Note de l'auteur : Il y avait pas mal de chapitres spin-off que je devais publier ! Ils ne servent qu'à approfondir l'univers !

BLEACH – RISING HELL

Nobuo Uematsu — Liberi Fatali

L'horizon lointain …

La beauté obscurcie d'un ciel fuyant … ce ciel rempli de constellations, irradiant faiblement le monde de leur lumière. Et en un rien de temps, toute cette beauté pouvait être dissimulée, voilée par les plus obscures ténèbres. La fragilité d'une existence pouvait se rappeler à tous, et bien souvent, sans jamais prévenir … Se préparer, prévoir, anticiper … tous les qualificatifs pour chercher à appréhender le moment fatidique ne suffisent généralement pas.

Parce que l'obscurité ne savait disparaître des cœurs éternellement. Même lorsque cette mort s'éloignait des esprits … elle revenait à la charge. Tôt ou tard … et sans possibilité d'y échapper.

Une pluie torrentielle inondait un champ de bataille meurtri. Juché de cadavres déchiquetés, de sang et de boue, il frémissait encore de l'horreur de la guerre. Des hommes, des femmes, et d'étranges créatures reposaient là … Et le son aigu des lames résonnaient encore, à travers la nuit.

Parfois, un œil averti serait capable de voir dans les cieux, ces deux ombres fuser l'une vers l'autre à une vitesse exponentielle, pour se rentrer littéralement dedans, provoquant immédiatement un fracas aigu et difficilement soutenable, en même temps qu'une onde de choc, déplaçant débris et corps à proximité. Contre un bâtiment de pierre en ruines, une jeune femme releva faiblement la tête. Particulièrement ensanglantée, elle ne distinguait guère bien les formes autour d'elle … mais devinait parfaitement ce qui se tramait. Soufflant légèrement, elle chercha à se redresser, avant que le craquement sinistre de l'un de ses os ne vienne briser ses velléités. Elle chuta, face contre le sol boueux et suinté de sang.

Dans les cieux, un nouveau choc violent. La terre elle-même frémit, incapable de supporter encore bien longtemps tout cet amer goût que possédait la guerre et le désespoir.

Serrant légèrement les poings, la femme sur le sol releva la tête, plantant ses iris bleutés en direction de l'incarnation du désespoir. Faiblement, elle tendit sa main. Vers ses camarades, méconnaissables. Vers celle qui combattait, dans l'obscurité.

« — S… Sakae-sama … »

Le Roi Démon et la Déesse de la Destruction s'affrontaient dans un duel au sommet. Une explosion, inondant l'horizon ténébreux d'une nouvelle couche. Un bras entier chutant sur le sol, dans une mare de sang … et une lame noire ensanglantée se levant.

« — Kaimetsu ! »

La lame de la destruction fit son œuvre. Dans une éclatante obscurité, le silence commençait de nouveau à prendre place. Les yeux rougeoyants du démon, et ceux épuisés de la déesse se rencontraient, pour l'une des dernières fois. L'horrible créature commençait à disparaître, se volatilisant dans la nature, en particules. Sa tête légèrement penchée sur le côté, Kokuô Dakuryû continuait pourtant de porter le même regard meurtrier. Comme s'il n'allait pas mourir.

« — Disparais, maintenant … souffla celle qui se tenait en face de lui. Tu as été défait …

— Dans cette ère … peut-être bien, maugréa de sa voix rauque, la puissante entité. Mais je ne vais pas mourir pour si peu … »

Et pourtant, l'instant d'après semblait infirmer ses propos. Le Roi Démon n'appartenait plus qu'à une histoire ancienne, son enveloppe corporelle totalement anéantie. La divinité contre laquelle il avait bataillé se posa lentement sur le sol, plantant son sabre sur celui-ci, et cherchant à retrouver un petit peu de consistance. Essoufflée, blessée de toutes parts, son armure noire détruite en partie, Sakae avança lentement vers la jeune femme agonisante, quelques mètres plus loin. Elle-même voyait les choses devenir plus floue que jamais, n'étant même pas sûre de marcher droit. Arrivée à proximité de sa subordonnée, elle s'accroupit, et la souleva délicatement, remettant correctement les mèches éparses de ses cheveux en place.

« — Tout va bien, Brynhild … tout va bien, murmura-t-elle doucement, en plaçant la tête de l'intéressée sur ses genoux devenus en partie visibles, compte-tenu de sa robe déchiquetée sur quelques parties.

— Vous … vous avez gagné …

— Nous l'avons fait. Répondit doucement la déesse, en caressant doucement le visage de sa Valkyrie. Les démons … n'existent plus maintenant. »

« Tant qu'il y aura des cœurs pour nous craindre …

Nous ne disparaîtrons jamais. »

CHAPTER SPECIAL 6 : FEARED HEARTS

Le Paradis perdu.

Il y a de cela plus de mille années, le Shinigami Meikyû Mikomi orchestra sa rébellion contre les armées célestes, contre les forces de l'homme connu comme étant le plus puissant Garde Royal de l'histoire, Kyôshô Rôshin. Depuis lors, les évènements se sont succédé rapidement. L'organisation du Paradis et sa légitimité remises en question, que restaient-ils, sinon le pouvoir ?

Les tremblements de la terre n'avaient pas cessé une fois, pendant cette longue période de conflits. Le Zanpakutô Divin, Kaimetsu, a été brandi contre ses pairs. Cela n'avait pas fonctionné et finalement, Kyôshô et les survivants décidèrent d'un commun accord, que le traître croupirait dans un lieu dont nul être ne pourrait revenir : l'Enfer lui-même.

Tels furent les évènements … survenus un siècle avant le début de cette histoire …

À l'horizon, rien à signaler. Juste un ciel bleu, éclairé par la lumière bienveillante du soleil. Comme toujours. Comme cela aurait toujours dû l'être. Humant le parfum agréable et frais de la nature, les yeux fermés, une ombre se reposait au pied d'un arbre, près duquel passait un fleuve pur et clair. La longue chevelure bleutée flottant dans le vent, vêtue d'un long kimono noir, une jeune femme profitait un moment, du calme des lieux.

Le Paradis méritait bien son nom, dans un moment tel que celui-ci. Elle soupira, simplement en profitant des instants présents, instants que personne ne pourrait lui retirer … tout du moins, jusqu'à ce qu'elle ne sente qu'une ombre venait de se poster juste devant elle, lui couvrant cette lueur chaude et réconfortante, provenant de l'astre le plus brillant qui trônait dans les cieux.

« — T'as pas l'air très intelligente comme ça, Séria, lui dit une voix, d'un naturel implacable. On dirait un castor à la recherche de nourriture.

— C-Comment ?! Va voir ailleurs !

— C'est quoi ces paroles déplacées ? C'est ''Capitaine'' !

— Excuse-moi de ne rien voir d'autre qu'un frivole personnage devant moi … soupira l'intéressée. Et comment oses-tu me parler de paroles déplacées ?!

— Frivole ? Dois-je te montrer les pouvoirs divins que je possède ? »

Elle soupira de plus belle, avant de secouer la tête. Même au Paradis les choses pouvaient prendre des tournures plus qu'ennuyeuses. Face à elle, se tenait Yuetsu Hanabi. Un jeune homme élancé, à la chevelure d'un rouge particulièrement foncé, dont il ne semblait pas prendre particulièrement soin actuellement, puisque celle-ci apparaissait comme un tas désordonné, en bataille. Comme les autres membres de son rang, il portait un long haori blanc, décoré à l'effigie de ses pouvoirs. Un rouge ardent qui parcourait le col, entre autres, symbolisait l'âme brûlante qui consumait sa lame à chaque libération. Ses yeux rouges ne traduisaient pas la moindre trace de colère toutefois. Il apparaissait simplement comme un homme qui aimait s'amuser, rien de plus.

« — Elle a raison, Yuetsu. Tu fais de la peine à voir. »

Une seconde ombre se posa à quelques mètres des deux Shinigamis, attirant immédiatement leur attention. Une longue chevelure blonde se balançant au gré d'un vent clément accompagnait chacun de ses pas, les mèches de cette dernière restant soigneusement en place devant son visage, laissant apparaître ses pupilles bleues sévères. Elle portait également un long haori blanc, et finit par se poser droite, les bras croisés au niveau de sa poitrine, juste devant l'homme qui prétendait disposer de pouvoirs divins.

« — A… Arya ! Tu es arrivée plutôt vite ! ricana nerveusement Yuetsu, en se grattant l'arrière du crâne.

— Heureusement que je t'ai dit de m'attendre avant de partir, siffla l'intéressée, en dardant son regard assassin dans celui de son collègue, qui fit rapidement mine de ne pas l'avoir vu.

— Ah bon ? T'es sûre ? Je ne m'en souviens pas.

— Je te rappelle que tu es en mission, sombre idiot, lâcha la blonde, les yeux fermés. Et qu'actuellement, nous sommes à la recherche de dangers potentiels, alors cesse de prendre les choses de manière aussi décontractée.

— T'en fais pas ! répliqua son interlocuteur, en levant le poing droit. Tant que je peux le faire, c'est une bonne nouvelle, tu ne crois pas ?

— Tss ! Dire que tu vas bientôt te marier, je plains très sérieusement Emiko pour être si mal tombée.

— T'es toujours aussi gentille, dis donc … répondit Yuetsu, les yeux ronds comme des ballons.

— Bref. D'après le Capitaine Rôshin, des événements étranges surviennent dans ces secteurs. Autant aller en avoir le cœur net.

— Pourquoi tu te sens obligée de me rappeler toutes les modalités de la mission ?

— Si je te réponds, tu vas encore dire que je ''suis toujours aussi gentille'' alors je ne vais rien dire. Séria, on bouge.

— Ok ! répliqua la dernière citée, qui n'avait pas dit la moindre chose depuis le début de la conversation entre les deux Gardes Royaux. »

Arya Kaminari et Yuetsu Hanabi avaient la particularité d'avoir été intronisés Gardes Royaux le même jour. Tous deux nouaient une relation un petit peu particulière, mais surtout très forte en dépit de ce que la première citée pourrait bien dire. Séria, elle, obéissait simplement aux ordres de ses supérieurs. Elle appartenait à l'ordre de la Brigade d'Expédition, au détachement militaire, qu'elle avait récemment rejoint en tant que second. Étant donné la situation actuelle, la Brigade d'Expédition était de retour aux palais centraux et Séria avait de fait pu rejoindre une mission.

Mission qui la conduisait tout de même assez loin des forteresses célestes, pas réellement aux confins de la Dimension Royale, mais tout de même là où le paysage se modifiait grandement. La végétation se faisait ici plus dense, offrant un aspect plus sauvage et primaire à cet endroit. Il existait bien des animaux qui vivaient paisiblement dans cet endroit, et aucun ne devait engendrer la moindre gêne. Le soleil était encore placé haut dans les cieux, et éclairait toujours le voyage du trio. Étant donné son grade inférieur, Séria avait insisté pour être celle qui portait les sacs … ce qu'elle commençait d'ailleurs déjà à regretter.

Enfin … « déjà » … cela faisait quand même un certain nombre d'heures qui se sont écoulées. Elle accepta avec une joie modérément montrée la pause accordée par le Capitaine Kaminari, et posa sa charge sur sa droite, à côté d'un rocher. Actuellement, les Shinigamis avançaient dans une forêt qui ressemblait fortement à une zone plutôt tropicale, malgré une température plutôt élevée.

« — Il fait chaud, se lamenta soudainement Yuetsu, en agitant ses mains pour se donner un peu d'air.

— Tu te moques de moi … ? marmonna Arya, en arquant un sourcil devant le comportement douteux de son camarade.

— Non, mais on crève de chaud ici !

— Tu utilises le feu, arrête de dire n'importe quoi !

— Et alors ? Si j'utilise le feu ça ne veut pas dire que je suis immunisé contre la sensation de chaleur !

— Tu t'entraînes avec des températures bien plus élevées, imbécile ! »

Et c'était reparti pour une nouvelle dispute … ou plutôt, une multitude de réprimandes de la part d'Arya Kaminari à l'égard de son partenaire. Séria préférait toujours rester sagement à l'écart lors de telles joutes verbales et lança quelques regards dans les environs. D'un côté, elle comprenait vraiment Yuetsu, tant la chaleur étouffante des lieux commençait à avoir des effets sur elle, au point où ses gouttes de sueurs perlaient relativement fréquemment de son front.

Au bout de quelques secondes seulement, après avoir stoppé de se quereller avec Yuetsu, Arya s'approcha d'elle, assise sur un rocher, le regard un peu dans le vide.

« — Séria.

— O… Ouais ! Je suis bien là. Je suis bien là.

— Apparemment pas vraiment, lâcha son interlocutrice, en fermant les yeux. Il y a une rivière douce un petit peu plus loin, allons y prendre un bain. Yuetsu, tu restes ici à surveiller les sacs.

— C'est une blague ou quoi ? C'est moi qui aie souffert de la chaleur en premier !

— Je m'en fiche complètement.

— Pourquoi je ne pourrais pas venir ?

— Tu poses sérieusement la question ? grommela la blonde, des éclairs presque visibles dans ses pupilles. Tu vas te marier dans peu de temps, alors cesse de courir vers les femmes !

— Oulà oulà, il y a malentendu, là ! Déjà, de un : je ne cours pas vers les femmes. Et de deux, même si je vais me marier, en tant qu'être mâle de nature, je ne peux pas résister à l'appel du charme que procurerait la vision de toi et de Séria en train de prendre un bain ensemble … ! »

Un éclair frappa violemment, juste à côté de son visage, alors que son sourire idiot disparaissait lentement.

« — … Bien sûr, je plaisantais.

— C'était pas drôle, lâcha la blonde, en attrapant directement Séria par la main pour la forcer dans son sillage.

— Ah parce que tu sais ce qui est drôle ? s'étonna faussement Yuetsu, en élargissant les paupières. »

Lassée d'interagir avec lui, Arya disparut tout simplement à l'aide d'un shunpô, laissant seul le Shinigami Royal dans la forêt, les bras croisés et l'ennui profond gravé sur son visage. Décidant finalement d'obtempérer —il n'avait absolument pas le choix de toute manière—, Yuetsu se plaça sur le rocher, en levant les yeux en direction des cieux, couverts par l'épaisse végétation. Un petit sourire se dessina néanmoins sur son visage : au moins, la nature faisait bien les choses. Cet endroit était plus que magnifique.

Un petit peu plus loin, Séria et Arya avaient laissé leurs affaires sur la berge avant de plonger dans l'eau fraîche des environs. Cette fraîcheur apparut comme un véritable cadeau aux yeux des deux Shinigamis, même si celle qui commandait le Tonnerre préférait éviter d'aborder le sujet, cherchant visiblement à se donner une image d'une parfaite maîtrise de soi.

« — Au fait, Arya … demanda doucement Séria, en profitant du moment de relaxation à côté de sa supérieure hiérarchique. Est-ce que par hasard, tu aurais eu des informations plus précises sur ce qui est arrivé ?

— Pas tellement. Tout ce que je sais … c'est que notre point d'arrivée ne se trouve pas loin du lieu où Meikyû Mikomi a été aperçu pour la dernière fois. Il y a des fluctuations étranges d'énergie là-bas. En étant en harmonie avec la terre, le Capitaine Rôshin est capable de pouvoir en déceler quelques perturbations …

— C'est étrange, articula lentement la jeune femme aux cheveux bleus. Pourquoi a-t-il fait particulièrement attention à cette zone-là ?

— C'est là le problème. Il n'y a pas fait attention. La perturbation a été assez forte pour se faire ressentir d'elle-même. Il y a des villages à une dizaine de kilomètres de là. On commencera l'étude là-bas. »

Les mots avaient de quoi inquiéter. Depuis qu'elle avait rejoint la Brigade militaire, Séria avait pu croiser des créatures nommées communément « Hollows », qui dévoraient les âmes humaines. Mais hormis cette menace, il existerait quelque chose d'autre ? Sans savoir pour quelle raison, elle appréhendait énormément ce moment. Comme si quelque chose de terrible était sur le point de se produire, une mauvaise sensation insondable …

« — Ne t'inquiète pas, déclara finalement Arya, en lui tapotant doucement la tête. Peu importe ce dont il s'agit, deux Gardes Royaux sont largement suffisants pour assurer ta survie.

— Heu … merci. »

Plusieurs minutes après, le trio avait déjà repris la marche, dans le même paysage que depuis un moment maintenant.

« — Je suis le seul à trouver ça injuste que j'ai eu droit à cinq minutes et vous à vingt ? soupira Yuetsu, en secouant la tête de droite à gauche.

— Oui, répliqua sèchement Arya, qui menait la marche. »

Lorsqu'il lança son regard vers Séria, à la recherche d'un réconfort désespéré, il ne reçut qu'un haussement d'épaule —même pas compatissant— en guise de réponse. Et puis le chemin était long et déjà, la sensation de chaleur commençait à le gagner de nouveau. Réprimant finalement ses sensations d'injustice pour lui-même, le Garde Royal plaça ses mains derrière la tête avant de continuer sa marche. Ce voyage promettait d'être assez ennuyeux et long …

Et plus loin, les choses évoluaient d'une manière insoupçonnée … dans un décor chaotique et presque désertique, loin des constructions humaines, reposaient encore les souvenirs de la guerre passée. Des trous béants sur le sol, de la végétation qui ne pourra jamais repousser, des falaises anéanties en partie … et une sensation d'obscurité naissante. Alors que le soleil commençait déjà à décliner à l'horizon, les ténèbres envahissantes préparaient un retour au premier plan. Une fumée obscure, qui se dégageait lentement des fissures …

« — Si … longtemps … »

Une voix rauque, qui résonnait.

« — … Combien … de temps … ? »

Et de plus en plus de fumée, qui grandissait vers les cieux, en même temps que des grognements sourds dont le volume augmentait au fur et à mesure que le temps s'écoulait, offrant à la fois un spectacle sonore et visuel édifiant, en contraste total avec l'image que pouvait avoir le Paradis dans l'imaginaire commun. Et si finalement, l'Enfer s'élevait directement en son sein ?

« — De la vie … tellement de vie … »

Propos qui allaient pourtant contre ce qui pouvait être vu dans les alentours. Il n'y avait pas âme qui vive … du moins, dans les alentours immédiats. Parce que la vie avait effectivement repris ses droits, mais à une distance plutôt respectable … La fissure sur le sol s'élargit, de plus en plus, en même temps que les pierres ne commencent à s'en détacher. En même temps qu'une grande griffe n'en jaillisse, frappant le sol avec une violence bestiale. Dans l'obscurité la plus totale, deux points rouges perçants y devinrent pourtant assez visibles.

« — Déesse … oh déesse de la Destruction … où … te trouves-tu ? Où sont … tes enfants … ? »


Plus tard …

Le soleil déclinait totalement, laissant la nuit reprendre ses droits. Enfin, les Shinigamis arrivaient à destination. La sortie de la forêt avait été vécue comme un bol d'air frais par Yuetsu qui n'avait cessé d'en parler pendant au moins cinq bonnes minutes, avant de finalement trouver le temps long à force de parler tout seul. Le paysage changé offrait dorénavant plusieurs falaises escarpées très flatteuses pour la rétine, malgré une luminosité désormais plus restreinte.

« — Nous ne sommes plus très loin maintenant, déclara Arya, en posant son regard sérieux sur tout ce qui s'offrait devant elle.

— Qui pourrait honnêtement vivre au milieu d'un tel endroit ? Je veux dire, ce sont des fissures quoi. C'est dur de vivre ici et on est censés être au Paradis, alors pourquoi ne pas aller ailleurs ?

— Tu leur poseras la question toi-même, souffla la belle Shinigami aux cheveux blonds. Allons-y et ne perdons pas plus de temps. »

Tous avaient néanmoins noté une étrange fluctuation dans l'atmosphère. Sur ce point, le Capitaine Rôshin avait tout à fait raison dans ses craintes. Quelque chose se tramait ici, mais personne n'était réellement en mesure d'en donner une explication tangible pour l'instant. Il fallait continuer à s'approcher afin de pouvoir comprendre. Il fallait voir, pour que le cœur et la tête puissent suivre. Les minutes ne tardèrent pas à défiler, à plutôt vive allure d'ailleurs, avant que les Shinigamis ne commencent à entrapercevoir des traces humaines. Tantôt, quelques affaires laissées sur le sol par mégarde, que Séria ramassa d'ailleurs pour les rendre le cas échéant. Celle-ci avait d'ailleurs enfin donné les deux autres sacs restants à ses supérieurs, qui n'avaient pas vu le moindre inconvénient, fait relativement désespérant pour la moins gradée du groupe. Même si au final, elle s'en accommoda au bout de quelques minutes seulement.

Et après quelques minutes encore … un village —ou ce qui y ressemblait— apparut. Les habitations avaient la particularité de se trouver très dispersée, dans ces zones à peine baignées par la lumière du soleil. Yuetsu ne tarda pas à relancer son interrogation précédente sur le curieux mode vie adopté par ces personnes, sans recevoir de réponses de la part de ses partenaires. Dispersées, les habitations, le plus souvent faite de bois, ne comportaient donc pas de centre et l'organisation apparaissait encore floue, mais cela n'allait pas tarder à s'éclairer.

Étrangement, le silence régnait. Peut-être cela s'expliquait-il simplement par la nuit, finalement tombée dans ces contrées. Mais Séria avait une impression particulièrement étrange, alors que chacun de ses pas la conduisait sur le sentier sinueux de cet endroit. Sa main se renferma sur son Zanpakutô, doucement et fermement à la fois. Elle en ressentait la nécessité, comme si ses sens avaient naturellement été mis en alerte par une menace dont elle ignorait l'origine.

« — Vous pensez qu'ils dorment ? lâcha le Shinigami du Feu Divin.

— Aucune idée, répondit simplement Arya, en portant son regard de droite à gauche. Il va falloir vérifier.

— Quoi ?! Tu veux rentrer clandestinement chez les gens ? T'as décidément aucun code éthique, c'est terrible !

— Dit celui qui voulait nous rejoindre dans le bain alors qu'il va se marier.

— Encore avec cette histoire ? Je ne l'ai pas fait !

— Bref. Entrons. »

Sans plus de cérémonie, Arya s'approcha d'une maison. À l'intérieur, pas un bruit. Mais une sensation mauvaise, qui la força à poser la main sur son Zanpakutô, à sa taille. La trivialité ambiante diminua en effet franchement, lorsqu'elle poussa la porte, qui s'ouvrit un peu trop facilement à son goût. Beaucoup trop facilement même : la porte s'écroula sur le sol, sous les yeux ronds de la « coupable ».

« — Quelle sauvage ! Tu ne peux pas faire attention ?! reprocha dans la foulée son camarade de feu.

— Idiot, comme si ça pouvait être ma faute !

— Arya, Yuetsu … »

Occupés à se chamailler pendant quelques secondes, les deux Shinigamis oublièrent pratiquement de regarder à l'intérieur de la maison. Ce que Séria avait immédiatement fait. Et ce qui lui causa d'ailleurs un regard hagard, que ne tardèrent pas à partager ses deux comparses du jour. Parce qu'à l'intérieur de la maison, se trouvait une grande quantité de sang étalée sur le mur … juste derrière le cadavre en lambeaux d'un vieil homme et vraisemblablement de sa femme … que venait-il de se passer ici ?!

Arya fut la première à entrer à l'intérieur du domicile. Le mobilier avait été dévasté, comme si une mini-tempête avait fait irruption à l'intérieur de la maison, détruisant tout sur son passage et prenant au passage la vie de ses habitants. Mais la réalité différait clairement. Personne n'ignorait un fait évident : ces personnes venaient d'être tuées. Et le lourd silence qui accompagnait l'inspection n'augurait également rien de bon.

« — Qu'est-ce qui les a tués … ? marmonna Yuetsu. Un Hollow ?

— C'est impossible, répondit calmement sa camarade Capitaine. Les Hollows ne peuvent pas entrer au Paradis …

— Regardons dans les autres maisons, proposa Séria, en se raclant doucement la gorge. S'il y a quelqu'un de vivant … il pourra bien nous expliquer. »

S'il y avait quelqu'un de vivant …

Parce que plus les secondes avançaient, et plus le fait devenait évident aux yeux du trio : le silence pesant du village lui avait été imposé. Restait à savoir qui et pourquoi … en mettant un pied dehors, Séria écarquilla immédiatement les yeux : parce non loin d'elle, la réponse à ses interrogations venait d'apparaître. Une ombre sombre, qui se tenait là, juste en face d'elle. Des yeux rouges perçants, qui perforaient son être entier.

« — … As-tu … peur … ? »

Une voix rauque, qui la terrifiait simplement. À ce moment précis, Séria Alario eut l'impression de regarder la Mort droit dans les yeux … avant même que ses deux partenaires ne reviennent, son destin venait d'être scellé. À cet instant fatidique où deux êtres se rencontrent …

« — … J'existe de nouveau … »

NEXT CHAPTER : FEARED HEARTS — HOLY SWORDS VS THE DEMON KING

Les coulisses du Chapitre — « De nouvelles aventures sans Ichigo Kurosaki »

Ichigo Kurosaki : QUOI ?!

Yuetsu Hanabi : HAHAHA ! Oui ! C'est moi le personnage principal !

Séria Alario : En fait cette histoire éclaire mon passé. On ne connaissait même pas ton existence.

Arya Kaminari : Pff. C'est moi la star de cette mini-histoire.

Ichigo Kurosaki : NON MAIS VOUS VOUS FOUTEZ DE MOI ?! COMMENT OSEZ-VOUS M'IGNORER ?!

Yuetsu Hanabi : J'ai l'impression que le vent parle. Enfin, tant que nous sommes là, allons remercier les personnages de Rising Hell.

Byakuya Kuchiki (ferme les yeux) : Oui. Faites bon usage de la fiction dans laquelle j'ai tant brillé.

Ichigo Kurosaki (pleure) : Arrêtez … arrêtez !

Yuetsu Hanabi : De rien ! Qui était donc le personnage principal de votre fiction ?

Byakuya Kuchiki : Moi-même.

Yuetsu Hanabi : Ah, c'est cool ça.

Ichigo Kurosaki (se redresse) : Mais oui. Allez-y ignorez moi encore. Vous pensez que j'ai oublié que le psychologue m'avait déjà ignoré dans une des previews ? Niquez vos races.

Plus tard …

Ichigo Kurosaki : Rukia.

Rukia Kuchiki : Oh ! J'aime beaucoup ce dessin, Inoue !

Inoue Orihime : Merci, Kuchiki-san ! C'est un dessin de moi en tant qu'astronaute !

Rukia Kuchiki : Oui, c'est génial ! (Pensées : Ah, c'était pas moi … ? En fait je m'en fous alors …)

Ichigo Kurosaki : RUKIA ! RUKIA !

Elle ne répond pas ! Ichigo tombe à genoux !

Ichigo Kurosaki : Je n'y crois pas … tout le monde m'ignore ! Pas seulement une ou deux personnes !

Ginjô Kugo : Salut Ichigo.

Ichigo Kurosaki (choqué) : Tu … me vois ?

Ginjô Kugo : Oui. Je reconnais les miens.

Ichigo Kurosaki (pousse Ginjô) : J'suis pas comme toi !

Ginjô Kugo : Ah bon ? Pourtant, tout le monde t'ignore non ? Ça veut dire que tu es comme moi. Personne ne m'aime. Et personne ne t'aime non plus.

Ichigo Kurosaki : NON ! Je n'en crois rien !

Ginjô Kugo : Une nouvelle aventure commence, Ichigo. Et tu n'es pas invité dedans. C'est facile de réécrire l'histoire.

Ichigo Kurosaki : … ?

Ginjô Kugo : Regarde donc plutôt !

Plus loin (où Ichigo Kurosaki regarde) :

Rukia Kuchiki : Tu veux … sauver ta famille ?

Yuetsu Hanabi : Bien sûr ! Il y a un moyen ?

Ichigo Kurosaki (s'étouffe) : A-Attends, c'est quoi ce délire ?

Rukia Kuchiki : Tu dois devenir … un Shinigami !

Yuetsu Hanabi : Donne-moi ton épée, Shinigami.

Ichigo Kurosaki (se liquéfie) : ARGHHH.

Rukia Kuchiki : Ce n'est pas « Shinigami » … je me nomme Kuchiki Rukia.

Yuetsu Hanabi : Je suis … Hanabi Yuetsu.

Un éclat de lumière intense.

Soudainement, le décor change …

Yuetsu Hanabi : Tais-toi et regarde.

Rukia Kuchiki : Yuetsu … !

Sur la colline du Sokyôku, Yuetsu fait tournoyer Zangetsu au-dessus de sa tête.

Ichigo Kurosaki : HAAAAAAAAA NOOOON ! COMMENT IL OSE ?! JE VAIS LE TUER ! JE VAIS LE TUER !

Yuetsu Hanabi : Je peux te voir, Kuchiki Byakuya !

Ichigo est pris de spasmes.

Yuetsu Hanabi : Tensa Zangetsu.

Ichigo s'étrangle.

Grimmjow Jaggerjack : Quoi … ? Qu'est-ce … qu'est-ce que tu t'es fait, bordel ?!

Yuetsu Hanabi (apparaît dans son dos) : Désolé, Grimmjow. Pas le temps de te l'expliquer.

Une explosion ténébreuse retentit !

Ginjô Kugo : Tu connais le désespoir, Ichigo ?

Ichigo Kurosaki : Ne … fais pas du genre que tu sais ce que je ressens. Tout le monde s'en fout de toi alors que moi … alors que moi je suis badass !

Ginjô Kugo (froid) : Regarde plutôt.

Les yeux de Kurosaki Ichigo s'écarquillent, et une terreur s'empare de son corps.

Aizen Sôsuke : Intéressant. Seul quelqu'un possédant le pouvoir de me défier peut prononcer ces mots. Mais ne t'en fais pas. La ville de Karakura n'aura pas à-

Yuetsu Hanabi (s'empare du visage d'Aizen et le projette, après un vol de plusieurs kilomètres) :

Aizen Sôsuke : Impossible ! Il ne peut pas me surpasser de cette façon !

Yuetsu Hanabi se pose sur le sol, sa chevelure un peu plus longue masquant à peine son regard froid.

Yuetsu Hanabi : Allons-y, Aizen. Je vais en finir en un instant.

Ichigo Kurosaki : SALE MONSTRE ! COMMENT OSES-TU ?! JE VAIS TE BUTER ! JE VAIS TE BUTER !

Yuetsu Hanabi : Quelle sensation étrange. Quand j'ai reculé lors de notre dernier combat, tu m'as demandé pourquoi. Laisse-moi te poser cette question : pourquoi viens-tu de reculer ?

Ichigo meurt.

Yuetsu Hanabi : C'est … tout ce que t'as ?

Ichigo renaît et remeurt.

Yuetsu Hanabi : J'en ai assez … de tes bavardages.

Aizen Sôsuke & Ichigo Kurosaki (Pensées) : Arrête de faire pitié putain !

Yuetsu Hanabi : Je suis devenu Getsuga lui-même.

Ichigo se roule par terre et frappe frénétiquement le sol.

Ginjô Kugo : Alors ? Quel est le verdict ?

Yuetsu Hanabi (froid) : Mugetsu.

Aizen meurt !

Ichigo Kurosaki : QUOI ?! ÇA S'EST PAS PASSÉ COMME ÇA AVEC MOI !

Yuetsu Hanabi (ferme les yeux) : La Soul Society … n'aura plus rien à craindre de toi désormais.

Yuetsu retrouve sa forme normale (chaîne sur le bras) et tourne les talons.

Ichigo Kurosaki : Et il perd pas ses pouvoirs ?!

Yuetsu Hanabi : J'aurais éternellement … le pouvoir de protéger.

Cette fois-ci, Ichigo disparaît pour de bon.