Cette fic est écrite dans le cadre de la 123ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Apotropaïque". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !


Seto avait défait les affaires de Makuba, puis les siennes, dans la chambre de l'orphelinat qu'on leur avait attribuée. Leurs vêtements dans un placard, les quelques livres et jeux qu'ils avaient tenu à conserver sur une étagère, leurs doudous respectifs dans leurs lits. En posant son propre ours en peluche, Seto se demanda pourquoi il y était autant attaché. Il était trop grand pour jouer avec ou lui parler mais chez ses parents, il avait toujours continué à le prendre dans ses bras pour s'endormir, presque par habitude. Et, quand il se coucha pour leur première nuit à l'orphelinat, par réflexe, il le prit dans ses bras. Et il réalisa pour la première fois le pouvoir apaisant que cette peluche avait sur lui. Le réconfort qu'il lui apportait, la certitude d'être en sécurité et que cet ours le protégeait de tout et de tout le monde. Instinctivement, il le serra plus fort que d'habitude en s'endormant.


Godzaburo lui avait confisqué ses jouets. Tous ses jouets, tous ses livres qui n'étaient pas des manuels, toutes ses figurines. Et son ours en peluche. Il s'était surpris lui-même en réalisant que c'était ce qui lui brisait le plus le cœur et avait tenté de se défendre :

- Pourquoi vous ne le laissez pas ? C'est pas un jouet ! Je dors juste avec…

- Un futur PDG n'a pas besoin de vulgaire doudou, Seto ! avait répondu Godzaburo. Peu importe la façon dont tu considères cette peluche, tu es trop grand pour avoir besoin d'un quelconque objet apotropaïque qui te rassurerait !

Seto n'avait pas demandé la définition d'apotropaïque, il se doutait qu'il n'aurait récolté que quelques heures de cours de français en plus. Il avait arrêté de protester et s'était résigné en voyant les hommes de Godzaburo emmener la quasi-totalité de sa chambre.

Il n'aurait pas pensé que son doudou lui manquerait autant, pourtant, il sut au bout de quelques minutes qu'il n'arriverait pas à s'endormir tranquillement ce soir-là. Parce qu'il était trop épuisé psychologiquement, trop sous pression, et que son doudou aurait pu atténuer ces sensations et le réconforter. Mais il était définitivement seul dans ce lit qui lui paraissait trop grand. Il se releva et rouvrit le tiroir dans lequel il avait rangé le dessin du dragon blanc aux yeux bleus dessiné par Makuba. Quelques minutes plus tard, il dormait en serrant ce dessin contre lui.


- Bon anniversaire Seto ! s'exclama Makuba en lui tendant un petit paquet.

D'abord surpris, Seto esquissa un sourire en prenant le paquet.

- Merci. Qu'est-ce que c'est ?

- Pas grand-chose, vraiment, je l'ai fait vite fait. Ouvre-le !

Seto déballa le cadeau et sortit un collier. Au bout de la cordelette, un cadre vitré laissait voir l'envers de deux cartes de duel de monstres. Remarquant un mécanisme pour l'ouvrir au milieu, Seto le déplia. L'intérieur contenait une photo de Makuba, assez ancienne, lors d'une partie d'échecs qu'ils avaient jouée tous les deux à l'orphelinat.

- Je me suis fait le même, expliqua Makuba en montrant un collier identique autour de son cou, avec la photo de toi prise pendant cette partie. Je… Il te plaît ? demanda-t-il avec une pointe d'inquiétude.

Le regard de Seto était resté fixé sur le collier et la photo qu'il contenait. Il reprit ses esprits et lui sourit en lui jurant qu'il était parfait, avant de le mettre autour de son cou. Il le garda toute la journée et, le soir, en se couchant, il réalisa qu'il n'avait pas envie de l'enlever. Que ce collier, ce qu'il représentait, la présence et l'attention de son frère, représentait tout ce à quoi il tenait le plus. Et, quand il s'endormit avec une main refermée dessus, il se sentait plus apaisé qu'il ne l'avait jamais été depuis cette soirée où Godzaburo lui avait confisqué ses jouets et son doudou.


Makuba n'avait aucune idée de l'heure qu'il était, mais la fatigue l'emportait de plus en plus. Au fond de ce cachot trop sombre et trop silencieux, il avait perdu le fil du temps. Y avait-il eu seulement quelques heures ou déjà plusieurs jours ? Dans tous les cas, c'était la première fois qu'il sentait l'épuisement l'envahir et il tenta de trouver une position confortable. Les chaînes autour de ses chevilles lui faisaient toujours aussi mal. Le sol était toujours aussi dur, froid et humide. Dans un réflexe, il ouvrit le collier qu'il portait et qui contenait la photo de Seto. Peu importe s'il était désormais enfermé de façon à ce qu'il ne puisse plus s'enfuir tout seul. Ce collier autour de son cou le rassurait, le protégeait contre Pégasus, et lui rappelait à chaque seconde que son frère ne l'abandonnerait pas, qu'il viendrait le chercher et l'arracher d'ici.


J'ai rien relu et je suis trop fatiguée pour savoir quoi en penser, je vous laisse me le dire dans une review ?

En espérant que ça vous ait plu !