Chapitre 31 : Pennywise

Stanley Uris, un homme d'apparence tranquille, se tenait seul dans son salon à Gotham, son téléphone encore en main. Il venait de recevoir un appel qui l'avait fait basculer dans l'abîme de ses souvenirs les plus sombres. La voix à l'autre bout du fil était celle de Mike Hanlon, un vieil ami d'enfance, qui lui avait annoncé une nouvelle terrible. Pennywise, « Ça », l'entité maléfique qu'ils avaient combattu ensemble dans leur jeunesse, était de retour. Les paroles de Mike avaient résonné dans l'esprit de Stan comme une sinistre mélodie, ravivant des peurs qu'il avait enfouies depuis des décennies.

Le téléphone glissa de ses mains, et un frisson glacé parcourut son corps. Incapable de contenir la terreur qui montait en lui, Stan se dirigea lentement vers la salle de bains. L'image de ce monstre qui dévorait des enfants, avec ce visage de clown déformé par la malice, dansait derrière ses paupières à chaque battement de son cœur. Ses pensées s'enchaînaient sans répit, l'angoisse grandissant en lui comme une vague prête à engloutir son esprit.

D'un geste mécanique, il saisit une lame de rasoir et commença à tailler lentement ses poignets. Le sang coulait doucement, tissant des fils carmines sur le carrelage blanc. D'une main tremblante, il écrivit sur le miroir embué : « Ça ». Ses yeux étaient grands ouverts, remplis d'effroi. Le visage de Pennywise lui apparut dans le reflet, souriant d'un air sadique.

Mais avant que Stan ne puisse sombrer totalement dans l'inconscience, sa femme entra dans la pièce, poussant un cri de terreur en le voyant. Elle se précipita pour lui porter secours, enroulant des serviettes autour de ses poignets ensanglantés et appelant une ambulance. Stan, faible mais toujours conscient, murmura un seul mot : « Ça... ».

L'incident ne passa pas inaperçu. L'hôpital alerta la police de Gotham, et Stan fut rapidement interrogé par un détective. Son comportement troublé et les paroles incohérentes qu'il murmurait intriguèrent suffisamment les autorités pour qu'un rapport soit dressé et envoyé au commissaire James Gordon.

Gordon, assis à son bureau, feuilleta le rapport d'un air préoccupé. Un homme qui se disait terrorisé par un « monstre mangeur d'enfants » ? Un récit si invraisemblable qu'il aurait dû l'écarter d'emblée. Pourtant, quelque chose dans cette affaire éveillait en lui une profonde inquiétude. Stan n'était pas un marginal ou un homme instable. Il était un courtier immobilier respecté, avec une vie en apparence normale. Mais l'évocation de ce monstre, Pennywise, avait l'air d'avoir réveillé en lui des souvenirs enfouis.

Gordon décrocha son téléphone et appela l'une des rares personnes qu'il savait capable de gérer ce genre de mystère : Gabriel Belmont.

« Gabriel, c'est Gordon. J'ai un cas étrange sur les bras. Un homme prétend être poursuivi par un monstre qu'il aurait combattu durant son enfance. Il parle d'un clown... et d'enfants disparus. »

La voix de Gabriel, calme mais grave, répondit avec l'assurance habituelle : « Un clown mangeur d'enfants, tu dis ? Cela pourrait bien être plus qu'un simple délire. Où cela s'est-il passé ? »

Gordon relut les dernières lignes du rapport. « Derry, dans le Maine. Apparemment, c'est là-bas que cet homme a combattu cette chose autrefois. Il y a reçu un appel d'un vieil ami qui lui a confirmé que le monstre est de retour. »

Après un bref silence, Gabriel répondit : « Je m'en occupe. Je vais me rendre à Derry pour voir ce qu'il en est. Je te tiendrai au courant. »

« Merci, Gabriel. Si ce qu'il dit est vrai, il y a peut-être des vies en jeu. »

Gabriel raccrocha, le regard tourné vers l'horizon. Derry...

Derry, dans le Maine, n'était pas une ville comme les autres. En arrivant, Gabriel sentit immédiatement l'anomalie qui régnait dans l'air. L'atmosphère semblait lourde, comme si un voile invisible d'oppression pesait sur chaque bâtiment, chaque rue. Les habitants semblaient aller et venir avec une indifférence étrange, presque comme des automates, inconscients du mal qui se tapissait sous leurs pieds. Les rivières, les terrains vagues, et même les forêts qui bordaient la ville dégageaient une aura sinistre, comme si quelque chose d'antique et de malveillant y dormait, attendant de se réveiller.

Gabriel Belmont, sous sa forme humaine, parcourait les rues silencieuses de Derry, ses sens aiguisés par des siècles de chasse aux monstres. Chaque pas qu'il faisait sur le pavé semblait le rapprocher de la source de cette présence maléfique. Pennywise était là, quelque part, observant, manipulant, attendant. Gabriel pouvait sentir son aura tapie dans l'ombre, mais il savait qu'affronter cet être ne serait pas une simple bataille physique. Pennywise se nourrissait de la peur, et la ville tout entière en était imprégnée.

Après quelques heures à explorer la ville, Gabriel décida de s'arrêter dans un petit restaurant situé non loin du centre. Les rideaux légèrement tirés et les lumières tamisées donnaient à l'endroit une atmosphère chaleureuse, en contraste frappant avec le reste de la ville. Alors qu'il s'asseyait à une table dans un coin, ses sens lui indiquèrent qu'il n'était pas seul.

Un groupe de personnes était assis autour d'une table ronde au fond du restaurant. Leurs voix étaient basses, mais Gabriel pouvait percevoir une tension palpable dans leurs échanges. Curieux, il les observa discrètement. Ces personnes étaient d'âge moyen, mais il pouvait lire la fatigue et l'inquiétude sur leurs visages. L'un d'eux, un homme nommé Bill, semblait particulièrement préoccupé, ses yeux trahissant un lourd fardeau.

Gabriel se leva et, d'un pas calme mais déterminé, s'approcha de leur table.

« Puis-je m'asseoir ? » demanda-t-il avec une voix polie, mais autoritaire.

Le groupe échangea des regards avant de lui faire signe de s'installer. Ils semblaient méfiants, mais aussi curieux de cet étranger qui dégageait une aura si singulière.

« Vous n'êtes pas d'ici, » dit un homme du groupe nommé Richie, ses yeux plissés d'un air suspicieux.

« Non, » répondit Gabriel calmement. « Je suis ici pour résoudre un problème... un problème ancien, qui, je pense, concerne quelque chose que vous connaissez bien. »

Le groupe se raidit immédiatement. Ils savaient de quoi il parlait, même s'ils espéraient ne plus jamais avoir à l'évoquer.

« Vous parlez de Ça... de Pennywise, n'est-ce pas ? » dit Beverly, la seule femme du groupe, sa voix à peine un murmure.

Gabriel acquiesça.

« Vous êtes qui, au juste ? » demanda Bill, la voix rauque. « Pourquoi vous mêler de ça ? »

Gabriel resta énigmatique, préférant ne pas révéler ses origines. « Disons simplement que je suis un chasseur de monstres. Et ce Pennywise est une créature que je compte bien détruire. »

Le groupe échangea des regards perplexes. Comment cet homme mystérieux, calme et serein, pouvait-il parler d'affronter une telle entité avec une telle assurance ?

Le groupe s'était présenté également à Gabriel.

Bill Denbrough : Écrivain à succès, dans son enfance, il a perdu son jeune frère Georgie, tué par Pennywise. Bill reste marqué par cette tragédie et est profondément déterminé à vaincre le monstre une fois pour toutes. Il est marié à une femme nommée Audra.

Beverly Marsh : Beverly est une femme forte qui a survécu à un mariage abusif. Enfant, elle était la seule fille du Club des Paumés. Elle a toujours été courageuse, et son talent pour le tir à la fronde avait été crucial lors de leur premier combat contre Pennywise.

Richie Tozier : Humoriste et animateur de radio, Richie est connu pour ses blagues et son humour caustique. Enfant, il était surnommé "Grande Gueule" à cause de son talent pour les imitations et ses répliques acerbes. Même adulte, Richie utilise l'humour comme mécanisme de défense contre la peur.

Eddie Kaspbrak : Hypocondriaque et contrôlé par sa mère durant son enfance, Eddie est devenu un chauffeur de limousine dans sa vie d'adulte. Il est marié à une femme qui ressemble beaucoup à sa mère.

Mike Hanlon : Le seul membre du groupe qui est resté à Derry à l'âge adulte. Mike est devenu bibliothécaire et a été celui qui a rassemblé tous les membres du Club lorsque Pennywise est revenu. Il est celui qui garde la mémoire des événements passés.

Gabriel les salua et se leva pour commencer sa traque.

Gabriel Belmont, sous son identité humaine, parcourait les rues désertes de Derry, chaque pas l'éloignant un peu plus de la quiétude apparente de la ville. Il savait que la terreur se dissimulait sous la surface, prête à éclater. Ses premières visites le menèrent dans des lieux marqués par la disparition des enfants, des endroits que Pennywise semblait avoir marqués de son influence perverse.

Il s'arrêta d'abord dans un terrain vague en périphérie de la ville, un espace couvert de mauvaises herbes, de vieilles carcasses de voitures et de jouets abandonnés, des restes de vies d'enfants brusquement interrompues. Gabriel parcourut cet endroit d'un regard froid, calculateur, cherchant les moindres indices qui trahiraient la présence du monstre. Ici, l'air était lourd, imprégné d'une tension palpable. Les rires d'enfants qui auraient dû résonner autour de lui avaient été remplacés par un silence oppressant, comme si toute vie avait été aspirée par un vide maléfique.

S'approchant d'un égout rouillé, Gabriel s'agenouilla, sentant immédiatement l'énergie malsaine émaner des profondeurs. Pennywise. Il pouvait presque sentir l'odeur de la peur dans l'air. Un ballon rouge surgit soudain, flottant paresseusement dans sa direction avant d'éclater en silence. Pennywise s'amusait déjà, testant sa proie, essayant de le distraire.

Gabriel ignora la provocation, son visage restant de marbre. Il savait que cette créature était une maîtresse des illusions et que c'était précisément ainsi qu'elle capturait ses victimes : en les menant dans des pièges qu'ils ne pouvaient voir venir. Il se releva, ses yeux se posant sur le reste du terrain, avant de quitter les lieux pour poursuivre son enquête.

Son investigation le conduisit ensuite à l'une des écoles abandonnées de la ville, un bâtiment sinistre aux fenêtres brisées, aux portes vermoulues et aux couloirs tapissés de feuilles mortes et de détritus. La ville entière, semblait-il, portait les marques d'un délabrement qui était plus que matériel. C'était une ville rongée de l'intérieur, un lieu où la normalité avait été pervertie par le mal absolu.

À l'intérieur de l'école, Gabriel ressentit encore plus fortement la présence de Pennywise. C'était comme une ombre invisible qui le suivait à chaque pas, une voix à peine perceptible qui murmurait dans les couloirs. À chaque pièce qu'il traversait, il pouvait entendre des bribes de conversations, des rires fantomatiques d'enfants, des échos du passé. Ces rires se muaient peu à peu en cris étouffés, rappelant la douleur des disparus.

Les parents des enfants, remarqua-t-il en sortant de l'école, ne semblaient même pas remarquer la disparition de leurs propres progénitures. Ils déambulaient dans les rues, la mine grave, mais sans véritable compréhension de l'horreur qui les entourait. C'était comme si un voile les avait aveuglés, les empêchant de voir la réalité. Ils étaient piégés dans une illusion subtile, une manipulation si profonde qu'elle était devenue leur quotidien.

Gabriel comprit rapidement que cette indifférence n'était pas naturelle. Pennywise avait un pouvoir immense sur cette ville. Il n'affectait pas seulement les enfants, mais la totalité de Derry. Il était la toile de fond de chaque existence, une présence maléfique qui avait infiltré les esprits de ses habitants, éteignant leur instinct de survie. C'était comme si l'horreur faisait partie de leur quotidien, une normalité tordue qui engourdissait leur peur.

Gabriel se tenait près de l'égout principal de la ville, là où il savait que l'entité rôdait. Un vent glacial soufflait, faisant danser les feuilles mortes à ses pieds. La ville était étrangement calme, presque trop calme. Les lampadaires vacillaient faiblement, projetant des ombres déformées sur le trottoir.

Gabriel se pencha légèrement en avant, ses sens aiguisés captant la moindre vibration dans l'air. Il savait que Pennywise l'observait, attendant le bon moment pour frapper. Tout à coup, un ricanement aigu perça l'air, brisant le silence. Puis, sans un bruit, un ballon rouge se mit à flotter hors du néant, apparaissant doucement sous le regard imperturbable de Gabriel.

Le ballon monta doucement, dansant dans les airs comme un avertissement sinistre. Puis, de l'obscurité de l'égout, une silhouette émergea, courbée et étrange, son visage masqué dans les ombres. Gabriel savait que c'était lui. Pennywise. Le clown maléfique.

Pennywise sortit de l'ombre, se redressant lentement, un large sourire se dessinant sur ses lèvres peintes de blanc. Ses yeux, d'un jaune brillant, s'enfonçaient profondément dans son visage, traversant Gabriel d'un regard perçant, presque affamé. « Salut, Dracula... Es-tu venu jouer avec moi ? » demanda-t-il, sa voix déformée par une pointe de malice.

Gabriel ne répondit pas immédiatement. Il savait que toute interaction avec cette entité devait être soigneusement mesurée. Pennywise vivait de la peur, et chaque mot, chaque émotion pouvait être utilisée contre lui. Il resta silencieux, étudiant la créature avec une froideur calculée.

« Les enfants de cette ville sont si... délicieux. Mais toi, tu es différent. Plus vieux, plus... résistant. Une friandise rare, n'est-ce pas ? » continua Pennywise, son sourire s'étirant jusqu'à paraître inhumain.

Gabriel ne bougea pas d'un pouce. « Je ne suis pas ici pour jouer, démon. Tu as semé la terreur trop longtemps. »

Pennywise éclata de rire, un son si aigu et strident qu'il résonna dans l'air comme des ongles grattant un tableau noir. « Oh, mais tout le monde a peur de quelque chose, même toi, Dracula. Peut-être que je trouverai ta peur la plus profonde... » Son sourire se fit plus carnassier. « Et je la transformerai en réalité. »

En un instant, Pennywise commença à changer de forme, son corps s'étirant et se contractant comme de la cire fondue. Sa voix, quant à elle, changeait à chaque transformation. Il devenait une figure après l'autre : un loup grotesque, un serpent géant...

Gabriel, les poings serrés, resta de marbre. Il savait que ce n'était pas réel. Ce n'était qu'une des illusions de Pennywise, un autre jeu cruel destiné à le briser. « Tu ne peux pas m'avoir, clown, » dit-il, d'un ton glacial. « Tes illusions ne sont rien. »

Pennywise fronça les sourcils, son visage reprenant lentement sa forme de clown. Il recula légèrement, agacé par la résistance de Gabriel. « Oh, Dracula... Tu es tellement ennuyeux. Tu as vécu des siècles, tu as vu tant de choses, mais tu refuses toujours d'admettre que tu n'es pas invincible. Tout le monde a peur de quelque chose, même les seigneurs des ténèbres. Je trouverai ce qui te terrifie le plus, et quand je le ferai... tu tomberas. »

Soudain, le sol sous Gabriel se mit à trembler, et des fissures s'ouvrirent, laissant jaillir des créatures monstrueuses, tordues et horribles, toutes issues des peurs les plus profondes des humains. Leurs cris déchirants et leurs formes hideuses se dirigèrent vers lui, prêtes à le submerger. Mais Gabriel ne bougea pas. Ses yeux brillèrent d'une lueur surnaturelle, et d'un geste brusque, il balaya les créatures d'une vague d'ombres, les faisant disparaître aussi vite qu'elles étaient apparues.

Pennywise grogna, frustré. Ses transformations et illusions n'avaient aucun effet sur ce chasseur de monstres. Chaque tentative pour le déstabiliser échouait. Le clown maléfique recula encore d'un pas, se léchant les lèvres, réfléchissant à une nouvelle stratégie. Il aimait jouer avec ses victimes, les briser lentement avant de les dévorer, mais Gabriel semblait être différent.

« Pourquoi ne laisses-tu pas la peur te consumer, Dracula ? » demanda Pennywise, d'un ton plus bas, presque suppliant. « Ne ressens-tu rien ? »

Gabriel fit un pas en avant, son visage impassible, ses yeux glacials fixés sur le clown. « J'ai vécu des siècles, » dit-il. « J'ai vu des horreurs bien plus grandes que toi. Tu n'es qu'un autre démon à ajouter à la liste. »

Pennywise, pour la première fois depuis leur rencontre, parut hésiter. Il tenta un sourire, mais ses yeux trahissaient une lueur de doute. « Nous verrons bien, » murmura-t-il, avant de se dissiper dans l'air, laissant derrière lui un silence lourd et menaçant.

Gabriel le savait, ce n'était que le début. Pennywise avait montré une partie de sa main, mais le véritable affrontement était encore à venir. L'entité l'avait testé, mais Gabriel était prêt à l'affronter pleinement. Pennywise ne pouvait plus se cacher, et leur prochaine rencontre scellerait le sort de l'abomination qui terrorisait Derry depuis si longtemps.

Le grondement sourd des égouts résonnait autour de Gabriel alors qu'il s'avançait dans l'obscurité. L'air humide était chargé de malveillance, et chaque pas résonnait comme un écho dans les profondeurs. L'odeur de pourriture et de décomposition envahissait l'atmosphère, mais Gabriel restait impassible, ses sens en alerte. Il savait que Pennywise se cachait dans ces souterrains, attendant le moment idéal pour frapper.

Tout à coup, l'air se mit à vibrer, et une série de ricanements sinistres résonnèrent tout autour de lui. Des ombres s'allongèrent sur les murs, s'entortillant et se contorsionnant jusqu'à former des silhouettes grotesques. Des créatures monstrueuses, toutes issues des cauchemars les plus profonds, commencèrent à émerger des ténèbres. Leur peau décharnée, leurs yeux vides et leurs crocs aiguisés brillaient dans l'obscurité.

Pennywise apparut devant Gabriel, flottant légèrement au-dessus du sol, un sourire cruel aux lèvres. « Ah, Dracula... Bienvenue dans mon domaine. » Sa voix résonnait, enveloppant Gabriel comme un brouillard malsain. « Tu sais, ici, la peur n'a aucune limite. Je peux créer ce que je veux, et toi, tu n'es qu'un simple pion dans mon jeu. »

D'un geste nonchalant, Pennywise fit un signe de la main, et les créatures cauchemardesques se lancèrent vers Gabriel avec une vitesse fulgurante. Leurs cris déchirants emplirent l'espace, résonnant dans les égouts comme un écho terrifiant.

Mais Gabriel, calme et calculateur, ne bougea pas. Au dernier instant, des ombres s'échappèrent de son corps, se tordant et se multipliant pour former une barrière noire qui repoussa les monstres avec une force écrasante. Le choc les envoya voler contre les murs, se brisant comme des statues de verre sous l'impact.

Pennywise plissa les yeux, ses lèvres se tordant en un sourire plus large encore. « Impressionnant, mais cela ne fait que commencer. »

Le clown se mit à rire, un rire déformé, presque inhumain, et sa forme se mit à changer. Ses bras s'allongèrent, ses doigts devenant des griffes acérées, et son visage se tordit en une abomination aux multiples yeux et bouches. Sa voix changea elle aussi, devenant une cacophonie de cris et de chuchotements qui s'enfonçaient dans l'esprit de Gabriel, tentant de le désorienter.

Pennywise grandit encore, prenant des proportions gigantesques, son corps se tordant pour devenir une créature monstrueuse, mi-clown, mi-abomination cosmique. Son visage grotesque s'étira, ses dents devenant des crocs qui scintillaient dans l'obscurité, prêts à déchiqueter Gabriel.

« Alors, Dracula, » gronda Pennywise, sa voix grondant dans les égouts, « qu'est-ce que ça fait de te retrouver face à la peur elle-même ? »

Gabriel plissa les yeux, son visage restant impassible malgré l'horreur qui se déroulait devant lui. « Ta peur ne me touche pas, clown. J'ai vu des ténèbres plus grandes que toi. »

D'un geste brusque, Gabriel leva la main, et une lumière divine émergea de son corps, illuminant l'obscurité des égouts d'une lueur éclatante. La lumière traversa les ombres, dissolvant les illusions que Pennywise avait créées, révélant la réalité derrière le voile trompeur du clown. Les monstres disparurent instantanément, remplacés par le silence et les échos lointains de l'eau coulant dans les canalisations.

Pennywise, surpris, recula de quelques pas. Ses yeux jaunes flamboyants se fixèrent sur Gabriel, cherchant une nouvelle approche.

« Tu penses que ta lumière peut m'arrêter ? » siffla Pennywise. « Tu penses que tu es au-dessus de tout ça, Dracula, mais tout le monde a peur de quelque chose. Même toi. »

Le clown se redressa, et tout à coup, le décor autour de Gabriel se mit à changer. Les murs des égouts se distordirent, se transformant en un cimetière sinistre. Des tombes anciennes surgirent du sol, et des mains squelettiques émergèrent de la terre. Gabriel sentit une présence familière, et devant lui, une silhouette apparut lentement.

C'était Marie. La femme qu'il avait aimée et perdue. Elle se tenait là, devant lui, vêtue d'une robe blanche, ses yeux pleins de tristesse.

« Gabriel... » murmura-t-elle, tendant la main vers lui. « Pourquoi m'as-tu abandonnée ? Pourquoi ne m'as-tu pas sauvée ? »

Le cœur de Gabriel se serra un instant, mais il savait que c'était une illusion. Il savait que Pennywise tentait de le briser, de faire appel à ses regrets et à sa culpabilité pour le manipuler. Mais Gabriel n'était plus l'homme qu'il était autrefois. Il avait accepté son passé, ses erreurs, et il ne laisserait plus jamais ces souvenirs le contrôler.

Il ferma les yeux, prenant une profonde inspiration. « Tu n'es pas réelle, Marie. Tu es une autre de ses créations. »

La silhouette de Marie vacilla un instant, puis se dissipa dans l'air, ne laissant que des ombres derrière elle.

Pennywise, furieux, poussa un rugissement qui fit trembler les fondations du cimetière imaginaire. « Comment oses-tu ?! » hurla-t-il, ses formes cauchemardesques se déformant encore davantage. « Comment oses-tu me résister ?! »

Mais Gabriel était prêt. Il se prépara à contre-attaquer, utilisant ses pouvoirs vampiriques pour contrôler les ombres autour de lui, créant des formes obscures qui tourbillonnaient autour de Pennywise. Puis, d'un geste rapide, il invoqua un bouclier de lumière divine, repoussant les assauts psychologiques du clown.

Le calme apparent qui régnait dans les égouts était une façade trompeuse. Pennywise, après avoir échoué à briser la volonté de Gabriel par des illusions et des manipulations, se recroquevillait dans les ombres, ses ricanements sinistres résonnant toujours dans l'air lourd. Mais cette fois, quelque chose avait changé. Pennywise ne jouait plus. Le clown, dans un dernier acte de désespoir, décida de révéler sa véritable nature, sa forme cosmique et maléfique, bien au-delà de l'imagination humaine.

Les égouts tremblèrent soudainement, comme si une force colossale était libérée de ses chaînes. Le sol se déforma, des fissures apparurent sur les murs humides, et l'eau qui stagnait dans les tunnels commença à tourbillonner violemment. Des éclairs de lumière éclatèrent autour de Gabriel, distordant la réalité même. L'obscurité se fit plus profonde, plus tangible, jusqu'à ce qu'elle engloutisse toute la structure des égouts. Gabriel se tenait dans ce vide abyssal, seul face à l'incarnation pure du mal.

Pennywise apparut dans toute sa splendeur cauchemardesque. Sa forme n'était plus celle du clown grotesque que Gabriel avait rencontré plus tôt. Ce qu'il voyait maintenant était bien pire. Une masse informe, sans visage, composée de tentacules cosmiques qui s'étendaient dans toutes les directions, flottant dans un espace sans temps ni frontières. Des milliers d'yeux multicolores brillaient sur la surface de cette créature, et chaque œil semblait enfermer l'univers entier en lui-même, projetant la terreur, le vide et le désespoir. Pennywise avait révélé sa véritable identité : une entité ancestrale, un fragment du mal cosmique qui existait bien avant la naissance de la vie sur Terre.

« Maintenant, tu vois ma véritable forme, » gronda Pennywise, sa voix résonnant dans l'esprit de Gabriel, comme une onde de choc. « Tu n'es qu'une poussière insignifiante dans l'immensité du cosmos. Un simple mortel qui ose défier une entité telle que moi ! Je suis au-delà de ta compréhension, au-delà des lois de ce monde ! »

Gabriel, bien que frappé par la puissance et l'immensité de Pennywise, resta calme. Il avait affronté des forces incommensurables auparavant et savait que la peur ne pouvait pas le dominer. Pennywise était terrifiant, oui, mais Gabriel avait passé des siècles à combattre l'obscurité sous toutes ses formes. Il ne serait pas brisé.

Pennywise tendit un tentacule massif vers Gabriel, son corps informe pulsant d'énergie noire. Mais Gabriel, vif comme l'éclair, lança le Rayon de Rétribution Divine.

La lumière s'abattit directement sur Pennywise, touchant l'essence même de la créature cosmique. Un hurlement perça le silence oppressant, un cri de douleur et de colère que Gabriel n'avait jamais entendu auparavant. Pennywise se contorsionna, ses tentacules se repliant comme s'ils étaient brûlés par la lumière divine.

« Non ! » hurla Pennywise, sa voix se distordant à mesure que son essence commençait à s'effriter sous l'effet de la lumière divine. « Tu ne peux pas... Tu ne PEUX pas me détruire ! »

Mais Gabriel savait qu'il était à l'aube de la victoire. Il ne pouvait pas laisser cette chance lui échapper. C'était le moment de déployer toute la puissance qu'il avait accumulée. D'un mouvement fluide, il combina ses forces vampiriques et mystiques. L'ombre et la lumière dansèrent autour de lui, formant une aura en fusion, une entité propre, imprégnée des deux polarités.

Gabriel invoqua alors le Jugement Final de Dieu.

Un éclat de lumière divine, mêlé aux ténèbres des ombres de Gabriel, émergea de ses mains et tourbillonna autour de lui. C'était un spectacle à la fois terrifiant et magnifique. La lumière et les ombres se lièrent dans un ballet cosmique, fusionnant leurs énergies opposées pour créer une force destructrice, incommensurable. Le Jugement Final de Dieu. Une attaque d'une puissance sans égale, capable d'anéantir tout mal qui se dresserait devant elle.

Gabriel laissa échapper un rugissement, non pas de colère, mais de détermination absolue. Il libéra cette force en direction de Pennywise. L'éclat fut si intense que l'obscurité qui régnait autour d'eux sembla être aspirée dans la lumière. Les tentacules de Pennywise furent réduits en poussière cosmique, son corps monstrueux se désintégra peu à peu sous la puissance de l'attaque.

Pennywise hurla de terreur et de douleur, ses multiples yeux se fermant un par un, tandis que son essence maléfique se disloquait. « Non ! Tu ne peux pas me détruire ! Je suis l'Immortel... Je suis la peur elle-même ! » cria-t-il une dernière fois.

Mais Gabriel resta implacable. « Même la peur a une fin. Ton règne est terminé. »

Avec une dernière explosion de lumière et d'ombres, le Jugement Final de Dieu réduisit Pennywise à néant. La créature cosmique, l'entité millénaire qui avait régné sur Derry et s'était nourrie des peurs des enfants, fut enfin détruite. Son essence fut consumée par la lumière, ne laissant derrière elle qu'un vide silencieux.

Gabriel, épuisé mais victorieux, reprit son souffle. Les égouts qui avaient été déformés par les illusions de Pennywise reprirent lentement leur forme d'origine. Le calme régnait à nouveau, et l'atmosphère maléfique qui pesait sur la ville de Derry semblait s'être dissipée.

Il se redressa, scrutant l'obscurité avec ses yeux perçants. Il savait que ce n'était pas seulement une victoire personnelle, mais une victoire pour tous les enfants de Derry, pour toutes les âmes qui avaient été tourmentées par cette entité maléfique depuis des décennies. Pennywise ne reviendrait plus.

Gabriel fit un dernier geste de la main, dissipant les dernières traces d'énergie autour de lui. Le Jugement Final de Dieu avait non seulement détruit Pennywise, mais avait également purifié l'endroit de toute trace de mal.

« Que ta peur repose pour l'éternité, » murmura-t-il avant de tourner les talons, prêt à quitter les égouts et à retrouver le monde extérieur.

Gabriel émergea des égouts, son manteau sombre ondulant légèrement dans la brise nocturne. Le silence régnait maintenant à Derry, un silence lourd, mais apaisant, comme si un mal profond avait enfin été éradiqué. Les membres du Club des Paumés attendaient non loin, les visages tendus, mais avec une étrange lueur d'espoir. Ils savaient, au fond d'eux, que quelque chose d'irrévocable venait de se produire.

Bill Denbrough fut le premier à s'avancer. Ses yeux, d'un bleu intense, cherchaient des réponses dans ceux de Gabriel. "C'est fini, n'est-ce pas ?" demanda-t-il d'une voix rauque. Il avait combattu cette terreur presque toute sa vie, et le poids de ces années pesait lourdement sur ses épaules. Cependant, à cet instant, une lueur d'espoir semblait renaître.

Gabriel hocha lentement la tête. "Oui. Pennywise est détruit. Il ne reviendra plus."

Les mots résonnèrent comme un soulagement soudain pour tous. Richie Tozier, toujours un brin nerveux, se rapprocha, une pointe de son sarcasme habituel revenant malgré tout. "Eh bien, ça fait du bien d'entendre ça. Mais sérieusement, mec, qui es-tu vraiment ? Un chasseur de monstres ? Un genre de... super-héros gothique avec une voix grave ?"

Gabriel se tourna vers lui, impassible. Ses yeux pénétrants semblaient sonder les âmes de chacun des Paumés. "Je suis le Seigneur des Ténèbres... Dracula."

Le groupe resta silencieux, choqué par cette révélation. Chacun réagit différemment. Beverly Marsh croisa les bras, son regard perçant, réfléchissant aux implications. Elle n'avait jamais cru aux contes de vampires, mais après avoir affronté Pennywise, elle se rendait compte que leur monde était bien plus vaste et complexe que ce qu'elle avait imaginé.

Ben Hanscom, le cœur battant encore fort sous le coup de l'émotion, recula d'un pas. Il avait toujours cru aux légendes, mais cette révélation allait bien au-delà de ce qu'il pouvait concevoir. "Dracula ? Comme... le vrai Dracula ?"

Gabriel esquissa un léger sourire, sombre et mystérieux, avant de se détourner. "Mon nom importe peu. Ce qui compte, c'est que vous êtes libres de cette terreur. Vivez vos vies. Vous avez survécu à l'indicible."

Mike Hanlon, le plus silencieux du groupe jusqu'à présent, hocha lentement la tête, comprenant mieux que les autres la gravité de cette révélation. Il était celui qui avait gardé les souvenirs vivants, celui qui avait rappelé ses amis à Derry. Mais maintenant que Pennywise était parti, il savait que leur fardeau était allégé. "Merci," murmura-t-il simplement.

Sans un mot de plus, Gabriel s'éloigna, s'enveloppant d'une nuée de chauves-souris qui s'élevèrent dans le ciel nocturne. Il disparut dans l'ombre, aussi mystérieusement qu'il était arrivé.

Le groupe resta là, perplexe et songeur.

Bill esquissa un sourire fatigué, sentant enfin le poids du combat s'alléger.

De retour à Ponza, Gabriel retrouva Circé et Carrie dans la tranquillité de l'île. L'air frais de la mer était une bienvenue après la lourdeur maléfique de Derry. Circé l'attendait près de la plage, ses yeux scrutant l'horizon.

"Alors, Pennywise ?" demanda-t-elle.

"Il est détruit," répondit Gabriel calmement.

Il prit son téléphone et appela le commissaire Gordon à Gotham. "L'enquête est terminée. La menace est éradiquée."

Après avoir raccroché, Gabriel contempla un instant la mer agitée. Son combat contre Pennywise lui avait rappelé que les ténèbres, bien qu'éternelles, pouvaient toujours être repoussées, même par ceux qui les portaient en eux. Il se tourna vers Circé et Carrie, sachant que, malgré tout, il avait trouvé une paix avec elles.

"Je suis exactement là où je dois être," murmura-t-il, apaisé.