Coucou !

C'est dimanche, c'est nouveau chapitre !

Bonne lecture !


Chapitre 13 : Le siège de Lordaeron

Dalaran ne changeait pas, ce qui avait quelque chose de rassurant autant que de perturbant. En enlevant ses vêtements dans ses appartements pour prendre un bain, Jaina pouvait constater le temps qu'elle avait passé sur les champs de bataille. Elle avait le visage hâlé par les nombreuses heures passées dehors ; elle avait maigri, merci aux repas sautés ou pris sur le pouce, et pris du muscle, fait étonnant pour une mage qui avait plutôt tendance à utiliser la magie que la force pure. Mais autour d'elle, tout était resté en état de paix, sans ressentir d'impacts des exactions de Garrosh.

En sortant de sa salle de bain, elle chercha dans son armoire des vêtements propres. Son regard passa furtivement sur le lit deux places qui occupait une large partie de la pièce. Depuis combien de temps n'avait-elle pas dormi avec Kalecgos ? Depuis combien de jours, voire de semaines, n'avait-elle pas eu une conversation de plus de cinq minutes avec lui ?

Elle se dépêcha de s'habiller et de se rendre dans la citadelle pourpre. Le Conseil des Six du Kirin Tor avait demandé une réunion exceptionnelle et Jaina en ignorait l'objet. Elle avait un mauvais pressentiment et se demandait ce dont ses collègues voulaient discuter de toute urgence. Lorsqu'elle pénétra dans la salle, les autres archimages qui échangeaient entre eux cessèrent de parler pour certains tandis que d'autres finissaient leurs phrases dans un murmure.

Jaina s'installa face à Kalecgos et le chef du vol bleu eut un petit sourire.

- Bien, commençons ! Lança Jaina. Quel est le sujet du jour ?

Kalecgos se leva et regarda rapidement ses collègues.

- Au vu de l'attaque ignoble qu'a subi Darnassus avec la destruction de l'arbre monde, nous voulons procéder à un vote pour que les Sin'dorei réintègrent le Kirin Tor. Une totale neutralité de leur part sera exigée.

- Non, coupa Jaina.

- Ce retour permettrait de priver la Horde de mages compétents, poursuivit Kalecgos. Nous devons tout tenter pour l'affaiblir...

- Tu parles de neutralité mais également d'affaiblir la Horde ? Je ne trouve aucune logique dans tes propos.

- Procédons au vote, proposa un membre du conseil des six. Qui est pour le retour des Sin'dorei dans nos rangs ?

Quatre mains se levèrent et Jaina eut un regard reconnaissant pour Vereesa, qui n'avait pas daigné desserrer les dents.

- Bien, nous allons prévenir Aethas, conclut Kalecgos. La réunion est ajournée.

- Non, un dernier point. Je démissionne, lança Jaina, amère. Trouvez-vous un nouveau chef du Kirin Tor et un nouveau membre au conseil.

- Ce n'est pas notre volonté, tempéra Kalecgos.

- C'est la mienne. Je ne soutiens pas votre choix, j'y suis même opposée.

- Jaina, nous…

- Pensez aussi à présenter des excuses, c'est exigé par Lor'themar ! Coupa la Kultirassienne en sortant de la pièce sans un regard en arrière.

Elle pressa le pas pour regagner sa chambre. Elle n'avait plus qu'une idée en tête : récupérer ses affaires et quitter la cité des mages. Alors qu'elle fourrait ses effets personnels dans un sac, elle sentit un regard sur elle. Elle se retourna et dévisagea Kalecgos. Le dragon avait l'air triste, abattu et Jaina elle-même se sentait submergée par des émotions contraires. Elle savait ce qui allait se dérouler dans les prochaines minutes. Pouvait-elle l'empêcher ? Le voulait-elle seulement ?

- Je t'aime, Jaina, n'en doute jamais, commença Kalec en s'approchant. Mais cette haine que tu as en toi nous a éloignés l'un de l'autre.

- Je sais... mais je ne connaitrai pas de repos tant que la Horde n'aura pas expié ses crimes, murmura l'archimage.

- Je pense qu'il vaut mieux...

- ...que notre relation s'arrête ici.

- Je n'ai pas envie qu'on se déteste.

- Moi non plus, avoua Jaina.

- Alors reste. Laisse-nous te convaincre de notre choix. Tu sais qu'il n'y a pas qu'une seule façon de voir les choses, et tu es bien placée pour savoir que mêmes les meilleures intentions peuvent mener à la catastrophe. Laisse-toi influencer par la Jaina que j'ai rencontrée. Je t'en prie.

- Je ne peux plus être cette personne. Désolée de te décevoir une fois encore, fit l'archimage avant de se tourner pour finir son sac.

Elle étouffait à présent dans cette chambre, elle avait un besoin urgent de fuir Dalaran. Elle passa le sac en bandoulière, s'approcha de Kalecgos et posa sa main sur la joue de son ancien amant.

- Je serai toujours ton amie. Et peut-être qu'un jour, cette colère et cette douleur seront parties.

Kalecgos posa sa main sur celle de de l'archimage, mais ne dit rien de plus et la laissa quitter la pièce, la ville, sa vie.


Jaina apparut à quelques pas de la maison qu'occupait Hermione depuis que Théramore avait été rasée par la Horde. Une pluie intense s'abattait sur elle, trempant ses vêtements, fouettant son visage. Elle marcha jusqu'au perron et fut soulagée de constater qu'une petite lumière filtrait par la fenêtre. Au moins, elle ne réveillerait pas la brunette. L'archimage leva la main pour frapper à la porte de bois. Pourtant, elle hésita plusieurs secondes, se demandant comment elle serait reçue. Les deux moitiés de la Source ne s'étaient pas vues depuis de longs mois et elle avait conscience qu'elle avait piétiné les sentiments que la brunette ressentait à son égard. Comment Hermione l'accueillerait-elle après avoir eu le cœur brisé?

«Il n'y a qu'une seule façon de le savoir…» songea l'archimage en se décidant enfin à frapper.

La porte s'ouvrit et Hermione apparut, dans ses habituels vêtements étranges, Deuillegivre accrochée dans son dos, un verre d'alcool à moitié plein à la main. La Source avait une mine blafarde, des traits tirés et d'immenses cernes sous les yeux. Le regard noisette éteint se posa sur la Kultirassienne trempée jusqu'aux os et, sans un mot, la Source la laissa entrer.

- Vous avez mangé ? demanda Hermione en refermant la porte, interrompant le courant d'air glacial qui s'était infiltré dans la maison.

- Non… répondit Jaina en claquant des dents.

La brunette agita la main d'un geste nonchalant et une douce chaleur parcourut l'archimage. Ses vêtements et ses cheveux devinrent instantanément secs et Jaina retint un soupir d'aise. Elle voulut remercier la brunette mais cette dernière s'était déjà désintéressée d'elle pour se rendre dans sa cuisine. Tout en continuant à boire son alcool, la Source poursuivait la préparation d'un repas et Jaina s'approcha prudemment, conservant une distance respectable.

- Je peux vous aider ?

- Prenez donc une assiette et des couverts dans le buffet. Je n'avais pas prévu votre visite, aussi la table est dressée pour une personne.

La voix n'était ni froide, ni chaleureuse. Jaina se mordit la lèvre et fit ce que son alter-ego lui avait demandé. Sans un mot, elle plaça la vaisselle face à la place dressée et prit l'initiative de mettre une carafe d'eau sur la table. Ne sachant pas quoi faire d'autre, elle resta en retrait, attendant que la brunette lui parle ou lui donne des consignes. Mais rien ne vint jusqu'à ce que la Source pose une casserole fumante sur un dessous de plat. Elle désigna une chaise de la main, invitant l'archimage à prendre place, et servit deux parts généreuses de ragout avant d'aller reposer la casserole sur le feu et de revenir avec une bouteille d'alcool fort. La brunette dédaigna l'eau et se resservit en eau de vie avant d'attaquer silencieusement son repas.

- J'ai démissionné du Kirin Tor, finit par dire Jaina, coupant le silence pesant qui s'était installé entre elles.

Hermione leva les yeux sur la Kultirassienne, acquiesça sans rien dire et reprit une cuillère de ragoût.

- Le Conseil des Six a décidé de laisser la Horde entrer à nouveau à Dalaran et j'y étais opposée.

Hermione ne disait toujours rien, se contentant d'écouter.

- Kalecgos ne m'a pas soutenue. Nous avons mis fin à notre relation d'un commun accord, annonça Jaina, épiant la réaction que cette nouvelle allait provoquer.

La brunette conservait un visage de marbre et l'archimage ne sut dire si elle était soulagée ou vexée de ne pas apercevoir une lueur d'espoir dans le regard noisette.

- Que comptez-vous faire maintenant ? demanda la brunette sans lever le nez de son assiette.

La question prit Jaina au dépourvu. Elle était partie de Dalaran sur un coup de sang et la fin de sa relation avec Kalecgos avait été une évidence pour les deux. Elle avait éprouvé le besoin de faire le ménage dans sa vie mais elle n'avait pas réfléchi à l'avenir.

- Je n'en sais rien, avoua-t-elle, un peu honteuse. Je vais peut-être rentrer chez moi, à Boralus. En espérant que ma mère m'aura pardonnée la mort de mon père.

- Pourquoi êtes-vous venue ici ? poursuivit Hermione avant de boire une longue gorgée d'alcool.

- Parce que je sais que vous ne me jugez pas, murmura Jaina. Malgré tout ce que je vous ai fait, vous ne m'avez jamais rejetée. Egoïstement, j'ai eu envie de me sentir en sécurité ce soir.

Hermione finit tranquillement son assiette et alla la mettre dans l'évier.

- Je vous laisse ma chambre pour cette nuit, dit-elle doucement. Je vais changer les draps pendant que vous finissez votre repas.

- Non, Hermione, ce n'est pas…

Jaina ne termina pas sa phrase, la brunette s'étant rapidement éclipsée dans la pièce adjacente. L'archimage sentait un poids dans sa poitrine, un sentiment de tristesse et d'abandon et sut instinctivement que c'était son lien avec l'autre moitié de la Source qui la mettait dans cet état. Aussi, elle abandonna son repas, pénétra d'autorité dans la chambre de la brunette et prit cette dernière dans ses bras, la serrant fortement contre elle.

- Je suis désolée de ne pas vous aimer comme vous le méritez, chuchota Jaina. Pourtant, ce serait facile de s'abandonner et de succomber à vos charmes. Qui ne le pourrait pas ? Je me souviens des deux baisers que nous avons échangés comme si c'était hier. Mais je refuse qu'une magie aussi puissante soit-elle m'impose la personne qui partagera ma vie. Vous en souffrez et je m'en veux. J'espère que vous pourrez me pardonner.

Hermione s'était raidie dans l'étreinte, serrant dans ses mains une taie d'oreiller toute propre et repassée. Plus petite que l'archimage, elle avait sa tête pressée contre le haut de la poitrine de sa moitié magique et sentit ses joues brûler d'un rougissement incontrôlable.

- Tout ce que je peux faire, c'est être présente pour vous, poursuivit la Kultirassienne.

La magie de l'archimage vint caresser celle de la brunette sans qu'elle ne puisse s'en empêcher. Jaina recula d'un pas et sa main droite vint soulever délicatement le menton de sa moitié magique.

- Notre pouvoir est infini, murmura-t-elle en plongeant son regard dans les yeux de la Source. Il nous pousse à faire de grandes choses et aller des directions que nous n'emprunterions pas sans lui. Et je dois user de toute ma volonté pour résister à ce que cette petite voix en moi me pousse à faire. Et je sais qu'un seul baiser de vous...

Elle passa délicatement son pouce sur la lèvre inférieure d'Hermione qui prenait sur elle pour ne pas prendre les devants et embrasser la femme qui se tenait devant elle.

- Un seul baiser, répéta Jaina d'une voix rauque, et il n'y aura plus de retour en arrière possible. Le fait que vous m'aimiez me flatte. Mais je ne sais pas si c'est vous, Hermione, ou ce pouvoir millénaire qui ne supporte pas d'être séparé.

La sensation de la main et du pouce de Jaina sur sa peau était comme une brûlure pour Hermione. Elle se recula et alla se réfugier de l'autre côté du lit, ses mains cramponnées sur la taie d'oreiller.

- Je... j'ai un lit à faire, bafouilla la Source.

- Hermione, je ressens votre solitude, votre manque de contact. Vous avez besoin de compagnie, de chaleur. Ce soir, je dors avec vous, assura Jaina les yeux brillants d'une lueur particulière.

- Pourquoi me torturez-vous ? demanda la brunette, le corps tremblant.

- Ce n'est pas dans mes intentions, je vous le promets. Je veux seulement vous apporter un peu de réconfort.

- Pour ça, je peux prendre un chat, rétorqua Hermione en retirant les draps sales dans des gestes brusques et désordonnés. Vous allez dormir ici et moi à côté. Il ne se passera rien et nous n'aurons pas à blâmer notre magie.

Elle ramassa les draps et sortit en trombe de la pièce, laissant l'archimage seule au milieu de la chambre. Jaina passa une main tremblante sur son visage moite de sueur et inspira profondément pour tenter de se calmer. Sa magie tourbillonnait en elle comme jamais et l'archimage tomba à genoux, serrant ses bras autour d'elle. Son pouvoir se rebellait, circulait dans tout son être, et cela en devenait douloureux.

- Hermione ! Appela-t-elle.

La brunette revint en courant et, avisant l'état de Jaina, leva les mains. L'instant d'après, la Kultirassienne n'eut plus conscience de rien, tombant endormie sur le parquet de la chambre.


- On est attaqué ! On est attaqué !

La sentinelle hurlait depuis les remparts de Lordaeron, tapant de son maillet dans une grosse cloche qui résonnait dans le silence de la nuit.

- La Horde est là ! On est attaqué !

Des soldats sortirent de la caserne et, sur les ordres d'un gradé, se positionnèrent derrière les meurtrières. Les troupes de la Horde étaient nombreuses, suréquipées, des machines de guerre prêtes à servir.

- Allez réveiller Sylvanas, vite ! Ordonna le lieutenant. Archers, en position ! Au moindre mouvement ennemi, vous attaquez !


- Sylvanas, réveillez-vous !

L'elfe se redressa dans son lit comme un diable sur ressort. Elle se frotta les yeux avant de les poser sur Nathanos.

- La Horde nous attaque, nous sommes encerclés. Vous devez fuir immédiatement.

- Et abandonner mon peuple ? Jamais ! Cracha Coursevent, parfaitement réveillée.

- On va évacuer le plus de personnes possible. Nous ne commettrons pas les erreurs faites à Theramore et Darnassus, ma reine. Mais par pitié, vous devez partir immédiatement pour Hurlevent. Nous avons besoin de renfort !

- Envoyons un émissaire pour demander ce renfort, n'importe qui peut le faire. Mais je reste, la guerre est ici et je suis celle qui doit se tenir debout devant ces sauvages. Je ne fuis pas, je montre l'exemple et je me bats.

- Cette nuit, nous avons plus besoin que votre voix porte auprès de l'Alliance que de votre habileté à l'arc. Vous reviendrez rapidement, nous le savons tous. Jamais vous ne nous avez abandonnés. Mais nous avons besoin de l'Alliance et Wrynn vous écoute. Portvaillant vous écoute. Allez les chercher, ma reine !

Le visage fermé, Sylvanas acquiesça et puis juste le temps de se vêtir sommairement avant de gagner sa fenêtre pour prendre la mesure de l'attaque et de la réponse plus ou moins organisée des anciens réprouvés présents.

- Je reviens vite. Tenez bon.


Quand Jaina se réveilla, elle se trouva déboussolée. Puis elle reprit conscience de son corps, douloureux, et renonça à tenter de se redresser. Une lumière argentée filtrait par-dessous d'épais rideaux et éclairait chichement la chambre. Elle tourna la tête pour voir Hermione endormie sur une chaise, sa tête dodelinant à chaque respiration.

"Que s'est-il passé hier soir ?" se demanda l'archimage en soulevant doucement le drap et la couverture qui la couvraient.

Elle portait ses vêtements de la veille, seules ses bottes avait été ôtées. Un courant d'air frais la saisit et elle repositionna la couverture avant de se dire que la brunette devait avoir froid. Aussi, elle puisa dans ses forces pour se lever et s'approcha de la Source pour lui tapoter la main. Cette dernière était fraîche et le contact avec la main chaude de la Kultirassienne fit bouger Hermione.

- Vous êtes gelée, venez vous mettre au lit, fit doucement Jaina.

- Hmmm... marmonna la Source en ouvrant péniblement un œil.

- Chut, venez dormir, poursuivit l'archimage en passant un bras dans le dos d'Hermione pour l'encourager à se lever.

Les deux femmes firent les quelques pas qui les séparaient du lit et se laissèrent tomber sans grâce sur le matelas. Jaina rabattit la couverture sur elles et attira la brunette dans une étreinte pour qu'elle se réchauffe. Elle eut un pâle sourire alors que la Source se rendormait et, après un bâillement profond, l'archimage en fit autant.


Sylvanas avait dû se rendre dans les sous-sols de Lordaeron pour trouver la salle des portails de Fossoyeuse. Heureusement pour elle, ses mages avaient conservé la salle en l'état et avaient ouvert de nouveaux portails, dont un à destination de Hurlevent.

Une fois dans la capitale humaine, elle courut jusqu'à la résidence d'Anduin mais fut arrêtée par la garde avant de pouvoir frapper à la porte de la chambre du souverain.

- Lordaeron est attaqué par la Horde ! Réveillez le roi, vite ! Pressa-t-elle les deux hommes.

- Le roi n'est pas disponible à la demande, se gaussa un garde. Et les anciens réprouvés, on sait ce qu'il faut en penser dans l'Alliance.

Sylvanas attrapa rapidement l'homme par les épaules et lui donna un coup de boule qui l'assomma sur le coup. Puis, elle se retourna vers l'autre et lui jeta un regard mauvais.

- Tu y vas ou je te fais la même chose ? Siffla-t-elle.

De façon surprenante, le garde assuma son rôle et pointa son arme vers l'elfe qui eut un rictus.

- J'ai pas de temps à perdre, mais ça va me détendre, fit la reine en déliant ses doigts.

À nouveau, elle agit rapidement, détournant la pointe de la lame du plat de sa main avant d'assener une gifle monumentale au garde dont la tête alla cogner contre un mur. L'homme glissa comme un paquet de chiffons au sol. Sans s'en préoccuper plus longtemps, la reine reprit sa course vers la suite du roi.

- Anduin !

Une porte au fond du couloir s'ouvrit et le jeune souverain apparut. Au même instant, des gardes armés arrivaient dans le dos de Sylvanas et le roi leur demanda de baisser leurs armes.

- Lordaeron est attaqué par la Horde ! Lança Coursevent. Je demande la protection de l'Alliance !

- Et tu l'auras, promit Anduin. Allons dans la salle de commandement. Gardes, trouvez Genn Grisetête et demandez-lui de nous rejoindre de toute urgence !


Quand Jaina sortit de son sommeil sans rêve, elle était à nouveau seule dans le lit. Une délicieuse odeur de café flottait dans l'air, aussi l'archimage se leva, mit ses bottes et se rendit dans la pièce principale. Hermione était assise dans le canapé et lisait tranquillement, une tasse fumante posée sur un guéridon à porter de main. En entendant des bruits de pas, la Source leva un regard fatigué et salua d'un geste de la tête sa moitié magique. Elle prit le temps de coincer un marque-page avant de fermer son ouvrage et se leva pour servir une tasse à son invitée.

- Merci. Sans café, je ne suis bonne à rien, sourit l'archimage.

- Vous avez sûrement des questions sur ce qui s'est passé hier soir, commença la brunette. Je n'ai aucune certitude mais je pense que vous avez mis le doigt sur quelque chose hier.

- Le pouvoir de la Source n'aime pas être séparé, fit Jaina.

- Je pense. Je n'avais jamais vu ça avant. Il y a quelque chose de particulier avec vous, Dame Portvaillant.

- Comment éviter que ça se reproduise ?

- Je n'en ai aucune idée, répondit Hermione avec un regard d'excuse. Mais je vais chercher. Je ne vais pas vous laisser tomber.

Jaina but son café, songeuse, se disant que la bibliothèque de Dalaran aurait peut-être des ouvrages intéressants. Mais elle ne pouvait pas y retourner. Pas tout de suite.

- Je peux emprunter votre douche ? Si je veux être à Boralus ce soir, je ne dois pas tarder à partir.

- Bien sûr. Je vais vous apporter une serviette propre.

Jaina se déshabilla au milieu de la pièce, ne quittant pas du regard la brunette qui n'était aussi alerte qu'à son habitude. L'archimage prit le temps de l'observer et elle trouva sa moitié magique éteinte, vieillie, affaiblie. Dans un coin de la pièce, la lame de Deuillegivre semblait briller et Jaina fronça les sourcils. Y avait-il un lien entre l'état de fatigue persistant de la brunette et l'énergie que semblait retrouver la lame maudite ?

La Source tendit la serviette à l'archimage et alla s'asseoir dans le canapé, retournant à sa lecture. Et, quand Jaina sortit propre quelques minutes plus tard, la brunette n'avait pas bougé d'un pouce.

- Vous devriez aller vous recoucher, vous avez l'air épuisé, fit remarquer la kultirassienne.

- Hmmm, j'y songerai. Si ça tourne mal à Boralus, n'hésitez pas à m'appeler.

Jaina acquiesça et finit de se rhabiller. Elle attrapa son sac et cala son bâton de mage dans son dos.

- Si je trouve quoi que ce soit sur ce qui s'est passé avec votre magie hier, je vous contacterai, promit Hermione.

- Merci.

L'archimage hésita, mais finit par s'approcher de la brunette et déposa un chaste baiser sur la joue fraiche de sa moitié magique.

- Merci pour tout. A bientôt, murmura-t-elle.

- Je vous en prie. A bientôt, fit en écho la brunette, surprise.

Sortant de la petite maison, Jaina avança en direction des ruines de Theramore, son esprit ressassant les évènements des dernières années. Elle avait tout fait pour installer une paix durable entre l'Alliance et la Horde, mais tous ses efforts furent gâchés par la trahison, par la déception et sa propre culpabilité s'empara d'elle. Elle avait été naïve, stupide de faire confiance et il ne restait maintenant qu'un immense gâchis. Son père était mort par sa faute, elle n'avait pas pu sauver tous les habitants de Theramore, Rhonin avait perdu la vie. Son désir de paix avait été un point faible que la Horde avait su exploiter. Elle ne referait jamais cette erreur.

Jaina soupira douloureusement et secoua la tête. Si elle voulait aller de l'avant, elle devait affronter son passé et expier ses fautes. Elle se concentra sur sa destination, Boralus, et disparut dans un craquement sonore.


Le jour s'était levé depuis quelques heures et déjà les troupes de soldats chargeaient le matériel militaire dans des véhicules nains. Tout devait être prêt pour midi et les humains emprunteraient les tramways qui menaient à la capitale naine, plus proche géographiquement de Lordaeron.

Sylvanas avait pu communiquer avec Nathanos au milieu de la nuit et la décision avait été prise d'évacuer complètement la cité et de la laisser aux mains de la Horde.

- Ce ne sont que des pierres, mon peuple doit vivre, s'était résignée Coursevent. Nous ne devons pas reproduire l'erreur commise à Theramore.

Tous les chefs des peuples de l'Alliance s'étaient retrouvés au petit matin pour monter une stratégie : laisser la Horde pénétrer dans Lordaeron pour ensuite les assiéger et capturer Garrosh. Coursevent affichait un visage fermé qui n'invitait pas à la discussion. À ses côté Anduin, silencieux, supervisait les préparatifs.

- Je suis désolé pour votre cité, mais vous avez pris la bonne décision.

- Je sais. Et Garrosh va le payer cher. Merci de vous mobiliser pour nous.

- Vous faites partie de l'Alliance, et même si je ne cautionne pas cette guerre, je ne laisserai pas des populations en subir les exactions.

Sylvanas secoua la tête, attristée. Elle savait qu'elle payait le prix pour avoir quitté la Horde, pour avoir tourné le dos à Garrosh avant la chute de Théramore. Elle se moquait des murs de Lordaeron, la ville pouvant être reconstruite. Mais elle pleurait les morts tombés cette nuit pendant l'attaque sournoise des orcs, des trolls, des taurens et des gobelins. Certains Pandarens avaient même participé.

Seuls les elfes de sang étaient restés en retrait, pour le moment. Lor'Themar avait dû sortir une excuse crédible pour avoir pu éviter de se mêler à cette bataille. Mais pour combien de temps ?


Les marins du port débarquaient rapidement la marchandise des navires. Une pluie diluvienne s'abattait sur eux, chassant la poussière des dalles des rues de Boralus, forçant les rats à se chercher des abris dans les trous des murs des boutiques. Les quelques chats errants avaient trouvé refuge sous des auvents, installés en hauteur sur des barils contenant des poissons.

- Quel temps de merde ! soupira un homme en posant au sol deux caisses sur le quai.

Il essuya son front ruisselant de sueur et de pluie de son avant-bras et avisa une femme qui marchait en direction du centre de la cité. Elle serrait de sa main ganté un cache poussière peu étanche à en juger les mèches de cheveux roux collés à son front par la pluie.

- Allez-vous mettre à l'abri, m'dame. Cette averse va durer encore quelques heures ! Mais la cité sera propre ce soir pour la commémoration de notre amiral suprême.

La femme acquiesça et accéléra son pas. Quittant les quais, elle prit la direction du marché des Alizés et pénétra dans l'auberge. Elle retira son manteau pour le suspendre à un crochet et alla s'attabler en attendant qu'une serveuse vienne prendre sa commande. Les clients, nombreux en ce jour de commémoration, lui jetèrent un regard avant de retourner à leur conversation.

Jaina se félicita d'avoir modifié son apparence physique. Elle pouvait ainsi observer ce qui se passait en ville sans être reconnue.

- Bien contente que Theramore ait été rasée, fit une cliente tandis qu'une serveuse apportait un thé et des biscuits à l'archimage. Dommage que cette traitresse de fille ingrate n'ait pas été tuée dans l'explosion.

L'archimage retint une grimace. Elle s'attendait à ce genre de remarques mais cela faisait quand même mal.

- MORT A JAINA ! Cria un marin, cri reprit par l'ensemble des clients de la taverne.

Jaina finit son thé, laissa le montant de l'addition sur la table et sortit de la taverne pour se rendre sur la place principale de la ville. Dans les jardins adjacents le palais des Portvaillant, elle croisa un groupe de soldats qui montaient la garde en discutant. Elle poursuivit sa route, faisant mine de ne pas s'intéresser à eux mais lança discrètement un sort qui améliora son audition.

- J'étais tout jeune quand ça s'est passé. Mais mon père m'a raconté. Daelin Portvaillant a pris les armes et la mer pour défendre sa fille de cette horde de sauvages. Et pour quels remerciements ? Cette salope l'a laissé crever...

- C'était le meilleur amiral que nous avons eu, soupira un autre soldat. La trahison aura précipité sa mort.

- Elle a comploté, tu veux dire ! Rectifia un troisième. Si elle était face à moi, je lui passerais ma lame en travers du corps !

"Je voulais seulement arrêter la guerre, épargner des vies. J'ai fait une erreur ce jour-là... et je la paie encore." songea Jaina, une larme roulant sur sa joue.

L'archimage continua sa promenade et, passant sous les balcons du palais, capta la voix de sa mère. Elle ralentit son allure et changea la cible de son sort d'un discret geste de la main.

- Amiral Suprême, la guerre entre l'Alliance et la Horde se propage à tous les continents, fit un conseiller.

- Ce n'est guère étonnant mais ne nous inquiétons pas outre mesure, Amiral. Kul Tiras ne fait plus partie de l'Alliance depuis des années, objecta Katherine Portvaillant. Ils ne viendront pas se battre ici.

- La Horde est sur les sentiers de la guerre. Elle se moque de notre neutralité. Nous devons demander le soutien de l'Alliance, fit prudemment le conseiller.

- La dernière fois que j'ai contacté Hurlevent, c'était pour venger la mort de mon mari. L'Alliance nous a craché au visage. Je n'attends rien de ces gens-là. Si la Horde nous attaque, nous nous défendrons avec nos propres moyens.

- Amiral Suprême, vous pourriez demander à votre fille de servir d'intermédiaire entre vous et le Roi Wrynn, suggéra le conseiller.

- Vous n'y pensez pas ! Fit une voix de femme. Cette traitresse !

- Dame Corsandre, veuillez modérer vos propos quand vous évoquez la cheffe du Kirin Tor, répliqua sèchement le conseiller. Nous serions fous de nous passer de son aide et je suis certain qu'elle nous l'apportera si nous le lui demandons.

- Vous avez relu le discours que prononcera Dame Portvaillant ce soir. Vous savez ce qu'elle compte dire sur sa fille à notre peuple. Et vous pensez que dans le même temps, elle va convier la grande archimage Portvaillant, la sauveuse d'Azeroth ? Se moqua Dame Corsandre. Jamais nous ne ferons revenir ce serpent en notre sein.

- Ca suffit ! Gronda Katherine Portvaillant. Je suis responsable des erreurs de Jaina. J'aurai dû m'y prendre autrement avec elle, quand elle était enfant. En attendant, nous ne demanderons de l'aide à personne. Kul Tiras protégera sa population. Vous pouvez disposer, Amiral.

Jaina fit demi-tour, songeuse, et chercha un endroit discret pour transplaner. Non, Kul Tiras ne sera pas seule si la Horde se décidait à l'attaquer. Elle allait s'assurer que l'Alliance protégerait sa terre natale.

Elle disparut pour réapparaitre dans les ruines de Theramore et se rendit à l'ancien cimetière. Les tombes n'avaient pas été trop touchées par l'attaque de la Horde et celle de son père était miraculeusement intacte. Elle récupéra le pendentif en forme d'ancre accroché à la tombe et le serra dans sa main, ayant une pensée pour son père.

"Ta mort est une erreur que je vais corriger." promit-elle en regardant le ciel.

Elle rebroussa chemin, traversant les ruines de sa chère cité jusqu'au port. Elle grimpa dans une barque et la fit avancer sur l'eau magiquement, son regard fixant l'horizon. Elle navigua plusieurs minutes, pour s'arrêter à quelques miles des côtes. L'océan était agité, les vagues secouant sa petite embarcation. Jaina se mit debout dans la barque et brandit devant elle le pendentif de son père.

Concentrant sa magie dans le pendentif, elle lança son pouvoir dans l'océan et fit sortir des eaux un gigantesque vaisseau de guerre qui arborait le blason des Portvaillant.

- Je t'écoute enfin, père... murmura-t-elle avant de se téléporter sur le pont du navire.

Se mettant à la barre du vaisseau, elle mit le cap sur Hurlevent et dirigea les vents pour qu'ils prennent les voiles.

- La Horde peut compter les jours qui lui restent. Craignez la fille du vent salé !


Hermione fut tirée de son sommeil par l'éclat d'une magie puissante à quelques lieues de sa maison. Elle ne prit pas le temps de s'habiller et se téléporta dans les ruines de Théramore. Grelottante de froid au milieu des gravats, elle courut en direction du port, blessant ses pieds nus sur des éclats de verres, de pierre et de métal, vestiges de la destruction de la ville.

Arrivée au port de la cité portuaire, elle s'engagea sur un quai branlant et s'arrêta à son bout. Au loin, un bateau sorti d'un film de pirates fantômes s'éloignait des terres. Cette magie ne pouvait être que l'oeuvre de Jaina.

- Putain... Ca va partir méchamment en vrille...


La Horde avait pris possession de Lordaeron. Aucun doute pour les combattants de l'Alliance qui apparaissaient par groupe, avec les convois d'armes dans le but d'en découdre avec Garrosh et ses sbires. La ville brulait et les cendres volaient dans un ciel rougeoyant de flammes. Le vent rabattit les fumées vers les troupes de l'Alliance. Sylvanas prit un pan de sa cape pour la tenir devant son visage, imitée par plusieurs tandis qu'une majorité se mettait à tousser.

- Organisons-nous rapidement pour fondre sur la cité et trucider ces porcs pendant qu'ils pillent tout ce qu'ils trouvent. Ils auront les bras bien trop chargés pour se battre, lâcha l'ancienne reine banshee.

Anduin regarda longuement dans une longue vue qu'il tendit ensuite à Coursevent.

- Ils arment des catapultes dans la cour du château. Une idée de ce dont il s'agit ?

Sylvanas regarda à son tour, observant avec attention les orcs et les trolls.

- Je savais bien que j'aurai dû m'en débarrasser... siffla-t-elle en rendant la longue-vue à un aide de camp. Ils vont nous balancer des tonneaux de peste.

Anduin regarda Sylvanas, la bouche ouverte.

- C'était une arme stockée à Fossoyeuse. Je l'avais sous la main en cas de dernier recours. Et depuis que j'ai repris vie, j'ai repoussé le moment de les détruire, par manque de temps, avoua-t-elle.

- C'est pour ça qu'il voulait prendre Lordaeron. Il faut qu'on se mette à l'abri. On n'est pas équipé pour survivre à ça. Garrosh va décimer l'Alliance.

- C'est trop tard, fit Sylvanas qui regardait toujours l'activité aux remparts. On n'arrivera pas à mettre tout le monde à l'abri. Et en plus de nous décimer, la Horde va mettre la main sur tout notre matériel de guerre. Ils vont être sur-armés et nous sans moyens de défense.

Elle regarda autour d'elle et soupira.

- Toujours pas de nouvelles de Jaina ?

- Je ne sais pas où elle est passée. Le Kirin Tor m'a informé qu'elle avait démissionné et libéré sa chambre.

- Merde... Ca tombe vraiment mal.

- On est trop loin pour les attaquer et les empêcher de mettre leur plan à exécution. Je commence à faire évacuer les troupes encore proches des portails. On verra ce qu'on peut sauver.

- Fais vite, on est sous le vent...

Alors qu'Anduin allait donner l'ordre de la retraite, les premiers barils de peste furent projetés par-dessus les remparts de Lordaeron. A l'instant où ils éclataient sur le sol, une fumée verte se répandit dans l'air.

- SONNEZ LA RETRAITE ! VITE ! Hurla Anduin tandis qu'il reculait rapidement avec Sylvanas, tentant de mettre le plus de distance entre lui et cette fumée mortelle.

- Allez de l'avant pour hâter l'évacuation aux portails, lança Sylvanas au roi, je m'occupe de donner une raison d'avancer plus vite aux trainards.

Un bruit étrange se fit entendre derrière eux et Sylvanas grogna.

- C'est quoi encore ? Demanda-t-elle en se retournant en même temps que le roi.

Un bateau gigantesque fendait le ciel dans leur direction et Anduin plissa les yeux.

- Jaina ! S'écria-t-il, réjoui.

La mage leva les mains et envoya sa magie qui dissipa la peste, purifiant l'air. Les soldats de l'Alliance applaudirent l'archimage et scandaient avec joie et reconnaissance le nom de leur sauveuse.

- Alliance, en avant ! Ordonna Anduin en montant sur son cheval et en le lançant au galop.

Sylvanas tenta de voir si Hermione était aussi à bord mais ne vit nulle part trace de la Source. Sans s'appesantir plus longtemps sur le sujet, elle partit à son tour à l'assaut de son ancienne cité.

Les fantassins de l'Alliance, galvanisé par l'arrivée du navire et la démonstration de l'archimage, montaient à l'assaut avec détermination. Mais ils n'arrivaient pas à s'approcher des murs de Lordaeron, des pluies de flèches s'abattant sur eux.

- Jaina ! Les remparts ! Cria Anduin.

L'archimage fit tourner son bateau et des canons sortirent de la coque pour pilonner les murs de magie arcanique. Des pierres se mirent à voler de toute part, le pouvoir de la Kultirassienne créant des immenses brèches dans les murs qui entouraient la cité.

- POUR L'ALLIANCE ! Tonna le roi pour encourager ses troupes.

Cette nouvelle harangue poussa l'énergie des troupes amassées au pied des murs à son zénith et les fantassins ratissèrent chaque ruelle et chaque ruine à la poursuite du moindre soldat de la Horde pour le passer par le fil de leurs armes.

Des mages ouvraient des portails pour que les fantassins de la Horde battent en retraite loin du champ de bataille et Sylvanas les laissa faire. Elle se moquait de la piétaille, elle voulait Garrosh. Et elle savait où le trouver : dans la salle du trône de Lordaeron.

Elle tailla sa route jusqu'à l'intérieur du château, décochant des flèches, se servant de ses dagues pour trancher des carotides. A quelques pas d'elle, Anduin la suivait, donnant des coups d'épée pour repousser les ennemis qui cherchaient à rapporter sa tête à Garrosh. Non loin de là, Genn Grisetête assurait leurs arrières sous sa forme de loup, déchiquetant les hordeux de ses longues griffes acérées.

Rendue dans la salle, Sylvanas s'arrêta au milieu de la pièce, ses armes dressées et ses sens à l'affût. Personne ne semblait être là mais la reine savait que le chef de la Horde n'aurait pas résisté à s'asseoir sur le trône. Bien trop imbu de lui-même.

- Garrosh, hurla l'elfe. Montre-toi, espèce de lâche. Tout juste bon à combattre de loin.

Anduin, Genn et Jaina arrivèrent dans la salle et l'archimage fronça les sourcils.

- Un problème ? Demanda le roi d'Hurlevent.

L'ancienne cheffe du Kirin Tor agita la main, dissipant un sortilège d'invisibilité qui dissimulait des futs de peste et un minuteur.

- Et merde... blémit Sylvanas en découvrant qu'il ne restait que 20 secondes avant l'explosion.

- Coursevent, ici ! Appela Jaina en faisant apparaître un dôme protecteur.

L'elfe courut sous la protection magique et Anduin l'attira à lui par le bras au moment où les futs explosaient. Sans perdre de temps, la Kultirassienne les téléporta à l'extérieur de l'enceinte de Lordaeron.

- C'était un piège... Garrosh voulait nous tuer dans la salle du trône.

- Où est cet enfoiré ? Siffla Coursevent, prête à en découdre.

- Déjà reparti, répondit Genn en grondant.

- Anduin, j'ai besoin d'une escorte pour aller à Boralus, annonça Jaina.

Le roi la regarda, interloqué, ne voyant pas le rapport entre la situation et la cité natale de sa tante.

- La Horde a subi beaucoup de pertes et il va sûrement renouer des liens avec trolls Zandalari, expliqua l'archimage. Le royaume de Kul Tiras risque d'être le prochain théâtre de batailles sanglantes. Nous devons aider Boralus.

- Je ne suis pas sûr que tu sois la bienvenue.

- Je sais. Mais c'est un risque à prendre.

Anduin réfléchit quelques instants et acquiesça.

- Je vais demander à quelques hommes de t'accompagner. Je rentre à Hurlevent avec le reste de l'armée. Au moindre problème, écris-moi et je viendrais sur le champ.

- Et moi, il faut que je reprenne possession de la ville, grommela Sylvanas en regardant l'étendue des dégâts. Grand ménage en perspective, autant dans Lordaeron que côté Fossoyeuse.

- J'attends tes hommes dans le navire, conclut Jaina en désignant l'immense bateau posé au loin. J'aimerais partir dans l'heure.

Elle s'éloigna d'un pas rapide et Sylvanas la salua d'un geste de la main.

- Et merci d'avoir aidé, Archimage ! Mais quelle mouche l'a piquée ?

- Elle risque sa tête à retourner à Boralus. J'espère que tout ira bien pour elle, soupira Anduin.


Et voilà ! La suite dans 7 jours !

Passez une bonne semaine,

Bises,

Sygui et Link9