Antoine, réveillé par la lumière du soleil depuis un bon quart d'heure, s'amusait à observer Candice dormir. Les premiers rayons du soleil filtraient à travers les rideaux, projetant des motifs dorés sur la peau nue de sa partenaire.

Cette dernière semblait mener une lutte intérieure dans son sommeil. Elle marmonnait des choses à peine audibles du bout des lèvres. Antoine essayait tant bien que mal de déchiffrer les bribes de conversation que laissait échapper son amoureuse.

Candice sursauta. Elle ouvrit brusquement les yeux, le souffle court. Son cœur tambourinait encore contre sa poitrine, écho de l'angoisse de son rêve.

«Hey mon amour, ça va? demanda avec attention Antoine, pris d'une sourde inquiétude.

- Euh.. Oui oui, ne t'inquiète pas. Tout va bien… le rassura la commandante, encore perturbée par son rêve.

- Candice, tu étais agitée dans ton sommeil et tu marmonnais des choses impossibles à comprendre. J'ai vaguement entendu que tu parlais d'Attia. Je te préviens, je vais mal le prendre si tu rêves de notre commissaire après notre première nuit, rigola Antoine, essayant de détendre l'atmosphère.

- J'ai fait un cauchemar… répondit doucement Candice. Désolée, je n'ai pas le contrôle sur mes rêves… Mais promis, ce n'était pas un rêve romantique ! tenta la commandante, essayant de faire disparaître l'inquiétude dans les yeux de son amoureux.

- Tu veux m'en parler? lui demanda Antoine en la prenant dans ses bras.

- Je rêvais effectivement d'Attia… On s'était embrassé dans la salle d'interrogatoire, brièvement hein, mais suffisamment longtemps pour qu'elle nous voit. Et là… gros drame! Elle est entrée dans une colère noire. Me demandant de te lâcher de suite, nous intimant l'ordre de la suivre tout de suite dans son bureau…

- Candice, cette femme te traumatises même dans tes rêves… l'interrompit Antoine. Je ne pensais pas que ça allait jusque-là… réalisa le capitaine avec effroi.

- Dans son bureau, son regard était glacial. Elle n'a pas crié, elle a juste dit, d'un ton froid et implacable : «Terminez cette mascarade. Maintenant» Elle nous a dit qu'on faisait ce qu'on voulait chez moi pendant ta convalescence, mais maintenant que tu allais revenir, elle nous intimait l'ordre de rompre. Une règle de non fraternisation au commissariat entre collègues.

- Hey hey, calme toi Candice! Cette règle n'existe pas je te rassure. Attia est sortie avec Canovas, le responsable de la BRI. Alors, elle serait mal placée pour la ramener. Et puis, rien ni personne, ne m'arrêtera de t'aimer! Je m'en fiche des règles. Ce que je ressens pour toi, ce n'est pas négociable.

- Ah bon? Je ne savais pas pour Attia tiens. Mais Antoine, le résultat est le même. Il faudra qu'on soit très prudent à la BSU, je n'ai pas envie que les autres s'aperçoivent de quelque chose…»

Candice se demandait pourquoi elle avait si peur. Après tout, Antoine et elle étaient adultes, capables de faire leurs propres choix. Et pourtant… Une angoisse sourde s'accrochait à elle, cette crainte que tout s'effondre si leur histoire éclatait au grand jour. Garder le secret, c'était préserver leur bonheur. Mais c'était aussi une cage. Une cage dont elle avait elle-même forgé les barreaux. Un amour qui devait rester dans l'ombre pouvait-il vraiment s'épanouir ?

L'équilibre était fragile, et elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer le pire. Attia n'hésiterait pas à sévir. Les regards des collègues, les murmures dans les couloirs, les sous-entendus… Était-ce une folie de vouloir préserver ce qu'ils avaient ? Était-ce égoïste de vouloir garder leur histoire secrète ?

Elle avait toujours cru être capable de compartimenter sa vie, de ne jamais mêler sentiments et travail. Mais avec Antoine, c'était différent. Il était partout. Dans son bureau, dans ses pensées, dans ses silences. Elle voulait le garder près d'elle, c'était une certitude.

«Tu as honte de notre histoire? demanda Antoine en baissant les yeux, attristé par la tournure que prenait la conversation.

- Bien sûr que non Antoine! Justement, c'est parce que j'y tiens que je souhaite la préserver. Tu es mon adjoint et moi ta supérieure hiérarchique…

- Et bien, nous ferons attention la journée, au travail. On pourrait parler en morse avec des clins d'œil ou inventer un code secret ! Et le soir, nous redeviendrons, toi et moi, deux amoureux.

- T'es con! sourit Candice. Pas de gestes tendres hein, pas de baisers. Juste deux collègues qui s'entendent bien! planifia Candice sans entrain.

- Ok! Donc mardi, je réintègre mon appart, conclut Antoine.

- Hein? Comment ça? s'interrogea Candice, soudain prise au dépourvu»

Elle imagina la maison sans lui. Les matins où il ne serait plus là pour l'embrasser avant qu'elle parte travailler, les soirées sans ses taquineries. L'idée lui laissa un goût amer. Elle ne voulait pas de cette maison sans lui.

«Bah, on a connu plus discret comme situation si je reste chez toi non?

- Merde! Je n'y avais pas pensé… Mais, je ne veux pas que tu partes… Les enfants non plus!»

Il plaisantait pour masquer ce qu'il ressentait vraiment. La vérité, c'est que l'idée de repartir dans son appartement lui déplaisait. Avec Candice et les enfants, il avait trouvé quelque chose qu'il n'avait jamais eu : une famille. Ici, dans cette maison remplie de vie, avec les enfants, leur énergie, il se sentait bien. Trop bien.

«Moi non plus! Je me sens si bien ici, avec vous. Et comme vous allez me manquer tous les jours… Après, je peux très bien débuter des travaux chez moi bientôt. Et ma cheffe si gentille et serviable, m'accueillerait chez elle le temps de retaper mon appart. C'est bien connu, les travaux, on sait quand ça commence, mais jamais quand ça se termine! répliqua Antoine avec un clin d'œil.

- Mais tu as réponse à toutma parole! rigola Candice en embrassant délicatement son partenaire. Vivement que tu débutes ces travaux!

- Bon et d'ici là, j'aurai ton cœur avec moi, répondit Antoine en montrant son bracelet bleu. Bijou qu'il n'avait pas enlevé depuis que Candice lui avait noué au poignet. Bon, on ne va pas parler d'Attia toute la journée hein! Que voudrais tu faire aujourd'hui?

- Profiter de toi!

- Hum profiter de moi comment? répondit Antoine, un sourire charmeur au coin des lèvres.

Antoine la fixait avec un sourire charmeur, ses yeux pétillants d'envie et de tendresse. Candice s'allongea au-dessus de lui. Elle laissa glisser le bout de ses doigts sur son torse, traçant des arabesques légères sur sa peau chaude. Elle aimait cette sensation, ce contact simple mais terriblement intime.

Elle déposa un premier baiser sur son épaule, puis un autre plus bas, effleurant sa clavicule du bout des lèvres. Antoine frissonna légèrement sous cette douceur et glissa une main dans ses cheveux, l'attirant plus près.

- Comme çaaaaaa, murmura-t-elle en laissant sa bouche effleurer sa peau.

Son souffle chaud créait des frissons sur le corps d'Antoine. Il la regardait, fasciné, savourant chaque sensation, chaque infime caresse qu'elle déposait sur lui. Il posa ses mains sur ses hanches, la maintenant tout contre lui, la laissant prendre le contrôle tout en s'abandonnant totalement à elle.

Candice sourit en sentant la tension subtile monter entre eux. Il y avait quelque chose de particulier dans ce moment, quelque chose de différent. Une émotion profonde résonnait entre eux.

Elle releva la tête et planta son regard dans le sien, cherchant à comprendre ce qu'il ressentait, à lire dans ses yeux. Antoine leva une main et caressa tendrement sa joue.

- Tu es magnifique, souffla-t-il, son regard s'illuminant d'une douceur infinie.

Candice sentit son cœur se serrer. Ce n'était pas juste du désir, c'était bien plus. Un lien puissant, un attachement qu'elle avait longtemps refusé de nommer mais qui s'imposait à elle, indéniable.

Antoine passa ses bras autour d'elle et la fit rouler sur le côté pour l'attirer tout contre lui. Leur corps s'épousaient parfaitement, comme s'ils avaient été faits l'un pour l'autre. Il plongea son regard dans le sien, son front frôlant le sien, leurs souffles se mélangeant.

- Ne me regarde pas comme ça, murmura-t-elle, feignant un léger reproche.

- Comme quoi ?

- Comme si tu lisais en moi…

- Peut-être que je te connais mieux que tu ne veux l'admettre, souffla-t-il avant de capturer ses lèvres dans un baiser lent, tendre, chargé de tout ce qu'il n'avait pas encore osé dire.

Candice se laissa totalement aller, s'accrochant à lui comme si ce moment était tout ce qui comptait. Peu importait le reste. Peu importaient les règles, les interdictions, les craintes. Juste lui. Juste eux.

Le temps sembla suspendre son vol tandis que leurs corps se retrouvaient, s'apprivoisaient encore une fois dans une étreinte douce et passionnée. Il y avait une urgence contenue, un besoin profond de se sentir, de se toucher, de prolonger cette parenthèse où tout était simple, évident.

Antoine posa ses lèvres sur son cou, y laissant une traînée de baisers brûlants. Candice ferma les yeux, savourant cette chaleur qui s'éveillait en elle, ce sentiment d'être exactement là où elle devait être. Il murmura contre sa peau :

- Je ne veux plus penser à demain. Juste à maintenant.

Elle entrelaça ses doigts aux siens et lui répondit dans un souffle :

- Alors aime-moi»

Et dans la lumière dorée du matin, ils s'oublièrent l'un dans l'autre, laissant leur amour parler à leur place.