On repart en avant pour cette histoire avec Jane qui est seule pour la première fois avec sa fille
Maison de Jane et Maura
Le soleil filtrait à peine à travers les rideaux de la chambre, projetant une lumière douce sur le berceau où dormait la petite Angela. Jane Rizzoli, assise dans le rocking-chair à côté, fixait sa fille avec une intensité qui trahissait à la fois l'amour et une pointe d'appréhension et surtout qui trahissait son doute de ne pas être à la hauteur. C'était la première fois que Jane se retrouvait vraiment seule avec sa fille. Les congés de Maura étaient finis et elle avait dû reprendre son travail de médecin légiste en chef, surtout que le docteur Pike son remplaçant n'était pas l'homme le plus doué pour ce poste et Vince Korsak avait dit à Jane qu'il priait tous les jours pour que Maura revienne le plus vite possible, Angela, la mère de Jane, était à son travail donc elle ne pouvait pas venir tandis que Frankie et Nina ainsi que Tommy et Susie étaient eux aussi au travail. Pour la première fois depuis l'accouchement, il n'y avait personne pour prendre le relais. Il n'y avait juste que Jane et sa fille, la petite Angela.
Jane se pencha en avant, les coudes sur les genoux, et murmura pour elle-même :
« OK, Rizzoli. Tu as affronté des tueurs en série, des flingues pointés sur toi, et tu as même supporté les blagues de Frost et les vidéos de chatons que regarde Vince dès qu'il le peut. Tu peux gérer un bébé. »
Un petit gémissement s'échappa du berceau. Angela remua, ses minuscules poings s'agitant comme si elle testait l'air. Jane se figea, le cœur battant un peu trop fort.
Jane murmura
« Oh non, pas déjà… ».
Jane se leva doucement, s'approcha du berceau et baissa les yeux sur sa fille. Les paupières de Sofia papillonnèrent, puis s'ouvrirent, révélant ces grands yeux chocolat, ces yeux qui selon Maura était identiques à tous les Rizzoli et Jane dit avec sa voix rauque où l'amour pour sa fille était audible
« Salut petite Rizzoli. Tu as bien dormi. Oh tu grandis bien »
La petite Angela sourit puis quelques minutes après émit un petit bruit, quelque part entre un couinement et un pleur. Jane sentit une vague de panique monter en elle. Et si elle pleurait ? Et si elle avait mal ? Et si elle avait besoin de quelque chose que Jane ne comprenait pas ? Jane tendit les mains, hésitante, puis les retira.
« OK, attends, attends. On va y aller étape par étape. Tu n'as pas l'air affamée… si ? »
Elle se mordit la lèvre et dit
« Ta maman Maura a dit que tu avais mangé il y a deux heures? J'aurais dû noter l'heure. »
Jane allaitait sa fille mais Maura et elle préparaient des biberons pour que Maura puissent allaiter la petite Angela puis la fille de Jane gigota un peu plus, et Jane prit une grande inspiration.
« Bon, d'accord. On va te sortir de là. »
Jane prit sa fille, avec la prudence d'un démineur face à une bombe et dit
«Ok ! Doucement… doucement… »
Puis Jane vérifia s'il fallait changer la couche de sa fille et voit que non alors une fois Angela dans ses bras, Jane la cala contre son épaule, comme elle l'avait fait à la maternité et comme elle avait vu Maura le faire des dizaines de fois. La sensation du poids léger de sa fille contre elle la fit sourire Puis Jane dit
« Je t'aime tu sais »
Un silence s'installa, seulement troublé par la respiration d'Angela. Jane commença à marcher lentement dans la pièce avec sa fille dans ses bras Mais une petite voix dans sa tête persistait : « Et si je fais lui mal ? Et si je ne suis pas capable de me débrouiller toute seule »
Elle s'arrêta près de la fenêtre et baissa les yeux sur Angela, qui la fixait en retour.
« Tu sais mio tresoro , c'est notre premier jour ensembles et j'espère que tout va bien se passer » Angela cligna des yeux, et Jane eut l'impression qu'elle l'écoutait vraiment. Jane soupira, un mélange d'épuisement et d'émotion et dit
« Je ne veux pas te décevoir, OK ? Je te le dis, nous sommes que toutes les deux mais je te promets un truc : personne t'aimera plus que moi. Même si je mets mal ta couche ou que je mets tes vêtements à l'envers. Bon, j'ai rarement fait ça à la maternité mais là, nous ne sommes plus à la maternité »
Angela émit un petit gazouillis, et Jane rit doucement et dit :
« Ouais, tu as raison. Toi et moi, on est une équipe maintenant. »
Elle retourna s'asseoir dans le rocking-chair, Angela toujours blottie contre elle. Pour la première fois depuis le départ de Maura, Jane sentit ses doutes s'apaiser un peu. Pas totalement – elle était Jane Rizzoli, après tout, et le doute faisait partie de son ADN. Mais assez pour se dire qu'elle pouvait gérer ça. Une journée à la fois.
Le rocking-chair grinçait légèrement sous le poids de Jane alors qu'elle berçait Angela, dont les petits yeux s'étaient refermés après quelques minutes de balancement. La pièce était calme, presque trop calme, et ce silence commençait à peser sur Jane comme une vieille affaire non résolue. Elle posa une main protectrice sur le dos d'Angela sentant la chaleur de sa fille à travers la grenouillère, mais son esprit tournait à plein régime puis murmura en jetant un coup d'œil à l'horloge sur le mur.
« OK petite Angela, tu t'es rendormie. C'est bien. On a survécu à… quoi, une heure et demie ? J'ai vraiment hâte que tu fasses tes nuits mais maintenant, qu'est-ce que je fais ? Je te repose ? Et si tu te réveilles et que tu hurles ? »
Les yeux de Jane se posèrent sur le babyphone posé sur la table, puis sur le biberon, puis sur la pile de couches impeccablement rangées. Tout était en place, mais Jane avait l'impression d'être une pièce de puzzle qui ne trouvait pas sa place dans cette scène domestique parfaite.
Un léger bruit fit sursauter Angela et la petite fille remua, et Jane retint son souffle et chuchota plus pour elle-même que pour sa fille.
« Non, non, non, reste calme, reste calme.»
Angela se rendormit presque aussitôt, mais le cœur de Jane battait comme si elle venait de courir après un suspect. Elle soupira bruyamment.
« Sérieusement Jane ? Tu as tenu tête à des mafieux, à des psychopathes, et là tu crains la réaction d'un bébé, qui en plus est ta fille »
Elle ferma les yeux un instant, essayant de se ressaisir, mais un doute s'insinua dans son esprit comme une vieille blessure qui refuse de guérir et Jane pensa
« Et si je ne suis pas faite pour ça ? ».
Jane rouvrit les yeux et fixa Angela, si paisible dans ses bras et murmura
« Ta mère Maura sait tout. Elle lit des bouquins sur les bébés depuis bien avant qu'on décide de t'avoir et je ne parle même pas de ta nonna qui sait tout sur les bébés depuis qu'elle est jeune femme, tout ça c'est nouveau pour moi. »
Un souvenir lui revint : Maura, ce matin-là, enfilant sa veste avec cette assurance naturelle, lui disant avant de partir
« Tu vas être parfaite, Jane chérie».
Parfaite. Jane ricana doucement.
« Parfaite, ouais, tu parles. Elle dit ça parce qu'elle ne sait pas que je panique rien qu'à l'idée d'être seule avec toi et que je fasse quelque chose de mal »
Elle ajusta sa prise sur Angela veillant à bien soutenir sa petite tête, mais ses mains tremblaient légèrement. Elle détestait ça – cette sensation de ne pas être en contrôle. Sur le terrain, elle savait quoi faire : analyser une scène de crime, interroger un témoin, dégainer son arme si besoin. Mais là ? Pas de manuel, pas de coéquipier pour couvrir ses arrières. Juste elle et cette petite vie qui dépendait d'elle.
Angela émit un petit soupir dans son sommeil, et Jane dit en murmurant
« Tu sais ma petite merveille, je ne te laisserai pas tomber même quand tu auras vingt ans »
Jane soupire et pense en souriant
« Vingt ans, si ça tombe, je serai capitaine du BPD dans vingt ans. »
Puis elle dit
« Ton grand père officiel…bon et bien n'en parlons pas mais heureusement ton grand père Vince t'adore tout comme ta nonna »
Un craquement dans la maison – probablement juste le plancher qui travaillait – la fit sursauter Jane à nouveau, et elle grogna.
« Super, maintenant je suis parano en plus. En même temps, c'est un réflexe de flic »
Jane se frottant les tempes comme si elle pouvait chasser ses pensées puis elle baissa les yeux sur Angela et murmura :
« Mais tu es là et je ne veux pas que tu aies peur de quoi que ce soit. Alors il faut que je sois meilleure que mes doutes. »
Jane se tut, laissant le silence revenir. Angela dormait toujours, inconsciente des tourments de sa mère. Jane esquissa un sourire fatigué et Jane recommença à bouger doucement, le mouvement du rocking-chair devenant presque une berceuse. Ses doutes n'avaient pas disparu – elles ne disparaîtraient probablement jamais complètement. Mais pour l'instant, elle pouvait tenir. Pour Angela, elle tiendrait.
Plus tard dans l'après midi
Jane était tranquille, elle avait allaité sa fille, elle avait joué avec sa fille et là, Angela dormait dans un berceau qui était dans le salon. Le calme de la pièce vola en éclats comme une vitre sous une balle. Angela, jusque-là paisible dans son berceau, poussa un cri strident qui transperça le silence. Jane sursauta, ses yeux s'écarquillant d'horreur et dit paniquée
« Oh non, non, non, qu'est-ce qui se passe ? ».
Jane alla prendre sa fille et dit en inspectant son visage rouge et crispé.
« Tu as mal ? Tu as faim ? Dis-moi ce qui se passe ma petite ?»
Les pleurs d'Angela s'intensifièrent, chaque hurlement comme un coup de poignard dans la poitrine de Jane qui marcha en cercles dans la pièce, berçant sa fille avec des mouvements maladroits.
« OK, OK, Rizzoli, garde ton sang-froid. C'est juste un bébé qui pleure. Tu as vu pire. Genre… des scènes de crime vraiment sanglantes, c'est juste un bébé qui pleure, c'est juste ta fille qui pleure »
Jane chanta une comptine que sa mère lui chantait enfant mais Angela continuait de pleurer, ses petits poings s'agitant dans l'air. Jane posa une main sur son ventre, puis sur son front, cherchant désespérément un indice.
« Tu n'es pas chaude, tu n'as pas de fièvre. La couche peut être ? »
Jane renifla rapidement et dit
« Non, ça va. Alors quoi ? »
Elle sentit une boule se former dans sa gorge et dit
« Je suis censée savoir, hein ? Une bonne mère saurait. Mais moi, pourquoi je ne comprends pas? »
Les minutes s'étirèrent, chaque seconde amplifiant son sentiment d'impuissance et ses doutes. Jane s'arrêta près du canapé et s'assit lourdement, tenant Angela contre elle.
« Je fais tout mal, c'est ça ? Tu parles d'une première journée toute seule avec ma fille. Maura serait déjà en train de la calmer et trouverai une explication scientifique à ça »
Les pleurs d'Angela semblaient ne jamais vouloir s'arrêter, et Jane sentit une vague de panique et doute la submerger. Elle posa sa fille sur ses genoux, la regardant avec un mélange de désespoir et de frustration.
« Allez, mio tesoro, donne-moi un indice ! Dis-moi ce qui ne vas pas »
Jane soupira et dit
« Je suis capable de résoudre des enquêtes compliquées mais je suis incapable de comprendre ma fille »
Sa voix se brisa sur le dernier mot, et elle se mordit la lèvre, refusant de craquer complètement.
C'est alors que la porte d'entrée s'ouvrit avec un grincement familier. Jane releva la tête, et vit Tommy entrer, une boîte de donuts à la main. Il s'arrêta net en voyant la scène : sa nièce Angela pleurant et Jane, visiblement au bord de la crise de nerfs et Tommy dit
« Oh, qu'est-ce qui se passe ici ? On dirait un interrogatoire qui a mal tourné. »
Jane dit :
« Tommy, elle pleure depuis une éternité, et je ne sais pas quoi faire ! »
Tommy s'accroupit devant elle, observant Angela qui continuait de s'époumoner et dit
« OK, OK, calme-toi, grande sœur. Tu as essayé de la bercer ? »
« Oui, j'ai essayé ! J'ai essayé de chanter, de marcher, de vérifier sa couche, tout ! Elle me déteste, c'est clair. »
Tommy haussa un sourcil, un sourire en coin apparaissant malgré la situation.
« Elle ne te déteste pas, Jane. Tu es sa mère »
Il tendit les bras et dit
« Passe-la-moi une seconde. »
Jane hésita, puis lui confia Angela avec réticence. Tommy la prit avec une aisance désarmante, la calant contre son épaule et tapotant doucement son dos et Tommy dit en jetant un regard amusé
« Tu as toujours été nulle pour demander de l'aide, hein ? »
Jane grogna
« Oh, ferme-la »
Mais Jane ne put s'empêcher de fixer Tommy et Angela, espérant un miracle. Les pleurs de la petite ne s'arrêtèrent pas tout de suite, mais ils semblèrent diminuer légèrement. Jane croisa les bras, se sentant à la fois soulagée et un peu humiliée et dit
« Je suis censée être capable de faire ça toute seule. C'est ma fille. »
Tommy haussa les épaules, continuant à bercer Angela.
« Ouais, et moi, je suis son oncle. On est une famille, Jane. Tu n'es pas obligée de garder tes craintes et tes doutes, on est une famille, je te le répète et tu sais, même les flics badass ont des coéquipiers. »
Je veux tout faire correctement Tommy. Angela mérite mieux qu'une mère qui panique parce qu'elle est seule avec elle »
Tommy s'arrêta un instant, la regardant avec une rare gravité.
« Elle a la meilleure mère qu'elle pourrait avoir. Tu es juste… en apprentissage. C'est normal, on l'a tous été, Frankie, Nina, Susie, moi et même et Ma »
Jane sourit et dit
« Tu parles, Ma doit avoir une sorte de programme interne pour s'occuper de bébés et d'enfants »
Tommy rit doucement et dit
« Même Ma est passé par ce que tu vis actuellement, elle l'a dit à Susie et à Nina »
Angela émit un dernier petit sanglot avant de se calmer enfin, épuisée. Jane fixa sa fille, puis son frère, et dit
« Au fait ? Pourquoi tu es là ? Note bien que je ne m'en plaints pas
Je voulais passer un peu de temps avec ma sœur et ma nièce et j'ai amené des donuts de chez Paterello
Des donuts au chocolat ? »
Tommy répondit avec un clin d'œil
Bien sûr et en plus Maura n'est pas là, on peut manger du sucre tranquillement. »
Jane rit doucement et Tommy dit
« Tiens, reprends ta petite merveille et je vais chercher les donuts, tu as l'air d'en avoir besoin. »
Jane récupéra Angela et dit :
« Oh que oui ! Merci petit frère. Mais si tu dis à Maura ce qui s'est passé, je te tue. »
Tommy éclata de rire, et pour la première fois depuis des heures, Jane sentit un poids s'alléger sur ses épaules.
Angela était enfin calme dans les bras de Jane, ses petits sanglots réduits à de légers soupirs. Jane la berçait doucement, mais ses épaules restaient tendues, son regard fixé sur sa fille comme si elle s'attendait à une nouvelle explosion à tout moment. Tommy, assis sur le canapé en face d'elle, attrapa un donut dans la boîte qu'il avait apportée puis dit
« Tu sais, Jane, tu n'es pas la première à flipper comme ça, j'étais pareil quand TJ est né. »
Jane releva les yeux et dit
« Ah bon ? »
Tommy rit, avalant une bouchée de donut avant de répondre.
« Oh, crois-moi. La première fois que je me suis retrouvé seul avec lui, il a pleuré pendant plus d'une heure. Je pensais que j'allais devenir dingue. Au bout d'un moment j'ai appelé Ma pour qu'elle vienne me sauver. »
Tommy secoua la tête, un sourire nostalgique aux lèvres puis dit
« Tu l'as pas l'habitude, ça s'apprend. C'est tout. »
Jane grogna, ajustant Angela contre son épaule.
« J'ai l'impression d'être une bleue qui foire son premier jour sur le terrain. »
Tommy se pencha en avant, posant ses coudes sur ses genoux, son ton devenant plus sérieux.
« Écoute, même Frankie était comme ça. Tu te souviens quand Nina a dû retourner au boulot et qu'il s'est retrouvé seul avec Abigail pour la première fois ? »
Jane fronça les sourcils, fouillant dans sa mémoire.
« Vaguement. Il m'a dit qu'elle avait pleuré, mais qu'il a joué les héros, comme d'habitude »
Tommy rigola et dit
« Héros, mon œil ! Il m'a appelé en panique, est à dit 'Tommy, elle hurle, je fais quoi ? Je lui ai mal mis sa couche ou quoi ?' Il était à deux doigts de craquer. On est tous passés par là, Jane. Tu n'es pas toute seule dans cette galère. »
Jane le fixa un moment, digérant ses paroles. Elle baissa les yeux sur Angela dont le visage s'était enfin détendu dans le sommeil et dit
« Peut-être… Mais toi et Frankie, vous avez l'air de toujours retomber sur vos pattes avec vos enfants. Moi, je ne sais pas si je vais y arriver »
Tommy se leva, s'approchant pour poser une main légère sur l'épaule de sa sœur.
« Tu as ça en toi, Jane. Tu es la plus têtue de nous trois et s'il y a bien quelqu'un qui va maîtriser ces trucs de maman, c'est toi. Il faut juste que tu arrêtes de te mettre la pression comme si tu étais en train de désamorcer une bombe. »
Jane esquissa un sourire malgré elle et dit
« Facile à dire. Tu as vu cette gamine ? Actuellement elle est plus imprévisible qu'un suspect sous meth. Bien qu'Angela soit un bébé calme mais remuant parfois »
Tommy éclata de rire, reculant pour reprendre un donut.
« Ça, c'est clair. Mais tu as du temps pour apprendre ses ficelles. »
Il pointa un doigt vers elle, un air malicieux dans les yeux.
« Et là, je vais t'observer, histoire de te voir en action. Joues là détendue, OK ? Pas de cris, pas de panique. Juste toi et ta petite merveille »
Jane leva les yeux au ciel mais sourit et baissa à nouveau les yeux sur Sofia, et sa voix s'adoucit.
« Merci, Tommy. Vraiment. »
Tommy dit
« De rien. C'est aussi pour ça que je suis là. Ça, et pour te gaver de donuts jusqu'à ce que Maura revienne te sauver. »
Il lui tendit la boîte.
« Tiens, prends-en un. Tu as besoin de sucre pour tenir le coup. »
Jane attrapa un donut d'une main, tenant toujours Angela de l'autre, et marmonna en souriant :
« Si Maura sait que j'ai mangé plusieurs donuts , je te dénonce. »
Tommy répond avec un clin d'œil
«Marché conclu grande sœur!»
Le salon était baigné d'une lumière douce en cette fin d'après-midi, et Sofia reposait dans un berceau qui était dans le salon, gigotant légèrement dans son sommeil. Jane, assise à côté, avait posé le donut à moitié mangé sur la table basse pour surveiller sa fille. Tommy, assis dans un fauteuil en face, les bras croisés, observait la scène avec un sourire en coin, fidèle à sa promesse et dit
«Tu vois, tout va bien, tu es une bonne mère»
Jane le regarda en souriant
« Ouais, et bien parle pas trop vite. Elle peut se réveiller et peut être se mettre à hurler à tout moment. »
Elle tendit une main pour ajuster la couverture autour d'Angela, ses gestes prudents mais plus assurés qu'auparavant.
« Et arrête de me mater comme si j'étais un suspect en salle d'interrogatoire. Ce regard Rizzoli m'est réservé »
Tommy rit doucement, en levant les mains en signe d'innocence.
« Quoi ? Je t'observe, c'est tout et là tout va bien »
Jane esquissa un sourire. Elle passa une main dans les cheveux déjà rebelles d'Angela et murmura :
«Il faut bien que je réussisse . C'est ma fille »
Angela choisit ce moment pour ouvrir les yeux, émettant un petit grognement qui fit rire Tommy.
« Voilà, elle t'a entendue. Elle veut tester sa mère encore un peu. »
Jane soupira, mais cette fois, elle ne paniqua pas. Elle souleva Angela doucement avec une certaine aisance, la calant contre son épaule pour lui tapoter le dos et ensuite elle renifla discrètement et grimaça.
« Oh, génial. C'est l'heure de la couche. OK, ma grande, on va voir ce que tu as dans le ventre. Littéralement.
Tommy se redressa, un éclat malicieux dans les yeux.
« Le moment de vérité, hein ? Vas-y, montre-moi tes talents. »
Jane roula des yeux et porta Angela jusqu'à la table à langer installée dans un coin du salon. Elle posa sa fille avec précaution, mais ses mains hésitèrent au-dessus des boutons de la grenouillère.
. Tommy s'approcha, restant à une distance respectable pour ne pas envahir son espace.
« Relax, Jane. Souviens-toi de ce que tu faisais à la maternité. Tu as changé des couches là-bas, avec les infirmières qui te guidaient. Ça va le faire. »
Ouais, mais là-bas, il y'avait des pros pour me dire si je foirais.
Hé! J'ai réussi à changer les couches de TJ tout seul alors tu peux le faire. Tu as ça dans le sang. Allez, vas-y, je te regarde. »
Jane prit une grande inspiration, puis défit les boutons de la grenouillère avec une concentration digne d'une opération chirurgicale. Angela gigota un peu, mais ne pleura pas, ce qui donna à Jane un léger regain de confiance. Jane ouvrit la couche sale plissant le nez devant l'odeur et dit
« Sérieux, ma fille, c'est mon lait qui te fait produire ça ? »
Tommy éclata de rire.
« Bienvenue dans la parentalité, frangine. Ça fait partie des choses à faire quand on devient parent »
Jane réussit à retirer la couche sale, la roula en boule d'un geste rapide et la jeta dans la poubelle attrapa une lingette et commença à nettoyer sa fille ,avant d'en attraper une couche propre. Elle la déplia, la glissa sous Angela et referma les scratchs avec une précision presque militaire. Quand elle eut fini, elle recula d'un pas, les mains sur les hanches, observant son œuvre.
« Voilà. C'est parfait!»
Elle se tourna vers Tommy, un sourcil levé.
« Alors, coach ? Verdict ? »
Tommy hocha la tête, impressionné.
« Parfait. T'as géré comme une chef. Même Ma aurait applaudi. »
Jane reboutonna la grenouillère et reprit Angela dans ses bras, un sourire satisfait sur le visage. Elle cala sa fille contre elle et ajouta:
« Merci Tommy. »
Tommy sourit
« Je te l'ai dit, tu es faite pour ça. Il faut juste que tu te fasses confiance et que tu chasses tes doutes . Et puis je suis là pour t'aider et pour t'amener des donuts . »
Il lui fit un clin d'œil et dit
« Maintenant, repose-toi un peu avant que la petite merveille décide qu'elle veut un autre round. »
Jane rit doucement, s'asseyant à nouveau sur le canapé avec Angela. Pour la première fois de la journée, elle se sentait un peu plus légère mais pas
Jane berçait Angela doucement sur le canapé, la petite enfin apaisée après le changement de couche. Elle fixait sa fille, un mélange de fierté et d'incertitude dans les yeux, puis soupira en secouant la tête.
« Maura aurait mieux géré ça que moi. Elle aurait su exactement quoi faire. Moi, j'improvise comme une gamine qui joue à la poupée. »
Tommy, qui était assis à côté de Jane et de sa nièce diten souriant
« Là-dessus, j'en doute, Maura, sur ce sujet, est comme toutes les autres mères. Elle aussi doutera, et peut-être même qu'elle paniquera. On le sait, Nina et Susie l'ont bien dit quand elles ont dû s'occuper seules d'Abigail et d'Olivia pour la première fois. »
Jane fronça les sourcils, sceptique.
« Nina et Susie ? Elles me n'ont jamais raconté ça. Elles ont toujours l'air si… sûres d'elles. »
Tommy ricana, se redressant un peu.
« Sûres d'elles, hein ? Susie m'avait appelé en catastrophe, genre deux heures avant que je quitte le chantier où je bossais ce jour-là. Elle était en panique totale parce qu'Olivia pleurait sans arrêt. Je suis venu aussi vite que je pouvais, mais quand je suis arrivé, Ma était déjà là.
Et en ce qui concerne Nina
Ah là c'est autre chose, Nina le premier jour où elle était seule avec Abigail a téléphoné à sa mère pour savoir ce qu'elle devait faire et Ma est arrivée chez Frankie peu de temps après »
Il rit doucement
« Ma avait dû sentir que ses petites-filles avaient un souci. Elle a un radar pour ça »
Jane rit aussi et dit
Ça ressemble bien à Ma. Mais elle n'est pas là aujourd'hui. »
Jane baissa les yeux sur sa fille, caressant doucement son petit dos.
« C'est juste toi et moi, aujourd'hui»
Tommy lui lança un regard complice et dit
« Peut-être pas encore, mais soit certaine que Ma va arriver, elle le fait toujours»
Avant que Jane puisse répondre, un bruit familier résonna dans l'entrée : le claquement de la porte d'entrée qui s'ouvrait, suivi du son caractéristique des pas d'Angela sur le sol. Tommy éclata de rire, un rire franc et sonore, tandis que Jane relevait la tête, surprise. Angela entra dans le salon, un sac de courses dans une main et son éternel air déterminé sur le visage et dit tout de suite en posant le sac près de la porte
« Je suis certaine que ma petite-fille a un souci »
Elle balaya la pièce du regard, ses yeux se posant immédiatement sur Jane et la petite Angela
Jane cligna des yeux, bouche bée, tenant toujours Angela contre elle et demanda à moitié incrédule, à moitié admirative.
« Mais comment tu sais ça, Ma ? »
Angela s'avança, un sourire doux mais assuré illuminant son visage. Elle tendit les bras pour prendre sa petite-fille, que Jane lui confia presque machinalement et Angela dit comme si c'était une évidence.
« Toutes les grands-mères savent quand leurs petits-enfants ont un souci. »
Elle berça Angela avec une aisance naturelle, jetant un coup d'œil à Jane.
« Et toi, ma fille, tu as besoin d'une mère pour te dire que t'as fait du bon boulot. »
Tommy, se tourna vers Jane.
« Je te l'avais dit ! Elle a un radar pour ça. »
Jane secoua la tête en observant Angela bercer sa fille avec une tendresse infinie et dit
« Mais sérieux, Ma, c'est un peu flippant de te voir arriver comme ça. Comment fais-tu ça?»
Angela haussa les épaules, sans quitter sa petite fille des yeux et dit
« C'est l'amour et tu feras la même chose quand ta fille sera plus grande et tu es déjà sur la bonne voie, Jane. »
Elle leva les yeux vers sa fille et dit
« N'ai pas honte de demander de l'aide. Etre mère est quelque chose de formidable mais ça s'apprend, il est normal d'avoir des doutes et même d'avoir peur »
Tommy dit
«Je lui ai dit Ma»
Puis il attrapa un autre donut et le tendit à Jane.
«Tiens, mange ça et arrête de te prendre la tête.»
Jane prit le donut, un sourire fatigué mais sincère sur les lèvres.
« Merci, en tout cas, c'est parfois dur de s'occuper d'un enfant et Ma, j'imagine ce qui tu as vécu quand Tommy est venu au monde, trois enfants à t'occuper et toi Tommy, tu en as deux et vous avez réussi et moi je doute à m'occuper que d'un enfant.»
Angela et Tommy échangèrent un regard complice avant d'éclater de rire et Angela dit
«C'est ça être parent Jane, mais tu verras, tu aimeras tellement ça que tu voudras avoir d'autres enfants»
Jane s'était laissée aller contre le dossier du canapé, les bras croisés, observant sa mère bercer Angela avec une aisance qui la rendait presque jalouse. Tommy écoute la conversation en silence. Jane soupira, puis se lança, un peu hésitante.
« Ma, je te jure, c'était le chaos tout à l'heure, Angela pleurait sans arrêt, jesavais pas quoi faire. J'ai essayé de la bercer, de la changer, de lui parler… rien marchait. Je me suis sentie complètement nulle. »
Angela regarda Jane, un sourire doux sur les lèvres. Elle ajusta sa petite fille dans ses bras avant de répondre.
« Tu es une bonne mère, Jane, et tu es un bon parent. Tu sais, tout s'apprend, et Maura et toi faites du bon travail avec cette petite dois juste faire attention aux signes que fait ta fille.
je n'ai pas l'habitude, Ma. Décrypter les signes d'un suspect, je sais faire, un tic nerveux, un regard qui fuit, un mensonge mal ficelé. Ça, je maîtrise mais ça… »
Elle désigna sa fille d'un geste
« Je ne détecte pas encore les signes de ma fille. Pas encore. »
Angela rit doucement, un son chaleureux qui remplit la pièce. Elle berça sa petite-fille avec une tendresse infinie, ses yeux pétillant d'une sagesse accumulée au fil des années.
« Alors, Jane, imagine que ta fille est une personne muette qui demande à la détective Jane Rizzoli de l'aider. Décrypte ses gestes, ses petits bruits, comme si c'était une affaire. Et tu verras, ça ira bien. »
Jane cligna des yeux, digérant l'idée. Elle esquissa un sourire
« Une personne muette, hein ? J'espère, parce que tu l'aurais entendue pleurer tout à l'heure. J'ai cru que j'allais devenir sourde. »
Angela éclata d'un rire franc, un rire qui fit sursauter Tommy et qui fit sourire sa petite fille .
« Comme moi quand tu étais bébé ! Tu étais un bébé calme, mais avec un sacré caractère. Et dès fois, tu te mettais à crier… Mon Dieu, quelle puissance vocale ! Monsieur et madame Alligretti t'entendaient pleurer, parfois. »
Jane écarquilla les yeux, visiblement prise de court.
« Mais… ils habitaient à quasiment 800 mètres de chez nous ! »
Angela hocha la tête, un éclat malicieux dans le regard.
« Et pourtant, ils t'entendaient. Dans le quartier, tu étais connue comme le bébé avec la grande puissance vocale. Certains pensaient même que plus tard, tu deviendrais chanteuse lyrique. »
Elle baissa les yeux sur la petite Angela , qui regardait sa grand-mère, une petite peluche à la main.
« Et ta fille a hérité de ça. Maura voulait une mini Jane, elle l'a eu : les cheveux, les yeux chocolat, les fossettes, la voix, et le caractère. Bref, une vraie Jane Rizzoli. »
Jane éclata de rire, un rire rauque et sincère qui fit vibrer la pièce.
« Sérieux, Ma ? Tu me dis que ma fille tient ça de moi ? Maura va adorer ça quand je lui raconterai. »
Tommy, qui avait écouté en silence jusque-là, intervint avec un grand sourire.
« Oh, elle va surtout dire que c'est génétique, et elle va chercher un article scientifique pour le prouver. Mais ouais, Angela, c'est toi en miniature. »
Jane secoua la tête, toujours amusée, mais ses yeux s'adoucirent en regardant sa fille dans les bras d'Angela.
« Une mini Jane, hein ? Il faut que j'apprenne à gérer ça, alors. Parce que si elle a mon caractère, bonjour les dégâts»
Angela lui lança un regard complice, resserrant légèrement la petite Angela contre elle.
« Tu vas y arriver, Jane. T'as déjà survécu à toi-même, et ce n'étais pas une mince affaire, vu comme tu étais casse cou. Cette petite ? C'est juste une nouvelle enquête. Et tu es la meilleure détective que je connaisse. »
Jane sourit, un vrai sourire cette fois, sans sarcasme ni doute.
« Merci, Ma. Mais si elle se met à hurler à 800 mètres à la ronde, je t'appelle en renfort. »
Angela rit à nouveau, et Tommy rit aussi.
Jane, toujours assise sur le canapé, jeta un coup d'œil à Tommy qui finissait de grignoter son donut. Angela gigotait d'amusement dans les bras de sa grand-mère, et Jane dit:
« Tu sais, Ma, Tommy m'a vraiment aidée aujourd'hui, J'étais à deux doigts de péter un câble avec Angela, et il a débarqué pile au bon moment. »
Tommy dit
«Hé, c'est mon job de frère, non ? Apaiser les doutes de ma sœur et lui faire profiter de mon expérience en tant que parent »
Il consulta sa montre et se redressa soudain:
« Oh, bon sang, il faut que j'y aille. Je dois aller chercher TJ et Olivia à l'école. Susie bosse un peu plus tard ce soir. »
Il se leva, attrapant sa veste sur le dossier du fauteuil, puis se tourna vers Jane, son ton devenant plus sérieux.
« Écoute, Jane, tu as toujours réussi ce que tu faisais. Tu vas réussir ça aussi. Tu avais des doutes quand tu as fait ton premier jour en tant que policière après être sortie de l'académie, et bien là, c'est pareil. C'est ton premier jour seule avec ta fille, et d'après mon expérience, tu t'en es bien sortie. »
Jane le fixa un instant, et sourit
« Merci, Tommy. Ouais, c'est exactement ça. Je doutais autant de moi ce jour-là. J'me souviens encore de mes mains qui tremblaient en mettant mon uniforme. »
Tommy lui tapa doucement l'épaule, un geste fraternel simple mais réconfortant.
« Et tu ass fini par devenir la meilleure flic qu'on connaisse. Alors, relax, frangine. Tu es sur la bonne voie. »
Il se tourna vers sa mère qui était assise sur le tapis de jeu et qui surveillait Angela et sa mère lui lança un regard affectueux et lui dit
« Embrasse TJ, Olivia et Susie pour nous. Et conduis prudemment ! »
Tommy déposa un baiser sur la joue de sa nièce qui rigola et il lui passa sa main dans les cheveux et dit «Salut mini Jane! Sois sage avec ta mama!»
Puis il salua sa sœur et sa mère d'un petit signe de la main, puis disparut par la porte d'entrée, laissant derrière lui un silence doux, seulement troublé par le léger bruit de la respiration de la petite Angela. Jane fixa la porte un moment, puis se tourna vers Angela, qui la regardait avec une tendresse mêlée de fierté.
Angela parla la première, sa voix calme mais assurée.
« Moi aussi, j'avais des doutes, tu sais. Quand tu es venue au monde, et plus tard Frankie et Tommy… Je me demandais tout le temps si j'allais y arriver et j'y suis arrivée, et tu arriveras aussi. Chasse-moi ces doutes de ta tête, Jane. Tu t'étais un sacré défi, mais regarde-toi maintenant, tu es une mère formidable, tu es forte, tu es intelligente, et tu as un cœur gros comme ça. Cette petite merveille a de la chance de t'avoir. »
Elle marqua une pause, puis ajouta avec un clin d'œil :
« Et puis, tu as une mère, des frères, des belles sœurs et surtout une épouse incroyable pour te donenr un coup de main.»
Jane rit de nouveau et dit
« Ouais, c'est vrai. Je vous ai tous»
Elle tendit les bras vers Angela et dit à sa mère.
« Allez Ma, passe-la-moi. Elle me manque»
Angela lui confia la petite Angela avec un regard complice, et Jane cala sa fille contre elle, murmurant :
« OK, mini-moi, on va y arriver. Mais fais-moi une faveur mio tesoro : pas de hurlements à 800 mètres ce soir, d'accord ? »
Angela rit de bon cœur, et le salon s'emplit à nouveau de cette chaleur propre aux Rizzoli – un mélange d'amour et de joie
Début de soirée
La lumière du soir filtrait à travers les fenêtres du salon, baignant la pièce d'une teinte orangée. Angela dormait dans son berceau, près du canapé où Jane était assise, les jambes repliées sous elle, un mug de café à la main. Angela était repartie depuis une heure, laissant derrière elle un repas complet et des mots d'encouragement encore frais dans l'esprit de Jane. Le bruit de la clé dans la serrure annonça l'arrivée de Maura, et Jane releva la tête, un mélange de soulagement et d'amour dans les yeix
Maura entra, son sac en bandoulière et elle posa ses affaires près de la porte et s'avança vers Jane, un sourire doux mais curieux sur le visage et une fois assisse à côté de Jane, Maura dit
« Bonsoir, mon amour, alors, comment s'est passée ta journée avec notre petite merveille ? »
Jane soupira, posant son mug sur la table basse avant de se tourner vers Maura.
« Oh, Maura, par où commencer? Disons que ça a été… intense. Au début ça allait puis dans l'après-midi, Angela a pleuré comme si elle voulait alerter tout le quartier, j'ai paniqué, j'ai douté de tout, et j'ai cru que j'allais devenir sourde ou folle – peut-être les deux. Tommy a débarqué avec des donuts. Oui, j'en ai mangé»
Maura dit
«Ce sont ceux de chez Paterello?
Oui amore mio
Ils sont fait d'ingrédients naturels, ça me convient et j'en mange aussi»
Tommy donc à réussit à calmer Angela et à réussit à me calmer, j'ai pu changer calmement la couche de notre fille et puis ensuite Ma est arrivée comme par magie, Elle m'a dit que j'étais une bonne mère, mais franchement, j'ai eu l'impression d'être une bleue larguée toute la journée. »
Maura écouta attentivement, son regard posé sur Jane avec une patience infinie. Quand Jane eut fini, elle posa une main sur la sienne, la serrant doucement et l'embrassa tendrement et dit
« Jane, tout ce que tu me décris est parfaitement normal, les premières fois seule avec un bébé sont toujours chaotiques, même pour les parents les plus préparés. Les pleurs, les doutes, l'impression de ne pas être à la hauteur… c'est une phase d'apprentissage universelle. »
Jane haussa un sourcil, mi-sceptique, mi-amusée.
« Universelle, hein ? Tu as un article scientifique là-dessus dans ta poche ? »
Maura sourit, un éclat malicieux dans les yeux.
« Pas besoin d'un article, même si je pourrais t'en citer une dizaine. Mais sérieusement, même moi, je sais que je douterai aussi quand ce sera mon tour de rester seule avec elle. C'est une expérience pas juste une question de théorie. »
Maura marqua une pause, caressant doucement la main de Jane.
« Et tu sais quoi ? Tu t'en es très bien sortie. Angela dort et vous allez très bien. C'est une victoire.
Ma m'a raconté que j'étais pareille bébé – une 'grande puissance vocale', qu'elle a dit. Apparemment, Angela tient ça de moi. »
Maura rit doucement, ses yeux s'illuminant.
« Oh, ça ne m'étonne pas du tout c'est une mini Jane, avec ta voix, tes cheveux et soyons honnêtes – ta ténacité et ton caractère J'ai toujours su qu'elle serait une mini toi. »
Elle se pencha pour embrasser Jane sur la tempe, un geste tendre qui fit fondre un peu plus les dernières tensions de la journée.
Jane se détendit enfin, laissant sa tête reposer contre l'épaule de Maura.
« Tu es sûre que ce n'est pas toi qui lui as refilé ton obsession pour les trucs parfaits ? Parce que cette gamine est parfois exigeante, je te jure. »
Maura gloussa, passant un bras autour de Jane pour la serrer contre elle.
« Peut-être un peu des deux. Mais ce qui compte, c'est qu'on apprend ensemble. Et aujourd'hui, tu as fait un sacré boulot, détective Rizzoli. »
Jane ferma les yeux un instant, savourant la chaleur de Maura et la tranquillité retrouvée.
« Ouais, ben j'espère que demain sera plus facile mais avec toi ici, je me sens déjà un peu moins perdue »
Maura murmura, un sourire dans la voix :
« Toujours là pour toi et pour notre fille. On est une équipe, souviens toi»
Le silence s'installa, confortable et apaisant, tandis que les deux femmes regardaient leur fille dormir, un lien invisible les unissant dans cette nouvelle aventure qu'elles découvraient pas à pas. Plus tard dans la soirée, le téléphone de Jane vibra sur la table basse, affichant un appel entrant d'Angela. Jane décrocha, mettant le haut-parleur pour que Maura puisse entendre.
« Oui Ma?
La voix d'Angela, vive et pleine d'énergie, résonna dans la pièce.
«Je voulais juste savoir comment ça s'était fini avec ma petite merveille aujourd'hui. Tu as tout dis à Maura?»
Jane jeta un coup d'œil à Maura, qui hocha la tête avec un sourire amusé.
« Ta petite merveille dort profondément et j'ai tout raconté à Maura, les pleurs, la panique, Tommy, toi… tout le bazar. »
Angela rit doucement à l'autre bout du fil.
« Et que t'as dit Maura ? »
Maura se pencha vers le téléphone et dit:
« Que c'est tout à fait normal de douter et de se sentir dépassée la première fois seule avec un bébé. Une expérience universelle, même pour les parents les mieux préparés. »
Angela rit, satisfaite.
« Tu vois, Jane ? Maura dit exactement la même chose que moi. Tu verras, demain, tout se passera à merveille, et tu n'auras même pas besoin de l'aide de Tommy, de Frankie, de Susie, de Nina ou de la mienne. »
Jane esquissa un sourire, serrant la main de Maura dans la sienne. Elle baissa les yeux un instant, puis répondit, sa voix plus douce qu'à l'accoutumée.
« J'aurai toujours besoin de toi, Ma. »
Un silence tendre suivit, puis Angela répondit, un sourire audible dans sa voix.
« Je sais, ma chérie. Je sais. » Elle marqua une pause, puis ajouta :
«Je serai toujours là pour mes enfants et mes petits-enfants. Reposez-vous bien, toutes les deux. Embrasse Angela de la part de sa Nonna. Bonne nuit Jane, bonne nuit Maura»
« Promis, Ma. Bonne nuit »
Maura dit
«C'est promis Angela, bonne nuit!»
Jane raccrocha, posant le téléphone avec un soupir. Elle se tourna vers Maura, qui l'observait avec une affection évidente et Jane dit
« Elle a raison, hein ? »
Maura hocha la tête de manière affirmative
« Comme souvent. Demain sera une nouvelle journée, et tu seras encore plus à l'aise. »
Et Angela avait raison. Le lendemain, tout se passa à merveille. Angela se réveilla avec un petit gazouillis et Jane, bien que prudente au début, trouva un rythme. Elle allaita sa fille, changea une couche sans hésitation, joua avec elle et berça Sofia jusqu'à une sieste paisible sans soucis. À chaque étape, elle sentit un autre doute se dissiper, remplacé par une assurance grandissante.
Quand Maura et Angela revinrent à la maison en fin d'après-midi Jane les accueillit avec un sourire fatigué mais fier. Angela dormait dans ses bras, et Jane les regarda entrer, heureuse de les voir prendre le relais. Maura s'approcha pour embrasser Jane sur la bouche, tandis qu'Angela embrassa Jane sur la joue et dit:
« Alors, Janie, je t'avais dit que tu y arriverais ! »
Jane rit doucement, passant sa fille à Maura avec un soin naturel.
« Ouais, Ma, tu avais raison. Et toi aussi, Maura. Mais je vous jure, pour rien au monde je n'échangerais ce rôle de mère. Même avec les pleurs, les couches, et tout le reste. »
Maura serra sa fille contre elle, échangeant un regard complice avec Angela et dit avec un grand sourire
« Et nous, on ne t'échangerait pour rien au monde non plus, »
Angela s'avança, posant une main sur l'épaule de Jane.
« Une vraie Rizzoli, jusqu'au bout. Et une sacrée maman. »
Elle s'assit sur la banquette avec sa femme et sa mère, sa fille blottie entre elles, et Jane sentit un doute supplémentaire disparaitre.
Fin
