NDA 01/11/24 : Bonsoir! Ou bonjour pour les lèves-très-tôts. Je poste cette nuit, mais nous sommes officiellement le premier. Aussi, je vous souhaite une bonne fête des morts, n'oubliez pas les offrandes à ces derniers. Ils demandent des poires et des courges. En attendant, je vous souhaite une excellente lecture. N'oubliez pas de dire ce que vous en avez pensé à la fin!
Chapitre 11:Complémentarité ou dualité?
Harry sut, à la seconde où il passa la porte de la salle de défense contre les forces du mal, que ça allait terriblement mal se passer.
Ron discutait encore de la sortie de Sacha du cours de divination avec cette dernière, comparant ainsi la noiraude à Hermione, deux ans plus tôt. Le professeur Ombrage était assise à son bureau, avec le même cardigan de laine rose, et le même gros nœud de velours noirs sur la tête que la veille. Une mouche perchée sur la tête d'un crapaud exotique. Voilà ce que le survivant voyait.
Le silence se fit, alors que tous les élèves de Serdaigle et Gryffondor s'installaient dans la salle. Ombrage était, techniquement, encore une inconnue venant du ministère. Personne ne connaissait les exigences de cette femme vis-à-vis de la discipline. Personne, à part Sacha.
Et ça, le noiraud le comprit tout aussi vite, lorsqu'elle se plaça au fond, l'obligeant lui, ainsi que Ron et Hermione, à la suivre. Ses amis se placèrent devant lui et Sacha, et Cédric sembla rassuré que ce soit lui qui prenne place à coté de sa cousine.
«Eh bien, bonjour.» Dit le professeur Ombrage lorsque tout le monde fut assis. Il y eut à peine quelques réponses vagues et désintéressées. «Voyons, voyons! ça ne va pas du tout. J'aimerais s'il vous plaît, que vous répondiez, 'Bonjour, professeur Ombrage'. Recommençons depuis le début, vous voulez bien? Bonjour, tout le monde!»
«Bonjour professeur Ombrage!» Scandèrent les élèves.
«Quelle courge barge.» Scanda Sacha avec ironie.
Harry grimaça tandis que Cédric et Betty riaient aux éclats devant une telle rébellion. Ça allait être dur de faire abstraction de ces deux-là, si en plus ils soutenaient une Sacha en colère, sans qu'elle ne s'en rende compte. C'était lui qui allait les entendre constamment.
«Rangez vos baguettes et sortez vos plumes, je vous prie.» Et voilà, l'ennui commençait.
Les élèves obéirent, tandis qu'Ombrage elle-même sortait sa minuscule baguette. Elle tapota le tableau noir, laissant apparaître l'intitulé de leur classe qui ne plus pas du tout à Harry.
Défense contre les forces du mal, retour aux principes de bases.
«Bien, il semblerait que votre enseignement dans cette matière a été particulièrement perturbé et plutôt fragmentaire.» Annonça-t-elle en se tournant vers les élèves, mains jointes sur son buste et sourire affable sur le visage. «Le changement constant d'enseignants, dont beaucoup n'ont pas suivi le programme approuvé par le ministère, a eu pour résultat de vous laisser loin du niveau que nous sommes en droit d'attendre pour des élèves passant leur BUSES.» Petite pause dans son discours, alors qu'elle embrasse la salle du regard. « Vous serez certainement satisfaits d'apprendre que ces problèmes vont être désormais résolus. Cette année, en effet, nous aurons un programme de magie défensive centré sur la théorie et approuvé par le ministère. Commencez par copier sur vos parchemins les trois phrases suivantes.» Elle tapota de nouveau le tableau, et le titre disparu au profit des objectifs d'apprentissage.
1) Comprendre les principes qui fondent la défense magique.
2 ) Apprendre à reconnaître les situations dans lesquelles la défense magique se trouve légalement justifiée.
3 ) Replacer la défense magique dans un contexte ouvrant sur la pratique.
Pendant un moment, on n'entendit plus que le grattement des plumes sur le papier. Puis, lorsque tout le monde eu finit d'écrire, le professeur Ombrage demanda:
«Avez-vous votre exemplaire de Théorie des stratégies de défense magique par Wilbert Eskivdur?» Un murmure peu enthousiaste parcouru la salle, et le visage d'Ombrage prit une expression déçue.
«Non, ça ne va pas du tout. Il va falloir recommencer. Lorsque je vous pose une question, j'aimerais que vous me répondiez 'Oui, Professeur Ombrage' ou 'Non, Professeur Ombrage'. Reprenons. Avez-vous tous vos exemplaires du manuel?»
«Oui, professeur Ombrage» Répondit la classe en une voix.
«Bien, je voudrais maintenant que vous ouvriez vos livres à la page 5 et que vous lisiez le premier chapitre. Principe de base à l'usage des débutants. Et je vous préviens qu'il est inutile de bavarder.»
Harry roula des yeux mais obéit et ouvrit son manuel. Le texte était aussi ennuyeux que les cours de Binns, et il perdit vite le fil, relisant dix fois la même ligne sans parvenir à l'intégrer. Plusieurs minutes s'écoulèrent en silence. Harry quitta sa page pour observer ses camarades. Ron, dans la diagonale, fixait sa plume avec intensité, la faisant tourner entre ses doigts. Mais le pire, c'était Hermione. Elle n'avait pas pris la peine d'ouvrir son manuel et gardait la main levée, fixant clairement Ombrage.
Ce devait être la première fois qu'il voyait un tel comportement de la part de son amie. Cependant, il avait bien compris qu'Ombrage allait poser problème dans la guerre à venir. Haywood et sa comparse de Poufsouffle l'avait dit. Hermione aussi. Et…
Harry tiqua.
Sacha fixait avec une intensité redoutable, quelque chose au-dessus de la tête du Professeur Ombrage, qui s'était installée à son bureau, tout en bougeant ses doigts pour pianoter sur un instrument invisible. Levant les yeux à son tour, il perdit des couleurs. Une grosse stalactite se constituait lentement au plafond, des fragments de glace se formant dans les airs grâce à l'humidité pour rejoindre la formation gelée qui menaçait le professeur.
«Souhaitez-vous poser une question au sujet de ce chapitre?» Demanda Ombrage à Hermione, après un long moment d'attente. Elle devait estimer que la situation ne pouvait être ignorée plus longtemps.
«Non, pas au sujet de ce chapitre.» Répondit Hermione.
«Pour l'instant, nous sommes en train de lire.» Dit-elle en souriant encore, découvrant ses petites dents. «Si vous avez d'autres questions, nous attendrons la fin du cours pour nous en occuper.» Harry n'était pas certain qu'elle soit encore là à la fin du cours, s'il n'arrêtait pas Sacha. La stalactite prenait de l'ampleur, si elle la faisait tomber… Elle embrocherait leur professeur de défense de part en part.
«J'ai une question à propos de vos objectifs d'apprentissage.» Dit Hermione. Ombrage haussa les épaules.
«Votre nom?»
«Hermione Granger.»
«Eh bien, miss Granger, il me semble que ces objectifs sont parfaitement clairs si vous vous donnez la peine de les lire attentivement.» Répliqua le professeur d'un ton à la fois aimable et pourtant ironique. Monsieur Malfoy n'avait pas fait mieux dans la cabane de Hagrid, en seconde année.
«Je ne crois pas.» dit abruptement la Gryffondor. «Rien n'est indiqué au sujet de l'utilisation des sortilèges de défense.» Il y eu un silence inquiet pendant lequel nombreux élèves tentèrent de trouver quelque chose dans les objectifs notés au tableau à ce sujet. Mais ils durent se rendre à l'évidence, rien n'y faisait mention. Harry tapota discrètement le bureau de son amie.
«Sacha… Sacha, arrête… Tu vas t'attirer des ennuis…» Chuchota Harry. C'était amusant de se dire que lui, le principal fauteur de trouble de l'école, si on écoutait bien des gens du ministère, le lui demandait.
«Pas plus que d'habitude…» Fut la réponse froide de la demoiselle. Il frissonna.
«L'utilisation des sortilèges de défense?» répéta le professeur Ombrage dans un petit rire. «Je ne vois pas ce qu'il pourrait arriver dans ma classe qui nécessite l'usage d'un tel sortilège, Miss Granger. Vous ne craignez quand même pas de subir une attaque pendant mon cours?»
«Alors, on ne fera pas de magie?» S'exclama Ron fortement.
«Lorsque l'on veut s'exprimer dans ma classe, on lève la main, monsieur…»
«Weasley.» Dit Ron, qui tendit aussitôt la main en l'air. Le professeur sourit encore plus avant de lui tourner le dos.
Cette fois, Harry regarda Sacha, la stalactite, puis le professeur. Il leva la main, comme Hermione, espérant pouvoir faire bouger l'employée du ministère avant que son amie n'ait terminé son ouvrage d'obscurus. Ombrage s'attarda sur lui, mais finit par interroger Hermione.
«Miss Granger, Souhaitez-vous demander autre chose?»
«Oui. La raison d'être des cours de défense contre les forces du mal, c'est bien de pratiquer les sortilèges de défense, n'est-ce pas?»
«Seriez-vous une experte formée par le ministère, Miss Granger?» Demanda le professeur Ombrage, de sa voix faussement aimable.
«Non, mais…» Elle fut coupée.
«Dans ce cas, j'ai bien peur que vous ne soyez pas qualifiée pour définir la raison d'être d'une matière étudiée. Notre programme d'étude a été établi par des sorciers beaucoup plus vieux et plus intelligents que vous, Miss Granger. Vous apprendrez donc les sortilèges de défense dans des conditions qui garantissent la sécurité et l'absence de risque…»
«À quoi ça peut servir?» Interrogea Harry à haute voix, tout en saisissant avec fermeté le poignet de sa camarade de table. La stalactite vola en éclat, et une bruine froide recouvrit la classe. Tous frissonnèrent violemment. Si Sacha le fusilla du regard, il se concentra sur leur professeur.«Si nous nous faisons attaquer, ce ne sera pas avec la…»
«Votre main, Monsieur Potter!» L'interrompit la femme en rose d'une voix chantante et pourtant désagréable. Harry resserra sa poigne sur Sacha qui tentait de se dégager, et brandit son autre poing en l'air. Mais Ombrage l'ignora superbement, comme elle l'avait fait pour Ron. Cependant, ils n'étaient plus les seuls à vouloir en savoir plus. «Votre nom?»
«Dean Thomas.»
«Je vous écoute, Monsieur Thomas.»
«Harry a raison, non? Si on se fait attaquer, les risques ne seront pas du tout absents et…»
«Je le répète…» Coupa Ombrage. «Craignez-vous de subir une attaque pendant mes cours?»
«Non, mais…» Dean fut coupé de plus belle.
«Je ne désire aucunement critiquer la façon dont cette école a été dirigée jusqu'à présent, mais vous avez été exposés à des sorciers incompétents dans cette classe, incompétents et totalement irresponsables, même.» Elle eut un sourire féroce qui donna des sueurs froides à Harry. «Sans parler de certains hybrides particulièrement dangereux.»
«Si vous voulez parler du professeur Lupin, c'est le meilleur professeur que nous ayons jam…»
«VOTRE MAIN, Monsieur Thomas! Comme je vous le disais, vous avez été initiés à des sortilèges complexes, inadaptés à votre âge, et potentiellement vous a fait peur, en vous faisant croire que vous courriez le risque perpétuel d'être attaqué tous les deux jours par des forces maléfiques…»
«Pas du tout!» Protesta Hermione. «Nous avons simplement…»
«Vous n'avez pas levé la main, Miss Granger!»
Harry sentit la rage féroce que retenait son amie après s'être faite rembarrée par le crapaud rose, il pouvait voir sur chacun de ses camarades, l'air outré, exaspéré ou désespéré au contraire, de ne pas recevoir une éducation pourtant cruciale.
Pavarti et sa sœur s'inquiétèrent alors du fait que leur premier lancer des sortilèges de défense se ferait lors de l'examen des BUSES, sans aucun entrainement au pré si les études étaient importantes, et la réussite des examens en question aussi, lui voyait plus loin. Voldemort était revenu, ce n'était pas en récitant des principes fondamentaux sur la défense qu'il pourrait se protéger du mage noir. Il ne ferait que l'ennuyer, ou pire, l'amuser.
«Et à quoi nous servira la théorie dans le monde réel?» Demanda-t-il finalement en levant le poing.
«Ici, nous sommes dans une école, monsieur Potter, pas dans le monde réel.» Répondit Ombrage en articulant chaque mot de manière exagérée, après avoir levé les yeux au ciel.
«Donc, vous n'allez pas nous préparer à ce qui nous attends dehors?»
«Rien ne vous attends dehors, monsieur Potter.
«Ah vraiment?» La mauvaise humeur du garçon atteignit son point culminant. Il jeta un coup d'œil à son amie sur sa gauche, réalisa qu'elle était couverte de pierres en tout genre et soupira, résigné. Parce qu'il venait délibérément de lâcher le poignet de Sacha. Quitte à se retrouver en retenue plus tard, autant que la responsable de leur mise en danger le paie. Et tant pis. La noiraude le fixa une seconde, comme perdue dans ses propres pensées, et repris son manège précédent, jouant du piano imaginaire.
«À votre avis, qui aurait l'idée d'attaquer des enfants comme vous?» Interrogea le professeur d'une horrible voix mielleuse.
«Oh, je ne sais pas… Voldemort peut-être?» Neville glissa de son tabouret, Ron eu un hoquet de stupeur, tandis que Lavande Brown poussa un petit cri de terreur. Ombrage ne cilla pas. Elle parut même satisfaite.
«Dix points en moins pour Potter.»
Les élèves la fixaient désormais, ou fixaient Harry. Seule Sacha regardait toujours le plafond au-dessus du bureau, concentrant toute sa volonté dans le pouvoir de Dione. Si elle exterminait cette chose, ils seraient en sécurité, tous, n'est-ce pas? Et ensuite, elle partirait. Oui…
«Je vais maintenant éclaircir certains points. On vous a raconté qu'un certain mage noir était revenu d'entre les morts.»
«Il n'était pas mort!» Intervint Harry «Et c'est vrai, il est revenu.»
«Monsieur Potter, vous avez déjà fait perdre dix points à votre maison, n'aggravez pas votre cas!» Souffla le professeur d'une traite. «Je disais donc, on vous a raconté qu'un mage noir était de nouveau en liberté, il s'agit d'un mensonge.
«Ce n'est PAS, un mensonge!» Rugit le noiraud. «Je l'ai vu et je me suis battu contre…»
«Une retenue,monsieur Potter!» Ombrage se leva du bureau et se pencha en avait l'air plus que ravie de le punir. «Demain soir à 5h, dans mon bureau.» Eller sourit. «Je le répète, il s'agit d'un mensonge. Le ministère de la magie peut vous garantir qu'aucun mage noir ne vous menace. Maintenant, si vous continuez à éprouver des inquiétudes, n'hésitez pas à venir m'en parler en dehors des heures de classe, et si quelqu'un s'amuse à vous faire peur en vous racontant des mensonges, j'aimerais être mise au courant. Je suis là pour vous aider, chers enfants. Je suis votre amie…»
Elle donna pour consigne de reprendre la lecture, et Harry se leva. Hermione voulu le retenir par la manche, mais Ron lui fit signe en montrant le plafond au-dessus du professeur Ombrage qui s'était rassise. Cessant d'intervenir, Hermione fixa la même chose que le rouquin, et chercha l'origine de cette magie vibrante.
«Alors selon vous, Cédric est mort de son plein gré?» Demanda Harry d'une voix ferme. Le fantôme le rabroua, lui disant qu'il se mettait en danger en parlant de lui. Mais Harry n'écoutait plus. Sa colère enflait, encore et encore, dans son torse.
«La mort de Cédric Diggory a été un tragique accident.» Dit-elle d'un ton glacial.
«C'était un meurtre!» Répliqua Harry. Il sentait ses mains trembler de rage. Il n'avait jamais parlé de ce qu'il s'était passé cette nuit-là à part avec ses amis et le principal concerné. «Voldemort l'a tué et vous le savez très bien.» Ombrage resta silencieuse et sans expression pendant un moment.
«Venez ici, mon cher monsieur Potter.» Finit-elle par dire de sa voix la plus douce et enfantine.
Bousculant sa chaise d'un coup de pied, il la rejoignit, et fut forcé d'attendre tandis qu'elle griffonnait sur un parchemin. Elle scella ce dernier pour être sûre qu'Harry ne puisse rien lire du contenu, et le congédia.
«Allez porter ceci au professeur McGonagall je vous prie.»
Harry prit le parchemin et traversa la salle de classe d'un pas rageur. Il n'accorda aucun regard à personne et claqua la porte avec violence.
«Sacha.» S'exclama au même moment Hermione en se saisissant du bras de la jeune femme derrière elle.
Trop tard.
La Stalactite énorme et bleue qui pendait du plafond s'en décrocha au même instant, touchée par la vibration de la porte claquée. Le pic de glace s'échoua sur le bureau et le transperça de part en part, faisant crier d'effroi le professeur Ombrage et les élèves aux premiers rangs, qui reçurent des projections de bois et de glace.
«MISS O'NIGAY!» Hurla-t-elle, perdant définitivement son sang-froid. «Dix points en moins pour Serdaigle.» Sacha se dégagea de la poigne d'Hermione sans un regard pour elle, et fixa leur professeur avec défiance.
«Pardonnez-moi, professeur. Ce n'était qu'un tragique accident.» Certains déglutirent. Il était évident que parler de Cédric n'avait pas aidé.
«Vous aurez une retenue avec moi, demain soir. 7h!»
«Bien.»
«J'ose espérer que vous ne reproduirez plus ce genre de… magie, dans ma classe. Vous mettez en danger vos camarades et je serais contrainte de vous expulser du cours et de prévenir le ministère de votre instabilité!» Nargua Ombrage. Mais Sacha n'en avait cure.
«Je comprends. Mais vous devez bien intégrer que pour mon instabilité… Une telle altercation en plein cours ne peut être que néfaste sur mon humeur. Après tout, je suis malade…»
Hermione n'en revenait pas, d'abord Harry, et maintenant Sacha qui s'y mettait. Les deux faisaient la paire pour se mettre dans les ennuis jusqu'au cou. Et pourtant, Merlin savait à quel point ils étaient dans leurs droits. À côté d'elle, Ron secoua la tête. L'année démarrait vraiment très mal.
oOoOoOo
Sacha ne dormait pas lorsque le professeur Rogue passa la porte de ses appartements. Il put ainsi constater qu'elle s'était mise à l'aise, plus ou moins.
La table basse était couverte de perles en pierres et de matériel pour faire des bijoux ou des porte-bonheurs. Elle en avait clairement racheté. Quand? Il n'en savait rien, mais son usage intempestif des deux elfes à son service pouvait très certainement expliquer le nombre d'objets ajoutés à la chambre. Il y avait un immense mobile au-dessus du lit, composé d'attrape rêve de toutes sortes et de toutes formes. Des ronds avec du macramé et des plumes, des ovales avec des perles en bois gravé, des losanges avec des arbres de vie en pierre tressé en leur centre.
Le sofa avait gagné de nouveaux coussins de la même matière que le plaid qui s'y trouvait. Mais il y avait aussi un carnet de croquis ouvert, et juste à côté, un mannequin de fer nu, auquel était accroché une ceinture de velours fine et violet foncé. Un mètre et un ruban trainait près du carnet.
Sacha, elle, buvait un chocolat chaud, installée sur le petit bureau, devant ce qui semblait être son devoir de potion. Elle n'écrivait certainement pas avec une plume d'oie, mais un stylo brillant chromé, qui venait clairement du monde moldu. Un waterman, à en juger par la qualité.
«J'ai entendu dire que vous aviez essayé de tuer le professeur Ombrage, aujourd'hui.»
«Je n'ai pas essayé.»
«Alors pourquoi tous vos camarades et cette femme racontent-ils partout que vous avez tenté de l'empaler sur un pic de glace?» Répliqua Rogue avec circonspection. Si sa protégée commençait à faire n'importe quoi, elle le mettait aussi en danger.
«Vous faites erreurs. Je n'ai pas essayé de la tuer.» Sacha se détourna de son devoir après avoir achevé sa phrase et se tourna vers son protecteur avec le même air placide qui ornait son visage à chaque discussion sérieuse entre eux. Elle ne le craignait pas, il le savait.
«J'attends une explication.» Gronda-t-il au mieux.
«Professeur. Si j'avais essayé de tuer Ombrage, elle serait morte tout à l'heure.»
«Le professeur Ombrage.» Corrigea Severus, se retenant cependant de sourire devant la réplique. Lui non plus, n'aimait pas cette femme. «Pourquoi avoir fait ça?»
«Parce qu'elle allait parler de Cédric. Que sa mort n'était qu'un tragique accident.»
«Et vous avez décidé de l'empaler avec un pic de glace?» L'instabilité de Sacha l'inquiétait. Elle était si calme chez lui… Bien que toujours en train de cauchemarder, hurler, cuisiner et autre, elle n'avait pas montré un seul autre signe d'une magie néfaste comme aujourd'hui.
«Non. J'ai décidé de lui montrer ce qu'était qu'un tragique accident.» C'était serpentard.
«Et vous avez écopé de points en moins et d'une retenue.» Il savait qu'elle se fichait des points depuis un moment, elle n'avait eu de cesse de le lui répéter. «Comptez-vous y aller, ou dois-je m'attendre à une défection de votre part suivie d'une plainte auprès du ministère comme quoi je ne fais pas correctement mon travail de gardien?» Demanda Severus en croisant les bras de manière autoritaire.
«Oh, ne vous en faites pas, j'irais à cette retenue.» Il leva un sourcil inquisiteur,soudainement inquiet.
«Promettez-moi de ne plus vous mettre en danger. Cette femme est, comme vous le savez, envoyée par le ministère, nous ne pouvons pas nous la mettre à dos. Ni vous, ni moi.»
Sacha laissa échapper un rire avant de complètement se désintéresser de son devoir et quitter son assise pour rejoindre l'enseignant qui était resté dans l'entrée.
«Professeur… Ne vous en faites pas. Ombrage ne peut rien contre moi.» Severus frissonna, car il lut immédiatement dans les yeux noisette que c'était la vérité. «Elle ne restera pas assez longtemps dans cette école pour devenir un danger.» Et ça, c'était l'avantage de connaître le livre Harry Potter, ainsi que d'avoir des visions constantes sur tout et n'importe quoi.
Severus Rogue déglutit et changea de sujet. Toute allusion à l'avenir de la part de Sacha O'Nigay le mettait mal à l'aise.
«Je vois que vous avez attaqué le devoir que je vous ai donné en potion. C'est étonnant compte tenu de vos travaux personnels de l'année dernière.»
«Ça m'occupe.» Répondit Sacha. Severus était presque sûr qu'il n'y avait qu'elle et miss Granger pour trouver que les devoirs était un loisir pour passer le temps.
«Je constate. J'imagine que les différents usages de la pierre de lune n'ont plus aucun secret pour vous, désormais.» Il montra ses poignets d'un geste de la tête. Bien que les bijoux ne soient visibles que pour ceux au courant de leur présence, elle avait été sage et ne les avait pas retirés une seule seconde.
«Oui. Ceci dit, je vais avoir un problème rapidement.» Severus haussa un sourcil unique.
«Lequel?»
«L'énergie lunaire des pierres s'amenuit beaucoup trop vite…» Cette fois, il tiqua. Il n'était que peu doué en lithothérapie et en magie spécialisée pierre et prisme. C'était Lily qui s'était plongée dedans à cœur ouvert.
«L'énergie…?»
«Pardon… la magie contenue dans les pierres, ce qui permet de les rendre plus puissantes lorsque taillées au clair de lune, pour les potions.» Là, il comprit. Puis fronça les sourcils.
«Vous êtes en train de me dire que porter les bijoux vide les pierres de leur magie?» Si c'était le cas, alors, ce n'était pas une bonne chose du tout. Et ça expliquait aussi pourquoi elle avait fait usage d'une magie aussi incroyable pour menacer l'envoyée du ministère.«Je suppose que votre petite manifestation colérique du jour est responsable de ce fait?»
«Ma mani…»Sacha leva les yeux au ciel. «Non. Ça, professeur, ça n'a absolument rien à voir avec les pierres de lune, elles n'ont d'ailleurs aucun impact dessus.» Severus Rogue songea que la jeune femme en face de lui se dévoilait enfin. Et réalisa finalement la portée de ses paroles. Il s'avança d'un pas, prêt à sortir de ses poches, des potions calmantes.
«Vous contrôliez vos pouvoirs. C'est ce que vous êtes en train de me dire…» Et pourtant, il se rappelait pertinemment de ce qu'avait dit Sacha l'année passée. Qu'elle ne ferait plus jamais de magie et que sa baguette ne servait à rien.
«Les pierres de lune n'ont un effet apaisant que sur mon don de divination, pas sur le reste.»
«Le reste?» Sa question resta en suspens. Et la réponse fut silencieuse. Dans l'atmosphère tiède de la pièce, deux colonnes de glace traversèrent le sol pour rejoindre le plafond. «Par merlin…»
Un contrôle accru d'un pouvoir pareil ne pouvait signifier qu'une seule chose. Sacha O'Nigay était rentrée en phase terminale. Bientôt, l'obscuriale allait laisser sa place à l'obscurus et mourir. Bientôt, il n'existerait plus que le monstre composé de magie brute. Et soudain, les paroles de son dernier morceau prirent sens.
La jeune femme savait avec précision la date de son décès.
Mais Severus Rogue se trompait. Et comme son teint cireux devenait verdâtre, signe du choc, Sacha renonça à poursuivre. C'était pourtant venu si facilement. Elle avait senti un changement, et cessé de redouter lui dire la vérité sur sa véritable nature. Mais la peur dans ses yeux le lui avait rappelé. Un monstre. Voilà ce qu'il voyait. Elle ne pouvait pas lui dire.
«Je suis fatiguée, professeur.» Mentit la bicolore. Le potioniste se reprit.
«Oui. Bien sûr. Reposez-vous bien, et faites attention avec Ombrage tout de même.»
Lorsqu'il eut quitté la pièce, Sacha se laissa retomber sur le canapé. Elle avait eu envie de lui dire toute la vérité. Cet homme était là pour elle, il était littéralement son tuteur. Et même si elle était une adulte mature, ça ne changeait pas son ressentit pour le sorcier. Pour quiconque s'occupait sincèrement d'elle. Mais il ne savait pas. Il ne pouvait pas savoir. Et lorsqu'elle partirait, il l'oublierait. Oui. Comme tous les autres.
Parce que même si elle avait envie de hurler «aidez-moi!» Sacha n'arrivait plus à dire qu'une seule chose. «Laissez-moi!» Meleth nin lui manquait, peu importe son nom. Et c'était le seul qui ne venait pas la trouver.
Au final, à quoi bon? Ses pouvoirs augmentaient, la menace aussi, et elle serait seule pour faire front. Seule contre tous. Car à la seconde où ceux qui la voyaient comme une amie découvriraient la vérité, ils prendraient la fuite. Pas une sorcière. Pas une moldue. Un monstre démoniaque aux pouvoirs aléatoires.
«It used to be so simple
It was a world I understood
I didn't know what I didn't know
And life seemed pretty good
But now the darkness rises
From somewhere deep inside of me
Her power overtakes me
Can I keep this midnight from getting free?
If I can stay with the light
I know I'll be free
And I can start to be whole
I can start to be me
But instead I am struggling
With all that I see
And these friends
Mustn't see the midnight in me!
The midnight in me!
They mustn't see the midnight in me...»
