George et les biscuits parlants


— C'est une idée de génie, Fred aurait adoré, dit George en plaçant fièrement la boîte sur le comptoir.

Biscuits Véritables™

Des biscuits qui disent tout haut ce que vos invités pensent tout bas ! À consommer sans pudeur.

Ron lut la description en fronçant les sourcils.

— George. C'est une potion de Véritasérum mini-dosée dans une base de pâte sucrée. Tu veux littéralement faire dire aux gens ce qu'ils pensent VRAIMENT ?

— Exactement.

— Tu veux mourir, en fait.

— C'est le business, petit frère.

Dès le premier jour, ce fut le carnage.

"Franchement, t'as toujours été un peu prétentieuse, Gertrude."
"Ton rire me donne envie de me transformer en hippogriffe et fuir."
"J'ai couché avec ton cousin."

Les biscuits, dorés et moelleux, parlaient d'une voix joyeuse dès qu'on croquait dedans. Et ce qu'ils disaient… était 100 % authentique.

George nota tout dans son carnet :

Jour 1 :

23 disputes.

4 ruptures.

1 demande en mariage (?!).

Une cliente est revenue pour en acheter deux boîtes entières.

C'est cette dernière cliente qui attira l'attention de George.
Une jeune femme, cheveux bouclés en vrac, lunettes rondes, robe à pois.
Elle s'appelait Amalia.

Elle croqua un biscuit.

Et il déclara, d'une voix haut perchée :

"Tu devrais vraiment parler à George. Il a l'air triste quand il ne croit que personne ne le regarde."

Silence dans la boutique.

George, derrière le comptoir, rougit jusqu'aux oreilles.

— ...J'imagine que je vous l'offre, murmura-t-il.

Amalia lui sourit.

— C'est gentil. Mais je comptais en racheter. Pour vous revoir.

George Weasley. Muet. Pour la première fois depuis 1991.

George n'avait jamais été nerveux en vendant des blagues.
Mais là, il s'était retrouvé à replacer ses cheveux dans la vitrine. Deux fois.

Amalia revenait. Tous les deux jours.

— Je teste un biscuit à la fois, disait-elle. Pour éviter les catastrophes sociales majeures.

Elle en acheta un nouveau, le croqua.

Et le biscuit dit :

"Tu penses qu'il va t'embrasser aujourd'hui ? Spoiler : non. Il est trop peureux."

George faillit s'étrangler derrière son étagère.

La boutique devint un théâtre.

Les clients attendaient avec impatience le biscuit d'Amalia.
Chaque jour, une nouvelle vérité.
Chaque jour, un nouveau sourire échangé entre elle et George.

— Tu sais que je suis censée écrire un article sur ta boutique ? dit-elle un jour.

— Tu veux dire que tout ça est... professionnel ? répondit George, soudain déçu.

Elle mordit dans un biscuit. Et il répondit pour elle :

"Tu te fous de ton article. T'as juste envie qu'il te touche la main."

Silence.

Elle posa le biscuit.
S'approcha du comptoir.

Et lui prit la main.

Ce jour-là, aucun biscuit ne parla.

Mais George, lui, dit doucement :

— J'ai une nouvelle recette à tester.
— C'est dangereux ?
— Très.
— Parfait.

Il se pencha. Et l'embrassa.

Le goût ?
Vanille. Miel. Et un peu de panique sucrée.


Le lendemain, de nouveaux biscuits arrivèrent :

Biscuits de Confession™

À croquer à deux. La vérité, c'est meilleur quand on la partage.

Fin.