NDA 01/04/24 : Joyeuses Pâques à tous! J'espère que vous avez fait le plein de chocolats, car les chapitres à venir vont en nécessiter! Moi j'attends toujours les soldes d'après festivités pour faire le plein, mais là, je reconnais que ça me manque beaucoup! J'espère que vous avez le coeur bien accroché, et la tête prête à suivre, car voici le moment tant attendu! Le procès d'Harry James Potter! Et pas que...

Je vous souhaite à tous une bonne lecture, et n'oubliez pas les gentilles petites reviews! Ou méchantes, ça me va aussi, je prends tout!


Chapitre 4 : l'audience est ouverte.

Les deux corps roulèrent jusqu'en bas de la vallée, s'arque boutant au moindre choc, et frappant l'autre dans une gestuelle aléatoire. Le combat s'était achevé dans cette chute vertigineuse, et le crac sonore qui retentit, faisant s'envoler les quelques bergeronnettes du coin, assura la victoire au guerrier. Le corps sous le sien fut pris d'un étrange phénomène, et une odeur insoutenable s'empara de ses narines.

Arman s'éjecta de sa victime en un bond. Adieu le sorcier puissant qui avait voulu rejoindre le domaine Malfoy, bonjour le cadavre vieux de plusieurs décennies qu'on avait visiblement sorti de terre. S'éloignant juste d'un mètre, le norvégien rendit son maigre repas en se tenant les côtes. Il était couvert de bleus, de sang, et une nouvelle balafre séchait à peine, en travers de son sourcil gauche.

Si le tueur de dragon était toujours aussi charismatique, il était désormais et surtout bien blessé. Plus que blessé. Se tâtant les côtes, il les compta. Une, deux, trois… Cinq… Cinq côtes cassées, un poumon perforé, la lèvre fendue, une possible commotion et probablement une hémorragie interne. Il n'était pas en état de se soigner d'un coup de baguette. Pas comme ça. Mais il avait éliminé la menace contre Sacha, et c'était le principal.

Tu dois te mettre à l'abri…

La voix dans sa tête, définitivement installée à cause de l'incident lors de la dernière tache, avait raison. Même s'il se savait condamné, il avait encore un peu de temps avant de passer l'arme à gauche. Juste assez pour protéger Sacha des envoyés de l'enfer. Essuyant ses lèvres après un dernier renvoi ne se constituant plus que de bile et de sang, Arman prit une longue inspiration par la bouche, et incendia le cadavre au milieu de l'herbe d'un coup de baguette. Tant pis s'il avait eu une famille, il ne devait pas être réutilisé.

Puis, le norvégien transplana à proximité d'un petit village sorcier. Il avait besoin de soin, et il ne connaissait qu'une seule personne capable de lui en donner sans poser de questions. À peine arrivé qu'il posa genou à terre, vomissant de plus belle sous la douleur. Il ne s'était pas désartibulé, heureusement, mais ça ne changeait rien à ses blessures. Alors il se mit en route, trébuchant un pas sur deux et serrant la mâchoire à s'en briser les dents.

Il ne pouvait pas se soigner. L'accès à ses pouvoirs druidiques avait été éradiqué en même temps que la fusion avec l'autre. L'âme de Tom, même partielle, était si puissante, qu'elle fracassait la sienne et son lien avec la magie. Imaginer le seigneur des ténèbres mettant la main sur une telle puissance lui était insoutenable. Mais il savait que ça n'allait pas tarder à arriver. C'était ce que les hérétiques cherchaient à faire. Et pour cela, ils avaient besoin de Sacha.

Mettre le manoir Malfoy sous protection était la chose la plus difficile qu'il ait eu à faire, et pourtant, il ne le regrettait pas. Se mettre au service de Tom avait été la chose la plus grandiose qu'il ait faite de toute sa vie. Et même s'il n'était pas certain de pouvoir survivre jusqu'à la libération de sa Sacha, il y mettrait toutes ses forces. A coté des hérétiques, les mangemorts lui apparaissaient comme des enfants de chœurs.

Voldemort devait rester ce qu'il était. Un monstre sans cœur ni raison, et l'histoire de ce monde devait suivre son cours. Personne ne devait s'interposer. Il n'y avait aucun autre moyen de combattre les hérétiques, si ce n'est en amenant la prophétie à se réaliser, et briser le réceptacle fou qu'ils espèrent utiliser.

La tour de jeu d'échec géante était encore loin, mais la brise d'été le charriait, amenant à lui le parfum des prunes dirigeables. Arman ne s'était jamais rendue dans cette partie du pays lors de sa dernière année à Durmstrang. Et il aurait normalement été impossible pour lui de transplaner dans un endroit dont il ne connaissait rien. Pourtant, il avait réussi. En se basant sur la mémoire qu'il partageait désormais avec l'originel.

Arman trébucha à nouveau, mais sans avoir le temps de protéger ses côtes en mettant ses mains en avant. Deux coussins aux effluves vanillées le retinrent, et il cligna des yeux. Cherchant à se relever, le norvégien frissonna en croisant les orbes gris d'une extrême douceur qui le regardaient. Luna Lovegood, armée de sa baguette, des radis violets pendant à ses oreilles et une couronne de fleur emmêlée sur la tête.

« Tu es bien loin de chez toi. Arman. Tu sais, tout le monde te cherche. »

« Je sais… » Murmura ce dernier. Luna sourit, avec cet air candide imprégnant son jeune visage.

« Ne t'en fais pas. Je ne dirais rien. Tu acceptes que je t'aide à marcher ? Il reste encore un kilomètre avant d'arriver chez moi, et mon sort de lévitation n'est pas très stable. »

Que pouvait-il répondre à ça, si ce n'est oui ? Cette adolescente était plus qu'étrange. Mais il lui faisait confiance, et pour Sacha, et pour lui-même. Oui. Luna Lovegood avait ce don incroyable pour ceux qui n'étaient pas habités de jugement. Elle fascinait les cœurs autant qu'une rose. Ce n'était pas une caractéristique présente dans son caractère, si on suivait ce que décrivait l'originel.

Mais Arman ne se posa aucune question sur le sujet.

oOoOoOo

Il était environ 5 heures du matin lorsque Harry ouvrit les yeux. Il frissonna, le temps de se remettre de sa découverte de la veille, et des informations fournies par Cédric. Albus Dumbledore était passé pour leur parler de l'audience, mais n'avait pas daigné lui en parler. Il avait même convaincu à grand renfort de chantage, Sirius, pour ne pas qu'il l'accompagne sous sa forme canine. Le fantôme était la raison pour laquelle il savait au sujet du chantage, ce qui était encore plus dérangeant. Le poids sur ses pieds lui fit froncer les sourcils, et il enfila ses lunettes.

Roulée en boule sur le lit, un pouce dans la bouche, Betty soupirait, bienheureuse.

Harry ferma les yeux une seconde, se concentrant sur sa volonté, et les rouvrit, dévoilant un éclat plus sombre dans ses prunelles, avant de venir caresser les boucles blondes de la petite fille. Bien que toujours glacé, son contact était désormais aussi doux qu'une véritable mèche de cheveux. Il pourrait bientôt la serrer dans ses bras et la faire danser comme elle le demandait. Le garçon sourit.

Ce pouvoir était singulier, et définitivement affilié à de la nécromancie - chose dont il n'avait que peu d'information - mais il en était satisfait. Cédric n'était pas totalement disparu, ils pouvaient parler de tout et de rien, et pour la première fois de sa vie, il ne se sentait pas en danger à cause de ce don. Au contraire. Le fourchelang lui avait mené des ennemis et beaucoup d'insultes. Là, même si ça venait à se savoir, aucun esprit ne laisserait passer quoi que ce soit à son encontre.

Betty était jeune, un peu comme Colin la première année, mais pouvait se montrer déchainée pour le défendre. Et quand ça n'allait pas, elle ne posait pas de question et venait juste s'accrocher à son bras pour un câlin. Elle faisait souvent l'idiote, des grimaces à ceux qui ne la voyaient pas, singeait Mondingus et Rogue quand ils passaient, et pouvait disserter pendant des heures sur les bonbons sorciers. Betty était à l'origine, une petite moldue, mais en tant qu'esprit errant, elle s'adaptait incroyablement bien au monde magique.

C'était agréable d'avoir une petite sœur qui vous aime inconditionnellement.

Harry avisa la pile de vêtement fraichement lavé et repassé, de l'autre coté de Betty, et les récupéra pour s'habiller. Il était en train de passer son t-shirt, lorsque la silhouette colorée translucide de Cédric passa au travers du plancher pour se pointer devant lui avec un sourire d'encouragement.

« Salut Harry, tu as dormi un peu ? » Le noiraud secoua la tête.

« Trop peu… »

« Je m'en doutais. Il y a du monde en bas. Madame Weasley prépare le petit déjeuner, et tes parrains discutent. Tonks dort sur la table. »

« D'accord, merci. D'autres informations ? » Le bicolore secoua la tête négativement.

« Non. Et le jour se lève bientôt… » À chaque fois, Harry percevait la crainte et la tristesse dans la voix du garçon, quand il parlait du jour. Mais cette fois, sa curiosité fut plus forte.

« Qu'est-ce qu'il se passe, quand le soleil se lève ? » Cédric plissa les yeux, fronçant les sourcils.

« Comment ça ? Il fait jour… »

« Non, je veux dire… Pour vous… ? Betty et toi ? »

« Oh. » Tandis qu'Harry finissait de s'habiller, Cédric vint s'asseoir sur le lit à ses côtés, les mains à plat sur ses genoux. « C'est… C'est juste déprimant. Tu ne nous vois plus. Je ne sais pas pourquoi. Et même nous, entre nous, c'est difficile. Les paroles ressemblent à des bourdonnements, alors se parler ne sert à rien. »

« Je suis désolé… » Cédric sourit, et ébouriffa la chevelure hirsute de Harry. Du moins il fit mine de le faire, ne lui laissant qu'une impression gelée au sommet du crâne.

« Ne t'en fais pas. Aller, dépêches toi, aujourd'hui, on t'innocente ! » Et si ce sourire visait à lui remonter le moral, ça n'aida pas à faire disparaître l'angoisse.

Harry jeta un dernier coup d'œil à Ron, se disant que la prochaine fois qu'il le verrait, ce ne serait plus comme des amis de Poudlard. Non. Il fallait être positif, c'était ce que Betty disait depuis deux semaines, et Cédric commençait à la suivre. Oui. Il le fallait. Et ensuite ? Ensuite, une fois tranquille, il irait voir Sacha, c'était aujourd'hui aussi, l'audience contre les O'Nigay. Elle devait y être, n'est-ce pas ? Malfoy avait dit qu'elle s'était réveillée. Il n'oublia pas d'accrocher l'obsidienne porte-bonheur de Cédric à sa ceinture avant de descendre.

Le petit déjeuner eu cependant beaucoup de mal à passer. Il avait choisi les toasts, se disant que ces derniers seraient plus faciles à avaler que les œufs ou le bacon, mais non. Peut-être que c'était dû à la tension qu'il sentait venir de Madame Weasley, alors qu'elle le rhabillait et tentait de le coiffer - sans succès pour la dernière - mais au moment de partir, il eut la sensation qu'il allait s'évanouir.

Le passage dans le métro et la bonne humeur de monsieur Weasley, en revanche, l'apaisa. L'homme s'émerveillait devant les tourniquets, les bornes automatiques, et les wagons qui avalaient la centaine de gens en partance pour le travail. Surveillant à moitié le patriarche pendant l'achat de leur billet, Harry eu la désagréable sensation qu'on les observait. Fouillant les nombreux couloirs et bornes autour, il finit par s'arrêter sur une adolescente au regard perçant. Malgré ses lunettes il eu du mal à distinguer ses traits de manière très précise.

Elle n'avait pas l'air grande, mais toute maigre, une chevelure brune coupée dans un carré plus ou moins plongeant. Elle portait un uniforme d'école privée, mais laquelle ? Impossible de voir le blason sur sa veste, et plus encore, elle portait un pantalon… C'était elle qui le fixait, C'était sûr à présent, parce qu'elle lui souriait même. Et Harry se sentit terriblement mal à l'aise devant son insistance.

« Vous m'en avez donné trop, monsieur. » La voix du guichetier le poussa à reprendre contenance, et il détourna les yeux de l'adolescente à l'autre bout.

Gérant la monnaie, Harry suivit ensuite monsieur Weasley jusque dans un wagon, et tous deux patientèrent jusqu'au 4e arrêt, avant de sortir des souterrains. Ils marchèrent ensuite jusqu'à une petite cabine téléphonique rouge dont il manquait plusieurs volets de verre, et le mur contre lequel le dernier pendait était couvert de graffitis. L'entrée des visiteurs… Bah tiens !

« ça ne donne pas très envie de visiter, honnêtement. » Commenta Harry.

« Tout est différent du point de vue moldu. Fascinant, même ! » La joie exubérante du sorcier lui tira cependant un maigre sourire.

Ils annoncèrent leurs venues dans l'interphone, après avoir composé un numéro et entendu une voix retentir à la suite. Récupérant le badge qu'il avait obligation de porter - Harry potter, audience disciplinaire - il l'accrocha à son t-shirt dans un soupir. La soumission à une recherche et le contrôle de sa baguette ne lui disait rien qui vaille, mais avait-il le choix ? La réponse était non.

Ils furent ensuite plongés dans l'obscurité, lorsque la cabine s'enfonça sous terre. Et ça, ils l'expliquaient comment aux moldus ? S'il y en avait un qui regardait par la fenêtre des bureaux autour de la rue ? Il n'eut pas le temps de se pencher sur la solution qu'ils étaient arrivés. La cabine s'ouvrit alors sur un très long couloir particulièrement splendide.

Le plancher de bois était sombre et semblait aussi poli qu'une bille de verre. Le plafond bleu pâle était lui-même, assez magnifique avec ses nombreux symboles dorés faisant office de panneaux d'affichages. Les murs de chaque cotés étaient lambrissés dans un bois sombre et tout aussi brillant que le plancher. Plus encore, il y avait une armada de cheminées prêtes à accueillir sorciers et sorcières. Et eux, ils étaient nombreux à arriver par ce biais. Sur la droite, de courtes files de personnes se formaient, attendant le départ.

Ils se mirent en route, suivant un petit groupe d'employés qui discutaient entre eux, lisaient le Daily prophet et rangeaient maladroitement leur mallette. A mi-chemin, ils passèrent devant une immense fontaine bruyante. Des statues dorées se tenaient au milieu de la mare circulaire. Un sorcier immense levant sa baguette bien haut. Une sorcière plantureuse s'accrochait à son bras, et autour, un centaure, un elfe de maison et un gobelin, le fixaient avec adoration. L'eau coulait des baguettes levées, de la pointe de la flèche du centaure, du chapeau du gobelin et des oreilles de l'elfe. La scène lui paraissait surréaliste.

Harry aperçut des Mornilles argentées et des Noises en bronze au fond de la mare, et aussitôt, son regard fut attiré par un petit panneau sale où l'on pouvait lire :

TOUS LES BÉNÉFICES DE LA FONTAINE DES FRÈRES MAGIQUES SERONT DONNES A L'HÔPITAL STE-MANGOUSTE POUR LES MALADIES ET LES BLESSURES MAGIQUES.

Le garçon songea que s'il n'était pas expulsé de Poudlard, il offrirait carrément un don pour l'hopital sorcier.

« Par ici, Harry. » Le héla monsieur Weasley, et ils marchèrent le long du ruisseau jusqu'au pont d'or, en compagnie d'autres employés. Assis sous un panneau de sécurité, un sorcier en robe bleu pâle les regarda arriver et finit par poser son journal de côté. Il était mal rasé, et une mèche grasse pendait sur son front.

« J'escorte un visiteur. » dit M. Weasley attrapant Harry.

« Passe ici. » Répondit le sorcier d'une voix ennuyée. Il prit ensuite une longue tringle dorée qui ressemblait à une antenne radio de voiture, et la fit passer de haut en bas, devant et derrière Harry. « La baguette ! » Grogna finalement l'homme. Harry sortit sa baguette de sa poche et la lui donna, à regret.

Le sorcier la laissa tomber sur un instrument de cuivre, et ce dernier se mit à vibrer avant d'expulser une bande étroite de parchemin sur laquelle de nombreuses informations étaient notées.

« 27 centimètres et demi plume de phénix. En usage depuis quatre ans, c'est ça ? »

« Oui… » Répondit Harry, toujours nerveux.

« Je garde ceci… » Commença le sorcier en empalant le morceau de parchemin sur une lance de cuivre. « Et je vous rends ça. » Il tendit sa baguette à Harry, qui la récupéra avec soulagement.

« Merci… » Souffla le noiraud avant de se sentir dévisagé. Heureusement, le père de son meilleur ami l'emporta avec lui de nouveau dans le flot d'employés du ministère qui franchissaient les portes d'or.

Il passa le reste de l'heure dans une sorte de bulle insonorisée. Ce n'était pas volontaire, mais l'angoisse avait continué de grimper, et une fois dans le bureau de monsieur Weasley, son cerveau s'était juste mit en pause. La plupart des paroles autour lui paraissant comme de longs bourdonnements sans queue ni tête, et bien qu'il parvienne à reconnaître son prénom, il s'était contenté de hocher la tête dans un sens ou l'autre. Ce qui était aussi un avantage, puisqu'il avait failli faire une bourde en saluant Kingsley comme s'il le connaissait. Alors qu'officiellement, il n'était pas censé l'avoir vu un jour.

Ce fut l'arrivée d'un petit sorcier aux cheveux blancs et au souffle court, qui réactiva le son. L'heure de l'audience avait changé, et la salle aussi. Bien qu'il n'y ait pas d'explication, et qu'ils se mirent en route le plus vite possible - heureusement qu'ils étaient venus de bonne heure - Harry songea que ce devait être lié à l'affaire de Sacha O'Nigay.

Arthur Weasley le fit traverser de nombreux couloirs à nouveau, plus vieillots et à l'image des cachots de Poudlard. La salle d'audience numéro dix… Un endroit lugubre, uniquement éclairé par des torches encastrées dans les murs, et qui pourtant, rappelait un souvenir encore vif chez Harry. La pensine de Dumbledore ! C'était là qu'avaient eu lieu tous les procès des mangemorts à la disparition du seigneur des ténèbres. Et le fait que le ministère use de cette salle pour lui n'augurait rien de bon.

Monsieur Weasley lui avait ouvert la porte, mais n'avait pas le droit de le suivre. Aussi, Harry détailla la vaste pièce sombre dans laquelle il rentrait, poussant une légère exclamation de surprise. Les bancs en gradins qui s'élevaient de chaque côté restaient vide, mais ceux qui se trouvaient en face de lui, aux plus hauts étages, étaient occupés par des silhouettes plongées dans l'ombre et murmurant à voix basses. Lorsque la lourde porte se referma derrière Harry dans un claquement sinistre, le silence se fit, et les silhouettes se tournèrent toutes comme un seul homme dans sa direction.

« Vous êtes en retard. » Fit une voix d'homme, plus haut.

« Désolé… » Répondit Harry, mal à l'aise. « Je ne savais pas que l'heure avait changé. »

« Ce n'est pas la faute du Magenmagot. Un hibou vous a été envoyé ce matin. Asseyez-vous ! »

Et Harry s'exécuta, le cœur au bord des lèvres. Les chaines autour des accoudoirs de la chaise s'animèrent, mais le cliquetis menaçant s'arrêta là. Il ne fut pas enchainé. Il releva la tête, observant la cinquantaine de silhouette qui le dominaient. Toutes vêtues de robes de sorcier couleur prune, avec un M majuscule brodé d'or sur le coté gauche de leur buste. Et au tout premier rang se tenait Cornélius Fudge, le ministre de la magie. L'homme corpulent avait délaissé son chapeau melon et son sourire bienveillant.

Une sorcière massive se tenait sur la gauche du ministre. La mâchoire carrée, les cheveux gris et courts, elle avait une mine austère et portait un monocle. Il y avait une autre sorcière, à la droite du ministre, mais elle était si enfoncée sur le banc, que son visage restait dans l'ombre.

« Très bien. L'accusé étant enfin arrivé, nous allons pouvoir commencer l'audience. »

Il fit une remarque à quelqu'un derrière lui, demandant si cette personne était prête, et la voix reconnaissable entre mille de Percy déstabilisa Harry. Le garçon espéra un signe de sa part, mais rien ne vint, le garçon était plongé sur son parchemin, ses lunettes d'écailles bien vissé sur son nez. Était-il avec eux ? Ou avec le ministre et ces gens prêts à tout pour le virer ?

« Audience disciplinaire du 20 aout ayant pour objet d'examiner les infractions au décret sur la restriction de l'usage de la magie chez les sorciers de premiers cycles et au code international du secret magique reprochés au dénommé Harry James Potter… »

Harry n'entendit pas la suite, mais il sut directement lorsque la porte qu'il avait empruntée s'ouvrit sur un autre retardataire, car le bourdonnement étrange qu'il avait perçu dans le bureau de monsieur Weasley revint lui prendre la tête. Témoin de la défense, Dumbledore. C'était une chance, ou une malédiction, vu les magouilles de ce dernier à son encontre, ces derniers jours. Pour être honnête, Harry était rassuré de sa présence, parce qu'il n'était plus seul contre la cinquantaine de sorciers en robe prune, mais inquiet, parce que ça voulait dire que le directeur avait quelque chose à l'esprit, et il ne savait pas encore quoi.

Il y eut un moment encore d'attente, tandis que Dumbledore assoyait son autorité magique en faisant apparaître un nouveau siège en chintz prés de Harry, et que Fudge retrouvait ses papiers. Il lut ensuite les chefs d'accusations en une longue liste monocorde pendant laquelle Harry tenta d'intercéder. En fait, la majeure partie des membres présents se fichaient pas mal du pourquoi il avait lancé le patronus, seule comptait sa performance. Et lorsqu'il mentionna le cerf, recevant des compliments détournés de madame Bones - la femme au monocle - lui, ne ressentit qu'une gêne.

Oui, c'était un cerf… Mais. Ce n'était plus le cerf de son père. C'était devenu autre chose. Une chose qu'il n'avait pas su expliquer. Il avait demandé au professeur Lupin si le patronus de quelqu'un pouvait changer de forme, arguant la curiosité. La réponse ne s'était pas faite attendre. Oui, il était possible que l'animal du patronus change, car contrairement à la forme animagus, le patronus représente ce qui nous rassure le plus. Sa formule « j'espère un protecteur » prenait tout son sens, avec cette information. Mais pourquoi le cerf était-il devenu aussi grand et ornementé ?

Le patronus représentait-il toujours son père protecteur ? Ou bien quelqu'un d'autre ? Il ne se souvenait plus du souvenir qu'il avait utilisé pour l'invoquer. Les brouhahas ambiants augmentèrent en intensité, et Harry, déjà prit par une migraine, en eut marre.

« J'ai fait ça pour faire fuir les détraqueurs ! » Un silence pesant s'installa.

D'un côté, Madame Bones paraissait à la fois ahurie et outrée qu'un tel phénomène puisse se produire, et de l'autre, Fudge feignait d'apprécier une bonne plaisanterie, annonçant qu'il s'attendait parfaitement à ce genre d'excuse pour attirer l'attention, de la part de Harry. Le garçon voulut se justifier, assurer que ce n'était pas un mensonge, mais s'il commença sa phrase pour assurer qu'il avait voulut se défendre ainsi que son cousin, sa tête bourdonna de plus belle, et il plissa les yeux. Qu'est-ce qu'il se passait, bon sang ?

« Je ne mens pas ! Ils étaient deux… Et… Tout est devenu froid. Mon cousin les a sentis et… » Mais il perdait lui-même le fil de sa propre pensée.

« Ça suffit ! » Coupa Fudge d'un air hautain. « Je suis navré d'interrompre ce récit dont je ne doute pas qu'il ait été soigneusement mis au point mais… »

« En vérité, il existe bel et bien un témoin pour cette affaire. Autre que monsieur Dudley Dursley, bien entendu. » Trancha calmement Albus Dumbledore sans même hausser le ton. Fudge sembla se décomposer sur place.

« Hm. J'ai bien peur que nous n'ayons pas le temps d'écouter ce genre de sornette, j'aimerais boucler l'affaire et… »

Harry posa sa main sur sa tempe, priant pour que la moiteur de cette dernière le soulage, tandis qu'Albus Dumbledore rappelait les droits des accusés de faire intervenir un témoin à décharge, selon la charte des droits du magenmagot. Madame Bones acquiesça, et Fudge fut bien obligé de céder. On envoya Percy ouvrir la porte, et ce dernier manqua de se prendre les pieds dans les bancs à plusieurs reprises, avant d'y parvenir.

L'ouverture fut suffisante pour que le bourdonnement augmente. Harry jura mentalement. Il perçut à peine Madame Figg entrer, ses pantoufles aux pieds et l'air encore plus folle que jamais. Elle se présenta, expliquant sa nature de cracmol, et le ministre émit des doutes quant à sa possibilité de voir les détraqueurs, à l'image des moldus.

Tandis qu'elle s'expliquait, Dumbledore posa brièvement son regard sur Harry, qui se tenait la tête, en proie à une migraine de tous les diables. Et sa crainte fut confirmée. Le lien avec le seigneur des ténèbres devait se renforcer à mesure qu'il prenait des forces. Il ne voyait que ça comme explication. Et ce n'était pas bon signe du tout.

Le garçon, quant à lui, n'écoutait plus. Le bourdonnement reprit avec force au départ de madame Figg, jugée peu convaincante, et son salut ne lui vint qu'à la fermeture de la porte. La dispute sur la loyauté des détraqueurs se poursuivit entre Fudge et Dumbledore, jusqu'à l'ajout de la femme que Harry avait repéré plus tôt. Elle ressemblait à un énorme carpeau, avec une mouche sur la tête. C'était un nœud, mais il était tellement laid, que ça ne changeait rien à son apparence. La voix, en revanche, était aussi fluette et haute que celle d'une petite fille. Le noiraud se demanda d'où elle sortait en grimaçant.

On disserta sur l'origine des détraqueurs, puis sur le fait qu'il était autorisé, pour un sorcier, de briser le code du secret magique en cas de situation exceptionnelle, comme un danger de mort, par exemple. Article sept. Harry le retiendrait, ça. On finit par s'attaquer au fait que les lois semblaient changeantes depuis le retrait d'Albus Dumbledore du Magemagot, et que convoquer l'entièreté du tribunal pour un cas aussi mineur, était des plus absurdes.

Le retrait de tous les chefs d'accusation permit à Harry de retrouver son souffle, et il eut à peine le temps de remercier son directeur d'école, que ce dernier s'était enfui par la grande porte après avoir salué les jurés.

Son départ prit Harry au dépourvu. Et il fixa un moment la porte responsable de sa migraine, comme si elle allait se rouvrir sur le professeur et qu'il allait lui dire un « bonne blague, n'est-ce pas ? » Mais non. Pouvait-il s'en aller ? Il fixa les chaines sur les accoudoirs, puis jeta un regard aux jurés, au-dessus de l'estrade. Fudge l'ignorait superbement, et madame Bones était concentrée sur son attaché-case. La seule qui semblait le voir, c'était le crapaud, et là, c'était lui qui ne voulait pas croiser ses yeux.

Alors, il se leva, faisant quelques pas vers la sortie. Personne ne l'arrêta. Son allure augmenta et il se retrouva à courir jusqu'à la porte pour la pousser, et percuter le torse de monsieur Weasley directement. Ce dernier était pâle et inquiet, et s'il rattrapa Harry, ce fut directement pour le questionner.

« Dumbledore n'a pas dit… »

« Je suis libre, les charges sont abandonnées. » La porte se referma derrière lui, et il vacilla. Dans le couloir, les bourdonnements s'étaient intensifiaient, et il avait l'impression que le père de son meilleur ami se dédoublait sous ses yeux.

« Harry ! C'est merveilleux ! » Il le relâcha. « Oh bien sûr, c'était impossible qu'ils te condamnent sans preuve mais… » Il se tut, la porte venait de se rouvrir sur les membres du magenmagot qui discutaient entre eux, se dirigeant vers une autre salle, la numéro 3. « Par la barbe de Merlin, tu as eu droit à la cour au complet ? »

« Je crois bien… » Répondit le garçon.

Les sorciers saluèrent à plusieurs reprises monsieur Weasley, avant de s'engouffrer dans l'autre salle. Percy leur passa devant, une pile de parchemins tremblotants dans les bras. Si Harry vit clairement le patriarche l'interpeller, le jeune homme n'en fit rien et ignora son père comme s'il s'agissait d'une fiente de pigeon sur le bitume. Le sorcier se crispa, avant de soupirer douloureusement.

« Bon, aller, je vais te ramener, comme ça tu pourras annoncer la bonne nouvelle aux autres. » Mais alors que le sorcier se mettait en route, Harry le retint par la manche, secouant la tête.

« Je ne veux pas rentrer, pas de suite. Ils vont faire le procès O'Nigay. » L'expression du patriarche Weasley muta.

« Harry. Il ne vaut mieux pas que tu t'en mêles, tu sors juste de… » Mais Harry le coupa.

« Je suis témoin. J'étais là quand Marlène Diggory a insulté Sacha à Poudlard. Je suis témoin, et je me souviens de ce qu'elle lui a dit. Je veux aider à les dénoncer. »

Monsieur Weasley jaugea Harry une seconde. Il comprenait sa volonté de protéger son amie. Du peu que l'ordre avait glané, la pauvre enfant avait subit milles tortures et frôlé la mort. Et ce traitement devait durer depuis des années. L'amnésie lui avait fait perdre la conscience qu'elle devait cacher ce terrible fardeau. Seul l'obscurus l'avait véritablement protégé. Bien que ce soit terrible à dire. C'était comme choisir entre la peste et le choléra.

« Bien. Mais tu as conscience que je vais devoir te laisser là, cette fois ? Je ne peux pas plus faire trainer mon travail. Il faudra que tu trouves le moyen de remonter jusqu'à mon bureau tout seul. »

« Je le ramènerai, papa. » Annonça une voix forte.

Les deux se tournèrent vers le nouvel arrivant. Grand, roux et musclé, les cheveux longs noués en catogan et un croc de serpent à l'oreille. La seule chose qui dénotait fortement, c'était la tenue qu'il portait. Un long trench Coat vert foncé en cuir, des broderies dorées sur ses manchons retournés ainsi que sur les pans ouverts du vêtement. Il y avait le blason de la banque des sorciers sur son poitrail gauche. Les bottes en cuir de dragon complétaient le tout.

« Tu es très chic, fiston. » Commenta le patriarche.

« Je me suis dit qu'il valait mieux rappeler mon importance et mon statut vue le contexte. » Arthur Weasley hocha vigoureusement la tête.

« Oui… Bon courage les garçons. Cette affaire s'annonce terrible. Vraiment… » Et il offrit une accolade à chacun, avant de remonter le long couloir des portes pour rejoindre l'ascenseur.

Bill l'emmena à son tour dans la salle numéro trois. Même disposition que pour son audience, il y avait, cependant, un panneau pour les différents groupes de personnes qui allaient assister à cette dernière. Les estrades du fond, en hauteur, était pour le magenmagot, toujours. Mais celles de droites avaient un panneau « médicomages » et l'autre « témoins. »

Une femme blonde les bouscula. Un chignon défait, sa robe de sorcière du ministère était étiquetée d'une étoile. Sophie Turner portait une mallette qui semblait lourde. Pire, la mallette bougeait… Elle s'excusa à peine, l'air particulièrement circonspect déformant ses traits, et fila vers l'estrade prévue pour les médicomages en grommelant. Arrivée sur place, quelqu'un dans le même uniforme, l'invectiva directement au sujet de son fardeau. Le bourdonnement avait doublé de volume. Bill lui expliqua que ces deux là venaient du département des mystères. Mais pourquoi allaient-ils vers le banc des médicomages ?

Sur le banc des témoins, il y avait du monde. Beaucoup de gens issus de Poudlard, même, à commencer par Malfoy. Harry ne chercha pas à réfléchir plus longtemps, et il s'avança pour s'asseoir à ses côtés. Bill suivit, quoique surpris que le serpentard tolère la présence de Harry. Aux dernières nouvelles, ses frères tout comme le garçon, détestait le blond.

« Ou est Sacha ? » Demanda brûle pourpoint Harry au serpent, ignorant tous les autres.

« Où veux-tu qu'elle soit, Potter ? Chez moi. » Lui répondit la voix trainante.

« Mais… C'est son audience ! Elle ne va pas… » Malfoy tourna la tête vers lui, et Harry nota directement les différences entre le petit con arrogant qu'il avait eu l'habitude de voir, et le garçon fatigué et malheureux qu'il avait en face. Son masque peinait à rester en place.

« Laisse moi te faire un résumé, pour que ta cervelle de Gryffondor comprenne. » Il inspira une grande bouffée d'air, ce qui dilata ses narines. Le garçon était à bout, Harry le sentait encore plus, maintenant. « O'Nigay n'est pas là. C'est une coquille vide qui ne mange même pas toute seule et qui fixe le vide. Pourquoi tu penses qu'on est là, au juste ? Un pique-nique ? » Harry intégra toutes les informations possibles, y compris celles sous-entendues par le serpent blond.

Sacha ne viendrait pas. Sacha n'avait probablement jamais été dans le coma, juste vide à cause des tortures subies. La pointe douloureuse pour elle ressurgie, aucun d'entre eux n'avaient pu aider. Et Malfoy devait la veiller, vue sa tête.

« D'accord… Pardon… Je pensais… »

« Oui bah arrêtes, c'est n'importe quoi. » Rétorqua le blond avec hargne de nouveau.

Harry déglutit, mais décida de ne pas lui en vouloir. Ce qu'il faisait pour Sacha était remarquable, et il n'était pas certain que l'un d'eux ne flancherait pas face à une amie dans cet état.

« Est-ce que ses blessures vont mieux ? » Il entendit un reniflement dédaigneux, mais la réponse finit par venir, plus calme.

« Oui… Mais sa survie est un miracle… Et elle gardera les cicatrices… Celle au cœur est… » Draco était naturellement très pale, mais là, il fallait reconnaître qu'il tirait un peu sur le vert. « Elle va avoir besoin de protection… Beaucoup… Ils n'ont pas arrêté Paulette ni Henry. » Et Harry comprit.

En première année, il avait refusé la main tendue de Malfoy. Peut-être par orgueil, peut-être pour défendre Ron avec qui il avait partagé des bonbons et joué aux cartes dans le train. Ils s'étaient mutuellement tirés dans les pattes, par rivalité autant que par colère. Parce que tous deux savaient qu'ils auraient pu s'entendre, ils avaient énormément de points communs, malgré leur forte tête. Cette volonté de protéger les siens, cet amour pour le sport, pour ce qui est interdit, pour les aventures… Et les blagues.

Malfoy avait certes, été payé pour aider Sacha au début, mais il avait fini par le faire de lui-même, dans le stade de Quidditch, puis quand il était de l'autre côté. Sa protection établie pour Luna, et l'aide apportée par sa famille pour délivrer la noiraude de sa famille de tortionnaire. Alors, Harry fit ce qui lui semblait juste. Il tendit la main vers le blond.

« Gryffondor la protègera. Toi ? »

Malfoy jaugea sa main tendue et le regard cruellement naïf mais sincère du survivant. Personne ne les regardait ici, ça bavardait de tout coté sur l'importance de l'audience, les bancs se remplissaient de plus en plus, élèves, médicomages, assistants du ministères, aurors en robe pourpre. Et puis, c'était déjà établi. Il avait fait un choix il y a quelques mois déjà. Une promesse qu'il tiendrait, coûte que coûte. Il serra la main tendue, conscient que ça allait foutre le bordel à l'école, mais tant pis. Il le faisait pour Sacha.

« Les Serpentards répondront présents. »

Il y eu des coups de marteau sur un panneau de bois. La voix du premier ministre se fit entendre, alors qu'il réclamait le silence. Les gens qui étaient rentrés à leur suite vinrent rapidement s'installer un peu partout. Harry repéra une robe noire au milieu des médicomages. Le professeur Rogue était ici aussi, pourquoi ? Il avait l'air fatigué mais tout aussi déterminé à écraser les O'Nigay que Madame Malfoy, qui se tenait en robe violette, près d'Amélia Bones.

« Audience de la cour d'assise magique du 20 aout ayant pour objet les chefs d'accusations suivants… Meurtre avec préméditation sur une à plusieurs personnes, enlèvements de sorciers, séquestrations d'enfants, tortures avec usage des impardonnables et abus moraux reprochés aux dénommés Emmanuel Millet, Cathy O'Nigay, Marlène Diggory, née O'Nigay, Pierrick O'Nigay et Mathias O'Nigay. » Récita Percy d'une voix claire et pourtant menaçante. S'il avait ignoré Harry, là, le garçon montrait clairement son dégoût pour toutes les personnes citées.

« Faites entrer les accusés ! » Ordonna madame Bones.

Et la grande porte s'ouvrit sur une file indienne d'hommes et de femmes en uniformes de prisonniers monochromes. Harry reconnu la tante de Sacha et mère de Cédric. Elle avait l'air encore plus folle, à présent. Ils furent menés par nul autre que Tonks et Kingsley, la file se terminant par deux autres hommes en robes pourpre des Aurors. Au milieu, il y avait tout de même l'un des leurs, et il représentait une honte pour leurs rangs.

Ils ne furent pas autorisés à s'asseoir, en revanche, les chaines s'animèrent pour les relier tous entre eux, ainsi qu'à la longue barre d'appel, au centre de la pièce.

« Bien. Nous sommes donc au complet. » Commença le ministre. « L'audience est ouverte ! »