Je ne possède aucun des personnages du film et des livres

Sur le sable de Barsoom, une tragédie est en train de se jouer, une tragédie que Dejah refuse d'arriver à sa conclusion.

Cette histoire a été écrit pour l'anniversaire de Taylor Kitsch

En espérant que cela te plaise !

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


DU SANG SUR LE SABLE

John Carter, épuisé et gravement blessé, gisait dans les bras de Dejah Thoris. Son souffle était laborieux, chaque respiration semblant être un effort monumental. Le sang s'écoulait de multiples blessures, teintant le sable rouge de Barsoom d'un pourpre plus sombre encore, et maculant la robe de soie fine que portait la princesse. Ses mains tremblantes tentaient vainement d'exercer une pression sur la plaie la plus grave, celle qui barrait le torse de l'homme de la Terre d'une ligne sinueuse et profonde.

Autour d'eux, le désert martien s'étendait à perte de vue. Les deux lunes de Barsoom brillaient dans le ciel crépusculaire, témoins silencieux de leur détresse. Le vaisseau qui aurait pu les ramener à Helium gisait en pièces à quelques centaines de mètres, victime de l'embuscade tendue par les Warhoons. Le combat avait été brutal, sauvage. John s'était battu comme un démon, tuant des dizaines de guerriers avant de finalement s'effondrer, transpercé par une lance barbelée.

- John, non, ne me laisse pas, murmura Dejah Thoris, sa voix habituellement assurée désormais tremblante d'émotion.

Ses larmes traçaient des sillons sur son visage, tombant sur le front de John Carter.

- Je t'aime… Tu es mon cœur, mon âme. Je ne peux pas vivre sans toi.

Les yeux de John, d'un bleu d'acier contrastant avec sa peau désormais tannée par le soleil martien, s'ouvrirent péniblement. Ils avaient perdu un peu de leur éclat, mais l'étincelle de détermination qui avait toujours défini cet homme, ce guerrier d'un autre monde, brillait encore faiblement. Il leva une main ensanglantée pour caresser la joue de Dejah, son regard se fixant sur elle avec une tendresse infinie malgré la douleur qui déformait ses traits.

- Dejah... Je suis désolé, dit-il d'une voix rauque et à peine audible. Je voulais te protéger... toujours.

La princesse de Mars saisit sa main et la pressa contre sa joue, sentant la chaleur qui s'échappait peu à peu de ce corps qu'elle aimait tant.

- Tu l'as fait, John. Tu m'as toujours protégée, répondit Dejah, les yeux embués de larmes. Ne parle pas comme si c'était la fin. Tu dois te battre. Pour nous... Pour Barsoom…

Un faible sourire passa sur le visage de John Carter, cet homme qui avait traversé l'espace pour trouver sa destinée sur cette planète mourante. Cet homme qui était devenu Dotar Sojat, un chef parmi les féroces Tharks. Cet homme qui était désormais Seigneur de le Guerre de Mars, mari de la plus belle femme de deux mondes.

- Je t'aime, Dejah. Plus que tout au monde. Mais... je sens que... je ne peux plus tenir.

Une vague de panique submergea la jeune femme. Elle avait vu la mort de près, trop souvent sur ce monde cruel. Elle avait perdu des êtres chers, avait pleuré des amis tombés au combat. Mais perdre John... c'était impensable. Inconcevable. Un monde sans lui était un monde dans lequel elle ne voulait pas vivre.

- Non, John. Ne dis pas ça.

Sa voix se brisa sur ces mots.

- Nous avons traversé tant de choses ensemble. Les déserts de Barsoom, les cachots d'Issus, les glaces des régions polaires... Tu ne peux pas partir maintenant. Pas comme ça, pas ici, dans ce désert désolé.

John tenta de sourire, mais la douleur était trop intense. Un filet de sang s'échappa du coin de sa bouche tandis qu'il luttait pour rester conscient.

- Tu es forte, Dejah. La plus forte des femmes que j'ai connues. Tu continueras... tu continueras de lutter pour Barsoom. Pour notre peuple. Pour Carthoris...

L'évocation de leur fils frappa Dejah Thoris comme un coup physique. Carthoris, qui avait les yeux de son père et son courage indomptable. Carthoris, qui attendait le retour de ses parents au palais d'Helium, ignorant que son père gisait mourant dans le désert.

- Notre fils a besoin de toi, John, dit-elle, saisissant cette bouée de sauvetage émotionnelle. Je... j'ai besoin de toi. Tu ne peux pas nous abandonner.

Elle chercha frénétiquement autour d'elle, espérant un miracle, un signe, n'importe quoi. Une caravane à l'horizon, un flyer de Helium, même un Thark errant, n'importe qui qui pourrait les aider, mais il n'y avait rien que le désert implacable et le vent qui commençait à souffler, annonçant la froide nuit martienne.

- John, s'il te plaît, reste avec moi, sanglota Dejah Thoris, ses bras serrant John plus fort, comme si par la seule force de sa volonté elle pouvait l'ancrer à ce monde, l'empêcher de dériver vers l'inconnu. Je t'en supplie.

Le souffle de John devint de plus en plus irrégulier, ses forces l'abandonnant rapidement. La perte de sang était trop importante et même sa constitution extraordinaire, renforcée par la faible gravité de Mars, atteignait ses limites.

- Je t'aime... Dejah, murmura-t-il, ses yeux commençant à se voiler. Depuis... depuis le premier jour... où je t'ai vue...

La reine de Mars se rappela ce moment, cinq ans auparavant, lorsque cet étrange homme sans vêtements était apparu dans le désert, sauvant sa vie face aux Tharks. Comment il avait appris leur langue avec une rapidité stupéfiante. Comment il avait gagné le respect des féroces Tharks par sa bravoure et sa force surhumaine due à la faible gravité martienne. Comment il s'était battu pour elle, encore et encore, défiant des dieux, des nations et la mort elle-même.

- Je me souviens, John, dit-elle doucement, caressant ses cheveux noirs. Je me souviens de tout… De notre premier baiser… De notre mariage… De la naissance de Carthoris… De nos batailles et de nos victoires.

John sourit faiblement, son regard se perdant dans le vague, comme s'il revoyait lui aussi ces moments précieux.

- Des... bons moments...

- Les meilleurs de ma vie, acquiesça Dejah, essayant de contenir ses sanglots. Et il y en aura d'autres, John. Tellement d'autres. Nous verrons Carthoris devenir un homme. Nous verrons Helium prospérer sous le règne de mon père. Nous explorerons les régions inconnues de Barsoom ensemble.

La main de John se resserra brièvement sur la sienne, un éclair de lucidité traversant son regard.

- Promets-moi... quelque chose...

- Tout ce que tu voudras, répondit-elle immédiatement.

- Si je... ne m'en sors pas... vis. Vis pour notre fils. Vis pour toi-même. Ne... ne te laisse pas consumer par la douleur.

Un sanglot s'échappa des lèvres de Dejah Thoris. Comment osait-il lui demander cela ? Comment pouvait-il imaginer qu'elle puisse continuer sans lui ?

- Tu vas t'en sortir, John. Tu dois t'en sortir. Tu es le Warlord de Mars. Tu es John Carter de la Terre. Tu as traversé l'espace pour me trouver. La mort ne peut pas t'arrêter.

Un léger sourire passa sur les lèvres de John.

- C'est... ce que j'aime chez toi... ton entêtement...

Elle allait répondre quand soudain, un bruit attira son attention. Un bourdonnement, faible mais grandissant. Elle leva les yeux vers le ciel et sentit son cœur bondir dans sa poitrine.

- Un flyer, John ! Un flyer de Helium ! Ils nous ont trouvés !

Mais John ne répondit pas. Ses yeux s'étaient fermés, son corps s'était relâché. Dejah sentit une terreur glacée l'envahir.

- John ? John, réponds-moi !

Elle pressa son oreille contre sa poitrine, cherchant désespérément le battement de son cœur. Il était là, faible, irrégulier, mais présent. Il était inconscient, mais vivant. Le flyer descendait maintenant rapidement et Dejah reconnut les couleurs de la garde royale d'Helium. Kantos Kan, le fidèle ami de John, sautait déjà du vaisseau avant même qu'il n'ait touché le sol.

- Princesse ! Cria-t-il en courant vers eux. Nous avons suivi votre signal de détresse... Par Issus, John !

Dejah Thoris leva vers lui un visage ravagé par les larmes, mais où brillait une lueur d'espoir.

- Il est vivant, Kantos, mais il a besoin de soins, immédiatement.

Kantos Kan fit un signe aux hommes qui l'accompagnaient, et en quelques instants, ils avaient soulevé le corps inerte de John Carter et l'emportaient vers le flyer. Dejah se leva, ses jambes tremblantes sous le poids de l'émotion et de l'épuisement.

- Tenez bon, Princesse, dit doucement Kantos Kan en la soutenant. Nous allons le ramener à Helium. Les meilleurs guérisseurs l'attendent déjà. John Carter est fort. Il s'en sortira.

Dejah Thoris hocha la tête, incapable de parler. Elle suivit le cortège jusqu'au flyer, son regard ne quittant jamais le visage pâle de son époux. Alors que le vaisseau s'élevait dans les airs, elle prit la main inerte de John dans la sienne et la porta à ses lèvres.

- Tu ne peux pas mourir, John Carter, murmura-t-elle avec une férocité née du désespoir. Je ne te laisserai pas mourir. Je me battrai pour toi comme tu t'es toujours battu pour moi. Et quand tu te réveilleras, je serai là. Je serai toujours là.

Le flyer filait maintenant à toute vitesse vers Helium, laissant derrière lui le désert sanglant. Dejah Thoris restait assise, immobile, tenant la main de John, priant tous les dieux de Barsoom, même ceux auxquels elle ne croyait pas, pour la vie de l'homme qu'elle aimait plus que tout au monde.