Après ces sentiments tant refoulés, enfin avoués, Candice et Antoine ne se quittaient plus des yeux. Comme aimantés, ils n'arrivaient tout simplement pas à se détacher l'un de l'autre. Un pas trop important dans leur relation venait d'être franchi, et il ne pourrait y avoir de retour en arrière.

Cette fois, Candice ne pourrait plus se défiler, faire une pirouette dont elle avait le secret, et s'éloigner. Elle ne pourrait pas nier l'évidence et dire qu'il ne s'était rien passé. Et non! Candice Renoir avait livré ses sentiments à Antoine Dumas. Elle lui avait dit qu'elle l'aimait. Et bizarrement, cela lui avait paru être la chose la plus simple du monde à faire. Qui aurait cru ça d'une «handicapée» de l'amour?

Antoine, n'était pas en reste non plus. Il était sur un nuage de savoir que la femme qu'il aimait, l'aimait en retour. Mais tout ça n'était pas prémédité, loin de là. Conscient depuis longtemps qu'il aimait Candice, il rêvait de lui avouer. Mais cette dernière souhaitant prendre son temps, il ne voulait pas la brusquer. Puis, il imaginait son annonce ailleurs qu'à la terrasse de Fernand! Mais surtout, il voulait se protéger, il faut bien l'avouer. Il aurait mal vécu de ne pas avoir de retour à son je t'aime. Comme un retour en arrière, à l'époque où Candice jouait à l'autruche avec ses sentiments. Là, à présent, ils étaient bien tous les deux. Enfin ensemble. Alors, pourquoi chercher à compliquer les choses? Il avait déjà franchi un cap en l'emmenant chez lui, sur les traces de son enfance.

Mais voilà, les choses lui avaient échappé. Sans s'en rendre compte, les paroles avaient franchi ses lèvres. Une fois dites, il ne pouvait plus y avoir de retour en arrière. Et plus de blindage pour son cœur fragile. C'est cette idée qui lui était venue tout de suite à l'esprit. Mais quelle ne fut pas sa surprise quand il entendit la femme qu'il aimait depuis plusieurs années lui avouer qu'elle partageait les mêmes sentiments que lui! Incroyable! Divin! Tellement surprenant!

Jouant avec la main d'Antoine posée sur la table, Candice reprit la parole.

«Antoine, comment va-t-on faire mardi? lui demanda-t-elle soudainement très sérieuse.

- Candice …

- Quoi Candice? J'ai le droit de me demander comment on va gérer la situation!

- Bien sûr! Mais on est samedi là Candice… On est bien… Pourquoi penser aux choses qui fâchent? répondit son compagnon d'un ton las.

- Antoine, tu me connais…

- Oui je commence, la taquina-t-il. Toujours à te poser 3 questions à la seconde! Je le remarque toujours quand ton cerveau s'emballe. Tu as cette petite expression. Les yeux légèrement plissés et les lèvres un peu entrouvertes. Et quand tu réfléchis pour une enquête, là c'est encore autre chose! rigola Antoine.

- Et bien, Monsieur Dumas, je me sens drôlement observée !

- Bah, il faut dire que le sujet de ma thèse est délicieusement agréable à admirer…. renchérit Antoine en lui volant un baiser.

- Et comment je réfléchis pour une enquête?

- Tout un cérémonial commandante Renoir! Tu commences à te mettre dans ton monde, autour, plus rien n'a de prise sur toi. Je me rappelle encore de cette fois où je te parlais horaires de train dans ton bureau, et où tu m'as superbement ignoré!

- Euh peut être …

- Et après, tu fais ce petit geste. Tu te tapotes le front avec les doigts de la main droite. Au début, je t'avoue, je me suis demandé ce que tu fabriquais. Mais bon, j'ai bien vite remarqué qu'à chaque fois que tu faisais ça, tu avais une super idée. Je me suis donc mis à guetter ce moment! Puis, ça me fait toujours autant rire.

- Bah, toi t'es pas mieux! Quand Monsieur a une idée, il fait les cent pas dans le bureau. Tu tournes comme un animal en cage. De ton bureau au tableau, du tableau au bureau de Chrystelle et enfin, tu viens te poster devant moi.

- Démasqué votre honneur, je plaide coupable.

- Tu vois, tu n'es pas le seul à observer les autres! Bon, après il faut dire, que le sujet n'est pas désagréable à regarder… minauda Candice. Bon, on fait quoimar…

Candice n'eut pas le temps de terminer sa phrase, qu'un Antoine pressé la prit par la main pour l'obliger à se lever.

- On va faire des courses, là maintenant!

- Antoine… Tu sais très bien que ce n'est pas de ça que je voulais parler…

- Candice, profite de notre week end! Mardi arrivera bien assez vite… On est tous les deux, dans notre bulle. Ici, on peut montrer à toute la Provence qu'on s'aime. Autant en profiter non? sourit le capitaine.

- Tu n'as pas tort… Tu m'emmènes où alors?

- Je connais un petit producteur dans le coin, tu m'en diras des nouvelles! En selle commandante!»

Ils roulèrent une petite demi-heure à travers les champs de lavande, traversant de petits villages pittoresques. Candice, toujours fermement accrochée à l'homme qu'elle aimait. Bien qu'habitant à Sète depuis 3 ans, Candice ne s'était jamais aventurée dans cette région. Région qui n'était qu'à quelques heures de chez elle… Mais bon, entre les enfants et son job, les vacances se faisaient rare. Alors comme le disait Antoine, autant profiter de ce week end!

Candice et Antoine, ou plutôt Tonio ici, avaient fait une véritable razzia de produits locaux pour leur week end. Il faut dire que tout donnait envie chez l'ami d'Antoine. Candice avait dû réfréner sa gourmandise pour ne pas tout goûter! Elle avait eu un véritable coup de cœur pour les différentes tapenades. Généreuse, elle en avait pris pour ses enfants, mais aussi ses amis JB, Chrystelle et Pascale. Huuuum, et pour elle aussi…


«Je vais prendre une douche, je ne serai pas longue! l'avertit Candice.

- Pas de soucis, je commence à préparer !»

45 minutes plus tard, Candice redescendit dans le jardin, changée et apprêtée. Elle portait une jolie robe violette, dos nu, agrémentée d'une accumulation de petits colliers en or. Une manchette bleue et de délicates boucles d'oreille venaient compléter l'ensemble. Ses cheveux, quant à eux étaient libres, bouclés et volumineux. Un vent de liberté soufflant ce week end, elle avait décidé de laisser ses cheveux au naturel. Enfin, elle décida de ne pas s'embêter avec des talons et de laisser ses pieds nus.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle arriva sur la terrasse. Antoine avait dressé une jolie table avec des bougies, bougies qui faisaient écho au braseros qui brûlaient dans un coin. Des fleurs fraiches du jardin avaient été cueillies et disposées dans un grand vase qui trônait au centre de la table. Une guirlande lumineuse parachevait l'ensemble. On aurait dit une centaine d'étoiles d'or qui s'étaient mises à briller dans le ciel, au-dessus d'eux.

«J'ai commencé à faire cuire les grillades! dit Antoine.

- Antoine… Je suis sans voix… C'est magnifique! répondit Candice, profondément émue par la surprise d'Antoine.

- Candice Renoir, sans voix! Wahou, j'ai jamais vu ça! rigola Antoine.

- Mais quand as-tu eu le temps de faire tout ça?

- Ben… J'avais déjà préparé quelques trucs et puis… tu es restée un moment sous la douche!

- Désolée… répondit Candice gênée.

- Mais ce n'était pas un reproche hein! Tu es très belle Candice. J'aime beaucoup quand tu laisses tes cheveux libres.

- Merci! sourit Candice. Dis-moi ce que je peux faire pour t'aider!

- Et bien, si tu nous servais à boire pendant que je vais jeter un œil au barbecue?

- Très bien, c'est dans mes cordes!»

Ils étaient tous les deux en train de trinquer à leur week end en amoureux, quand Candice sorti un paquet de derrière son dos. Chez le petit producteur, Candice n'avait pas fait que manger de la tapenade. Elle s'était absentée quelques instants, intriguée. Dans un coin du local, un petit stand présentait de jolis bijoux. Toujours avide de nouveaux achats, ce ne fut pourtant pas les bijoux femme qui l'intéressait. Mais plutôt les délicats bracelets en cuir homme. Elle craqua immédiatement sur le bracelet deux tours bleu avec le fermoir en argent.

«C'est pour toi! dit Candice en lui tendant le paquet.

- Mais qu'est-ce que c'est? demanda Antoine surpris.

- Bah, c'est le principe d'un paquet cadeau, il faut l'ouvrir pour savoir ce qu'il y a dedans!

- Non sans blague ? Non, je veux dire, c'est pour quelle occasion?

- Antoine, tu rends ce week end tellement magnifique, que je voulais te remercier.

- Mais Candice, tu n'étais pas obligée! T'avoir ici, c'est déjà précieux pour moi.

- Allez ouvre!

- Oh, il est magnifique Candice! répondit Antoine en ouvrant le paquet. Tu m'aides à le mettre?

- Comme ça … quand on ne sera pas ensemble, ou quand on ne pourra pas se toucher, je serai avec toi quand même! Quand à la BSU, on sera obligé de garder nos distances, sache que grâce à ce bracelet, ton esprit te ramènera ici. Ici, avec moi. Ici, où on est libre.

- Tu sais que je n'ai pas besoin de bracelet pour penser à toi hein! Mais j'aime beaucoup la symbolique!

- Je t'en prie mon chéri!

- Mon chéri? sourit Antoine.

- Si tu veux, je t'appelle Tonio hein!

- Non non, mon chéri, c'est très bien ! Je t'aime Candice ! »