Je suis extrêmement fière de la tournure des événements... notamment pour Rook qui se redécouvre tel qu'il a toujours été ^^


Chapitre 447 : Démons et Merveilles

"Chasseur." claquant des doigts sous le nez de Rook.

"Roi des lions."

"Je te conseille de te montrer prudent ; ça cause beaucoup de toi en ce moment et Vil l'a très mauvaise."

"J'en prends bonne note, merci." passant son chemin.

"A mon avis, tu vas perdre bien davantage que les insignes de Pomefiore." ricané.

Le Chasseur prend place sur le tabouret de bar, sans calculer Leona.

"Et tout ça pour quoi ? Pour les faveurs d'une femelle. Laisse-moi de signifier à quel point tout ceci est pathétique à en hurler, Hunt."

"Économise ta salive."

"As-tu conscience que pour quelques... passes... tu es en train de perdre bien davantage que quelques plumes dans le process ?"

"Parler autant pour ne rien dire ne t'épuise-t-il pas ?..."

"Regarde-toi, Chasseur, tu n'es plus que l'ombre de toi-même."

Rook vient de s'emparer d'un magazine et le lit, sirotant un excellent café-noisette.

"Il m'en reste suffisamment dans les tripes pour te ficher une flèche dans le flanc. Ou entre les deux yeux, si telle est ta préférence."

"Tu me... menaces, uh ?"

"Je t'avertis. Nuance." paisible.

"Tu chagrinerais beaucoup Vil en t'y aventurant, Chasseur."

"Ce serait de bonne guerre au vu de sa dernière... performance." faisant référence à la manière dont Vil s'est mué en bête féroce pour l'attaquer avec la dernière des sauvageries.

"Maintenant que nous en parlons... qui a bien pu te faire le don d'immortalité, dis-moi ?"

Rook sourit, feuilletant le magazine. "Je dirai bien qu'il s'agit d'un secret que j'emporterai dans la tombe... mais vu que te voilà condamné à m'y précéder..."

Leona crispe. "Oh comme je me félicite de ton transfert à Pomefiore, Chasseur. Tu m'es... imbuvable."

Rook sifflote en retour.


"Ton Chasseur possède des nerfs d'acier, ma reine." soupire Leona, se vautrant tout son long sur le trône, queue houpetée adoptant un mouvement vif et contrarié.

"Es-tu parvenu à lui arracher son secret ?"

"C'est peine perdue, ma reine. Il ne lâchera rien. Pas même sous la torture."

Vil brise un joli vase, contrarié.

Petit rire de Leona.


"Rook. Livre-moi ton secret." alors que l'intéressé garnit la chambre froide de ses prises du jour.

Petit rire du Chasseur. "Comme un air de déjà-vu, ma reine ?" en français dans le texte.

"J'exige de savoir !" attrapant le visage de Rook entre ses paumes, serrant fortement.

Le concerné attrape les mains pour dégager son visage. "Ma reine, je vous prie. Perdre votre sang froid ruine votre beauté."

Vil se défait de l'emprise de Rook, exaspéré.

"Tu parleras ! Je ferai en sorte de te l'arracher puisque tu refuses de me céder !..."

"Quand bien même ma langue viendrait à se délier, c'est un secret dont vous ne pourrez faire usage à votre guise puisqu'il ne m'appartient pas."

"Assez de ce charabia, Rook !" emporté.

"Ma reine, c'est vous qui êtes à l'origine de tout ce concours de circonstances. Si vous n'aviez pas jeté le premier les hostilités rien de tout ceci ne serait arrivé. Et vous m'en blâmez à présent ? Quelle ironie !..." passant son chemin.

"Rook ! ROOK ! Reste ici, je n'en ai pas encore terminé avec toi !" tapant du pied.

"Désolé, ma reine, je suis attendu." se retournant sur quelques pas, soulevant son chapeau de feutre à plume pour le saluer, s'éloignant.


Le soir tombe de plus en plus tôt à mesure que l'on s'enfonce dans la période automnale.

Pour ne rien arranger, il se met à bruiner !... Alors que je sillonne rapidement d'un trottoir à l'autre, me couvrant au mieux, une veste vient se poser sur moi et un sourire me rappelle l'éclat du soleil.

"Rook ?" surprise de le trouver ici.

"Je n'allais pas te faire venir dans les bois par ce temps, Princesse !..."


Dans la cuisine, il me concocte une infusion réconfortante à base de fruits rouges.

Je jette un coup d'oeil à ses bottines Caterpillar qui stationnent dans l'entrée, souriante.

"Ça me fait du bien que tu sois là, Rook."

"Je suis content d'être là pour toi, Princesse."

Je m'approche, glissant les doigts le long de sa nuque, caressant l'undercut, lui prodiguant de délicieuses sensations qu'il exprime par un discret soupir - très sensible de la nuque, mon magnifique Chasseur.

"Merci, Rook." embrassant son bras. "Retire donc ta veste... sauf si... tu n'es pas décidé à rester..."

"Oh, Princesse..." souriant, levant légèrement le menton, appréciateur de mes caresses.

Puis je disparais un moment, réapparaissant, sac à la main. "Je n'ai pas pu résister !..." lui tendant le présent.

"Princesse, je... c'est trop, vraiment..." gêné et ravi à la fois.

"Laisse-moi te gâter, Rook." clin d'oeil.

Il s'en empare et en tire une boîte de chaussures.

Il l'ouvre, déballant précautionneusement le papier fin, admirant l'une. "Wow, Princesse, merci. Elles sont... magnifiques !..."

Il s'agit de bottines marron, de marque.

"J'espère que ça ira pour la pointure."

"Oh oui, généralement mon pied n'est pas difficile à chausser." en admirant les détails et la façon avant de s'asseoir pour les enfiler, faisant quelques pas, en appréciant le confort. "La pointure est parfaite, Princesse."

Il s'approche pour m'embrasser, bras passés autour de nuque. "Merci, Princesse. Elles me plaisent beaucoup !..."

"Je les ai vues en rayon et les ai immédiatement imaginées à tes pieds, Rook." allant poser mes mains sur ses hanches, sous la veste, remontant pour caresser sa taille et ses flancs. "Je t'aime. Tu es devenu très important pour moi, Rook Hunt."

"Princesse..." ému, attrapant mon visage entre ses mains pour un baiser aussi long que langoureux. "J'espère que je saurai me montrer digne de ton attachement."


"J'aimerai savoir... t'entretenait-elle à Roquevaire ?..." allongée à ses côtés, laissant nos mains jouer l'une avec l'autre après l'amour.

Il ouvre les paupières, iris émeraudes fixant le plafond. "Tout dépend ce que tu nommes entretenir."

"Cela veut dire que votre relation améliorait ton quotidien."

"Elle payait grassement le fruit de ma chasse. Et elle m'a offert de nouveaux vêtements, un chapeau moins miteux et des bottes."

"Sacrée tatie !..." rit, paume épousant la sienne.

"Princesse, tu étais bien trop jeune à l'époque. J'y ai beaucoup réfléchi depuis et... quel immonde salaud j'aurai été si j'avais... profité de l'occasion." plus ferme que les fois précédentes.

"OK, OK. Je comprends, détends-toi. Je t'en veux moins."

Il retrouve le sourire. "Ceci dit... tu étais déjà fort jolie à regarder." caressant mes cheveux de ses doigts libres.


Je suis loin de me douter que la première conquête de Rook, à Roquevaire, fut Julie, la jolie braconnière, qui, plus tard, fréquenta et épousa mon cousin Bernard...

C'est elle qui a posé le deal : "Tu ne dénonces pas mes rapines aux gendarmes et je t'offrirai mon corps."

La relation était des plus secrètes. Personne au village ne savait ce qui se jouait entre ces deux-là.

C'est dans les bras de Julie que Rook fut dégourdi !...

Ils étaient tous deux des sauvageons livrés à la nature, survivant par des moyens peu conventionnels - elle, le braconnage ; lui, la chasse.

Elle lui a fait jurer d'emporter ce secret dans la tombe. Et Rook n'ayant qu'une parole...

Il lui arrive souvent de penser à cette première fois. A l'automne, peu après son arrivée à Roquevaire.

Oh certes, il avait entendu parler de "la braconnière aux yeux rouges" au village - sa réputation tenait presque de faits de sorcellerie !...

Il l'avait traquée, pistée, remontant patiemment jusqu'à elle, la dénichant dans son antre même ; une vieille cabane de chasse délabrée.

A l'époque des faits, Julie arrivait de Paris et avait dix-sept ans. Un très joli brin de fille.

Rook s'était introduit dans sa cabane et l'y attendait, installé sur la seule chaise de la pièce, pied ramené sur la cuisse opposée, jouant avec un couteau.

Julie fut effrayée lorsque cette présence, ô combien discrète, se révéla à la lueur de la bougie.

Il était venu la traquer jusqu'en sa demeure de fortune !...

Elle chercha à s'enfuir mais Rook demeurait tout aussi rapide et vif qu'aujourd'hui, bloquant sa sortie, dos contre la porte en bois, avortant toute tentative.

"Le braconnage est passible d'emprisonnement." annonça-t-il d'une voix sévère.

"Je ne fais que... me nourrir pour survivre." rétorqua-t-elle.

"Tu iras expliquer ceci aux gendarmes."

"Non !..." se retournant vers lui. "Je vous en prie... ne me livrez pas !"

"Tes activités m'y obligent."

"Je sens que... vous ne possédez pas un mauvais fond..." levant la main pour caresser sa joue glabre.

Rook affronta les iris couleur sang.

"Je saurai me montrer reconnaissante si vous ne me dénoncez pas."

"Je veux que tu décampes de ces terres." attrapant sa main pour l'éloigner de lui.

"Nous pourrions... parvenir à un compromis." autre main se glissant entre les pans de sa chemise claire.

Rook plissa les yeux. "Demain, à l'aube, je veux trouver cette cabane déserte." retirant une nouvelle fois l'indésirable hôte.

"Pitié, mon prince... je n'ai nul endroit où aller..." pressant son corps contre le sien, nouant ses bras autour de sa nuque. "Nous soupirons après la même chose, n'est-ce pas ?... Trouver un peu de réconfort dans cet univers fait de pics et de pointes..."

Sa façon de se mouvoir tenait véritablement du serpent fait femme !...

Rook sentait ses défenses faiblir.

Julie était un beau brin de fille. Sans doute la plus jolie de toute la contrée.

Rook la fit pivoter d'un mouvement, dos de Julie face à son torse.

Sa main directrice passa sur l'avant, remontant patiemment le tissu et le jupon usés qu'elle portait, se frayant un passage jusqu'à son entrejambe.

Cette manœuvre surpris la braconnière. Les hommes qu'elle avait déjà connus s'étaient contentés de la jeter sur le lit ou contre un mur, de retrousser ses jupes, de faire saillir leur membre et de la pilonner jusqu'à leur jouissance.

Rook la... caressait !... Haut des cuisses, tour à tour, puis l'intérieur, le pubis, autre main s'appropriant le renflement d'un sein, visage enfoui dans son cou.

Ses doigts atteignirent son sexe, caressant là, finissant par le faire ouvrir telle une fleur à nectar.

Il n'était pas prévu que cela se passe ainsi ! Julie fut prise de panique lorsqu'elle sentit son corps répondre vertement aux attentions du Chasseur.

"Pourquoi... me caressez-vous... ainsi ?..." sur une plainte lascive, sensations commençant à s'élever pour inonder son bassin.

Petit rire du Chasseur. "M'aurais-tu pris pour l'un de ces rustres ?..."

"Non... non, pitié..." tentant de bloquer les élans des doigts de Rook. "Vous ne pouvez... pas..." craignant d'y trouver du plaisir.

"N'oublie pas que tu as initié les règles du jeu, braconnière..." invitant un majeur plein d'attentions à l'intérieur d'elle, en soupirant, vibrant, ravi de ce qu'il produit en elle, mordillant sa nuque dégagée par ses cheveux montés en chignon.

Julie s'était trompée sur toute la ligne !... Rook n'allait pas la prendre pour son seul plaisir ; il voulait le partager, sentir sa partenaire défaillir en même temps que lui. Et Rook en savait suffisamment sur le plaisir féminin pour se montrer à la hauteur de telles ambitions !...

Dangereux !

Julie entendait sa voix la quitter, se joindre aux geignements constants du Chasseur.

Rook éprouvait une immense satisfaction de la sentir ainsi réceptive à ses attentions. Cela décuplait son propre plaisir !...

Julie pouvait sentir comme il poussait dans son dos.

Bientôt, leurs voix se donnaient la réplique, dans des accords lascifs.

Prêts tous les deux.

Comment allait-il la prendre ? Par derrière, sans la regarder, comme beaucoup d'hommes ?

Rook la retourna vers lui, se libérant pour flatter, de son sexe plein et dur, son capuchon gorgé, voix s'élevant dans la solitude de cette vétuste cabane.

Il faisait voyager son sexe entre ses jambes, appelant d'autant plus d'humidité délicieuse.

Il s'en gorgeait véritablement !...

Puis il interchangea les positions et la prit contre la porte, face à face, échangeant avec elle quelques baisers douceur du miel. Elle n'était pas la prostituée ou la fille de passage à cet instant précis... elle était véritablement sa partenaire !... Et il se faisait un devoir de la voir jouir.

Le frisson s'empara de Julie et elle adopta un contresens qui les mena droit à l'orgasme partagé - Rook se retira au dernier moment pour lui éviter toute grossesse indésirée, maculant son ventre de sa jouissance laiteuse.

"Elle aura beaucoup de chance... celle que vous aimerez, un jour, pour de bon..." caressant les cheveux clairs de Rook, sur un sourire embrumé.


"Grands dieux, Rook ! Nous disposons de six salles de bains à l'intérieur du château !... Pourquoi préfères-tu te rincer le visage à l'extérieur ?" s'insurge Vil, trouvant son Chasseur penché sur l'évier extérieur.

Rook, visage humide, attrape la serviette pour s'en essuyer le visage. "Dois-je vous rappeler que je demeure un homme d'extérieur, ma reine ?"

"Tout de même !..." outré, croisant les bras.

"Si la vue ne vous convient pas, ma reine, je vous conseille de vous en détourner."

"Cette petite dinde... t'a fait redevenir le rustre que tu étais avant ton transfert à Pomefiore." pincé. "Le miroir avait vu juste ; tu appartiens bien à la clique de Savanaclaw ; des bêtes sauvages sans aucune éducation."

"Dois-je vous rappeler que le leader de Savanaclaw partage régulièrement votre couche, ma reine ?" sans se démonter. "Vous vous embarrasserez donc bien de l'inconfort que vous procure la toilette d'un homme de seconde main."

"Pourquoi nous sommes-nous éloignés à ce point, Rook ?"

"Ma reine, il fallait y songer avant de me donner assaut dans les bois." essuyant ses mains.

"Regarde-toi, Rook !... tu es négligé. Tes cheveux ne ressemblent plus à rien... tes taches de rousseur réapparaissent..."

"Qu'importe, ma reine. Apprêté ou sauvageon, je lui plais."

Vil grimace, écœuré. "Quelle faute de goût, vraiment !"


Rook dépose le chapeau élimé sur sa tête, le faisant pencher légèrement d'un côté. Il enfile une chemise ivoire, boutonnée en partant de la poitrine, sur pantalon couleur marron et bottines.

Il sourit en notant qu'effectivement ses taches de rousseur, longtemps camouflées, font leur grand retour.

Sa peau arbore une teinte légèrement caramel qui tranche sur la blondeur vénitienne de sa chevelure.

Il a laissé pousser les cheveux de sa nuque, abandonnant l'undercut, chevelure plus drue et fournie, attachée sur l'arrière, mèches libres sur l'avant.

Pas de doute, Rook-le-sauvage est de retour !...

Affranchi, un nouveau vent de liberté habite ses iris émeraudes.


"Allons en Allemagne, Princesse."

Je le fixe. "Rook ?"

"J'y ai trouvé un travail dans une ferme. Etablissons-nous là-bas quelques temps."

J'en souris. "Chasseur, cela ne va pas du tout plaire à ta reine."

"Tu l'aimes, n'est-ce pas, cette vie au grand air ? Nous sommes de la même souche, Princesse."


Nous avons mis trois jours pour déblayer la cabane en bois que nous occuperons tout l'automne.

Rook a fendu du bois pour alimenter le petit cagibi, à côté de la maison, qui nous permettra de nous chauffer lors des soirées et des nuits fraîches.

Cette retraite nous fera grand bien à tous les deux.

J'aménage la cabane avec quelques touches féminines.

Nous nous partageons toutes les tâches, y compris le ménage et la cuisine. Rook est loin de se montrer sexiste dans le domaine.


Le soleil est encore clément et nous offre quelques belles soirées en extérieur, savourant des mets locaux ; potage, viande séchée, potée de saison.

Nous y avons mené nos montures, les laissant libres de leurs mouvements.

Rook chasse dans les bois, abattant du beau gibier qu'il dépèce pour en ramener les meilleurs morceaux, laissant la carcasse aux charognards.

Nous nous accommodons à merveille à cette vie simple, sans presque aucune technologie moderne - j'ai exigé le VPN pour poursuivre mes activités illégales pour le compte d'Octavinelle.

Je redécouvre la toilette au baquet avec du savon artisanal, l'amour tous les soirs pour nous tenir chaud et nous endormir, jambes entremêlées.


La flèche se fiche en pleine jugulaire du prédateur. La fin se joue en quelques secondes à peine. Rook n'aime pas faire souffrir lorsqu'il tue.

Le fermier qui emploie Rook a fait une affaire !... L'œil du Chasseur vaut les meilleures jumelles longue portée.

Il semble à Rook qu'il revit, chaque cellule de son corps résonant avec l'écho des bois.

Il y a toujours à faire !... Et lorsqu'il dispose de temps libre, il en profite pour écrire des poèmes - une habitude prise à Pomefiore qu'il a conservée.

Rook travaille également beaucoup le cuir. Il s'est fabriqué un gant d'archer, le façonnant et le cousant à la main, lui offrant de solides coutures pour l'usage et la durée qu'il en attend.


Rook s'est pris d'affection pour un gamin du village tout proche ; orphelin recueilli par sa brave tante qui, malgré sa pauvreté, l'élève en l'entourant d'affection.

Le Chasseur leur ramène souvent de belles portions de sa chasse car ils disposent de peu de ressources.

Rook a toujours eu le cœur sur la main.

"Monsieur, plus tard je veux aussi chasser à l'arc !..."

"Il va falloir commencer à t'entraîner, dans ce cas." plaçant la main sur l'épaule du gosse.

"Mais oui. Ainsi nous serons à l'abri de toute peine alimentaire, Johann." l'encourage sa tante.

"Je pourrai t'en enseigner les rudiments, qu'en dis-tu ?" sachant qu'il est approuvé par l'autorité tutélaire.

"Oh oui, Monsieur !..." regard pétillant.

"Mais je te préviens ; il va falloir te montrer persévérant et assidu."


Rook lui taille un arc sur mesure, dans un bois très souple, aisément malléable pour ses jeunes bras.

Puis l'instruction commence. C'est une discipline qui demande beaucoup de concentration. On ne se disperse pas lorsqu'on tire à l'arc !...

Nous avons également souvent Johann et sa tante à notre table, partageant repas et promenades dans la nature.


"Rook ?... Te reste-t-il... de la famille ?..." tournée sur le ventre, après l'amour, en appui sur mes coudes.

Il sourit. "Oui, Princesse."

Mon regard pétille de curiosité si bien qu'il en rit, parfaitement conscient que je ne vais pas lâcher l'affaire !...

"Je ne puis malheureusement pas grandement l'évoquer du fait de leurs activités."

"Uh ?"

"Je me dois de préserver le secret de leur identité. Parce que c'est ainsi, Princesse." levant la main pour caresser mon dos. "Ne m'en demande pas davantage, je te prie." glissant ses doigts entre les miens.

"Alors... jamais tu ne me présenteras ?..."

"Ah, Princesse, j'aimerai beaucoup le faire... crois-moi, c'est un de mes vœux les plus chers."

"Tant de mystères !..." rit, frustrée.

"Ma famille doit maintenir son statut secret du fait de ses activités professionnelles. Je ne puis t'en dire plus. Désolé, Princesse." navré.


Le fond de l'air se rafraîchit ces derniers jours et je me couvre d'un châle chaud pour mes moments passés sur la terrasse extérieure.

Mes pensées me ramènent à Badenweiler et à la venue de Rook quelques années après nous être croisés à Roquevaire.

"Ne pourrais-tu pas te montrer plus... engageante avec ce garçon ?" questionne mon père sur le retour, après le banquet des chasseurs.

Je lève le menton, bras croisés, dédaigneuse. "En quel honneur ?"

"Il s'agit d'un hôte à qui ton grand-père a offert l'hospitalité. Nous l'aurons à notre table régulièrement. Aussi, je souhaite que l'ambiance ne soit pas aussi glaciale qu'elle l'a été ce soir."

"Tu seras peut-être ravi d'apprendre que ce malappris a été l'amant de tante Blanche !..."

Grands yeux de mon père. "D'où... tiens-tu cela ?"

"J'ai eu l'occasion d'être aux premières loges lors de mon séjour à Roquevaire voilà quatre ans !... Alors non, je ne serai ni sympathique ni avenante à son égard !..."


"Herr Von Kreutzberg ? Vous ne dormez pas ?..." surprenant mon grand-père attablé, lisant à la lueur de la bougie.

"Oh, j'ai des insomnies récurrentes, mon garçon." l'invitant à prendre place. "J'ai noté que ma petite fille n'a pas été très avenante avec toi... je te prie de l'en excuser. Elle a subi un drame dans sa vie qui l'a marquée à jamais... le décès de sa mère à un très jeune âge."

Visage surpris de Rook. "Oh... je l'ignorais, Herr Von Kreutzberg..."