NDA 01/01/25 : BONNE ANNEE! Honnêtement, je n'y croyais pas non plus. Et je viens juste de finir le chapitre, c'est pour dire! J'espère qu'il vous plaira! En tout cas, ça confirme que je suis une Gomez Addams qui n'aiment que les affaires en souffrance, car j'ai été incapable d'écrire jusqu'à ce midi.
Je vous souhaite une bonne lecture, et n'hésitez pas à donner votre avis sur cette histoire. Les reviews sont l'unique salaire des auteurs!
PS : Il parait qu'il y a des problèmes avec la publication des chapitres, et que le site fait disparaître des paragraphes entiers. Dites moi si vous voyez quelque chose d'anormal, s'il vous plait...
Chapitre 13: Bon plan, Mauvais plan.
Argus quitta la banque Gringotts, une valise pleine flottant derrière lui. Aimable cadeau de Bill Weasley, le sort s'arrêterait dès qu'il aurait franchi la cheminée de transport public, mais en attendant, il avait les mains libres.
Et heureusement!
La vente de la Décane avait été bien plus rapide que prévu. Cela ne faisait que quelques jours que la rentrée avait eu lieu, mais en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Quidditch, un imbécile avait signé les papiers de rachat de la propriété, soi-disant pour en faire une auberge sorcière. Grand bien lui fasse. Le fait est que l'héritier de Cerberus avait placé l'argent sur le compte de la véritable propriétaire de la maison suite au procès – une somme de soixante-dix mille gallions – et s'était vu charger d'emporter la commande de son amie jusqu'à elle. Ce qui permettait aux Gobelins d'économiser des frais de livraisons et le voyage d'un ibijau gris.
Argus ne savait pas trop combien de kilos se trainaient derrière lui. Il savait seulement et plus ou moins approximativement, quelles pierres Sacha avait commandé. Le fait qu'il y ait littéralement des pierres précieuses à sa suite l'inquiétait. Mais personne ne pouvait deviner le contenu de la valise. Pas vrai? Oui, c'était ce qu'il fallait se dire, et dans le pire des cas…
Même s'il préférait ne pas y songer.
Il pouvait toujours invoquer une créature infernale pour défendre son bien.
Ce n'était pas humain de faire ça, mais il ne pouvait permettre la disparition de ces pierres, seul remède encore utile pour lutter contre l'anxiété et la douleur de son amie. Un pouvoir comme le sien, impossible à maitriser, dans une période aussi instable… Ils étaient entre chien et loup.
La dernière vision de Sacha montrait une immense arche avec un voile, et de l'autre côté, des sortes de doppelgangers d'eux tous, dangereux et monstrueux. Morts. Rogue n'avait eu que cette partie-là, mais Sacha l'avait ensuite pris à part pour le prévenir. Une voix l'appelait, mais elle ne pouvait pas lui donner un genre, seulement une intention. Et le but de cette voix était de la voler. Elle ne savait pas quoi, ni qui, ni pourquoi, seulement qu'elle possédait quelque chose d'important et que cette voix le lui prendrait de force.
Quitte à tuer tous ceux qui se mettaient en travers de son chemin.
Sacha avait évoqué la possibilité que ce soit son lien avec Meleth nin que la voix cherchait. Argus n'en était pas moins sûr. Mais il allait devoir surveiller les recherches du groupe hétéroclite, parce qu'il était certain qu'eux, trouveraient.
Prit d'un frisson, il se retourna brusquement dans l'allée marchande, cherchant la présence qui le dérangeait ainsi. Mais à part les quelques commerçants et leurs clients venus pour acheter tout et n'importe quoi… Il n'y avait pas grand monde dans la rue. Un vieillard sur un banc, mâchouillant une plume en sucre avec un gamin pas plus haut que trois pommes. Une bonne femme venue chercher son pain en train de bavarder avec une autre, plus mince. Et une jeune fille en uniforme masculin, avec un carré plongeant brun, qui mangeait un cornet de glace en lui souriant.
Argus tiqua. Aucune adolescente ne pouvait être dans les rues à cette période, elles étaient toutes à Poudlard. Et pas dans un uniforme pareil. Retournant son attention sur elle, l'ancien cracmol ne put que constater sa disparition. Il frissonna de plus belle. Cette apparition n'était pas un bon présage. Même s'il ignorait pourquoi. Il reprit sa route jusqu'à la cheminée publique, espérant ne pas être braqué ni suivit, bien que conservant cette mauvaise impression à cause de l'adolescente qui l'avait clairement observé jusque-là.
L'avenir allait hélas, bientôt lui donner raison.
oOoOoOo
«J'en peux plus…» Grimaça Ginny en repoussant le grimoire sur la table devant elle.
Luna releva ses grands yeux bleus délavés de sa propre lecture et les fixa sur son amie. C'était vrai que ça faisait un moment qu'ils étaient plongés dans les grimoires sombres, et rien ne leur paraissait utile.
«J'ai l'impression qu'on ira nulle part avec ça… Franchement, qu'est-ce qu'on en a à foutre que Cygnus Black I soit l'inventeur d'un sortilège de strangulation invisible, hein?»
«À part dire que c'était l'une des rares brillantes inventions de cette prestigieuse famille, je ne vois pas, en effet.» Commenta une voix trainante dans son dos. Ginny leva les yeux au ciel avant de se retourner vers le blond des Serpentards.
«C'est juste morbide et tu le sais.»
«Au cas où tu l'aurais oublié, je descends des Black, cette invention n'est pas morbide, il s'agit de mon héritage.»
«Honnêtement, depuis qu'on a vu la tapisserie chez Sirius, je pense que c'est l'héritage de tous les sangs-purs, vous êtes tous tellement lié que c'est un miracle qu'aucun d'entre vous ne soit né attardé.» Se permit Hermione, à l'autre bout de la pièce. Elle épluchait elle aussi, un livre de magie noire, ou plutôt, un bestiaire relatant les expériences des derniers siècles sur les obscuriales.
«Personne ne t'a demandé ton avis, Sang-de…» Le coup de coude qu'il prit dans les côtes de la part de la rouquine juste devant lui, le fit rectifier sa formulation. «Granger.»
«Je préfère. La prochaine fois, ce sera plus bas, Malfoy.»
«Le problème reste d'actualité. Nous n'avançons pas…» Expliqua finalement Luna en refermant son grimoire.
«Non. Et je pense qu'on ne trouvera rien dans tous les cas. Pour les sorciers, les obscurus étaient des monstres ou une maladie dangereuse. Les seules expériences faites étaient pour permettre la régression du phénomène chez les enfants atteints, et personne n'a jamais réussi.» Reprit la née-moldue.
«D'Où la suppression du projet de Sainte-Mangouste jusqu'à cet été…» fit la rousse.
«Probablement.»
«Ron se serait trompé sur le pourquoi on pousserait Sacha à contrôlerses pouvoirs ?»
«Et si le but, ce n'était pas qu'elle les contrôle, mais qu'elle déborde?» Exprima tout haut la petite serdaigle.
«Ça causerait un véritable carnage, pourquoi vouloir une chose pareille?» Demanda Ginny. Mais Malfoy, la figure tout à coup très sombre, trouva la réponse de lui-même.
«Pour faire en sorte que le ministère la condamne au baiser du détraqueur sans sommation.»
«C'est donc forcément Paulette… Cette vieille folle… Si je lui mets la main dessus…» Commença la rousse en attaquant la table du poing.
Heureusement qu'ils avaient migré dans une salle de classe désaffectée des sous-sols, et qu'ils n'étaient plus à la bibliothèque. Madame Pince les avait rabroués deux fois déjà, et Hermione n'aurait jamais supporté une exclusion de son endroit favori dans l'école.
«Il y a quelque chose qui me dérange…» Commença le blond, et unique garçon de la pièce pour l'heure. «Si c'est cette vieille peau, pourquoi les protections de l'école l'ont laissé rentrer?»
Tout le monde se pencha sur la question. Dumbledore avait renforcé les protections en se basant sur la signature magique de la sorcière à l'aide des aurors du ministère chargé de l'affaire, elle n'aurait donc jamais pu traverser la barrière autour de l'école pour venir ensorceler sa descendante ni l'attaquer.
«Non. Elle n'a pas pu rentrer, Dumbledore est infaillible là-dessus.» Répliqua Hermione, faisant froncer les sourcils du garçon.
«Mais quelqu'un bosse forcément pour elle.»
«Donc on fait quoi? On choppe tous les profs et tous les élèves susceptibles d'être missionné par cette meurtrière?» Demanda Ginny.
Ça ferait beaucoup trop de monde à tester… Songea Luna en faisant une moue inquiète.
«Non. Mais si Croupton s'est fait passer pour Maugrey sans qu'on s'en rende compte, n'importe qui peut avoir été remplacé à son tour de la même manière.» dit la 5e année de Gryffondor.
«Nous allons vérifier tous ceux qui boivent au travers d'un contenant inconnu, et ceux qui ont un comportement inhabituel.» Dit Luna en se tournant vers ses amis.
«Oui, ça devrait permettre de raccourcir la liste des suspects, un minimum du moins.»
Ils discutèrent un moment des choses à mettre en place pour cette surveillance accrue. Et l'idée d'ensorceler divers cahiers pour regrouper leurs informations simultanément se fit. Hermione se retrouva bien entendue chargée de dénicher le sort qui les aiderait à relier les différents cahiers de recherche.
Et dès le lundi suivant, l'objet était fonctionnel, et tous pouvaient ajouter leurs observations en direct.
Hermione songea d'ailleurs qu'un tel cahier pourrait aussi servir à communiquer à distance tous ensembles. Mais pour cela, il fallait faire d'autres recherches pour s'assurer que personne d'autre ne pourrait lire les messages… Un sort d'appartenance, peut-être, ou de camouflage. La sorcière cherchait encore.
«Bien… Je vous demanderai aujourd'hui de lire le chapitre trois de vôtre manuel puis de le recopier, et en silence…» Minauda Ombrage de sa voix de crécelle insupportable.
Renonçant à copier le cours, et à pouvoir étudier correctement dans cette classe, Hermione fit son petit tour d'observation. Harry et Sacha se trouvaient juste derrière elle, et à sa gauche, Ron piquait du nez sur le manuel qu'ils étaient supposés lire. Serdaigle et lions se côtoyaient aussi en botanique, ce qui laissait supposer que l'attaquant bossant pour la meurtrière O'Nigay devait se trouver dans cette salle. Lion ou Serdaigle? Comment savoir? Elle ne connaissait pas très bien ses camarades, même celles avec qui elle dormait dans les dortoirs.
Les jumelles Patil étaient au premier rang de la rangée centrale, discutant par cahier interposé, derrière, il y avait Lavande Brown et Amanda Flemming. La lionne se faisait d'ailleurs les ongles plutôt que lirele manuel, et bien qu'elles ne se soient jamais très bien entendues à cause de ce coté superficiel, Hermione la comprenait parfaitement. Finnigan et Goldstein faisaient visiblement un morpion, non… Il n'y avait pas grand monde susceptible de commettre un tel acte de cruauté dans cette pièce, si on omettait le professeur.
Le regard noisette de la lionne se posa à l'autre bout de la salle sur Paméla Alton et Helen Dawlish. Les deux commères de Serdaigle étaient de véritables casse-pieds. Pleine de moqueries, elles humiliaient le monde entier pour un oui ou pour un non, ne jurant que par l'argent et le rôle de leurs parents au ministère.
Les deux filles étaient bien trop calmes depuis la rentrée. Elles avaient repris les insultes dés leur retour à l'école l'année précédente, malgré la semaine d'exclusion subie. Là… C'était louche. Se penchant sur son bureau, Hermione les observa un moment avant de noter tout leurs petits gestes sur le carnet.
- Helen Dawlish
Ne s'est pas remaquillée durant le cours. Ne bavarde pas avec Alton. Reste concentrée sur le manuel. Jette de fréquents coups d'œil vers Ombrage et Sacha.
- Paméla Alton
Fixe sans discontinuité le tableau. N'écrit rien. Ne bavarde pas. Porte fréquemment la main à sa baguette.
D'autres mots s'ajoutèrent en dessous de sa propre liste, et Hermione tiqua. Ce ne pouvait être les garçons puisqu'ils étaient avec elle. Ginny ou Luna? Le contenu de la phrase acheva de lui faire comprendre d'où ça venait.
Alton a eu rdv avec Warrington ce matin dans une alcôve.
Hermione n'avait aucune idée de qui il s'agissait, et après questionnement, Malfoy reprit sa plume, depuis le cours qu'il avait en commun avec les Poufsouffle.
Serpentard 6e année. Partisan du grand méchant.
Le grand méchant, c'était le nom qu'avait donné Ginny à Voldemort, pour ne pas avoir à dire son nom. Elle comme les jumeaux avaient caché le secret liant Voldemort à Sacha pour l'instant, ne voulant pas faire paniquer les autres tant qu'ils n'auraient pas eu le fin mot de l'histoire.
Quand tu dis rdv, tu parles bécotage ou discussion bizarre? Ecrit une autre plume, en rouge.
Discussion secrète, Belette. J'ai mieux à faire qu'observer des gens se rouler des pelles. Fut le retour de Malfoy.
Hermione nota qu'il avait deviné immédiatement qu'il s'agissait de Ginny.
Vous pensez qu'ils communiquent avec la vieille pute? Ecrit Ron sur le cahier d'Hermione.
Va falloir vérifier, si on veut en être sûr. Ajouta une plume verte. Luna, très certainement.
Dans tous les cas, on a besoin que vous fassiez des vagues à la fin du cours d'Ombiatch.
Faut qu'on ait accès au bureau.
On va faire d'une pierre deux coups. Répondit Hermione en récupérant son bien.
Lorsque la sonnerie retentie, le trio d'or se sépara en deux. D'un côté, Harry choppa Sacha pour l'empêcher de s'éloigner trop de lui, et commença à lui poser des questions sur sa chambre personnelle, désirant la voir un moment en privé.
De l'autre, Hermione, son sac sur l'épaule et son encrier à la main, fonça la première sur le duo de pimbèches de Serdaigle, renversant l'encrier sur le chemisier immaculé d'Helen.
Enfin, Ron se rendit au bureau d'Ombrage pour lui poser des questions au sujet du ministère et de son département, afin de l'empêcher de réagir à la dispute qui se formait devant la porte de la salle de classe.
oOoOoOo
Le bureau d'Ombrage n'était éclairé que par la lueur grise du jour. La pluie de septembre était un mal récurrent en écosse. Quand elle ne frappait pas dès le milieu de l'été. Heureusement pour eux, la lumière n'était pas un problème.
Posté à l'entrée sous un sort de désillusion, leur camarade de méfait guettait, baguette en main, si quelqu'un approchait.
Les murs étaient roses, peint en relief avec des motifs floraux, et de très nombreuses assiettes et figurines en porcelaine représentant des chats couvraient les murs et les meubles. Les animaux feulèrent une demi seconde, avant d'être coupés par un sort de silence. L'office ainsi que la table d'en face, destinée aux élèves récalcitrants, étaient nappé d'un tissu rose décoré de marguerite, et d'un centre de table blanc au crochet.
«C'est vraiment hideux…»
«Je confirme, Forge… Et cette odeur de Chou…»
L'un comme l'autre, il se mirent à fouiller le bureau, faisant en sorte de tout remettre à sa place entre deux. Fred se chargea du meuble principal, et George prit d'assaut la petite bibliothèque en acajou.
«Oh bordel…»
«Quoi, qu'est-ce qu'il y a?» Demanda Fred en relevant la tête des dossiers sur les élèves.
George, un peu vert, sorti un livre de la bibliothèque et le montra à son jumeau. La couverture montrait un soleil couchant, une plaine, et un cavalier avec une femme sur les cuisses, s'embrassant sur le trajet les menant nulle ne savait où. Le titre était assez évocateur sur le contenu du roman. «Richie, l'écossais qui me faisait languir.»
«Je crois que je vais vomir.»
«Il n'y a que ça dans sa bibliothèque… c'est…» Il ne termina pas sa phrase. Les romans à l'eau de rose pouvaient encore passer, mais le titre qui venait de lui sauter aux yeux, lui coupa toute envie de poursuivre.
« Dans le lit du ministre.» était un best sellaire érotique dont il se serait passé de connaître l'existence. Sans compter les images qui lui brûlaient les yeux.
Bon, au moins, ils avaient un aperçu de ses ambitions. Dégoutantes et déplacées, certes, mais ça pouvait être utile pour un futur chantage.
«Tu trouves quelque chose, toi?»
«Oui et non… Elle a un dossier pour chaque personne à Poudlard, y compris les professeurs, mais ils sont scellés par un sort de confidentialité…»
«Et Sacha?»
«C'est justement ce que je trouve bizarre…» Reprit Fred en posant la pile de serdaigles de 5e année dans un coin du bureau pour chercher les autres.
«Quoi?»
«Elle n'y est pas. Aucun dossier.»
«C'est impossible, si cette mégère en a un sur tout le monde, pourquoi pas Sacha?» Un pssht retentit, en arrière-plan, mais trop pris dans leur discussion, les jumeaux de le perçurent pas.
«Elle pourrait l'avoir sur elle tu penses? à cause du dernier cours où elle a reçu une retenue?»
«Mais tout a été annulé, pourquoi l'embarquer?»
«Je n'en sais rien, Forge, je…»
«Tiens! Tiens, qu'avons-nous là, ma Miss-Teigne?» Demanda une voix nasillarde plutôt satisfaite.
Fred et George fit volte-face pour trouver Rusard, tenant par le col Lee Jordan qui affichait un air totalement blasé.
Et merde… Jura mentalement George.
oOoOoOo
«Et merde…» Jura Arman en dévalant sans pouvoir s'arrêter, la longue pente caillouteuse qui menait au bois de Little Hangleton.
À mi-chemin, sa cheville se tordit, et il partit en avant. Son corps finit sa course au pieds de la vallée, couvert d'écorchures et de bleus en devenir. Le sorcier se releva comme il put, grimaçant en s'appuyant sur ses paumes sanglantes.
Il n'avait pas le temps de se reposer ni de se soigner. À l'entrée de la forêt, il fut forcé de faire un minuscule arrêt pour ne pas trébucher de plus belle. De plus, il fallait effacer les traces de sa venue. Personne ne devait savoir qu'il était passé par là. Et ce, le plus longtemps possible. En fait, si personne ne le découvrait, ce serait même le mieux.
Marchant le petit kilomètre qui le séparait du cottage miteux des Gaunt, Arman tenta de ne pas s'écrouler d'épuisement sur la souche mitée qui manqua de le faire trébucher de plus belle.
Il était en train de mourir, il le savait. Ni lui ni Tom ne pouvait y faire quoi que ce soit. Il ne pouvait même plus vraiment communiquer avec son ami depuis la fusion lors de la finale du tournoi des trois sorciers. En quittant Luna Lovegood, puisqu'elle devait se rendre à Poudlard après l'éveil de Sacha, il s'était réfugié un moment dans les villages sorciers les plus pauvres, afin de ne pas attirer l'attention sur lui. Mais à présent, il fallait qu'il remplisse sa dernière mission pour Tom.
Celle qui empêcherait Sacha de se jeter dans la gueule du loup. Qui, normalement, l'empêcherait même de se mettre plus en danger qu'elle ne l'était déjà. Car Jamais Sacha ne devait découvrir le lien entre Tom et Voldemort.
Son amour pour lui risquait de causer sa perte.
Tom ne l'aurait jamais permis, et Arman non plus. C'est pourquoi il fallait détruire, avant que l'alter égo de l'originel ne s'en rende compte, tous les horcruxes de ce dernier. S'il n'y avait rien à ramener, Sélène ne pourrait pas se mettre en danger pour tenter le coup. Voldemort comme Tom devaient disparaître avant qu'elle n'endosse pleinement son rôle d'héritière.
Arman se senti soulagé à la vue de la masure pourrie et couverte de mousse, cachée au milieu des bois sombre. L'horcuxe n'était plus très loin, il allait pouvoir s'en débarrasser. Levant sa baguette pour vérifier si l'endroit possédait des protections qui le mettrai en danger, il comprit rapidement la nécessité du sacrifice pour passer la barrière. Sortant un poignard décoré d'un ours sur le manche de sa botte, il voulut s'entailler la main.
Le geste fut avorté.
La douleur explosa dans tout son corps.
Un bruit de succion effroyable lui parvint aux oreilles, quelques secondes avant que ce ne soit le silence.
Arman s'effondra comme au ralenti. Ses yeux verts se penchèrent sur son torse, où apparaissait une énorme tache rouge. Le choc avec le sol souleva un nuage de poussière et apporta une légère odeur d'humus mêlée à celle ferreuse du sang.
«Je suis vraiment désolée, mon chou, mais je ne pouvais pas te laisser faire ça…» Ricana une voix féminine.
La jeune femme aux rondeurs élégantes se pencha sur le sorcier avec un sourire presque tendre. Saisissant le menton couvert de cicatrice d'Arman, elle tourna son visage vers elle avant de venir poser ses lèvres sur celles, blêmes, du sorcier. Il écarquilla les yeux d'horreur seulement une seconde avant que son corps tout entier ne prenne feu.
«Arrête de jouer, Mars, on est au milieu d'une forêt.» Gronda une autre voix féminine, quoique plus haute-perchée, forçant la première à se redresser d'un bond.
«ça va, je contrôle très bien tout ça.»
«Ce n'est pas la question. Quand je dis stop, c'est stop. Tu comprends?» Susurra l'autre femme en approchant la première. Celle-là était maigre et ne devait pas avoir plus de 16 ans. Les cheveux noirs coupés au carré rendaient son visage dur. Ladite Mars pâlit à son approche, sentant son corps se raidir sous la terreur.
«O… Oui, Saturne, j'ai compris.» La noiraude sourit, avant de lui tapoter la joue.
«Bien. Alors éteins moi ça et retourne avec Pluton surveiller le mage, je ne veux pas qu'il se mêle de nos affaires.»
«J'y vais!» Assura Mars en disparaissant dans un arc enflammé, libérant le supplicié de son œuvre. Saturne disparue à son tour en se fondant dans l'ombre morbide des lieux.
Arman, dont la peau avait déjà fortement brûlé, inspira une importante goulée d'oxygène avant de déployer toutes ses forces pour tenter de se relever. Son corps le lâcha après sa première tentative, et il ne put que fixer le serpent cloué à la porte de la cabane qu'il avait cherché à atteindre, deux mètres plus loin.
Arman était en train de mourir. Il ferma les yeux, se remémorant son unique journée avec la première Sacha O'Nigay, son rire d'enfant, puis les lettres, toutes plus lourdes et exaspérante les unes que les autres. Il vit le visage de la petite blonde se pencher sur lui et sourire. Alors il sourit à son tour. Il ne voulait plus la quitter.
«Arman, bon sang, bat toi!» Lui hurla une voix dans sa tête.
Mais Arman n'avait plus de forces, et pour être honnête, il n'avait plus envie de se battre. Sacha était là, devant lui, elle l'attendait. Le corps expira une dernière fois avant de cesser de se soulever. Les yeux clos, le sourire aux lèvres, Arman Jørgensen était mort.
Le corps fondit comme neige au soleil, s'affinant par endroit, et perdant quelques centimètres. Les blessures, elles, restèrent et s'étalèrent même plus en profondeur. Le râle qui franchit les lèvres du cadavre lui redonna cependant des couleurs.
Deux âmes pour un corps.
L'âme originelle contre la mort.
