Erreur de potion, coup de foudre
— Je vais vomir, dit Ron. Littéralement.
— Tu fais ça, je te jette un sort sans remords, gronda Pansy Parkinson.
Ils étaient collés. Magiquement. Épaule contre épaule, comme deux aimants récalcitrants. Et tout ça à cause… d'une erreur d'étiquetage.
— C'était censé être une potion de cicatrisation ! s'écria Neville, qui regardait la scène avec des yeux ronds.
— Et moi je t'avais dit de NE PAS ranger les fioles de Philtre d'Engouement Cérébral avec les potions de soin, gémit Hermione.
Ron et Pansy s'étaient donc retrouvés liés par un enchantement amoureux temporaire, hautement instable, pour une durée minimale de 48 heures.
Conditions de rupture ? Rester à proximité constante jusqu'à la dissipation naturelle.
Effets secondaires ?
— Rires nerveux.
— Poussées de compliments incontrôlés.
— Phrases de drague involontaires.
— Et, dans certains cas rares... des baisers spontanés.
— Tuez-moi, murmura Ron. Je préfère mourir.
La première heure fut catastrophique.
— Tu marches comme un troll mal peigné, grogna Pansy.
— Et toi t'as une voix de chouette stressée !
— Tu penses vraiment que j'en pince pour toi ?
— Je pense que si on me colle encore à toi deux minutes de plus, je vais supplier Lavande de revenir avec moi juste par désespoir.
Mais à la quatrième heure… ça changea.
Ils durent s'asseoir ensemble. Manger ensemble. Se déplacer comme deux idiots attachés l'un à l'autre.
Et Pansy, contre toute attente, savait faire du thé parfaitement.
Elle le servit à Ron avec un petit sourire narquois.
— On dirait que t'as jamais eu de tasse correcte de ta vie. Pauvre Weasley.
— ...Ok. Je dois admettre que c'est bon.
— Tu veux que je t'en prépare un autre demain matin ? demanda-t-elle, moqueuse.
— Si je survis à cette nuit, ouais.
Ils se regardèrent. Un peu trop longtemps.
Et Ron rougit.
Violemment.
Le lendemain matin, Ron se réveilla avec Pansy Parkinson sur son torse.
— AAAAAH !
— AAAAAH toi-même, espèce de radiateur à cheveux roux !
Ils roulèrent au sol comme deux pingouins collés par un sortilège.
Le lien magique, toujours actif, leur donnait une légère envie de se câliner dès qu'ils s'éloignaient trop l'un de l'autre.
— Ce sort est une torture, gémit Ron en se frottant le crâne.
— Ou une bénédiction bien mal formulée, marmonna Pansy, qui venait de découvrir que Ron ronflait mignonement.
À midi, ils étaient dans la salle commune, mangeant une assiette de pâtes à deux, parce que le lien ne permettait pas plus de 70 centimètres d'écart.
— Tu sais que t'es pas aussi insupportable que je pensais, lança Ron entre deux bouchées.
— Tu veux dire que je t'avais manqué tous les jours de ta scolarité, mais que t'étais trop crétin pour l'admettre ?
— …Tu veux une autre fourchette ou tu comptes continuer à parler comme si t'étais pas ultra flattée ?
Elle le fixa.
Et il vit quelque chose changer dans son regard.
À 17h, ils durent faire un tour dans le parc — histoire de "laisser la potion s'user" selon Hermione.
Ils marchaient lentement. Ron glissa les mains dans ses poches. Pansy fredonnait un truc.
Et soudain, il dit :
— Tu crois que c'est que la potion qui me fait te trouver… jolie ?
Elle s'arrêta.
— Tu crois que c'est la potion qui me donne envie de t'embrasser ?
Il ne répondit pas.
Il l'embrassa.
La fiole vibra dans leur poche.
Un clic subtil. Une chaleur diffuse.
Le sort… était levé.
Ils reculèrent. Juste un peu.
Le lien n'était plus magique.
Mais leurs regards, eux, restaient irrésistiblement connectés.
— Alors… on fait quoi maintenant ? demanda Ron.
Pansy sourit. Un vrai sourire, sans sarcasme. Juste doux.
— On attend que tu me demandes un deuxième baiser.
— …Tu veux que je te le demande ?
— Pas vraiment.
Et elle l'embrassa à nouveau.
Fin.
