Je vous souhaite à toutes et tous un Joyeux Noël, voici la suite de LaT en espérant que cela vous plaise.

Nanais2022: Avec grand plaisir, je mets du temps à écrire et poster mais je suis ravie que tu recommences l'histoire hihi

Les prochains chapitres seront donc pour l'année prochaine, je vous souhaite en avance une très bonne année 2025, qu'elle vous soit belle, que vous ayez la santé, que vos vies soient plus souriantes et surtout que vous soyez entourés de vos proches. L'importance de rester optimiste sera encore bien plus grand cette année mais je suis persuadée qu'il y a du bon encore sur la terre.

Je reste bien entendue joignable par messagerie ou sur le discord : /TQz4HS2568

Merci à tous et toutes de suivre mon histoire si importante pour moi et merci aux petits fantômes de lire dans l'ombre.

Je me tais et vous laisse lire tranquillement.

À tout bientôt.

Capitaine Kaname.


Chapitre 29: Quartz

Je la regardais partir non sans sourire, je ne peux pas nier que j'adorais la pousser à bout... Même si c'était à mes dépends. J'avais très envie d'elle et à force de chercher la petite bête, je subissais malgré moi la frustration. Nous étions deux à faire monter la pression et je n'avais aucune idée de qui allait craquer le premier et si ça serait le cas un jour.

Elle était sublime à cette soirée, la voir aussi à l'aise, même si je ne lui avais pas beaucoup parlé, je pouvais sentir qu'elle était dans son élément. Quand Tanya m'avait demandé comment je trouvais sa tenue, j'étais sans voix et même si j'avais tourné ça en la faveur, je la trouvais attirante, sexy et elle avait mis à mal mon self-control. Alors quand il a fallu jouer un peu avec ses nerfs, c'était de bonne guerre, j'avais répondu présent naturellement, déjà parce que j'adorais ce jeu du chat et de la souris et aussi parce qu'elle me rendait fou de désir. C'est pour cela que j'avais décidé de lui faire une petite surprise à la piscine pour voir sa réaction. Et j'étais loin d'être déçu, elle était à couper le souffle dans ce maillot vert, il mettait son corps, ses courbes, ses formes en valeur.

Je me séchais rapidement en constatant qu'il me fallait une bonne douche froide. Je me dirigeais vers les vestiaires pour remédier à ce problème... J'appréciais vraiment la quiétude des lieux, le personnel était très présent mais savait être effacé quand il le fallait. Je détendais mes muscles sous l'eau chaude, cela me faisait un bien fou, j'avais encore quelques courbatures des nombreux changements de literie et de positions durant les voyages. Et pour les problèmes qui s'ajoutaient, si je pouvais dire, grâce ou à cause de Bella.

Quand je revenais dans les vestiaires pour m'habiller prestement de mon peignoir et d'un bermudas sec. J'allais sûrement prendre le temps de travailler mes discours pour le salon et surtout du repos bien mérité.

Il y avait de nombreuses récompenses qui allaient être données pendant ces prochains jours, alors il fallait être prêt. J'appréciais beaucoup les remises de prix, cela permettait de faire connaître et reconnaître le travail des personnes récompensées et surtout que, pour en avoir reçu, cela faisait chaud au cœur d'être reconnu par ses pairs. C'était encourageant et gratifiant.

Je jetais un dernier coup d'œil sur mes cheveux, c'était toujours peine perdue de les coiffer mais bon, j'aurai au moins essayé. Je sortis des vestiaires, non sans un regard vers les salles de soins, quand je pense que Bella devait en ce moment passer par les mains expertes des masseuses. Je me battais entre l'idée de faire demi tour pour la rejoindre et la raison de me ranger sagement dans mes appartements. Mon petit diablotin personnel avait déjà choisi son camp et mourrait d'envie de céder à ses pulsions alors que ma raison était d'avis de faire profil bas.

J'étais étonné de voir que notre petite troupe fonctionnait aussi bien, nous n'étions pas toujours d'accord, et heureusement, mais dans l'ensemble, nous arrivions à un certain équilibre qui me plaisait bien. Je savais qu'il n'y aurait pas de problèmes avec ma famille mais c'était l'inconnu des autres personnes qui aurait pu causer des ennuis, finalement il n'en était rien et j'étais surpris de me trouver des affinités avec chacun.

Je me regardai dans le miroir en rentrant dans ma chambre, j'avais quelques cernes qui ne partiraient pas d'aussi tôt, je m'asseyais dans le fauteuil en face du bureau pour travailler. Le salon allait être un énorme morceau, c'était un des plus grand au monde et il faut reconnaître que le marché asiatique était très important. Je n'étais pas particulièrement féru du "réseautage" mais il le fallait bien pour garder une bonne image et surtout des relations dont on pouvait avoir besoin tout au long d'une carrière. C'était notre travail de trouver des pierres plus magnifiques les unes que les autres mais s'il n'y avait pas les personnes derrière, cela ne servait pas à grand chose. Puis avec la clientèle de plus en plus en demande, nous étions obligés d'être en constante évolution pour répondre à tous.

Il y aurait une grande partie sur les moyens technologiques et il fallait que l'on soit réactif. Le marché était extrêmement concurrentiel et le fait d'avoir toujours quelques coups d'avance nous rendait bien service. Mes parents étaient discrets et ils faisaient peu de salons en dehors de la Suisse ou de l'Italie mais ils était présents partout grâce à leurs relations et à nous. En plus de leur talent inné, celui de maman d'être toujours juste dans ses créations, elle était presque ce que l'on pouvait appeler avant-gardiste; et papa avait ce charisme naturel qui lui permettait d'envoûter n'importe qui, ce qui était bien utile quand il fallait convaincre des entreprises pour des partenariats ou des grandes marques pour des collaborations. Il y avait peu de collections chez les Cullen mais c'était des montres d'une qualité inégalée.

J'étais incroyablement fier de mes parents, déjà parce que leur amour traversait les années et ils s'aimaient comme au premier jour, mais aussi parce qu'ils nous avaient inculqué des valeurs, que l'on essayait d'appliquer du mieux possible et de partager.

Je jetais un coup d'œil à ma montre, ce n'était pas une de mes parents mais une Jaeger-LeCoultre Reverso, je portais d'habitude une autre de ma collection mais j'avais craqué pour un modèle en avant-première, le modèle célébrant l'année du dragon. J'étais fasciné par le mécanisme réversible qui protégeait le verre et le cadre. L'inspiration venait des années 30, sur les terrains de polo en Inde. Il fallait diminuer le risque d'abîmer la montre une fois à cheval. La face cachée du boîtier pivotant, il y avait un dragon asiatique posé sur de l'or rose dans un fond en émail Grand Feu noir opaque. La technique du Grand Feu était un savoir-faire qui consiste à déposer un mélange de poudre d'émail et d'eau sur un oxydes métalliques pour obtenir d'autres couleurs, par exemple mélangé à du cobalt, cela donnait du bleu, vert pour le chrome, rouge pour l'iode... Enfin, on transforme le verre par fusion, c'est la vitrification. Pour un cadran de montre, l'émail est généralement fondu sur une plaque en cuivre. Quel est le but de tout ça ? Je crois que cela ne tient qu'à un mot, le "charme", le charme des couleurs magnifiées, les nuances délicates, la texture lisse et parfaitement inimitable. Comme un miroir d'eau, le dragon était presque vivant grâce aux jeux de lumière. Puis l'émail ne s'altère pas avec le temps, pratique pour une montre où le temps défile. Mon père m'avait vraiment rendu mordu d'horlogerie et j'en étais fier.

Je ne disais pas toujours ce que je pensais d'eux à mes parents, peut-être à tord, ces derniers jours je ressentais le besoin de passer du temps avec eux. On ne passait pas énormément de temps en famille mais quand on passait chez eux, c'était toujours des moments de grandes complicité et de partage. J'adorais ma famille et ce voyage m'avait ouvert les yeux, en voyant le lien entre Emmett et Bella, la meute, j'avais envie de continuer à faire des efforts à notre retour pour consacrer plus de temps pour les gens que j'aimais.

— Tu me sembles bien pensif... Me dit l'intrus qui avait fait irruption dans ma chambre. Je souriais, j'avais reconnu le son de la voix de ma sœur.

— Je profitais juste du calme mais ça c'était avant... Elle me fit une tape sur l'épaule qui a plus eu le don de me faire rire que mal.

— Espèce de con va ! Fit-elle faussement énervée, elle riait en me donnait des petites tapes.

— Professeur Con, s'il te plaît ! Renchérissai-je de plus belle. Elle fit le tour pour m'enlacer, étreinte que je lui rendis avec plaisir.

— Je ne sais pas ce que je vais devoir offrir à Bella mais elle mérite quelque chose de beau !

— Et pourquoi tu offrirais quelque chose à Bella ? Dis-je méfiant.

— Parce qu'elle a réussi à faire évoluer mon cro-magnon de frère et crois moi, ce n'était pas de la tarte ! Continua ma sœur d'une voix enjouée.

— Attends attends ! Qu'est ce que tu veux dire par là !

—Je pense qu'Ali sera du même avis mais pour moi, elle m'a rendu mon frère... Je regardai ma sœur avec interrogation, Rosalie n'était pas du genre à s'ouvrir et le fait qu'elle le fasse, je ne voulais pas perdre une miette de ce qu'elle pouvait dire. Rohw tu sais bien - Elle roula des yeux, je sais qu'elle était gênée par la tournure de la conversation, mais je sais aussi qu'elle allait continuer - Tu étais à la limite du robot.

— Comment ça ? Je pense quand même que j'arrivais à éprouver des choses ! M'empourpai-je.

— Tu vois très bien de quoi je parle, tu ne venais plus à la maison, c'était le boulot et que ça - J'ouvris la bouche pour rétorquer quelque chose mais elle fit geste de me taire - Non écoute moi Edward, tu étais le fantôme de toi, autant tu pouvais être sérieux et travailleur mais là c'était une spirale infernale de quête de la perfection alors que franchement... Regarde toi, tu n'as rien à prouver, tu es plus que qualifié, reconnu et respecté alors oui, je trouve que Bella a une très bonne influence sur toi et par pitié, ne la fait pas fuir ! Me confia Rosalie dans un souffle.

Je clignais des yeux face à sa confession et son approbation pour avoir Bella près de nous, enfin c'est comme ça que je le traduisais. Je restais un moment silencieux, elle me regardait inquiète mais respectait mon silence. C'est vrai que depuis quelques années j'avais coupé les liens sociaux, pas par snobisme ou quoi, juste parce que je ne voyais plus l'intérêt de perdre du temps avec des futilités. J'aimais la compagnie de bons livres, de recherches et de travail. Les gens, à mon avis, devenaient de plus en plus intéressés qu'intéressants, particulièrement dans mon milieu où les personnes étaient toujours demandeuses de faveurs, de faire-valoir. Des pistons j'en avais côtoyé et il y avait deux catégories, ceux qui voulaient absolument se faire bien voir pour être certains d'avoir un poste après et ceux qui pensaient que tout leur était dû parce qu'ils étaient le fils ou la fille "de". Nous sommes tous les fils ou les filles "de" nos parents, il fallait juste apprendre à tirer les avantages et les inconvénients d'avoir une famille influente dans le monde du luxe et savoir s'entourer des bonnes personnes. Je revenais à la réalité, j'étais parti dans mes pensées lointaines.

— C'est drôle, j'ai l'impression que l'on a retrouvé cette connexion car je me disais la même chose...

— Quoi donc ?

— Que j'avais repris goût aux moments partagés, j'avais envie de voir les parents pour vivre cette aventure avec eux et puis je regrettais un peu d'avoir été trop couillon pour m'enfermer dans ma grotte... Je fis une moue désolée à la Alice.

— Je pense... Qu'il n'y a pas de regrets ou de remords à avoir, et je suis ravie que tu puisses évoluer et que l'on sorte grandis de tout ça. Elle levait les bras pour m'enlacer, j'étais plus grand qu'elle debout. Un détail me fit sourire, elle ne manqua pas de voir que je l'avais vu et elle rougit.

— Attends attends ! Que voiiiis-je ? Insistai-je bien en montrant l'objet de mon attention du doigt.

— Rien, c'est riiiiien ! Rosalie se défit de mon étreinte et commença à courir dans la chambre, je la suivais en riant tout en étant concentré sur mon objectif.

— Rosalie Lilian Cullen ! Croassai-je en la poursuivant de plus belle.

— Hiiii arrête Edwaaaard ! Couina ma sœur, depuis quand Rosalie émettait ce genre de son ?

— Mais qu'est ce qu'il se passe ici ? S'écria Alice, qui était rentrée aussi facilement que Rosalie dans ma chambre, à croire que le fait d'avoir une clé ne servait strictement à rien quand on avait deux sœurs aussi tenaces.

Rosalie et moi nous nous retournions de concert vers notre sœur. Elle avait beau être la plus petite que ça soit en taille ou en âge, Alice avait ce don d'effrayer qui que se soit.

— C'est Edward qui a commencé !

— C'est pas ma faute c'est Rosalie !

Nous avions dit ça simultanément, après un bref silence, on éclata de rire tous les trois avant de s'affaler dans le canapé.

— Vous êtes des enfants ! Commenta Alice.

— T'es pas mieux placée mini pouce ! Elle me tira la langue en guise de réponse. Puis elle leva un sourcil interrogateur dans ma direction pour que je m'explique. Bon et bien... Tu nous as trouvé en train de courir parce qu'en fait j'ai...

— ROSALIE LILIAN CULLEN ! Cria ma sœur d'un coup, ce qui nous fit sursauter.

— Toi tu vas passer un sale quart d'heure. Chuchotais-je à Rosalie qui commençait à se décomposer.

— Attends Alice en fait... Commença Rosalie en levant les mains en signe d'apaisement, ce qui eut pour effet contraire, la pile électrique Alice était en route.

— Je voudrais savoir pouuuuuurquoi je ne suis au courant qu'une fois terminé ! Renchérit Alice, sa voix était partie dans les aigus.

— Euh peut-être parce que c'est d'abord un projet personnel... Dit avec aplomb Rosalie, moi, je me contentais de les regarder en essayant de ne pas rire.

— Tu ne nous fais plus confiance, tu ne veux plus rien partager avec nous... Fit Alice avec ses petits yeux de chat malheureux... Je voyais que la détermination de Rosalie à être ferme commençait à s'ébranler.

— C'est pas ça... J'avais presque de la peine en voyant Rosalie galérer à ce point, elle qui était si éloquente, elle n'avait plus beaucoup de mots face à notre sœur.

— Non mais je comprends... Tu as tes secrets et je ne fais plus partie de tes confidentes... Alice était diabolique, le pire, c'est que j'étais persuadée qu'elle prenait un malin plaisir à faire tourner en bourrique Rose.

— Bon... Edward avait bien vu... J'ai un tatouage... Elle accompagna sa phrase en remontant son haut. Je regardai plus intensément le tatouage sur sa côte, c'était délicat et coloré. Il se trouvait presque à l'ovale de son sein. J'avais bien vu quelque chose quand son haut s'était remonté lors de notre étreinte mais je n'avais pas pu tout regarder en détail.

— C'est adorable Rose... J'adore ! Alice avait changé de ton et elle regardait maintenant Rosalie avec tendresse.

— C'est une mésange et une branche de cerisiers...

— Un oiseau... Attends mais... Alice avait un sourire carnassier. Je connais quelqu'un qui a un tatouage d'oiseau ! S'écria le mini pouce.

— Mais oui tu as raison ! Je le connais aussi... En même temps Ali ce n'est pas difficile c'est son copain ! Je me moquais ouvertement de ma sœur qui se la jouait enquêtrice.

— Rohw tu gâches tout le romantisme là ! Je le sais bien tête de nœud ! M'engueula le lutin.

— Arrêtez de vous moquer ! Fit Rosalie tristement.

Je regardai ma sœur en fronçant les sourcils.

— Rose, je te taquine mais jamais je me moquerai, je trouve ça vraiment mignon comme démarche. Je le vois bien comme tu es heureuse avec lui et je ne peux qu'approuver ce beau frère. Dis-je sérieusement.

— Edward... Tu as dit beau-frère ? S'étonna Alice.

— Euh... -Ça avait du m'échapper mais jamais j'allais l'avouer- Non, non j'ai dit qu'approuver ce que tu peux faire !

— C'est ça ! À d'autres ! S'amusa Alice alors que Rosalie me prenait dans ses bras.

— Merci... Ça compte beaucoup... Vraiment... Je sais que c'est prématuré et que c'est fait sur un coup de tête et franchement je ne pensais pas me faire tatouer... Mais je sais que c'est lui, c'est viscéral... Un peu comme Alice et Jasper c'est une évidence. Elle avait les larmes aux yeux mais ils pétillaient d'amour en même temps.

— Oh ma chérie. Alice se joignit au câlin collectif. Je soupirai d'aise d'avoir mes sœurs dans les bras.

— Boon aller on arrête les câlins, on va croire que je suis sentimental après tout ça ! Je grognais pour la forme.

— On sait très bien que tu es un faux glaçon !

— Un... Un quoi...? Ricanai-je.

— Rohw tu sais Rose est la reine des glaces et toi t'es un petit glaçon à côté, alors qu'on sait tous que tu as énormément d'amour à donner.

— Et qu'en plus tu fais beaucoup dans l'ombre...

— Pas tant que ça...

— Mais si tu es un des hommes le plus généreux que je connaisse et même si tu as un melon pas possible... Tu restes quand même humble... Quand on te connait.

— Et ça c'est pas gagné quand il s'agit de t'approcher !

— Bah je vous en prie, continuez... Je boudais comme un enfant.

— Et quand on parle d'amour... Tu avances Don Juan ? Demanda Alice.

— Je dirai que j'avance en vitesse tortue mais... Je crois que c'est sur la bonne voie.

— Tu rougies ? Me taquina Rose.

— Mais non... Juste que hum, je ne sais pas si je...

—Si tu vas pas crouler sous la pression ?! Tu es dans une phase frustration mon petit. Alice avait un ton clairement moqueur.

— Heureusement que les douches froides existent ! Rosalie rit de plus belle.

— Moquez vous c'est ça ! Grognai-je piqué dans ma virilité.

— Mon pauvre frère... En tout cas on te soutient !

— En parlant de soutien, comment va Jane ? Demandai-je sérieusement.

— Comme tu peux t'en douter, elle est... débordée et légèrement angoissée. Répondit Rosalie.

— En même temps je peux la comprendre, elle participe à un concours de gouachés, même si elle a du travail avec les différentes maisons, c'est toujours enrichissant de pouvoir concourir avec ses créations. Affirma Rosalie.

— C'est nouveau cette compétition ? Je n'avais pas souvenirs d'avoir vu ça sur le marché asiatique.

— Je crois qu'ils veulent aussi montrer le savoir faire des gouachés à la main. Jane fait partie des rares qui ne soient pas totalement passés au tout digital. Alice répondit à ma question rapidement.

— Et c'est tout à son honneur. Acquiesçai-je.

— C'est vrai que même si les logiciels de designs sont de plus en plus sophistiqués, je trouve que ça manque de charme. Fit Rosalie pensive.

— Et vous, vous êtes prêtes pour demain ?

— C'est plutôt à toi que l'on devrait demander ça ! Pouffa Rose.

— Mouais, je ne suis pas tout seul, il y a Ali' et puis le staff d'ici.

— Oui mais tu es un des acteurs majeurs.

— Je suis important, il est vrai. Souriais-je.

Mes sœurs partirent dans la soirée, ce qui me laissa un peu de répit pour peaufiner mes discours, je n'avais pas besoin de réviser ce que j'allais dire, quand il s'agissait de parler de mon travail, c'était un plaisir et non pas une corvée.

Je regardai ma montre, il était maintenant trois heures du matin, je n'avais pas du tout vu le temps passer, que cela soit avec mes sœurs ou seul. Puisque je n'avais plus rien à faire, mes pensées dérivèrent vers Bella je me demandais si elle stressait, la connaissant, elle devait un peu redouter les moments d'interview mais pour le reste, elle devait être plus assurée de ses compétences à mettre en avant la beauté des bijoux et des pierres.

Je retirai mon t-shirt que j'avais passé après le spa, je fis quelques étirements et un peu de sport avant de filer sous la couette. La nuit fut courte, je me réveillais plusieurs fois en sursaut, je ne sais pas pourquoi j'avais des souvenirs avec les jumeaux qui remontaient dans ma mémoire. Je refusais de leur laisser plus de place dans ma vie, ils ne méritaient pas de seconde, troisième ou énième chance. Pas après tout ce qu'ils avaient fait. Ils étaient mauvais et ce n'était plus à prouver.

Je pris une longue douche pour me détendre et surtout me faire oublier cette nuit. Je passais une chemise blanche, mon costume vert trois pièces en coupe anglaise comme je les aime, je n'appréciais pas plus que ça les coupes italiennes. Je finis de mettre ma montre et je me demandais si je mettais un nœud papillon ou une cravate, après réflexion je pris le nœud papillon marron. Cela allait bien se marier avec mon costume vert thym avec un gilet beige. Je pense qu'Alice allait valider ma tenue. Les couleurs étaient importantes en Chine, même si le vert symbolisait la santé, la patience, il ne fallait surtout pas porter un chapeau vert qui lui symbolisait l'infidélité. Je me regardais dans le miroir, ma barbe n'était pas trop longue, je l'avais taillé pour «faire propre» mais je la gardais.

Je descendis dans le hall, j'avais faim mais je n'avais pas pour habitude de beaucoup déjeuner avant des rendez-vous importants. La tablée était déjà pleine mise à part Bella qui arrivait avec un superbe costume vert aussi et une chemise blanche en fine dentelle qui laissait entrevoir sa poitrine sans pour autant être vulgaire. Elle était... sublime, depuis quelques temps, elle se dévoilait de plus en plus, non pas qu'elle ne l'était pas avant mais là, je remarquai qu'elle portait des tenues qui en voulaient à mon contrôle. Et j'adorais ça. Elle s'approcha de moi et m'embrassa au coin de la bouche. Je frissonnais et souris en coin, j'avais l'impression que j'allais avoir le revers de la médaille d'hier.

— Bonjour Professeur... Chuchota Bella, qui elle aussi souriait de toutes ses dents.

— Bonjour... Isabella, as-tu bien dormi ? Ma voix était légèrement rauque.

— Mmh, figurez-vous que la dernière soirée a été quelque peu frustrante...

— Voyez-vous ça ? Je n'arrivais pas à détacher mon regard de ses boucles d'oreilles en spirales. Elle portait la nouvelle collection Fabergé en collaboration avec Beetlejuice, elle avait choisit l'or blanc, émeraude et émail. Sa bague, assortie, présentait deux émeraudes en forme de poire, des diamants taille brillants ronds et un petit rubis rond. Le col de sa chemise était fermé par une barre, d'un côté il y avait la tête de Headworm sertie d'or blanc et à la fin une queue semblable à un serpent à sonnette avec six émeraudes. Elle avait fait un parfait choix.

— Et bien, il se trouve que j'ai fait une rencontre fortuite en allant au spa et elle m'a laissé... Comment dire, sur ma faim. Elle lécha doucement ses lèvres, elle savait très bien qu'elle menait la danse.

— Oh... Je me demande quelle personne oserait vous laisser comme ça...

— Certainement qu'un gentleman comme vous, n'aurez jamais osé le faire, je me trompe ?

— Hum... Peut-être que, je suppose bien sûr, que même un gentleman, adorerait le défi que cela représente de garder son contrôle... Et que la course est aussi intéressante que la ligne d'arrivée...

Elle souriait presque tendrement, ses yeux ne perdaient pas de leur éclat de malice pour autant mais elle avait ce regard infiniment doux.

— Oui, je suis plutôt d'accord avec vous Professeur...

— Tu es prête pour aujourd'hui ? M'enquérais-je.

— Je crois que je ne le serai jamais ! Elle éclata de rire tout en faisant une moue déconfite.

— J'ai confiance en toi... Vraiment. Tentais-je de la rassurer.

Elle soufflait pour se retenir de répondre quelque chose qui ne m'aurait sûrement pas plu.

— Je sais que nous sommes tous qualifiés, nous ne serions pas tous dans le même bateau sinon... - J'esquissais un sourire en coin, ça c'était bien vrai- Mais je n'ai jamais fait quelque chose d'aussi grand... Avec autant de monde, de... d'enjeux...

J'attrapais son visage entre mes mains pour qu'elle me regarde, elle fût étonnée par mon geste mais une fois la surprise passée, j'avais toute son attention.

— Tu n'as de compte à rendre à personne, tu es cultivée, talentueuse, passionnée... Je vais m'arrêter là parce que tu ne vas plus rentrer dans tes chaussures. - Elle sourit doucement même si je voyais bien qu'elle n'était pas convaincue - Mais si tu n'es pas d'accord avec moi, alors je te dirais que le grand Professeur reconnu, respecté, d'un savoir immense ne travaillerais pas avec des amatrices ! Cette fois-ci, elle rit franchement.

J'étais content de voir qu'elle s'était un peu détendue et d'être responsable de son changement d'humeur. Elle se défit doucement de mes mains et redéposa ses lèvres sur ma joue, marquant un peu plus son baiser. J'allais y prendre goût c'est plus que certain. Elle chuchota un merci alors que ma joue retenait la chaleur de ses lèvres encore un peu.

Dans un clignement de paupières, je me reconnectai à la réalité, presque dans un «pop» comme pour marquer l'éclatement de cette bulle. Nous nous engagions dans la voiture spacieuse qui nous attendait, suivis de mes sœurs et son frère. Le reste de l'équipe se retrouvait dans un van pour contenir le matériel.

Je m'enfermais dans mon rôle de Professeur, dans ma tête s'entrechoquait mon discours, ce que j'avais retenu des intervenants, des personnes à qui parler pour les convaincre et à bien d'autres choses. Mon cerveau était comme une toile d'où partait des mots, des symboles puis s'ouvrait vers d'autres voies, d'autres pensées comme un immense réseau où se rejoignaient ou non le fil de mes idées. Parfois cela faisait mouche et comme par magie, il sélectionnait ce qui allait ensemble ou non, pour ensuite ouvrir encore d'autres chemins. Le tri se faisait facilement, parfois avec plus de difficultés... Mais le plus souvent, c'était un monde immense qui se laissait petit à petit découvrir.

Je fermais les yeux brièvement, satisfait de mon «éclaircissement mental». Le reste de la journée était limpide et je savais où mettre les pieds. Je regardai ma sœur qui s'affairait avec des fiches, des croquis, elle notait frénétiquement des choses dans un carnet. Rosalie, elle, lisait le programme des conférences. Alice et elle avaient une conférence aujourd'hui, pour ma part, j'allais d'abord parler aux fournisseurs et autres collaborateurs. Ma conférence se ferait le lendemain.

Nous arrivâmes devant le hall des expositions, c'était encore plus grand que dans mes souvenirs, ils avaient étendu le salon sur 5 étages.

Nous fûmes accueillis par Sophia Chong et Patrick Lau une partie infime de la direction. Les autres directeurs et directrices adjoints étaient déjà au travail tandis que Margaret Fong, la directrice exécutive se préparait pour son discours. La journée allait être longue puisqu'elle allait se clôturer par le dîner de Gala. Bella et Emmett rejoignirent l'équipe technique quant à moi je partais avec mes sœurs et les représentants du salon.

J'eus juste le temps de voir Jasper et les autres mais je savais que Bella serait entre de bonnes mains donc c'est confiant que je franchis les portes. Sophia engagea la conversation, je ne la connaissais que très peu mais de ce que j'avais lu, elle supervisait les expositions commerciales et publiques. En revanche, le Docteur Patrick Lau m'était familier puisque nous avions beaucoup échangés par le passé. Il supervise les différents bureaux dans le monde, les relations extérieures la communication et le marketing notamment pendant les conférences phares du HKTDC (Hong Kong Trade Development Council).

Nous passâmes la sécurité même si ce n'était qu'une formalité pour nous, Alice était comme à son habitude, elle transpirait la confiance en elle alors que je savais qu'elle était nerveuse mais elle était comme ça. Elle était charismatique. Rosalie, elle était aussi dans son élément, elle n'était pas du tout nerveuse contrairement à Alice. Ce qui lui faisait défaut d'ailleurs, Rosalie avait toujours cette froideur de façade et les gens pensaient aisément qu'elle était la reine des glaces alors que ma sœur était loin de l'être. Nous donnions le change, c'était plutôt facile car nous parlions tous les trois le mandarin; c'est à dire le chinois standard et le cantonais. Alice parlait aussi le Wu, le shanghaïen fait partie de ce groupe. C'était évident pour nous de savoir parler plusieurs langues, même si les échanges pouvaient se faire très facilement en anglais, le fait de parler la langue de nos interlocuteurs permettaient de gagner leur confiance et en plus de savoir si nous étions... sur la même longueur d'ondes… c'est à dire que l'on pouvait savoir si on allait se faire avoir ou non. Nous aimions créer la surprise en basculant dans les langues que nous parlions. Et cela avait plusieurs fois fait mouche, les collaborateurs et collaboratrices les moins ... honnêtes avaient tous eu la même réaction quand ils eurent vent de nos facultés linguistiques. Je dois reconnaître que c'était très satisfaisant.

— Professeur Cullen, je suis ravi de vous accueillir de nouveau dans notre belle ville, avez-vous fait bon voyage ? Me demanda Patrick.

— Docteur Lau, je suis toujours heureux de pouvoir vous rendre visite. Nous avons fait bon voyage et la nuit a été réparatrice. Répondis-je avec sérieux.

Les échanges avec les asiatiques étaient toujours à double tranchant, il y avait déjà cette retenue ancestrale et cette politesse presque flippante qui faisaient que l'on ne savait jamais vraiment ce qu'un asiatique pouvait penser, ce qui pouvait créer des problèmes avec des nouveaux partenaires. Pour être honnête la plupart du temps, c'était un atout de travailler avec ce marché là, la rigueur était particulièrement appréciable.

Nous déambulions au premier étage où se trouvait les halls 1 qui regroupaient le «World of Glamour», cette scène permettait aux joailliers de Hong Kong de se montrer sous leur meilleur jour. Il y avait aussi le Hall des créations joaillières et celui des créations en Jade. Un grand espace était réservé pour la galerie des designers.

— Professeur, êtes-vous prêt pour le concours ? Me questionna Sophia.

J'esquissais un sourire, j'appréciais les concours, les candidats donnaient tout ce qu'ils avaient dans les tripes pour montrer leur savoir faire et c'était très intéressant de voir la création.

— Nous avons déjà sélectionné les finalistes du «Best Show award», du IJDE (International Jewellery Design excellence award) et ceux pour les étudiants; il me semble que vous avez aussi pu voir le travail gouaché ?

— Effectivement Professeur, nous avons aussi sélectionné les finalistes des designers gouachés, je peux vous dire qu'il y a de très beaux travaux.

— Je n'en doute pas. Souriais-je, je n'avais pas eu d'écho sur les résultats mais j'étais persuadé que Jane serait dans le lot.

— Le Hall 2 vous plaira, il regroupe les pièces antiques et vintage de joaillerie. Patrick s'adressa à Alice qui était amatrice des vieilles pièces. Je l'étais aussi mais bien moins spécialiste que ma sœur.

Le Hall 3 était dédié aux exposants internationaux, chaque pays avait un pavillon, il y avait aussi l'avenue des montres, je me fis une note mentale d'aller jeter un petit coup d'œil, professionnel évidemment.

— Tiens Alice, il y a un petit corner pour les bijoux de mariage... S'amusa Rosalie. Je me retenais de rire, Alice m'envoya un regard tueur dont elle avait le secret.

Le «Hall of Fame» regroupait quant à lui les créations des marques reconnues mondialement. L'autre partie du 3 ème étage continuait par la Haute Joaillerie, l'association d'échanges et leurs publications, puis le coin de test, d'inspection et de certification.

Nous nous rendions au «Hall of Extraordinary», ici, la place était réservée aux chefs-d'œuvre de la joaillerie, je pense que Bella et son équipe allaient faire un travail époustouflant pour montrer à quel point ces pièces étaient précieuses et uniques.

Au dernier étage se trouvait les laboratoires de diamants et pierres synthétiques, les exposants de joaillerie en argent, titane et autres métaux inoxydables que pouvaient proposer des groupes internationaux et d'ici.
Nous passions encore un bâtiment pour voir les allées d'accessoires, outils et équipement joailliers ainsi que les bijoux en ambre et les solutions technologiques.

— Il me semble que la première compétitions organisée par l'association des bijoutiers et des orfèvres de Hong Kong se déroulera demain ?

— Docteure Cullen c'est bien ça, vous serez dans le jury ?

— Je ne manquerais pas ce rendez-vous, le concours de création de bijoux Chuk Kam est toujours à la hauteur de nos attentes.

— Savez-vous quand Monsieur Grunberger fera sa conférence ? Demanda Alice.

— Il sera attendu demain dans l'après-midi, nous avons beaucoup de conférence, j'attends avec impatience les vôtres. Ajouta Patrick poliment. Nous lui fîmes un signe de tête de remerciement.

Nous nous rendions dans les bureaux réservés aux invités, un buffet nous attendait pour que l'on puisse, je suppose, passer le temps en toute tranquillité. Des invités que je connaissais, soit de réputation, soit parce que nous avions déjà travaillé ensemble, étaient déjà arrivés et pour certains, ils picoraient des mets de ci de là... Sans oublier de boire du champagne en s'échangeant des cartes de visite. Je roulais des yeux sous les regards moqueurs de mes sœurs.

Je m'assis en détendant mes jambes, mon esprit divaguait légèrement vers Bella puis je me reconcentrais sur une conversation qu'avait débuté vraisemblablement une des invités qui approchait exagérément sa poitrine vers moi. Je ne sais pas si elle voulait me montrer son sautoir ou si elle s'imaginait une autre activité dans les minutes à venir. Je devais faire appel à tout mon self-control pour ne pas la renvoyer bouler. Parce qu'un je n'étais pas du genre à attirer les regards vers moi, ils venaient tout seul, aussi parce qu'elle représentait une maison New-yorkaise qui était en vogue grâce à des influenceuses et qu'il ne fallait pas s'amuser avec ces personnes là, vous finissez sur les réseaux sociaux pour un oui ou pour un non avec eux.

Rosalie parlait avec aisance à plusieurs invités, elle souriait et était magnifiquement élégante. Alice aussi était solaire, à croire que j'étais le seul pour qui cela était une corvée de dialoguer. Attention, je ne dis pas que je n'aimais pas échanger, seulement, les échanges futiles de cartes de visites et de réputation à se faire ou bien de parler «à la bonne personne» me rendaient malade. Je crois que j'étais de la vieille école et préférais le «mérite». Le travail était parfois encore plus grand quand le talent était inné. On pourrait penser que tout nous avait été mâché ou bien que nous étions des génies dans nos domaines, ce n'était pas vraiment faux ni complètement vrai, nous devions encore plus travailler et prouver nos valeurs juste parce que cela avait l'air «simple comme bonjour».

Je pris congé de la sangsue qui me collait, pour me diriger vers le lieu de conférence, je grognais en mettant la main dans la poche, elle avait réussi à me glisser une carte de visite avec son téléphone personnel et le numéro de sa chambre d'hôtel. Je jetais le tout dans une coupelle en sortant de la pièce.

Pov Bella.

Dire que j'avais bien dormi était un mensonge, à cause d'une certaine personne, j'avais des rêves de plus en plus torrides et des pensées encore plus dépravées. J'avais beau me mettre des claques mentales c'était vain, je ne me reconnaissais plus, on aurait dit une adolescente écervelée. Edward me rendait de plus en plus folle de désir et le pire dans tout cela ? J'en redemandais et je jouais avec lui !

Quelqu'un toqua à la porte et j'ouvris, avec une certaine force, celle-ci.

— Et bin BellyBean, je ne sais pas ce que cette porte t'a fait mais je n'aimerai pas être à sa place ! Ricana mon frère.

— Mmpf ! Lui-dis comme toute réponse avant de le laisser passer. Il me claqua deux grosses bises sur les joues, ce qui me fit rire.

— Je préfère ça ! Alors tu as bien dormi ? -Je lui lançais un regard furieux. - Visiblement, tu as besoin de t'envoyer en l'air ! Il s'amusait de la situation le bougre !

— Raaaah !

— Tu sais que tu commences à te transformer en femme des cavernes avec ces râles ! Tu es censée être la tête de la famille ! Pouffa-t-il. Depuis quand mon frère pouffait ?

— Si tu veux tout savoir, on n'a pas tous la chance d'avoir quelqu'un dans son lit ! Grognais-je

— C'estpascommesitunepouvaispastetaperEdward. Se précipita de dire Emmett.

— Quoi ?

— Rien rien.. Éluda ce traître en gardant ce sourire narquois.

— Mouais...

— En tout cas, moi, si tu veux tout savoir, j'ai extrêmement bien dormi, c'est l'avantage de pouvoir s'envoyer en l'air avec notre partenaire...

Je lui envoyais un oreiller dans la tête, qu'il rattrapa au vol en riant comme un dératé.

— Grrrr tu m'énerves quand tu t'y mets ! Bouffon !

— Oui oui BellyBean, je sais que tu m'aimes. Il ébouriffa mes cheveux pour m'énerver encore plus, mais cela me fit surtout sourire.

— Tout ça pour dire... Est-ce que tu es prêt pour le tournage ? Je mettais mes appareils dans ma besace et vérifiais en même temps mes cartes mémoires, batteries et autres accessoires.

— Je suis plus que prêt ! C'est... J'ai regardé les plans qu'Edward nous a laissé, c'est gigantesque !

— J'en reviens pas... Mais ça va être quelque chose ! Je te garantie qu'on va y arriver.

— Tu sais... Tu pourrais... céder ?

— A quoi ? Je ne comprenais pas ce qu'il insinuait. Ou alors... Je ne voulais pas comprendre.

— Je disais... Il prit une grande inspiration, puis sourit, il avait cette fossette sur la joue qui lui donnait un petit air poupon. Je te bénis enfin surtout lui mais en tout cas, je ne ferai pas d'esclandre, pas de menace, je jouerai juste un peu les frère protecteur - il se tâtait le biceps en rigolant- si tu vois ce que je veux dire... Je me retenais de rire même si j'en avais envie mais l'instant était bien trop précieux pour le gâcher. Enfin...

— Enfin...? Je continuais de jouer celle qui ne comprenait pas.

— Je sais qu'il est bien pour toi, je.. Comment dire... Moi je suis bien avec ma Rosie et je voudrais que tu sois aussi heureuse que je ne le suis... Pas que je n'aime pas t'avoir sur le dos ou être le seul mec protecteur que tu connaisses mais... J'ai pas envie que tu aies que l'image de l'autre qui nous a mis au monde...

Je ne lui laissais pas le temps de continuer, je sautais dans ses bras, il me réceptionna comme si j'étais une plume.

— Merci... Murmurai-je.

Je savais que ça lui coûtait de se mettre aussi à nu et de parler de notre père. Même si en vrai, il n'avait jamais eu cet impact sur moi et ma vie sentimentale... Je n'étais pas traumatisée des hommes juste je n'en n'avais jamais trouvé un assez intéressant pour me faire tourner la tête. Emmett était mon roc et j'étais tellement heureuse qu'il ait trouvé Rosalie que le fait qu'il donne son aval pour Edward... Cela me touchait beaucoup.

— Je t'aime sœurette, et pour de vrai, j'aimerai que tu songes à ... vivre pour toi. Tu mérites que l'on t'aime et qu'on prenne soin de toi comme tu sais le faire avec les autres et même s'il était bizarre au début, je l'aime bien. Mais attention hein, il te fait du mal, je lui explose sa jolie gueule.

J'éclatais de rire, j'avais retrouvé mon frère. On se prit une dernière fois dans les bras avant de partir travailler mais je me sentais légère. Je n'avais jamais eu besoin de son accord pour sortir avec des mecs, encore heureux, mais c'était important pour moi de savoir qu'il accordait sa confiance à Edward. Au cas où... Au cas où tu sortirais le balais que tu as dans le cul? Ma conscience avait encore prit le dessus. Mais elle n'avait pas tort, il était peut-être temps d'accepter de vivre l'instant.

Nous rejoignons les autres et je croisais celui qui ruinait mon sommeil et mes culottes... Et il était toujours aussi craquant. Mais je n'avais dit mon dernier mot. Il cédera avant moi, foi de Swan.

Dans la voiture, ils étaient tous dans leur bulle, Edward regardait parfois son téléphone ou par la fenêtre. Les filles peaufinaient les derniers réglages j'imagine. En arrivant, l'équipe de direction prit les Cullen sous leurs ailes et nous, nous partions vers la sécurité pour faire contrôler notre matériel.

Je levai les yeux, le bâtiment était... énorme, rien à couper le souffle à proprement parlé mais il me donnait le tournis. Emm et les autres prenaient les caméras et s'équipaient pendant que je commençais à prendre les photos des allées vides. Les autres filmaient les pavillons, stands... Sans personnes, c'était encore plus vertigineux. Ils savaient faire les choses en grands. La décoration était démesurée, je ne me sentais pas vraiment à l'aise, c'était bien trop coloré, c'était loin d'être soft mais c'était ça aussi les salons, tout devait être un appel au luxe, donner envie aux gens d'acheter, les fournisseurs comptaient sur ce genre de salon pour se faire connaître ou continuer de se faire un nom.

Ce n'était pas très compliqué, le plus difficile c'était de transporter le matériel et de prendre des rushs, on était toujours sur la même lancée, plus on prenait des photos et des vidéos, plus on avait de la matière à travailler. Puis c'était mieux d'en avoir trop que pas assez.

Une fois le salon remplit de monde, avoir des bonnes images et couvrir les séminaires seraient bien plus compliqué. Nous pûmes filmer les bijoux, la direction nous faisait entièrement confiance et je crois que l'influence des Cullen y était pour beaucoup. Quand Edward m'avait glissé que nous aurions carte blanche et le champ libre, je ne pensais pas que nous aurions le salon avec les bijoux pour nous. C'était agréable de pouvoir jouer avec les formes, la lumière, faire des gros plans, des plans plus serrés et des rapprochés. Leah nous donnait un coup de main en filmant avec une petite caméra sportive ce qu'il nous fallait pour les réseaux. Alice nous avait bassiné, pardon nous avait vivement conseillé de produire aussi sous ce format.

Nous étions à une époque ou, bien maîtrisé, les réseaux pouvaient faire des choses magnifiques. Il fallait être sur tous les fronts et avoir cette réponse instantanée sur des événements. Nous avions la chance d'arriver avant les influenceurs et influenceuses, ce qui étaient étonnant car il y en avait toujours une poignée qui arrivaient à s'infiltrer. Encore un tour de passe-passe des Cullen.

Nous passâmes presque deux heures à tourner, notre «cour de récré» géante nous donnait entière satisfaction. Je notais dans mon carnet quelques idées pour le montage. Leah sera parfaite pour être notre journaliste sur les réseaux. Elle avait sa notoriété et surtout les codes.

J'étais un peu nerveuse à l'idée d'être à l'image, pas que les caméras me mettent mal à l'aise mais je préférais nettement être derrière que devant. Mais c'était une opportunité de mettre ma patte dans ce monde et puis un défi à relever de pouvoir satisfaire tout le monde. J'étais confiante, mon équipe était constituée des meilleurs et je savais que mon frère n'allait pas me montrer comme une dinde.

Je regardais ma montre, l'ouverture allait arriver, Emmett et Sam me suivaient pour tourner des plans dans les allées bondées tandis que Leah et le reste de l'équipe tournerait aussi pour les réseaux. J'avais hâte de pouvoir assister aux conférences. Je sortais mon papier récapitulatif sur les séminaires. Le concours des bijoutiers et orfèvres ouvriraient le bal, il fallait dire que malgré la beauté des pièces, c'était le concours qui attirait le moins. Ensuite, on filmerait la conférence sur les nouvelles technologies en joaillerie, suivie par le séminaire sur les dernières tendances. Alice animerait ensuite une conférence sur «la créativité va-t-elle survivre à l'IA». Rosalie quant à elle présentera une explication sur les diamants extraits des profondeurs. Ensuite Jasper participera avec Tanya à la conférence sur les bijoux en Jade et leur côtes en salle des ventes. Monsieur Grunberger apportera son expertise pour la conférence sur les nouveaux processus d'achat des diamants. Et enfin Edward nous réservera une surprise pour sa conférence puisque nous ne savions pas sur quel sujet il avait décidé de s'arrêter. Ce soir se déroulerait le Gala avec les résultats de la 25 ème édition de la compétition du design joailliers.

Les professionnels du monde entier commençaient à affluer, comme des petites fourmis ils parcouraient les pavillons, regardaient, certains achetaient déjà. C'était une vraie frénésie, d'autres journalistes présentaient le salon, elles étaient d'origines asiatiques, indiennes, européennes ou américaines... Il y avait une ribambelle de langues qui se faisaient entendre.

Je faisais mon travail en me baladant aussi dans les allées, Emmett et Seth me suivaient, je présentais un peu d'histoire de la gemmologie, j'essayais de faire sortir mon épingle du jeu en respectant mes principes, je ne voulais pas tomber dans le mauvais journalisme non documenté et je souhaitais aussi être à la hauteur des Cullen. C'était notre première «sortie» médiatique alors je refusais de donner une mauvaise image de notre équipe. Je voulais aussi, j'imagine, prouver que nous étions des professionnels autant que les Cullen. Et bien sûr que Billy Black ne nous avait pas choisi par hasard.

Une fois arrivée au niveau des conférences, Alice était déjà en place, elle virevoltait entre les convives, elle rayonnait, elle mettait tout de suite à l'aise tout en donnant sa carte de visite, tout en finesse. Elle était remarquée dans sa robe Elie Saab, une multitude de fleurs ornait son bustier jusqu'au bas de sa robe, une fine ceinture marquait la taille. C'était magique, exubérant mais d'une élégance déconcertante. Elle s'assit sur une chaise, les convives firent de même.

— Bonjour et bienvenue à toutes et tous ! Certaines d'entre vous auront plus de connaissance sur un autre Cullen de la famille - des rires retentirent dans la salle - et certains sur une autre Cullen. Elle souriait et la foule était captivée par ce qu'elle disait. Mais voilà je suis Alice et j'aimerai vous parler de l'Intelligence Artificielle. Vous n'êtes pas sans savoir que l'IA est partout dans le domaine de la création, elle explore des contrées créatives, elle repousse l'imaginaire, engendre des idées... Les algorithmes sont capables de scruter des données encore et encore par milliers, par million, pour créer des nouvelles perspectives, des nouveaux motifs... Elle défie les normes établies... Mais malgré ses prouesses, l'IA n'est-elle pas limitée ?

Elle marqua une pause jaugeant les réactions, certains paraissaient surpris, d'autres s'accordaient avec ce que disait Alice, d'autres encore montraient des signes de désaccord.

— Oui je sais, comment dire que c'est limitée alors que le potentiel est incalculable ? Et bien je vais vous le dire, l'IA se base sur des données préexistantes, mais où se trouvent l'intuition, la passion, la conscience humaine ? L'essence de la création, du bijou, réside dans les émotions, pas seulement les objets...

— L'IA menace les créatrices et les créateurs ! Une personne cria dans le public.

— Au lieu de tout mettre en compétition, Et si nous pensions à une coexistence harmonieuse ? L'IA amplifie le potentiel créatif humain, l'ingéniosité rencontre la magie technologique... Un voyage en évolution perpétuelle alimenté par l'imagination, la curiosité, la soif d'innovation.. N'est-ce-pas cela la création ? Je pense que nous devons explorer de nouveaux horizons et percevoir l'IA comme un allié puissant. La créativité ne repose pas seulement sur l'art, bien entendu, c'est ce qui nous intéresse le plus ici, mais l'humour, les découvertes scientifiques, la cuisine, les inventions... Toutes les sphères d'activité où les idées novatrices sont valorisées. Les idées créatrices ne sont au final que la destination, mais le long voyage jusqu'à la destination, qu'en est-il ?

Un silence encore, les gens réfléchissaient, jaugeaient les paroles d'Alice.

— Le processus.

— Edward, je te prierai de laisser les autres jouer aussi ! Rit Alice. Le public s'amusait aussi. Mais tu as raison, c'est bien le processus, l'humain implique un va et vient entre deux phases de processus créatif, la génération, c'est à dire la phase où les idées sont formées et l'exploration, la phase pendant laquelle les idées sont affinées pour répondre aux exigences.

— Mais ce n'est pas pareil, les deux sont de la créativité ! Ajouta une journaliste.

Pour le moment, l'IA ne fait que collaborer avec la personne derrière l'écran pour cette créativité artificielle, en somme, elle assiste notre processus créatif, il faut réussir à se servir de l'IA pour aider les personnes à affiner leurs idées, à réfléchir sur leur propre processus, c'est ce que l'on appelle la métacognition. Platon disait «si l'être humain apprend «cela», il implantera l'oubli dans son âme, il cessera d'exercer sa mémoire puisqu'il s'en remettra à «cette technologie», se souvenant des choses non plus en lui-même mais par des références extérieures», ce texte ne parle bien entendu pas de l'IA mais de l'écriture et à la crainte qu'elle n'altère le fonctionnement de la pensée humaine. Je vous laisse méditer là-dessus mais rappelez-vous, l'IA représente un énorme potentiel mais aussi une menace, nous devons lutter pour sauvegarder la créativité humaine tout en exploitant les nouveaux outils mis à notre disposition pour élever notre art.

Des applaudissements se firent retentir, j'avais l'impression qu'Alice n'avait parlé que cinq minutes mais non, elle avait montré des rapports scientifiques, et cela faisait 45 minutes qu'elle s'était assise sur cette chaise.

J'étais encore prise dans la conférence, comme la plupart des personnes ici présentes, Alice captivait les gens, elle arrivait à rebondir sur ce que le public disait, à croire qu'elle avait le pouvoir de savoir ce qu'il allait se passer. Elle avait presque réussit à faire de l'ombre aux conférences précédents, les rendant presque fades.

Jasper et Tanya avaient eux aussi fait le spectacle et avaient mis la barre haute, c'était vraiment des passionnés qui savaient transmettre leur savoir, leur passion, on n'avait pas l'impression d'assister à des conférences barbantes... Ils s'étaient lancés la patate chaude avec dextérité, humour et avait su créer l'envie, l'envie d'avoir en notre possession cette pierre. Dans un pays asiatique ce n'était pas difficile de les convaincre mais de leur apprendre des choses qu'ils ne savaient pas c'était une prouesse que Jasper et Tanya avaient réalisé haut la main. Ils nous avaient expliqué ce que représentait symboliquement dans la culture asiatique puis pour la culture européenne.

La fascination pour le jade est quasiment génétique et ça depuis près de 7000 ans. Le jade était réservé à l'Empereur en raison de la rareté des gisements mais aussi parce que le jade est lié au divin, un don sacré du ciel et de la terre. Le jade néphrite avait comme pouvoir de protéger celui qui le portait brut ou taillé. Cette protection s'étendait à la fois à la vie présente mais aussi future. Il n'était pas rare d'en fabriquer pour accompagner les défunts. Le monde de l'au-delà du Taoïsme attribua au jade des pouvoirs d'immortalité, le défunt était inhumé avec une cigale en jade dans la bouche; symbolisant la vie éternelle, un cochon dans les mains, des bouchons de jade pour obstruer les orifices.

Tanya avait mis en lumière le travail des vendeurs peu scrupuleux qui profitaient de la confusion sur la terminologie «jade» en Extrême Orient et en Occident. En fait, en pinyin, le «yu jade» définit de manière générique toute «belle pierre»: donc l'ensemble de gemmes décoratives et précieuses de la tradition Chinoise. Alors que le jade «yushi» est le jade comme il est connu.

Noblesse, beauté, grâce, pureté, immortalité, tous ces qualificatifs étaient reliés à cette pierre, souvent de couleur verte. Jasper nous conta des légendes sur l'origine du Jade. La néphrite était le jade le plus courant, jaune, gris, blanc, parfois rougeâtres ou brun selon le taux de fer. Puis la jadéite, souvent birmane, de couleur verte mais qui pouvait aussi être jaune rouge et parfois lavande. C'est le type de jade le plus rare, dur et cher.

Le jade kosmochlor est aussi appelé le jade impérial, très prisé à cause de sa teinte émeraude due à la présence de chrome. Le jade noir ou magnétique n'est pas trèsconnu, il est plutôt opaque. Le jade blanc, le pur est très difficile à trouver.

Ils nous montrèrent les différents tests de chaleur, dureté, poids pour commencer à authentifier les vrais jades.

Je savais, depuis les mois que l'on se côtoyait que la team Cullen savait de quoi ils parlaient mais j'étais encore bluffée d'en être témoin de nouveau. Ils captivaient et rendaient la science, l'histoire, l'art si simple. Tanya éblouissante par sa taille fine et ses jambes interminables, telle une déesse elle se mouvait avec grâce, elle faisait sensation avec sa robe Elie Saab aussi, Alice avait tenue qu'elles soient habillées par ce créateur.

A la fin de la conférence, Tanya et Jane échangèrent un baiser volé au coin des lèvres derrière le pavillon, je prenais une photo à la dérobée, je trouvais magnifique leur échange. C'était discret mais remplie d'amour. Elles ne voulaient choquer personne mais c'était toujours des gestes tendres et d'une infinie douceur.

Rosalie arriva dans sa longue robe rose avec une cape de la même couleur, en tournant la tête j'eus presque l'envie de rigoler en voyant mon frère la bouche ouverte. Je ne pouvais pas le nier, Rose était à couper le souffle, à la différence de Tanya, elle imposait, elle était glaciale avec ses yeux bleus. Rosalie m'avait toujours impressionnée, elle et moi étions aux antipodes. Je pouvais lire le désir dans les yeux du public, quelque soit le genre, elle était loin de laisser indifférent et mon pauvre frère en payait les frais. Il grognait presque ! Elle balayait le public du regard et envoyait un sourire éblouissant dans notre direction. Je regardais mon frère et il y avait cette pointe de fierté dans son regard, d'amour c'était sûr et une petite part de satisfaction. Elle l'avait regardé lui. Je lui tapotais doucement l'épaule.

— Hey, tu sais qu'il nous faut des plans droits et pas en biais hein ?

— Hein quoi ? Il clignait des yeux avant de remonter la caméra comme il le fallait, ce qui fit rire Seth et moi.

— Ha l'amour... Soupirais-je en tournant la tête.

Nous nous remettions à filmer, la conférence allait commencer maintenant que Rosalie avait fait sensation grâce à sa plastique, maintenant il était temps de leur montrer qu'elle avait un cerveau bien construit.

— Je crois que ma sœur m'a présenté tout à l'heure, dans la famille je dois être celle que vous appelez «reine des glaces ?» - le public rit doucement, ne sachant pas trop comment réagir- Ne vous inquiétez pas je ne veux pas jeter un froid ! J'aimerai plutôt vous parler des diamants. Vous allez me dire que l'on entend encore et encore parler mais connaissez-vous les diamants sublithosphériques ? Elle rit doucement devant la mine déconfite des personnes. Je vous ai perdu ?

Elle sourit de plus belle avant de reprendre.

— C'est tout simplement les diamants qui proviennent des profondeurs extrêmes de la terre, c'est à dire à partir de 300 km jusqu'à environ 800 km. Ils sont uniques car ils contiennent des inclusions de sulfure et de silicate. Les inclusions sont perçues comme des défauts mais pour les géoscientifiques, elles sont précieuses puisque l'on peut les isoler, les étudier et les dater. Il y a 120 millions d'années, rassurez-vous je n'y étais pas... les roches qui soutenaient Gondwana; l'ancien supercontinent, ont commencé à se fragmenter et 30 millions d'années encore plus tard, les diamants ont été propulsés à la surface de la Terre lors des éruptions volcaniques de magma kimberlitique.

Elle cliqua sur sa télécommande et le diamant Hope apparu en image.

— Vous connaissez tous le diamant Hope du Smithsonian ou - elle cliqua de nouveau- le Cullinan « Joyaux de la Couronne» , ce sont des diamants très profonds. Ils sont beaux n'est-ce pas ? Pour nous, ce sont comme des capsules d'un autre monde, pressions insondables, roches vertes tourbillonnantes et minéraux insaisissables au plus loin sous la surface de la Terre. C'est fou de se dire que chaque année, nous investissons des millions dans la quête des diamants les plus beaux...

Elle mit devant nous, littéralement une rivière de diamants.

— Dites-vous que certains se sont cristallisés pour la première fois il y a au moins 3,2 milliards d'années... les diamants super profonds ne sont pas seulement remarquables par leur proportions mais ils sont fondamentalement différents. Les diamants de type I que vous pouvez voir représentent 98% des diamants, les diamants - elle montra une petite pile- ici sont de types II, sans azote, sans bore et celui là - elle désigna un diamant bleu- contient du bore mais sans azote de type IIb; une trace de notre histoire dans une vraie beauté visuelle... Fascinant n'est-ce pas ? C'est rien comparé au CLIPPIR, les plus connus.

Elle continua de nous montrer des plaques tectoniques, des diamants, c'était à la fois intéressant et intimidant puisque cela remontait au temps de la création de la Terre et cela donnait le tournis. Elle souriait toujours en présentant les pierres et une fois son exposé fini, c'est dans un demi tour gracieux qu'elle repartait. Encore une fois, en regardant ma montre, je notait qu'elle avait capté notre attention près de 45 minutes.

Un tonnerre d'applaudissement accompagnait le départ de Rosalie, Emmett était dans les plus bruyant... Elle les méritait et puis encore une fois, rendre la science à notre portée, c'était pas évident mais elle avait, elle aussi, réussit avec brio.

Une pause se fit, le public se faufilait pour aller se dégourdir les jambes ou pour aller prendre une collation.

— Il n'est pas encore là, mais cela ne saurait tarder... Alice s'était matérialisée à côté moi. Elle avait ce don de s'approcher sans un bruit.

— Mais pas du tout je cherchais euh...

— Hahaha Bella, tu es loin d'être crédible là ! Elle me tendit un jus de litchi. Tiens reprends des forces, tu vas tomber par terre sinon.

— Merci, c'est vrai que je ne vois pas le temps défiler mais c'est votre faute aussi !

— A oui ? Tu oserais dire que notre beauté éclatante et notre intelligence hors norme vous captivent tellement que vous en oublierez de vous sustenter ? Fit surprise Alice avant d'éclater de rire.
— Le melon c'est de famille ?

— Parfaitement ! Elle me fit un câlin que j'acceptais.

Je continuais de noter des pensées dans mon carnet pour ne pas oublier les choses importantes puis sans crier garde, le public était revenu, l'atmosphère paisible changea en un grouillement de paroles, tout le monde était pressé de voir ce que le Professeur Cullen avait à dire, enfin je suppose que quelques personnes n'étaient pas là que pour ce qu'il avait à dire au vue des quelques mots que j'avais su capter. Cela me mettait en rogne, certes il était d'une beauté déconcertante mais il n'était pas seulement ça, les Cullen en jouaient beaucoup mais je savais que Rosalie en avait un peu marre d'être traitée comme une beauté des glaces, et peut-être que le fait qu'Emmett soit aux petits soins pour elle et ne passe pas son temps à lui dire qu'elle est magnifique, cela changeait la donne. Emmett buvait ses paroles et il avait même lu pas mal d'articles scientifiques pour pouvoir avoir des conversations plus approfondies avec sa copine. Je le savais mordu mais à ce point, c'était une évidence qu'ils se complétaient.

Edward arriva sur la scène, je remarquais son costume vert thym avec son gilet beige, il portait un nœud papillon marron ainsi que des chaussures assorties. Ses cheveux étaient légèrement en arrière, toujours aussi désordonnés même si le mouvement avait survécu. Sa barbe était parfaitement entretenue et je mis plusieurs minutes à réaliser que c'était moi qui avait soupiré aussi fort. Il souriait à la foule qui applaudissait, il sentait la confiance en lui, et non la suffisance qu'il avait quand nous nous étions rencontrés. C'était agaçant au possible quand on ne le connaissait pas mais j'avais appris que c'était sa protection et que ce côté hautain n'était plus du tout présent quand il baissait un peu ses défenses.

Il claqua des doigts et dans une fumée qui s'évaporait petit à petit, le gant de l'infini apparu sous la surprise de tout le monde.

— Bah mon vieux... Il sait soigner son arrivée ! Siffla Emmett

— Il en fait toujours trop... Rit Tanya qui était à côté de moi avec Jane.

Quant à moi, j'attendais avec impatience ce qu'il allait dire, encore une fois Edward faisait... Du Edward et c'était grisant.

— Vous vous demandez ce que Marvel vient fairr ici ? Pourquoi nous montre-t-il le gant de Thanos alors que nous ne sommes pas à une conférence de pop culture...? Tout simplement parce que cela parle de pierres. Il refit un «snap» et un autre gant apparu à côté du sceptre de Loki, de l'oeil d'Agamotto en plus de pierres présentées dans des cartes «Infinity Saga» ou «Jarvis»

Des «oh» et des «wah» se firent entendre, Tanya et Jane sifflaient d'admiration, tout le monde était rentrés dans «le monde du Professeur» et ils manipulaient notre attention à sa guise comme un magicien devant son audience.

— Mais il y a deux gants de l'infini ! S'exclama une journaliste.

— Pas tout à fait... Celui-ci, -il désigna le premier gant que l'on n'avait pas encore vu- est la relique de la main de Sainte Thérèse de Jésus... volée par Franco au couvent en 1937 et qui dormi avec jusqu'à sa mort en 1975. La ressemblance est frappante, ici nous avons de l'argent doré sertis de pierres précieuses chargé d'histoire et de religion et ici -cette fois-ci il montra le deuxième gant- je vous propose sa réplique certifiée par Marvel sertie d'une émeraude, d'un saphir, d'une améthyste, d'un spessartine et d'un diamant jaune pour cette pièce de 150 carats bien évidemment authentique et unique. Il en va de même pour le sceptre en or serti d'un saphir jaune de 20.26cts dans un globe de verre bleuté, et l'oeil fait d'or serti en son centre d'une émeraude de 2.80 cts. Pour ce qui est des cartes, vous pourrez en trouver pour tous les goûts tout dépendra du prix que vous voulez mettre pour ces joyaux.

Je voyais la foule lorgner sur ces pièces, Tanya secoua la tête en grommelant un «il va nous créer une émeute», Jane souriait pas du tout étonnée de ce que pouvait réserver Edward comme surprise. Mon frère, lui commençait à vraiment reluquer les pièces.

— Mais je ne suis pas là pour vous faire des enchères, Madame Denali saura bien plus vous faire dépenser que moi. Il regarda Tanya en souriant puis reporta son attention sur la foule.

Il se déplaça devant une vitrine qui n'était pas éclairée, on ne voyait pas à l'intérieur. Il fit un geste et comme par magie, la vitrine s'illumina devant un des joyaux sertis. Tout étincelait, je reconnus le pectoral du grand prêtre et un bijou hindous.

— Nous en avons fini avec la fiction, Marvel n'a rien inventé sur les objets sertis de pierres, depuis la nuit des temps, il est commun de rassembler les pierres par leurs puissances. Avant de devenir des pierres pour les reines, les rois aimaient amasser des pierres précieuses, comme monnaie d'échange, comme signe de richesse, mais surtout signe de pouvoir. Ici nous avons le pectoral du grand prêtre ou du jugement. Les différentes pierres symbolisent les douze tribus d'Israël précisées dans le livre de Exode.

— Dites nous en plus, pourquoi vous mettez autant de suspens à expliquer, c'est pas croyable ça ! S'exclama un journaliste. Ce qui eut le don de m'agacer et au vue de la mâchoire contractée d'Edward, il perdait patience.

— Vous avez peut-être l'habitude de synthétiser l'information au plus rapide possible pour profiter de pauses «bien méritées» avec la satisfaction erronée d'avoir fait du «bon travail» mais si vous aviez pris le temps de me connaître, vous sauriez que j'apprécie donner des conférences documentées et si la longueur de mes explications ne vous satisfait pas, nous aurions le plaisir de vous montrer la sortie pour que vous puissiez retourner à votre vie et vous adonner à votre perte de temps habituelle.

Un silence s'abatit dans le public, le dit journaliste ne broncha pas rouge de honte. Edward jaugea la foule puis quand il estima sa colère redescendue, il reprit la parole.

— Le pectoral est un carré de tissu orné de fil bleu, pourpre, cramoisi et de fin lin retors, il comporte quatre rangées de trois pierres précieuses incisées. Dans la première rangée se trouvent: sardoine ou onyx de Sardaigne, topaze et émeraude, la deuxième: escarboucle une variété de grenat, saphir et diamant, la troisième: améthyste, agate et opale et enfin la dernière rangée, chrysolithe, onyx et jaspe. Toutes ces pierres sont serties d'or pur.

— Vous avez mentionné qu'elles étaient incisées ?

— C'est exact, l'incision de sceau veut dire que les pierres sont gravées comme l'étaient les sceaux précieux des rois. C'est un terme bien connu des archéologues.

— Quelles sont les douze tribus d'Israël ?

— Dans l'ordre, nous avons Rébéoubén, Shim'ôn, Lévi, Lehouda,Issaskhar, Zebouloun, Dân, Naphtali, Gad, Ashér , Iosseph et Biniamîn. Je ne suis pas un spécialiste en la matière mais vous pouvez constater la beauté de la pièce.
Il se tourna vers une bague.

— Cette bague est sertie de neuf pierres précieuses sacrées, c'est un talisman protecteur. Le «Navaratna» qui signifie neuf gemmes. Elle représente l'univers et les pierres sont disposées de la même manière; au centre toujours une pierre rouge, un rubis pour les plus aisés, un grenat pour les autres, qui représente le soleil au centre du système solaire, l'émeraude pour Mercure, le diamant pour Vénus, la perle pour la lune, le corail pour Mars, le saphir jaune pour Jupiter, le saphir pour Saturne, l'Hessonite et l'oeil de chat. La disposition se fait comme cela: au centre le rubis, à l'est le diamant puis la perle, le corail au Sud puis l'Hessonite, le saphir bleu à l'ouest; l'oeil de chat, le saphir jaune au nord et enfin l'émeraude.

— Nous n'en trouvons qu'en Inde ?

— Non, dans la plupart des pays d'Asie, Inde, Népal, Sri Lanka, Singapour, Cambodge, Vietnam, Indonésie, Thaïlande et Malaisie. On peut le porter à son doigt, en talisman, à son cou. Les pierres doivent être de très grandes qualités et extrêmement pures pour protéger des démons, des serpents, poisons, maladies ou autres dangers.

Il continua de nous expliquer les «pouvoirs des pierres» dans plusieurs croyances, il montrait des pierres plus belles les unes que les autres. C'était flagrant depuis toujours, les couleurs et la spiritualité étaient très importantes. Il continua sur les bijoux dans les livres, bandes dessinées, mangas... Une chose était certaine: les pierres captivaient.

Il claqua des doigts et «disparu» dans un nuage de fumée. Il avait encore une fois fait sensation, toujours inattendu, espiègle et passionné. Il avait réussi à mêler pop culture et arts.

Le temps défilait encore, je n'avais pas pu féliciter Edward pour son exposé mais il s'était volatilisé, il était très demandé en même temps.

Nous terminions la journée, officieusement, puisque ce soir, nous nous rendions au Gala pour assister aux récompenses des différents concours. Nous n'avions pas le temps de nous changer mais en regardant ma tenue, j'étais satisfaite de voir que l'on avait bien fait d'écouter Alice ce matin en allant prendre une tenue de rechange dans la voiture. C'est en un rien de temps que j'enfilais un tailleur noir et or de chez Elie Saab. Alice avait encore choisi à merveilles, c'était de très belles pièces mais qui respectaient mes goûts.

La salle de Gala était immense mais pas trop, elle était décorée de rouge et encore une fois, on retrouvait le côté «chargé» de la décoration asiatique des événements. Lettres dorées, banderoles, fleurs gigantesques, écrans géants... Une table de cadeaux, diplômes, était dressée sur le côté.

— Vous vous êtes changée ? Murmura une voix derrière moi qui avait le don de me donner des frissons.

Je me retournais vers Edward pour constater qu'il n'était plus habillé de la même façon. Il portait un costume bleu roi, la veste avait un col Mao ainsi que sa chemise blanche. Il était encore une fois très élégant.

— Vous n'êtes pas mal non plus... Soufflai-je. Il porta sa main au creux de mes reins, je ressentis une petite décharge, qu'il avait du aussi ressentir puisqu'il s'était arrêté dans son élan avant de poser complètement sa main.

On se dirigeait vers notre table, où l'on retrouvait nos amis. Cela m'avait manqué de ne pas les voir de la journée, on avait vraiment pris un rythme en communauté qui me plaisait beaucoup. Mon genoux touchait celui d'Edward qui n'avait pas l'air de trouver ça gênant. Il posait même une main doucement dessus pour me parler.

— Avez-vous eu des images satisfaisantes ? Son haleine mentholée chatouillait mes narines.

— Plutôt, Alice est très photogénique, Rosalie aussi et que dire de Tanya et Jasper ! Enumérai-je. Il fit une moue boudeuse face à ma volonté d'esquiver son prénom.

— Certes. Il remonta sa main sur ma cuisse, je frissonnais de plus belle. Avez-vous aimé les pierres de l'infini ?

— C'était pas mal. Il mit sa main dans sa poche intérieur pour sortir une petite carte «Jarvis» en son centre il y avait la pierre du pouvoir. J'ai pensé que c'était parfait pour Emmett. Il me tendit la carte en souriant.

Je soupirais, Emmett allait m'en parler pendant des jours, que dis-je des années. J'étais touchée par son cadeau, mais Edward était quelqu'un de généreux et il faisait des gestes comme celui là quand cela lui chantait. C'était assez étrange mais cela faisait partie de son caractère.

Le repas se déroulait bien, nous pouvions goûter à plein de spécialités locales, les conversations allaient bon train, tout le monde parlait du salon, des conférences et Tanya avait même eu des nouvelles du sceptre de Loki qui s'était arraché… même elle n'avait pas su le prix de vente. Quant au gant, il était partis pour 25 Millions, rien que ça.

Les prix commençaient à être distribués, chaque pièces étaient mise en vente aux enchères, supervisées par Tanya. Les trois prix du «Best Show Award» alliaient modernité et tradition, j'appréciais notamment la broche. La pièce gagnante du prix de l'artisanat et de la technologie était splendide, c'était une bague représentant une danse avec le dragon de feu.
Les prix des groupes étudiants valaient aussi le détour, le champion était un bracelet tout en finesse, les autres prix formaient une parure collier et boucles d'oreilles assez infantile à mon avis mais le savoir faire était là.

Le dîner se continuait avant de donner les prix IJDE, le champion des champions.. Je n'avais pas les mots devant la beauté de la pièce, peut-être que c'était mon amour pour Fabergé qui parlait. C'était une décoration de bureau, l'œuf s'ouvrait et en le tournant, il révélait une église traditionnelle que le designer américain avait contribué à restaurer alors qu'il habitait en Ukraine. Le prix de l'innovation et de l'originalité revenait à une designer de Hong Kong, sa pièce intégrait la skyline de cette ville dans quatre anneaux. Le prix de l'artisanat était donné à un designer ukrainien, une bague en émail à chaud, la pièce était ronde avec un bord doré incrusté de diamants et une carpe koï qui semblait nager au soleil. La symbolique était expliquée comme la circulation de l'énergie lumineuse qui signifie la chance, la victoire et le travail acharné. Le prix d'esthétique revenait à un designer allemand. C'était une bague en acier inoxydable noir et or rose sertie d'une perle de Tahiti.

Edward se leva et se dirigea vers la scène, la foule s'arrêta de parler petit à petit curieuse de voir ce qu'il allait annoncer. A la surprise général, Zendaya apparue avec un collier... dire qu'il était éblouissant serait un euphémisme. Onze émeraudes taillées en poire serties, chaque élément en or blanc est moulé pour accueillir individuellement les diamants poire taille brillant. On aurait dit de la dentelle.

Quel boulot... Souffla d'admiration Rebecca. Zendaya tournoyait pour laisser la place à Anne Hathaway qui portait un collier exceptionnel, en forme de goutte, le corps entrelacé du serpent comme s'il gardait jalousement la pierre. Le corps sinueux scintillait grâce aux diamants.

Les actrices saluèrent chaleureusement Edward qui leur fit le baise-main à chacune.

— Ces pièces uniques que portent ces formidables actrices, proviennent de la collection Bvlgari, le Jardin d'Eden... Nous nous rapprochons de la perfection, les points de jonctions, les maillons, les détails... Tout est méticuleusement placés pour atteindre cet équilibre. Et tout ceci n'aurait pas été possible sans les exceptionnels gouachés de cette artiste talentueuse que l'on ne présente plus: Jane, pour la première place de ce concours de gouaché. Un tonnerre d'applaudissement pour Madame Volturi.

Jane montait sur la scène avec émotion, Tanya la couvait du regard, fierté, amour, timidité se lisait dans ses yeux. J'immortalisais le moment avec mon appareil. Jane salua et récupéra ses récompenses alors que les actrices l'enlaçaient. Edward lui glissait quelque chose à l'oreille, ce qui la fit rire. Elle prit la parole et c'est avec une voix émue qu'elle s'exprima.

— Merci... Vraiment merci de me permettre de vivre de ma passion, merci de me donner le droit de la partager avec vous et de récompenser mon travail. Merci à mes sponsors, les maisons qui ont su me donner la chance et celles qui continuent de signer mes chèques ! Et enfin merci à mes proches, particulièrement ma femme Tanya qui supporte mes insomnies et de parfois... Passer après mes gouaches... Mais c'est de bonne guerre puisque bien souvent, l'appel du marteau des enchères est bien trop tentant ! Tanya chuchota un je t'aime que Jane lui rendit sur le même ton.

Elle posa avec tout le monde ainsi que les organisateurs et organisatrices. Et revint vers nous, pour échanger un baiser avec Tanya.

— Aller aller, arrêtez-vous là, vous aurez tout le temps de fêter ça plus tard ! S'amusa Rosalie. Tanya et Jane rougirent légèrement avant de sourire.

La soirée se terminait en beauté, nous étions partis pour une grande promenade digestive, le paysage urbain me plaisait bien, il faisait doux. Les couples se tenaient la main ou le bras, Edward était au téléphone. Il jetait des petits regards désolés vers moi, pensant peut-être que cela me dérangeait.

Notre travail au salon allait bientôt s'achever, Jasper nous avait parlé de la prochaine destination et je dois dire que j'étais surexcitée. Nous n'avions pas besoin d'aller dans la province de Liaoning, dans la ville de Xiu Yan précisément puisque nous y avions tourné notre reportage sur les grandes mines de jade.

La Chine était tellement vaste que nous n'aurions pas le temps de tout visiter, ils avaient pu faire leurs affaires avec les fournisseurs présents au salon alors il n'était pas utile de s'éterniser, même si au fond de moi je m'étais dit qu'un voyage à travers la Chine avec eux aurait été des plus sensationnels.
Nous prenions un dernier verre avant d'aller se coucher, c'était si agréable, une sorte de slow-life, pour nous dire que nous pouvions aussi profiter de la vie sans forcément courir partout. Les discussions allaient bon train, nous fêtions les récompenses de Jane. C'est légèrement pompette que je remontais dans ma chambre. Je m'endormis très vite, la fatigue de l'événement et peut-être le petit verre que j'avais pris en plus qui m'avait bien détendu. Je me réveillais au petit matin aussi fraîche que la rosée. C'était assez rare que je ne fasse pas de rêve mais cette fois-ci, j'avais fait une nuit complète et je me sentais en pleine forme. Après une longue douche, je m'habillais d'un pantalon coupe cigarette, un blazer et une brassière le tout assortis dans une couleur rouille. Je chaussais mes Jimmy Choo, un dernier regard dans le miroir et j'étais satisfaite.

C'est une Alice rayonnante que je croisais dans le couloir.

— Bella ! Bien dormi ? Elle m'enlaça doucement. Je la serrais dans mes bras aussi.

— J'ai dormi comme une bûche ! Et toi?

Elle prit le temps pour me répondre, trop occupée à détailler ma tenue, elle sourit satisfaite.

— Tu es sublime, j'aime beaucoup l'audace de la brassière sous ton blazer ! Et non mon Jazz m'a fait monter aux rideaux, c'était si bien... Pas que cela fasse si longtemps que ça mais quand il...

— C'est booon Aliiice, je ne veux rien savoir de plus ! Je me bouchais les oreilles, ce qui l'a fit éclater de rire.

— Je te taquine, enfin c'était quand même une sacrée nuit... Maiiiis je ne te dirais rien de plus, j'ai bien dormi.

Nous nous dirigeâmes vers la salle de petit-déjeuner, les boiseries et la décoration étaient toujours agréable pour les yeux. Edward parlait avec deux personnes, un grand blond, svelte et une femme avec des reflets roux.

— Mais c'est qu'il est beau gosse le beau-père ! Siffla Rebecca. Je me retournais vers l'homme, c'était flagrant que devant nous se trouvaient les parents Cullen. La ressemblance était frappante. Rosalie nous fit des signes alors qu'Alice se jetait dans les bras de sa mère. Dire que j'étais surprise de les voir était un euphémisme mais d'un autre côté, j'étais ravie de faire leur connaissance.

— Bonjour, je suis... Commençai-je avant d'être prise dans l'étreinte de la mère d'Edward.

— Vous êtes ravissante Isabella, je me permets de vous prendre dans mes bras, mes enfants ont tellement parlé de vous. Je rougis doucement, elle réitéra son geste avec mon frère. Ce qui aurait pu nous gêner était tout à fait naturel avec elle.

— M..Merci Madame Cullen. Bégayai-je.

— Pas de Madame Cullen entre nous, j'ai l'impression que l'on parle de ma belle-mère ! S'amusa-t-elle avant de laisser la place à son mari qui jouait des coudes.

— Esmée enfin, laisse les respirer et puis j'aimerai les saluer ! Il échangeait une poignée de main virile avec mon frère et me fit la bise. Bonjour Isabella, nous sommes ravis de te rencontrer.

— Moi de même, je suis vraiment heureuse ! Dis-je avec enthousiasme.

Edward lança un regard vers Jasper, et je connaissais ce regard, c'était un «j'ai des choses à te dire, on en parlera plus tard». Ce dernier fit un signe de tête entendu.

—C'est fou ça, je viens d'avoir le directeur, Monsieur Grunberger ne sera pas présent... Annonça Tanya qui avançait vers nous.

Je fronçais les sourcils, pourtant il faisait partie des invités de marque.

— Il n'avait pas des fils ? Demanda Alice.

— Si mais à priori personne ne peut le représenter... Répondit Tanya.

Les parents, Edward et Jasper s'échangèrent un regard, je mettrais presque ma main à couper qu'ils en savaient bien plus qu'ils ne voulaient le dire. Est-ce que cela avait un rapport avec la venue des parents ? J'avais plein d'interrogation mais je ne voulais pas poser des questions sur des sujets qui ne me regardaient pas vraiment. S'ils avaient voulu nous tenir au courant, ils l'auraient fait.

Après le petit-déjeuner, nous partions pour le salon, je pouvais voir qu'Edward était tendu mais encore une fois je ne disais rien.

— Isabella, êtes-vous satisfaite du travail effectué avec mes enfants et l'entourage ? Esmée me sortie de mes questionnements.

— Vous pouvez m'appeler Bella, et oui je suis vraiment contente du travail, de l'équipe et de notre bonne entente. Pour être honnête, après un certain événement, j'ai cru que nous n'allions plus pouvoir le faire… mais je suis rassurée de continuer sur cette bonne lancée... Répondis-je honnêtement.

— Alors c'est parfait, je suis heureuse pour vous tous. J'avais un peu peur qu'Edward vous fasse tourner en bourrique ! Dit-elle amusée. Si seulement elle savait qu'il me faisait tourner la tête tout simplement. Elle ne le savait pas ? J'avais un doute depuis qu'elle me regardait avec ses yeux verts... J'avais maintenant conscience de la provenance des si belles émeraudes d'Edward. Le vert d'Esmée tournait sur les bords au doré. C'était vraiment un regard captivant, si bien que j'avais l'impression qu'elle sondait mon âme et qu'elle savait tout de mes ... émotions. Alice me fit un clin d'oeil, qui ne me rassurait pas du tout, mes doutes se transformaient en certitudes et maintenant j'étais mal à l'aise à l'idée qu'elle sache que son fils ne me laissait pas indifférente.

Carlisle me lança un sourire en coin amusé, lui aussi savait ? J'étais si transparente où bien quelqu'un avait fait des confidences ? Je secouais la tête, je devais sûrement me faire des films et ce que je prenais pour des signaux étaient tout bonnement des signes de politesse.

Rosalie parlait avec Edward et Alice me montrait des projets qu'elle avait avec Van Cleef, j'étais vraiment touchée par la confiance qu'elle m'accordait. Je donnais mon avis et elle prenait des notes. Je pensais aux personnes qui travaillaient avec elle et je me fis la note mentale que c'était vraiment agréable, elle était toujours ouverte aux propositions et si elle n'était pas d'accord, elle le disait avec beaucoup de diplomatie et de gentillesse sans jamais rabaisser. Elle savait aussi se remettre en question. Alice débordait d'énergie, de créativité et elle avait ce talent inné de savoir pratiquement instantanément les tendances à venir. Elle avait un sens aigu de la mode et des codes. Je restais persuadée qu'elle irait très loin, et même si elle avait une marque, je trouvais qu'elle n'avait pas encore assez montré au monde son potentiel et qu'elle mériterait d'avoir son propre atelier.

— Je sais que tu apprécies travailler pour Van Cleef, mais je trouve que tu devrais être à ton compte... Avec ton expertise, ton talent... Tu as vraiment un don et je suis persuadée que tu réussirais haut la main... Confiais-je à demi voix.

— Tu es adorable Bella, j'y ai songé tu sais... Mais je ne me sens pas encore prête à voler de mes propres ailes. Je ne sais pas, peut-être que le déclic se fera un jour. Et puis j'aime tellement Paris...

— Et si tu ouvrais à Paris ? Rien ne t'en empêche ?

— A ce moment là tu seras celle qui s'occupera de mon image en écrivant des articles élogieux ? Même si c'est affreux ? Je roulais des yeux, elle me faisait marcher.

— Penses-y en tout cas, je sais ce que je dis ! Menaçai-je.

— Et elle a raison... Ajouta Jane avec espièglerie. Et à ce moment là, je te promets de devenir ta gouachière personnelle... Elle laissa planer sa phrase mais mon petit doigt me dit que ce n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde.

— Et on te soutiendra... Continua Rosalie qui n'en n'avait pas perdu une miette.

— Nous serions ravis de venir à ton vernissage. Renchérit Esmée machiavéliquement. Ce qui me fit sourire, elle avait l'air tellement angélique que c'était drôle de voir qu'elle pouvait aussi être sournoise.

— J'y penserai, cela vous va ?! Alice répondit avec désinvolture mais je savais qu'elle allait le faire.

Edward embrassa le sommet de son crâne, il ne disait rien mais j'étais certaine que c'était un moyen pour lui de dire qu'il la soutenait aussi.

— Au fait... Nous allons au Japon !

J'écarquillais les yeux, Alice passait du coq à l'âne.

— Quoiiiiiii ? S'écria Leah, c'était vérifié je n'avais plus de tympans.

— Mais quand pourquoi ? Continua Rebecca sur le même ton.

— Arrêtezzz de criiiiier ! Renchérit Emmett qui lui aussi ne tenait plus en place.

— Surprise ! Fit Alice en levant les bras en l'air!

Je la regardais, puis mon regard se tourna vers son frère... Est-ce qu'elle nous faisait marcher ? J'avais beau chercher, je ne voyais pas vraiment ce que l'on allait y faire. Il y avait bien les perles mais de là à partir pour le pays du soleil levant... Je rêvais d'aller au Japon et depuis que j'avais vu un reportage sur ces architectes qui avaient su mettre en lumière le bois pour les Jeux Olympiques, je n'avais qu'une envie c'était d'y aller. Même si pour être honnête il fallait faire un voyage complet pour vivre la floraison des cerisiers. Puis je réfléchis encore, mes méninges tournaient... Je voyais Edward sourire en coin, puis je fronçais les sourcils, et enfin ma bouche fit un «o». Est-ce que c'est bien ce que je pensais ?

— Attends tu veux dire qu'on va au Japon ? Réalisa Emmett. Genre pour de vrai ? Mais... Pourquoi? Il ne me semble pas qu'il y ait un marché de pierres précieuses ou de gisements ? S'étonna mon frère.

— Et si... nous n'y allions pas pour ça ? Dis-je.

— Comment ça pas pour ça ? Répéta Leah.

— Hin hin... Quelle est ta déduction Bella ? Fit Jasper intéressé.

— C'est... Pour la floraison des cerisiers ? Murmurai-je.

— Bravooooo Bellla tu as deviné ! Je crois que nous avons bien mérité de faire ce voyage au Japon, j'ai vraiment envie que l'on partage ça et... Je pense que l'on va vivre quelque chose de merveilleux, j'ai cette sensation que ça va être bien.

— Et puis nous n'avons pas fait de voyage en Chine, alors je pense aussi que nous pouvons lever le pieds et... Vivre l'instant présent. Mes parents seront aussi du voyage et je pense, Papa, Maman que cela fait longtemps que nous n'avons pas pris ce temps tous ensemble...

— Tu as raison mon chéri et tu sais bien que c'est pour ça que j'ai accepté de venir, en plus de pouvoir connaître Bella... Répondit sa mère en me couvant du regard.

J'arrivais pas à le croire, le Japon c'était une chose mais avec eux, j'étais surexcitée, de voir le pays à travers leur expérience. Ils m'avaient habitué à ce luxe et j'étais persuadée que ce voyage allait être encore plus au dessus des mots.

— Nous prendrons le train le plus souvent et pendant 3 semaines, nous allons parcourir ce pays. Ajouta Edward.

— 3 semaines ? Cria Leah.

—Mais on peut ? Chuchota Rebecca comme si c'était interdit.

— J'ai vu avec Billy, nous avançons bien et puis nous avons carte blanche, de toute façon j'ai posé mes conditions et ce reportage prendra le temps qu'il faudra. Edward avait répondu fermement et je le soupçonnais de n'en faire qu'à sa tête.

— Si tu penses que Billy n'a pas eu le choix, connaissant Edward, il a du lui rappeler à qui il avait affaire... Chuchota Esmée sous le ton de la confidence et j'éclatais de rire. Elle connaissait très bien son fils.

Nous arrivions au salon, j'avais la tête pleine de Japon, pour moi j'étais quasiment déjà partie. J'étais encore dans ma rêverie en sortant du van.

— Isabella, quelle agréable surprise de vous croiser là... Susurra une voix qui me glaça le sang.

— Je pensais qu'Edward allait te sauter et en finir avec vous tous !

Je tournais la tête horrifiée de voir que les Jumeaux Volturi étaient devant nous et Alec était loin d'être un mort vivant.


Surpriiise haha, bon j'espère qu'elle était à la hauteur ! Vous me connaissez maintenant j'adore être un peu sadique et un peu surprenante.

J'attends vos théories pouur la suite de l'histoire et encore une fois merci de votre présence.

Les fautes seront certainement là mais les yeux bioniques sont coincés avec la potion d'immortalité.

Bon vol !

Kaname