que tu racontes encore ?!

— Ely-chan semble être assez éloignée. Bon, c'est suffisant. Walküre Völlstanding. »

Hideyuki Fukusawa — Hyogen no Waltz (Vlov IV)

Une véritable colonne de lumière glacée jaillit du corps de cette femme, faisant naître chez Grimmjow un sentiment d'étonnement, que son regard suffisait amplement à retranscrire. L'air glacial dans les alentours se renforça encore davantage, donnant l'impression d'une chute graduelle de la température. Une chute si significative, que la buée sortant de la bouche de l'Arrancar lors de sa respiration, lui glaçait presque le sang. Mais jamais il ne pouvait permettre à une telle pensée de naître au fond de lui, quand bien même devait-il combattre la réalité elle-même.

Deux grandes ailes lumineuses éclairèrent les environs, dévoilant une Valkyrie radieuse et à la confiance plus qu'éclatante. La robe noire en dentelles de cette dernière se balançait négligemment et régulièrement, du givre recolorant le tissu, en lui offrant quelques éclats de clarté.

« — Heilig Frost.

— La forme sainte d'une Valkyrie, hein ? marmonna l'Arrancar, aux yeux désormais plissés.

— Tu en parles de façon plutôt décontractée. J'en déduis que l'Enfer est plutôt bien informé là-dessus.

— Pff. J'suis pas du genre à aller gratter des informations partout de toute façon. Je préfère me servir à la source ! »

Brynhild affichait une grande sérénité. Visiblement, la puissance qu'elle dégageait avait le don de stimuler les sens guerriers de son adversaire. Rien d'étonnant compte-tenu de son tempérament habituel, mais en tout cas, elle ne comptait pas faire durer ce combat éternellement.

Tournoyant rapidement autour d'elle, un tourbillon glacial contribuait à rendre l'atmosphère ambiante particulièrement froide. Grimmjow, lui, n'en n'avait que faire, et se lança directement à l'assaut, ses griffes brillant d'un éclat bleuté.

« — Tu n'as pas froid aux yeux toi. Pourquoi ne libérerais-tu pas ton Zanpakutô, histoire que la bataille ressemble à quelque chose ?

— Ta gueule !

— Quel être borné, murmura Brynhild, en soulevant son arc. Bosen Eis Ewige. »

Dès la seconde suivante, tout changea dans l'esprit de Grimmjow Jaggerjack. Son corps, son esprit … tout devenait froid. Et sans qu'il ne parvienne à se l'expliquer, l'Arrancar se sentait à la fois figé … et attiré par une énorme flèche d'un bleu froid, qui fonçait vers lui à toute allure. Il fallait bouger … !

Mais il n'y parvenait pas. Peu importe à quel point sa volonté de s'en sortir était grande, son corps ne répondait plus, le laissant inexorablement sur la route de cette dangereuse flèche. Les pupilles de la panthère se fermèrent, lentement.

Était-il … aussi faible … ? Il n'arrivait même pas à libérer le pouvoir de Pantera. S'il l'avait fait plus tôt … alors les choses se seraient peut-être passées différemment ! Quel con !

Tout se passa ensuite très rapidement. Une violente douleur fracassa littéralement la côte de l'Espada, le projetant violemment à quelques mètres sur le sol, contre lequel il s'écrasa lourdement.

Brynhild observa la scène, tranquillement. Son sourire en coin ne disparaissait pas … quand bien même ce dernier acte ne provenait pas d'elle. Sa grande flèche de lumière disparut dans les contrées célestes, sans avoir heurté quiconque. Lentement, la Valkyrie de Sakae tourna la tête, permettant à son regard de dénicher le véritable coupable de cet acte. Il se trouvait maintenant aux côtés de l'Arrancar, la posture droite et fière.

« — Ne me remercie pas. On est quittes maintenant. »

Une furieuse envie de vomir s'empara du corps de Grimmjow, dès lors qu'il se rendit compte de l'identité de son « sauveur » : Bonsai, le bras-droit de Kyogi. Celui-ci plaça nonchalamment son épée sur son épaule, braquant sur son opposante un regard teinté d'une insolente confiance. Insolente, mais factice très probablement.

« — Eh bien, quelle surprise, se contenta de déclarer Brynhild, sous le vent froid. Je pensais qu'Ely-chan s'occupait de vous.

— Elle est aux prises avec Kyogi-sama. Malheureusement, je ne peux pas me résoudre à lui faire du mal, alors je me rabats sur vous, une personne moche.

— Oh. Ces propos sont très vexants.

— Je ne fais que dire la vérité. Vous êtes moche et vous devriez me remercier pour ma franchise !

— Enfin bref, tu m'ennuies. »

Un vent glacial puissant fit reculer sensiblement l'âme damnée, dès lors que son ennemie décréta la fin d'une discussion bien peu constructive, en décochant une nuée de flèches puissantes et glaciales. Cette fois-ci, il semblait que la puissance de ces projectiles n'ait rien à voir avec celle dont ils disposaient, lorsque la femme aux cheveux cyan les lançait sous sa forme de base.

Un violent tremblement se produit soudainement, dans le dos de Bonsai. Plus encore, la terre donnait l'impression de se fendre, alors que le reiatsu se concentrait de façon impressionnante. Il n'y avait aucun doute sur la nature de ce qui se produisait actuellement : dans un éclair de pouvoir de plus en plus conséquent, Grimmjow venait de libérer son Zanpakutô.


Nouveau Monde — Village abandonné.

« — Vous voulez dire que … vous êtes humains ? »

Après son arrivée incongrue dans cet étrange village, Inoue Orihime avait pu bénéficier de quelques soins prodigués par cet inconnu, ainsi que d'un repos particulièrement réparateur. Actuellement, elle se trouvait en compagnie de ces deux hommes, sur une table de bois, en y dégustant un thé encore chaud. Du moins, l'ancienne étudiante buvait, de temps à autres, tandis que le blond, Haschwalth, restait simplement assis, et que Bazz-B, son camarade, restait bras croisés et adossé sur un mur. Tous deux confirmaient bien le fait d'être des humains. Mais la rousse ne pouvait pas le concevoir : comment auraient-ils pu vaincre Loly et Menoly, dans ce cas-là ?

« — Mais … comment … ? Vous avez … des pouvoirs … ?

— C'est une question un peu plus compliquée, à vrai dire, rétorqua calmement Jugram Haschwalth. Nous avons tous les deux été élevés plus loin, dans un village, qui fait aujourd'hui partie des ruines de ce monde. Là-bas …

— Pff, pas la peine d'en faire toute une histoire, coupa directement son coéquipier. T'es humaine toi, nan ? T'as des pouvoirs aussi, nan ? Eh bah c'est pareil pour nous. Fin de l'histoire. »

Il paraissait plutôt agacé, ou pressé. Difficile à première vue de trancher sur la question, et Orihime ne se sentait pas réellement la force pour lui poser la question.

« — Pourquoi m'avoir … sauvée ?

— C'est plutôt naturel compte-tenu de la situation dans laquelle tu te trouvais. Dans ce monde, les humains sont devenus plus égoïstes que jamais. Mais pour survivre, il est nécessaire de coopérer. Articula de nouveau Haschwalth, d'un ton lent.

— Vous … vous êtes donc … les « gentils » ?

— Nous cherchons à survivre. Face à la prolifération de créatures … il n'y a pas beaucoup de possibilités. Et d'autres approchent, en ce moment. Il est bientôt temps pour nous de partir, et si tu veux survivre, tu ferais bien de nous suivre. »

Orihime avait la curieuse impression que quelque chose clochait.

Pourquoi étaient-ils si complaisants à son égard … ? Rien ne prouvait actuellement qu'elle ne représente pas une menace pour eux, loin s'en faut. Alors pourquoi l'aider aussi facilement ? Même si concernant Bazz-B, une forme de réticence transparaissait sur son visage, il y avait tout de même de quoi rester anxieux.

Cependant, même si nombre de ses questions restaient en suspens, une lourde pression se fit sentir dans l'atmosphère. Une pression bientôt accompagnée par des hurlements de rage. Il n'y avait pas un doute sur leur provenance … !

« — Des Hollows … ! s'agita légèrement la jeune femme, en se relevant précipitamment.

— Alors c'est comme ça que tu les appelles ? marmonna Bazz-B, en lançant un regard par la fenêtre.

— Tu devrais éviter de te relever aussi brusquement. Ton corps est faible, tempéra simplement Jugram, les yeux fermés.

— On ne doit pas rester ici … !

— Sans déconner. »

Les mains dans les poches, l'homme à la coiffure excentrique sauta littéralement par la fenêtre, en atterrissant dans une ruelle encore un petit peu étroite. D'ici, impossible d'apercevoir d'où venaient les monstres. Mais si la vue ne le permettait, les autres sens suffisaient amplement à les repérer.

Et ce premier contact annonçait l'arrivée d'une bonne dizaine de ces créatures. Du mieux qu'elle le pouvait, Inoue se rua près de la fenêtre, dans le but d'avertir cet homme de ne pas combattre. Mais au vu de son tempérament, il y avait peu de chances pour qu'il puisse l'écouter.

« — Attendez !

— Oublie-le.

— Mais votre ami va ...

— Bazz-B n'aura aucun problème. On devrait sortir de cette maison, maintenant, déclara platement son acolyte, en ouvrant la porte de sortie. »

Devait-elle le suivre … ?

Au vu de son état, la raison la poussait clairement de ce côté. Même si tout n'était pas encore clair dans cette histoire, Inoue n'avait guère le luxe de choisir. Moyennement convaincue, elle emboita le pas à cet inconnu.

Quelques secondes plus tard, elle se tenait à ses côtés, dehors. Un petit peu plus loin, elle aperçut rapidement les formes plus monstrueuses que jamais des Hollows qui débarquaient. Tous mesuraient pratiquement dix mètres, et tous avaient repéré leur nourriture. En poussant des râles bestiaux, ils approchaient, encore et encore.

« — Toujours aussi moches, grommela légèrement Bazz-B. »

Il se trouvait maintenant bien en évidence, sur le toit d'un bâtiment. Et inexorablement, les Hollows le prirent pour cible, sous l'œil tendu d'Inoue Orihime.

« — Ne faut-il pas l'aider ? s'enquit-elle de nouveau, d'un air insistant.

— Je t'ai déjà dit que Bazz-B va s'en sortir, tout seul. »

Et l'intéressé souleva justement sa main droite, de laquelle une énergie brûlante commença à émaner, sous l'œil hagard d'Orihime. Quelle … était cette capacité ? Durant toute son existence, elle n'en n'avait pas connue de similaire. Et pourtant, entre les Shinigamis, les Hollows, les Quincy, les Fullbringers … la jeune femme en avait connu, des pouvoirs.

« — Burning Finger One ! »

Mais ce rayon enflammé, sortant directement du doigt de ce type, qui transperça l'œil d'un Hollow … Orihime en resta hébétée.

« — Comment …

— Nous avons été élevés pour protéger le village des âmes néfastes et démoniaques, déclara lentement Haschwalth, en observant le carnage que commençait son ami. Mais six mois auparavant … quelque chose est arrivé. Le monde entier a été recouvert d'un nuage de ténèbres … et nous avons échoué. Notre village n'existe plus aujourd'hui. Nous en sommes les derniers survivants …

Burning Finger Two ! »

Une explosion, plus puissante encore que le premier, irradia les environs. Lourdement, et provoquant une onde de choc plutôt bruyante et visible, l'un des Hollows chuta sur le sol. En partie calciné, il ne se releva pas. Les flammes commençaient d'ailleurs à recouvrir les environs, donnant un arrière-paysage étrangement proche de celui de l'Enfer. Ou tout du moins, de l'image qu'Orihime s'en faisait.

« — … Aujourd'hui, nous recherchons un havre de paix. Il y a peu de temps, on a entendu parler d'un endroit qui ne serait pas infesté de ces monstres. »

NEXT CHAPTER : FROZEN LANDSCAPE

Les coulisses du Chapitre — « Isane Kotetsu obligée de vivre parmi les riches »

Isane Kotetsu : M… Mais pourquoi ?!

Byakuya Kuchiki : Car j'ai décidé de t'adopter, Isane.

Gros vent sur l'assemblée.

Isane Kotetsu : Mais je ne peux accepter … !

Byakuya Kuchiki : Depuis quand ton avis compte-t-il ? Tu es un personnage secondaire, et je suis un riche.

Isane Kotetsu : Mais …

Byakuya Kuchiki : Silence. Le capitaine Unohana ayant été tuée par Haikyaku dans Rising Hell, personne ne peut te défendre.

Isane Kotetsu : Je pensais que les previews n'avaient pas de logique … ?

Byakuya Kuchiki : Justement. Je peux faire ce que bon me semble ici. J'ai de l'argent. I screw the rules, I have money.

Isane Kotetsu :

Plus tard …

Rukia Kuchiki (chuchote) : Ce n'est pas si grave, comme ça, je suis ta tante !

Isane Kotetsu : Mais je suis sûrement plus vieille que toi …

Rukia Kuchiki : Tu as vérifié … ? C'est vrai que je n'ai que 150 ans après tout … zut.

Isane Kotetsu : Oui …

Byakuya Kuchiki : C'est l'heure du dîner. Nous allons manger comme des riches. Gardez le buste droit et la tête bien haute. Que vos coudes ne touchent pas la table. Maintenant, mangez.

Rukia Kuchiki : Oui, Nii-sama !

Isane Kotetsu (larmoyante) : Oui …

Plus tard …

Byakuya Kuchiki : Tiens mieux tes baguettes, espèce de vermisseau.

Isane Kotetsu : J-Je suis désolée !

Plus tard …

Byakuya Kuchiki : Tiens-toi plus droite, idiote.

Isane Kotetsu : Pardon !

Plus tard …

Byakuya Kuchiki : Marche plus droite. Ta posture est digne d'un kangourou.

Isane Kotetsu : Désolée !

Plus tard …

Byakuya Kuchiki : Qu'est-ce que je suis beau.

Plus tard …

Isane Kotetsu : Père …

Byakuya Kuchiki : Comment oses-tu m'appeler de la sorte ?! Je ne suis pas ton père, pauvre sotte.

Isane Kotetsu : Mes excuses … le prochain chapitre se nomme simplement Frozen Landscape, et je tenais à vous en informer …

Byakuya Kuchiki : Je n'ai guère l'habitude de lire des fictions écrites par des amateurs, sotte que tu es.

Plus tard …

Byakuya Kuchiki : Ma fille.

Isane Kotetsu : Oui, père ?

Byakuya Kuchiki : Comment oses-tu m'appeler de la sorte ?! Je ne suis pas ton père. La prochaine fois que tu oses prononcer de telles inepties, je te tuerai avec Senbonzakura.

Isane Kotetsu : Mais dans ce cas, qui suis-je ?!

Byakuya Kuchiki : Tu es ma fille unique, n'est-ce pas évident ?

Isane Kotetsu :

Plus tard …

Isane Kotetsu : Qui … suis-je … ? Où suis-je … ? Quelle est … ma raison d'être ?

Byakuya Kuchiki : Tu dois servir ton maître, c'est ça, ta raison d'être. Je ne t'ai pas adoptée, j'ai fait de toi mon esclave. Tu n'es rien d'autre que cela. Une esclave de bas rang.

Isane Kotetsu :

Une aura bleue entoure Isane, qui s'élève soudainement dans les cieux, à une vitesse fulgurante. Elle est maintenant vêtue d'une armure épaisse !

Isane Kotetsu : Metal Isane Kotetsu !

Plus tard …

Ichigo Kurosaki : Salut. Vous savez, je trouve que c'est bizarre. Y'a des choses qui ne s'expliquent pas. Mais c'est bizarre. Voilà voilà, allez salut.

Plus tard …

Isane Kotetsu : Je suis le Shinigami le plus puissant de ces 1000 dernières années ! Plus puissant que Genryûsai !

Yamamoto Genryûsai : Normal vu que je suis mort actuellement. Cela dit, j'ai des doutes sur tes chances de victoire malgré tout, pauvre merde.

Isane Kotetsu : Ferme ta putain de gueule de macaque puant.

Yamamoto Genryûsai :

Isane Kotetsu (jette son Zanpakutô par terre et retrousse ses manches) : Je suis surnommée la Déesse de la Lune Écarlate et je vais te faire mordre la poussière tellement fort que tu vas tousser.

Yamamoto Genryûsai :

Le poing de Yamamoto heurte celui d'Isane.

Isane Kotetsu : Quoi … ?! Ce sont … les flammes de ses émotions sauvages … ?! Ces flammes me consument !

Yamamoto Genryûsai : À plus sœurette.

Ichigo Kurosaki : Coupez …