Bonjour,
Merci pour les commentaires voici la suite.
Chapitre 7. Passé, présent, futur
Les choses reprirent leurs cours normal si on peut dire. J'ai passé mes examens facilement encore et j'ai également passé mon permis de transplanage. Ça me fait bizarre de me dire qu'il ne me reste qu'une année sauf si je veux pousser mes études plus loin. Le Lord m'a rappelé mais je pense qu'avoir louper cette mission capitale m'a fait un peu repartir en arrière. Surtout d'avoir blessé sa préférée, je ne l'ai plus croisée, j'ai globalement évitée de rester au manoir plus que de raison.
Je suis de nouveau à l'Antichambre après une mission en solo. Je bois un verre avant d'être rappelée pour faire mon rapport. Mon mentor arrive à mes côtés, on dirait qu'il sait toujours quand je suis là.
- « Comment c'est passé ta mission ? »
Je ferme les yeux un instant. Les visages livides, le sang qui coule, la mort. Rien de bien nouveau, la mort est mon amie. Depuis l'annonce du retour du Lord, il y a eu beaucoup d'attaques, beaucoup trop de morts. On a essayé d'en éviter, on a réussi parfois. Le fait gênant est que Maugrey semble faire une fixation sur moi. A chaque attaque dés qu'il me voit, plus personne ne compte. Il veut ma peau ou au moins me faire pourrir à Azkaban. Cette fois, je n'ai croisé aucun membre de l'Ordre, c'était une mission calme.
- « Accomplie »
- « Mais encore ? »
- « Il est déjà assez inconfortable de faire un rapport, alors une deuxième fois »
- « tu sais que c'est pas pour la même personne »
Une douleur à la nuque, me fait grimacer et je vois mon collègue, bouger inconfortablement également.
- « Vous aurez bientôt votre réponse »
Je fini mon verre pour trouver du courage, il est déjà parti et à régler nos notes respectives. Je sors et la pluie tombe fortement. Je respire un grand coup avant de transplaner. J'accélère le pas, tout en faisant apparaitre mon masque sur mon visage, sachant que le lord n'est pas patient. La salle est quasiment vide, mon mentor est arrivé et le lord nous surplombe mais est de dos. Je m'agenouille et je vois son serpent s'approcher de moi. Il vient siffler joyeusement à mon oreille. J'ai pas vraiment peur de lui mais ce n'est pas mon animal préféré non plus.
- « Parle je t'écoute. As-tu récupéré ce que je t'avais demandé ? »
- « Oui mon Lord. » Etre humble à tout moment mais ne pas sembler fragile. J'ai appris du meilleur mais chaque visite est une épreuve en soi.
- « Mais encore. » Je sens qu'il n'est pas patient ce soir et les ombres qui s'agitent autour de lui me le confirme.
- « Je suis arrivée sur place, il y avait très peu de sortilège de protection et le peu qui était mis a été facile à défaire. »
- « Pourquoi les autres mangemorts ne sont-ils jamais revenu ? »
J'ai envie de répondre qu'ils étaient stupides mais il y avait autre chose. Je me replonge de mon souvenir. Je viens de défaire le dernier sort et j'ouvre la porte. Une odeur pestilentielle m'arrive aux narine. D'un sort, je me protège mais la quantité de mouches et horribles. J'ouvre la première fenêtre que je trouve en prenant bien soin de ne pas ouvrir la bouche. La plupart des nuisibles sont partit et j'ai pu mieux me concentrer sur la pièce où je me trouvais. Un salon, où ce qu'il en reste, trois cadavres plus ou moins récents. Leurs habits et leurs masques ne trompe pas, des mangemorts. Ils ont les yeux ouverts et semblent être mort de peur, tellement leurs visages sont figés par cette dernière expression.
- « qui es-tu ? » Dit une petite voix derrière moi. Je me retourne et je vois une silhouette petite mais pas net. Son aura est pas noir mais pas blanche non plus, elle semble être accroché à quelque chose. Mon but certainement.
- « Et toi ? » Ne jamais donné son nom à une entité, il pourrait se lier à nous.
- « Abygaëlle »
- « que fais-tu ici toute seule ? »
- « j'ai perdu mes parents et ces gens, ils veulent tous me voler. Toi aussi, tu veux me voler. »
- « non, je veux juste t'aider à partir rejoindre tes parents ». Aider les morts, c'est mon rôle, ceux qui ont le don comme moi.
- « Pour du vrai »
- « Tu vas juste t'endormir »
Je tends ma main vers elle, elle n'est pas puissante et j'arrive à la faire partir assez facilement. Je monte à l'étage et je vois un coffre, je l'ouvre et je prends le livre que j'étais venue chercher.
Je n'ai pas parlé et pourtant le lord noir reprend la parole.
- « Je vois, donne le moi. ». Je sors le présent de mon sac et lui tend. Il le regarde un instant avant de le faire disparaitre« Bien, si je vous ai fait venir ensemble, c'est que j'ai une nouvelle mission et elle vous concerne tous les deux. Ma chère Calliopée, tu vas faire ta rentrée à Poudlard. » Il l'a dit d'un ton enjoué et j'ai peur d'avoir mal compris. Je ne comprends pas, je n'ai jamais fait ma rentrée. J'ai 17 ans et ma place n'est plus là. Depuis que je suis avec lui, il m'a utilisé principalement pour mon don. Qu'est-ce que je vais faire là-bas ?
- « Maitre » ?
- « Discuterais-tu mes ordres ? »
- « Non mais je ne comprends pas. Je peux vous apporter plus en… »
J'ai été trop loin, trop stupide et c'est sans grande surprise quand je sens comme si on m'étranglait. Ça brûle et m'étouffe, j'ai toujours l'impression que je vais mourir mais ça n'arrive jamais. Quand cela cesse, je me remets à genoux, haletante. Severus n'a pas bougé d'un iota.
- « Comme je le disais, tu vas rentrer à Poudlard car j'ai besoin de quelqu'un pour se rapprocher de Potter. Les enfants de mangemorts sont trop compromis. Il faut quelqu'un du camp de la lumière. » Si je ne venais pas de me faire punir, j'aurai laissé échapper un petit rire. Je n'ai vraiment rien de quelqu'un qui est du camp de la lumière. « Et puis, après tes dernières rencontres avec lui, il apparait qu'il t'apprécie déjà. » C'est un peu culoté de sa part de m'envoyer pour quelque chose qui m'avait fait punir.
- « Je ferais tous pour vous servir »
- « j'entends. Severus fait en sorte qu'elle soit acceptée et transmets moi tes rapports régulier. Disposez »
Je me relève tant bien que mal, je tangue mais j'arrive à sortir. Il n'y a personne, je me colle au mur. Les ombres se rapprochent de moi, c'est pas bon signe.
- « tu devrais aller te reposer, je viendrais te chercher demain soir à 19 h, ici. »
- « je serais là. »
Pas un mot de plus, trop dangereux. Je le regarde partir toujours avec sa classe naturelle. J'attends qu'il soit loin puis je monte les escaliers. Je vais dans ma chambre mais avant que j'ai fermé la porte, un pied l'a bloqué..
- « Ma belle. » Me dit Rabastan avec son sourire comme si rien ne c'était passé.
- « On avait été clair non ? » Je dis mais je m'écarte quand même pour le laisser entrer. Il le fait et referme derrière lui.
- « Des choses se sont passées depuis. » Les évènements du ministère et surtout la punition qui a suivi me revienne en pleine face.
- « On a foiré une mission capital ? J'ai voulu tué ta belle-sœur ? »
- « On reprend comme avant ? » Je le regarde, je passe une main nerveuse sur mon cou. Il me manque, tout dans notre relation me manque. Le fait de dormir normalement en fait partie.
- « mords-moi »
Il me sourit encore mais son sourire a changé, je me déteste mais je suis faible. Des larmes coulent de mes yeux alors que ces crocs plongent dans mon cou. L'ivresse arrive assez vite et je plane complètement. Je ne suis plus moi, il n'est plus lui, je m'abandonne complètement à ses bras musclés.
La nuit est courte. Le soleil entre par les rideaux mal fermés, je bouge un peu, bougeant par la même occasion le bras qui se trouve sur moi, il grogne avant de se coller à mon dos.
- « tu pars à quel heure ». Marmonne-t-il
- « ce soir » je murmure, maintenant que c'est passé, la culpabilité m'étreint de nouveau.
- « alors arrête de bouger »
- « je te déteste »
- « tu me le répète à chaque fois et à chaque fois tu reviens » Il a raison mais ça ne change rien à la situation. « J'aime bien tes cheveux courts. »
- « Pas moi, mais je n'ai pas le choix. Ta chère belle-sœur a du poser un sort, il ne pousse plus.
- « C'est mignon »
- « Je te déteste »
Mais je ne bouge pas, je ferme les yeux m'abandonnant seulement à la sensation, essayant de gagner encore quelques heures de sommeil. Une drogue, de l'héroïne pur, ça me fait mal mais j'y reviens. Tout pour oublier cette vie maudite. J'ai dû me rendormir car je me fais réveiller par des bruits d'eau. J'ouvre les yeux et je vois la porte de la salle d'eau ouverte. Je ferais mieux de partir avant qu'il sorte. J'essaye de me rhabiller discrètement mais c'était sans compter l'ouïe de mon invité. Ce dernier vient de me plaquer sur son lit, tenant mes poignets dans ses mains au-dessus de ma tête. Des gouttes d'eau tombe de ses cheveux.
- « Tu n'allais pas partir sans me dire au revoir. » Me dit-il taquin, ses cheveux bruns en bataille, ses yeux couleurs caramel quand il a bu, ses fossettes, sa légère barbe, mon rythme cardiaque s'accélère.
- 'J'ai faim et je dois partir en mission ce soir. »
- « Pour combien de temps ? » Cette mission risque d'être longue, je risque ne pas revenir avant longtemps. Une angoisse monte en moi, mais je ne peux pas lui laisser la voir.
- « Un long moment ». Il fait une moue de gamin capricieux
- « Tu vas me manquer. »
- « La ferme. » J'essaye de me dégager mais il raffermi sa prise. « Tu vas te taper une ribambelle de poufs. Je ne suis pas une idiote, j'ai pas besoin que tu me joues ta sérénade. » C'est pas de l'amour entre nous, c'est juste du donnant-donnant. Il me fait du bien et je lui fais du bien.
- « Oui mais toi c'est spécial. Tu es la seule que je fais ça. » Dit-il avant de me lécher le cou. Des frissons agitent mon corps. Je me déteste et j'essaye de me libérer de sa prise une nouvelle fois mais en vain.
- « Arrête. »
- « Aller une dernière, si on va se quitter pour un long moment. Je sais que tu en as envie autant que moi. » me susurre-t-il à l'oreille. Il me la mordille avant de redescendre à mon cou, il y replonge ses crocs et j'ai une secousse de plaisir. C'est plus bref, mais tellement bon. Il libère mes mains et je les places derrière son cou pour l'amener à mes lèvres, j'encercle sa taille de ma jambe. Nous partons dans un baiser sulfureux et il m'enlève le peu de vêtements que j'avais su remettre. Cette fois quand la partie est finie, je lance un tempus, je vais être en retard. Il déteste ça. Je cours prendre une douche rapide sous l'œil moqueur de mon hôte. Il a gagné, comme toujours. Je ne lui adresse pas un mot avant de partir et je cours presque dans les escaliers. Severus est bien sûr là et contrarié.
- « Tu te moques de moi ? » Question rhétorique mais j'y réponds quand même
- « J'ai oublié de mettre une alarme. »
- « N'ose pas me mentir en plus. » Devant lui, j'ai toujours l'impression d'avoir 5 ans. « Suis-moi. »
Je le suis, j'entends des cris, des gens ont contrarié le lord. Quand on sort, la chaleur mêlé à l'humidité contraste avec la froideur du bâtiment que nous venons de quitter. Au porte du manoir, il s'arrête et me tend le bras. Nous transplanons et nous arrivons dans notre maison. Nous allons dans le salon.
- « Tu peux t'assoir, il va arriver. » Je n'en fais rien, je préfère regarder la bibliothèque pour voir s'il a acheté des nouveaux livres. Les anciens, je les ai tous lu, il n'y avait pas grand-chose à faire à part ça ici.
- « Il se déplace en personne. » Dis-je moqueusement
- « Callie. »
La cheminée s'anime et un vieil homme en sort.
- « Calliopée, Severus. Bonjour mes enfants. » Je mords ma langue pour ne pas répondre. Je ne suis pas son enfant, je ne suis l'enfant de personne ou l'enfant de la mort sans doute.
- « Severus m'a averti de la nouvelle mission qui t'a été confiée. On va te faire rencontrer Harry, tu vas te présenter comme la sœur de Neville. » Autant je ne me permets pas de rire devant le Lord autant devant lui, je ne m'abstient pas et je lâche un bref ricanement.
- « Ce qui est le cas mais vous allez faire comment pour expliquer le fait que je n'ai jamais intégré Poudlard ? Que ma grand-mère ne s'est occupé que de mon frère ? Que je réapparais comme par magie ? »
- « Nous dirons la vérité. » Je ne m'étais pas encore tourné vers lui, mais là, je le fais en haussant les sourcils et au laissant échappé un deuxième ricanement.
- « Que ma grand-mère m'a abandonné pour s'occuper du mâle de la famille qui la représentera. Que j'ai été élevé par un tuteur qui l'a fait sous vos ordres. Que j'ai été recruté par Vous-Savez-Qui pour espionné à votre compte ? » J'entends un rire que je connais, je vois derrière Dumbledore, assis sur l'appui de fenêtre, mon ami.
- « Callioppée. » Me sermonne le deuxième sorcier le plus fort du moment.
- « Je veux juste savoir qu'elle vérité vous parler ? » Il s'assied dans un fauteuil, prenant bien le temps de mettre sa robe correctement.
- « L'histoire est que ta grand-mère ne pouvait pas s'occuper de deux enfants en bas âge. Il a fallu qu'elle fasse un dur choix et elle a choisi le plus jeune. Elle t'a trouvé un tuteur qui t'a donné effectivement un enseignement à domicile mais il est malade. »
- « Il y a pas à dire vous raconter super bien les histoires. Et le fait que ma grand-mère n'a jamais pris de mes nouvelles ? »
- « Il a été décidé que ce serait mieux pour tout le monde. »
- « Bien sûr. Donc vous allez me mettre en contact avec Potter. Je vais faire ami-ami avec lui et puis quoi ? Si le Seigneur des Ténèbres me demande de lui livrer ? » Dumbledore lance un bref regard au Maitre des Potions qui ne bronche toujours pas.
- « Nous aviserons mais évite de l'appeler comme ça. » Je sais de qui il parle, seul les mangemorts appelle Voldemort, le Seigneur des Ténèbres.
- « Qui Potter ? » ça m'amuse de jouer avec ses pieds.
- « Aussi. Tu es prête ? » Mais il ne sort jamais de ses gongs, c'est rageant.
- « Comme si j'avais le choix. »
Il ne fait pas attention à ma dernière intervention et reprend la cheminée. Quand je veux le suivre, une main m'agrippe l'épaule. Je me retourne vers mon mentor.
- « Je ne viens pas mais je ne serai jamais loin. » Je regarde derrière lui et mon ami est déjà parti.
- « Je sais. »
Pas un mot de plus mais on se comprend. Il me tend de la poudre et un mot avec l'adresse et me dis ce que je dois dire. J'arrive dans une entrée puant la magie noir. Bizarre endroit. Je connais l'Ordre du Phénix, c'est en soi pour eux que je travaille sauf que personne ne le sait. Je suis un espion comme mon mentor, sauf qu'encore une fois, personne ne le sait sauf le grand directeur de Poudlard et chef de cette organisation. Du coup, si on est au quartier général de l'ordre pourquoi cet endroit en particulier ? Dumbledore me sourit avant de me faire signe de le suivre. Nous entrons dans une pièce et des têtes tournent vers nous. Je le vois direct, ma cible, la raison de ma présence ici. Potter. J'ai lu tout ce qu'i lire sur lui, livre et revues de presse. J'ai également beaucoup entendu parler de lui par Severus qui est aussi son professeur de potion. D'après c'est dire : il est fainéant, vaniteux, fonceur. D'après nos rencontres, il a l'air bien différent de cette définition. Des deux côtés, ses amis, Ronald Weasley et Hermione Granger. Il y a aussi une femme rousse qui s'affairent derrière les fourneaux. Elle se retourne enjouée.
- « Tu dois être Callioppée. »
- « Callie. » Elle me sourit gentiment.
- « Bienvenue, assieds-toi. Tu as faim ? » je n'ai pas besoin de mentir. Je suis affamée. D'habitude après les visites de mon amant, je dévore mais je n'ai pas eu le temps. Je m'assieds à côté de la brune.
- « Oui Madame. »
- « Oh, appelle-moi Molly, je suis la maman de Ronald et voici Hermione et Harry. »
Plusieurs personnes entrent, dont ma grand-mère et mon frère. Timing parfait, vraiment.
- « Calliopée. » Dit mon frère semblant heureux de me voir.
- « C'est Callie. »
- « On t'a donné un prénom, c'est un manque de respect que de le changer. » Je regarde ma grand-mère qui sert sa précieuse canne dans sa main ; Je ne peux plus porter mon nom de famille à cause d'elle et elle ose me faire la leçon. J'ai envie de lui répliquer qu'abandonner un enfant c'est aussi un manque de respect, mais je ravale ma phrase.
- « Si nous nous asseyons, vous avez sans doute beaucoup de chose à vous dire. » Intervint Rémus qui a l'air fatigué. Mais au final, on est tous assis et personne ne parle. C'est mon frère qui rompt le silence.
- « Tu vas venir à Poudlard ? »
- « Oui. »
- « Est-ce que tu as réglé ton problème ? » Je regarde ma grand-mère, je n'ai jamais compris pourquoi elle ne m'aimait pas. Car pour faire ce qu'elle a fait, elle ne pouvait pas m'aimer. J'ai espéré, essayé et finalement j'ai abandonné. Elle parle de mon don, elle en a peur, c'est une des raisons pour lesquels, elle m'a laissé.
- « Un problème ? » Relève Sirius, il me fait penser à mon ami.
Je vois Neville qui se rapetisse, il doit s'en souvenir. Moi aussi. Elle nous forçait, à aller voir nos parents à l'hôpital, j'avais que ans, les morts étaient beaucoup trop nombreux, trop de tristesse, de douleurs, d'âme perdue. Me revoilà comme si j'avais cette âge devant une matriarche beaucoup trop sévère et avec beaucoup trop de tristesse en elle. Je n'étais qu'une enfant. Les larmes arrivent à mes yeux, je déteste me sentir faible. Une tasse du vaisselier traverse la pièce et passe à 5 cm de la tête de ma grand-mère, sous l'œil estomaqué de l'assistance.
- « Qu'est-ce que c'était ? qui a fait ça ? » La mère de famille se tourne vers ses jumeaux, mais personne ne comprends. J'entends le rire familier de mon ami. Je ne sais pas pourquoi il veut interagir, mais j'ai envie de le laisser faire. Il pose une main sur mon épaule et chose rare, je le laisse prendre possession.
- « Tu es chez moi, vieille bique et je ne laisserai pas l'insulter. »
- « Calliopée, cesse-cela. » Elle tremble en serrant sa canne. Mon ami, lâche la prise.
- « J'ai grandi grand-mère et ils ne me font plus peur. Pour vous répondre, oui mon problème est réglé car ce n'est plus un problème pour moi. »
Elle se lève et s'en va non sans un regard de dégout ? vers moi. Les autres ne parlent pas, ne bougent pas. Finalement la maman, reprend sa cuisine et mon frère se tourne vers moi.
- « Tu les vois encore alors ? » Il n'y a pas de peur dans sa voix, mon frère est un vrai gentil.
- « Oui Neville. »
- « Pardon mais pourriez-vous nous expliquer ce qui vient de se passer. » Me demande Rémus. Je soupire, je déteste être le centre de l'attention, surtout pour ça.
- « Je suis un oracle, je vois les morts. »
- « Il y a des fantômes ici ? » Demande Hermione la voix pas très sûr d'elle.
- « Il y en a partout des fantômes mais c'est compliqué. Quand on meurt, notre âme est le reflet de notre vie. Si nous avons fait le bien, elle aura plus de facilité à passer de l'autre côté, si nous avons fait le mal, elle devra se purifié avant de partir. L'oracle peut les aider. Il y a ceux qui n'ont pas d'attache et qui sont en paix, ils passeront sans soucis et ceux qui s'accrochent à quelques choses ici. Il y a ceux qui reviennent de temps en temps et ceux qui ne partent jamais. «
- « Est-ce que… » Commence Harry, il arrête sa phrase comme s'il avait conscience d'avoir parlé trop vite.
- « Tes parents ? »
- « Oui. » Me répond-t-il plein d'espoir.
- « Si ils sont encore ici, je ne les verrais pas dans cette maison. »
- « Pourquoi ? »
- « Elle est remplie de mauvaise énergie. C'est pas un lieu pour tes parents, ils se sont sacrifiés pour toi. Il n'y a pas plus pur comme acte, si ils sont encore par ici, il faudra au minimum, un lieu neutre. »
- « Mais le fantôme tantôt ? »
- « C'est un ami, il me suit depuis un moment. »
- « Assez embêté notre invitée, manger avant que ce soit froid. »
Je commence à manger et c'est délicieux, il y a longtemps que je n'avais pas mangé de la nourriture fait avec le cœur d'une maman. La dernière fois, je devais avoir onze ans mais je ne préfère pas y penser, ça fait partie de mon passé. Je sens les regards sur moi et je suis certaine qu'ils ont encore des questions. mais le regard qui m'intéresse c'est celui de Potter. Je sais comment me rapprocher de lui.
Après le repas, il y a une réunion. Apparemment c'est bien ici que se réuni l'Ordre du Phénix. Des autres hommes sont entrés, dont un avec un œil qui bouge dans tous les sens. Maugrey Fol œil. Son œil peut apparemment voir à travers tout, sauf nos masques qui sont enchantés. J'ai intérêt de faire attention avec lui. Il est en discussion avec un grand black que j'ai vu au Ministère. Je passe à côté d'eux mais un mot me fait tendre l'oreille.
- « Je te le dis, il y a quelque chose de bizarre avec Rabastan Lestrange. »
- « Tu te fais des idées. »
- « Au Ministère, je l'avais presque. Quand il est avec ce mangemort inconnu, il est différent. »
- « Encore à parler de son mangemort préféré. » Se moque gentiment Molly et le grand Black lui souri
Je n'ai pas le temps d'entendre la suite qu'on me pousse dehors. L'homme qui ressemble à mon ami, me conduit à l'étage, il me fait entrer dans une chambre. Je ressens des ondes spéciales, il ferme la porte derrière lui et je me sens comme prise au piège. Par prudence, je pose une main sur ma baguette.
- « Il sait » murmure mon ami l'air sombre. Je ne l'ai vu que rarement dans cet état, c'est plutôt un blagueur. Et je dois dire que je ne le suis pas.
- « Il sait quoi ? »
- « Il m'a reconnu. » Je regarde mon ami et l'autre homme. Il a l'air sombre aussi et regarde où je regarde. Je crois comprendre, maintenant la ressemblance est frappante.
- « C'est mon frère ? C'est Regulus qui était là tantôt, c'est lui qui a parlé. » Me demande l'homme
- « Je… » Je ne sais pas quoi dire, j'ai peur de le trahir
- « Tu peux lui dire. » Dit simplement mon ami
- « Oui c'est lui. »
- « Pourquoi est-il là ? Je veux lui parler. » Je ferme les yeux quand un frisson me parcours. Les vivants veulent toujours parler aux morts, mais ce n'est pas si simple, c'est vraiment désagréable voir douloureux.
- « C'est pas aussi simple que ça. »
- « Tantôt il l'a fait. » Regulus n'a pas bougé mais je sens son envie.
- « Reg ?
- « Je serais bref. »
- « Ok »
Pour la deuxième fois de la soirée, je le laisse prendre possession de mon corps. C'est pas une sensation agréable. C'est comme si on ouvrait une porte en plein hiver, un froid glacial circule dans mes veines.
- « Bonjour grand frère. » C'est toujours bizarre d'avoir une voix autre que la mienne sortir de ma bouche
- « C'est vraiment toi. » L'homme tend ses mains vers moi, il tremble.
- « Aussi moi que quand tu m'as cassé le bras en voulant faire un gâteau pour mon anniversaire Sirius. » Il essaye de blaguer mais je sens sa tristesse et c'est horrible.
- « Reg comment es-tu ? »
- « Mort ? tu peux le dire c'est pas un gros mot. Maman ne va pas te gronder. » Lance-t-il comme une blague mais l'autre ne rit pas. « Ce n'est pas important. » Dit-il en haussant mes épaules
- « Mais pourquoi es-tu encore là ? » J'ai peur qu'après cette discussion, il parte en paix. C'est égoïste, se serait bien pour lui mais j'ai envie qu'il reste.
- « Je ne suis pas encore prêt à partir. » Je ne sais pas si c'est à lui qu'il le dit ou à moi.
- « Je suis désolé. » Fait l'homme en pleurant maintenant doucement.
- « Pourquoi ? » Je ne connais pas leur histoire, je ne sais même pas comment il est mort ou dans quel camps il était.
- « Je devais te protéger, tu étais mon petit frère. »
- « J'ai fait mes propres choix. »
Le lien se coupe, je tombe à genoux haletante. Il y a trop d'ombres par ici, je ne pouvais pas risquer que d'autres prennent l'ascendant.
- « Est-ce que ça va ? » Me demande Sirius en m'aidant à me relever en me saisissant le bras.
- « Oui. Reg est le seul à qui je laisse prendre possession de mon corps mais ça reste désagréable et ici il y a trop de magie noir. »
- « Je vais te laisser te reposer. Mais merci. » Je le sens mal à l'aise d'avoir pleuré devant moi.
Je m'assieds sur le lit, j'essaye de reprendre mon souffle et calmer mon cœur.
- « Désolé, c'était une erreur. » Fait Regulus, je lui fais un sourire que j'espère réconfortant.
- « Je te devais bien ça. »
- « Tu veux dormir ? »
- « Il y a trop d'ombres ici, tu n'arriveras pas à les faire fuir tous. »
Il ne rajoute rien. Je dors peu car le pays des rêves, c'est comme si on ouvrait des portes vers l'au-delà et n'importe qui pourrait venir prendre possession de mon corps. Les seuls moyens que j'ai c'est me faire mordre par mon amant ou qu'un errant me protège. C'est Regulus qui le fait mais il n'est pas assez puissant pour agir dans cette maison. Il y a aussi l'option des potions et des runes mais rien n'est optimal. Je m'attarde sur ma chambre de fortune, je vois des posters au mur, des décorations de Serpentards, je vois une photo au mur. Trois jeunes en tenues de Quidditch de la maison de Serpentard.
- « C'est toi ? c'est ta chambre ? »
- « Oui c'était ma chambre. » Il passe sa main transparente sur la photo
- « Tu m'étonnes que tu sois encore ici même ta chambre n'a pas bougé depuis ta mort. »
Je le sens vibré puis il disparait. Je m'en veux tout de suite. Faute de pouvoir dormir, je me mets en position pour méditer. Cependant, j'entends du bruit dans l'armoire de la chambre. Je sors ma baguette ne sachant pas quelle bestiole cette maison peut renfermer et je l'ouvre. Je découvre une créature pas très belle, un elfe de maison. Mais un très vieux elfe de maison, c'est comme si sa peau était trop grande pour lui, il a des poils blancs sortant de ses oreilles et les yeux injectés de sang avec un nez en forme de groin. Présentement, il est couvert de poussière serrant une vielle couverture aux armoiries des Blacks.
- « Qui es-tu ?. »
- « Je suis Kreattur, je sers la famille Black. Le Maitre a dit que Maitre Regulus était revenu. »
- « C'est un fantôme. »
- « Vous être un Oracle, vous voir Maitre Regulus. Kreattur a entendu la voix du Maitre. » Cette créature me fait pitié.
- « Il est parti pour le moment. Tu l'aimais ? »
- « Maitre Regulus était un bon Maitre pour Kreattur. »
- « Tu avais l'habitude de dormir ici ? » Il se balance d'un pied à l'autre comme s'il ne savait pas quoi répondre.
- « Oui. »
- « Tu peux encore, je ne dors pas beaucoup donc fait comme chez toi. »
- « Vous êtes amie avec Maitre Regulus ? » Je l'appelle mon ami mais peut-on vraiment être ami avec un mort.
- « J'apprécie beaucoup ton Maitre. »
- « Kreattur servira Maitresse ? »
- « Callie Light mais tu n'es pas obligé. »
- « Maitresse Callie. » Dit-il en faisant la révérence devant moi.
Il referme l'armoire et je recommence à méditer. Je fais des siestes mais jamais plus de vingt minutes, je mets toujours une alarme, je ne dois jamais atteindre le pays des rêves.
Les heures passent mais à 6 heures, je décide de sortir de ma chambre. Je tombe nez-à-nez avec mon frère.
- « Je… Bonjour. » Dit-il semblant surpris. Attendait-il depuis longtemps ?
- « Bonjour. »
- « Je voulais t'envoyer des lettres mais elle n'a jamais voulu. »
- « C'est rien. » En réalité, j'aurai aimé en avoir. J'ai plus l'impression que c'est mon frère. Est-ce que le sang fait vraiment tout ? On a eu tellement des parcours différents.
- « Si. »
- « Alors raconte, c'est comment Poudlard ? » Je lui demande en rentrant dans ma chambre l'invitant à entrer également.
- « C'est magique, je suis à Gryffondor avec… »
Je le laisse parler, encore et encore, il est si enthousiaste et je l'envie. Bien sûr, il a dû vivre avec notre grand-mère mais qu'est-ce que j'aurai aimé aller à Poudlard. Enfin, y aller comme n'importe qui. Je me rappelle la joie que j'ai eu en recevant ma lettre à onze ans. Cette joie à durer une heure après Dumbledore est venu m'annoncer que je n'irais pas. Il m'a aussi retiré mon semblant de bonheur et m'a offert une vie d'espionne.
- « Tu penses que tu seras dans quel maison ? » Bonne question. Pour le bien de ma mission, il faudrait qu'au minimum, je n'aille pas à Serpentard.
- « On verra. »
- « Et toi alors ? »
- « Pas grand-chose à dire, j'étais chez un tuteur et il m'a appris tout ce qu'il savait. Il est tombé gravement malade et me voilà. » J'ai pas envie de broder, cette histoire est déjà assez absurde.
- « Il est gentil ? »
- « Il y a pire comme… »
- « Arrête. » Le gentil Neville ne dira jamais de mal de personne surtout pas de notre chère grand-mère. « C'est juste la dernière fois. »
- « Elle t'oblige encore à y aller ? »
- « J'aime y aller. » C'est toujours qu'un enfant. Il croit encore qu'ils vont revenir à eux et qu'on redeviendra une famille. Il triture ses mains. « Est-ce que tu les vois ? »
- « Ils ne sont pas morts malheureusement pour eux. »
- « Dis pas ça. » Dit-il morose, on dirait un enfant, il l'est encore.
- « Nev, ce n'est pas une vie. »
- « Toi tu pourrais encore les voir mais pas moi. »
- « Non, je les ferais partir, ils ont le droit de se reposer. Ce n'est pas une vie, on devrait les aider »
- « Les tuer ? C'est pour ça que tu es allé les voir la dernière fois ? »
Ils ne comprends pas. Il a peur de la mort comme tout le monde. Mais je préférai mourir plutôt qu'être une plante comme mes parents. Il part les larmes aux yeux, c'est le deuxième que je fais fuir aujourd'hui et il n'est que 7h30. J'ai une migraine qui arrive, les ombres commencent à m'étouffer de plus en plus. Je décide de prendre une douche avant de descendre. Je me déshabille et me regarde dans le miroir. Comme je l'ai dit à Rab, mes cheveux ne poussent plus. J'ai été chez un coiffeur pour qu'il les arrange mais ils ne poussent pas plus que là où elle les a coupé. Depuis notre confrontation, je ne l'ai croisé qu'une fois, elle m'a juste dit « belle coupe ». Je la hais. Je regarde mes runes, elles grandissent avec moi. Tous les bons oracles possèdent des runes, elles font parties de moi.
L'eau chaude me délasse et je me sens mieux en sortant. Je prends des habits dans le sac qui contient globalement toute ma vie.
Je ressors pour la deuxième fois de la chambre et je descends. Dans les escaliers devant moi, se trouve Ginny et ses frères jumeaux. Ils me disent poliment bonjour et nous allons tous les 4 dans la salle à manger. La matriarche à préparer beaucoup de chose. Je me demande comment était ma maman. Est-ce qu'elle était une maman cuisinière ou plutôt une femme active qui aurait préféré nous amené au restaurant. Ou peut-être que c'était mon père qui aimait cuisinier. Je sais juste qu'ils étaient aurors. Je crois parfois me souvenir d'anciens souvenirs mais je ne sais pas s'ils sont réels ou non.
- « Callie thé, chocolat chaud ? »
- « Café ? » Je demande timidement. Les enfants roux regardent leur mère surement intéressé par sa réaction.
- « Je ne sais pas si c'est vraiment bon d'en boire à ton âge. » Si elle savait tout ce qui n'est pas bon pour mon âge et que je fais.
- « J'en bois depuis deux ans quasiment. »
- « Je suppose que dans ce cas. » Elle me sert une tasse et je mets du lait dedans. Je me sers un bout de brioche qui sent vraiment trop bon.
- « Tu as l'air fatigué, tu as mal dormi ? » Me demande un des jumeaux, Fred, je crois.
- « Aussi bien que d'habitude. Je ne dors jamais beaucoup. »
- « J'ai croisé une fois un oracle, il m'avait dit qu'une des choses les plus difficiles à subir était le manque de sommeil. » Raconte Molly avant de s'installer à côté de moi.
- « Pourquoi ne pouvez-vous pas dormir ? » Me demande Ginny alors que Harry, Hermione, Nevile et Ron font leur entrée.
- « Le monde des esprits et le monde des rêves est lié. Les mauvais fantômes peuvent prendre possession de notre corps ou nous torturé si nous nous y attardons. »
- « Donc vous ne dormez pas ? » Continue-t-elle alors que toute le monde écoute maintenant.
- « Si, on trouve des solutions alternatives, il ne faut juste pas atteindre le royaume des rêves.
- « La potion de sommeil sans rêve ? » Demande Hermione, elle a l'air vraiment futée.
- « On ne peut pas en prendre souvent car il y a de la dépendance et des effets néfastes sur le corps. Certains fantômes peuvent nous protéger. »
- « C'est ce que fait ton ami ? »
- « Oui mais ici il ne peut pas. Regulus n'est pas un fantôme puissant, il y a trop de magie noir dans cette demeure, il ne pourrait pas me protéger. »
- « C'est une malédiction en faites. » Constate Georges et on peut le voir comme ça.
- « Comment devient-on oracle ? On nait comme ça ? » Demande Harry.
- « Non. Il n'y a pas vraiment d'explication. Ce qu'on dit c'est que c'est la mort qui nous choisis comme ambassadeur. » Ou en tout cas c'est ce qu'on m'a dit avant de m'apposer mes runes.
La porte s'ouvre en grand fracas et une magnifique femme aux cheveux bruns. Elle est suivie par une femme aux cheveux roses à l'allure joviale.
- « Par Merlin, c'était donc vrai. Ma chérie, tu es là. » Des flashs m'arrivent, une partie de ma vie que j'avais enterré dans ma mémoire.
- « Meda. » Je murmure. Je me suis levée et elle vient me serrer dans ses bras, je n'ai plus l'habitude des contacts de ce genre. Je lui rends son étreinte timidement.
- « Comment vas-tu ? » Elle s'écarte mais garde ses mains sur mes épaules. « Comment diable as-tu atterri ici ? Où étais-tu ? Est-ce qu'on t'a fait du mal ? Quand je vais voir Dumbledore, il va m'entendre. »
- « Maman. » Fait sa fille derrière elle. Elle a bien changé, mais je me souviens de ma grande sœur .
- « Non, tu ne m'empêchera pas. »
- « Je croyais bien avoir entendu ma chère cousine préféré. » Fait Sirius en entrant dans la pièce, un sourire au lèvre. « Je croyais que tu m'avais dit que tu ne remettrais jamais plus un pied ici. ? »
- « Quand est-ce que Dumbledore doit venir ? » Demande Meda toujours en colère.
- « On a une réunion dans une heure pourquoi ? »
- « Parce qu'il va m'entendre. »
- « Je vais bien. » J'interviens enfin la voix rauque. Elle repose le regard sur moi plein de douceur.
- « Il m'a privé de te voir pendant 6 ans. Il m'a dit que tu allais bien, que tu étais en sécurité. » J'avale difficilement ma salive, j'ai l'impression d'avoir un nœud dans la gorge.
- « C'est le cas. » Mentir j'ai l'habitude mais là, c'est différent. Elle prend mes mains dans les siennes et remonte mes manches cherchant quelque chose. Elle passe un doigt léger sur mes runes.
- « Tu es devenue une oracle. C'était quand ? » Je regarde mes runes. Je ne sais pas quoi lui répondre. J'ai pas envie de lui mentir. « Non pas à onze ans. Il m'a dit que tu allais faire ton entrée dans une autre école. » Maintenant, on dirait qu'elle va pleurer.
- « Maman peut-être pourrions nous nous assoir et la laisser parler. »
- « Oui pour une fois que tu es plus raisonnable que moi. » Se moque-t-elle gentiment. Je retrouve leur complicité. Je nous revois faire de la pâtisserie ensemble. La joie, la légèreté, la famille.
- « Contente de te revoir petite sœur. » Me dit la plus jeune en posant une main sur mon bras.
- « Comment vous avez su ? » J'arrive pas à maitriser ma voix, elle tremble. Je tremble ? Je m'assieds à mon tour, de peur que mes jambes me lâche aussi.
- « Sirius m'a dit que tu étais là et que tu l'avais aidé à voir mon cousin. Comment va-t-il ? je suis étonné qu'il soit encore là. » Je regarde partout mais il n'est pas revenu. J'aimerai qu'il soit là.
- « Il ne m'a pas quitté. »
- « J'en suis contente, d'une certaine façon. » Elle remet une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. « Tu es devenue une si belle jeune fille. Raconte moi. » Je vois le regard de tout le monde sur moi.
- « Il n'y a pas grand-chose à dire. »
- « Quoi que tu me dises, je serais fière de toi. Je suis si contente de te revoir. »
C'est comme si on m'avait jeté un sceau d'eau sur la tête. Je suis pétrifiée par ses paroles. Comment pourrait-elle être fière de moi ? Je suis un monstre. Un monstre qui tue, un monstre qui couche avec l'ennemi, un monstre qui se met à genoux devant le plus grand mage noir.
- « Vous devriez sortir pendant la réunion. ». Je me lève contente de pouvoir sortir. Meda me saisit la main avant que je ne sorte. Je tourne la tête vers elle.
- « On se voit après. » Me dit-elle avec un sourire. J'essaye de lui rendre mais j'ignore si c'est convainquant.
Les enfants montent dans les étages en ronchonnant, je reste planter en bas des escaliers, la main sur la rambarde. Harry me regarde du haut de l'escalier, il semble vouloir me parler. Mon cœur bat à tout rompre, j'ai l'impression d'étouffer. Je dois sortir, sortir de cet endroit qui intensifie ce mal être. Je prends la porte et je cours aussi loin que possible pour trouver un endroit discret. A l'ombre d'une ruelle, je transplane devant un bâtiment. Je regarde l'enseigne «l'antichambre », j'invoque ma cape. J'entre, bien sûr à cet heure, il n'y a pas beaucoup de personne mais je m'en fous. Je reprends ma place au bar. C'est Kelly.
- « Un café ou quelque chose de plus fort ? Tu as l'air d'avoir vu un mort. » Je laisse échapper un sourire devant cette allusion. Elle n'est pas au courant que je vois les morts c'est d'autant plus marrant.
- « Commence par un café on verra après. »
Elle me le sert et j'attends un peu avant de le boire. Je regarde les quelques clients qui semblent aussi au bout de leur vie.
- « Tu viens jamais si tôt. » Constate-t-elle, je n'avais pas vraiment prévu de parler. Je voulais juste… j'en sais rien.
- « Et eux ? »
- « Ils sont jamais parti. » Je regarde un vieil homme avec une bien trop jeune fille sur ses genoux. Il faut pas être vite choqué quand on vient ici.
- «Le ministère vous fait jamais chier ? » On se connait pas mal, j'ai passé quelques soirée ici et de fil en aiguille, on a commencé à parler.
- « Non, nous sommes neutre, ni pour eux, ni pour personne et personne nous fait chier car tout le monde vient chercher du plaisir ici. »
- « Comment va Jeel ? »
- « Ça va. » Mais son ton n'est pas très convaincant.
- « Quoi ? Vous vous êtes encore séparé ? »
- « Non ; oui, c'est compliqué. Je pensais qu'en devenant lesbienne, se serait moins compliqué mais pas vraiment. En même temps avec notre métier. » Je trouve que j'ai une vie pourrie mais leur métier est encore moins glorieux. Enfin, je ne les juge pas. Coucher ou tuer qu'est-ce qui est le pire ? Tuer je suppose. « Et toi alors ? Toujours avec monsieur Ténébreux ? » Je fini mon café et je lui montre la bouteille d'alcool derrière elle. Elle me sert un verre.
- « On est pas ensemble. »
- « Ouais je sais. Mais en attendant, tout le monde ici sait qu'on ne doit pas t'embêter si on ne veut pas avoir les deux mains cassée. » Un client l'appelle et elle s'éloigne. Je plonge dans mes pensées.
J'ai 4 ans, je suis ma grand-mère dans les couloirs de l'hôpital, mes petites jambes ont du mal à la suivre. Je tiens la main de mon petit frère. Je regarde par terre. J'ai trop peur de regarder autre part. il y a tellement de fantôme, j'ai tellement peur. On se fait stopper avant la chambre de nos parents, ma grand-mère parle avec une infirmière. Neville lâche ma main, je veux le rattraper mais un fantôme se met entre nous deux. Je lève la tête et je vois un homme le visage défiguré, il ouvre la bouche et un cri gutturale sort de sa bouche. Je me laisse tomber sur mes fesses et je crie aussi. Ma grand-mère arrive, elle me saisit par mon gilet et me remets sur les jambes. Elle me regarde.
- « Arrête ça tout de suite jeune fille. » Je hoquète, les pleures prêt à sortir, tout le monde nous regarde maintenant.
- « Mais il… je veux partir. »
- « On va voir tes parents et tu n'as pas intérêt à dire quoique que ce soit. »
Je suis restée là, assise dans la chambre alors que le fantôme continuait à crier devant moi. Il voulait juste que je l'aide à partir mais je ne pouvais pas encore le faire. Et à ce moment-là, je ne le savais pas.
Le jour d'après, Dumbledore débarquait dans ma vie. Il me conduisit chez Severus. J'étais dans son salon, je ne savais pas ce que je faisais là. Grand-mère avait jeté quelques affaire dans un sac et j'étais partie avec le professeur jusqu'à cette drôle de maison. Severus me regardait de haut et il m'impressionnait beaucoup. J'avais l'impression d'être un moucheron face à lui, je serais ma peluche rapiécée en forme de zombral dans ma main.
- « Qu'est-ce que je peux faire avec cette gosse ? »
- « Lui enseigner. » Répondis très calmement le professeur.
- « J'ai déjà des veracrasses toutes la semaine et j'ai vais devoir m'en coltiner une le week-end et les vacances ? »
- « Andromeda est d'accord pour s'en occuper le reste du temps mais elle a besoin d'un enseignement de qualité. »
- « Comment t'appelles-tu ? » Me demande-t-il. J'essaye de me rappeler les conseils de ma grand-mère. Toujours parler clairement, posément en articulant.
- « Callioppée Long… » Je me reprends à temps, ma grand-mère m'a bien fait comprendre qu'il m'étais interdit de prononcer mon ancien nom. « Light. » Le professeur de potion a haussé un sourcil en me regardant bizarrement..
- « Light ? C'est la fille de Londubat pourquoi diable porte-t-elle le nom de jeune fille de sa mère ? »
- « Augusta à ses raisons. Elle ne pouvait pas la garder. Elle sera oracle quand l'heure sera venu. »
Je le regarde sans vraiment comprendre. Il finit par excepté. Je suis resté le week-end chez lui avant de débarqué de nouveau dans une nouvelle maison, beaucoup plus joyeuse.
- « Tu es sérieuse ? » Je suis de retour à la réalité, beaucoup trop brutalement. « Tu ne devrais déjà pas venir ici en soirée mais à 10 h du matin alors que tu es en mission. C'est comme ça que tu comptes t'y prendre.» J'ai envie de le rembarrer, j'ai envie d'être seule.
- « Vous ne pouvez pas comprendre. »
- « Quoi ? »
- « Vous vous en foutez. Vous êtes toujours de marbre. Meda ce qu'elle a dit. Elle a dit qu'elle était fière de moi quoi que j'ai fait. »
- « Tu as juste fait ce qu'on attendait de toi. »
- « Ce que Dumbledore voulait, comme vous. Il vous demanderait de me sacrifié pour sauver Potter vous le ferriez. »
- « Jamais. » Je le regarde, il n'a pas l'air de mentir, il a l'air diablement sérieux. J'ai toujours cru qu'il en avait rien à faire de moi. Peu importe, je refixe mon attention sur mon verre, ravalant mes larmes.
- « On est tous des putains de pion. »
- « Surveille ton langage, je t'ai pas élevé comme ça. Andromeda comprendra quand elle apprendra la vérité. » J'espère que se sera quand je serais morte, je n'ai pas envie de voir de la déception dans ses yeux. Est-ce que quand je mourrais je passerai de l'autre côté ?
- « Quoi ? Que j'ai tué, que j'ai obéi au Seigneur des Ténèbres, que j'ai sa marque sur moi, que… » Je m'arrête avant de parler de ma vie sexuelle.
- « Que tu couches avec Rabastan ? » Je blêmis un peu plus.
- « Vous savez ? »
- « Rabastan est loin d'être discret et toi, tu ne peux rien me cacher. » Je me reconcentre sur mon verre.
- « Je vous dégoute ? »
- « Je sais ce que c'est de faire des choses pour se sentir mieux. » Nous restons un moment silencieux.
- « Elle est encore là ? »
- « Elle ne partira pas sans t'avoir parlé. »
Je dis au revoir à la serveuse et je le suis. Il me ramène à la vieille bicoque. Je rejoins Meda et sa fille dans la salle à manger, il y a aussi Sirius. Quand j'entre, elle vient me reprendre dans ses bras.
- « Partir comme ça ? pourquoi ? »
- « Je suis désolée Meda. »
- « Maitresse Callie est revenue. Maitresse Callie a faim ? »
- « Kreattur sort d'ici. » L'elfe se rapetisse mais ne bouge pas. Je lui fais un maigre sourire pour ne pas qu'il se fasse punir ;
- « C'est gentil Kreattur, je n'ai besoin de rien. »
- « Bien Maitresse. » L'elfe disparait et Sirius fulmine.
- « Il t'obéi à toi super. »
- « Assieds-toi. Parle moi. » Je regarde mes pieds comme la fois où j'avais cassé son vase préféré et que Ted m'avait couvert. Finalement c'est Sirius qui m'évite de devoir parler.
- « Tu peux m'aiguiller, vous vous êtes connu comment ? »
- « Un soir, il y a plus de 13 ans, Albus est venu chez nous. Il m'a dit qu'une petite fille avait besoin de quelqu'un pour l'aider. Les vacances et les week-end, cette petite serait chez un tuteur mais que la semaine, elle avait besoin d'une maison. »
- « C'était toi ? » ça semblait plutôt logique pourquoi raconterait-elle ça sinon.
- « Oui. »
- « J'ai tout de suite craqué sur cette petite bouille et elle s'amusait tellement avec Tonks qui jouait à la grande sœur. Puis quand Callie a eu 11 ans, elle était chez nous et elle a reçu sa lettre pour Poudlard. On était tous très heureux pour elle, surtout qu'elle allait rejoindre Tonks. Cependant, une heure après Albus est revenu et il l'a emmené mais disant qu'elle ne serait pas à sa place à Poudlard et qu'il trouvera un autre endroit qui lui conviendrait mieux.
- « Tu étais au courant pour son don ? »
- « Oui, c'est chez moi qu'elle a rencontré Regulus. Je l'ai aidé comme j'ai pu. Après ça, j'ai essayé de convaincre Albus de me la ramener ou au moins de pouvoir lui écrire, mais il n'a jamais voulu. » Toute les émotions me reviennent pas vagues, les heureux comme la séparation. Elle pose ses mains sur les miennes. « Chérie, tu veux bien me dire ? »
- « Il y a pas grand-chose, à dire. Quand je suis partie de chez toi, on m'a posé les runes. Après, j'ai juste continué comme avant avec mon tuteur sauf que j'étais assez grande pour rester seule la journée. »
- « C'est une blague ? » Cette fois c'est Tonks qui est intervenue.
- « Mais je suis ok avec ça. C'est le passé. Je suis contente de vous revoir. Comment va Ted ? »
Ils ont bien compris que je ne parlerai pas plus et ils n'ont pas insistés. Je m'en veux un peu et en réalité, l'envie de me blottir dans ses bras en pleurant sur ses dernières années m'a traversé l'esprit. On a passé la journée puis la soirée ensemble. Le soir, je suis dans ma chambre, seule, je m'apprête à vivre une autre nuit entre coupé quand quelqu'un frappe à la porte. J'ouvre et je vois Harry.
- Je te dérange ?
Je suis en short bleu ciel et blouse à fine bretelle de pyjama. Je ne suis pas vraiment pudique mais ça me fait quand même bizarre d'être dans cette tenue devant lui.
- « Non, tu veux entrer ? » Je lui demande, il avance et je ferme la porte derrière lui.
- « Deux minutes, Ron m'attend pour une partie d'échec. » Je m'assieds sur le lit, il regarde tout autour.
- « Tu voulais me voir pour ? »
- « Je suis désolé pour Ombrage la dernière fois. C'est de ma faute si elle t'es tombée dessus. » ça me semble si loin.
- « C'est pas grave, elle a carrément perdu la tête. »
- « Comment ça s'est passé ? «
- « Elle m'a emmené au Ministère, mon précepteur est venu me sauvé. Et toi alors ? elle semblait remonté contre toi et les journaux aussi. »
- « Oui c'était pas une année facile et j'ai manqué de perdre mon parrain et mes amis. » Son parrain, Sirius Black.
- « Merde comment ? Ah oui, le Ministère, j'ai lu pour l'attaque et tout le monde peut te croire maintenant. » Je pourrais être comédienne après la guerre.
- « Oui, je suis content que tu viennes à Poudlard cette année. »
- « Moi aussi. » En réalité, je suis mitigée, j'ai toujours voulu y aller mais pas dans ses circonstances.
- « J'ai quelque chose pour toi. » Me dit-il en sortant un paquet de sa poche. C'est pour ton anniversaire. Je ne savais pas où te l'envoyer mais j'espérai bien qu'on se revoit. »
- « Merci Harry mais il ne fallait pas. »
J'ouvre la boite, c'est un beau bracelet avec plusieurs pierres rondes vertes et une au milieu en argent avec un symbole.
- « C'est une rune de protection. Je sais que tu en as déjà mais j'ai pensé à toi en le voyant. »
- « Merci. C'est très gentil. »
- J »e ferais mieux d'y aller. »
- « Ton ami va t'attendre. »
- « Exact. »
Il sort et je me retrouve comme une conne à faire tourner son bracelet à mon poignet. Pourquoi cela me touche-t-il ?
