Coucou !

Tout d'abord, mille excuses pour le retard de publications ! J'ai au moins 72h de retard, mais disons que le timing a été serré entre la fin de l'écriture et la correction qui prend du temps mine de rien surtout avec la relecture. C'est quelque chose qui risque d'arriver fréquemment donc ne vous inquiétez pas, mais je rattraperai le coup d'une façon ou d'une autre à chaque fois !

Réponses au reviews :

John : Bravo pour ces premiers chapitres, l'histoire est intéressante et le style agréable. Merci de partager ainsi ton imagination. Bonne continuation et au plaisir de lire la suite.

Merci beaucoup, ravis que ça te plaises, voici la suite !

Guest : Franchement ! J'ai littéralement ADORÉ !

Merci infiniment, ça fait super plaisir ! J'espère que tu aimeras autant cette suite alors !

Je vous souhaite une bonne lecture et on se retrouve juste en bas à propos d'une certaine chose que l'enfant évoque dans le texte et dont je voudrais voir si vous saurez trouver de quoi il s'agit !

Un immense merci à ma super bêta lectrice et super correctrice Kleriwen qui fait un boulot fabuleux pour que ces chapitres soient lisibles sans coquilles !

Un immense merci également à tous les revieweurs et revieweuses qui laissent un petit message, ça fait vraiment plaisir !

Chapitre 2

Les apparitions de l'enfant mystère

Évasion spectaculaire à Azkaban

Où est Harry Potter ?

Hier dans le courant de la journée, deux événements sensationnels se sont produits. Le tristement célèbre Sirius Black, mangemort ayant trahi James et Lily Potter au profit de son maître Vous-savez-qui, s'est enfuit d'Azkaban. Première personne à avoir jamais réussi un tel exploit, Black a bénéficié d'une aide particulièrement redoutable. En effet, il semble qu'un étrange enfant inconnu, dissimulé de pied en cap par un grand manteau moldu, est parvenu sans que l'on sache encore comment, à outrepasser toutes les protections antimagie, antitransplanage et autres, pour se matérialiser à l'intérieur même de la forteresse, à l'endroit exact où se situait la cellule de Black.

— En fait, on a compris que c'était un enfant grâce à sa voix parce que sinon il était assez grand et il parlait bizarrement. Témoigne Mr Gordon Calvine, Auror. Il s'exprimait avec un langage particulier. Pas comme nous, plutôt comme à l'époque des monarchies moldues. Très soutenu quoi.

John Knight, collègue de Mr Calvine confirme :

— J'ai jamais vu ça de ma vie. On a toujours pensé que les détraqueurs ne pouvaient être repoussés qu'avec des Patronus, mais lui il a utilisé un sort et ça les a littéralement anéantis.

Messieurs Calvine et Knight, tout comme leurs autres collègues de la garnison d'Azkaban, se rejoignent sur tous les points. L'inconnu employait non seulement une magie et des sorts inconnus, mais de plus il n'utilisait aucune baguette magique. Il n'a eu aucune difficulté à neutraliser Messieurs Calvine et Knight et à tenir tête aux autres Aurors. Il a également détruit une dizaine d'autres détraqueurs. Mr Gawain Robards, chef du bureau des Aurors arrivé sur place peu après la fin du combat, a pu rassembler d'autres informations intéressantes. À ce qu'il semble, après que l'inconnu a fait fondre les barreaux de la cellule comme s'il s'agissait de chocogrenouilles, lui et Black ont discuté, sans se soucier d'être entendus ou pas. L'inconnu semblait très bien renseigné sur les agissements divers de la communauté magique. En effet, il a évoqué le fait qu'Albus Dumbledore, actuel directeur de Poudlard, aurait confié Harry Potter, le survivant, à une famille moldue, plus exactement la sœur de Lily Potter.

— D'après ce que j'ai pu voir dans les souvenirs de Knight, nous dit Mr Robards, le gamin a dit à Black que Dumbledore paierait pour l'avoir spolier de la garde d'Harry Potter, car étant son parrain, ce droit revenait à Black qui avait été désigné par James et Lily Potter. Il a ajouté que Dumbledore répondrait également devant lui de l'emprisonnement illégal de Black. D'après ce que j'ai compris de ces quelques phrases, Black a été directement emmené à Azkaban, sans procès préalable et Albus Dumbledore n'a rien fait pour lui en obtenir alors qu'il en avait la possibilité de par son statut de président sorcier du Magenmagot. Si ces informations s'avèrent exactes, il s'agit en effet d'une violation des droits d'un prisonnier, et l'enfermement à Azkaban serait en ce cas nul et non avenu car illégal. Nous enquêtons donc également sur ce point.

Ces informations soulèvent de nombreuses questions. En effet, pourquoi Sirius Black n'a-t-il pas été jugé avant d'être emprisonné ? Pourquoi Albus Dumbledore n'a-t-il pas usé de son poids politique pour obtenir un procès ? Qui a signé le mandat d'arrêt et l'ordre d'emprisonnement ? Cornélius Fudge, ministre de la magie, est-il en cause ? Il fait en effet partie des seules personnes habilitées à signer ce genre de documents. Après visionnage par Mr Robards des souvenirs de tous les Aurors présents sur place lors de l'événement, il résulte que nous avons affaire à un enfant inconnu, extrêmement puissant, semblant être en possession d'informations normalement accessibles seulement à quelques personnes, et surtout, il semble qu'il n'attache aucune importance aux informations que les enquêteurs ont pu recueillir. Après sa disparition, il aurait sous-entendu que personne ne pourrait le retrouver de quelque façon que ce soit si lui ne le désirait pas. Qui est donc ce garçon étrange ? D'où vient-il ? Pourquoi ne se manifeste-t-il que maintenant, et surtout que veut-il exactement de la communauté magique ? Que de questions pour l'instant sans réponses.

Un autre événement majeur est également survenu peu de temps après l'évasion d'Azkaban. En effet, Harry Potter a disparu du domicile de sa tante maternelle. Aucune trace n'a pu être trouvée. De la magie ayant été détectée au 4 Privet Drive, une équipe d'Aurors s'est rendue sur place car il s'agit d'un quartier moldu. Tout ce qu'ils ont trouvés, c'est une maison uniquement habitée par Mr et Mrs Dursley ainsi que leur fils Dudley, mais pas par Harry Potter. D'après l'interrogatoire subie par ces personnes, un vagabond serait venu chercher leur neveu peu de temps auparavant. Les investigations ont démontré que le placard sous l'escalier avait été occupé par un enfant. Il ressort de ces premières constatations qu'une fois sorti d'Azkaban, Sirius Black est venu chercher son filleul qui, selon toutes les preuves recueillies, était maltraité. Black a jeté un sort à Mr Dursley et a menacé son épouse de la même chose. Il semblait particulièrement furieux du traitement infligé à son pupille.

— Nous faisons face à une enquête presque insoluble. reconnaît Mr Robards.

En effet, Harry Potter et Sirius Black ont entièrement disparu de tous les radars du ministère. Même hors du territoire, il est normalement possible de retrouver des personnes, mais dans ce cas précis, cela s'est avéré impossible. Où sont donc Black et Potter ? Nous ne pouvons qu'espérer que Black n'ait pas enlevé son filleul pour l'utiliser comme rançon. Nous espérons de tout cœur revoir Mr Potter lors de sa rentrée à Poudlard, le premier septembre 1991.

Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore reposa La Gazette du sorcier et soupira en s'adossant dans son fauteuil directorial. La situation était grave. Sirius en fuite, et avec Harry par-dessus le marché. Il se passa une main fatiguée sur le visage. Pourquoi fallait-il toujours que les choses dérapent ? Non il n'avait pas joué de ses relations pour offrir un procès à Sirius. Mais il était certain de sa culpabilité. Quand à Harry, la protection du sang mise en place par Lily était le seul moyen de le protéger des fidèles de Voldemort. Mais cela ne pouvait être efficace qu'avec des personnes du même sang. Et Pétunia Dursley née Evans était la seule. Il se sentait mal. L'excuse de la protection du sang justifiait-elle une vie de misère pour Harry ? Et s'il avait laissé Sirius prendre Harry, peut-être n'aurait-il pas poursuivi Pettigrow et n'aurait-il pas terminé à Azkaban ? Et maintenant Sirius le haïssait sans aucun doute et s'imaginait certainement qu'il voulait se servir de son filleul comme d'un pion. Quant à l'enfant inconnu, cela l'inquiétait aussi au plus haut point. Il avait suffisamment de vécu, d'abord sa jeunesse tumultueuse avec Grindelwald, puis la surveillance de Voldemort lorsqu'il était encore Tom Jedusor. Il avait vu sa montée en puissance mais il n'avait pas pu faire grand-chose pour l'arrêter. Malgré sa surveillance, Tom était très intelligent et n'avait laissé paraître aucun indice sur ses plans. Ce garçon étrange semblait encore plus énigmatique que Tom enfant. Si ce que disait la Gazette était vrai, il s'agissait d'un enfant très jeune, particulièrement puissant et qui semblait tout savoir. Mais le plus perturbant, c'était cette magie inconnue et les sorts qu'il employait. Surtout le fait qu'il soit capable d'anéantir les détraqueurs. Dumbledore sentait confusément que quelque chose se tramait dans l'ombre. Quelque chose sur laquelle ni lui ni personne n'avait de prise et ne pouvait contrôler. Et il était certain que l'enfant inconnu en était l'instigateur voir même l'initiateur et l'exécutant. Pour la première fois depuis longtemps, Albus Dumbledore se sentait démuni, incapable de prévoir les événements et d'agir en conséquence. Il en était réduit, comme le commun des mortels, à attendre sans savoir et à subir sans pouvoir agir à l'avance. Il priait Merlin qu'il ne s'agisse pas d'un enfant seigneur des ténèbres en devenir. Car si c'était le cas, Voldemort aurait un sérieux concurrent, et surtout n'aurait jamais l'occasion de revenir. Car Dumbledore en était sûr, Tom n'était pas mort. Il se cachait quelque part, sous une forme diminuée, attendant son heure pour retrouver son corps. Albus était certain que Tom ferait tout pour utiliser Harry à cette fin. Le vieil homme ne savait pas encore comment Jedusor s'y prendrait, mais il était certain que tôt ou tard, Harry lui ferait face. Et Albus espérait de tout son cœur que ce soit plus tard que tôt. Il devrait faire en sorte de donner à Harry toutes les cartes pour affronter Voldemort le moment venu, mais sans qu'Harry ne soit obliger de se sacrifier au passage. Et c'était là l'un des points qui embêtaient le plus Albus. La prophétie était très explicite. Et l'un d'eux devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit. Oui, c'était parfaitement clair. Pourtant, Albus espérait trouver un moyen pour contourner cette inéluctabilité en faisant en sorte qu'Harry survive d'une façon ou d'une autre, peu importe l'issu de l'affrontement. Certes, Harry était le symbole d'espoir, assurément, il serait l'arme pour détruire Voldemort, mais il était avant tout Harry James Potter, un garçon, un humain avec des sentiments, des émotions, des envies, des désirs, des peurs, un cœur, un esprit, une âme et tout ce qui faisait un être. « Pour le plus grand bien il faut qu'il se sacrifie !» lui souffla une petite voix dans sa tête. Albus rejeta violemment cette pensée sournoise et pernicieuse. Le plus grand bien ! Cette devise avait été son crédo dans sa jeunesse. Lorsqu'il avait été le compagnon de Gellert Grindelwald. Et le plus grand bien signifiait sacrifier sans compter, devenir ce qu'Albus avait toujours haï et redouté, un manipulateur sans scrupule. Il avait fait suffisamment d'erreurs à cette époque en étant presque devenu cet être froid et calculateur qui utilisait les gens comme de simples pions sur un échiquier sans se soucier de leur bien-être. Mais aujourd'hui c'était terminé. Il ne laisserait pas cette facette sombre de lui diriger ses actions. Il avait appris de ses fautes passées, et ce n'était certainement pas pour les reproduire. C'est pourquoi il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger, guider et sauver Harry, malgré la prophétie.

— Que voilà de nobles sentiments !

La voix le fit sursauter et le sortit de ses pensées. Il releva les yeux pour voir une silhouette encapuchonnée assise dans l'un de ses fauteuils, les jambes et les mains nonchalamment croisées. Il sut instantanément de qui il s'agissait. Albus Dumbledore n'avait pas usurpé sa réputation de plus grand sorcier des temps modernes et très intelligent. Il lui suffisait de recouper les indications données par le journal pour comprendre. Le vieux sorcier soupira et se passa une main fatiguée sur le visage.

— Si je me fie à ce que dit ce journal, je ne devrais pas être étonné que tu aies pu pénétrer Poudlard malgré les protections sans que j'en sois averti, et que tu lises mes pensées n'est-ce pas ? demanda-t-il d'une voix calme, malgré la tension qui l'habitait.

— Non, en effet, répondit son visiteur, parfaitement détendu.

— Donc, tout ce que dit la Gazette est vrai, dit simplement Albus.

— Absolument.

— Puis-je connaître l'objet de ta visite ? demanda Albus.

— Certainement, bien que vous en ayez une idée n'est-il pas ? répondit l'autre, un sourire dans la voix.

— J'imagine que tu viens accomplir ce dont tu as parlé à Sirius ? demanda le directeur, craignant la réponse.

— Oui et non, répondit simplement son visiteur.

Albus fronça les sourcils d'étonnement.

— Je suppose également qu'il est inutile de te demander qui tu es ? demanda-t-il encore, essayant de comprendre les intentions de l'enfant.

Car c'était désormais une certitude, c'était bel et bien l'enfant mystérieux ayant aidé Sirius à s'évader qui lui faisait face.

— Inutile en effet, répondit l'enfant de sa voix toujours aussi calme. En vérité Albus Dumbledore, je dois admettre que vous êtes intéressant. Bien plus que la plupart des mortels en réalité.

Albus était étonné.

— Comment ça ? demanda-t-il, intéressé malgré lui.

Ce garçon était une véritable énigme et il comprenait à présent ce qu'éprouvaient ses interlocuteurs lorsqu'il leur répondait de façon détournée ou par un simple sourire.

— Voyez-vous, j'étais venu dans l'intention de vous confronter sur vos actions passées et de vous en punir ainsi que je l'avais mentionné à Sirius Black, et je me trouve face à un homme en proie aux remords et à un désir de racheter ses fautes tout à fait impressionnant. Je n'ai pas pour habitude de me montrer clément ou indulgent, mais je suis intéressé de connaître les raisons de ce revirement dans vos intentions.

— Tu connais déjà la réponse, non, puisque rien ne t'échappe? répondit Albus, émettant là une vérité.

— Certes, répondit l'enfant, j'aimerais toutefois vous les entendre formuler.

Albus soupira.

— Eh bien je pense que cette lecture m'a, dirais-je, ouvert les yeux, commença-t-il. Je me suis rendu compte que j'ai pris beaucoup de décisions discutables en voulant bien faire. Je n'ai rien fait pour que Sirius obtienne un procès, parce que comme tout le monde, je l'ai cru coupable. Et je n'ai même pas l'excuse de l'âge ! Mon expérience m'a appris que rien n'est certain tant que l'on en a pas la preuve irréfutable. En ce qui concerne Harry, je pensais vraiment que le mettre à l'écart du monde magique jusqu'à son entrée à Poudlard lui serait bénéfique. Il sera déjà assez dur pour lui d'être sans cesse observé et jugé sur ses moindres faits et gestes sans que je lui inflige ça dès l'enfance. Je voulais qu'il grandisse normalement, comme tous les enfants. Mais je me suis lourdement trompé.

L'enfant s'adossa à son fauteuil et resta silencieux quelques instants.

— Je le conçois, et ceci est tout à votre honneur, dit-il finalement. Cependant, pourquoi ne vous êtes-vous jamais enquis de sa situation alors que vous aviez connaissance de l'aversion de Pétunia Evans pour tout ce qui a trait au surnaturel ? Vous auriez pourtant dû anticiper ce qui adviendrait en possession de cette connaissance.

Le reproche fit baisser les yeux à Albus.

— Oui j'aurais dû, murmura-t-il. Mais à ce moment-là, je ne pensais qu'à la protection d'Harry. Sa sécurité passait avant tout.

— Pour le plus grand bien, dit simplement le garçon d'une voix dénuée d'émotion.

Albus soupira de lassitude, et à cet instant il faisait véritablement son âge. Les paroles de l'enfant l'atteignaient au plus profond de son être. Celui-ci se pencha en avant, et Albus sentait son regard troublant fixé sur lui.

— Certes vous pensiez à sa sécurité, mais guère de la façon dont vous l'envisagez à présent. Jusqu'à aujourd'hui, n'importait pour vous que le plus grand bien. Harry Potter étant le symbole, le pilier sur lequel votre communauté se reposera afin de détruire Voldemort, il devait impérativement demeurer en vie jusqu'au moment opportun. Jusqu'à lors, son chemin étant tout désigné, vous deviez faire en sorte que ses épreuves le préparent à son affrontement final, et à son sacrifice ultime. Harry Potter n'était qu'une arme. Une arme dont la sécurité primait sur celle de la personne qu'il est en réalité. Seulement voilà, à la lecture de ce journal, vous avez réalisé l'étendue de vos erreurs. Vous avez compris que la route sur laquelle vous vous étiez engagé depuis si longtemps n'était finalement pas la bonne, et que si vous persistiez sur cette voie, votre perte serait inéluctable. Vous avez admis qu'Harry Potter n'est pas une arme que l'on peut utiliser à sa guise avant de s'en débarrasser dans une armurerie comme d'une simple épée. Vous avez compris qu'il s'agit d'un être vivant qui n'aspire qu'à mener sa vie comme il l'entend.

Ce résumé était parfaitement exhaustif. Albus n'aurait pas pu mieux faire. Le garçon se réadossa finalement dans son siège, et le regard insondable qui pesait sur lui se détourna, lui permettant de se détendre légèrement.

— Voyez-vous, reprit finalement l'enfant, nul n'aime à se voir dicter sa vie. Certaines personnes ont par le passé pensé pouvoir le faire me concernant. Ces prétentieux ne sont plus de ce monde pour s'en vanter.

Albus frissonna. L'enfant venait purement et simplement d'avouer avoir froidement assassiné des personnes. Et au-delà de ce que ça avait de dérangeant, c'était surtout le ton absolument dépourvu du moindre remords, comme s'il parlait simplement du temps qu'il faisait qui perturbait le plus le directeur. Le garçon reprit finalement la parole.

— Il se trouve que j'ai moi-même fait l'objet d'une prophétie. Mais je n'ai rien fait pour m'y soustraire car elle m'étais bénéfique. En revanche, celle concernant Harry et Voldemort est très nébuleuse. Elle permet assurément d'avoir une vision assez véridique des événements, cependant elle ne laisse aucune alternative. Selon cette prédiction, Harry doit éliminer ou être éliminé. De ce fait, sa vie, son destin et même sa fin sont dictés. Cela ne l'autorise tout simplement pas à vivre car sa mort est l'issue inéluctable. Une fois en connaissance de cette prophétie, comment pensez-vous qu'Harry verra les choses ? Pour lui, seul comptera l'accomplissement de son destin et la chute de son ennemi. Il ne s'autorisera aucun avenir car il ne lui en est permis aucun. Il ne se permettra donc jamais d'envisager une autre issue que sa mort et par là même, un avenir après la guerre.

Albus frissonna de nouveau. Expliquée ainsi, la vie d'Harry n'en était pas une. C'était comme si il n'existait que pour vaincre Voldemort sans avoir la possibilité de vivre comme tout un chacun. Avoir une scolarité normale, avoir des amis, tomber amoureux, se marier, fonder une famille et avoir des enfants ! Tout ça lui serait refusé.

— C'est exactement cela, approuva l'enfant. Pensez-vous que ce puisse être acceptable ? interrogea-t-il.

Albus eut un sursaut de révolte à cette simple idée. Il secoua vigoureusement la tête dans un signe de dénégation farouche.

— Absolument, ça ne l'est guère ! approuva de nouveau le garçon.

— Mais dans ce cas, pourquoi n'intervenir que maintenant ? Tu aurais pu empêcher la mort de James et Lily? demanda Albus.

Le garçon eut un rire qui sonna amer aux oreilles du vieux sorcier.

— La raison en est absurde à force de simplicité, ricana-t-il. C'est tout simplement car je n'étais pas plus âgé qu'Harry lorsque ces événements se sont produits.

Albus écarquilla les yeux de surprise. Cela voulait-il dire que l'enfant qui lui faisait face, celui qui avait infiltré deux endroits soit disant inviolables comme Azkaban et Poudlard, avait aidé Sirius à s'évader et avait terrassé des Aurors aguerris, cet enfant n'avait que huit ou neuf ans ?

— C'est en effet le cas, acquiesça simplement celui-ci à son interrogation muette.

Albus était bluffé. Mais qui était donc ce garçon et d'où venait-il pour avoir autant de puissance à un si jeune âge, là où les autres enfants du même âge en étaient réduits à de la magie accidentelle et incontrôlable ? Le garçon balaya ces questions d'un mouvement de main.

— Ceci n'est pas d'actualité pour l'heure. Ce qui importe actuellement, c'est l'avenir d'Harry.

Albus se ressaisit. L'enfant avait raison, il saurait tout ça lorsque le garçon le déciderait.

— Parfait ! dit celui-ci d'un ton approbateur. Voici donc. J'ai pu assister aux événements de Godric's Hollow en usant de mes pouvoirs afin de revenir à cette nuit fatidique. J'aurais en effet pu intervenir et empêcher ce qu'il s'est passé mais je n'en ai rien fait. Qu'importe le degré de puissance d'un être, certaines lois immuables existent pour d'excellentes raisons. L'une d'elle étant que ce qui appartient au passé demeure dans le passé. Modifier des événements majeurs peut avoir des conséquences si terribles que nul ne s'y est jamais risqué. Certes ces conséquences ne me concernent en rien car étant omnipotent nul ni rien ne peut m'atteindre, mais il n'en est pas de même pour ce monde et ses peuples. Mes agissements auraient donc d'une façon ou d'une autre eu un impact sur vous. Et bien que je n'éprouve que peu d'estime pour la plupart des êtres peuplant ce monde, je n'admets pas les morts d'innocents, d'autant plus lorsqu'elles sont inutiles. Je pourrais également ramener James et Lily Potter mais je ne pense pas cela judicieux. Il ne me semble point moral de leur accorder une vie qu'ils ont quittée depuis déjà six ans. Cela serait terrible pour eux de même que pour Harry. Croyez bien que si j'avais eu mon âge actuel cette nuit-là, je n'aurais certainement pas laissé les événements se dérouler tels qu'ils se sont produits. Et agir dans le passé, peu importe la modification, aurait eu le même impact. Je n'emploie la résurrection que rarement, et il est préférable qu'elle s'opère très peu de temps après le trépas, car si trop de temps est passé, le dépaysement est trop important et l'âme du défunt ne peut assimiler l'abysse temporelle.

Albus était abasourdi. Ses déductions à la lecture de l'article étaient donc exactes. Omniscient et omnipotent étaient les mots qui désignaient le mieux cet enfant. Il pouvait donc ressusciter les morts. Et dire qu'il était pris pour acquis que c'était impossible. Mais il semblait que pour cet enfant, ou grâce à sa magie si différente, Albus ne savait pas, rien n'était impossible. En outre, il avait parfaitement raison sur les lois du temps. Ce n'était pas pour rien que la réglementation sur l'usage des retourneurs de temps était si stricte. C'était l'un des sujets sur lesquels le ministère était intransigeant.

— Le ministère, renifla dédaigneusement le garçon. Votre gouvernement est tout simplement pitoyable ! Pouvez-vous m'expliquer la raison initiale pour laquelle un présomptueux a cru judicieux de créer la loi sur la restriction de l'usage de la magie chez les sorciers mineurs ? C'est l'une des choses les plus aberrantes qu'il m'ait été donné de voir ! Où se trouve l'intérêt d'enseigner la magie à des enfants s'ils ne peuvent s'entraîner lors des vacances ? L'apprentissage passe obligatoirement par l'entraînement. Et ce n'est certainement pas par des dissertations stériles et des cours pratiques définis dans le temps que vos élèves acquerront la maîtrise nécessaire. Il suffirait simplement que les familles encadrent les apprentis lors de leur entraînement estival de façon à ce qu'il ne leur arrive rien. Et comme de bien entendu, nul n'a jamais trouver à redire à cette hérésie. Pathétique ! C'est l'une des nombreuses choses dont je vais devoir m'occuper. Il est grand temps que cette société apprenne de nouveau où se trouve sa place et que les mortels se souviennent enfin de leur rôle en ce monde !

Le directeur était stupéfait par un tel dédain et un tel mépris pour la société. D'un autre côté, il réalisa que le garçon avait raison. L'usage de la magie chez les sorciers de premier cycle, c'était quelque chose qui avait toujours été pris pour acquis par tout le monde. Mais en réalité, c'était ridicule. En effet, les élèves ne pouvaient pas réviser les sorts durant l'été, et lire des livres ne suffisait pas. Il ne suffisait pas de connaître par cœur la théorie d'un sort pour le maîtriser. Loin de là ! Le vieil homme prit alors conscience du nombre de choses sur lesquelles le garçon venait de lui ouvrir les yeux.

— Assurément, approuva l'enfant, mais nous nous égarons. Nous devons donc faire en sorte de contourner la prophétie, ou tout au moins de maîtriser les événements de façon à ce qu'ils se déroulent selon notre volonté et non celle d'une pitoyable prédiction.

Albus était tout à fait d'accord avec cette idée.

— Parfait ! dit le garçon en se levant, satisfait.

Albus fit de même. Il hésita quelques secondes et finit par demander :

— Et en ce qui me concerne ?

Le garçon se stoppa et leurs regards se croisèrent. Albus fut troublé par ces yeux d'un bleu abyssal dont il était à présent certain qu'ils lisaient jusqu'à son âme si les réponses à ses questions muettes ne l'avaient pas déjà convaincu de ce fait.

— Je vous accorde une seconde et unique chance, déclara finalement l'enfant, après quelques secondes de silence. Sachez que vous êtes l'une des très rares personnes ayant obtenu cet insigne honneur de ma part. Ne la gâchez donc pas car alors ma sentence tombera. Ayez conscience que je vous offre la possibilité d'une résilience afin de racheter vos fautes. Ne me décevez donc pas et ne me faites point regretter ma clémence.

Albus hocha la tête avec un pauvre sourire.

— Excellent, acquiesça le garçon en détachant enfin son regard de celui du directeur. Nous nous reverrons donc dans quatre ans, le premier septembre. N'oubliez guère que je surveille absolument tout dans ce monde et que rien ne m'échappe. Je me contenterai pour l'instant d'observer les événements se dérouler, et j'interviendrai lorsque je le jugerai nécessaire. J'ai une parfaite connaissance de l'avenir, mais contrairement au passé qui est immuable, le futur n'est jamais défini malgré ce qu'aiment à penser les devins et à laisser croire les prophéties. Tout ce qui est écrit ne peut être changé, mais tout ce qui n'est pas encore advenu peut être modelé. Souvenez-vous toujours de ceci. À présent, je vous souhaite le bonjour Professeur Dumbledore et à dans quatre ans.

Et sur ces dernières paroles, il se volatilisa. Albus se rassit dans son fauteuil, pensif. Fumsec émit un trille doux et vint se poser sur ses genoux. Le directeur se mit à le caresser sans cesser de penser à sa conversation avec l'étrange enfant. Ainsi, il lui laissait une deuxième chance. Albus eut un sourire désabusé en se disant qu'il aura fallu un article de journal pour lui faire voir ses erreurs. Au final, il avait été ce manipulateur insensible. Il n'en avait pas eu conscience, ou plutôt il avait refusé d'en prendre conscience. Mais heureusement, il n'était pas trop tard. Il pensa également qu'il ne se sentait pas du tout vexé ou humilié par le fait qu'un enfant lui avait parlé comme si les rôles étaient inversés et que l'adulte était en fait l'enfant et l'enfant l'adulte. Ce garçon dégageait un tel charisme qu'on ne pouvait longtemps le considérer comme un enfant. Sa façon de s'exprimer, son assurance, tout chez lui prouvait que c'était lui qui menait la danse. En outre, le directeur avait parfaitement senti l'incommensurable puissance que cachait le garçon. Certes celui-ci dissimulait parfaitement son aura, encore un exploit normalement impossible, mais sa puissance était telle, qu'elle écrasait littéralement tout sur son passage et emplissait tout, saturant même l'air. C'était presque comme une présence physique. Albus était persuadé que s'il le voulait, le garçon pourrait anéantir n'importe qui ou n'importe quoi avec sa simple aura. Même invisible, la sensation demeurait et il ne faisait aucun doute pour le directeur que le garçon la gardait cachée pour plusieurs raisons connues de lui seul, mais la principale étant probablement que personne ne pourrait survivre à son exposition.

Il fut tiré de ses pensées par des coups frappés à la porte.

— Entrez ! invita-t-il.

La porte s'ouvrit sur Minerva McGonagall. Une Minerva McGonagall au visage décomposé, la Gazette du sorcier froissée dans sa main.

— Ah Minerva ! l'accueillit Albus. Je vois que vous avez pris connaissance de l'article ?

— Comment pouvez-vous être aussi serein Albus ? s'effara la professeure. Sirius Black s'est échappé en embarquant Harry au passage et tout ce que vous trouvez à dire c'est «vous avez lu l'article ?» Et puis c'est quoi cette histoire d'enfant surpuissant qui aurait passé les défenses d'Azkaban comme si elles n'existaient même pas ?

Albus se leva précipitamment et contourna son bureau pour poser une main sur l'épaule de sa directrice adjointe hystérique.

— Minerva calmez-vous s'il vous plaît ! dit-il fermement mais sans élever la voix.

Ce fut efficace. La directrice de Gryffondor prit de grandes inspirations pour reprendre ses esprits.

— Bien, dit Albus, apaisant. Asseyez-vous, nous avons à discuter.

Elle obéit en triturant la Gazette entre ses mains. Albus fit apparaître un plateau avec thé et petits gâteaux et fit le service. Il se rassit ensuite dans son fauteuil et observa sa professeure par-dessus sa tasse, tandis qu'elle posait le journal froissé sur son bureau, buvait de longues gorgées de thé chaud pour se calmer et mangeait un gâteau. Le directeur lui sourit et but à son tour. Reposant sa tasse, il s'adossa dans son siège et croisa ses doigts devant lui tout en regardant sa professeure par-dessus ses lunettes en demi-lune.

— Je comprends tout à fait votre inquiétude, Minerva. À vrai dire, j'avais exactement les mêmes que vous il y a quelques minutes. Mais j'ai eu la visite de cet étrange enfant dont parle le journal et nous avons discuté.

La professeure McGonagall le regarda d'un air ébahi.

— Mais voyons Albus ! Comment un enfant n'étant pas encore élève aurait-il pu pénétrer dans Poudlard ? Et en plus, Rusard n'a accueilli personne à la grille !

Le directeur se leva et alla chercher une bassine de pierre couverte de runes dans sa petite armoire. Lorsqu'il revint, il déposa la pensine sur son bureau, puis à l'aide de sa baguette, extirpa un long filament argenté de sa tête qu'il déposa dans le récipient.

— Je pense qu'assister à l'entrevue sera plus concluant que vous l'expliquer Minerva, dit-il simplement.

Minerva se leva en lui adressant un regard surpris, puis plongea à sa suite dans la pensine. Ils en sortirent quelques minutes plus tard. La professeure avait une expression de pur effarement sur le visage. Sa stupéfaction était bien compréhensible, Albus ayant eu la même plus tôt. Ils se réinstallèrent et réchauffèrent leur tasse d'un coup de baguette. Enfin au bout de quelques minutes de silence, la professeure prit la parole.

— Vous avez bien fait de me montrer le souvenir Albus parce que sinon j'aurais pris tout ceci pour une de vos excentricités.

— Oh mais je n'en doute pas ma chère ! répondit le directeur, ses yeux pétillant d'amusement.

— Avez-vous conscience de tout ce que cela implique Albus ? demanda Minerva afin d'être sure.

Albus retrouva tout son sérieux.

— Tout à fait Minerva, répondit-il d'une voix grave.

— C'est tout de même difficile à admettre vous en conviendrez ! Un enfant de huit ans qui est non seulement capable de mettre hors-jeu des adultes, de surcroît des Aurors aguerris, mais qui en plus passe les protections d'Azkaban et Poudlard comme si elle n'existaient tout simplement pas. Et il ose vous menacer par-dessus le marché, et vous ne réagissez même pas. Si un élève avait l'audace de parler de la sorte, sa maison perdrait beaucoup de point et l'élève gagnerait quelques retenues en prime, s'exclama-t-elle, visiblement encore outrée par le comportement de l'enfant.

— Vous l'avez vu comme moi Minerva, répondit calmement Albus. Croyez-vous vraiment que l'on puisse considérer ce garçon comme un futur élève lambda ? Pensez-vous qu'il soit sensible à nos règles, nos lois ou tout autre forme d'autorité ?

Minerva prit le temps de réfléchir quelques secondes, mettant son tempérament gryffondorien en sourdine pour laisser place à une réflexion plus appropriée. Au bout d'un moment, elle finit par hocher la tête en reprenant la parole :

— Non en effet, je ne le pense pas. En fait, lorsque je vois comment il parle du ministère, de la société sorcière ou même des gens en général, je pense qu'il ne fait pas grand cas de nous. Il agit à sa guise et n'a strictement rien à faire de ce que l'on en pense.

— Exactement, approuva le directeur. Vous avez bien entendu sa remarque sur l'utilisation de la magie par les mineurs. Très franchement Minerva, ne trouvez-vous pas qu'il a raison ? Cette loi de restriction, ne dessert-elle pas plus les jeunes sorciers qu'elle ne les protège ?

La sous-directrice se passa une main sur le visage en soupirant.

— C'est effrayant de constater qu'un enfant de huit ans nous met devant les yeux des faits pourtant évidents. Nous sommes tellement refermés sur nous-mêmes que nous prenons tout pour acquis, sans réfléchir plus loin. Il n'a pas parlé de la trace mais il ne faut pas être un Serdaigle pour deviner ce qu'il en pense, approuva-t-elle finalement.

— Tout à fait. Pour tout le reste, il a raison. En fait, je doute qu'il ait pour habitude de parler sans être certain d'avoir raison, dit Albus, un triste sourire aux lèvres en repensant à ses erreurs passées.

Minerva se leva et se mit à faire les cent pas.

— Tout de même Albus ! s'exclama-t-elle finalement en se tournant à nouveau vers lui. Cet enfant est effrayant. Il joue avec le temps comme avec un yoyo, il peut ramener les morts à la vie alors que c'est censé être impossible...

— Je comprends ce que vous voulez dire Minerva, la rassura le directeur. J'ai moi-même eu les mêmes idées et ce que vous n'osez pas dire à voix haute: heureusement qu'il semble de notre côté et pas de celui de Voldemort n'est-ce pas ?

Elle hocha la tête.

— Oui. Je n'ose même pas imaginer ce qu'il se passerait s'il...

Elle eut un frisson de pure horreur à cette idée. Albus approuva.

— J'ai eu exactement la même peur en lisant la Gazette. Toutefois, après cette discussion, pensez-vous qu'il soit du genre à rallier quelqu'un comme Voldemort ?

— Non je ne crois pas, répondit-elle. Il me semble plutôt du genre à faire cavalier seul et à écraser toute forme d'interférence peu importe le camp. Quant à la sorte d'alliance qu'il vous a proposée, j'ai plus l'impression qu'il se sert de vous.

Albus sourit faiblement.

— Oh, ne doutez pas que ce soit le cas. Mais après tout, n'est-ce pas ainsi que j'ai agi jusqu'à aujourd'hui ? Je suppose que c'est une forme de punition déguisée qu'il m'inflige pour me montrer ce que l'on éprouve à être utilisé comme des pions.

Minerva soupira. Elle pouvait voir dans les yeux du directeur tous ses remords quant à ses actions passées. Bien sûr, elle n'avait pas toujours été d'accord avec certaines de ses décisions et le lui avait fait savoir, mais au final elle le suivait à chaque fois. Elle était pourtant contente qu'il ait enfin pris conscience de la mauvaise voie sur laquelle il était parti, même si c'était au crédit d'un journal parfois discutable comme la Gazette et d'un enfant étrange apparu de nulle part.

— Pourquoi intervient-il selon vous ? demanda-t-elle finalement. Je veux dire, puisqu'il semble autant nous mépriser et se moquer totalement de notre sort, pourquoi se fait-il connaître ? Pourquoi décide-t-il brusquement de bouleverser notre monde ?

Le directeur soupira.

— Je ne peux qu'émettre des hypothèses, Minerva, dit-il finalement. Peut-être a-t-il décidé que notre société a besoin de lourds changements ? C'est en tous cas ce que laissent supposer ses actions et certaines de ses paroles. Peut-être aussi juge-t-il que nous ne sommes pas aptes à prendre soin de quelqu'un comme Harry ? Et c'est cela qui me semble la plus plausible. Je pense qu'ayant vu les événements de Godric's Hollow, et probablement ceux du lendemain lorsque nous sommes allés confier Harry aux Moldus, il a jugé que nous étions incapables ou que nous nous y prenions mal. Je suis presque sûr d'avoir raison sur ce point. Lorsqu'on voit le peu de considération qu'il a pour la société sorcière, il est facile de deviner qu'il se juge seul apte à agir. Je pense aussi qu'il s'est senti attiré par Harry d'une façon ou d'une autre. Peut-être s'est-il reconnu en lui. Parfois deux êtres qui partagent une même histoire ou un même passé se sentent proche l'une de l'autre, car elles se comprennent mutuellement contrairement aux autres.

— Alors vous pensez qu'ils ont une histoire commune ? demanda Minerva.

Albus haussa les épaules.

— Peut-être que oui, peut-être que non. Je ne peux rien affirmer, étant donné que nous ne savons rien de ce garçon. Nous ignorons jusqu'à son nom. Mais très franchement, je ne vois pas trop quel autre intérêt il pourrait avoir pour Harry en particulier s'il déteste autant la société, répondit-il.

— Donc nous ne pouvons qu'attendre et voir ce qu'il fera, constata simplement Minerva.

— En effet, approuva le directeur. Jusqu'au premier septembre dans quatre ans, nous ne pouvons qu'attendre et suivre l'évolution de tout cela au travers de l'actualité. J'espère que nous saurons enfin son identité à ce moment-là, lors de la répartition.

— Espérons, soupira la sous-directrice. J'espère aussi qu'Harry va bien. Je vous avoue que le fait que lui et Black aient totalement disparu m'inquiète beaucoup.

— Il n'en a rien dit, mais je ne serais pas autrement surpris d'apprendre que cette incapacité à les localiser soit due à notre allié mystère, sourit Albus.

— Eh bien dans ce cas... dit simplement Minerva, résignée.

À cet instant, le feu de la cheminée devint vert et une tête y apparut.

— Dumbledore ! appela une voix sortant des flammes.

— Cornélius, soupira simplement Albus d'un air las.

— Je vous souhaite bon courage avec cet idiot Albus ! compatit Minerva en sortant du bureau.

Le directeur eut un sourire amusé et se dirigea vers sa cheminée pour discuter des événements avec le ministre de la Magie.

L'enfant se matérialisa dans une rue déserte. Il eut un sourire sous son capuchon. Parfait ! Tout se déroulait exactement comme il l'avait prévu. Grâce à ses sens magiques, il suivait en temps réel tout ce qui se passait partout dans le monde. Ces pitoyables simulacres de sorciers ne pourraient jamais se vanter d'une telle chose, malgré ce qu'ils aimaient croire. Leur bêtise était abyssale. Leur société était pitoyable, leur magie était pitoyable, ils étaient tous pitoyables ! Il ne s'étonnait plus de la débâcle de ce monde en voyant à quel point les mortels, qu'ils soient pourvus ou non de magie, se moquaient de tout ce qui n'était pas leur petit confort. L'humanité n'était qu'un ramassis d'êtres mesquins et pathétiques qui ne méritaient absolument pas l'honneur qui leur était fait d'exister, et pour certains d'avoir accès à la magie. D'ailleurs, lorsqu'il voyait de quelle façon ils avaient dénaturée cette dernière, il envisageait très sérieusement de les déposséder de cette capacité jusqu'à ce qu'ils réapprennent l'humilité. Il n'avait que mépris pour cette bande de pitoyables êtres qui se croyaient supérieurs à tout le monde. Il allait leur montrer ce que voulait dire la véritable supériorité. Fini pour eux de faire joujou, ils allaient réapprendre où était leur place. Lorsqu'il avait décidé d'intervenir, il avait en premier lieu envisagé une méthode drastique, purement et simplement éradiquer l'humanité de la surface de la Terre. Selon lui, aucun mortel ne méritait plus d'exister. Ils étaient devenus trop orgueilleux, trop fiers, trop prétentieux, trop refermés sur leur petit monde sans se soucier de rien. Mais il avait finalement décidé d'être beaucoup plus subtil et intelligent, ce qui n'était pas difficile pour lui. Harry Potter l'avait grandement aidé à son insu dans cette décision. En effet, il avait constaté que leur histoire comportait quelques similitudes, en cela le directeur Dumbledore avait eu une bonne intuition. Grâce à Harry Potter, il s'était finalement aperçu que certains mortels valaient la peine qu'on s'intéresse à eux. Son sourire s'élargit et il eut un petit ricanement en songeant que l'humanité devrait bien plus qu'elle ne pourrait jamais l'imaginer à leur précieux survivant. Car s'il décidait de les anéantir, leur seul recours serait l'acceptation de leur sort, car nul ne pourrait l'arrêter.

Tout en marchant dans les rues, sans faire attention aux gens qui s'écartaient sur son passage ni aux étranges regards qu'ils lui lançaient, il continua de suivre les événements. En ce moment, Albus Dumbledore avait une discussion avec Cornélius Fudge sur tout ce qui se passait. Ce cafard de Fudge faisait partit des plus pitoyables humains selon lui. Étroit d'esprit, plus attaché à son éphémère pouvoir qu'à sa véritable allégeance, bref tout ce qu'il haïssait parmi tout le reste dans le caractère humain. Ce cancrelat refusait d'écouter ce que lui disait Dumbledore. Il n'acceptait pas qu'un enfant puisse surpasser tout le monde et se soustraire à la surveillance. Mais que croyait donc ce cloporte ? Qu'il était le centre du monde, naturellement comme bon nombre de ses congénères. Le garçon renifla d'une façon particulièrement dédaigneuse et méprisante, faisant fuir à toute vitesse une famille de vacanciers qui croisa son chemin. Fudge ferait partit des premières personnes à qui il devrait rendre une petite visite, afin de lui montrer que la place des insectes se trouvait sous terre, à ramper pathétiquement. Et comme de bien entendu, cette bande d'ahuris qu'était la communauté magique n'était pas fichue de réfléchir par elle-même. Elle se contentait des informations qu'on lui donnait, peu importe leur véracité ou non, et ses opinions suivaient le même chemin. Il serait toujours stupéfait de la propension des humains à changer d'avis en peu de temps. C'était ce qui était censé se produire lorsqu'Harry annoncerait le retour de Voldemort dans huit ans. Il passerait du statut de héros à celui de menteur et fou simplement parce que leur aberration de feuille de choux dirait que c'était impossible. Aucun d'entre eux n'aurait la moindre intelligence de remettre en question ne serait-ce qu'une virgule. Il renifla de nouveau. Comment ne pas mépriser les mortels en constatant tout cela ? Heureusement qu'il était là pour empêcher cette catastrophe. Il était plus que temps de relever le niveau.

Il s'arrêta devant un pub miteux, le Chaudron Baveur, et y pénétra. À son entrée, toutes les conversations se turent et tous les regards se tournèrent vers lui. Naturellement, tout le monde avait lu l'article à présent et pris connaissance des événements d'Azkaban et Privet Drive. Tous pouvaient le reconnaître grâce à la description très approximative qui avait été faite de lui. Impassible, sans même se soucier d'ôter son capuchon, il apostropha la salle :

— Savez-vous qu'il est tout à fait impoli de regarder quelqu'un de la sorte ?

Tout le monde sursauta d'indignation sous ce ton méprisant et réprobateur. Pour les adultes de la salle, c'était un comble. Se faire réprimander par un enfant.

— Je vous prierais de ne point vous montrer plus ridicules et pathétiques que vous ne l'êtes déjà. Si votre comportement n'était pas digne de petits enfants, je n'aurais guère l'utilité de vous réprimander.

Un nouveau sursaut, de stupeur cette fois, parcourut l'assistance. Comment ce gosse savait-il ce que tout le monde pensait ? C'était ridicule de penser qu'il puisse être un Legilimens à un si jeune âge et surtout de penser qu'il puisse user de ce pouvoir sur tout une foule. L'enfant en question se contenta de ricaner et de renifler dédaigneusement.

— Absolument pathétiques, pitoyables et indignes de mon intérêt ! dit-il simplement avant de se volatiliser sans le moindre bruit.

Dans le pub, c'était l'effarement. L'enfant du journal avait été là, et avait tout simplement insulté tout le monde. Il se dégageait un tel mépris, un tel dédain de lui...

Le garçon réapparut dans une rue déserte du Chemin de traverse. Il soupira d'agacement. À cause de cette bande d'imbéciles, il n'avait pas pu prendre un rafraîchissement comme il en avait eu l'intention en premier lieu. Peu importe. D'une simple pensée, il fit apparaître une canette de soda qu'il vida en quelques gorgées avant de faire disparaître le récipient vide. Pas de déchets ! Il était certain dorénavant que peu importe où il irait, tout le monde le reconnaîtrait. En tout cas, tant qu'il se montrerait tel qu'on le connaissait actuellement, c'est à dire le visage dissimulé. Il haussa les épaules. Inutile de lancer un sort d'amnésie à toute cette communauté de façon à leur faire oublier son existence et d'effacer cet article. Après tout, tout ceci servait son plan. Et à l'exception de quelques privilégiés comme Harry Potter, tous ne serait que des pions dont il userait à sa guise. Certes il pensait exactement de la façon qu'il avait reprochée à Albus Dumbledore. Et alors ? La grande majorité de ces mortels ne méritaient aucunement sa considération alors à quoi bon se soucier d'états d'âme concernant une bande de tels idiots ? Non à l'heure actuelle, seuls Harry et Dumbledore méritaient sa considération. Harry pour des raisons évidentes, et le directeur grâce à ses nouvelles résolutions. Il devait bien reconnaître qu'il avait été agréablement surpris par ce revirement de la part du vieil homme. Et c'était un exploit selon lui lorsqu'on savait que bien peu de choses pouvaient le surprendre. C'est pourquoi il avait décidé d'accorder une nouvelle chance au directeur. Il avait vu sa sincérité dans son esprit et ses yeux, donc il serait finalement un allié tant qu'il suivrait la voie de la résilience. Pour l'heure, seules ces deux personnes ne seraient pas des pions mais au contraire des assistants.

Il soupira. L'heure n'était plus aux réflexions. La première phase de son plan se concluait avec son entrevue avec Dumbledore, et les discutions de celui-ci avec Minerva McGonagall et le cloporte Fudge. Bientôt il ferait la réelle rencontre d'Harry, et alors la seconde phase entrerait en action. Il sourit et se volatilisa sans un bruit et sans laisser de trace.

Alors, avez-vous trouver quel est cette chose dont parle l'enfant mystère ? Si oui, qu'en pensez-vous, êtes-vous d'accord avec ce qu'il dit ? Si oui pourquoi ? Si non pourquoi ?

J'ai hâte de voir vos avis sur cet élément qui me tiens tout particulièrement à cœur je l'avoue parce que je trouve qu'il est très peu voir jamais discuter nulle part, en tous cas je ne l'ai jamais vu.

À la semaine prochaine pour le chapitre 3 !