Bonjour ! J'espère que vous allez bien. Je poste la suite, enfin presque à l'heure o/. Bonne lecture.
Rose émergeait difficilement des ténèbres qui l'entouraient, sa conscience s'accrochant à la surface comme un nageur à bout de souffle. Sa tête la faisait atrocement souffrir, chaque pulsation résonnant comme un marteau piqueur implacable. Elle resta immobile, incapable de bouger. Chaque muscle était en feu, traversé par une vague de douleur qui rendait le moindre mouvement insupportable. Sa peau lui semblait rugueuse, comme du papier de verre, et elle peinait à retrouver la réalité.
Des fragments du passé remontèrent en désordre. Des pivoines sous un ciel bleu. Son père qui tentait d'allumer un barbecue dans leur jardin. Tout était brouillé, vague. Rose tenta d'ouvrir les paupières, mais elles semblaient scellées. Dans un effort qui lui sembla surhumain, elle ouvrit les yeux, laissant la lumière s'infiltrer lentement dans son champ de vision. La rouquine cligna plusieurs fois, tentant d'ajuster sa vue.
L'air avait une odeur étrange, quelque chose de citronné et antiseptique. Rose se pencha un peu ,sa main posée sur sa poitrine. Elle perçut le froissement des couvertures, un son qui lui semblait étranger, comme si elle n'avait plus l'habitude d'entendre le frôlement des tissus. Rose balaya la chambre à peine éclairée, au mobilier métallique froid. Plusieurs bouquets étaient posés sur la table de chevet. Elle reconnaissait sans peine l'atmosphère d'un hôpital, mais le cadre lui était inconnu. La panique la gagna.
Cet endroit n'était pas St Mangouste
Que s'était-il passé ?
Elle chercha désespérément dans ses souvenirs, cherchant un repère.
— Il y a quelqu'un ? appela-t-elle d'une voix faible.
Il n'eut aucune réponse. Rose jeta un coup d'oeil autour d'elle et aperçut au dessus de sa tête, une commande avec des boutons. Elle appuya sur un petit farfadet vert. Miracle, la porte s'ouvrit quelques instants plus tard. C'était une femme aux cheveux châtains attachés en une queue-de-cheval, quelques mèches s'échappant et encadrant son visage maigre . Ses yeux noisette, l'observèrent avec une expression professionnelle, mêlée d'un certain soulagement.
— Bonjour Rose, comment te sens-tu ? demanda-t-elle d'une voix douce.
Le cœur de Rose se serra en entendant son nom prononcé si familièrement par une personne qu'elle ne connaissait pas. Elle referma la porte derrière elle avant d'avancer vers le lit, un dossier entre ses mains. Rose, encore engourdie, ouvrit la bouche sans parvenir à dire un mot. Son regard glissa sur le badge accroché à sa poitrine :
Marlene Carter – Guérisseuse, département des soins intensifs.
Rose remarqua rapidement qu'elle n'était pas habillée comme le personnel de Saint-Mangouste. Sa migraine semblait s'être intensifiée, elle n'arrivait pas à mettre de l'ordre dans ses pensées.
— Ma tête... souffla Rose faiblement. Elle me fait mal. Et j'ai... soif.
La guérisseuse acquiesça doucement et prit un gobelet en plastique, le remplissant d'eau avant de soulever doucement la tête de Rose pour qu'elle puisse boire. L'eau était fraîche, apaisante, mais n'offrait qu'un soulagement temporaire.
— Doucement fit Marlène.
— Merci.
Malgré la douleur et le brouillard mental, Rose osa enfin poser sa question.
— Qu'est-ce qui s'est passé ? Où suis-je ?
La guérisseuse lui sourit à nouveau, sa question ne semblait pas du tout l'étonner.
— Tu es à l'hôpital, Rose. Tu nous as fait une sacrée peur. Te rappelle tu de ton accident?
Rose réfléchit quelques accident ? Soudain tout lui revient. Oui, les escaliers. Elle était tombée, mais elle n'arrivait pas à reconstruire ce qui s'était passé ensuite.
— Je me rappelle avoir eu une chute dans les escaliers.
— Tu dois être encore un peu ébranlée. Tu as besoin d'un bon repos et de récupérer. Je suis Marlène. Si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis là.
Marlène la rassura ensuite sur le fait que tous ses objets de valeur étaient en sécurité. Elle proposa aussi un verre de jus d'orange avant de quitter la pièce, laissant Rose seule et perdue. Elle inspecta à nouveau la pièce, ses pensées tourbillonnaient sans fin. Sa famille savait-elle ou elle se trouvait là se demanda-t-elle ? . Pourquoi était-elle toute seule sans personne à son chevet ? Combien de temps s'était écoulé depuis sa chute ? La discussion avec Marlène avait soulevé plus de questions qu'elle n'en avait résolu. Un autre détail qui la perturbait profondément. La rouquine avait la certitude que cet hôpital n'était pas Saint-Mangouste. Mais alors où était-elle ? La porte s'ouvrit à nouveau, et une jeune femme, probablement du même âge que Rose, entra précipitamment dans la pièce. Elle avait un visage fin et des cheveux blonds bouclés.
— Oh, tu es réveillée, dit-elle avec enthousiasme.
Rose l'observa interdite, encore plus confuse. Elle ne reconnaissait pas cette jeune fille. Avant même que la rouquine ne puisse réagir, la jeune femme la prit dans ses bras, un geste qui décontenança Rose.
— Je... je suis désolée, mais je ne me souviens pas de toi.
Son sourire s'effaça.
— Vraiment ? Je suis Amy Thomas ! Nous sommes amies. Et je bosse ici avec toi.
Rose scruta Amy toujours dans l'incompréhension.
— On… travaille ensemble ?
Amy hocha la tête, elle paraissait à présent soucieuse de son état. Elle observa Rose son expression suggérait qu'elle trouvait ses propos invraisemblables.
— Oui ! Depuis plus d'un an maintenant.
Rose eut l'impression que la pièce vacilla pendant un court instant.
— C'est impossible… Je travaille à St Mangouste, à Londres.
Les sourcils d'Amy se plissèrent.
— Rose… Tu es en Irlande.
Un silence assourdissant régna brusquement. Rose resta sans voix comme paralysée. L'Irlande ? Une sueur froide envahit sa nuque, ses mains devinrent moites. Elle fut saisie d'une violente impression de vertige.
— Je dois sortir d'ici, s'exclama t-elle.
Rose tira ses couvertures lorsque Marlène réapparut, un verre de jus d'orange à la la voyant en mouvement, elle posa rapidement le verre sur la table de chevet et plaça fermement sa main sur son épaule pour l'inciter à rester allongée.
— Rose, calme-toi, s'il te plaît. Les médecins vont arriver pour tout t'expliquer. Tu as besoin de te reposer.
Les mots de Marlène résonnèrent à peine dans l'esprit embrouillé de Rose. Elle baissa les yeux et son souffle se bloqua dans sa gorge. Son annulaire était orné d'une alliance en or blanc, simple mais élégante. Elle remua légèrement les doigts, comme si ce simple mouvement allait lui fournir une réponse. Son cœur rata un battement. Rose tenta de se concentrer, de retrouver le moment où elle avait glissé cette bague. Elle chercha une image, un son, un visage… Mais il n'y avait rien. Le vide absolu.
— Il doit y avoir une erreur, dit-elle. Cette bague... elle n'est pas à moi.
Amy, avait toujours les yeux rivés sur Rose, sembla encore plus soucieuse. Elle la dévisagea un instant avant de dire.
— Qu'est-ce que tu racontes? Ne dis pas de bêtises. Tu es mariée, dit-elle, sa voix empreinte d'une légère panique.
— Je ne suis pas mariée s'emporta Rose, totalement incrédule.
Amy fronça les sourcils.
— Si, Frank ne devrait pas tarder à arriver, déclara-t-elle.
Le nom de Frank fit l'effet d'un coup de poignard. Une sensation oppressante monta en elle, son estomac se noua.
Mariée à Frank ?
Elle était désorientée et peinait à assembler les pièces de ce puzzle inattendu. C'était impossible, ils avaient rompu. C'était peut-être un rêve ? Je finirais pas me réveiller songea-elle.
— Dr Brown devrait arriver d'un instant à l'autre mais en attendant, continua Marlène.
Elle tendit à Rose son verre. Cependant, Rose, encore sous le choc, ne put se résoudre à le porter à ses lèvres.
— Où suis-je ? , demanda-t-elle d'un ton plus pressant.
— Tu es à l'hôpital St. Macha's, répondit calmement Marlène.
La rouquine ouvrit la bouche mais ils furent interrompus, le médecin entra, suivi de trois guérisseurs en blouse bleue. Ils la saluèrent, mais Rose ne répondit pas, trop absorbée dans ses pensées troubles. Le médecin, un homme grand aux cheveux grisonnants, s'approcha.
— Bonjour, pouvez-vous me dire votre nom ? demanda-t-il, une plume prête à noter sa réponse.
— Rose Weasley, répondit-elle faiblement.
Le médecin hocha la tête et cocha une case dans son dossier. Il continua :
— Et votre date de naissance ?
— 6 septembre 2006, répondit-elle, sentant sa gorge se serrer.
— Parfait, dit-il. Mrs Weasley, lors de la préparation d'une potion, une explosion s'est produite, vous projetant contre le mur. Vous avez subi une légère hémorragie cérébrale. Nous allons vérifier votre état.
Il brandit un stylo et demanda à Rose de le suivre des yeux. Ses gestes étaient précis, mais elle ne comprenait pas.
— Vous devez confondre. Il doit y avoir une erreur. Je suis tombée des escaliers, affirma Rose, sa voix tremblante.
Le Dr Brown feuilleta son dossier et lut à haute voix. Les guérisseurs autour de lui hochèrent la tête en signe d'approbation.
— C'est moi qui l'ai trouvé inconsciente, confirma Marlène. J'ai directement prévenu mes supérieurs.
Un des médecins en retrait tapota à l'épaule du Dr Brown. Elle griffonna une note sur le dossier. Le médecin hocha la tête, puis fixa Rose attentivement.
— De quoi vous rappelez vous ?
— Je suis revenue de France le 27 août 2027. J'ai commencé à travailler à St Mangouste en septembre. Je me rappelle que Frank m'a ...
Elle s'arrêta, les joues rouges. C'était de la folie pourquoi racontait –t-elle sa vie à des inconnu. Dr Brown, feuilleta son dossier, vérifiant quelque chose.
— Mrs Weasley avez-vous la mémoire trouble ?
— Un peu , avoua Rose.
Un des guérisseurs en retrait, saisit un journal qui semblait local. Rose demeura interdite en lisant la date. Ses mains tremblaient si fort que le journal glissa de ses doigts.
— Nous sommes le 1 novembre 2029 déclara le Dr Brown. Nous pensons que vous souffrez de ce qu'on appelle une amnésie rétroactive, un état qui survient parfois à la suite d'une blessure à la tête.
Il continua ses explications, mais Rose n'enregistrait plus rien. Elle avait du mal à y croire. Un sentiment de malaise la saisit à nouveau. L'idée d'avoir perdu deux années entières de sa vie était inconcevable.
Le docteur Brown la fixa droit dans les yeux.
— Il est normal que vous paniquiez, ajouta-t-il. Vous travaillez dans cet hôpital depuis juillet 2028.
— Pourquoi j'aurais quitté l'Angleterre ça n'a aucun sens, répliqua Rose d'une voix amère.
— Rose commença Amy tu as déménagé tu te souviens ? Avec Frank par rapport à son travail annonca Amy d'une voix hésitante.
Rose resta bouche bée, incapable de répondre. Elle voulait dire à Amy que ce soi-disant mariage avec Frank n'avait pas plus de logique que sa présence en Irlande. Elle ne parvenait pas à comprendre comment elle avait pu se marier avec lui, alors que l'amertume de leur séparation était encore vive en elle. Quitter l'Angleterre pour le suivre en Irlande semblait tout aussi inconcevable.
— Vous avez oublié une tranche de votre vie, continua le Dr Brown.
Rose ne parvint pas à stopper les tremblements qui la parcouraient.
— Je ne peux pas le croire, ma chute, je la revois très clairement, commença-t-elle.
— Rose, dit Marlène, cela s'est passé il y a longtemps.
— Il semblerait que vous ayez perdu vos souvenirs à partir de votre première chute que vous me décrivez, poursuivit Dr Brown avec précaution.
Rose sentit les larmes lui monter aux yeux. Comment savoir si on ne la menait pas tout simplement en bateau?
— Depuis quand suis-je dans le coma ? questionna Rose.
— Il y a trois jours répondit Marlene d'une voix douce.
Rose se tourna lentement vers eux, cherchant des explications. Comment avait-elle pu oublier autant de temps ?
— J'ai ...j'ai donc une amnésie de deux ans balbutia Rose abasourdie.
— C'est exact. Votre blessure est ce qu'on appelle un traumatisme crânien par accélération-décélération, expliqua le Dr Brown. Il peut être dû au coup lorsque vous avez heurté le mur. Les voies neuronales sont endommagées, verrouillant vos souvenirs.
— Est- ce possible de retrouver mes souvenirs par le biais magique ?
Sa voix était empreinte d'un espoir fébrile. La simple idée qu'un sortilège ou une potion, puisse lui rendre ce qu'elle avait perdu la hantait. Rose vit le Dr Brown afficher une mine navrée.
— Je comprends votre inquiétude, et il est vrai que la magie peut parfois aider dans des cas d'amnésie légère, expliqua-t-il avec calmement.
— Mais… ? souffla-t-elle, anticipant la suite.
Dr Brown la scruta avant de poursuivre.
— Mais dans votre cas, c'est beaucoup plus complexe. Votre amnésie n'est pas due à un simple sort ou à une altération mineure de la mémoire. C'est une réaction de défense de votre propre esprit après un traumatisme.
Rose cligna des yeux, perplexe.
— Oui, précisa-t-il. Lorsqu'un patient subit un choc émotionnel ou physique trop important, son esprit peut volontairement verrouiller certains souvenirs pour se protéger. C'est un phénomène bien connu en médecine magique, mais aussi chez les Moldus. Dans ces cas-là, forcer la récupération peut être… risqué.
— Risqué, répéta Rose.
Dr Brown hocha gravement la tête.
— Nous avons déjà vu des cas où des tentatives de récupération forcée entraînaient des effets secondaires graves : migraines persistantes, désorientation, voire des crises de panique violentes.
Il marqua une pause.
— Elle reviendra peut-être d'elle-même, avec le temps.
— Et si je ne retrouve jamais rien ? murmura-t-elle d'une voix plus faible qu'elle ne l'aurait voulu.
Dr Brown lui adressa un regard compatissant. Rose fut saisie d'une multitude de questions. Comment cela avait-il pu arriver ? Depuis quand était-elle en Irlande ? Et... mariée à Frank ? Elle se sentait piégée dans un cauchemar sans issue.
Nous arrivons à la fin de ce chapitre 11. Je sais que les histoires autour de l'amnésie ont été vues et revues, mais j'ai voulu apporter quelque chose d'original. Désolée si vous espériez un reboot total xD. Je suis plutôt satisfaite de mon approche concernant l'amnésie de Rose et j'espère que cela vous plaira. N'hésitez pas à me laisser vos avis !
À bientôt pour la suite ! xx
D.
