Mage Seigneurial

Chapitre 36:

Général Potter

Ce fut avec détermination que Harry s'avança sur le viaduc, regardant Voldemort qui l'attendait de l'autre côté, ayant déjà libéré un grand espace pour leur affrontement. Tout ses combattants le suivirent, prêt à le soutenir, le soutenant déjà avec une énergie invisible mais belle et bien palpable pour le jeune lord plus sûr de lui que jamais. Juste derrière lui, il y avait Amcinthe, Arthur, Avismark, Bastide et Adélème, Zelphride au dessus de lui. Et il sentait qu'ils avaient confiance en lui même s'ils étaient aussi très inquiets. Lorsqu'ils arrivèrent au bout, ce fut sans hésiter que le jeune lord passa sa barrière, faisant signe aux siens de rester tranquillement derrière. Ils obéirent sans broncher et il s'avança dans l'espace que le Seigneur des Ténèbres avait fait libérer au milieu de son armée amassée tout autour.

- Tu oses enfin me faire face, railla Harry en fixant Tom. Il était temps.

- Et qu'est-ce qui te fait croire que je pourrais te redouter? demanda-t-il avec nonchalance.

- D'abord, tu t'attaques à moi alors que je n'étais qu'un bébé sans défense. On fait difficilement plus lâche. La fois suivante, j'avais à peine onze ans, les sorts que je connaissais se comptaient sur les doigts d'une main et tu as quand même préféré d'abord tenter de me rallier à toi plutôt que de me combattre, ce que tu as ensuite tenté de faire, sans succès. Pendant ma deuxième année, tu t'es caché derrière ton basilic, que j'ai tué d'ailleurs. Au cimetière, et bien, je suis sûr que tes mangemorts se souviennent encore de ton échec cuisant alors que j'étais à ta merci, dit-il en le sentant bouillonner de colère.

Mais la colère de son ennemi était une bonne chose. Elle le rendrait plus violent mais aussi moins concentré et réfléchi.

- En cinquième année, au Ministère, tu as préféré un combat de légilimancie en sachant que je n'y connaissais rien, comme en occlumencie d'ailleurs, alors que tu étais reconnu comme maître en la matière. Très courageux et honorable. Tu avais l'avantage et pourtant, je t'ai battu et tu as fuis devant Fudge et ses aurors. Pitoyable. Depuis, tu n'as fait qu'envoyer tes mangemorts sans venir toi même. Hier, tu as refusé mon défi avant de fuir quand je suis venu te chercher. Si tu n'as pas peur de moi je ne sais pas ce que c'est, ricana-t-il.

- Du dédain, répondit-il simplement en faisant rire les siens. Pourquoi perdrais-je mon temps avec un misérable comme toi? Pourquoi te ferais-je l'honneur de t'affronter?

- N'est-ce pas toi qui le premier a voulu me tuer parce qu'une Prophétie disait que j'avais le pouvoir de te vaincre et que l'un de nous mourrait de la main de l'autre? posa simplement Harry.

- L'un de nous c'est à dire toi, ajouta le Seigneur des Ténèbres.

- Cela reste à déterminer, s'amusa Harry. Mais nous allons vite le savoir, dit-il en levant sa baguette.

Voldemort en fit autant et il y eut un moment de silence lourd avant que les premiers sorts ne partent. Le combat éclata alors avec violence, les sorts s'enchaînant à toute vitesse alors qu'ils bougeaient, tous regardant en retenant leur souffle. Rapidement, l'armée de Voldemort dut s'écarter un peu plus et se protéger des sorts perdus ou déviés, les alliés de Harry encore protégés par sa propre barrière autour du château. Le jeune lord se concentra, parant les sortilèges plus vicieux les uns que les autres qui lui étaient envoyés. Il lançait les siens en réponse, concentré à l'affût de la moindre ouverture et lorsqu'il en eut une, il lança un sortilège d'illusion qui donna l'impression qu'il se dédoublait de multiple fois. Voldemort n'en fut déstabilisé qu'un instant avant de lancer un puissant sortilège de feu tout autour de lui, faisant reculer un peu plus les siens. Se protégeant des flammes, Harry se glissa dans son dos, dégainant son épée pour frapper sans hésiter. Tom le sentit au dernier moment, sautant en avant, n'échappant pas à une longue estafilade qui lui barra le dos, visible pour tous.

Il y eut un moment d'immobilité stupéfaite avant que l'armée de Harry ne hurle de joie, les partisans de Voldemort insultant copieusement le jeune lord, furieux. Souriant à son adversaire, Harry fit tourner son épée dans sa main, tenant sa baguette dans l'autre. Fou de rage, Voldemort se remit à faire tomber une pluie de sorts sur lui, le combat reprenant avec violence, ravageant le terrain autour d'eux. Harry n'hésita pas à aller au corps à corps, sentant que Tom était mal à l'aise avec cela, avec son épée. Il cherchait toujours à l'éloigner de lui lorsqu'il approchait. Et il fut vite évident que Voldemort n'était pas familier du combat à mains nues. D'abord concentré sur ses sorts, il se focalisa ensuite en plus sur son épée et en oublia qu'il n'y avait pas que cela. Harry lui rappela en lui décochant un coup de pied retourné qui l'envoya voler à plusieurs mètres, faisant crier de joie les siens.

- Infâme sang-mêlé! hurla Bellatrix. Avada Kedavra! beugla-t-elle.

Harry, concentré sur Voldemort, ne vit pas le sort venir dans son dos même s'il le sentit. Il sut qu'il ne pouvait l'éviter. Il percuta l'arrière de sa tête, seul endroit de son corps qui n'avait pas de vêtement de protection magique. Sa vue se brouilla, il vit l'horreur sur les visages des siens face à lui. Il se sentit vaciller et ce fut le trou noir. Puis il cligna des yeux et brusquement, il se retrouva ailleurs. Il n'était plus à Poudlard sur le champs de bataille, il était au château Peverell. Tout du moins, cela y ressemblait mais il était fait de lumière blanche et dénué de décoration, pur. Il regarda autour de lui, surpris, perturbé, son esprit soudain embrumé, se demandant ce qu'il se passait, se sentant léger et bien en ce lieu. Puis le sort qu'il avait pris lui revint en mémoire et il se demanda s'il était mort.

- Pas exactement, fit une étrange réplique de sa propre voix.

Il se figea net en trouvant une copie conforme de sa personne à la différence près qu'il était quasiment gris. Un gris parfaitement équilibré qui teintait ses cheveux, ses vêtements, ses yeux, ses ongles… Il avait une peau pâle reluisant légèrement.

- Qu'est-ce que…? Que se passe-t-il? Qui êtes-vous? demanda-t-il.

- Cette apparence doit-être perturbante pour toi. Je prend toujours la forme que les gens imaginent pour moi ou celle d'un être qu'ils pensaient ardemment trouver ici. Mais rien de tout cela pour toi puisque tu t'es fait maître de ta propre mort. Tu as décidé que tu vivrais et que tu mourrais comme tu le voudrais et par conséquent, ma forme est la tienne, image de ta volonté de contrôler ta propre vie jusqu'à ta mort.

- J'ai reçu l'Avada Kedavra de Bellatrix, remarqua-t-il.

- Oui. Tu aurais dû te douter que les mangemorts ne resteraient pas bien gentiment à regarder. Ils n'ont ni honneur, ni parole, surtout Bellatrix. Mais tu n'es pas mort. Pas encore. Tu es au seuil entre les deux.

- Et vous êtes? questionna-t-il en tentant de se faire à cette étrange situation alors que toutes ses pensées allaient vers le champs de bataille et ce qu'il pouvait s'y passer.

- Ne t'inquiète pas pour la guerre. Nous avons tout notre temps puisque nous sommes justement hors du temps ici. Si tu décides d'y retourner, il ne se sera passé qu'une fraction de seconde là bas.

- Comment ça si je décide d'y retourner? releva-t-il perdu. On peut choisir de mourir ou non maintenant?

- Non, bien sûr que non, s'amusa son double. Sauf toi. Tu es l'exception. La seule et unique.

- Pourquoi?

- Oh mais tu le sais déjà, sourit l'autre. Réfléchi une seconde et pense aux légendes qui sont en réalité de très rares vérités.

Harry tenta de comprendre ce qu'il voulait dire, cogitant à toute allure avant de se figer net. Il baissa les yeux pour regarder son avant bras. Sa tenue de combat avait disparu pour ne laisser qu'un pantalon et une chemise sans manches blancs. Il put donc voir directement son holster à baguette. Il y en avait trois normalement mais ici, il n'y en avait plus qu'une: la Baguette de Sureau. Près d'elle, dans une très petite poche de cuir cousue à même le holster et enchantée pour cela, il y avait sa Cape d'Invisibilité et à sa main, il y avait la bague d'or des Gaunt où trônait la Pierre de Résurrection. Et tout trois pulsaient de magie. Il releva le regard vers son double, n'osant croire la conclusion qu'il venait de faire:

- Vous êtes la Mort? interrogea-t-il peu sûr de lui.

- Je suis la Mort. Et tu es désormais mon maître. Ou, plus précisément, tu es le maître de ta propre mort.

- Le conte disait la vérité.

- Oui et non. Le conte disait que celui qui rassemblerait les trois Reliques de la Mort que j'ai jadis offert aux trois frères Peverell, tes ancêtres, serait Maître de la Mort. Mais ce n'est pas aussi simple et ce n'est pas tout à fait cela. Le Maître de la Mort n'est en réalité le maître que de sa propre mort. Ce qui veut dire que, peu importe la façon dont on pourrait tenter de te tuer, peu importe l'évènement mortel qui pourrait s'abattre sur toi, et peu importe le temps, tu resteras jeune, à l'apogée de ta forme physique et tu ne mourras pas à moins de le décider. Lorsqu'un incident tel que ce sort de mort surviendra, tu arriveras ici, au seuil entre les deux et tu auras le choix: repartir de là d'où tu viens comme s'il ne s'était rien passé, ou accepter ta mort et poursuivre ton chemin avec moi, ailleurs. Tu seras le seul à en décider.

- Même si mon corps est pulvérisé? demanda-t-il.

- Oui. Ta magie de maître de la mort reconstituera ton corps ou résorbera les dommages mortels. Tu pourras agoniser, souffrir et «mourir» mais quand tu arriveras ici et si tu décides d'y retourner, cette magie particulière effacera ce qui aura causé ta mort. Cela ne se fera pas sans douleur, sans difficulté ni affaiblissement magique mais tu survivras. Tu es désormais le seul décisionnaire de l'instant où tu mourras. Je dois avouer que cela va bien avec ton caractère et ta personnalité.

- Et il suffisait d'avoir les trois Reliques?

- Non. Le simple fait de posséder les trois Reliques, d'en être le maître, n'est pas suffisant. Sinon, n'importe quel idiot craignant la mort pourrait se défier de moi et ce n'est pas une chose qui m'amuse. Il fallait entrer en possession des Reliques sans l'avoir désiré, sans l'avoir cherché ou demandé, sans volonté de posséder l'objet en sachant que c'était une Relique de la Mort. Tu as obtenu chacune des Reliques sans même savoir ce dont-il s'agissait réellement, tu les as obtenu sans intention directe de les obtenir et même lorsque tu as su ce qu'elles étaient, tu n'as pas cherché à t'en servir en tant que tel, seulement comme les objets magiques qu'elles sont individuellement. Il fallait ce genre de volonté mais il fallait aussi le sang des Peverell auquel j'ai lié ces Reliques et surtout, il fallait ne pas me craindre, ne pas craindre la Mort, savoir accepter sereinement sa propre mort. Une chose que tu as fait il y a longtemps.

- J'ai l'intention de vivre une vie très longue.

- Et ce n'est pas incompatible avec l'acceptation de sa propre mort et la sérénité face à moi. Bien au contraire. Tu es le premier de l'histoire de ces Reliques à parvenir à devenir Maître de la Mort. Il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet mais tu as là le principal et il me semble que tu as une guerre à terminer. Alors, ton choix pour cette fois? La mort ou la vie?

- La vie, répondit-il sur le champs.

Immédiatement, il se sentit plus lourd, sa vue brouillée s'éclaircit et il se retrouva à nouveau sur le champs de bataille, en train de chuter en avant après l'impact du sort de Bellatrix. Il se reprit sur le champs, se secouant, se rattrapant en avançant un pied pour ne pas tomber. Ce fut dans un silence pétrifié qu'il se redressa, regardant les airs ébahis autour de lui.

- Franchement, depuis le temps, vous devriez savoir que l'Avada Kedavra ne peut pas me tuer, s'amusa-t-il.

Cela réveilla tout le monde et son camps explosa de colère:

- Bandes de traîtres sans honneur! hurla-t-on. C'est un duel! Vous n'avez pas à intervenir! Lâches!

L'armée de Voldemort répondit d'insultes plus colorées les une que les autres alors que Harry et Tom se fixaient droit dans les yeux.

- Dans ce cas, fit le Seigneur des Ténèbres, je vais te réduire en poussière.

Avec un cri de rage, il se remit à le bombarder de sorts et leur duel reprit avec plus de violence encore. Seulement, la trêve du duel avait été rompue par Bellatrix et ce fut dans l'instant que les deux armées se jetèrent à nouveau l'une sur l'autre, celle de Harry sortant sans hésiter de sa protection pour venir se battre avec lui. Le chaos se déchaîna à nouveau mais Harry et Tom restèrent concentrés l'un sur l'autre tout en gardant un œil sur ce qu'il se passait autour. Et le jeune lord vit qu'il était temps pour un coup d'éclat, son armée en grande faiblesse minoritaire malgré sa motivation.

- Amcinthe! s'exclama-t-il alors.

Le démon comprit sur le champs. De puissants coups d'ailes, il s'éleva dans le ciel, se mettant à incanter d'une voix grave et profonde qui résonna partout autour d'eux. Ceux qui levèrent les yeux pour le regarder virent dix portails s'ouvrir autour de lui et de chacun d'eux, un démon fusa. Démon ou ange, cela dépendait du point de vu. Harry avait appris avec Amcinthe que ce qu'on appelait démons et anges étaient en réalité un seul et même peuple dont les apparences et les attributs physiques différaient un peu de l'un à l'autre. Certains avaient donc l'apparence d'ange comme on pouvait se les imaginer avec de grandes ailes blanches, des auréoles et une aura lumineuses, et d'autres avaient l'aspect du démon typique avec les cornes, les ailes draconniennes et la queue. Amcinthe était en réalité entre les deux et cela était flagrant à cet instant. Ils apparurent et immédiatement, ils se jetèrent sur l'armée de Voldemort, déclenchant des sortilèges très impressionnants.

Harry sourit une seconde en voyant Tom hurler de rage face à cela. Il ne se relança sur lui qu'avec plus de violence et Harry, s'il n'en laissa rien paraître, commençait à accuser le coup entre les combats de la veille, les puissants sorts qu'il avait déployé et cette presque mort qui avait dévoré une bonne quantité de magie en plus de faire courir une douleur piquante dans tout son corps. Il ne devait pas s'éterniser. Il ne ferait que s'épuiser et cela se confirma lorsqu'il prit ses premiers sorts et ses premières véritables blessures, ses protections faiblissant à vue d'œil. Il ne put s'empêcher de hurler lorsqu'un sort toucha le haut de sa jambe droite et qu'il sentit ses os se briser de la hanche aux orteils. Habitué à la douleur, il réagit pourtant sur le champs pour lancer un sort de stase médicomagique sur sa jambe et sa hanche. Cela ne tiendrait que quelques heures et ça n'enlèverait pas la douleur mais ça tiendrait sa jambe entière pour qu'il puisse bouger presque normalement.

Il se redressa et reprit le combat avec force, serrant les dents sous la souffrance qui montait en lui. Il profita de la stupeur de Voldemort pour lui lancer des sorts qu'il ne parvint à arrêter que partiellement, s'y prenant trop tard. Il fit un vol plané et s'écrasa plus loin, se relevant pourtant très vite malgré son sang coulant et le combat reprit, chacun accumulant les blessures petit à petit. Le temps… le temps avait une étrange manière de passer dans une telle situation, tantôt lent, tantôt trop rapide. Mais le fait était qu'une heure était passée puisqu'il y eut un puissant éclat de magie et les démons invoqués par Amcinthe disparurent non sans avoir causé de solides dégâts. Harry les regarda disparaître et jeta un coup d'œil autour de lui. La moitié de son champs de vision était dans le noir, l'un de ses yeux lourdement blessé, mais ça ne l'empêcha pas de voir. Les rangs de Voldemort étaient clairsemés mais les siens aussi et il espérait qu'il y avait plus de blessés au château que de morts. Cette inattention lui valut d'être défait de son épée, Tom souriant en voyant l'arme voler au loin.

- J'ai encore un atout dans ma manche Potter, s'amusa-t-il l'air fou. Et il sera ta perte.

Il lança un puissant sortilège vers le ciel et il y eut un moment d'arrêt dans la bataille lorsque des cris inhumains s'élevèrent de la forêt, provoquant de terrifiant frissons chez bien des présents. Tous tournèrent leur regard dans cette direction, horrifiés de voir ce qui devait être un bon deux cent inferis en sortir, rampant tels des araignées dans leurs corps difformes. Les mangemorts rirent et les alliés de Harry se tendirent. Un Harry qui n'eut pas le temps de réagir que Arthur se servait de sa bague pour le rejoindre et réapparaître devant lui. Il détacha la magnifique épée qu'il portait toujours à la ceinture. Une épée d'une beauté sans pareille et d'une magie très puissante. Pourtant, Harry n'avait jamais vu Arthur la sortir, utilisant d'autres épées magiques de sa grande collection. Il détacha pourtant celle là et lui tendit la poignée:

- Prenez là, pria-t-il. Elle est à vous et elle vous dira comment l'utiliser. Prenez là, vite, poussa-t-il.

Ayant toute confiance en lui, Harry empoigna l'épée et il sentit une puissante onde de magie se répandre en lui. Ce ne fut pas qu'en lui d'ailleurs, ce fut aussi tout autour de lui alors qu'il attirait l'attention générale. Il tira la lame brillante comme un miroir, fine, parfaite, légère, brillant d'une magie incroyable. Il la dégaina, elle chanta presque comme le cristal et peu à peu, son nom gravé au centre de la lame se révéla: Excalibur. Arthur lui sourit alors qu'il tenait l'épée bien en vue. Elle brillait d'une lumière intense et pulsait d'une magie incroyable qui entourait aussi son porteur. Voyant cela, Tom voulu l'attaquer mais Avismark apparut brusquement entre eux, déviant les sorts du Seigneur des Ténèbres de sa hallebarde enchantée.

- Occupez vous des inferis, pria le gobelin alors que Arthur et Amincthe venaient l'aider à couvrir ses arrières pendant ce temps.

Harry se reprit alors, levant l'épée, sachant instinctivement comment s'en servir. Il la prit à deux mains tout en gardant sa baguette et fit d'amples mouvement de coupe horizontaux en direction des inferis. Si ces créatures étaient des monstruosités très puissantes, elles étaient aussi parfaitement stupides, sans raisonnement ni stratégie, et cela aidait beaucoup. Des raies de lumières nés de la lame fusèrent vers eux, les tranchant net et le jeune lord n'eut besoin que de quelques coups pour les anéantir, figeant une fois de plus bien du monde autour de lui. Tous regardèrent les inferis partir en poussière, ahuris. Il se retourna ensuite vers Voldemort qui vacillait entre fureur et peur. Agissant d'instinct pur, il planta la pointe de son épée dans la terre devant lui et une fois de plus elle irradia de magie. On vit alors trente quatre silhouettes fantomatiques apparaître autour de lui. Des hommes en armures de chevaliers, tenant l'épée et le bouclier, dotés de magie de faible puissance. Ils prirent forme tangible en quelques secondes, restant pourtant auréolés de lumière. Et Harry sut, il sut qui ils étaient, se tournant vers l'esprit gardien.

- Arthur, ce sont vos chevaliers, à vous de les conduire, pria-t-il.

Son ami lui sourit avant de regarder ces hommes qu'il connaissait bien, ses amis qui lui rendirent de sourires heureux avant de reprendre leur sérieux.

- Chevalier! appela-t-il en levant sa propre épée. Pour la paix et la justice!

- Pour la paix, la justice et pour le roi! répondirent-ils en le suivant sur le champs pour aller combattre à leur tour.

Cela regonfla le moral de l'armée de Harry, commençant à paniquer celle de Voldemort. Harry hurla le nom de Gauvain et l'auror comprit ce qu'il avait à faire, disparaissant avec les membres de l'unité prévu pour ça, direction le Ministère. Mais cela n'empêcha pas Tom de se jeter à nouveau sur Harry qui reprit son combat avec lui, maniant avec aisance cette puissante épée magique dont l'aura était un bouclier à elle seule. Elle lui disait comment se servir d'elle, ce qu'elle pouvait faire, et il sentait sa loyauté et son dévouement pour lui. C'était incroyable. Malgré tout, l'épuisement, les blessures et la douleur étant là, il ne put éviter d'autres dégâts. Des dégâts que Voldemort prenait en masse lui aussi. Cela dura une éternité avant qu'ils ne se retrouve face à face une fois de plus, en sang, essoufflés, épuisés. Seulement, une chose avait changé: autour d'eux, il n'y avait plus que des alliés de Harry formant un cercle, le peu de survivants de l'armée noire ayant visiblement décidé de prendre leurs jambes à leurs cous. Le Seigneur des Ténèbres gronda de rage à ce constat.

- C'est terminé Tom, posa Harry en se redressant. Toute cette folie s'arrête ici.

- Ce n'est pas terminé. Je suis immortel et je reviendrai toujours.

- Pas cette fois, assura-t-il.

Usant de la Baguette de Sureau, il usa de son sortilège pour faire venir les horcruxes à lui. Quatre billes de lumière s'alignèrent devant lui, laissant Voldemort perplexe.

- Ce n'est pas pour rien si c'est Amcinthe qui s'est jeté sur Nagini hier, remarqua Harry en tentant de réguler son souffle. C'est un démon qui dévore les âmes Tom et c'est ce qu'il a fait, pour les deux, dit-il pour lui signifier qu'il avait dévoré autant l'âme de Nagini que celle du horcruxe. Tu l'as senti n'est-ce pas?

Le visage du Seigneur des Ténèbres se fit soudain plus blême alors qu'il comprenait doucement.

- J'ai détruit le journal avec le crochet du basilic en deuxième année. Et maintenant, les autres, dit-il en pointant son épée sur la première bille.

Il la trancha net avec Excalibur et elle s'évapora en fumée, faisant chanceler Voldemort horrifié.

- Ce morceau là était celui que la bague des Gaunt, dit-il en révélant le bijou qu'il portait.

Il la montra au Seigneur des Ténèbres qui hurla de rage, chancelant plus encore lorsqu'il trancha une deuxième bille.

- Le diadème, la coupe, dit-il en continuant, et le médaillon.

La dernière bille tranchée, Tom s'effondra totalement sur ses genoux, défait.

- Avec cela, tu n'as plus aucun moyen de revenir Tom. Plus jamais. C'est la fin, dit-il en levant sa baguette vers lui.

- Tu n'oseras pas, grogna Voldemort. Tu n'es qu'un lâche qui est incapable de tuer.

- Pour toi, je vais faire une exception même si ça ne m'enchante guère. Cela me révulse mais tu ne me laisses pas le choix et tu ne t'es pas laissé d'autre choix en agissant comme tu l'as fait, en brisant tant de vies, en répandant tant de souffrances. Au revoir Tom.

Il lança son sortilège en informulé et il toucha Voldemort en pleine poitrine. Il fut légèrement propulsé en arrière avant de se figer et de partir doucement en poussière, disparaissant totalement. Il y eut un moment de silence choqué sur la plaine et Harry balaya les siens éprouvés du regard.

- C'est terminé, lâcha-t-il.

Ce fut seulement alors que tous réalisèrent, hurlant de joie, hurlant le nom de leur général. Un général à bout de force qui se retrouva très vite soulevé dans les bras de son démon. Amcinthe activa son portoloin pour le ramener au château. Ils y furent en un clin d'œil:

- Monsieur Lam! appela-t-il immédiatement en allant déposer le jeune lord sur un lit d'appoint.

Isaac accourut sur le champ, inquiet de trouver son jeune ami dans cet état, couvert de sang et blessé un peu partout. Il se mit aussitôt en action alors que les autres revenaient aussi au château avec leur portoloins.

- Isaac, interpella Harry. Rafistolez moi rapidement, il faut que j'aille au Ministère.

Le médicomage approuva, sachant ce qu'il y avait encore en jeu et il se mit à l'examiner minutieusement. Lorsqu'il commença à le soigner, il demanda à Amcinthe de tirer des paravents autour d'eux pour lui donner un peu d'intimité, beaucoup cherchant à voir leur général. Seuls Amcinthe, Adélème, Avismark, Bastide et Arthur furent autorisés à venir près de lui et l'esprit gardien vint du côté où il tenait toujours Excalibur, s'accroupissant près de lui en lui souriant.

- Vous saviez n'est-ce pas? demanda l'esprit gardien alors que le médicomage s'affairait.

- Oui, répondit Harry, j'ai commencé à m'en douter assez vite jusqu'à en être sûr mais j'attendais que vous soyez prêt à m'en parler de vous même, Arthur Pendragon, sourit-il. Cela ne change pas qui vous êtes pour moi. Mais ça va être difficile d'utiliser le «votre majesté» avec vous.

- Je ne suis plus roi. Je ne le suis plus depuis ma mort. En vérité, contrairement à ce que je vous avais dit, les esprits gardiens ont toujours un maître. Le mien, c'est Excalibur. C'est à elle que je suis attachée. Elle est extrêmement puissante, vivante, consciente et elle choisit son maître. Après ma mort, elle est devenue le mien. J'ai pour devoir de veiller sur elle jusqu'à ce qu'elle trouve un nouveau porteur, un porteur que je devrais servir et protéger tant qu'elle le reconnaîtrait comme tel. Vous êtes son maître aujourd'hui. Elle vous a choisis. C'est vous le roi désormais même si de nos jours, ce ne sera plus qu'un titre honorifique j'en ai peur. Nous aurons le temps de parler d'elle plus tard quand tout sera tranquille. Je peux? demanda-t-il en tendant la main vers l'épée.

Harry lui laissa et il la rengaina avant de la poser près de lui.

- Harry, intervint Isaac. Vous ne pouvez pas aller au Ministère dans cet état. Je dois vous soigner tout de suite et vous ne devez pas bouger.

- Isaac, il faut que j'y aille. Ne peut-on pas installer des stases pour repousser les soins?

- Si je fais cela, vous allez souffrir le martyr, aggraver lentement vos blessures et elles seront encore plus difficiles à soigner ensuite.

- Qu'est-ce qui pose vraiment problème?

- Votre jambe et votre hanche droite, cette entaille sur votre œil droit, vos côtes, plusieurs plaies aussi et il y a un empoisonnement de magie noire dans certains dégâts.

- Stabilisez le tout, je prend le risque. Il faut absolument que j'aille au Ministère. Faîte le Isaac c'est important.

- Très bien mais je viens avec vous, céda-t-il.

Il se mit alors au travail, stabilisant ses plaies, arrêtant les saignement, posant rapidement des bandages. Il moula une coque de bois fin qui prit toute sa jambe, son pied et sa hanche droits, Isaac expliquant qu'elle prenait un maximum le relai de sa jambe. La moitié droite de son visage fut bandée, couvrant l'entaille verticale qui commençait sur son front, abîmait son œil et descendait sur sa mâchoire. Le médicomage fit au plus vite et au mieux pour le stabiliser, serrant les dents et luttant contre lui même pour ne pas le clouer à un lit pour le soigner sérieusement. Mais il savait bien ce qui était en jeu à cet instant. Il fit donc de son mieux pour lui permettre de tenir encore un moment, lui donnant de puissants anti douleurs, des potions régénératrices de sang et tout un arsenal de breuvage pour empêcher les infections, éviter les aggravations, freiner l'empoisonnement de magie noire... Tout en même temps, Harry consulta son journal, souriant aux messages d'Amélia confirmant leur reprise du Ministère, sa sécurisation et la porte qui lui était grande ouverte pour venir.

Lorsqu'il eut terminé, Isaac et Amcinthe aidèrent le jeune lord à se lever et à faire quelques pas. Harry approuva, satisfait, leur souriant pour les rassurer, forçant avec toute l'énergie qui lui restait pour continuer. Il ressortit sa baguette pour passer une tenue propre et impeccable digne de son rang, cachant un maximum ses blessures. Arthur vint attacher Excalibur à sa ceinture, lui rendant aussi sa première épée qu'il avait retrouvé. Dés qu'il fut prêt on écarta les paravents et tous de l'autre côté furent soulagés de le voir debout, souriant et l'air relativement bien. Il fit face aux trente quatre chevaliers qu'il avait fait apparaître et qui posèrent genou à terre devant lui, baissant la tête.

- Merci pour votre aide chevaliers, dit-il. Je regrette, je n'ai pas de temps à vous accorder aujourd'hui mais nous nous reverrons. Vous pouvez partir.

Ils approuvèrent et disparurent peu à peu, Excalibur brillant dans son fourreau. Le général se tourna ensuite vers les autres:

- La victoire est nôtre! scanda-t-il en obtenant des cris de joie. Mais nous avons encore une chose à faire. Que ceux qui avaient été désigné pour cela et qui sont en état pour le faire m'accompagnent. Les autres, assurez vous qu'il n'y a plus de danger dans le château et aux abords du domaine pour que ceux du refuge puissent en ressortir. Occupez vous des blessés et des morts.

Tous approuvèrent et il se tourna vers Zelphride, se rassurant en constatant qu'elle allait bien malgré l'épuisement. Il usa du bijou dont-il l'avait équipé pour la renvoyer à sa tanière, lui demandant de se reposer et lui promettant de venir la voir dés qu'il le pourrait. Elle partit et il n'attendit pas plus pour se remettre en route, ignorant l'abominable douleur de son corps. Amcinthe, Arthur, Adélème, Isaac et Avismark vinrent avec lui, comme les autres lords présents ainsi que les chefs de sections en état de le faire. Ils s'éloignèrent rapidement, prenant le chemin de Pré-au-lard jusqu'à atteindre une zone d'où l'on pouvait transplaner et ils le firent dés que possible. Comme prévu, le passage leur était ouvert et ils arrivèrent dans le hall sombre du Ministère. Amélia était là avec Gauvain, quelques aurors et personnes de leur côté. Il n'y avait nulle autre présence et on avait visiblement mis à l'écart tout ceux dont on n'était pas sûr.

- Lord Potter, toutes mes félicitations, fit Amélia en venant le voir. Et surtout, merci, mille fois merci.

Il lui sourit simplement:

- Allons-y, poussa-t-il. Il y a du travail.

- C'est par ici, dit-elle en prenant les devants pour le conduire.

Sans un mot et dans une tension étrange, ils prirent un chemin que peu de monde connaissait jusqu'à descendre à peine au dessus du département des mystères. Ils se retrouvèrent dans un petit hall où il y avait une imposante porte sécurisée que Amélia ouvrit. Il fallut en passer ainsi plusieurs avant d'entrer dans une petite salle très richement décorée, l'emblème du Ministère s'y trouvant. Et là, au centre, sur un bloc de marbre noir reluisant, il y avait deux empruntes de mains gravées.

- C'est cela? demanda Harry.

- Oui. Pour devenir officiellement Ministre, il faut poser vos mains ici. Ensuite, la magie des lois vous jugera comme légitime ou non à cette place et vous en donnera les pouvoirs si c'est le cas.

Approuvant, Harry s'avança pour poser ses mains sur les emplacements, laissant la magie l'analyser. Les anciennes lois disaient qu'en cas de crise comme celle qu'ils vivaient, quand il n'y avait plus de Ministre légitime, un Ministre de transition pouvait être nommé hors élection. Son devoir était de prendre les choses en mains, d'assurer les devoirs du Ministre et d'organiser des élections légitimes aussi tôt que possible pour désigner un nouveau chef. Cette loi avait été faîte lorsque les lords avaient passé le pouvoir, justement pour des cas comme celui là. Mais n'importe qui ne pouvait pas y prétendre et le premier en liste pour cela était l'Archimage de la chambre des lords, lui. Ce fut donc sans mal qu'il fut reconnu officiellement comme Ministre de transition, la glyphe magique de la fonction brillant un instant sur le dos de ses mains avant de disparaître. Il se tourna alors vers Amélia qui souriait:

- Nous avons énormément de travail, remarqua-t-il.

Elle approuva et ils se mirent en route, suivant un plan qu'ils construisaient minutieusement depuis un bon moment maintenant. La première chose à faire était d'annoncer la fin de la guerre et pour se faire, ils gagnèrent une salle faîte pour permettre au Ministre de s'adresser à l'ensemble de la nation. Elle n'avait été que très peu utilisée ces dernières décennies, les ministres ayant pris l'habitude de passer par les médias. Mais cela était tout à fait à propos aujourd'hui. Harry entra avec Amélia, les autres forcés d'attendre dehors, l'endroit trop petit pour leur permettre d'entrer. Le jeune lord alla s'asseoir dans l'imposant siège qui se trouvait là face à un immense miroir enchanté. Voulant être au plus prêt avec lui, Amcinthe avait regagné son ombre, Arthur sa chevalière dragon et il sentait leur présence avec lui, cela le réconfortant et lui donnant du courage. La porte fut refermée et Amélia activa les enchantements de la pièce. Un instant plus tard, une bille de lumière apparaissait dans chaque maison magique, chaque lieu public, chaque institution… Tout les lieux magiques du Royaume-Unis, auprès de chaque peuple. Amélia lui assura d'un regard qu'il pouvait y aller et il prit une inspiration pour parler, sa voix projetée partout à travers tout le pays:

- Bonjour à toutes et à tous, commença-t-il en s'efforçant de poser et d'assurer sa voix au mieux. Je suis lord Harry James Potter et je vous parle en ce moment depuis le Ministère de la Magie du Royaume-Unis. J'ai une annonce importante à vous faire et je vous demande votre attention. Certains d'entre vous sont peut-être déjà au courant mais hier matin, Voldemort et son armée ont entamé une offensive de grande ampleur sur Poudlard pour détruire ce qu'ils considéraient être le dernier bastion de résistance face à eux. Une bataille s'en est suivie et a pris fin il y a peu de temps. Nous, moi même ainsi que mes alliés, avons remporté la victoire. L'armée de Voldemort a été détruite et Voldemort lui même a été anéanti. La guerre est terminée et nous avons repris notre pays.

Il marqua une pause alors que dans de nombreux endroits du pays, la joie explosait.

- Je tiens d'abord à rassurer les familles qui ont un enfant ou un proche à Poudlard. Aucun élève ou membre du personnel n'a été blessé. Un seul adulte de l'école a véritablement participé aux combats, précisa-t-il avec une pensée pour Snape. Tout les autres ont été confinés dans un refuge sécurisé le temps de l'affrontement et personne n'a été blessé. Sachez aussi que la population de Pré-au-lard avait évacuée vers Poudlard avant le début des combats et a également bénéficié de la protection de ce refuge. L'école va être sécurisée après quoi ils pourront tous sortir et rapidement retrouver leurs familles après cette épreuve. Je me doute que ces nouvelles réjouiront beaucoup d'entre vous mais je vous demande aussi de fêter cela avec mesure. Contrairement à ce qu'il s'est passé en 1981, je vous prie de continuer à observer les lois du secret magique international. Notre pays a beaucoup souffert dernièrement, il est inutile d'engendrer des problèmes qui n'ont pas lieu d'être.

Il s'arrêta à nouveau un instant, prenant son temps pour parler, pour que les gens puissent assimiler ce qu'il disait:

- Avec l'aide de mes alliés, j'ai repris le contrôle du Ministère et en vertus des anciennes lois magiques de notre pays relatives à ce genre de situation de crise, j'ai été nommé Ministre de transition. Il est prévu par la loi que dans une telle situation et en l'absence de Ministre légitimement élu, un Ministre de transition soit désigné et je remplis les conditions requises. Je serai donc votre Ministre dans les temps à venir avec pour devoir d'en remplir les fonctions, de stabiliser, et de sécuriser le pays. Pour cela, je me suis dors et déjà entouré d'une équipe qualifiée qui prêtera serment afin d'assurer leur droiture, leur impartialité, leur respect des lois, leur honnêteté… Je compte bien m'assurer que tout se passe aussi bien que nous pourrons le garantir dans ces conditions. Un Ministre de transition n'est certainement pas appelé à rester à cette place. Il n'est là que pour stabiliser la situation et remettre les choses en ordre. Dans un délai de sept mois maximum, de nouvelles élections seront organisées, en bon et due forme, pour que vous puissiez élire un nouveau Ministre légitime. D'ici là, je ferai tout mon possible pour ramener la paix et l'ordre pour tout les citoyens magiques du Royaume-Unis. Je vous remercie pour votre attention.

Amélia mit fin à l'enchantement avant de se tourner vers lui:

- C'était très bien, assura-t-elle.

- Je l'espère. Allons nous mettre au travail. Pour commencer, les serments de votre équipe, ensuite, nous mettrons de l'ordre dans ce pays.

Elle approuva et ils repartirent pour aller s'installer dans une grande salle de réunion. Là, Gauvain, Amélia et les personnes qu'elle avait sélectionné pour les aider dans cette tâche prêtèrent serment magique pour assurer leur honnêteté, leur droiture, leur dévouement, leur obéissance… Et ce, jusqu'à l'élection d'un nouveau Ministre légitime. Ce serment, tout ceux qui auraient un minimum de responsabilité devraient le prêter, Harry et Amélia y tenant pour assurer un peu plus les choses. Cela fait, Gauvain fut chargé de reformer un bureau des aurors au plus vite, de retourner à Poudlard pour sécuriser l'école et s'occuper du champs de bataille et aussi d'aller sécuriser le Chemin de Traverse et Sainte Mangouste. Dans l'heure qui suivit, on prit toutes les mesures nécessaires pour rétablir les choses au plus vite et permettre au pays, à son économie, de repartir. Rétablir le Ministère et la sécurité étaient les priorités. Mais il y avait un millier d'autres choses à faire: traquer les mangemorts et partisans de Voldemort en fuite, répertorier les morts et les disparus pour mener des recherches, abolir les lois abjectes mises en place par Voldemort, secourir ceux qui en avaient besoin…

Ils se mirent donc au travail, Harry assemblant une équipe certes petite mais aussi très solide et sûre autour de lui. Il y avait Amélia et ceux qu'elle avait appelé, compétents et de confiance, Gauvain pour prendre en mains les aurors, trois de ses professeurs particuliers faisaient partie de l'équipe d'Amélia et il s'était entouré de proches pour le conseiller: les lords du Conseil des Sept et les lords créatures magiques, décidé à les garder avec lui immédiatement. Ils se mirent au travail avec acharnement, parant au plus urgent quand le pays tout entier était en fête. Harry avait finalement pris place dans le bureau du Ministre qui avait été vérifié, revérifié et sécurisé pour lui. Il s'était mis au travail, usant de son poste et de ses pouvoirs pour abolir les lois instaurées par Voldemort, des lois atroces, fascistes, cruelles et discriminatoires. Si l'abolition des lois devaient être approuvée par le Magenmagot en temps normal, ce n'était pas le cas lorsque le pays était en crise grave et qu'un Ministre de transition était en place. Lui ne pourrait rester au pouvoir que sept mois maximum mais dans ces conditions, il avait aussi bien plus de pouvoir que les autres.

Amcinthe et Arthur ne l'avaient pas quitté, restant invisibles avec lui. Isaac était là aussi, son regard acéré posé sur lui en permanence. Harry avait tenté de le convaincre d'aller prendre une pause, sans le moindre succès. Il avait cependant réussis à convaincre les lords de le faire sauf Adélème. Mais les autres, aussi épuisés et blessés par les combats, étaient partis prendre quelques heures de repos auprès de leurs familles et de leurs peuples. Tous avaient promis de revenir vite. Adélème s'était contenté d'envoyer un message à sa famille pour leur assurer qu'il allait bien et il était resté avec lui, indélogeable. Si Avismark avait catégoriquement refusé de prendre du repos malgré ses propres blessures, il avait accepté d'aller voir Ragnok et Gringotts Londres en son nom pour donner des nouvelles et faire une demande.

Harry n'avait cessé de travailler et il avait été soulagé lorsqu'il avait reçu des nouvelles de Poudlard, de son armée. Il avait voulu avoir le décompte des morts et il y en avait moins que ce qu'il avait imaginé. Bien sûr, le nombre était toujours trop élevé mais compte tenu du contexte, ils s'en étaient bien tirés. Personne n'en n'était ressorti sans dégâts mais ils survivraient et Harry avait assuré que si besoin il y avait, il prendrait en charge les soins nécessaires ou les moyens à déployer. Snape, Maugrey, Tonks et Kingsley avaient survécus et il avait appris que les trois derniers s'étaient présentés à Gauvain et avaient prêté serment pour reprendre une place d'auror. Cela l'avait agréablement surpris. Amélia faisait jouer ses contacts pour faire revenir tout ceux qui pouvaient aider à redresser le Ministère. Des personnes qui avaient été écartées par les précédents gouvernements parce qu'elles étaient gênantes ou avaient été obligées de fuir à cause de Voldemort. Beaucoup étaient à l'étranger, à la Confédération, et beaucoup acceptèrent de tout laisser tomber pour venir les aider.

La nuit était déjà bien avancée lorsque Harry regarda l'heure pour la première fois. La porte de son bureau était grande ouverte et on ne cessait d'aller et venir pour diverses affaires toutes plus importantes les unes que les autres. Le jeune Ministre faisait alors tout son possible pour gérer avec calme et efficacité, écoutant les conseils, priorisant le plus urgent, appliquant tout ce qu'il avait appris et ne se gênant pas pour marquer le tout de ses idées et de ses convictions. Il vit Amélia revenir pour la énième fois, la dame courant dans tout les sens malgré la fatigue qui la marquait. Pourtant, elle débordait toujours autant de détermination.

- Monsieur le Ministre? appela-t-elle avec un léger sourire.

Elle semblait beaucoup aimer l'appeler ainsi et Harry ne pouvait qu'être amusé par la pointe de bonne humeur pure qui teintait son aura lorsqu'elle le faisait. Il releva le regard vers elle, l'invitant à prendre la parole:

- Dumbledore est toujours ici et il insiste encore pour vous parler, dit-elle plus sombrement. Il en fait voir de toutes les couleurs à tout le monde là bas, soupira-t-elle avec agacement.

- Laissez le venir qu'on en finisse, répondit-il, il ne lâchera pas l'affaire avant de m'avoir parlé de toute façon.

Elle approuva et s'en alla. Sachant qui serait là sous peu, Arthur et Amcinthe firent leur apparition, venant l'encadrer de près. Arthur s'était armé d'une autre de ses épées et posa une main sur sa garde en avertissement. Amcinthe se tint tout près de son compagnon. Isaac resta assis dans le fauteuil qu'il occupait depuis des heures et Adélème se leva à son tour. Un instant plus tard, Dumbledore arrivait, précédé par Amélia, encadré de quatre des aurors qui avaient fait partis du Pacte de Cabra et qui s'étaient battus avec lui. De toute évidence, personne n'avait l'intention de laisser le vieil homme s'approcher de lui et il fut touché par leurs auras protectrices pour lui. La porte se referma derrière tout ce petit monde et Harry darda un regard tranchant sur le directeur:

- Qu'est-ce que vous voulez? demanda-t-il durement.

- J'espérai que nous pourrions parler seul à seul Harry, répondit-il doucement.

- C'est hors de question et pour la énième fois: il n'y a pas de «Harry» pour vous. C'est au minimum «monsieur Potter», «Lord Potter» ou «monsieur le Ministre» et je commence à en avoir assez de vous le répéter. Qu'est-ce que vous voulez? Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, nous avons beaucoup de travail.

- Tu ne sais pas ce que tu fais. Tu n'es pas apte à assumer une telle fonction.

- Vous n'avez aucune idée de ce que je suis apte à faire ou pas, dit-il alors qu'il sentait l'hostilité générale pour le vieil homme.

- Laisse moi te conseiller, laisse moi te faire profiter de mon expérience, tenta-t-il. Nos désaccords passés ne doivent pas prévaloir sur le bien de ce pays. Tu n'as aucune expérience de la politique, la situation est extrêmement délicate et tu ne sais pas dans quoi tu t'engages. Tu n'as pas l'étoffe ni le savoir pour…

- Il suffit, trancha Amcinthe glacial et meurtrier. Je ne vous laisserai pas insulter mon lord une seule seconde de plus.

- Et tu es très mal entouré, ajouta-t-il alors en regardant le démon qui se mit à bouillir de colère.

Mais sa colère fut loin de celle du Ministre à cet instant. Il se leva lentement, froid et dangereux, plantant un regard tranchant dans celui du vieux sorcier.

- Je vous interdis d'oser insulter ou ne serait-ce que juger ceux qui m'entourent. Je me fiche de ce que vous pensez. Je n'ai ni besoin de vos conseils, ni de votre expérience, ni de votre présence, ni de vos idées. Je n'ai certainement pas besoin de vous et ce Ministère n'a pas besoin de vous. Vous avez eu votre chance Dumbledore. Vous l'avez eu lorsque vous aviez de l'influence sur le gouvernement, sur la Confédération. Vous l'avez eu lorsqu'on vous a proposé le poste de ministre, lorsque vous présidiez le Mangenmagot. Vous l'avez eu lorsque vous auriez pu éviter cette guerre. Vous avez eu votre chance, pendant des dizaines d'années, de faire ce qu'il fallait pour ce pays mais vous n'en n'avez rien fait. Vous n'avez travaillé qu'à servir vos propres intérêts et défendre votre idée de ce que devrait être le monde. Mais tout ce que vous avez fait n'a causé que du mal à bon nombre de personnes. Plus personne ici, et surtout pas moi, ne veut vous entendre et vous voir. Pour une fois dans votre vie, faîte ce que vous êtes censé faire. Vous n'êtes désormais que le directeur de Poudlard, un directeur qui devrait être en train de sécuriser son école et de s'occuper de ses nombreux élèves. Vous devriez être en train de vous occuper d'eux, de les protéger et de faire en sorte qu'ils retrouvent leurs familles au plus vite. Vous n'avez rien à faire ici. Vous dirigez l'école magique du pays, rien de plus. Vous n'avez aucun pouvoir, aucune prise ici et aucun droit de réclamer quoi que ce soit ou de vous imposer. Nous ne voulons pas de vous. Alors vous allez rentrer à Poudlard, faire votre devoir de directeur et si vous revenez ici entraver le travail de mon personnel sans une excellente raison, je vous fais arrêter. Est-ce clair?

Dumbledore le fixa dans un silence de plomb, son aura irradiant de colère, de fureur, de dégoût, de déception… Puis il se détourna et sortit sans un mot, talonné de près par les aurors. Une seconde plus tard, la porte se referma sur un geste du jeune ministre qui vacilla soudain, toussant durement alors que le sang venait tinter ses lèvres et la main qui les couvrit. Tous bondirent, Amcinthe l'entourant de ses bras pour le stabiliser alors que Isaac se frayait un chemin jusqu'à lui, tenant sa baguette pour lancer ses diagnostiques.

- Vous avez besoin de soins et de repos Harry. Tout de suite, insista-t-il. Vos blessures sont très graves et la stase médicomagique ne durera pas éternellement en plus d'aggraver les choses. Prenez quelques heures de repos et laissez moi vous soigner.

- Je dois rester ici, murmura-t-il le souffle court.

- Vous devez vous soigner, insista le médicomage. Vous êtes parmi ceux qui ont été les plus gravement blessés et le seul à ne pas avoir pris une seconde de repos.

- Harry, fit Amélia très inquiète. Reposez vous. Il y a un petit appartement juste ici, dit-elle.

Elle pointa sa baguette sur un bibelot et la bibliothèque sur laquelle il se trouvait glissa pour révéler un passage.

- C'est un petit appartement prévu pour le Ministre pour qu'il puisse s'y reposer en cas de besoin, expliqua-t-elle. Prenez quelques heures de repos et laissez monsieur Lam vous soigner. Nous prendrons le relai pendant ce temps et je vous promet de venir vous prévenir sur le champs en personne si vraiment nous avons besoin de vous. Et nous aurons besoin de vous en bonne santé. Alors prenez un peu de repos, vous le méritez plus que n'importe qui d'autre. Je vous jure que nous ne laisserons rien arriver en attendant.

Harry la regarda un instant, se laissant convaincre alors qu'il était épuisé et qu'il usait de toutes ses forces pour ne pas laisser transparaître sa souffrance. Il approuva et elle sourit. Ce fut sur le champs que Amcinthe le souleva avec une grande délicatesse pour le porter dans le petit appartement, accompagné des siens. Amélia ressortit, fermant soigneusement la porte, bien décidée à permettre à leur héros de se reposer un moment.