Clarke poussa la porte de chez elle, ses pas traînants et son visage pâle trahissant la bataille émotionnelle qu'elle venait de livrer. Les larmes perlaient encore à ses yeux, traçant des sillons humides sur ses joues rougies. La maison, habituellement chaleureuse, semblait soudain si silencieuse, comme si elle retenait son souffle en sentant la douleur de la jeune fille.
— Clarke ? appela Jake, son père, en relevant la tête depuis la table où il travaillait. En voyant l'état de sa fille, il se leva précipitamment et l'enveloppa dans une étreinte solide. Que s'est-il passé, ma chérie ? murmura-t-il d'une voix douce, la tête appuyée contre celle de Clarke.
La jeune fille laissa échapper un sanglot, ses épaules tremblant sous le poids de l'émotion. Elle s'accrocha à lui comme à une bouée, essayant de reprendre son souffle.
— C'est... c'est tellement compliqué, dit-elle finalement, d'une voix entrecoupée de sanglots. Mon âme sœur m'a trouvée. Nous avons la même tache de naissance, papa.
Jake la regarda, la surprise illuminant ses traits. Il savait que cette marque, partagée par si peu de personnes, représentait le signe indiscutable d'une connexion rare et profonde.
— Et il y a Bellamy, continua-t-elle en baissant la tête. Je l'aime, papa. Avec lui, tout est simple, tout est réel. Mais cette tache... et ce que cela représente...
Le père de Clarke prit un instant pour réfléchir, puis répondit avec une voix empreinte de douceur.
— Clarke, ce que tu vis est plus compliqué que ce que racontent les légendes. Parfois, l'idée de l'âme sœur peut être écrasante. Mais l'amour, lui, se nourrit de choix, d'expériences et de partage. Ce que tu ressens pour Bellamy est tout aussi légitime que ce que cette marque peut symboliser. Cependant, ce lien, il est réel, oui. C'est comme une rivière qui finit toujours par retrouver l'océan, peu importe les détours qu'elle prend. Mais cela ne veut pas dire que tu dois oublier ce que tu ressens pour Bellamy. Le cœur a des raisons que même le lien le plus fort ne peut effacer.
Clarke essuya ses larmes du revers de la main, sa respiration saccadée témoignant de son désarroi.
— Alors, que dois-je faire ? demanda-t-elle, la voix tremblante. Je suis déchirée. Bellamy est... il est ma stabilité, mon choix. Mais ce lien...
Jake posa une main chaleureuse sur son épaule, lui offrant un sourire rassurant.
— Ce que tu dois faire, ma chérie, c'est prendre un instant pour réfléchir. Pèse le pour et le contre. Pose-toi la question, non pas de ce que les autres attendent de toi, mais de ce que toi, Clarke, tu désires vraiment. Le choix est entre tes mains, même si la situation semble te dépasser.
À ce moment, Abby entra dans le salon, les sourcils légèrement froncés, le téléphone portable serré dans sa main. Elle avait entendu la dernière phrase de Jake et savait que l'heure des décisions approchait.
— Clarke, Jake, dit-elle avec un sérieux teinté de compassion. Nous sommes invités à un dîner ce soir. Les mots se suspendirent un instant dans l'air, ajoutant un poids à l'atmosphère déjà tendue. C'est une invitation que nous ne pouvons pas refuser. Et... c'est tenue correcte exigée.
Clarke et Jake échangèrent un regard surpris face à l'annonce d'Abby. L'invitation, soudaine et intrigante, flottait dans l'air comme un ultimatum silencieux. Clarke fronça les sourcils, tentant de protester, une pointe de défi dans la voix.
— Maman, je ne pense pas que ce soit une bonne idée... Je n'ai pas envie d'y aller, dit-elle, essayant de cacher la nervosité qui la gagnait.
Abby croisa les bras, un regard inflexible dans les yeux.
— Clarke, tu dois être présente. Il n'y a pas de débat là-dessus, c'est important, dit-elle d'un ton qui ne souffrait aucune contradiction.
Clarke soupira et, résignée, se prépara pour le dîner. Elle opta pour une robe verte émeraude qui épousait ses formes sans en faire trop et ajouta un fin trait d'eye-liner pour souligner ses yeux clairs. Une douche apaisante l'avait aidée à calmer son esprit, même si la nervosité persistait. L'espoir de rester loin de Lexa, au moins pour un moment, lui donnait un faux sentiment de sécurité. Clarke savait qu'elle n'avait pas révélé son nom de famille, ce qui lui offrait un semblant de répit.
Après une demi-heure de route dans un silence tendu, les Griffin arrivèrent devant une villa somptueuse, baignée par la lumière dorée du crépuscule. Abby sonna à la porte, et Clarke jeta un coup d'œil interrogateur à sa mère.
— Où sommes-nous, au juste ? demanda-t-elle, sa voix tremblante d'appréhension.
La porte s'ouvrit sur Lexa, vêtue d'une élégante robe noire qui mettait en valeur ses yeux pénétrants. Un sourire calme se dessina sur ses lèvres.
— Rebonjour, mon amour, prononça Lexa avec une douceur inattendue.
Le cœur de Clarke se figea, et la stupeur se peignit sur les visages de ses parents. Abby comprit immédiatement la situation, ses traits se tendant en un mélange de surprise et d'appréhension.
— Heda... murmura Clarke, sa voix trahissant un mélange de choc et de confusion.
Un flot de chaleur monta en elle, alliant colère et malaise. Le lien indéniable qu'elle avait tenté de fuir resurgissait de la manière la plus théâtrale possible. Jake, reprenant ses esprits, brisa le silence en toussotant légèrement.
— Eh bien, cela explique beaucoup de choses... dit-il, un sourire crispé aux lèvres.
Abby, malgré sa surprise, reprit un peu de contenance.
— Clarke, je pense que nous devons entrer, dit-elle calmement.
Lexa s'effaça pour laisser passer la famille, glissant un regard chargé de tendresse vers Clarke. Celle-ci se sentit prise au piège lorsque Lexa s'approcha d'elle pour lui déposer un baiser léger au coin des lèvres, avant de glisser une main autour de sa taille. Clarke réagit aussitôt, essayant de se dégager, mais la prise de Lexa se resserra doucement sur sa hanche.
— Docteur Griffin, je suis ravie de vous revoir, dit Lexa avec un sourire chaleureux avant de se tourner vers Jake. Et monsieur Griffin, je suis honorée de faire enfin votre connaissance.
Jake hocha la tête, l'air légèrement déconcerté, mais répondit poliment. Lexa guida alors les invités vers le salon, où Bellamy et Octavia attendaient déjà. Dès que Clarke entra dans la pièce, elle se libéra de l'étreinte de Lexa et se précipita vers Bellamy et Octavia, les serrant dans ses bras avec une émotion palpable.
Un grondement sourd s'échappa des lèvres de Lexa, un son instinctif et protecteur, qui fit se retourner Clarke avec un regard noir.
— Du calme, sac à puces, lança-t-elle d'une voix dure.
Lexa, désarçonnée, baissa légèrement les yeux, acceptant sans un mot la rebuffade. Pour un instant, Clarke se sentit reprendre le contrôle, réalisant que, malgré la présence imposante de Lexa, elle avait le pouvoir de dicter les règles de ce jeu étrange.
-Eh bien ! On dirait qu'elle a du caractère, la petite, lança une voix grave, surgissant de nulle part. Tous se retournèrent, et le Roi fit son entrée, un sourire bienveillant aux lèvres. Il embrassa tendrement sa fille avant de s'avancer vers les parents de Clarke, leur serrant chaleureusement la main, puis il se tourna vers Clarke.
- Clarke, je présume ? dit-il, son regard perçant mais amical.
- Euh... oui... Bonjour, Votre Altesse, répondit Clarke, un peu tremblante, avant de tenter une révérence maladroite.
Le Roi la contempla, amusé mais attentif. Alors, c'est toi l'âme sœur de ma fille chérie ?
Euh... Je... il paraît, balbutia-t-elle en haussant légèrement les épaules.
Lexa intervint, une ombre de tristesse dans le regard. « Elle ne ressent pas le lien, papa, » murmura-t-elle en baissant la tête.
Le Roi haussa un sourcil, une expression de réflexion sur le visage. « Oh, comme c'est fâcheux. Mais cela ne saurait tarder. »
Il se redressa et fit un geste accueillant. « Venez, suivez-moi. Ma femme est en cuisine, elle sera ravie de vous rencontrer. »
« Nous arrivons dans cinq minutes, papa, » dit Lexa d'une voix douce mais assurée. « Nous devons d'abord parler avec Clarke et les Blake. »
Les parents de Clarke suivirent le Roi, échangèrent quelques mots aimables, tandis que la mère de Lexa fit son apparition, sa présence rayonnante ajoutant à l'élégance de la pièce.
Alors que Clarke et Bellamy s'éloignaient un peu pour discuter, Lexa et Octavia les observaient. Lexa, les mâchoires serrées, avait du mal à masquer la tension qui s'emparait d'elle. Sa main se crispa légèrement sur le dossier d'une chaise, le regard rivé sur Clarke et Bellamy qui chuchotaient en se tenant proche l'un de l'autre. Octavia, quant à elle, se mit à rire doucement.
Lexa tourna brusquement la tête vers elle. « Pourquoi tu ris ? » demanda-t-elle d'un ton sec.
Octavia haussa les épaules, un sourire en coin. « C'est juste... Tout devient plus évident. Clarke met souvent du vert, comme ce soir, et vos yeux sont de la même couleur, vert émeraude. Vous êtes assorties. »
Un sourire, teinté de tendresse, illumina brièvement le visage de Lexa malgré la tension ambiante. Mais ce sourire se dissipa rapidement lorsqu'elle vit Clarke et Bellamy se prendre dans les bras, comme si le monde autour d'eux n'existait pas. Lexa sentit un frisson de colère monter en elle. Avant qu'elle ne réagisse de manière excessive, Octavia posa sans réfléchir sa main sur son bras, un geste apaisant.
Clarke, qui se retournait à cet instant, aperçut le geste. Son regard se durcit sans même qu'elle s'en rende compte, et elle fusilla Octavia du regard. Cette réaction fit éclater Octavia de rire.
« Elle est jalouse, » murmura-t-elle à l'oreille de Lexa, d'une voix taquine.
Avant que Lexa ne puisse répondre, Clarke arriva, le regard flamboyant. « Je croyais que personne n'avait le droit de te toucher, » dit-elle d'une voix froide, ses yeux lançant des éclairs.
Un sourire en coin étira les lèvres de Lexa. « Personne ne le peut, sauf toi, » répondit-elle calmement.
Octavia, se délectant de la scène, ajouta avec une pointe de provocation : « Pas besoin d'être jalouse comme ça, Clarke. »
« Je ne suis pas jalouse ! » rétorqua Clarke, la voix tremblante de frustration. Avant que quiconque ne puisse ajouter un mot, elle fit demi-tour et partit d'un pas rapide, son dos raide de colère.
Le rire d'Octavia résonna de nouveau. « Eh bien, la soirée promet d'être intéressante, » murmura-t-elle, un sourire narquois aux lèvres.
Ne perdant pas un instant, Lexa s'élança pour rattraper Clarke, la saisissant doucement par le bras malgré la tentative de Clarke de se dégager.
— Clarke, attends… murmura-t-elle.
À ce moment, la mère de Lexa arriva, interrompant leur échange avec un sourire chaleureux.
— Clarke ! Je suis ravie de te rencontrer, dit-elle d'une voix aimable.
Clarke, encore un peu troublée, retrouva son calme et répondit poliment :
— Bonjour, Votre Altesse. Moi de même, et merci de nous accueillir. Vous avez une demeure magnifique.
La mère de Lexa sourit avec bienveillance.
— Oh, cette maison n'est pas la nôtre, elle appartient à Lexa. Allez, venez vous installer, l'apéritif est servi, ajouta-t-elle en les conduisant vers le salon.
Une fois assise, Clarke se retrouva coincée entre Lexa et Octavia, face à son père qui la scrutait d'un regard à la fois perplexe et interrogateur. Elle lui adressa un sourire désolé, consciente du tour inattendu que prenait cette soirée. Lexa, quant à elle, se leva avec une élégance naturelle, un verre à la main.
— Merci à tous d'être ici ce soir. Je sais que cette invitation a été envoyée un peu à la dernière minute, mais je suis heureuse de vous avoir réunis, ma famille, pour une occasion si particulière.
Elle marqua une pause, son regard émeraude se posant avec douceur sur Clarke.
— Après des siècles, j'ai enfin trouvé mon âme sœur. Clarke, je sais que tu ne ressens pas encore ce lien, mais pour moi, il est réel, puissant… inéluctable. Je suis certaine que nous serons heureuses ensemble et que nous bâtirons quelque chose de grand. En t'unissant à moi, tu perpétues une lignée qui a régné depuis des millénaires. Et surtout… je t'aime.
Un silence s'abattit sur la salle, suivi d'un murmure de surprise. Clarke sentit la chaleur lui monter aux joues, mal à l'aise sous le poids de cette déclaration publique. Son père la regardait avec émotion, tandis qu'Abby gardait une expression indéchiffrable. Après un instant de flottement, Clarke se racla la gorge et répondit d'une voix hésitante :
— Euh… Merci pour l'invitation. Tout ça est… un peu soudain pour moi, je l'avoue. Je ne suis pas très douée pour les discours, alors… voyons ce que l'avenir nous réserve. Quant à cette histoire de grande famille… étant donné que nous sommes toutes les deux des femmes, disons que c'est un peu compliqué.
Elle tenta un sourire maladroit, espérant alléger l'atmosphère, mais Lexa répondit par un clin d'œil amusé.
— Ne t'inquiète pas pour ça, Clarke.
Avant que Clarke ne puisse réagir, Lexa l'attira doucement sur ses genoux. La surprise la fit se raidir, une sensation troublante montant en elle, comme un souvenir enfoui remontant à la surface. Elle tourna un regard incrédule vers Lexa, qui lui répondit par un sourire espiègle.
— Tu vois ? Aucun souci pour les héritiers, murmura-t-elle, une lueur taquine dans les yeux.
Clarke sentit son cœur rater un battement et, soudain consciente du contact, s'extirpa avec discrétion de l'étreinte de Lexa pour regagner son siège. Ses joues étaient en feu, et elle s'efforça de retrouver une contenance en saisissant son verre. Son père lui adressa un sourire encourageant, tandis qu'Abby, elle, plissa légèrement les yeux, visiblement en pleine réflexion. L'atmosphère oscillait entre solennité et une intimité troublante, comme si tous attendaient la suite des événements avec un mélange d'impatience et de curiosité.
Bientôt, des plateaux d'amuse-bouches furent apportés, accompagnés de verres de champagne, et les conversations reprirent doucement. Mais Clarke savait que, malgré l'apparente légèreté du moment, quelque chose de plus grand était en train de se jouer.
Lexa leva son verre.
— À cette soirée spéciale, dit-elle, son regard se posant brièvement sur Clarke. Merci à chacun d'être ici pour célébrer ce début… que je ressens comme le commencement d'une belle aventure.
Tous levèrent leurs verres en écho, bien que Clarke sentit une certaine gêne en entendant ces mots pleins de promesses implicites. Un peu déstabilisée, elle esquissa un sourire prudent et porta son verre à ses lèvres. Après quelques échanges de politesses, la mère de Lexa s'adressa à Clarke avec curiosité.
— Clarke, j'ai entendu dire que tu avais un réel talent artistique. Tu fais aussi des études, je crois ?
Clarke hocha la tête, touchée par l'intérêt sincère de la reine.
— Oui, je suis en médecine, en première année. C'est un domaine qui me tient à cœur. Mais j'aime aussi peindre… c'est une passion personnelle, rien d'extraordinaire.
Le père de Clarke ajouta avec un sourire amusé :
— Clarke est très modeste, mais c'est vrai qu'elle passe des heures à peindre dès qu'elle a un moment de libre.
Lexa, écoutant attentivement, eut un léger sourire, ses yeux vert brillant d'admiration.
— Je suis impressionnée, répondit-elle. La peinture est un art qui m'a toujours fascinée. Elle échangea un regard complice avec Clarke, avant de poursuivre. D'ailleurs, j'ai récemment acquis quelques toiles qui m'ont captivée. Si cela vous intéresse, j'aimerais vous les montrer après le dîner. L'artiste me semble prometteuse, et j'aimerais avoir ton avis, Clarke.
Clarke, flattée par la demande, hocha la tête, un peu surprise.
— Bien sûr, ça me ferait plaisir de voir ce qui te plaît dans la peinture.
La conversation continua, ponctuée de compliments et d'échanges cordiaux entre les invités, chacun découvrant un peu plus l'autre. Le dîner avança dans une atmosphère calme mais chargée d'une subtile tension, en particulier entre Clarke et Lexa, leurs regards se croisant à de nombreux moments.
Après le dessert, Lexa se leva avec élégance et s'adressa à ses invités.
— Avant de clore cette soirée, j'aimerais vous montrer une partie de ma collection d'art, ajoute-t-elle en souriant à Clarke. Je viens d'acquérir quelques toiles récemment, et j'aimerais avoir votre avis.
Intrigués, les invités se levèrent et suivirent Lexa jusqu'à un salon attenant, où plusieurs tableaux étaient accrochés le long des murs, soigneusement illuminés par des éclairages discrets. Clarke, en entrant, sentit son cœur s'emballer en reconnaissant immédiatement les œuvres : c'était ses propres peintures, celles qu'elle avait vendues il y a peu pour financer ses études. Elle resta figée, incapable de dissimuler sa surprise.
Son père, Jake, nota son expression troublée et fronça légèrement les sourcils en observant les toiles. Puis, d'un ton empreint de surprise, il s'exclama :
— Attendez… mais… ce sont les peintures de Clarke !
Un murmure d'étonnement parcourut la salle. Les yeux de Lexa s'élargirent légèrement en réalisant l'ampleur de la coïncidence, mais son expression se transforma rapidement en un sourire émerveillé.
— Vraiment ? Eh bien, quelle chance ! J'étais profondément fascinée par ces œuvres… Elles m'ont attirée sans que je sache pourquoi, dit-elle en observant Clarke avec une tendresse non dissimulée. Il semble que même avant de te rencontrer, Clarke, quelque chose me guidait déjà vers toi.
Clarke rougit, incapable de dissimuler la vague d'émotion qui la submergeait. Elle baissa les yeux, confuse mais flattée, tandis que ses parents, tout comme Octavia et Bellamy, la regardaient avec un mélange de fierté et de surprise. Octavia, amusée, échangea un regard complice avec Bellamy.
— On dirait bien que l'univers te joue des tours, Clarke, glissa-t-elle d'un ton taquin.
Lexa, touchée par la découverte, s'approcha de Clarke, son regard empli d'une tendresse sincère.
— J'ai été immédiatement captivée par ces œuvres, explique-t-elle, chaque mot chargé d'émotion. Leur profondeur et leur intensité me parlaient, comme si je ressentais ce que l'artiste avait voulu exprimer… sans savoir que c'était toi.
Clarke sentit son cœur battre plus fort, déconcertée par cette connexion inattendue et troublante entre elles. Lexa fit un pas en avant, les yeux posés sur Clarke, son regard doux et empreint d'admiration.
— Ce talent, cette sensibilité… Je comprends maintenant pourquoi j'étais si attirée par ces toiles, murmura-t-elle, comme si elle n'adressait ces mots qu'à Clarke.
Un silence respectueux s'installa dans la salle, tandis que chacun admirait les peintures, mais Clarke avait du mal à détourner les yeux de Lexa. Cette coïncidence semblait renforcer quelque chose entre elles, quelque chose qu'elle peinait encore à comprendre.
Lexa reprit doucement : Clarke, je veux que tu saches que ces œuvres resteront ici tant que tu le souhaiteras. C'est un honneur pour moi de les avoir.
Clarke inspira profondément, son esprit encore troublé par cette révélation. Elle finit par relever les yeux et murmura, d'une voix hésitante mais sincère :Merci, Lexa. C'est étrange, mais je… je suis heureuse que ce soit toi qui les ai, dit-elle avec un sourire timide.
Le visage de Lexa s'illumina, et elle tendit doucement la main pour effleurer celle de Clarke, une lueur chaleureuse dans les yeux.
— Je suis honorée de les posséder, Clarke. Et sache que je respecterai toujours ton espace, tout en espérant que ce lien entre nous continuera à se renforcer avec le temps.
Clarke hocha la tête, touchée par la sincérité de Lexa. Les autres invités observaient la scène en silence, conscients de l'importance du moment. C'était comme si un pont invisible venait de se créer entre Clarke et Lexa, une connexion plus tangible que n'importe quel lien prédestiné.
La soirée continua dans une atmosphère apaisée, où chacun semblait sentir le poids du destin planer doucement sur eux, et Clarke, pour la première fois, se surprit à envisager ce que cet avenir avec Lexa pourrait réellement signifier.
Après le dîner, les invités se retrouvèrent dans le salon pour un digestif. La pièce baignait dans une lumière tamisée, et les conversations se faisaient plus douces, mais Clarke remarqua que Lexa semblait distante, troublée. Profitant d'un moment où ils étaient à l'écart des autres, Lexa s'approcha d'elle, une certaine hésitation dans le regard.
— Clarke… j'aimerais te parler de ce lien, de ce qu'il signifie pour moi, dit-elle d'une voix basse et sincère.
Clarke hocha la tête, attentive, et Lexa poursuivit.
— Ce lien entre âmes sœurs est bien plus qu'une connexion ordinaire. C'est comme si ton absence laissait un vide en moi, un manque constant. Cela me fait mal… littéralement, quand tu n'es pas près de moi. J'aimerais te proposer de rester ici, avec moi, dès ce soir, murmura-t-elle, une lueur suppliante dans les yeux. Je sais que cela peut paraître précipité, mais… je ne pense pas pouvoir supporter d'être éloignée de toi plus longtemps.
Clarke sentit une onde de compassion la traverser, bien qu'elle soit également déstabilisée par l'intensité de la demande de Lexa.
— Lexa… je comprends, vraiment, mais… tout va si vite. J'ai encore besoin de temps, répondit-elle, tentant de rester courtoise.
La tristesse qui envahit le regard de Lexa serra le cœur de Clarke. Étrangement, cette peine semblait se répercuter en elle, comme si elle ressentait, en écho, la douleur de Lexa. Jake, ayant observé l'échange à distance, prit doucement Clarke à part pour lui parler.
— Clarke, je sais que cette situation est compliquée à comprendre, commença-t-il d'une voix apaisante. Mais essaie de te mettre à la place de Lexa. Ce lien est réel pour elle ; ton absence lui cause une sorte de vide, presque douloureux. Il n'y a pas de mots pour décrire ce qu'elle doit ressentir, mais ce besoin d'être avec toi lui échappe totalement.
Clarke resta silencieuse, touchée par les paroles de son père et par la sincérité qu'elle percevait dans les yeux de Lexa. Elle prit une profonde inspiration et, après un instant de réflexion, retourna auprès de la jeune Reine.
— Lexa, dit-elle doucement, si cela peut vraiment apaiser cette douleur… alors je resterai ici cette nuit. Peut-être que c'est trop tôt pour aller plus loin, mais je ne veux pas te laisser souffrir, murmura-t-elle avec tendresse.
Les yeux de Lexa s'illuminèrent, un soulagement et une joie sincère éclairant son visage.
— Merci, Clarke, répondit-elle d'une voix émue, comme si cette proposition dissipait soudainement tout son chagrin.
En quelques mots, Lexa invita les autres invités à prendre congé, chacun comprenant l'impatience de la Reine à être seule avec Clarke. Lorsque tout le monde eut quitté les lieux, Lexa se tourna vers Clarke, son regard empli de gratitude et de douceur.
— Viens, dit Lexa avec un sourire taquin, je vais te montrer… notre chambre.
Clarke haussa un sourcil, un peu perplexe.
— Notre chambre ?
Avant qu'elle n'ait le temps de protester, Lexa la souleva d'un geste assuré et la bascula sur son épaule, la portant tel un sac de patates tout en riant.
— Lexa ! Mais qu'est-ce que tu fais ?! s'exclama Clarke en se débattant.
— Relax, Clarke ! C'est juste pour te montrer mon côté « attentionné », plaisanta Lexa en riant encore plus, ses pas résonnant dans les escaliers.
Elle traversa le couloir, toujours avec Clarke sur l'épaule, et pénétra dans une vaste chambre somptueusement décorée. D'un geste espiègle, Lexa jeta Clarke sur le lit, sans trop de délicatesse, provoquant un éclat de rire.
— Lexa ! s'offusqua Clarke, bien que son propre rire se mêlât bientôt à celui de Lexa.
Sans se laisser démonter, Lexa s'installa doucement sur Clarke, son visage tout près du sien, son rire se transformant en un sourire tendre. Elle approcha son nez de son cou et respira profondément, savourant son parfum.
— Clarke… s'il te plaît, dors avec moi cette nuit, murmura-t-elle d'une voix presque suppliante, laissant transparaître une vulnérabilité inattendue.
Clarke, d'abord interloquée, finit par soupirer, se résignant.
— D'accord, répondit-elle, cédant presque malgré elle. Mais pour l'instant, je vais me changer.
Elle se leva, saisit un short et un tee-shirt dans l'armoire de son âme sœur, et les tendit à Lexa, qui observa les vêtements avec un léger sourire avant d'attraper un mini-débardeur et un caleçon dans son armoire.
— C'est parce que c'est toi, Clarke, précisa-t-elle avec un clin d'œil. D'habitude, je dors… sans rien.
Clarke roula des yeux, en feignant l'agacement.
— Pas question que je voie ça. Reste habillée, ou je rentre chez moi, menaça-t-elle, même si son ton était un peu moqueur.
Lexa rit en enfilant son débardeur et son caleçon, prenant soin d'être au moins un peu habillée, et les deux jeunes femmes allèrent ensuite se rafraîchir avant de revenir s'installer dans le lit. Clarke prit soin de se glisser du côté le plus éloigné possible, mettant une certaine distance entre elles. Elle tourna le dos à Lexa, espérant mettre un peu de calme dans cette situation si nouvelle et troublante.
Mais Lexa n'était pas prête à lui laisser cet espace. Elle se glissa derrière elle, posa doucement ses mains sur ses hanches, et la tira vers elle. Clarke se retrouva face à face avec elle, les yeux agrandis de surprise.
Lexa l'observa un instant, puis déposa un baiser doux sur ses lèvres. Clarke, trop abasourdie pour réagir, sentit une chaleur monter en elle tandis que Lexa souriait, sereine, avant de se blottir dans le creux de son cou.
— Bonne nuit, Clarke, murmura-t-elle, sa voix s'adoucissant au bord du sommeil.
En quelques minutes, Lexa s'était assoupie, son souffle tranquille contre la peau de Clarke. Cette dernière, légèrement perturbée, resta un moment éveillée, troublée par la tendresse inattendue de Lexa et par cette proximité déroutante. Elle se demanda comment elle en était arrivée là, et, en sentant la chaleur de Lexa contre elle, finit par se détendre malgré elle, glissant peu à peu vers le sommeil.
