Merci beaucoup pour vos retours! Depuis quelques jours, j'avais un peu mis de côté l'histoire, j'avais une panne d'inspiration. Vos messages m'ont un peu reboostée, j'ai réussi à remettre de l'ordre dans mes idées hier soir pour les chapitres 50 à 60 (à priori, il y aura finalement 60 chapitres en tout), donc je peux vous poster la suite aujourd'hui. Vous verrez que ce chapitre est … beaucoup plus long que le précédent. Je suis assez mauvaise en découpage. Bonne lecture!
Chapitre 44
Les vacances de Noël avaient commencé, et le château s'était vidé d'une bonne partie de ses élèves. Brittany avait été conviée à se joindre aux professeurs restés pour les fêtes, partageant ainsi les repas dans la Grande Salle. Cette dernière, habituellement animée, résonnait désormais d'un silence inhabituel, seulement troublé par quelques discussions éparses entre les rares résidents restants.
Rogue et Brittany jouaient leur rôle à la perfection : regards froids, silences appuyés, quelques répliques sèches en présence de Dumbledore. Brittany s'était d'ailleurs installée à deux sièges de son mari, à côté d'Hagrid. Le vieux directeur les observait avec un intérêt grandissant, cherchant à comprendre la nature de cette supposée querelle. À chaque regard inquiet qu'il leur lançait, Brittany devait lutter pour ne pas éclater de rire.
Soudain, Dumbledore brisa le silence en s'adressant à Rogue :
— Severus, comment s'est passée votre nuit ?
Rogue leva les yeux de son assiette, son visage impassible trahissant une légère irritation.
— Exquise, Albus. Un véritable enchantement, digne d'un conte de fées. Mais je crains que le récit ne soit trop intense pour vos oreilles délicates. Le mariage est un délice, vous devriez essayer, ça change la vie… répondit-il d'un ton qui transpirait le sarcasme. Pour appuyer ses propos, Brittany piqua violemment sa fourchette dans un morceau de viande.
Ne se laissant pas décourager, Dumbledore se tourna vers Brittany, un sourire bienveillant aux lèvres :
— Ma chère Brittany, Noël approche à grands pas. Avez-vous pensé à vos cadeaux ?
Brittany hocha la tête, esquissant un sourire poli. Peu de membres du corps enseignant savaient qu'elle pouvait parler, et cela l'arrangeait.
Les yeux de Dumbledore pétillèrent derrière ses lunettes en demi-lune.
— Pré-au-Lard est magnifique en cette période de l'année. Une promenade et un chocolat chaud chez Madame Pieddodu apaisent toujours l'esprit. Vous devriez y aller tous les deux. L'ambiance est propice aux rapprochements.
Brittany leva les yeux au ciel, tandis que Rogue serrait les mâchoires, visiblement agacé. Minerva McGonagall, assise non loin, intervint alors avec une pointe de reproche dans la voix :
— Albus, cessez donc de les importuner.
Dumbledore se renfrogna légèrement, mais retrouva rapidement son sourire habituel.
— Bien sûr, Minerva. Je voulais simplement m'assurer que nos collègues profitent pleinement des festivités.
Il se redressa alors, s'adressant à l'ensemble de la table :
— N'oubliez pas, chers amis, le repas du réveillon le 24 au soir. Je compte sur la présence de chacun d'entre vous.
Son regard insistant se posa un instant sur Rogue, qui acquiesça brièvement sans un mot. La conversation reprit doucement autour de la table, tandis que Brittany échangeait un regard complice avec Rogue, amusée par la persistance du directeur.
— Vous n'êtes vraiment pas discret, Albus, maugréa Minerva en secouant la tête.
Dumbledore haussa les épaules, un éclat malicieux dans les yeux, avant de se replonger dans son assiette.
— Qui vous a dit que j'essayais d'être discret, Minerva?
De retour dans leurs appartements, une certaine sérénité s'était installée. Assis l'un en face de l'autre, une tasse de thé entre les mains, ils savouraient le calme après l'agitation du petit-déjeuner. La cheminée diffusait une chaleur agréable, et le silence n'était pas pesant, mais empreint d'une familiarité nouvelle. Pourtant, sous cette apparence tranquille, une tension latente flottait entre eux, nourrie par leurs propres contradictions.
Le matin même, ils avaient parlé brièvement, mettant leurs doutes à plat. Aucun des deux ne regrettait la nuit qu'ils avaient partagée, et l'idée d'être ensemble leur était apparue naturelle, presque évidente. Devant Dumbledore, ils avaient même joué une scène de dispute feinte, complices dans cette mascarade. Mais alors que la journée avançait, Rogue sentait une barrière invisible se reformer autour de lui, dictée par des années d'habitudes et de méfiance.
Brittany tourna plusieurs fois sa cuillère dans sa tasse, cherchant comment aborder le sujet sans briser cet équilibre fragile. Finalement, elle prit une inspiration discrète et se lança :
— Severus ? Albus a raison, je dois aller acheter mes cadeaux de Noël et une robe pour le réveillon.
Elle releva les yeux vers lui, tentant de capter une réaction. Rogue, toujours impassible, haussa un sourcil. Son premier réflexe fut de répondre avec détachement, de mettre de la distance entre eux. Ce n'était pas réfléchi, c'était instinctif, une manière de se protéger. Son expression se durcit légèrement alors qu'il repensait à leur démonstration lors de la fête de Voldemort. L'idée même de se donner en spectacle en pleine rue lui était insupportable.
— Si tu penses que je vais suivre les conseils de ce vieux fou et aller parader main dans la main à Pré-au-Lard avec toi, tu te trompes. Les démonstrations romantiques en public ne sont pas vraiment mon genre.
Aussitôt les mots prononcés, il sut qu'il était allé trop loin. Il n'avait pas mesuré l'impact de sa phrase avant qu'elle ne s'inscrive dans le silence pesant qui suivit. Brittany baissa les yeux vers sa tasse, son cœur se serrant légèrement. Ce matin encore, elle était persuadée qu'il voulait être avec elle. Était-ce une erreur ? Avait-il simplement voulu coucher avec elle, sans rien envisager de plus ? Elle pinça les lèvres, tentant de masquer la pointe de déception qui l'envahissait.
— Je me doutais bien que tu ne viendrais pas avec moi.
Elle aurait voulu que son ton sonne plus léger, plus détaché, mais elle-même n'y croyait pas. Rogue, de son côté, s'obligea à ne pas réagir à la blessure qu'il lisait dans ses traits. Il n'était pas prêt à se forcer à des gestes qui ne lui venaient pas naturellement. Leur relation avait évolué, certes, mais de là à se montrer tendre à chaque instant… Il n'en était pas capable. Pas encore. Et pourtant, il se sentait tiraillé, prit entre ce besoin de recul et l'écho du matin, quand tout paraissait plus simple. Il baissa les yeux sur sa tasse, cherchant à masquer son trouble. Ils allaient devoir trouver un équilibre.
Elle rompit le silence après quelques instants, cherchant à clore le sujet sur un terrain plus neutre.
— En fait, Hagrid m'a proposé de m'accompagner. Il souhaite aller prendre un verre chez Rosamaria.
Son soulagement fut immédiat. Il n'avait aucune envie de s'engager dans une conversation qui le forcerait à définir ce qu'ils étaient désormais l'un pour l'autre – il n'en savait fichtrement rien, de toute façon. L'idée même d'une attente implicite, d'une nécessité d'être ensemble pour tout, l'étouffait. Il était reconnaissant envers Brittany qu'elle n'ait finalement pas insisté, ni déclenché une dispute, et en profita pour poursuivre sur un tout autre sujet.
— Rosmerta, corrigea-t-il en souriant. D'accord. Au fait, est-ce que … tu lui as dit que tu n'étais pas muette ?
— Inutile. Il parle pour deux. Brittany sourit tristement. Ça n'apporterait rien de bon. Je ne veux pas lui faire de mal.
Il roula des yeux, mais un léger sourire trahissait son amusement.
— Tu es consciente que ça n'a absolument aucun rapport, et qu'en gardant tout pour toi, tu es probablement plus dangereuse que si tu t'exprimais ?
Elle haussa les épaules. Il n'avait pas tort. Elle parlait avec lui, Dumbledore, Minerva, et Drago, et rien de mal ne s'était passé. C'était complètement ridicule de garder le silence avec d'autres personnes. Mais son cerveau refusait de capituler complètement. Elle se rassurait en se disant que sa mutité était pratique devant Voldemort, et ses acolytes, qui ne cherchaient ainsi pas trop sa compagnie. A part Lestrange, mais c'était un cas particulier… Elle ne pouvait donc définitivement pas aller tout avouer à Hagrid, qui était une commère invétérée.
— J'ai vécu des années ainsi. C'est mon cocon, j'ai du mal à en sortir.
Severus la scruta un instant, puis, dans un geste inattendu, il se leva de son fauteuil et déposa un baiser sur son front. Il entreprit ensuite de débarrasser la petite table où leurs tasses étaient posées.
— Sois prudente.
Elle sourit, rassurée par son geste, et enfila sa cape, jeta un dernier coup d'œil à son mari et franchit la porte.
oOoOo
Pré-au-Lard était animé malgré le froid mordant. La neige recouvrait les toits des chaumières, et l'air vibrait des rires des sorciers venus faire leurs emplettes. Brittany avançait aux côtés de Hagrid, qui ne cessait de lui raconter des anecdotes rocambolesques sur Poudlard. Elle l'écoutait avec amusement tout en cherchant une boutique de vêtements.
Les rues pavées du village étaient bordées de boutiques pittoresques, leurs vitrines décorées de guirlandes lumineuses et de branches de houx. Des chandelles enchantées flottaient dans les airs, diffusant une lueur chaleureuse qui contrastait avec la blancheur éclatante de la neige. L'ambiance festive enveloppait les passants, et des effluves sucrés s'échappaient de la confiserie Honeydukes, attirant petits et grands.
Après avoir flâné devant plusieurs échoppes, Brittany s'arrêta devant une boutique de vêtements élégante. La devanture affichait des robes de sorcières aux couleurs chatoyantes, parfaites pour les festivités à venir. Elle poussa la porte, une clochette tintant à son entrée, et fut accueillie par une chaleur réconfortante et l'odeur délicate de la cannelle.
À l'intérieur, des portants chargés de robes, capes et accessoires s'alignaient le long des murs tapissés de velours pourpre. Des miroirs encadrés d'or reflétaient la lumière douce des lustres en cristal, créant une atmosphère intime et raffinée. Brittany parcourut les rayons, ses doigts effleurant les étoffes soyeuses, jusqu'à ce qu'une robe attire particulièrement son attention.
Il s'agissait d'une création simple mais élégante, d'un rouge profond, rehaussée de fines broderies dorées représentant des motifs étoilés. La coupe mettait en valeur sa silhouette tout en restant confortable, idéale pour le réveillon. Séduite, elle l'essaya et constata avec plaisir qu'elle lui allait à merveille.
Après cet achat, Brittany rejoignit Hagrid, qui l'attendait patiemment à l'extérieur. Ensemble, ils décidèrent de poursuivre leurs emplettes pour les cadeaux de Noël. Pour son mari, Brittany souhaitait un présent qui reflète leur proximité sans pour autant franchir une limite inconfortable. Elle se souvint de sa réaction quelques heures auparavant et ne voulait pas lui donner l'impression de s'imposer comme une compagne trop envahissante. Trouver un équilibre entre attention et retenue était délicat.
Elle entra dans une boutique spécialisée en artefacts magiques et y dénicha une écharpe en laine noire, brodée de runes anciennes censées offrir protection à celui qui la porte. En souriant, elle ajouta à son panier une paire de boules Quies enchantées, pour que ses potentiels ronflements ne le poussent pas à la renvoyer dans sa chambre maintenant qu'elle prenait ses aises dans le lit de son ombrageux sorcier, ou simplement pour le soulager lorsque Dumbledore lui casserait trop les pieds.
En passant devant une librairie, une idée lui vint pour ce dernier. Elle y trouva un calendrier perpétuel, chaque jour dévoilant un conseil humoristique. Avec un sourire en coin, elle montra au vendeur un parchemin où elle griffonna sa demande : elle souhaitait que les conseils portent sur l'art de ne pas être trop curieux. Un clin d'œil affectueux à la nature inquisitrice du directeur.
Pour Drago Malefoy, Brittany choisit un carnet à secrets en cuir vert, arborant les armoiries de Serpentard. Ce carnet était ensorcelé pour que seuls son propriétaire et ceux à qui il confiait le mot de passe puissent lire son contenu. Elle ajouta une boîte de Chocogrenouilles, souhaitant rappeler à Drago que, malgré son nouveau statut de Mangemort et les lourdes responsabilités qui en découlaient, il restait encore un adolescent qui méritait des moments d'insouciance.
Quant à Hagrid, Brittany opta pour un petit livre intitulé "Guide de survie face aux créatures dangereuses". Elle aimait dessiner, et elle allait y ajouter elle-même, sur les pages vierges "Notes" glissées à la fin de l'ouvrage, des illustrations humoristiques et des règles de prudence adaptées à son ami, telles que : • Règle n1 : Si la créature a des crocs plus grands que toi, ne l'adopte pas. • Règle n2 : Si elle crache du feu, ne la mets pas sous ton lit. • Règle n3 : Si Rogue lève un sourcil en la voyant, repose-la immédiatement. • Règle n4 : Si elle te suit partout en bavant, vérifie qu'elle ne veut pas juste te manger. • Règle n5 : Si tu dois dire « elle est gentille une fois qu'on la connaît », fuis.
Leurs emplettes terminées, ils conclurent leur journée aux Trois Balais. L'odeur enivrante de bièraubeurre flottait dans l'air, mêlée aux effluves sucrées de caramel et de cannelle. De hautes cheminées projetaient une lumière dorée sur les poutres sombres du plafond, et le bourdonnement des conversations donnait au lieu une atmosphère vivante et accueillante. Attablée devant une tasse de thé fumant et quelques pâtisseries, Brittany se laissa gagner par la magie du lieu, reconnaissante de partager cet instant avec Hagrid.
Alors que la nuit commençait à tomber, le village s'illumina de mille feux, les décorations scintillant dans l'obscurité naissante. Les rues se vidaient peu à peu, et Brittany, le cœur léger, prit le chemin du retour vers Poudlard, les bras chargés de paquets et l'esprit rempli de la chaleur festive de Pré-au-Lard.
— Brittany ?
Elle se retourna, surprise. Carrick s'avançait vers elle, un sourire courtois aux lèvres.
— Quel plaisir de vous croiser ici.
Elle haussa un sourcil. Que faisait-il à Pré-au-Lard ? Il s'approcha davantage et lui adressa un regard curieux.
— J'espère que je ne vous dérange pas. Vous vous rappelez de moi ? Je travaille avec Severus depuis quelque temps, dans le domaine des potions. Nous avons eu quelques collaborations sur des projets expérimentaux. Vous faites vos achats de Noël ? demanda Carrick avec intérêt.
Brittany hocha doucement la tête, encore un peu surprise par cette rencontre impromptue.
— J'ai justement pensé que nous pourrions nous revoir un de ces jours, poursuivit-il. Après tout, je suis curieux d'en apprendre davantage sur la femme qui a su capturer l'attention de Severus. Il m'a beaucoup parlé de vous, vous savez ? Je vous envoie un hibou ? Ça m'a vraiment fait plaisir de vous revoir. A bientôt, Brittany, Monsieur ! fit il en les saluant avant de disparaître.
Brittany resta un instant interloquée. Il avait dit cela avec une légèreté qui ne laissait rien transparaître d'inquiétant. Pourtant, quelque chose dans son ton la mettait mal à l'aise. Elle échangea un regard avec Hagrid avant de reporter son attention devant elle, là où Carrick se trouvait quelques instants auparavant. Elle ne savait pas encore que cette rencontre n'avait rien d'un hasard.
