Salut ! Voici le chapitre 2.
Merci à Capinghemois pour ta review ! Je suis ravie que ça te plaise. C'est tellement agréable de développer des idées autour de la nouvelle génération, il faut tout réinventer. J'ai encore de belles choses en perspective pour raconter mon histoire. :D.
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture !
Disclaimer : Rien ne m'appartient, tout est à J.K. Rowling.
Le matin se levait doucement dans l'appartement de Frank, inondant la chambre d'une lumière dorée. Les rideaux fins bougeaient légèrement sous la brise fraîche venant de la fenêtre entrouverte. Rose ouvrit lentement les yeux, enveloppée par la chaleur rassurante des bras de Frank. L'odeur familière de menthe fraîche et de cuir, ce parfum qu'elle associait tant à lui, flottait doucement dans l'air.
Elle se tourna légèrement, le cœur léger, pour observer Frank encore endormi, ses traits détendus, ses cheveux en bataille. Un sourire tendre se dessina sur son visage. Il était là, à côté d'elle, et dans cet instant précis, rien d'autre n'avait d'importance. Mais bientôt, elle sentit les muscles de Frank se tendre avant qu'il n'ouvre les yeux, un sourire endormi apparaissant sur ses lèvres.
— Bonjour, murmura-t-il, sa voix encore un peu rauque du sommeil.
— Bonjour, répondit-elle
Ils restèrent un moment dans le silence, juste à savourer la présence de l'autre, comme si tout autour d'eux s'était arrêté. C'était un matin paisible, sans précipitation, juste eux deux. Frank rompit finalement le silence, sa voix plus claire à présent.
— Ça fait du bien de se réveiller avec toi à mes côtés.
Rose acquiesça, serrant doucement ses doigts autour des siens.
— Moi aussi, répondit-elle. J'avais oublié à quel point ces moments sont simples… et parfaits.
Frank sourit en retour, mais son expression se fit plus sérieuse lorsqu'il se redressa légèrement pour la regarder avec une attention nouvelle.
— Il faut que je te parle d'un truc. J'ai intégré un nouveau club anglais récemment, tu sais… Les Frelons. C'est une opportunité incroyable, expliqua-t-il. Ils m'ont proposé une place de titulaire.
— Les Frelons ? répéta Rose, un brin de surprise dans la voix. C'est fantastique, Frank !
Frank hocha la tête, mais il semblait soudain un peu plus hésitant.
— Oui, c'est génial. D'ailleurs, l'entraîneur pense que j'ai une chance pour la ligue internationale si je continue comme ça, ajouta Frank, avec un éclat d'excitation dans les yeux. Ça pourrait être énorme, mais ça veut aussi dire encore plus d'entraînements et des déplacements…
Il baissa légèrement la voix, comme s'il craignait de la décevoir. Rose le regarda, partagée entre la fierté et une petite pointe d'angoisse. Elle savait qu'il méritait cette opportunité, mais une part d'elle redoutait l'éloignement.
— Frank, tu as travaillé toute ta vie pour ça. Bien sûr que tu dois saisir cette chance. Je te soutiendrai, quoi qu'il arrive, répondit-elle avec sincérité.
Son esprit se mit à s'interroger. « Et si ces moments devenaient de plus en plus rares ? », pensa-t-elle.
— Et toi, que compte -tu faire maintenant que tu es de retour? demanda Frank.
— Je ne sais pas encore, Frank répondit-elle. Je n'ai pas encore réfléchi.
Frank l'observa attentivement, puis hocha doucement la tête.
— Ça fait sens, admit-il. Tu viens de rentrer, c'est normal. Mais quoi que tu décides, tu peux toujours m'en parler si tu le souhaites, continua-il.
Rose sentit une chaleur familière se répandre en elle. Elle sourit légèrement, appréciant son soutien.
— Merci, dit-elle doucement.
Elle se redressa un peu, cherchant un autre sujet, quelque chose de plus léger.
—Alors, titulaire dans un club anglais prestigieux… C'est impressionnant, reprit-elle. Qu'est-ce que tu comptes faire de toute cette nouvelle gloire ?
Frank éclata de rire, secouant la tête.
— Rester modeste, comme toujours, plaisant a-t-il. Mais j'ai surtout hâte que tu puisses venir me voir jouer.
Il se pencha et l'embrassa tendrement avant de dire :
— Je dois y aller. L'entraînement commence dans une heure, et si je suis en retard, je vais en entendre parler pendant des semaines.
Rose fit de son mieux pour cacher la petite pointe de déception qui venait de percer son cœur. Elle savait que c'était important pour Frank, et elle ne voulait pas lui montrer qu'elle avait espéré un moment rien que pour eux. Au fond d'elle, Rose se demanda combien de fois encore elle devrait accepter de le voir partir pour ses obligations. Pourtant, dans ce moment précis, elle préféra simplement se concentrer sur ce matin paisible partagé avant que la journée ne les sépare à nouveau.
— Je promets qu'on se rattrapera. On pourrait se faire une soirée rien que nous deux bientôt, dit-il en lui caressant doucement le bras, cherchant son regard.
— J'y compte bien déclara Rose une lueur malicieuse dans les yeux. Oh, d'ailleurs, Roxanne organise une soirée bientôt. Elle m'a dit qu'Albus, Lily, et probablement toute la bande sera là. Tu pourrais venir, non ?
— Je viendrai, je te le promets. Je ferai en sorte de terminer l'entraînement à temps
Soulagée, Rose, qui hocha la tête, apaisée par cette promesse. Elle savait que l'emploi du temps de Frank était chargé, mais elle appréciait qu'il fasse cet effort pour elle.
— Merci, murmura-t-elle, avant de déposer un baiser léger sur ses lèvres.
Frank répondit à ce geste avec tendresse. Ils restèrent quelques minutes encore dans les bras l'un de l'autre, savourant le calme, le confort mutuel. Frank finit par rompre le silence, se redressant dans le lit. Rose resta allongée, la tête appuyée contre l'oreiller, observant Frank qui, déjà debout, enfilait sa tenue d'entraînement. Il ajusta son maillot avec des gestes automatiques, puis se pencha pour ramasser son sac de sport. Elle suivait chacun de ses mouvements avec une étrange tranquillité. C'était cet homme-là qu'elle avait toujours aimé, celui qu'elle connaissait mieux que quiconque. Mais avec les semaines qui passaient, elle ne pouvait s'empêcher de se demander si quelque chose en eux avait changé, si le temps avait fini par laisser une empreinte imperceptible sur leur relation.
Frank finit par remarquer son regard. Il se tourna vers elle, un sourire doux apparaissant instantanément sur son visage. Il se pencha doucement, déposant un baiser sur son front, comme un geste réconfortant, presque protecteur.
— Je reviens vite, souffla-il, avant de se relever.
Rose hocha la tête en silence, le regard suivant chacun de ses gestes alors qu'il attrapait son sac. Il lui offrit un dernier sourire avant de quitter la pièce, la porte se refermant derrière lui. Elle soupira, repoussant les draps pour se lever, la sensation de ses bras autour d'elle déjà remplacée par le vide de la pièce. Elle se dirigea vers la fenêtre et regarda les rues de Londres s'animer en contrebas.
Les premières semaines avec Frank avaient été ponctuées de moments de bonheur simple, mais une routine s'était rapidement installée, amenant avec elle une certaine lassitude. Frank, absorbé par ses entraînements et sa carrière, était souvent absent. La soirée chez Roxanne serait l'occasion de se changer les idées et de voir ses cousins, ses amis. Mais une petite voix en elle ne pouvait s'empêcher de se demander si Frank tiendrait vraiment sa promesse, ou si le Quidditch viendrait encore une fois voler leur moment à deux. Elle soupira doucement, chassant cette pensée.
Quelques minutes plus tard, Rose transplana directement chez elle, dans sa chambre, en un claquement sec. L'espace familier l'accueillit aussitôt. La lumière douce du matin illuminait la pièce, créant des ombres dans les coins. Son regard se posa sur son bureau, encombré de lettres et de parchemins soigneusement empilés. Les propositions de travail accumulées ces dernières semaines ne semblaient vraiment éveiller son intérêt. Après son retour en Angleterre, tout lui paraissait monotone, comme si quelque chose manquait. L'excitation qu'elle avait autrefois ressentie pour son avenir semblait s'être évanouie. Ses doigts jouaient distraitement avec une plume, tandis qu'elle lisait en diagonale une énième proposition. Rien ne parvenait à capter son attention, et elle sentit une frustration monter en elle.
Département des Accidents et Catastrophes Magiques, lut-elle. Ils cherchaient des préparateurs de potions pour renforcer leurs équipes d'intervention. Un soupir lui échappa; elle éprouvait un sentiment de malaise à l'idée de travailler au Ministère.
Elle devrait côtoyer sa mère, cette pensée la fit grimacer. Travailler au Ministère signifiait inévitablement être comparée à Hermione Granger-Weasley. Ce fut déjà le cas à Poudlard: les enseignants attendaient qu'elle excelle, qu'elle soit brillante comme sa mère et aussi intrépide que son père. Parfois, malgré tous ses efforts, elle avait eu l'impression d'être une ombre, une projection de leurs exploits. Ron Weasley et Hermione Granger. C'était comme si leurs noms résonnaient toujours en arrière-plan, prêts à l'écraser sous le poids de leurs attentes. L'idée de reproduire ce chemin ne l'enchantait guère. Non, ce n'était pas pour elle.
Ses yeux glissèrent sur les mots avec une curiosité nouvelle. Travailler à Sainte-Mangouste. Rose ferma les yeux un instant, réfléchissant. Il y avait quelque chose dans le fait de soigner les autres qui la touchait profondément. Guérir quelqu'un n'était pas juste une question de magie. C'était une forme d'altruisme, d'empathie. Un art qui demandait de la patience, de l'écoute et une compréhension du corps et de l'esprit. C'était bien plus qu'un simple métier: cela représentait pour elle une manière d'avoir un véritable impact, un moyen de se rendre utile sans forcément être sous les projecteurs. Les guérisseurs agissaient en coulisses, aidant les autres à retrouver leur force. Ils n'avaient pas de gloire ou de prestige à en tirer, juste la satisfaction de voir quelqu'un aller mieux grâce à leurs efforts. C'était peut-être là qu'elle se sentait le plus à l'aise. Dans un rôle où les attentes étaient différentes, où elle pouvait se construire, en dehors des regards. C'était bien plus engageant que travailler au Ministère.
Un petit rire lui échappa à la pensée de travailler aux côtés de Scorpius. L'image était presque comique. Elle l'imaginait déjà sérieux et méticuleux. Est-ce qu'ils arriveraient à coexister? Cette pensée la fit rire de plus belle. Rose entendit frapper doucement à sa porte et reconnut la voix familière de sa mère.
— Je peux entrer? demanda Hermione. Tu as reçu des propositions impressionnantes, Rose, avec fierté. Je sais à quel point tu as travaillé dur pour en arriver là.
Rose esquissa un sourire en coin, son regard restant détaché, presque perdu dans ses pensées.
— Oui, c'est vrai, murmura-t-elle.
Hermione hésita un instant, se demandant si elle devait vraiment dire ce qu'elle avait en tête. Rose avait toujours été farouchement indépendante, et elle ne voulait pas risquer de la brusquer. Pourtant, en la voyant perdue et en proie au doute, Hermione ne put s'empêcher de poser doucement une main sur son épaule.
— Ça n'a pas l'air de te faire plaisir?
Rose haussa légèrement les épaules, évitant le regard de sa mère.
— Je devrais être excitée, non? dit-elle en passant ses doigts sur l'une de ses lettres. Le Département des Accidents et Catastrophes Magiques propose de recruter. C'est une belle offre, mais j'ai du mal à me voir enfermée dans l'un des bureaux du Ministère.
Hermione acquiesça, une lueur de compréhension dans les yeux.
— Je comprends. Ce n'est pas pour toi. Mais tu as aussi d'autres options, non?
— Peut-être. Mais c'est que parfois j'ai l'impression de ne plus savoir ce que je suis censée faire. J'ai toujours eu des plans. Aujourd'hui, je n'ai plus cette certitude.
— C'est normal, tu te sens perdue après un tel changement. Ce n'est pas parce que tu ne sais pas encore ce que tu veux que tu as tout raté.
Hermione la regarda avec tendresse.
— Rose, tu es cette femme forte et indépendante qui a toujours su avancer, même quand le monde semblait vouloir te retenir. Tu es Rose Anne Weasley, et personne ne peut te définir autrement que par ta propre volonté.
Rose releva les yeux, surprise par la douceur dans les paroles de sa mère. Hermione serra doucement sa main.
— Les autres ne comptent pas, Rosie. Ce qui compte, c'est ce que toi tu veux. Je t'aime pour la personne que tu es, pas pour les attentes que le monde pourrait avoir de toi.
Rose sentit sa gorge se serrer. Elle inspira profondément.
— Travailler avec des gens, les aider. C'est simple et authentique.
Un sourire se peignit sur le visage d'Hermione.
— Ça te ressemble, toujours prête à aider les autres à ta manière.
Rose se sentit apaisée par les paroles de sa mère. Elle s'approcha doucement, puis l'enlaça tendrement. Hermione, surprise mais touchée, passa ses bras autour de sa fille et la serra contre elle. Rose posa la tête sur l'épaule de sa mère et murmura :
— Merci, Maman. Ça m'a beaucoup aidé de t'en parler.
— Je suis heureuse que tu l'aies fait.
Rose hocha doucement la tête.
— Je vais réfléchir à tout ça.
Hermione se leva alors, caressant délicatement la joue de sa fille avant de se diriger vers la porte.
— Maman ?
— Oui ?
— Je t'aime aussi.
Hermione lui sourit avant de fermer la porte de sa chambre. Elle s'adossa contre la porte, songeuse. Rose, sa petite fille qui avait grandi si vite, semblait toujours se débattre avec l'ombre de ses parents. Hermione se remémora son entrée à Poudlard : elle s'était battue pour être reconnue dans cet univers qui lui était nouveau, le monde des sorciers. Elle avait traversé des épreuves similaires et savait que la route serait longue pour sa fille. Avec le temps, elle savait que Rose réaliserait qu'elle était suffisamment forte pour briller d'elle-même et que son identité ne dépendrait pas de son héritage. Elle savait que la route serait parsemée d'obstacles, mais elle avait confiance en sa fille. Rose était spéciale, et un jour elle le comprendrait.
En début d'après-midi, Rose transplana juste devant la maison des Potter, qui résidait à Godric's Hollow. Cela faisait plusieurs semaines qu'elle n'avait pas rendu visite à sa tante Ginny et à son parrain Harry. Elle avait pensé qu'une visite de dernière minute lui ferait du bien. Dès qu'elle frappa à la porte, celle-ci s'ouvrit presque instantanément, révélant le visage de sa cousine Lily Potter.
Lily était le parfait mélange de ses deux parents. Elle avait hérité des yeux marron de sa mère Ginny, qui semblaient capter chaque détail, ainsi que des traits doux et élégants de son père Harry. Ses cheveux d'un roux flamboyant, ondulés et indisciplinés, tombaient en cascade sur ses épaules, lui donnant un air à la fois sauvage et déterminé. Bien que plus jeune que Rose, elle dégageait une confiance naturelle, une énergie vive qui illuminait toujours la pièce dans laquelle elle se trouvait. Lily était aussi très sportive, ayant hérité du talent de sa mère pour le Quidditch, et son sourire espiègle témoignait d'une personnalité à la fois audacieuse et pleine d'humour.
— Rosie ! s'écria Lily en l'attirant dans une étreinte chaleureuse.
Un sourire éclaira le visage de Rose, ravie de retrouver sa cousine.
— Salut, Lily.
— Entre donc.
Rose entra dans la maison, retrouvant immédiatement cette ambiance chaleureuse et réconfortante. L'intérieur était spacieux, décoré de photos de famille magiques qui s'animaient sur les murs, reflétant des moments heureux et des souvenirs précieux. Elle suivit Lily jusqu'au salon.
— Rose ! Quel plaisir de te voir, s'exclama Ginny en apparaissant dans la pièce.
— Bonjour, tante Ginny.
Ses yeux balayèrent la pièce, et elle aperçut Albus installé sur le canapé, discutant tranquillement avec Scorpius Malefoy. Les yeux clairs de ce dernier se levèrent vers elle.
— Salut, Rose, lança Albus en se levant pour la prendre dans ses bras.
— Salut, Weasley, lança à son tour Scorpius
— Salut, Malefoy, dit-elle en arquant un sourcil. Sérieusement, j'ai l'impression de te croiser partout où je vais. Tu devrais peut-être élargir ton cercle d'amis.
Scorpius haussa les sourcils, un air moqueur effleurant son visage.
— Et toi, tu devrais arrêter de croire que je te suis. Tu n'es pas aussi difficile à éviter que tu le penses, répondit-il d'un ton égal, ses yeux brillant d'une lueur légèrement amusée.
Rose, feignant l'indifférence, s'installa sur un fauteuil proche du canapé. Lily, la rejoignit rapidement avec un plateau de thé, qu'elle posa sur la table basse.
— Tiens, un peu de thé, dit Lily en lui tendant une tasse.
Rose prit la tasse, remerciant sa cousine. prenant la tasse. Elle laissa ses pensées vagabonder un instant, son regard se perdant sur la pièce. Lily, s'installa en face d'elle.
— Je dois dire que je ne m'attendais pas à te voir ici aujourd'hui, lança Lily, brisant le silence avec un air curieux.
Rose surprise, leva légèrement un sourcil.
— Pourquoi donc ?demanda-elle d'un air interrogateur
Lily haussa doucement les épaules, son ton devenu plus naturel, presque comme une évidence.
— Je pensais que tu passerais du temps avec Frank.
Un silence suivit cette remarque. Rose garda les yeux rivés sur sa tasse, ses doigts jouant légèrement avec le bord. Elle n'avait pas envie de s'attarder sur ce sujet, mais la remarque de Lily avait soulevé une vérité à laquelle elle pensait depuis son retour.
— Il est occupé, répondit-elle. Avec ses entraînements de Quidditch.
Le ton de Rose restait neutre, presque indifférent, mais il y avait une légère tension que Lily perçut immédiatement. Sans insister, elle hocha la tête en signe de compréhension.
— J'imagine que ça doit être compliqué, dit-elle simplement.
Rose hocha la tête en silence, mais elle ne répondit pas, préférant ne pas s'attarder sur ce qu'elle ressentait vraiment à ce sujet.
Au même moment, Harry entra dans la pièce, revenant du travail. Toujours vêtu de sa tenue d'Auror, il semblait fatigué, mais son visage s'éclaira en voyant les jeunes réunis dans son salon. Il s'arrêta un instant, ses lunettes glissant légèrement sur son nez.
— Salut, tout le monde, dit-il en souriant.
Il s'approcha de Rose et s'assit en face d'elle, dans un fauteuil.
— Rose, ça fait plaisir de te voir ici. Comment tu vas ?
Rose sourit doucement.
— Ça va bien, merci, Oncle Harry, répondit-elle.
— Alors, où en es-tu dans tes projets ? Tu cherches du travail ?
Rose approuva d'un signe de la tête, avant de répondre.
— J'y réfléchis encore. J'ai reçu une proposition du Ministère, un poste au Département des Accidents Magiques, mais...Ça ne m'intéresse pas vraiment.
Scorpius, qui discutait tranquillement avec Albus, jeta un regard discret vers Rose en entendant cela, mais ne fit aucun commentaire, se contentant de suivre la conversation. Rose continua, se tournant vers Harry.
— Par contre, j'ai aussi eu une proposition pour un poste à Sainte-Mangouste, dit-elle avec plus d'enthousiasme. C'est beaucoup plus en phase avec ce que je veux faire. La magie médicale m'a toujours fascinée.
Harry hocha la tête, visiblement impressionné.
— Sainte-Mangouste ? C'est un excellent choix, Rose. La magie médicale est une spécialisation exigeante, mais je sais que tu es plus que capable, dit-il avec un sourire.
Un sourire étira les lèvres d'Albus, jusque-là silencieux, tandis qu'il se penchait légèrement en avant.
— Ça te correspondrait parfaitement, Rose. Tu as toujours été la plus douée pour analyser des situations complexes.
Lily, qui observait l'échange, intervint joyeusement :
— Oh, mais si tu acceptes ce poste à Sainte-Mangouste, toi et Scorpius seriez collègues ! Quelle belle équipe, dit-elle
Scorpius se contenta d'hocher la tête.
— Ce serait comme revenir à Poudlard, avec vous deux toujours en train d'essayer de savoir qui est le meilleur, lança Albus, amusé.
Rose leva les yeux au ciel, se rappelant les moments à Poudlard où leur rivalité académique les poussait constamment à se mesurer l'un à l'autre.
— Oh, Malefoy, si jamais tu fais une erreur, je serai là pour te corriger. Je suis sûre que tu es ravi à cette idée.
Scorpius releva la tête vers elle, une lueur malicieuse dans les yeux.
— Pas vraiment, mais je tâcherai de te priver de ce plaisir.
Harry, observant l'échange, laissa un sourire étirer ses lèvres avant que Lily ne l'interpelle :
— Papa ? Pourquoi tu souris comme ça ?
Harry croisa les bras, jetant un coup d'œil à Ginny,.
— Oh, rien, dit-il avec une légèreté. Ça me rappelle juste…
Ginny, qui était restée silencieuse, éclata de rire doucement en secouant la tête.
— Oh, ça y ressemble un peu, murmura-t-elle en échangeant un regard complice avec son mari.
Rose fronça les sourcils d'un air interrogateur. Elle ouvrit la bouche, mais Harry continua d'un ton tranquille :
— Le boulot a été intense ces derniers temps. On surveille un réseau suspect qui semble vouloir relancer des pratiques interdites. Rien de très concret encore, mais assez pour nous inquiéter.
Albus releva la tête, intrigué.
— Quel genre de pratiques ? demanda-t-il.
Harry haussa les épaules
— Des sorts interdits, des artefacts anciens qui réapparaissent… C'est encore flou, mais ça ressemble à une tentative de réunir un groupe organisé. On collabore avec d'autres ministères pour suivre les pistes.
— Ça a l'air sérieux, déclara à son tour Scorpius, fronçant légèrement les sourcils.
Harry acquiesça avant d'ajouter, comme pour clore le sujet :
— On reste prudents, mais ne vous inquiétez pas. C'est le genre de situation qu'on a déjà traversé. On s'en occupe.
Avec un sourire destiné à alléger l'atmosphère, il se leva et disparut dans la cuisine, laissant le sujet en suspens. Rose, cependant, resta pensive, ses doigts jouant distraitement avec le bord de sa tasse. Elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine appréhension, mais elle chassa rapidement ses pensées pour se concentrer sur les discussions légères autour d'elle.
La remarque de Harry résonnait encore dans son esprit. "Ça me rappelle juste". Le ton léger qu'il avait adopté semblait délibéré, pour masquer quelque chose. Mais quoi ? Ou plutôt… qui ?
Elle releva lentement la tête, cherchant à croiser le regard de Harry, mais il s'était occupé à discuter avec Ginny dans la cuisine. Ses pensées tourbillonnaient, s'accrochant à cette phrase énigmatique.
Elle serra les lèvres, détournant les yeux, agacée par ses propres pensées. Pourquoi s'en souciait-elle autant ? Ce n'était probablement rien, juste une remarque sans conséquence. Harry parlait peut-être de ses propres souvenirs avec Ginny, ou même de quelque chose de totalement anodin. Et pourtant, ce "quelque chose" continuait de piquer sa curiosité, de s'infiltrer dans son esprit, refusant de la laisser tranquille.
Ses yeux glissèrent vers Scorpius, mais il semblait totalement absorbé par la conversation avec Albus, son visage serein et détaché. "Bien sûr qu'il ne s'en préoccupe pas," pensa-t-elle en levant les yeux au ciel. "C'est Scorpius Malefoy. Pourquoi se poserait-il des questions, lui ? Il a toujours ce fichu air de savoir tout mieux que tout le monde."
Rose finit par se redresser, prenant une gorgée de son thé pour se donner une contenance. Elle chassa ses pensées d'un mouvement rapide de la tête. Peut-être qu'elle poserait la question à Harry plus tard. Ou peut-être pas. Parfois, il valait mieux laisser certaines choses enfouies, même si une partie d'elle détestait cette idée.
Scorpius était allongé sur son lit, les bras croisés derrière sa tête, fixant le plafond d'un air absent. La lueur de la lune filtrait à travers les rideaux, enveloppant la pièce d'une douce clarté. À côté de lui, Daisy Blaise dormait paisiblement, ses cheveux bruns retombant en mèches délicates sur son oreiller. Son souffle calme et régulier accompagnait le silence. Daisy était belle, mais d'une beauté discrète, presque timide. Ce n'était pas ce qui l'avait attiré chez elle, cependant. Ce qu'il aimait le plus, c'était sa douceur, sa manière d'être présente sans s'imposer, et cette patience infinie qu'elle avait toujours eue avec lui. Avec Daisy, il n'y avait pas de conflits, pas de drames. Leur relation était simple, stable.
Il se souvint de la manière dont ils s'étaient rapprochés : progressivement, et ils avaient commencé à sortir ensemble en septième année. Scorpius sentit la culpabilité s'insinuant dans sa poitrine. Elle lui avait offert tout ce qu'il n'avait jamais osé espérer : une affection sincère. Et pourtant, malgré les quatre années qu'ils avaient passées ensemble, quelque chose manquait. Une ombre planait toujours sur leur relation : une absence, un vide qu'il n'arrivait pas à combler. Leur attachement était sincère, mais jamais intime. Non pas qu'il n'y avait pas eu d'occasions ou de moments où les choses auraient pu évoluer, mais il s'était toujours retenu, sans vraiment comprendre pourquoi.
Daisy ne lui avait jamais fait de reproches à ce sujet. Elle ne posait pas de questions, mais Scorpius savait qu'elle se les posait en silence. Était-elle heureuse ? Lui, l'était-il vraiment ? Ces doutes s'étaient insinués dans leur quotidien, discrets mais présents, comme une fissure presque invisible sur une surface détourna les yeux, fixant à nouveau le plafond. Les réponses lui échappaient, comme elles le faisaient toujours. Il avait toujours voulu croire que Daisy était ce qu'il lui fallait, la bonne personne. Et, comme toujours, ses pensées dérivèrent vers elle. Rose.
Rose Weasley, avec son rire éclatant et son caractère fougueux. Rose, qui s'imposait dans son esprit même lorsqu'il essayait de l'en chasser. Avec elle, il n'y avait jamais eu de calme, jamais de simplicité. Elle l'avait tour à tour, fasciné, frustré, agacé et… ébloui.
À l'époque, il s'était senti comme un étranger dans son monde, un univers dans lequel il n'avait pas vraiment sa place. Rose brillait avec son éclat, obstinée et compétitive, et elle l'avait immédiatement perçu comme un rival. Au début, cette rivalité l'avait surpris, mais il avait fini par s'en sentir flatté, sans jamais comprendre pourquoi elle l'avait choisi, lui, pour adversaire. Avec les années, elle n'était plus seulement une adversaire redoutable; elle était devenue quelqu'un de bien plus important.
Flashback
Le 14 juillet 2021
Le soleil commençait à décliner sur Shell Cottage, inondant le jardin de lumière dorée qui semblait danser sur la surface de l'océan tout proche. Le son des vagues se mêlait aux éclats de rire et aux conversations des invités. Des guirlandes de fleurs enchantées flottaient doucement au-dessus des tables décorées, tandis que des lanternes illuminaient peu à peu, donnant à l'ensemble une allure presque féerique.
Scorpius s'adossa à un arbre, observant la foule autour de lui, se sentant un peu étranger à cette atmosphère. Les Weasley avaient une chaleur, une exubérance même, qui le faisait se sentir légèrement en décalage. Il observa un instant les invités; certains dansaient, d'autres discutaient avec animation près des tables de réception. Son regard se posa presque inconsciemment vers Rose.
Elle riait, la tête légèrement rejetée en arrière, en compagnie de son père, Ron Weasley. Ce rire s'éleva dans l'air comme une mélodie qui, cette fois, sembla résonner au plus profond de lui, éveillant quelque chose d'inattendu. Il l'avait déjà trouvée belle, bien sûr, mais ce soir, elle semblait lumineuse, presque irréelle. Sa robe mauve capturait la lumière du crépuscule.
Scorpius s'attarda sur chaque détail : la douceur de ses traits, l'éclat dans ses yeux en riant, la manière subtile dont ses cheveux roux reflétaient les derniers rayons du jour. Scorpius sentit un nœud se former dans sa gorge. Une chaleur inattendue envahit son corps, une chaleur qu'il ne savait pas apaiser. Ses mains, jusque-là immobiles, se serrèrent légèrement. Une partie de lui vacillait, ses pensées s'embrouillaient, tiraillées entre l'envie de continuer à la regarder et celle de détourner les yeux pour ne pas se perdre davantage. Et pourtant, il ne pouvait pas s'en empêcher.
— Scorpius, t'es là ?
La voix d'Albus l'interrompit, brisant son moment de contemplation. Scorpius se retourna pour voir son meilleur ami s'approcher, le sourire aux lèvres, tenant deux verres à la main.
— Tu ne danses pas? demanda Albus.
— Pas vraiment mon truc, répondit Scorpius, tentant de reprendre le contrôle de ses pensées.
Albus, fidèle à lui-même, ne sembla pas s'en formaliser et s'installa à côté de lui. Il tendit un verre à Scorpius avant de lui lancer un regard curieux.
— Tu as l'air… ailleurs. Quelque chose te tracasse?
Scorpius haussa les épaules, évitant soigneusement de croiser le regard d'Albus.
— Non, rien de particulier. Je observais juste… les invités, répondit-il vaguement.
Albus leva son verre. Son regard, malgré lui, se posa à nouveau sur Rose, qui, cette fois, dansait avec Frank. Son cœur se serra. Frank était arrivé quelques instants plus tôt pour rejoindre Rose sur la piste, et tous deux virevoltaient sous les lanternes. La musique douce donnait un rythme élégant à leurs mouvements, et la robe mauve de Rose tournoyait autour d'elle avec une grâce.
Scorpius sentit quelque chose remuer en lui: une sensation étrange et inconfortable. Une amertume, lente et insidieuse, se propagea en lui comme un poison. Son regard restait inexorablement accroché à eux, et à chaque instant, cette sensation dévorante gagnait en intensité. Il ne comprenait pas pourquoi cela le touchait autant, mais il ne pouvait s'empêcher de se demander ce que cela ferait d'être à la place de Frank. De capturer l'attention de Rose avec cette même aisance. D'être celui qui provoquait son rire.
Une vague de malaise l'envahit, vite suivie par sensation plus pesante: la culpabilité. Il jeta un coup d'œil vers Albus, qui sirotait son verre en parlant avec insouciance, inconscient du tumulte intérieur de son ami. Comment pouvait-il ressentir cela pour Rose, la cousine d'Albus? Sa meilleure amie depuis toujours?
Il détourna les yeux, cherchant un refuge, un moyen de calmer le chaos de ses pensées. Son regard croisa alors celui d'Hermione Granger-Weasley. Elle était un peu plus loin, en train de discuter avec Ginny Potter. Leurs regards se rencontrèrent brièvement, et Hermione lui adressa un léger sourire. Ce sourire était presque imperceptible, mais il dégageait une chaleur maternelle et rassurante.
Ce simple geste eut l'effet d'un baume sur le cœur agité de Scorpius. Il ne savait pas si Hermione avait réellement perçu un trouble en lui, ou si elle souriait simplement par politesse. Mais ce sourire, aussi bref qu'il fut, l'avait touché bien plus qu'il ne l'aurait cru.
Scorpius inspira discrètement, tentant de calmer l'agitation qui régnait encore en lui. Albus racontait une anecdote, mais les mots résonnaient à peine dans son esprit.
Il hocha machinalement la tête, se forçant à écouter son ami, mais il ne pouvait s'empêcher de revoir le sourire d'Hermione dans son esprit, et la légère accalmie qu'il avait provoquée en lui. C'était comme un rappel silencieux qu'il devait garder son calme, qu'il avait encore un équilibre à maintenir, même si tout en lui semblait vaciller.
Fin du FB
Scorpius poussa un soupir, laissant ses pensées vagabonder vers cette période qu'il aurait préféré oublier.
En cinquième année, lorsque Rose avait commencé à sortir avec Frank Longdubat, il s'était retrouvé spectateur de leur relation, incapable d'ignorer la douleur sourde qui l'envahissait à chaque sourire ou éclat de rire qu'ils partageaient. Une part honteuse de lui espérait leur séparation, un désir qu'il ne pouvait admettre sans ressentir une profonde culpabilité.
Quand leur relation avait pris fin à la fin de l'année, un étrange mélange de soulagement et de malaise l'avait envahi. Mais ce répit fut de courte durée : Rose s'était rapidement mise en couple avec Alex Corner, un Serdaigle dont la simplicité contrastait avec Frank. Cette fois encore, Scorpius avait refoulé ses sentiments, s'efforçant de rester impassible, même si chaque geste tendre qu'elle adressait à Alex lui serrait un peu plus le cœur.
En septième année, leur réconciliation avec Frank avait ravivé cette douleur qu'il pensait maîtriser. Il avait assisté, impuissant, à leur rapprochement, comme si un chapitre qu'il avait espéré clos s'ouvrait à nouveau devant lui. Finalement, il s'était confié à Albus, avouant ses sentiments dans un moment de vulnérabilité.
— Scorp', tu aurais dû m'en parler plus tôt, avait répondu Albus, sincère mais surpris.
Même après cet aveu, Scorpius se sentait pris au piège de sentiments qu'il percevait comme interdits. Rose ne l'avait jamais vu autrement que comme un ami, et il s'efforçait de se contenter de ces instants rares où elle laissait tomber sa garde, où son rire éclatant éclairait une pièce, où il pouvait croire, juste un instant, qu'il comptait pour elle. Il tourna la tête vers Daisy, son souffle paisible contrastant avec son esprit tourmenté. Elle méritait quelqu'un de tout entier, et il savait qu'il ne pouvait être cet homme. Pas tant que Rose continuait de hanter ses pensées. Scorpius ferma les yeux, laissant un long soupir s'échapper. La lune, toujours brillante, inondait la pièce d'une lumière paisible, mais son esprit restait en proie à la tempête.
Voici la fin de ce deuxième chapitre ! Un peu plus long cette fois, je commence tout juste à poser les bases, haha. Avez-vous deviné la petite allusion à Harry ?N'hésitez pas à me laisser un commentaire pour partager ce que vous avez apprécié ou vos critiques constructives. Je serais ravie de lire vos retours !
Le prochain chapitre sera probablement posté à la fin de la semaine prochaine. Prenez soin de vous !
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