Auteur : Ninaa-san
Genre : M/M, OOC, UA, Surnaturel, Mystère : Rating M (mention de sexe explicites, mention de sang).
Disclaimer : Les personnages appartiennent à J. K. R. ; l'intrigue vient de mon esprit tordu. La photo d'illustration a été réalisée avec l'aide de Canva.
Mot de l'auteur : Vous m'avez manqué. Et Oliver et Marcus encore plus. J'espère que cette deuxième partie vous plaira. J'y ait mit tout mon coeur depuis des années pour enfin reprendre et achever cette histoire avec toutes mes tripes, et y mettre le clap de fin qu'elle mérite. Bonne fête de Halloween, si vous la célébrez. Kiss Kiss.
Concernant le rythme de parution :
Exception pour ce soir de Samain, les chapitres seront postés comme l'était TO, le premier dimanche de chaque mois (donc le premier de décembre pour le suivant). Je préfère toujours me laisser une marge pour corriger, recorriger, modifier un chapitre sans me mettre de pression.
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Always and Forever
Prologue
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C'était maintenant sûr, Anthony Goldstein détestait le bayou. De toutes les destinations qu'il avait été amené à passer au peigne fin, le Chasseur britannique plaçait celle-ci en tête de liste.
Déjà, il y régnait une atmosphère lourde. L'air était chargé, les arbres ne rafraîchissaient en rien les températures et plus il s'enfonçait entre les hauts arbres, plus il se sentait dégoulinant. Pire que tout, il sentait les regards braqués sur lui, bien qu'il ne pouvait les voir. C'était comme un fourmillement désagréable sur sa nuque. De temps à autre, une moquerie lointaine retentissait dans les environs déserts. Anthony avait apprit depuis longtemps à faire barrage. Son esprit était focalisé sur autre chose.
D'un mouvement sec, il vérifia pour la deuxième fois qu'il avait bien armé sa carabine. La piste qu'il suivait n'était plus très fraîche mais son œil avisé guettait des traces de passages ça et là. Une nouvelle proie, qui avançait vite, et n'avait pas prit la peine d'effacer ses traces comme les habitants du bayou le faisaient habituellement. Les empreintes qu'il trouvait était peu profondes, mais allongées. C'était la troisième fois cette semaine, et Anthony était certain de ne trouver qu'un corps comme les fois précédentes. Ce qu'il traquait était intelligent, car il ne laissait jamais de traces de son passage. Anthony avait pensé à un vampire extrêmement vigilant, mais affamé. Chaque fois, les victimes étaient exsangues.
La silhouette fantomatique de sa sœur le traversa et Anthony réprima un furieux frisson à la sensation glacée. Il détestait qu'elle fasse ça.
- Ça sent la mort, constata Abi en le devançant avec aisance. Plutôt bon signe.
- Ça dépend comment tu vois les choses, répliqua Anthony en s'autorisant une courte pause pour boire.
Sa sœur se contenta de hausser les épaules en marquant un temps d'arrêt pour l'attendre. De temps en temps, elle hochait la tête et murmurait à voix basse, parlant à un interlocuteur invisible. Anthony ne s'y était toujours pas habitué.
- Ils disent que c'est dans la terre, reprit Abi.
- Dans la terre ?
Anthony se décolla du tronc contre lequel il s'était adossé. A perte de vue, les arbres élancés l'entouraient si bien qu'il aurait facilement pu se perdre. Selon les informations dont il disposait, plus au nord se trouvaient des clans de loups-garous qu'il n'avait pas particulièrement envie de rencontrer. Les Chasseurs étaient rarement perçus comme des amis et bien que les loups-garous ne figurent pas sur son ordre de mission, ils le verraient alors comme une menace.
Le jeune britannique s'étira à nouveau et fit rouler ses épaules avant de reprendre son arme pour se remotiver. C'était une pure merveille qu'il avait hérité de son père. La crosse en chêne poli lui apportait une poigne solide tandis que l'équilibre provenait de pièces en argent savamment ouvragées. Une récompense que son père avait reçue pour avoir offert ses services aux Aurors. Anthony en avait hérité à sa mort, bien qu'il ne l'ait jamais souhaité. Les ordres des Aurors étaient plutôt difficiles à refuser, mais ce n'était pas comme si Abi et lui avaient pu refuser poliment.
Du coin de l'œil, Anthony détailla sa sœur dont la forme spectrale viendrait à gagner en intensité à mesure que le jour se coucherait. Comme toujours, la vision lui provoqua un pincement au coeur et lui rappela la raison de leur venue à la Nouvelle Orléans.
La situation dans la ville était particulièrement tendue, et surtout au Vieux Carré. Anthony l'avait comprit dès qu'il y avait mit les pieds la première fois. Que les Aurors l'y aient envoyé était déjà annonciateur qu'une intervention y était envisagée, mais il ne s'était pas attendu à une telle population d'espèces. Loups, vampires, sorciers, un paradis pour n'importe quel Chasseur expérimenté, et un véritable enfer pour lui.
De nouvelles railleries fusèrent en écho autour de lui et Anthony sentit son agacement augmenter. Il claqua sèchement sa langue contre son palais.
- Dis-leur de la fermer avant que je n'appelle le Baron Sanglant.
Sa sœur se stoppa à la mention du fantôme et lui adressa un regard sévère, le détaillant de pied en cape. Anthony la vit frissonner d'appréhension.
- Tu n'oserais pas.
- Tu veux parier ? répliqua Anthony sur le même ton.
Elle sembla ravaler une pique et tourna son doux visage vers le ciel en une mine pincée.
- Partez, ordonna-t-elle sèchement.
Même si aucun changement ne fut visible, Anthony sentit les présence se retirer les unes après les autres, comme autant d'yeux qui se fermaient. Il prit une profonde inspiration et se remit en marche, reprenant sa piste avec sérieux. La mine pincée, Abi progressait à ses côtés, sa queue de cheval se balançant en rythme comme une vulgaire parodie de l'humaine qu'elle avait été.
- Peeves dit que la terre a été marquée, reprit Abi lorsqu'ils s'arrêtèrent à nouveau.
Anthony se mit à genoux pour mieux estimer les environs. Son œil avisé remarqua une traînée écarlate près d'un arbre. Le sang avait éclaboussé la mousse en une projection nette. Abi partit devant pendant qu'il guettait de nouvelles traces. Le sang avait séché mais la profondeur des empreintes ne correspondait pas à celles qu'il avait suivit jusque là. Il y avait une autre série qu'Anthony n'avait pas réussi à identifier plus tôt.
- Ils était deux, mais pas ensemble, comprit Anthony. Notre ami fuyait quelque chose. Quelque chose de très intelligent pour laisser si peu de traces derrière lui. Il y a déjà des Chasseurs ici ?
Abi ne lui répondit pas, mais peut-être qu'elle ne l'avait pas entendue si elle avait suivit son chemin. Anthony ne s'en formalisa pas, elle reviendrait plus tard.
Après une brève étude des lieux, le Chasseur se redressa, les sourcils froncés. C'était discret, mais il y avait d'autres traces de sang sur la végétation et des signes de luttes bien plus précis. Deux lignes parallèles indiquaient un corps traîné au sol comme s'il ne représentait aucun poids. Ça ne ressemblait pas à ce qu'il traquait depuis quelques jours. Anthony remonta sa piste avec précaution, l'arme en joue quand Abi se matérialisa devant lui, le faisant sursauter.
- Les environs sont déserts, mais il y a un cadavre, commenta sa sœur. Et c'est très moche à voir.
- Moche comment ?
- Je n'ai pas de comparatif, mais si j'avais un corps, il aurait vomit.
- Merveilleux, ironisa Anthony.
Quoique ça puisse être, il attendit quelques instants, les yeux fermés afin de se préparer mentalement. Ce n'était pas sa première expérience en temps que Chasseurs, mais d'ordinaire c'était lui qui faisait les exécutions. Il ne découvrait pas de cadavres comme c'était le cas depuis son arrivée, là était la différence.
Les Aurors avaient été clairs ; l'Autre Côté avait été perturbé et une concentration importante d'âmes errantes n'avaient pas passé la barrière. Dans la plupart de cas, les victimes de morts traumatisantes restaient bloquées entre les mondes sans comprendre ce qui leur était arrivées. Abi et lui en avaient déjà rencontré une dizaines alors qu'ils était arrivés début août, changeant tout l'aspect de leur mission initiale.
Si Anthony avait été d'abord envoyé en reconnaissance, il se retrouvait désormais à traquer quelque chose qui semblait faire son travail à sa place, avec un goût prononcé pour le carnage. La plupart des précédentes victimes étaient des voyageurs vidés de leur sang, abandonné sur les terres des habitants du bayou, comme un avertissement. Ce n'était pas une joie de les trouver, mais les corps étaient en bon état. Anthony n'aimait pas l'avertissement d'Abi.
Une inspiration plus tard et il traversait la silhouette de sa sœur, frissonnant du courant d'air glacé qui glissait sur sa peau. Il n'eut pas à fouiller bien loin du regard ; c'était à peine sur la gauche, il distinguait une silhouette se balançant mollement au bout d'une corde.
- Le corps est froid, reprit Abi, et Anthony nota qu'elle ne s'approcha pas plus.
Les sourcils froncés, il désarma son arme et la passa dans son dos afin d'avoir les mains libres.
- Qu'est-ce que…, commença Anthony avant de s'immobiliser.
Des horreurs, Anthony en avait vu. Sa formation de Chasseur l'avait amené à étudier les scènes de crimes lorsqu'il devait par la suite définir l'identité de sa future proie, mais la plupart du temps, les modes opératoires étaient les mêmes. Les vampires vidaient de leur sangs, les loups-garous se battaient à mort. Les plus ignobles étaient souvent les mages noirs car ils redoublaient de créativité dans les crimes qu'ils exécutaient. Mais là, il n'avait tout simplement jamais vu ça.
C'était un homme, le visage figé par l'horreur dont le corps rompu oscillait par le mouvement des arbres. Le cadavre était dans un état de pure boucherie, une marre de sang avait goûté de ce qu'Anthony soupçonna être ses côtes écartées.
Il comprit ce qui l'avait tué en faisant le tour du pendu, et l'avertissement d'Abi prit tout son sens. Par réflexe, le Chasseur recula de plusieurs pas, les mains plaquées sur la bouche – trop tard. Son corps fut secoué d'une violente nausée et il vomit tout le contenu de son estomac au sol.
La malheureuse victime avait eut la colonne vertébrale ouverte et ses côtes laissaient apparaître suffisamment l'intérieur pour qu'Anthony imagine la souffrance qu'il avait dû endurer.
- Peeves dit que les organes sont tous là, lança Abi de là où elle était.
Anthony répondit par un gargouillement inaudible avant de se redresser, les larmes aux yeux sous l'effort. Il prit plusieurs inspirations pour se ressaisir, préférant étudier le reste des indices pour se concentrer sur autre chose. Ça et là, des pétales d'aconit jonchaient le sol, laissant deviner que l'assaillant savait exactement ce qu'il avait attaqué.
- Un loup-garou n'aurait pas fait ça, répondit-il difficilement en se détournant du corps. Ils accordent trop d'importances à leurs morts.
La boue avait gardé l'empreinte qu'il avait suivie, et elle repartait entre les arbres. Profondes, espacées. Quoi qu'il soit, le tueur avait couru et Anthony pouvait deviner sa cible aisément. Il avait repéré une meute de loup plus loin.
Un frisson glacé longea sa colonne vertébrale et il se sentit pâlir. La victime avait été attrapée après avoir été malmenée, puis pendue, et enfin suppliciée jusqu'à la mort. Ça voulait dire que l'assaillant avait le dessus depuis le début. Un vampire ? Anthony avait déjà traqué de jeunes vampires assoiffés suite à des carnages, mais rien de semblable. Le tueur avait prit son temps. Le nœud était parfaitement exécuté, l'incision des côtes propre et nette. Une telle mise en scène était perverse car elle signifiait qu'il voulait que les corps soient découverts.
- Mais qu'est-ce qui a pu faire un truc pareil ? demanda Abi à voix basse, comme si elle craignait d'être entendu par quelqu'un d'autre que lui.
- Un monstre, répondit le Chasseur.
D'un mouvement hâtif, il réarma sa carabine et suivit la nouvelle piste avec précaution. Il devait impérativement en savoir plus sur la nature de ce qu'il traquait.
La chasse reprenait.
