21. Un Noël de révélation
Les éléments en italique sont des répliques reprises directement du livre "Harry Potter et Le prisonnier d'Azkaban" de J.K. Rowling
Une fois dans le train pour rentrer chez lui, Harry ne dit plus un mot. Drago, Millicent et Sofia comprennent le silence de leur ami et pourquoi il ne souhaite pas communiquer. Tout son corps crie qu'il réfléchit à toute allure. Hermione quant à elle ne supporte pas que son ami refuse de se confier. Pendant la première heure de trajet, elle tente de lui arracher quelques mots, mais rien à faire. Harry a eu l'habitude de se taire.
— Harry, tu veux bien qu'on parle de ce qu'il s'est passé hier ? demande pour la troisième fois Hermione. Drago lève les yeux au ciel et se réfugie derrière son livre, fatigué de faire face à un Harry aussi froid et stoïque.
— Est-ce que tu étais déjà au courant de tout ça, demande-t-elle la jolie gryffondor en croisant les bras, frustrée.
Epuisée par le silence de son ami, elle décide d'aller rejoindre Ginny dans le compartiment qu'elle partage avec Luna, une jeune serdaigle. Neville la suit rapidement après avoir souri aux occupants du compartiment.
— Est-ce que tu as eu le temps, demande soudainement Harry, à la moitié du trajet. Le regard tourné vers le paysage qui défile à sa gauche, il regarde dans le vide, songeur.
— Non, mais nous chercherons à la maison, promet Sofia en comprenant que la question lui est adressée. Elle baisse le journal qu'elle tient dans ses mains et regarde avec compassion son ami, qu'elle considère comme un frère.
— Pourquoi chercher ce journal exactement, demande Millicent en jouant avec un rubis cube.
Comprenant qu'une fois de plus, Harry ne répondrai pas, c'est Sofia qui prend la parole.
— Si dans le journal il est noté que Harry est à Poudlard, cela signifie que c'est la raison pour laquelle Black s'est enfui.
— Si il n'y est pas mentionné, alors il n'est peut-être pas là pour Harry, continue Drago, après avoir rangé son livre et croisé les bras sur sa poitrine.
— Mais… Il peut savoir avec simplement la date, que Harry est à Poudlard, intervient Millicent. Enfin, c'est ton parrain, il devrait savoir quand tu es né, non ?
Sofia et Drago se lancent un regard, complètement en accord avec la jeune fille. Harry ne répond pas, toujours les yeux fixés sur le paysage qui défile à l'extérieur.
— Je ne sais pas, murmura Harry, je veux juste des réponses.
— Je sais, chuchote sa meilleure amie en posant sa tête dans le creux de son cou. Elle ferme les yeux et respire calmement, espérant que cela permettrait à Harry de ne pas trop cogiter.
Une fois à la gare, Harry ne se fait pas prier. Une fois qu'il a dit au revoir à chacun de ses amis, il trouve Sofia et ensemble ils foncent dans le côté moldu de la gare pour aller retrouver leurs tutrices.
— Harry !
Ce n'est qu'une fois dans les bras de Marlène que Harry s'autorise à prendre une grande bouffée d'air. Il respire lentement le parfum subtil de la vanille de sa tutrice et cela le calme. Il ferme les yeux quelques secondes pour profiter du moment, collé contre le corps chaud de sa presque mère. Les bras de la jeune femme autour de lui lui donne un sentiment profond de sécurité. Celui-ci lui donne envie de dormir, car il sait qu'il est protégé. Lorsqu'il se sépare d'elle, Harry remarque immédiatement que ses cheveux ont bien poussé durant les derniers mois. Ils atteignent désormais ses clavicules en mèches désordonnées, ce qui donne plus de caractère à son visage. Son regard vert clair ne change pas en revanche, ce qui rassure le garçon.
— Rentrons à la maison, annonce Marlène en entourant d'un bras les épaules de Harry.
En arrivant à Tufton Road, Harry observe sa maison et se surprend à penser qu'il est réellement chez lui. Il habite là tout autant que les autres habitants. Il sourit puis sort de la voiture et va prendre ses affaires pour les ranger dans ses placards et son armoire. Il a désormais des T-shirts corrects, plus de vêtements troués ou trop grands. Une nouvelle vie, celle dont il a rêvé pendant onze longues années, lui est enfin offerte.
— Chocolat chaud, couvertures et feu de bois, annonce Marlène en sortant de la voiture.
— Parfait, sourit Harry en reconnaissant l'une des premières phrases qu'elle lui avait dite. Le soir même, la petite famille se retrouve devant la cheminée de la maison.
Mary prépare un thé, tandis que les trois autres sont bien décidés à engloutir un bon chocolat chaud avec beaucoup de crème et des mini-marshmallows. Malène et Mary sont assises sur le canapé deux places aux motifs démodés tandis que Harry et Sofia sont tous deux assis en tailleur sur le sol, profitant de la chaleur de l'âtre qui se trouve devant eux. Dans la cheminée, un feu crépite joyeusement, provoquant des jeux de lumière magnifique sur le papier peint bleu pâle de la pièce à vivre. Dans la pièce, les rires fusent et la joie se répand comme une poudre magique, rendant le cœur des membres de cette famille en joie. Marlène est en train de raconter une anecdote de ses années à Poudlard, Harry et Sofia pendus à ses lèvres.
— Et là, termine Marlène en riant, retenant à peine son souffle, figurez-vous que ce bon vieux Filch me tombe dessus alors que je m'apprêtais à jeter un sort de lévitation sur son balai !
— Et il t'a attrapée, alors, demande Harry, un sourire malicieux sur les lèvres.
Feignant l'innocence, Marlène fait la moue et relève la tête.
— Pas tout à fait. J'ai réussi à lui faire croire que c'était Peeves. On l'entendait encore râler trois jours après !
Tous éclatent de rire, y compris Sofia, qui secoue la tête avec une admiration amusée. Elle n'a jamais entendu Marlène raconter cette histoire avant, et la perspective de la voir en trouble-fête la fascine. La grande brune est surtout connue pour son sang froid et son pragmatisme ! La voir sous ce jour taquin la rend heureuse.
— Je me demande bien combien d'heures de retenue tu as pu écoper durant toutes tes années à Poudlard, se demande Mary en tournant son regard vers son amie, les yeux brillants. Marlène éclate de rire avant d'essayer de compter… mais elle abandonne rapidement et balaye l'air qui se trouve devant elle comme pour chasser la question.
— Oh, trop pour les compter ! Et toi, Mary, tu n'as jamais rien fait de répréhensible pendant nos années à l'école ?
— Moi, s'étonne Mary en remplaçant ses long cheveux blond derrière son épaule, l'air innocent. Jamais ! Une parfaite préfète, voyons !
Harry et Sofia échangent un regard complice ; il est difficile d'imaginer Mary en faiseuse de bêtises, mais ils devinent qu'elle cache peut-être quelques secrets bien gardés, tout comme son amie. En voyant leurs sourires sceptiques, Mary éclate de rire.
— Bon, d'accord, avoue la blonde en levant les yeux au ciel, il y a bien eu cette fois où…
Elle leur raconte une histoire où elle a discrètement glissé une potion de vérité dans le thé de quelqu'un qui se vantait un peu trop de ses exploits en duel, déclenchant des révélations embarrassantes qui avaient fait rire toute la classe pendant des jours. Les rires éclatent de nouveau, et Harry se détend un peu plus. Assis entre ces deux femmes qui lui ont offert une maison et une famille, il se sent comblé.
— Ça me rappelle la fois où moi, Millicent et Drago avons réussi à détourner un livre dans la bibliothèque sans que Madame Pince ne se rende compte… enfin, presque, ajoute-t-il avec un petit sourire malicieux.
Sofia se penche un peu en avant, intriguée des différentes bêtises que son ami a faites avec ses deux acolytes avant qu'il ne la connaisse.
— Oh, je suis sûre que c'était digne d'un vrai casse, assure-t-elle en ricanant.
Ils rient ensemble, et même Marlène et Mary échangent un regard complice en entendant les récits rocambolesques des enfants. Marlène, d'un geste affectueux, passe une main dans les cheveux d'Harry, tandis que Mary sourit en voyant l'éclat dans les yeux de Sofia.
— Vous faites vraiment la paire, tous les deux. Poudlard ne sait pas ce qui l'attend avec vous, affirme Mary avec douceur en regardant avec amour les deux adolescents.
Ensemble, ils passent la soirée à rigoler et se raconter les derniers mois qu'ils ont passés loins les uns des autres et jouer à des jeux de société moldus. Sofia ne verse pas une seule larme en annonçant qu' elle et son petit ami ont rompu. Lorsque Mary s'en inquiète, elle hausse les épaules.
— C'est un idiot, il ne sait pas ce qu'il perd, annonce Harry en angloutissant un petit four.
— Véridique, confirme Mary en posant sa tasse de thé sur la table pour attraper la main de sa fille, tu trouvera la bonne personne bien assez vite, ajoute-elle plus doucement.
La fin de soirée est magnifique et Harry est heureux. Pendant plus de deux heures, il a décoré la maison de guirlandes, de bougies et a même aidé à dresser un sapin au milieu du salon. Dans un coin de sa tête, il sait qu'il doit parler de sa découverte à ses tantes. Pourtant, les sourires sur leurs visages et leurs rires l'en empêchent. Bien décidé à leur offrir un noël magique, il décide de garder pour lui ce qu'il a vu sur la carte du maraudeur.
Les jours passent trop rapidement au goût de Harry. Le matin de Noël, Mary doit partir en urgence à St Mangouste, car le personnel a besoin d'aide suite à un grave accident. Marlène est partie plus tôt dans la journée pour aller travailler et ne reviendra que bien plus tard dans la soirée. Harry et Sofia se retrouvent pour la première fois seuls dans la maison.
— Sofia, il faut que je te montre quelque chose. Mais ça reste entre nous, d'accord ? Pas un mot avant que Mary et Marlène soient de retour, souffle Harry à son amie.
Elle hausse les sourcils mais se rend attentive. L'expression de Harry ne lui plait pas.
— Pourquoi tu chuchotes, demande la jeune fille.
— Je sais pas, avoue Harry en souriant.
Ensemble, ils se rendent dans la chambre de Harry. Là Sofia attend debout en regardant Harry fouiller dans sa malle. Lorsqu'il brandit fierement un morceau de parchemin jaune dans les mains, elle plisse les yeux et secoue la tête. Il la pose sur le lit et indique à Sofia de s'approcher.
— Tu dois me promettre de n'en parler à personne !
Sofia lève les sourcils, inquiète, mais hoche la tête.
— Promis.
— Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, récite le survivant en pointant sa baguette sur le parchemin vierge. Harry regarde le visage de Sofia se décomposer. Il sourit et attend qu'elle ait une réaction orale avant de continuer.
— Ho. Mon. Dieu ! Par le caleçon de Merlin c'est une carte de Poudlard, s'exclame la jeune fille en ouvrant des yeux grands comme des soucoupes.
— C'est pas tout, ricane Harry en attendant qu'elle comprenne ce qu'il y a écrit dessus. Lorsqu'elle pousse un cri aigu, Harry sursaute puis commence à rigoler avant de se passer une main dans les cheveux.
— C'est la carte des Maraudeurs, c'est la carte hurle Sofia en posant ses mains de part et d'autre du bout de parchemin. Elle le prend doucement, comme s'il risquait de se casser et va s'asseoir sur le lit de Harry.
— Il faut que tu la montres à Mary et Marlène, dit-elle plus doucement en observant la carte avec émerveillement et fascination. Ses yeux brillent et parcourent la carte rapidement, comme pour tout observer en même temps.
— Justement. Harry prend un air plus sérieux et attrape la carte pour la poser sur son bureau. Sofia le suit, ne voulant pas perdre une miette de l'instant. Dans des gestes sur, Harry ouvre le parchemin sur la tour de gryffondor. Ce qu'il cherche ne s'y trouve pas, alors il continue de fouiller. Une fois sur la grande salle, il pointe du doigt un point précis.
— Regarde.
— Peter Peti… Non.
Immédiatement, Sofia se lève, pose la carte sur le lit de son frère et recule. Elle n'a plus du tout envie de rire et regarde son frère d'un air sévère qui ne lui ressemble pas.
— Il est mort, indique-t-elle en haussant les sourcils et insistant sur le dernier mot. Elle croise les bras et reste comme ça au centre de la pièce, interdite. Le visage marqué par l'incompréhension et la méfiance, elle s'éloigne autant de son frère que de la carte.
— Je sais bien, mais Marlène m'a dit que la carte ne ment jamais, explique Harry en s'asseyant sur sa chaise.
— Il est mort, re-dit la métisse, campant sur ses positions, les sourcils et le nez froncé.
— Je sais. Mais la carte montre qu'il est là, bien vivant. Je ne comprends pas pourquoi ou comment, mais je suis sûr que c'est lui.
L'air inquiet mais résigné, Sofia s'avance et regarde une nouvelle fois le nom de Peter comme pour s'assurer que c'est bien réel. Elle prend une grande respiration et ferme les yeux. les bras toujours serrés contre son buste. Un petit silence s'installe avant que la jeune fille ne se décide à parler.
— Ça ne peut pas rester entre nous, Harry. C'est trop important. Mary et Marlène doivent le savoir… et le professeur Lupin aussi. S'ils découvrent que Peter est vivant, ça pourrait tout changer.
C'est au tour de Harry d'avoir un mouvement de recul. Le visage méfiant, il avale sa salive et réfléchis plusieurs secondes avant de répondre lentement.
— Je ne veux pas en parler à n'importe qui. Mais… je pense qu'ils ont le droit de savoir. Et ils comprendront mieux que nous.
Avec un petit sourire, Sofia hoche la tête pour confirmer à son ami qu'il prend la bonne décision. Ils échangent un regard complice, bien décidé à gérer cette information avec prudence. Le cœur rempli d'excitation mais également d'angoisse, Harry replie soigneusement la carte et murmure dans un souffle la phrase pour la cacher aux yeux de tous. La boule qu'il avait avant d'en parler à Sofia est légèrement moins lourde dans son ventre, mais le simple fait de devoir en parler à Marlène le stress. Il a peur des conséquences, de ce que cette révélation pourrait engendrer.
— Merci de m'avoir montré ça, sourit Sofia en posant sa main sur l'avant bras du garçon. On va s'en occuper ensemble, d'accord ? Je suis avec toi.
Harry souffle de soulagement et rend son sourire à la fille.
— Merci, Sofia.
Pendant quelques instants, ils restent simplement à profiter de la présence de l'autre. Puis soudain, la porte de la maison s'ouvre et la voix de Mary retentit.
— Je suis rentrée !
— Il faut qu'on lui dise, dit Sofia en voulant s'emparer de la carte pour descendre de l'étage.
— Non, Marlène doit aussi savoir, affirme Harry en la cachant dans son dos.
Ils s'affrontent du regard pendant quelques secondes avant que Sofia ne capitule.
— C'est d'accord, mais demain.
Harry sourit, heureux qu'elle ait suivi le cheminement de pensées que lui. Leurs tantes ont le droit de passer un noël heureux avant de devoir gérer Peter Pettigrow. Sofia hoche la tête et indique d'une main à Harry de ranger la carte avant de se sauver. Le garçon qui a survécu la suit à l'étage inférieur pour aller dire bonjour à Mary.
— Mon dieu, s'exclame Mary en s'affalant sur un sofa, il faut vraiment que les gens arrêtent de se désartibuler, c'est sanglant !
— C'était pas trop difficile, demande Sofia en lui offrant un verre d'eau. Sa tutrice la remercie d'un sourire, se redresse, et l'avale d'une traite.
— Ce qui était difficile, c'est gérer les premières années qui s'évanouissent à la vue du sang, se plaint-elle en levant les yeux au ciel.
— Vivement que tu ais ta promotion, indique Harry en se rappelant qu'elle aurait bientôt une entrevue avec son chef.
— Ho que oui, s'exclame Mary et éclatant de rire.
Lorsque Marlène rentre à la maison, il est déjà vingt heures trente. Lorsqu'elle ouvre la porte et annonce qu'elle est là, Harry se précipite vers elle et lui prend le bras pour l'entraîner vers la cuisine.
— Bonsoir à toi aussi, rigole doucement la brune en se laissant porter.
— Joyeux Noël, annoncent en criant Mary, Sofia et Harry, devant une cuisine entièrement décorée, un rôti encore chaud sur la table.
Marlène porte ses mains devant sa bouche et ouvre de grands yeux en réalisant que ses trois personnes préférées ont travaillé presque tout l'après midi pour lui offrir un souper de reine. Elle les remercie chaleureusement, prend Mary dans ses bras, embrasse Sofia sur la joue et entoure Harry d'un bras pour le presser contre elle tout en observant la décoration.
— Tout est parfait, souffle-t-elle avant d'embrasser le haut de crâne de Harry et de le pousser vers la table pour prendre place.
Aucun sujet fâcheux ne vient gâcher le repas. Le rire et la bonne humeur des quatre sorciers et sorcières se font entendre dans tout le quartier. Une fois le repas terminé, tout le monde est complètement rassasié. Sofia va au congélateur et attrape des pots de glaces qu'elle va poser sur la table du salon, des biscuits apportés par Harry, et des cuillères. Mary enclenche le film de Noël qu'elle et Sofia ont choisi pour eux quatre et tout le monde se pelote les uns contre les autres tout en mangeant de la glace. Coincé entre Sofia et Marlène, Harry n'arrive pas à s'arrêter de sourire. Il a trouvé sa place.
Lorsque le générique de fin apparaît et que la musique de fin emplit la pièce, Sofia saute sur ses pieds.
— Les cadeaux, s'écria-t-elle en allant chercher les différents paquets qui se trouvent sous le sapin.
— Un à la fois ma puce, rigole Mary, attendrie par la joie de sa protégée.
— Celui-ci est pour Marlène, et lui pour toi, Mary, indique Sofia en attrapant des paquets entourés de paquets cadeaux rouge vif, Et là c'est pour moi !
— C'est de ma part, annonce Harry rougissant.
Les deux femmes lui sourient avec amour puis s'emploient à déchirer leurs paquets. Mary vient embrasser Harry après avoir découvert qu'il lui offre les bottines qu'elle lui avait dit adorer dans un magazines.
— Tu ne pouvais pas tomber mieux, je les adorais, assure la blonde après lui avoir embrassé tendrement le front.
Marlène sent son souffle se couper en ouvrant la petite boîte qui contient son cadeau.
— Harry mon dieu. Une main tenant la boîte et l'autre devant la bouche, Marlène tente de se retenir de pleurer. Entre ses doigts se trouve le bracelet le plus joli qu'elle n'ai jamais vu. Il est argenté, avec des petites pierres vertes incrustées à une distance régulière tout du long. De petites gravures fines en arbaresques semblent danser entre chaque pierre, rendant l'ensemble gracieux et élégant.
— Tu aimes, demande Harry dans un souffle.
— Si j'aime ? Harry, c'est incroyable, merci, dit-elle en s'approchant de son fils pour le prendre dans ses bras. Pendant de longues secondes, Harry ferme les yeux et profite du moment intime qu'il partage avec sa tutrice. Juste avant de le lâcher, elle lui murmure à l'oreille combien elle l'aime. Harry rougit et baisse les yeux, touché.
—- Harry, merci beaucoup, s'exclame Sofia en lui sautant au cou à son tour. Par terre devant la place de la jeune fille se trouve une carte du ciel nocturne, enchantée. Elle montre les constellations en temps réel. La carte s'illumine et projette des motifs célestes lorsqu'elle est ouverte.
— J'ai tapé dans le mille, dit Harry en rigolant, entourant la taille file de Sofia pour la rattraper. Il la serre quelques secondes dans ses bras avant de la relâcher. Elle retourne immédiatement devant son nouveau cadeau et l'ouvre, pressée de découvrir ce qu'il lui réserve.
— On a aussi des petits quelque chose pour toi, Harry, annonce Mary en se levant. Elle se lève et attrape deux paquets enveloppés dans du papier vert.
— Merci ! Harry les reçoit volontiers et ouvre le premier qui lui est offert par Mary et Marlène.
Sans surprise, il s'agit une fois de plus d'un cadeau extraordinaire. La boussole qui se trouve devant lui est ensorcelée, il le sent dans sa magie. Il se tourne vers ses tantes, l'air interrogateur. Pourquoi se sent-il aussi apaisé en touchant la boussole ?
— C'est notre magie chéri, lui explique Mary en souriant.
— Nous avons travaillé dessus pour que lorsque tu penses fort à une personne, la boussole indique dans quelle direction elle se trouve. Il faut que la personne se trouve dans un certain rayon, sinon elle tourne simplement sur elle-même, lui explique Marlène
— Le rayon est d'environ une quinzaine de kilomètres, donc tu as déjà une bonne marge, termina Mary.
Une fois de plus, Harry embrasse Marlène puis va faire une étreinte à Mary pour la remercier également. Il regarde sa nouvelle boussole flambant neuve. Elle est de la taille de la paume d'une main, façonnée dans un métal ancien, un laiton patiné qui dégage un charme d'époque, robuste mais élégant. Elle est circulaire, avec un couvercle à charnière finement gravé de motifs ondulants rappelant des vagues et des étoiles. Au centre de la couverture, le symbole d'un petit serpent entrelacé autour d'une étoile gravée ajoute une touche personnelle. Il sourit en comprenant qu'elles l'ont gravé pour son affiliation à Serpentard.
Le garçon n'entend pas Sofia ouvrir ses cadeaux. Il clique sur un petit bouton qui se trouve sur le haut du cadran et ouvre ainsi la boussole. À l'intérieur, elle révèle un cadran finement travaillé. Les points cardinaux y sont marqués, mais des runes gravées en argent et des constellations y apparaissent aussi. Une minuscule rose des vents enchâssée en émeraude se trouve au centre.
— Regarde, les rebords de la boussole sont gravés de symboles de protection, que nous avons choisis spécifiquement pour leur puissance. Un petit bouton latéral permet de désactiver la boussole et de la remettre en position neutre, chuchote Marlène tout en indiquant du doigt la chose.
— Elle est magnifique en plus d'être extraordinaire, merci beaucoup, chochotte Harry tout en ne lâchant pas du regard la boussole qu'il a désormais refermée.
— Harry ? Le garçon relève la tête en entendant la voix de Sofia l'interpeller. J'ai aussi un cadeau pour toi.
Le survivant accepte le présent et le prend à deux main pour le poser sur ses jambes croisées en tailleur. C'est une toute petite boîte que trouve Harry une fois qu'il a enlevé le papier cadeau. Dans un magnifique petit écrin noir, il trouve un pendentif.
— Je l'ai enchanté moi-même, intervient fièrement la jeune fille. Il peut émettre une faible vibration ou une lueur bleue dès que quelqu'un de potentiellement dangereux ou malveillant s'approche de toi !
Le talisman est finement ciselé en forme de croissant de lune, avec des bords lisses et légèrement incurvés qui capturent la lumière. Il est fait d'argent bleuté, conférant une lueur douce et mystérieuse qui rappelle le ciel étoilé à Harry. De minuscules gravures de motifs astraux sont incrustées dans le métal.
Au centre de la lune se trouve une petite pierre précieuse, une opale bleue, qui diffuse une légère lumière. La pierre, enchâssée de manière à rester discrète, est le cœur de l'enchantement. Une chaîne argentée, simple mais élégante, retient le pendentif, le plaçant à hauteur de poitrine pour être à la fois facilement accessible et dissimulable sous les vêtements de Harry.
— C'est magnifique Sofia, merci beaucoup, s'époumone Harry en allant prendre sa sœur dans ses bras. Aussitôt qu'il a terminé de la remercier, il passe le porte-bonheur autour de son cou et sourit. Il est parfait. Harry se promet de ne l'enlever qu'en absolue nécessité.
Une fois les autres cadeaux échangés, tout le monde se dit bonne nuit. Ce n'est qu'aux alentours de deux heures du matin que Harry est enfin dans son lit, un grand sourire aux lèvres et la tête pleine de bons souvenirs. Il ne pense plus à Sirius Black et à Peter Pettigrow. Pour le moment et pour cette nuit, seule sa famille compte pour lui.
Le lendemain matin, Harry ouvre les yeux à dix heures environ. Il se frotte les yeux et prend doucement ses lunettes qui sont sur sa table de nuit. Il lance un regard en direction de la fenêtre et sourit en remarquant que la neige tombe à gros flocons. Comme pour être certain que la soirée de la veille n'était pas un rêve, Harry prend entre ses doigts la boussole que Mary et Marlène ont enchantées pour lui. Il caresse du bout du doigts le serpent d'argent qui se trouve sur le devant. En la posant sur sa table de nuit, il prend l'écrin dans lequel il a laissé le cadeau de Sofia. Il l'ouvre et soulève délicatement la chaîne qui retient son nouveau porte-bonheur. Le coeur et l'esprit en joie, il repose le cadeau et saute de son lit pour s'habiller et aller manger son petit déjeuner. Harry descend les escaliers et sourit une nouvelle fois en sentant l'odeur de cacao qui se répand dans l'air de ce matin de Noël. Dans la cuisine, il trouve Sofia en train de se préparer un chocolat chaud et des tartines. En regardant plus loin, il se rend compte que Mary et Marlène sont déjà levées. Les deux protectrices sont assises dans leurs fauteuils, entourées de couvertures. Elles ont les pieds sur la table basse du salon et discutent tranquillement, des cafés dans les mains. Devant ce spectacle, Harry soupire d'aise et s'approche de Sofia pour se préparer quelque chose à manger. Il se verse un verre de lait et beurre quelques tartines avant de rejoindre les trois filles dans le salon.
Lorsque son regard croise celui de Sofia, qui s'est également installée autour de la table basse, le cœur de Harry fait un bond. Il doit parler de la carte. Maintenant. Sinon il ne le fera probablement jamais. Nerveux, il boit une gorgée de lait et observe ses tantes. Elles ont l'air si heureuses, pourquoi gâcher ce bonheur ? Pourtant le regard que Sofia lui lance veut tout dire. Il doit leur en parler. Même si ce n'est que par respect. Harry prend une grande respiration avant de prendre dans sa poche arrière la carte du maraudeur. Lorsqu'il se baisse pour la poser sur la table, Mary et Marlène enlèvent leurs pieds et s'avancent, intriguées.
— Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, récite-t-il en pointant pour la deuxième fois en deux jours sa baguette sur la carte.
Les visages des deux femmes se teintent immédiatement de nostalgie en voyant les différents couloirs prendre formes, et les noms prendre place. Marlène lève un regard reconnaissant vers Harry, mais se heurte à un visage sérieux de sa part. Celle-ci se fige et perd son sourire.
— Harry, que se passe-t-il ?
— Il se passe ça, dit simplement le garçon en pointant du doigt un nom dans la grande salle.
Le teint de Mary devient livide et elle se recule sur le canapé. Un mélange de joie, puis d'incompréhension puis de tristesse viennent en même temps sur son visage tandis qu'elle essaie de comprendre ce qu'il se passe. L'angoisse commence à monter dans sa gorge et des larmes se forment aux coins de ses yeux. Marlène, elle, reste les yeux rivés sur le nom de Peter Pettigrow qui se balade autour de la table des Gryffondor. Ses mains sont crispées sur le bord de sa tasse, le regard fixé sur le nom de Peter, et l'incrédulité se mêle à une profonde douleur. Son visage devient un peu plus blanc lorsqu'elle comprend réellement ce que signifie le nom de son ancien ami sur la carte.
Ne prévoyant pas du tout ce genre de réaction, Harry commence à paniquer. Mary ne semble plus être elle-même, trop choquée pour dire quoi que ce soit, tandis que Marlène ne dit rien, fixant toujours le prénom de son ancien camarade. Il regarde une à une les deux femme et discrètement, commence par s'excuser.
— Je… je ne savais pas vraiment comment vous le dire, alors j'ai pensé que vous montrez la carte serait plus simple.
Sofia reste proche de Mary et fait des ronds avec sa main dans son dos. Le regard inquiet elle aussi, prend à son tour la parole d'une voix douce pour ne pas laisser son ami seul.
— On voulait que vous le sachiez… parce que ça pourrait être important.
Le ton déterminé de la voix de Sofia rend un peu de sa force à Harry. Un silence pesant s'installe. Bien que difficiles pour les deux plus jeunes, les deux femmes semblent en avoir besoin. Lorsque Marlène quitte enfin la carte du regard, c'est pour se tourner vers Mary. Elle fait un signe de tête à Sofia pour qu'elle se décale légèrement et vient enlacer d'un bras son ami pour la soutenir.
— Peter… il était notre ami, annonce Marlène d'une voix cassée. C'est impossible qu'il soit encore en vie. S'il… s'il l'est, pourquoi ne s'est-il pas manifesté ?
Dans sa voix, Harry entend un mélange de tristesse et de colère. La détresse qui en ressort touche en plein cœur le survivant. Il n'a qu'une envie, courir vers celle qui a été son soutien ces deux dernières années et la secouer pour lui rendre sa joie et sa dynamique. Tout cela semble avoir quitté le corps de celle qui l'a adopté. Mais la douleur qu'il lit dans les yeux de Marlène le transperce. Pendant un instant, il comprend que le lien entre le groupe de ses parents et de ces autres personnes est particulièrement fort. Marlène prend une inspiration pour se calmer puis dit d'une voix plus posée :
— Si Peter est en vie, cela signifie qu'il y a bien plus de choses que nous ignorons… et que nous devrions être prudents. Merci de nous en avoir parlé, vous deux.
Le regard grave que la brune lui lance donne un frisson à Harry. Pas même alors qu'un basilic se baladait dans le château où il résidait, Marlène n'avait l'air aussi inquiète et grave. Dans un murmure, Mary brise le nouveau silence qui s'est installé.
— Merci de nous avoir fait confiance
Comprenant que les deux amies ont besoin de se retrouver et de parler seules à seules, Harry et Sofia montent dans leur chambre assez rapidement. Pendant de longues minutes, Harry se demande si c'était une si bonne idée de se confier autant aux deux sorcières. Il n'a pas le temps de cogiter très longtemps car deux hiboux arrivent à sa fenêtre pratiquement en même temps. Curieux, Harry ouvre sa vitre et laisse entrer les deux oiseaux pour ne pas les laisser aux froids. Il leur donne quelques graines à grignoter puis attrape les deux paquets qu'ils traînent derrière eux. Installés sur son lit, les deux oiseaux ne semblent pas vouloir repartir immédiatement.
Le premier carton qu'il ouvre contient un étui qui semble fait pour les lettre est également déposée sur le côté. Harry sourit en reconnaissant sans le moindre doute l'écriture aristocratique de son meilleur ami, Drago Malefoy.
"Cher Harry,
J'ai réfléchi à ce que je pourrais t'offrir qui soit vraiment utile, surtout vu les ennuis que tu sembles attirer. Ce coffret contient quelques potions que j'ai préparées, que j'espère tu n'auras pas à utiliser, mais qui pourraient te servir si jamais… enfin, tu sais.
Dans le flacon rouge, tu trouveras une potion de force, à n'utiliser que si vraiment nécessaire – elle ne dure qu'une heure, mais elle est puissante. Le bleu est une potion de rapidité ; elle peut t'aider à réagir rapidement si tu es pris au dépourvu. Enfin, le vert est une potion de courage… je doute que tu en aies besoin, mais elle renforce la volonté et l'assurance. Peut-être utile dans les moments… délicats ?
Essaye de ne pas faire exploser quoi que ce soit avec, et prends soin de toi. C'est surtout ça le message ici.
Amicalement,
Drago"
Harry sort délicatement le cadeau. Il s'agit un étui de cuir noir, souple mais robuste, orné d'un fermoir en argent en forme de serpent. Le cuir est gravé de motifs subtils représentant des herbes et des plantes magiques, ajoutant une touche élégante et discrète au nécessaire. À l'intérieur, le coffret est doublé d'un velours vert foncé, apportant un contraste riche et rappelant les couleurs de Serpentard.
Harry sourit et ouvre l'étui. Il y trouve effectivement les trois fioles que son ami lui a promises dans sa lettre. Impressionné par les compétences de potionniste de son ami, il décide de prêter attention à ce que le deuxième hibou a apporté. Il s'agit d'une simple enveloppe avec écrit Harry en patte de mouche sur le dessus. Il lève les yeux au ciel et se rappelant avoir dit maintes fois à Millicent d'améliorer son écriture. Il l'ouvre et voit qu'il y a une lettre à l'intérieur, accompagnée d'un marque page. Le garçon à la cicatrice attrape la lettre en premier lieu, pressé de savoir comment va sa meilleure amie.
"Salut Harry,
Je sais que tu aimes passer du temps à bouquiner – et vu tout ce que tu lis, je suis certaine que ce marque-page te sera utile. Il ne se contente pas de marquer la page ; il mémorise aussi exactement où tu t'es arrêté, même si tu fais une pause. Et il te chuchote de petites phrases d'encouragement chaque fois que tu le reprendras. Les Serdaigle l'adoreraient, je pense !
Et puis, ce n'est pas que pour les cours. J'espère qu'il t'aidera aussi dans tout ce que tu as encore à découvrir et à comprendre. Qui sait, il te portera peut-être chance.
Bonnes lectures – et sois prudent.
Amitiés,
Millicent"
Harry pose la lettre précisément sur celle de Drago et sort le fameux marque page de l'enveloppe. Il s'agit d'une fine bande de cuir souple, d'un brun foncé, presque noir, légèrement texturé. Sur la longueur du cuir, de petites gravures en argent forment un motif délicat de runes anciennes. À chaque extrémité, un fin liseré argenté borde le cuir, ajoutant une touche simple mais raffinée. Sur l'un des côtés, le cuir est légèrement gaufré pour offrir une meilleure prise en main, tandis que le côté opposé est lisse. Les runes sont gravées de manière à ne pas être immédiatement visibles.
Pressé de le tester, Harry attrape le livre sur l'histoire de la magie qu'il est en train de lire et le pose à l'intérieur. Il le referme et à peine quelques secondes plus tard, le rouvre. Les rûnes s'illuminent doucement lorsqu'il reprend le livre en main, accompagnées d'une phrase : « La connaissance est ta force ».
Heureux d'avoir reçu des cadeaux, Harry se dépêche d'aller montrer ceux-ci à Sofia, qui se trouve dans sa chambre. Il toque doucement à la porte de sa sœur après avoir fermé la sienne et entre discrètement.
— Regarde ! C'est trop bien ! Tu savais que ça existait, demande Harry, les yeux pleins d'étoiles.
— Oui pour le marque page, sourit son amie, par contre les potions, c'est un truc de malade ! Il est doué ton ami !
— Je lui dirait, lui promet Harry en imaginant combien Drago allait rougir face à cette flatterie.
Après que Sofia lui ai également montré les différents cadeaux qu'elle a reçus, quelqu'un toque à la porte de la chambre de la jeune fille.
— Vous voulez bien descendre un moment, demande Marlène sur le pas de la porte, l'air fatiguée.
Les deux adolescents hochent la tête et la suivent l'air inquiet. Une fois à nouveau installés autour de la table du salon, c'est Mary qui prend la parole. Malgré son teint cireux, elle affiche un petit sourire qu'elle espère réconfortant.
— Merci d'avoir attendu. Nous avions besoin de réfléchir, Marlène et moi. Ce que vous nous avez montré… c'est beaucoup à digérer, dit-elle d'une voix douce mais au ton sérieux.
Harry la regarda dans les yeux et ne peut s'empêcher de lui demander.
— Est-ce que vous allez bien ? Je veux dire… je ne voulais pas raviver de mauvais souvenirs.
— Non, Harry. Ce n'est pas ta faute. En fait, c'est bien que tu nous aies montré cette carte. Il y a des choses que nous devons aborder, des vérités difficiles à regarder en face, annonce la blonde avant de se tourner vers Marlène, assise à côté d'elle. Elle tend la main vers elle et Marlène l'attrape, comme pour lui confirmer qu'elle prend la relève.
— Ce que cela signifie, c'est que Peter est vivant, annonce-t-elle d'une voix directe et vive, et quelque part… il se cache. Il pourrait être un danger, pour toi, pour nous tous. Si Voldemort… ou certains de ses partisans savent qu'il est en vie, cela pourrait changer beaucoup de choses
Sofia fronce les sourcils prise au dépourvu.
— Mais, vous pensez qu'il essaiera de s'en prendre à Harry ? Pourquoi ?
— Ce n'est pas certain, répond Marlène sans prendre en compte sa deuxième question. Mais s'il est … fidèle à Voldemort, oui, il pourrait représenter un danger. Peter sait des choses sur notre passé, sur nos familles, sur des secrets qui pourraient faire du mal à beaucoup de gens.
Harry regarde fixement la carte, le regard triste.
— Je savais que quelque chose n'allait pas. Pourquoi est-ce qu'il se cacherait autrement ?
— Harry, commence Marlène après avoir poussé un long soupir … Peter n'était pas qu'un simple ami pour moi et pour tes parents. Nous étions une famille, à notre manière. Apprendre qu'il est toujours là, quelque part,… c'est comme rouvrir une vieille blessure. Mais ça signifie aussi qu'on a une chance de comprendre la vérité.
— Est-ce que cela veut dire que… vous voulez le retrouver, demande Sofia, hésitante. Elle ne sait pas si elle doit se sentir scandalisée qu'un potentiel mangemort soit un ami de sa mère, ou si elle doit se sentir heureuse qu'elle retrouve un ami si cher à son cœur.
Marlène croise les bras et les jambes tout en s'installant dans le fauteuil après avoir lâché la main de Mary.
— Peut-être. Peut-être qu'il est temps de faire face au passé et de savoir ce qu'il est vraiment devenu. Ce n'est pas une décision facile. Mais je ne veux plus vivre avec des ombres de doutes, et je sais que Mary non plus.
Harry continue de regarder la carte quelques instants puis relève la tête, l'air déterminé. Il comprend parfaitement ce que cela implique, que Pettigrow soit vivant. Il est certainement lui à l'origine de la trahison qui a tué ses parents, sinon il ne se serait pas caché. Mais cela signifie donc aussi que son parrain, Sirius, a été emprisonné durant douze longues années dans la pire prison au monde. Si Sirius n'a pas trahi ses parents, il ne méritait pas la prison, mais une longue vie, avec lui !
— Si Peter est toujours en vie, annonce Harry, je veux des réponses. Pourquoi a-t-il trahi mes parents, et pourquoi est-il resté caché toutes ces années. S'il représente un danger pour nous… alors nous devons nous préparer.
Mary regarde les deux adolescents d'un air protecteur et sourit.
— C'est justement pour ça que nous voulions vous parler. Si nous décidons d'agir… cela pourrait attirer des regards que nous préférerions éviter. Elle s'arrête quelques secondes, semblant chercher ses mots.
— Vous êtes jeunes, et on aimerait vous protéger de tout ça, mais je vois que vous êtes déterminés.
Sofia observe ses tutrices d'un nouvel œil. Elles semblent toutes les deux résignées à lever les secrets qui pèsent sur leur passé. Si elle peut les aider, elle le fera.
— Quoi que vous décidiez, nous serons avec vous. Vous n'avez pas à porter ce fardeau seules.
Touchée, Marlène sourit à sa nièce.
— Merci, Sofia. Ce ne sera pas facile, mais savoir que vous êtes avec nous fait la différence
Mary observe Harry pendant quelques secondes et ouvre la bouche pour parler mais la referme à plusieurs reprises, se ravisant. Le garçon ne comprend pas exactement ce qu'elle tente de lui dire mais comprend. Finalement, les larmes aux yeux et la voix tremblante, Mary réussit à dire ce qu'elle souhaite.
— Harry… Je veux que tu saches que peu importe ce que nous découvrons, cela ne change rien à ce que nous sommes pour toi. Marlène et moi sommes ta famille, et nous serons toujours là.
Harry sent l'émotion le prendre à la gorge mais refuse de pleurer. Pour le moment, il doit rester fort. Pour elles. Elles l'ont aidé et protégé à de nombreuses reprises. C'est à son tour de faire ses preuves. Les mots d'amour et de confiance que Mary prononce déclenche une chaleur douce heureuse dans son coeur, il fait partie de leur famille.
— Je sais. Et vous êtes ma famille aussi. Peu importe ce que ça implique.
— Alors, on avance ensemble, termine Marlène en attrapant une nouvelle fois la main de Mary. Nous prendrons des précautions, nous nous préparerons, et nous affronterons pas cette histoire seuls. Quoi qu'il arrive, on ne laissera pas Peter… ou qui que ce soit d'autre, nous prendre ce que nous avons.
Une fois dans le train pour retourner à Poudlard, Harry reprend dans sa tête ce qui a finalement été décidé. Étant donné que Sofia et lui sont prêts à mettre la main à la pâte, ils vont tenter de suivre Pettigrow pour découvrir où il va et ce qu'il fait. De plus, Harry a également promis d'avoir une discussion avec le professeur Lupin afin de le mettre au courant de la situation. Marlène et Mary de leur côté vont tenter de découvrir où se trouve la cachette de Sirius. Comme d'habitude, ils communiquent souvent, au minimum une fois par semaine.
Il sourit en repensant à ces derniers jours de vacances. Malgré la découverte que Peter est encore en vie, Mary et Marlène ont tout fait pour que Sofia et Harry ne se sentent pas seuls et exclus. Ils ont passé le plus de temps possible ensemble, profitant des jours de congés que les deux tutrices ont prises pour être avec eux. Le sourire des vacances encore collé au visage, Harry salue Drago et Millicent qui entrent dans le compartiment où Sofia et lui sont déjà installés. Lorsque le train s'actionne, Hermione arrive à son tour, essoufflée. Neville ne vient que quelques minutes plus tard, expliquant avoir croisé d'autres amis. Pendant les premiers instants de retrouvailles, Harry remercie chaque personne pour ses cadeaux et prend des nouvelles de chacuns. Une fois qu'il est certain que tout le monde va bien, il lance un regard à Sofia. Celle-ci hoche la tête et sourit. Mais avant même qu'elle ne commence à parler, Drago et Neville commencent à parler Quidditch.
— Mon dieux, qui se rappelle du match de l'année dernière, demande soudain Hermione en ricanant,
— Contre qui intervient Neville.
— Gryffondor bien sûr !
— C'était tellement dingue, notre équipe n'avait pas gagné contre Gryffondor depuis des années et toi, Harry, tu t'en es sorti comme un pro pour ton premier match, s'extasie Neville en se rappelant du moment.
Drago lève les yeux au ciel.
— 'Comme un pro' ? Il s'est accroché au balai comme s'il allait tomber à chaque seconde !
— Et toi, Malefoy, sourit Harry, heureux de pouvoir une fois de plus le taquiner, tu avais l'air de vouloir grimper dans les gradins pour me crier des instructions. Ça ne t'a pas empêché d'applaudir à tout rompre à la fin.
— Oui, ricane Millicent d'un air sarcastique, en même temps, Drago est notre expert en encouragements… après tout, c'est son cri de guerre qui a dû faire peur aux Gryffondors.
— Allez, soyons honnêtes, intervient Hermione en baissant enfin son livre, on aurait tous perdu notre pari sans Harry. Mais promis, cette année, je parie sur toi pour éviter la chute au prochain match.
Tout le monde éclate de rire, heureux de se retrouver. Harry n'a pas envie de leur casser cette joie, mais ne peut s'empêcher de vouloir les mettre au courant. Ils sont tous des amis proches… Ils lui ont tous sauvé la vie. Plus d'une fois, pour certain, se dit-il en observant Drago faire une remarque désobligeante à Sofia qui fait semblant d'être outrée.
Le regard pétillant, Sofia décide qu'il est temps d'intervenir.
— Vous ne devinerez jamais ce que Mary et Marlène nous ont dit avant de partir !
— Quoi ? Vous avez enfin découvert le secret du gâteaux de Noël de Madame Weasley, demande Drago en levant un sourcil de curiosité.
— J'espère que ce n'est pas aussi dégoûtant que les scones de la dernière fois, annonce Millicent après avoir éclaté de rire !
— Non, c'est plus grave que ça, dit Harry d'un air sérieux qui surprend ses amis, Peter Pettigrow est vivant.
Pendant quelques secondes, le silence se fait dans le compartiment. Chacun se regarde, ne comprenant pas comment cela peut-être possible. Et encore moins comment Harry pourrait être au courant. Drago regarde Harry. Ce dernier accroche son regard et hocha simplement la tête, répondant à sa question muette. Le blond grimace et soupire.
— Mais... c'est impossible ! Ils l'ont vu, demande Hermione, incrédule.
— Peter Pettigrow... c'est celui qui a... qui a voulut protéger tes parents, n'est-ce pas, demande Neville visiblement inquiet. Mais je croyais qu'il était mort depuis longtemps.
Harry hoche la tête l'air grave et lui répond :
— C'est ce que tout le monde pensait. Mais il est en vie, apparemment, et il se cache depuis tout ce temps
Méfiant, Drago s'adosse à son siège et croise les bras.
— Et est-ce qu'on sait pour qui il pourrait être dangereux ? Je veux dire, si il s'est caché, c'est par ce qu'il doit s'en vouloir… ou vouloir quelque chose de quelqu'un … est-il un Mangemort ?
Hésitante, Sofia hausse les épaules avant de lui répondre.
— Mary et Marlène pensent que c'est probable, mais elles ne peuvent pas en être sûres. Elles disent qu'il était sûrement très proche de... Tu-Sais-Qui. Si il est le véritable traître, du moins.
Hermione ferme les yeux et pose son doigt sur son menton comme à chaque fois qu'elle réfléchit intensément.
— S'il est vivant et qu'il se cache, c'est qu'il a quelque chose à se reprocher, non? Comme a dit Drago ! Peut-être qu'il ne veut pas être retrouvé par les autres Mangemorts non plus…, réfléchit-t-elle autant pour elle que pour ses amis.
— Je ne sais pas. Peut-être, Harry fronce le nez et se passe la main dans les cheveux. Mais c'est aussi possible qu'il soit un danger pour nous, surtout s'il a quelque chose à cacher sur ce qui s'est passé cette nuit-là.
— Bon, alors… on peut peut-être se calmer, non, dit doucement Millicent en regardant chaque personne à tour de rôle. Si on n'est même pas sûrs qu'il soit vraiment un Mangemort. Peut-être qu'il est juste… je ne sais pas… un lâche qui a fui.
Drago ne lâche pas Harry du regard. Il tente de comprendre comment se sent son ami mais n'y arrive pas. Ils parleraient probablement ce soir, avec Millicent. Il pousse un profond soupir avant de détourner son regard pour réfléchir à la façon la plus pragmatique de voir la chose.
— La question, c'est : qu'est-ce qu'on fait de cette information ? Même si on n'est pas sûrs, il faut rester vigilants.
— Oui, peut-être qu'on devrait en parler à un adulte de confiance, demande Neville l'air inquiet mais déterminé. Ou... ou au moins, on devrait garder un œil ouvert, au cas où.
— On est tous là, Harry, promet Hermione en souriant à son ami à la cicatrice. Si jamais Peter Pettigrow représente un danger, on le découvrira ensemble.
— Merci, tout le monde, dit Harry en souriant doucement. Pour l'instant, je préfère qu'on reste discrets. Mais on reste aux aguets. Et si jamais... si jamais il y a le moindre signe de danger, je compte sur vous.
Plus tard, Hermione et Neville rejoignent certains de leurs amis Gryffondor pour terminer le trajet.
