Musique d'écriture :Once Upon a Dream - Lana Del Rey


Scorpius posa son dos contre un arbre, les fesses dans la neige.

Il s'était éloigné et avait passé la barrière du jardin, pensant s'isoler totalement de l'agitation, mais les voix lui parvenaient encore de la maison. Les Potter-Weasley étaient décidément bruyants.
Il gratta la neige, la laissa fondre sous ses ongles. Ses doigts devinrent vite rouges, puis prirent une teinte bleue. Il ne sentait pas le froid, sa poitrine se contractait douloureusement. Il voulait partir d'ici, il n'avait plus rien à faire dans cette maison. Il ne s'y sentait pas à sa place. Il aurait voulu rentrer chez lui mais des sorts de protection condamner l'accès au manoir et personne n'y rentrait sans y avoir été invité. Son père ne l'attendait pas maintenant. Il était surement à l'hôpital de toute façon. Appeler ses grands-parents auraient soulevé trop de questions et augmenter la méfiance entre les deux familles n'étaient pas une bonne idée.

Il tapait du pied, énervé à l'idée d'être coincé sur place.

Apathique?C'est ainsi que l'avait décrit Teddy Lupin. Il serra les dents. Il n'était pas apathique! Merde, il était vivant, il ressentait! Il n'était pas un corps sans émotion, sans passion, il ressentait plus qu'assez, il était harcelé par ses peurs et ses sentiments et ce n'est pas parce qu'il ne les exprimait pas avec fracas qu'il était mort à l'intérieur. Il n'était pas sans vie, un cadavre vide…. Juste un corps…

Saleté de Lupin!

Il baissa la tête, posa le front sur ses genoux, et tout son corps se contracta. A nouveau, il se retrouva deux années en arrière, allongé sur le ventre sur un matelas blanc, paralysé car son corps était pétrifié, aphone car ses cordes vocales avait été retirées; son dos et son cou mouillés par la salive et la sueur d'un homme qu'il haissait et le terrifiait; des jambes puissantes enserraient les siennes et un corps lourd écrasait le sien, se tordait et convulsait contre lui.

Il serra les poings, sortant de son cauchemar, tremblant.

— Qu'il aille se faire foutre, qu'ils aillent tous se faire foutre !

— Eh bien, on peut savoir ce qui te met dans cet état ?

Scorpius sursauta et releva la tête. Evan se tenait au-dessus de lui, la main appuyée sur l'arbre. Il lui fit un clin d'œil.

— Salut, P'tite Chose.

Scorpius détourna les yeux et ne répondit pas.

— Tu vas attraper froid. Tu n'as même pas pris de manteau.

Scorpius regarda ses bras nus. Pas de manteau en effet! Il n'y avait même pas pensé, il devait être plus furieux qu'il ne le pensait… ou plus ivre.

Il entendit un cliquetis de verre, et vit Evan sortir deux bouteilles de bière des poches de son manteau. Il en déboucha une qu'il tendit à Scorpius. Le garçon la prit sans mot, sans remerciement.
Le garçon prit cela pour une invitation et il s'assit à côté de lui, épaule contre épaule. Le contact ne lui déplut pas, il était trop privé de chaleur pour repousser un corps contre le sien. Il se dit que c'était « pratique » même s'il se doutait qu'Evan avait une autre idée de cette proximité.
Il attendit un instant dans le silence, alors qu'un vent léger mais froid leur giflait le visage, puis une main glissa sur sa cuisse, d'abord hésitante puis ferme alors qu'elle caressait l'intérieur de sa jambe et remontait vers son entrejambe. Il sentit Evan se rapprocher de lui, tourner son corps vers le sien. Son souffle chaud et humide était sur sa gorge et Scorpius frissonna quand les lèvres touchèrent la peau sous son oreille, avant de descendre dans son cou. La main qui agrippa sa taille était brulante et tremblait un peu.

Il l'ignora et continua à boire, surprit d'apprécier ses mains chaudes. Mais quand Evan passa sa langue sur sa gorge, il sursauta et posa les mains sur ses épaules du garçon pour le repoussa. Il parvint à le détacher de son corps.
Evan avait le regard obscurcit, ses yeux bruns étaient presque noirs.
— Quoi? demanda-t-il avec un léger sourire. Albus n'est plus un problème non?

Scorpius sentit son cœur lui faire mal, il retira ses mains, laissant le garçon l'embrasser à nouveau, ses lèvres reprirent leur place sur sa gorge et Scorpius gémit quand il le mordit.

Il était un peu brutal et il tremblait trop mais Scorpius aimait réellement ses mains chaudes.

Il ne se défendait plus et il ne le repoussait pas. Evan se plaça contre lui, écartant ses jambes avec ses genoux. Il l'écrasa contre l'arbre et attrapa ses lèvres. Sa bouche était chaude quand sa langue rentra dans sa bouche. Il tirait sur ses hanches jusqu'à lui faire mal et par réflexe Scorpius planta ses ongles dans l'écorce de l'arbre, s'agrippant pour se maintenir assis. Les lèvres étaient sur ses joues et sur sa gorge. Les écorces rentraient dans sa peau à travers son t-shirt. Il sentit une fraicheur et des picotements sur ses épaules.

— Je crois que je saigne.
Il murmurait si bas que sa voix se perdait au bord de ses lèvres.

Les mains d'Evan étaient sur lui et tiraient. Scorpius finit allongé sur le garçon. Dursley se collait contre lui, son érection contre son ventre et sa respiration dans son cou alors que ses lèvres parcouraient sa gorge.

— J'ai froid.

Il regarda le ciel, y trouva un coin sans nuage où il vit les étoiles. Il lui semblait sombrer. Les mains d'Evan étaient sur lui, mais il les sentait à peine…

— Je ne ressens plus rien. J'ai froid…

Il se sentait engourdi… paralysé !

— Arrête !

Dans un sursaut, il le repoussa avec tant de force qu'Evan tomba à la renverse. Scorpius garda les bras tendus devant lui, raide.

— Non! dit-il sèchement, les yeux fixés sur le garçon.

Evan parut surpris, puis il se redressa dans la neige.
— OK, dit-il en haussant les épaules.

Scorpius haussa les sourcils, décontenancé, les bras toujours tendus devant lui.
— OK ?

Evan sourit.
— Oui, j'en ai très envie, mais si tu ne veux pas… expliqua-t-il avec une profonde désinvolture, comme si on lui avait refusé un bonbon.

Scorpius déglutit péniblement et baissa doucement les bras, méfiant. Evan ne bougeait pas et se redressa contre le tronc.

— J'ai froid, dit Malfoyl en ramenant ses jambes contre lui.

— Tu veux rentrer ?

Scorpius hocha la tête. Il ne voulait pas y retourner, pas tout de suite. Evan enleva son écharpe et l'enroula autour de ses épaules.

— C'est assez ?

Scorpius ne répondit pas, tremblant, et Evan lui donna son manteau. Cette fois, Malfoy fut sur le point de refuser.

— J'ai un pull qui me tient bien assez chaud, dit Evan en plaçant son manteau sur ses genoux. Il n'y a presque plus de vent.

Il reprit sa place à côté de lui, leurs flancs se touchaient, mais Dursley ne tenta rien de plus.

— Teddy m'a dit que j'étais apathique.
Scorpius parut stupéfait un instant, comme s'il avait parlé malgré lui. Il déglutit et sa voix devint un murmure.
— Ça m'a énervé.

— Pathétique ?

— Non, apathique.

Evan haussa les sourcils et Scorpius élabora.
— En gros, je ne ressens rien. Je ne désire rien. Je suis… vide.

— Heu, ouais, c'est dur comme insulte, dit-il, peu convaincu.

Scorpius serra le manteau autour de lui et se mordilla la lèvre inférieure.
— Dans mon contexte, c'est plutôt vrai, et c'est ça qui m'a fait mal. Enfin, d'une certaine façon.

Evan tira sur les manches de son pull pour recouvrir ses mains, croisa les bras et se blottit un peu plus contre le tronc.
— J'attends la suite. Il y a une suite, non ?

— Hum, je ne suis pas très bavard.

— J'ai tout mon temps.

— Pourquoi je te parlerais à toi ?

— Parce que tu te fous de ce que je pense. Et que je ne suis pas de ton monde.

Les mots sonnaient juste pour Scorpius, il sentit un poids, qu'il n'avait pas conscience de porter, disparaître de ses épaules. Mais il ne savait toujours pas quoi dire.

— Par où je commence…? murmura-t-il, les yeux perdus sur les arbres gelés.

— Tu n'es pas très à l'aise ici, non ?
Scorpius ne répondit pas, et Evan poursuivit :
— Tu es un peu comme Amanda et moi, tu ne te sens pas à ta place, on te regarde avec curiosité.

— Si mon grand-père t'entendait… Nous comparer toi et moi… il n'aimerait pas ça.

— Parce que je suis incapable de faire voler des trucs avec un bout de bois ?

Scorpius eut un sourire triste et acquiesça doucement, ce qui fit rire Evan.
— Alors, qu'est-ce qui se passerait s'il savait que je t'ai touché ?

Malfoy reçut l'équivalent d'un coup de poing dans le ventre et refusa de le regarder. Il n'y avait pas pensé ! Un Moldu ?!...

Evan lui donna un coup de coude.
— Te rends pas malade.

— Ce n'est pas…

— C'est bon, ne t'inquiète pas.

Il hésita et s'humidifia les lèvres avant de rire doucement :
— Mes grands-parents vous prennent pour des monstres, de toute façon.

Malgré l'insulte, cette révélation rassura presque Scorpius. L'intolérance n'existait pas que du côté des sorciers.
A son tour, il observait le garçon et attendait la suite de l'histoire.
— Je vois à peu près qui sont tes parents, continua Evan. Ce que ta famille a fait. Tu sais que mon père est le cousin de Harry ?

Scorpius acquiesça, même s'il ne s'était même pas posé la question.
— Mes grands-parents l'ont recueilli à la mort de ses parents. Recueillis est un grand mot… ils ont été forcés de l'héberger, mais ça, c'est une autre histoire. Mon père a dû quitter la maison de son enfance quand ce type, Voldemort, c'est ça ?
Scorpius grimaça à la prononciation du nom et Evan continua :
— Apparemment, lui et ses hommes recherchaient Harry et ils étaient prêts à torturer et tuer tous ceux qui pourraient l'aider ou le cacher.
Scorpius ne répondit pas. Il ne répondait jamais à ce genre de conversation.
— Un passé comme celui-là ne doit pas être facile à porter, ici encore plus qu'ailleurs. Mais si tu as été accueilli dans cette maison, c'est qu'ils considèrent cela comme du passé, non ?
Scorpius secoua la tête, ramena le manteau autour de ses épaules et grimaça.
— Tu mets trop de parfum, ton col empeste.
Evan reprit une des bouteilles de bière qu'il avait laissées dans la neige.
— Oui, peut-être.
Scorpius humidifia ses lèvres, une mauvaise idée car elles semblèrent geler d'un coup avec le froid. Les mots lui venaient pourtant, roulaient sur sa langue, avec une facilité déconcertante.
— Nous n'avons pas payé. Nous avons eu de la chance. Nous n'avons pas payé. Pas vraiment.
Il frottait nerveusement ses mains contre son pantalon.
— Je le sais, ma famille le sait. On est passés entre les mailles du filet. Pas de justice.

Son discours était décousu, mais il sentait qu'il devait continuer.
— Mon grand-père a réussi à échapper à la prison après la première guerre, et puis à la deuxième. Il méritait d'y aller.
Scorpius fit une pause, le regard perdu sur le paysage gelé. C'était la première fois qu'il révélait cela. Sa voix était un murmure :
— Je l'aime. Mais je sais ce qu'il a fait et… il méritait d'y aller. Ils n'ont pas payé. Nous sommes encore une des familles les plus riches de ce pays et nous ne manquons de rien, pas vraiment, pas de l'essentiel. Nous avons eu de la chance, encore et encore.

Il expira, sa voix se teinta d'une pointe d'exaspération.
— Et les gens le savent. Ils sont amers et en colère. Ils nous détestent. Et moi… pour certains, je suis une insulte de plus.
Il se tourna vers le garçon et le toisa :
— Tu me trouves beau ? Attirant ?
Son ton était méprisant.
— Tu n'es pas le seul. Je fais cet effet. J'ai compris bien assez tôt l'effet que je produisais. C'est un schéma pervers : ils me haïssent, mais je les fais bander. Ça les dégoûte et moi aussi. Et ils veulent me le faire payer, comme si je devais une double dette, par mon nom et par mon apparence.

Il tira sur l'écharpe pour s'en libérer.
— Rien qu'en parler me donne la nausée. Je me fous de cette guerre… je n'ai pas à payer… !

— Tu te rends compte que ce que tu dis n'a pas de sens ? C'est même assez arrogant de penser cela. Tu n'as pas autant d'importance.
Il ne laissa pas Scorpius répliquer.
— Pour ma part, je ne te trouve pas… comment tu as dit ? Apathique ? Quand je t'ai vu, je t'ai trouvé froid et méprisant.
— C'est agréable… souffla Scorpius.
Evan ne sembla pas l'avoir entendu et continua :
— Je comprends mieux pourquoi, maintenant. Mais je pense que tu dramatises. Je ne dis pas que tu n'attires pas des tarés de temps en temps, mais tu ne peux pas tout généraliser. Parmi ces gens, il y en a qui sont comme moi. J'ai envie de toi pour toi. Pour tes jambes incroyablement longues et fines, tes petites fesses rondes, et pour ce visage sublime.
Scorpius se raidit et secoua la tête.
— T'es un beau parleur, mais ce que tu dis ne me rassure pas du tout.
— Désolé, mais c'est la première impression que tu donnes. Ensuite tu ouvres la bouche et on a un aperçu de ton sale caractère. Et là, il faut s'accrocher pour ne pas débander.
— Tu es écœurant.
— Pourquoi ? Parce que tu me fais de l'effet ? J'ai presque 18 ans, je pense au sexe toute la journée. Le fait que ce ne soit pas le cas pour toi, c'est ça qui est bizarre.
— Je m'y mets tout doucement. Mais c'est compliqué…
— Alors explique-moi.
À nouveau, Scorpius sentit que les mots roulaient sur sa langue et menaçaient de passer ses lèvres. Mais cela ne lui semblait pas juste. Quelque chose n'allait pas.
— Ce n'est pas à toi que je dois expliquer ça.
Une voix s'éleva derrière eux.
— Non, en effet.
Scorpius sursauta et aperçut Albus qui contournait le tronc. Il n'avait pas pris de manteau non plus, et cela ne semblait pas le gêner. Il s'approcha et prit le blouson des genoux de Scorpius et le tendit à Evan. Il n'attendit pas qu'il le prenne et le jeta sur lui.
— On rentre.

Et il attrapa le bras de Scorpius et le souleva. Malfoy eut d'abord envie de protester et de lui dire d'aller se faire foutre, mais la poigne sur son avant-bras, malgré sa dureté, était réconfortante. Le garçon l'entrainait vers la maison à grande enjambée, le trainant d'une main ferme. Il ne le regardait pas et continuer à avancer vers les lumières de la maison.

— Albus ! appela Malfoy, mais le garçon l'ignorait et le tirait toujours derrière lui.

— Albus ! Il stoppa, les pieds fermement enfoncés dans la neige, obligeant Potter à se retourner. — Où est-ce que tu vas comme ça ?

Albus montra la maison et regarda Scorpius comme s'il était un enfant qui ne comprenait pas la base.

— À l'intérieur.

— Pourquoi faire ?

— Parce qu'il fait froid dehors.

— Arrête !

Albus eut un soupir exaspéré et leva les yeux au ciel.

— Tu as dit que tu ne viendrais plus me chercher, dit Scorpius, amer.

Potter eut un rire court et rauque.

— Ouais…

Il passa une main dans ses cheveux.

— Je crois que je viendrai toujours.

Cette affirmation ne lui plaisait pas. Il mit ses mains dans les poches et expira profondément. Il paraissait épuisé.

— Viens, on va à l'intérieur.

C'est en franchissant la porte, et que leurs corps furent frappés par la chaleur, qu'ils se rendirent compte à quel point ils avaient souffert du froid. Scorpius crut un instant qu'Albus allait les mener vers le salon, et il redoutait déjà de se retrouver au milieu du tumulte de Noël. Mais Potter bifurqua et le fit monter les escaliers à sa suite.

Arrivés à la chambre, il ferma la porte derrière eux.

— Et maintenant ? s'enquit Scorpius en admirant le désordre qu'il connaissait déjà, tout pour ne pas regarder Albus.

— Maintenant ?

Il se tourna vers Potter.
— Tu ne voulais plus rien avoir à faire avec moi et me voilà dans ta chambre.

— Tu aurais préféré rester à geler dehors, les fesses dans la neige ?

— Je n'y étais pas trop mal, figure-toi. Evan avait…

— J'ai vu.

Malfoy déglutit.

— Tu as vu quoi ?

— J'ai tout vu.

Scorpius se demanda ce qu'Albus voulait dire. Il l'avait vu porter le blouson d'Evan et son écharpe ? Ou avait-il été présent depuis plus longtemps ?

— Tu m'as repoussé, argumenta-t-il sèchement, même s'il se maudissait de ressentir le besoin de se justifier.

— Du calme, je ne t'ai accusé de rien.

— Tu n'en as plus le droit.

Albus le scrutait, impassible. Il pencha légèrement la tête sur le côté en l'observant, comme s'il essayait de résoudre une énigme intérieure.

— Tu m'en veux encore ? demanda-t-il finalement. Pour la fiole ?

— Oui.

Albus acquiesça lentement en fixant le sol.

— Moi, je t'en veux pour tout le reste.

La poitrine de Scorpius se contracta, il serra la mâchoire.

— Génial. Et maintenant, on fait quoi ? demanda-t-il, feignant l'indifférence.

Albus s'assit sur sa chaise de bureau, pensif, le regard toujours perdu.

— Maintenant, on fait quoi ? répéta-t-il lentement, pour lui-même.

Il leva doucement les yeux vers Malfoy.

— Tu sais… avant toi, j'étais heureux. Je m'en rends compte aujourd'hui. Ce n'était pas le grand bonheur, mais, je crois que j'étais heureux.

La révélation cloua Scorpius sur place. Il était figé au centre de la pièce, statique, comme s'il passait un examen d'école. Il n'osait pas bouger un muscle et tout son corps tremblait.

Albus continua :

— Jamais je n'aurais dû te parler. Jamais je n'aurais dû chercher à te connaître. J'aimerais tout oublier de toi.

Il se leva sans quitter le garçon des yeux.

— Mais je sais que je ne peux pas. Je n'arrive pas à me débarrasser de toi. Tu me rampes sous la peau. Comme un insecte, je te sens gratter sous ma peau et me dévorer. Et rien ne change cela. Quoique tu fasses, je te veux encore. Je sais ce qui s'est passé avec James et je te veux encore. Je sais que la salive d'Evan est sur ta gorge, mais je te veux encore.

Malfoy porta une main à son cou, là où la bouche de Dursley s'était posée, honteux. Albus s'arrêta devant lui, à quelques centimètres de sa peau.

Sa voix était un murmure :

— Malgré ce que je sais, je te veux encore. Je ne vais pas te laisser partir.

— Ça ne dépend pas que de toi. Qu'est-ce qui te fait croire que je veux rester ?

— Tu peux essayer de partir. Mais combien de temps avant que tu reviennes vers moi ?

Scorpius leva le menton, le regard hautain.

— C'est un défi ?

Albus secoua la tête.

— Par fierté, tu serais bien capable d'essayer. Ton arrogance t'a toujours rendu stupide. C'est pour cela que tu continues à nier.

Scorpius voulut répliquer, mais Albus le coupa :

— Tu reviendras !

Scorpius recula, mais Albus lui saisit les bras, le maintenant sur place, et s'approcha de lui. Il posa son front contre le sien avec douceur. Ses pouces formaient des cercles sur la peau de ses bras. Il respirait son odeur, profondément.

— Parce que je sais que tu m'aimes, murmura-t-il contre sa peau. Plus encore, je sais que tu n'as jamais aimé que moi.

— Et c'est moi qui suis arrogant ? soupira Malfoy.

— Et stupide ! insista Albus en relevant la tête. Il prit le visage du garçon dans ses mains et glissa ses doigts dans ses cheveux. — Tu es stupide de nous faire perdre du temps comme tu le fais.
Ses pouces caressaient ses joues. — Tu trembles.

— J'ai froid, répliqua Scorpius en essayant de se dégager de l'étreinte.

— Tu mens.

Il l'attrapa par les hanches et l'attira à lui. Ses mains étaient fermes et ses doigts s'enfonçaient dans sa chair. Scorpius sentait le souffle d'Albus sur son visage et sa gorge. Sa peau se contracta et il frissonna. Son cœur battait à ses tempes et il se maudissait de désirer davantage, toujours davantage.

— Tu vas me pardonner, murmura Albus. Ses mains le serraient, le caressaient. — Cela prendra le temps qu'il faudra, mais tu vas me pardonner. Et moi, je ferai de même.

Il posa ses lèvres sur sa joue, descendit sur sa mâchoire et sa gorge.

— Tu vas merder, et je vais merder. Et on se fera sans doute du mal. Encore et encore.
Les doigts d'Albus glissèrent sur la chemise du garçon, et il commença à défaire les boutons un à un.
— Mais tu es à moi.

— Qu'est-ce que tu fais ?

— Je vais te faire l'amour.
Scorpius, se raidit, mais ne recula pas. La chaleur envahissait son entrejambe et il sentit ses jambes chanceler. Sa chemise ouverte, les doigts d'Albus descendirent sur son ventre et s'attardèrent sur la boucle de sa ceinture. Les yeux de Potter rencontrèrent les siens, assombris, fiévreux.

— On ira doucement, on prendra notre temps. On le fera comme tu le désires. Mais je veux être en toi, Scorpius. Je te veux sur ce lit, maintenant.

Fin du Chapitre 34


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