Chapitre 18
Octobre 1992
hide avait déjà fait face au mutisme dans sa vie, mais jamais à ce point. Rarement, il avait déclenché un silence si pesant dans sa vie. Il avait l'impression que ça durait depuis des heures, mais ça ne faisait que quelques minutes à peine. Ashley continuait de le fixer en silence. Il venait de lui poser un ultimatum. Il avait espéré ne pas en arriver là, mais la jeune anglaise ne lui avait pas laissé le choix et pour hide, il n'y avait pas d'autre issus possible. Mais le guitariste commençait à s'inquiéter de l'absence de réaction de la britannique et il balisait sérieusement de la réponse qui serait la sienne.
« Ashley ! Fini-t-il par lâcher, ne supportant plus cette tension.
- Personne. Je dis bien "personne", ne me pose d'ultimatum. »
La jeune femme était maintenant folle de rage, une certaine fierté maladive reprit le dessus. Elle s'était fait moucher, rabrouer, et maintenant l'ultimatum. C'en était trop pour le côté colérique et instable de l'occidentale qui détestait se faire marcher sur les pieds, et l'énergie volcanique qu'elle dégageait aurait dû le faire ressentir à hide, qui était lui-même trop perdu dans ses propres sentiments.
« Moi, je le fais, répliqua le guitariste, montrant une assurance qu'il n'avait pas vraiment.
- Je t'interdis…
- Alors dans ce cas, sors ! »
Elle essayait. Sa fierté essayait tant bien que mal de la faire bouger, mais ses pieds ne quittèrent pas le sol. Une infernale bataille entre sa fierté et ses sentiments s'était alors engagée chez la jeune femme, qui ne savait plus où donner de la tête. Sortir, c'est une manière de lui montrer qu'elle ne s'abaisserait pas à tout lui passer. Mais sortir c'était aussi le perdre. Complètement. Définitivement. Et ça, ça c'était… Elle n'arrivait pas à le qualifier, elle n'arrivait pas à s'imaginer comme ça pourrait être dur. hide faisait parti du décor de sa vie maintenant, et elle essaya un instant de s'imaginer sans lui, et ça lui tordit le cœur, lui coupa le souffle, alors même que ce n'était encore qu'hypothétique. Et cette souffrance brève, mais vive, lui fit réaliser une chose. Au fond d'elle, elle avait envie que hide sache, qu'il connaisse tout d'elle. Y compris les plus sombres parts de sa personnalité. Mais s'il savait, la situation ne serait pas réglée pour autant comme par magie. Et elle n'avait aucune envie de ressasser inutilement un passé destructeur, pour rien. De toute façon, pourrait-il comprendre ? Qu'est-ce qui empêcherait hide de partir en courant en la traitant de monstre ? Parce qu'un monstre, c'est ce qu'elle avait été. Cependant, il y avait une voix dans sa tête, minuscule, qui s'égosillait dans le brouhaha de ses pensées désordonnées qui lui disait que le guitariste pouvait comprendre et que si elle ne disait rien , elle le perdrait avec certitude. Que le sacrifice en valait la peine.
« Je peux pas… murmura-t-elle, à peine.
- Tu peux pas quoi ?
- Partir… »
Une vague de soulagement vint s'abattre sur le X, qui tenta tant bien que mal de cacher sa joie, face à cet aveu. Mais loin d'être gagnée, la partie promettait d'être compliquée et difficile. Il allait falloir œuvrer de patience et de calme pour faire arriver la britannique à parler, il en avait bien conscience.
De la patience, hide en avait à revendre, contrairement aux apparences. En revanche, du calme, c'était peut-être un peu plus délicat. L'échange était houleux depuis le début. Alors pour montrer qu'il attendrait le temps qu'il faudrait, il se rassit lentement, calmement et la regarda dans le silence le plus total, avec une légère pointe de bienveillance dans les yeux.
Le cœur d'Ashley battait la chamade. Il lui fallut un long moment pour remettre tout dans l'ordre dans sa tête, et pour se convaincre de faire cela. De temps en temps, elle jetait des regards vers la porte, mais la sensation que cette vision lui provoquait était plus douloureuse encore que celle de parler.
Ce n'est seulement qu'après de longues et interminable minutes de silence et d'appréhension, que la bouche sèche, la jeune femme prit la parole, d'une voix légèrement teintée de douleur et en anglais.
« Tu sais pourquoi je suis née ? »
Il se contenta de secouer la tête à la négative, silencieusement. Ayant du mal à comprendre ce prologue, au premier abord.
« Je suis née, parce que mes parents étaient en perte de vitesse niveau popularité. Alors un bébé de sang bleu, ça fait toujours tirer les journaux en Angleterre. Tu sais ce qu'on dit : toute publicité est bonne à prendre. »
Si hide était plutôt bon en anglais, il dû faire appel à toute la concentration du monde pour tout comprendre. Elle parlait lentement, mais les expressions utilisées étaient parfois difficiles pour lui. Mais il ne dit rien, et accepta de se faire la traduction tout seul, comme un grand. Ashley avait déjà horreur de cette histoire, il ne pouvait pas la forcer à la raconter en japonais. Il savait que cette partie de sa vie, qu'elle s'apprêtait à lui conter, était une période où elle avait vécu dans des pays anglosaxon, alors au fond d'elle, elle voulait faire la distinction. Le japonais était réservé à sa nouvelle vie, sa vie loin de tout ça.
Le guitariste observait la jeune femme avec une certaine bienveillance, écoutait avec attention. Son regard vert s'était à nouveau assombri quand elle avait commencé à parler, et sa voix avait changé. hide craignait que de prononcer le moindre mot, la jeune femme s'arrête subitement dans son élan.
« Toute ma vie, je n'ai été qu'un instrument au service de la popularité de mes parents. Une fois les photos prises pour les médias à la sortie de la maternité, j'ai été confié à une tripoté de nourrice. Elles se sont enchainées les unes après les autres. Elevée par une femme différente presque tous les mois. Ça a duré des années comme cela. Mon frère et moi n'avons presque pas connu nos parents avant que je n'aie l'âge de dix ans. Quelque part, j'aurais préféré que ça reste ainsi, finalement. Toute ma vie aurait été plus simple… »
Elle prit quelques secondes pour respirer, et se maintenir à flot aussi. Elle regardait hide, qui la fixait toujours, patient, à l'écoute. Terriblement à l'écoute.
« Et puis, ma petite sœur est née. L'enfant de l'amour, si je peux dire, l'enfant réellement désirée. L'enfant parfaite. Ce qui n'était qu'un simple cauchemar un peu difficile est devenu alors un véritable enfer sans limite pour moi. Au-delà de la jalousie que j'ai pu ressentir face à toute l'attention que mes parents donnaient à ce bébé, j'ai complètement vrillé, j'ai commencé à me rebeller. J'ai toujours eu un caractère plus ou moins difficile, si j'en crois mes nourrices, mais là, je commençais à devenir une petite terreur. Mon père n'a pas apprécié. Ça a commencé par une gifle. Puis une autre de temps en temps. Puis régulièrement. Mais ça ne suffisait pas à me calmer… »
Elle étouffa un sanglot dans un hoquet difficile. Et elle se retourna pour ne pas avoir à faire face au regard du X. Prise d'un frisson incontrôlable, elle croisa les bras pour essayer de se réchauffer un peu. Ces souvenirs, de ce premier instant décisif de sa vie lui glaçait le sang et la brisait.
« J'imagine qu'il a dû en avoir marre de mon comportement difficile. Parce qu'un soir, il m'a attrapé par le bras et m'a traîné après lui, jusqu'à ma chambre. Je sens encore sa main m'empoigner le bras et me tirer. J'ai trébuché à un moment dans les escaliers. Il a continué à me trainer. Mes côtes et ma hanche tapaient contre les marches en marbre. J'hurlais. Il m'a jeté sur le sol de ma chambre et a retiré sa ceinture… »
Elle déglutit. Elle s'en souvenait comme si c'était hier. Elle entendait encore les sons de cette soirée, la sensation à la fois gelées et brûlantes des marches sur sa peau et ses os.
« Il m'a frappé avec… Ça m'a semblé duré des heures entières, chuchota-t-elle à peine, sa voix étranglée. »
hide sentit son cœur se briser. Il avait poussé l'occidentale à lui raconter ça, à le revivre et il s'en mordit les doigts. Il imaginait parfaitement la scène dans sa tête et il en eut les yeux humides d'entendre ça. Il avait vu à de nombreuse reprises les cicatrices dans le dos de la jeune femme et il n'avait jamais osé invoquer l'idée de comment elles avaient été faites précisément. Maintenant, il le voyait clairement, ces coups de cuirs déchirant la peau fine et blanche d'Ashley. Image brutale.
« Il ne s'est arrêté que quand il y a eu du sang sur sa ceinture, et qu'il s'est prit des gouttes sur le visage avec le mouvement de recul de la ceinture… Je n'avais même plus la force de pleurer. Mon épaule était déboitée, j'avais des côtes fêlées, et des ecchymoses sur la hanche, en plus de mon dos meurtri. Je crois que c'est ce soir-là que ma vie à commencer à basculer.
- Tu avais quel âge ? Demanda le musicien dans la langue maternelle de la jeune femme.
- Dix ans…
- Ça s'est reproduit ?
- Des centaines de fois. Je n'ai pas compté. Durant des années. »
hide souffla essayant de se maîtriser, de ne pas s'effondrer face à ce qu'elle lui racontait, ayant l'impression que ce n'était que la surface. Clairement, il n'était pas prêt à entendre la suite. Ashley l'avait déjà dit, les dix-huit premières années de sa vie, avaient été un véritable calvaire. Il n'avait simplement pas imaginé que c'était à ce point. Qu'un homme supposé être son père, qui aurait dû être celui qui la protégeait envers et contre tout, avait été son bourreau, alors que finalement, elle connaissait à peine cet homme.
Mais dans sa lancé, Ashley ne s'arrêta pas là. Maintenant qu'elle avait commencé, les mots s'échappaient presque tout seul de sa bouche, sans qu'elle ne les contrôle. Elle reprit son récit :
« Je suis rentrée au collège, quelques temps après. J'étais déjà bien amochée à l'âge de onze ans. Et j'ai continué ma chute libre… J'avais une amie : Mathilda. Elle était issue d'une famille riche, on était allé à l'école ensemble. En fait, c'était l'une des seules amies que j'ai eu au cours de ma vie. À l'école j'étais, sinon ignorée, harcelée parce que j'étais bizarre… Un jour, un samedi, on devait se retrouver chez elle, il me semble qu'on devait faire un exposé ensemble. Mais chez elle, il apparaissait n'y avoir personne. Ses parents étaient en déplacement, je crois. Je suis rentrée, et je suis allées directement dans sa chambre, comme j'avais l'habitude de le faire… »
Encore une fois, sa voix sembla mourir dans sa gorge. Elle ravala sa salive, et ferma les yeux pour retenir des larmes qui menaçaient de briser ses barrières si fragiles. hide essayait de se maîtriser tant bien que mal, mais il avait envie de la prendre dans ses bras, de l'apaiser, de la calmer. Mais il avait peur de ne pas être un effet calmant pour elle, alors qu'elle racontait son histoire sous son impulsion. Et il sentait que ça avait besoin de sortir, vu comme elle ne s'arrêtait qu'à peine. Si elle s'arrêtait maintenant, ça ne sortirait plus jamais, et elle avait besoin d'extérioriser. Elle évacuait une certaine souffrance en sa présence, et hide était touchée, réellement de voir ça.
« Je l'ai trouvé dans sa chambre… Pendue…
- Oh mon d…
- Elle était là depuis des heures. La gouvernante était partie je ne sais où.
- Qu'est-ce qui… ? Demanda hide sans oser terminer sa question.
- La pression… Et son père. Ce salopard l'a violée pendant des années. Je n'avais rien vu non plus. C'est en lisant la lettre qu'elle avait laissé, quand les pompiers ont procédé à la levée du corps qu'on l'a su.
- Merde…
- Ce type avait un bon avocat, un vrai requin. Il a réussi à étouffer l'affaire. Il n'a pas fait une seule minute de prison. Ça m'a complètement détruite. »
Il espérait mieux comprendre Ashley au travers de son parcours. Mais plus elle parlait, plus il avait l'impression qu'elle était lointaine. Bien loin d'être une simple jeune femme torturée, la réalité était à des années lumières de ce qu'il avait pu s'imaginer.
« J'ai commencé à faire tout ce qui pouvait me démonter. Je me suis mise à fumer, d'abord. Puis, je n'allais presque plus à l'école. Le peu que j'y foutais les pieds, je faisais n'importe quoi. Mon père me le faisait payer à coup de ceinture, mais je n'arrivais plus à me maîtriser. Et plus il me battait, et plus je sombrais. À douze ans, je découvrais l'alcool. J'ai commencé à trainer dans les rues… À treize ans, je faisais mes premiers pas dans les bandes de punk. Ces mecs, ils avaient une telle rage… J'avais l'impression de voir la mienne. C'est ce qui m'a aidé à ne pas me jeter d'un pont. Mais je me scarifiais pour contrôler ma douleur. Ils m'ont appris à me défouler. À boire aussi. Je tapais dans des poubelles, puis des voitures et des vitrines de magasin à coup de battes de baseball ou de barre de fer. Je n'étais plus moi-même… Ou bien, je l'étais enfin… Je ne sais plus trop… Et puis, on m'a fait entrer dans l'orchestre philarmonique de Londres, comme je faisais du violon depuis l'âge de quatre ans. Je suis passée violon solo l'année d'après, je crois. Toutes mes douleurs passaient dans la musique et dans les parebrises que je pétais. Et plus j'évacuais, plus mon père me frappais, plus longtemps, plus de sang… »
Ashley tremblait complètement maintenant. Sa tête lui donnait l'impression d'exploser continuellement. Elle passa une main dans ses cheveux, angoissée. Elle marcha un peu, parce qu'elle allait exposer le dernier pan de sa vie. Elle s'approcha de la coiffeuse, lentement, et posa ses mains dessus pour s'y appuyer, ayant besoin de se soutenir physiquement.
« J'ai tenu ce rythme quelque chose comme un an. Et puis, on m'a proposé de la cocaïne une nuit. Un rail, juste un. J'étais au fond du trou ce jour-là, ivre et épuisée. J'ai accepté. Et puis c'est devenu une habitude, un besoin irrépressible. La cocaïne n'a plus suffi, assez vite. J'ai ajouté à ça l'ecstasy, puis l'héroïne, principalement. J'étais défoncée presque constamment. Je ne rentrais plus chez mes parents que pour dormir, me laver, me changer et voler de l'argent pour payer mes doses. Ce cirque a duré presque deux ans. Et puis un soir, j'ai été trainé à un gala de bienfaisance, où mes parents étaient les invités d'honneur. J'étais tellement stone et bourrée, tu m'aurais vu, je te jure… Je m'étonne encore d'avoir tenu debout, ou même de ne pas avoir fait d'overdose ce soir-là. Mon frère ainé… Il faut savoir que mon frère est la seule famille à laquelle je tiens, il est le seul à avoir été là pour moi… Il m'a confronté… J'étais tellement dans un état lamentable… Je ne l'ai pas supporté. Je me suis jetée sur lui, je l'ai frappé. Jusqu'au sang. J'entends encore les os craqués sous mes poings. Je ne sais plus qui m'a arrêté. Un server, je crois. C'est très flou. Mon frère a été hospitalisé : commotion cérébrale. Il aurait pu mourir. J'ai failli le tuer. Je me suis détestée comme jamais d'avoir fait ça. J'étais horrible. Il était la seule personne à laquelle je tenais sur cette terre, et j'ai failli le tuer… J'ai veillé mon frère pendant des semaines dans cet hôpital. C'est grâce à ça que j'ai décroché. Je me revois encore alternée entre les crises de manque et moi lui tenant la main, terrifiée à l'idée que cette unique personne qui me maintenait encore en vie, me soit arrachée. »
La jeune femme se déplaça à nouveau dans la pièce, croisant les bras autour de son corps comme elle avait terriblement froid. Se rappelant des instants de doute, d'angoisse, de peur. Elle ne regardait toujours pas hide. Parce que quelque part, son discours semblait faire écho à la réalité. Elle était terrifiée à l'idée de le perdre lui aussi, de le voir s'éloigner d'elle.
« Mon frère a fini par s'en remettre. Et quelques mois plus tard, il est parti pour vivre aux Etats-Unis avec sa petite-amie. Moi, encore quelques mois plus tard, pour le Japon, dès ma majorité. J'ai rencontré Hi-chan… Pour le reste, de l'essentiel, tu le connais. »
Il regarda les épaules de l'anglaise se mettre à trembler de plus en plus violemment, alors qu'elle retenait ses sanglots qui ne demandaient qu'à s'échapper. Plus que jamais, elle lui parut fragile, minuscule… Doucement, il se leva et s'approcha d'elle, presque comme s'il approchait un animal sauvage apeuré. D'abord, il n'osa pas la toucher, de peur qu'elle le rejette. Mais il l'entendit renifler, il n'y tint plus. Il passa vivement ses bras autour d'elle, glissant son nez dans le cou de la jeune anglaise. Non, décidément, il aurait eu beau faire, il ne parvenait pas à être en colère après elle. Pas quand elle lui livrait les instants les plus sombres de sa vie.
Sentant les bras du guitariste l'entourer, elle craqua, et laissa ses larmes couler le long de ses joues pâles, se pliant presque en deux de douleur et sous la violence de ses sanglots qu'elle avait retenus tant bien que mal. Dans les bras de hide, elle se sentait protégée, rassurée, bercée. Mais elle se sentit terrifiée à l'idée que ce sentiment de protection qu'il lui offrait ne soit qu'un adieu. Pensant que dès que hide aurait analyser la situation et comprit qu'elle était trop compliquée à gérer, il préfèrerait partir. Elle posa ses mains sur celle du rouge, les enserrant avec force, pour le retenir, l'empêcher de s'en aller. Elle explosa complètement dans ses bras. hide fragilisé par ce qu'il venait d'apprendre, par ces détails, senti les larmes couler sur ses joues également. Terriblement choqué, d'entendre tout ça. Il voulait la serrer contre lui depuis qu'il l'avait aperçu dans l'après-midi, alors maintenant, il ne pouvait plus résister. Refermant son emprise sur elle, elle finit par se calmer, de longues minutes plus tard, quand ses sanglots se tarirent d'eux-mêmes dû à l'épuisement. hide la fit se retourner lentement vers lui, pour qu'elle lui fasse à nouveau face, et plongea son regard noisette encore humide dans le sien, jade rougi par ses larmes. Il dégagea quelques mèches de cheveux collées à ses joues par l'humidité, et prit son visage entre ses mains.
« Merci… de m'avoir dit tout ça.
- Si tu dois me détester…
- Toi et moi, contre le reste du monde, la coupa-t-il. Comme je te l'ai dit. »
Elle s'accrocha à son bras, et lutta pour empêcher une nouvelle vague de larme de s'échapper. Le guitariste lui caressa les cheveux avec douceur, son regard bienveillant et doux.
« On va trouver une solution, t'en fais pas. D'accord ? On va gérer, tu vas voir.
- hide… Je t'en prie… me laisse pas, murmura-t-elle.
- Je ne vais nulle part, affirma le musicien, avec une assurance, parfaitement sienne cette fois. »
hide esquissa un sourire doux, et l'observa avec une lueur brillante dans les yeux. Et lentement, quand il senti qu'elle était bien calmée, il se pencha pour venir l'embrasser. La jeune femme accueilli ce baiser, étant exactement ce dont elle avait besoin à cet instant. Elle eut la sensation que plus que jamais, hide la comprenait. Il comprenait cette part de noirceur en elle, qu'il avait su détecter aux premiers abords. Et mieux que de la comprendre, il l'acceptait. Et ça n'avait pas de prix aux yeux de l'européenne, qui entrouvrit les lèvres, pour partir à la rencontre de la langue du guitariste. Elle passa ses bras autour de son cou, s'accrochant à lui, comme elle l'aurait fait à une bouée de sauvetage. Peu à peu, elle approfondit le baiser, alors que hide se collait à elle, la faisant reculer vers la coiffeuse sur laquelle il l'assit doucement. Gênée par la longue tenue de scène du X, qu'il n'avait pas pris le temps de quitter après le concert, elle la lui retira et hide leva les bras, pour la laisser faire, avant de reprendre avec plus encore d'ardeur ce baiser de réconciliation.
