Chapitre 72 : Le Japon de l'ère Taisho
Le ciel se déchirait autour de Dracula tandis qu'il échangeait des coups puissants avec Randall Flagg, ses griffes frappant contre la magie noire de son ennemi juré. Flagg, vêtu de sa cape noire, souriait d'un air narquois, ses yeux brillant d'une lueur maléfique.
«Tu es trop prévisible, Gabriel,» ricana Flagg, ses doigts s'agitant pour créer une série de symboles occultes dans l'air. «Toujours à me traquer, toujours à tenter de m'arrêter. Mais cette fois, j'ai préparé quelque chose de spécial pour toi.»
Dracula serra les dents, ses yeux rouges étincelant dans la pénombre. «Cette fois, tu ne m'échapperas pas, Flagg.»
Avant qu'il ne puisse réagir, Flagg leva les bras, un sourire cruel s'étendant sur ses lèvres, et d'un coup, le sol sous Dracula se déroba. Un portail dimensionnel tourbillonnant s'ouvrit sous ses pieds, une brume noire l'enveloppant.
«Adieu, Dracula,» murmura Flagg, sa voix résonnant comme un écho à travers l'espace et le temps.
Dracula sentit son corps chuter, aspiré à travers des dimensions inconnues. Le monde autour de lui se déformait, chaque fibre de son être tiraillée par l'énergie du portail. Puis, soudainement, tout s'arrêta.
Avec un bruit sourd, Dracula atterrit sur un sol humide et moussu, ses pieds s'enfonçant légèrement dans la terre meuble. La brume autour de lui se dissipa lentement, révélant un paysage étranger. Il était entouré d'une forêt dense, des arbres imposants s'élevant vers le ciel nocturne, leurs branches formant une canopée épaisse. L'air était chargé d'une énergie étrange, une aura maléfique qu'il n'avait jamais ressentie auparavant.
Dracula se redressa, ses sens en alerte. Les étoiles scintillaient au-dessus de lui, leur lumière argentée baignant la forêt dans une atmosphère mystique. Ce monde n'était pas le sien, il le savait immédiatement.
Ce lieu dégageait une sérénité trompeuse, masquant une présence maléfique qu'il percevait en arrière-plan, comme une respiration oppressante.
«Flagg... Qu'as-tu fait ?» murmura-t-il pour lui-même, ses yeux balayant les alentours.
Il se mit à observer les lieux plus en détail. Les arbres étaient différents, la végétation lui semblait plus exotique. À quelques mètres, il aperçut un chemin de pierres usées, bordé de lanternes traditionnelles en pierre.
Plus loin, dans la vallée, il distinguait les toits d'un village. Les bâtiments étaient construits dans un style japonais Leurs toitures en tuiles incurvées, les panneaux de papier translucides à l'intérieur des fenêtres... Tout indiquait qu'il était dans un monde antérieur au Japon actuel.
Pourtant, quelque chose n'allait pas. Ce monde n'était pas simplement un Japon ancien. Il pouvait sentir une force maléfique circuler dans l'air, une énergie différente des démons qu'il avait combattu durant des siècles.
Tout à coup, un cri perça le silence de la forêt. Un cri humain, de terreur pure. Sans réfléchir, Dracula se tendit, son instinct de prédateur réveillé. Ce n'était pas un cri anodin. L'urgence dans la voix lui indiquait qu'un danger immédiat se profilait. Il s'élança dans la direction du son, se déplaçant avec une rapidité surnaturelle, ses mouvements presque invisibles dans la nuit.
Il traversa la forêt en un éclair, sautant entre les arbres, jusqu'à ce qu'il atteigne une petite clairière. Là, sous la pâle lumière de la lune, il vit la source du cri. Un jeune homme était à genoux, terrifié, face à une créature grotesque qui le dominait de toute sa hauteur. Le démon, à la peau pâle et aux yeux brillants d'une lueur rouge, se délectait de la peur de sa victime. Ses griffes acérées luisaient dans la nuit tandis qu'il se penchait vers sa proie.
Dracula se tenait droit, immobile, observant le démon qui se tenait à quelques pas devant lui. Ses griffes étaient encore prêtes à déchiqueter sa proie, mais ses yeux, injectés de sang, fixaient désormais Dracula avec une lueur d'incompréhension et de haine. Le démon était clairement surpris par l'aura du vampire, comme s'il n'avait jamais affronté quelque chose de semblable.
Le démon se redressa, ses mouvements fluides mais bestiaux. «Qui es-tu pour oser te dresser contre moi ? Un humain ? Un autre genre de créature ? Peu importe. Tu vas mourir.»
Sans répondre, Dracula fit un pas en avant, invoquant la Void Sword d'un geste gracieux. La lame glaciale apparut dans un tourbillon de magie, émettant une lueur bleutée qui illuminait la clairière d'une lumière surnaturelle. Le démon grogna, ses griffes se tendant, et en un éclair, il se jeta sur Dracula avec une vitesse impressionnante, ses bras s'étirant pour lacérer le vampire.
Mais Dracula, fort de ses siècles d'expérience en combat, ne bougea pas d'un pouce. Attendant le dernier moment, il esquiva d'un simple mouvement de tête, puis contre-attaqua avec une précision mortelle. La Void Sword fendit l'air, frappant le démon en plein torse. Un coup net, parfait, qui aurait tué n'importe quelle créature ordinaire.
Le démon recula, émettant un cri de douleur, son corps se pliant sous l'impact de la lame glacée. Une blessure béante se dessina sur son torse, le sang noir suintant et coulant sur le sol. Dracula baissa les yeux, analysant la scène, pensant que le combat était déjà terminé. Pourtant, à sa grande surprise, la chair du démon se mit à se régénérer rapidement, le sang revenant en lui comme s'il n'avait jamais été blessé.
«Quoi ?» murmura Dracula, ses yeux s'écarquillant légèrement.
Le démon ricana, ses griffes craquant d'excitation alors que sa régénération prenait fin, effaçant complètement la blessure. «Tu pensais m'avoir eu ? Je ne suis pas une créature faible !»
Pour la première fois depuis des siècles, Dracula ressentit une once de confusion. Ses ennemis, même les plus puissants, n'avaient jamais régénéré aussi rapidement après un coup de la Void Sword. Il était habitué à affronter des créatures démoniaques, mais ce démon-ci... il était différent. Ce monde lui réservait plus de mystères qu'il ne l'avait anticipé.
Le démon ne perdit pas une seconde de plus. Il se jeta à nouveau sur Dracula, cette fois avec plus de rage, ses griffes lacérant l'air avec une violence inouïe. Dracula, toujours calme, esquiva les coups avec une grâce surnaturelle, mais il savait qu'il ne pouvait pas se contenter de simple esquive. Il fallait comprendre le fonctionnement de ce démon pour le détruire définitivement.
Il frappa à nouveau, la Void Sword dessinant un arc mortel dans l'air. La lame rencontra cette fois le bras du démon, le tranchant net. Un jet de sang noir s'échappa du membre mutilé, mais une fois encore, la régénération rapide du démon entra en action. Le bras repoussa presque instantanément.
Dracula fronça les sourcils. Ce n'était pas normal. Même les démons les plus puissants qu'il avait affrontés dans son propre monde n'avaient pas cette capacité de régénération à ce niveau.
Réflexions internes : Ces créatures... Elles sont différentes. Leur sang, leur corps... Ce ne sont pas les démons que je connais. Leur force de régénération est bien supérieure. S'il se régénère à ce rythme, je ne pourrai pas le détruire simplement en le blessant. Il faut trouver une autre solution. Peut-être... la tête ?
Le démon, enragé, attaqua à nouveau, et cette fois, Dracula décida de ne plus se contenter de tester sa lame. Il passa à l'offensive. D'un geste rapide, il se transforma en brume noire, se faufilant entre les griffes du démon et apparaissant derrière lui en un éclair. La Void Sword brilla d'une lueur plus intense, et en une série de mouvements fluides, Dracula trancha les deux bras du démon avant de porter un coup puissant à sa nuque.
Le démon hurla, son corps vacillant sous l'assaut. Mais Dracula n'attendit pas. Il savait maintenant ce qu'il fallait faire. Il leva la Void Sword et, dans un geste précis et implacable, il décapita le démon d'un coup net.
La tête du monstre roula sur le sol, ses yeux encore écarquillés d'horreur, avant que son corps ne se désintègre lentement en cendres.
Dracula observa la scène en silence, son esprit tournant à toute vitesse. Réflexions internes : Il a fallu couper sa tête pour le tuer. Ces créatures ne meurent pas comme les démons que j'ai affrontés auparavant. Leur corps se régénère trop vite, mais leur tête... voilà leur point faible. Je devrai m'en souvenir.
Alors que les cendres du démon se dispersaient dans le vent nocturne, Dracula rengaina sa Void Sword, son regard toujours fixé sur le lieu où le démon s'était tenu. Un sentiment d'intrigue l'envahit. Ce monde, avec ses démons aux capacités uniques, lui réservait des défis inattendus.
Mais pour l'instant, le danger immédiat était passé. Dracula tourna son regard vers la victime humaine, encore en état de choc, qui se recroquevillait à quelques mètres de là. «Tu n'as plus rien à craindre,» déclara-t-il, sa voix froide mais apaisante.
L'homme, tremblant, ne répondit pas, encore sous l'emprise de la terreur. Dracula détourna les yeux. Ce monde n'était pas celui où il voulait être, mais tant qu'il y resterait, il ferait ce qu'il sait faire de mieux : détruire les forces des ténèbres.
Dracula observait les cendres du démon se disperser dans le vent, ses pensées encore embrouillées par cette étrange rencontre. Il sentait déjà l'odeur caractéristique de la mort s'évaporer, mais une autre odeur attira soudain son attention. Un parfum humain, mêlé à quelque chose de plus... pur, mais résolu. Une présence se rapprochait, rapide, mais prudente. Son ouïe fine détecta le souffle contrôlé de quelqu'un en pleine concentration.
Sans se retourner, Dracula parla d'une voix calme et basse : «Je sais que tu es là. Montre-toi.»
De l'autre côté de la clairière, entre les arbres, une silhouette apparut. Le jeune homme, vêtu d'un haori vert et noir, son épée prête à être dégainée, s'avança lentement. Ses yeux brillaient d'une détermination inflexible, mais son visage trahissait une méfiance presque instinctive. Il huma l'air avec précaution, fronçant les sourcils.
Tanjiro Kamado, pourfendeur de démons, avait l'odorat particulièrement affûté, capable de détecter la nature et les émotions des êtres qu'il rencontrait. Mais l'odeur qu'il percevait ici le troublait. Ce n'était pas celle d'un démon, et encore moins celle d'un humain. Cette créature devant lui dégageait une aura puissante, sombre, mais contrôlée, presque... en paix. Pourtant, il sentait aussi quelque chose de profondément inquiétant dans sa nature.
«Qui es-tu ?» demanda Tanjiro d'une voix ferme mais mesurée, ses doigts se resserrant autour de la garde de son katana.
Dracula se tourna lentement pour faire face à son interlocuteur, sa silhouette imposante drapée dans son manteau noir. Son regard rouge et perçant se fixa sur le jeune pourfendeur, évaluant chaque détail de son apparence et de sa posture. Il n'y avait aucune trace de peur chez ce garçon, mais une prudence bien placée, celle d'un guerrier expérimenté malgré son jeune âge.
«Je suis Dracula,» répondit-il simplement. «Et toi ?»
Tanjiro ne répondit pas immédiatement. Son odorat lui criait de rester sur ses gardes. Cet homme – s'il pouvait le qualifier ainsi – ne ressemblait à aucun démon qu'il avait affronté auparavant. Son aura sombre n'était pas accompagnée de l'odeur putride des démons. C'était autre chose, quelque chose d'ancien et de terriblement puissant.
«Mon nom est Tanjiro Kamado,» finit-il par dire, ses yeux ne quittant pas Dracula une seule seconde. «Je suis un pourfendeur de démons. Mais toi, tu n'es ni un démon, ni un humain... Qu'es-tu vraiment ?»
Dracula haussa légèrement un sourcil, intrigué par la clairvoyance du jeune homme. Ce garçon avait non seulement une force intérieure impressionnante, mais aussi une sensibilité presque surnaturelle. Il décida de jouer franc-jeu.
«Je suis un vampire,» déclara Dracula d'une voix posée. «Une créature de la nuit, mais pas un démon comme ceux que tu sembles combattre. Je ne viens pas de ce monde. Un sorcier m'a envoyé ici.»
Tanjiro serra les dents, luttant contre l'instinct qui lui disait de dégainer son épée. L'aura que dégageait cet être le mettait mal à l'aise, mais en même temps, il n'y avait aucune trace de menace immédiate. L'odeur qu'il percevait n'était pas celle d'un prédateur en chasse. Pourtant, il ne pouvait pas ignorer le danger latent qu'il sentait en cet homme.
«Un vampire...» murmura Tanjiro, pesant ce mot inconnu.
Dracula observa les traits tendus de Tanjiro, comprenant sa méfiance. Il savait qu'il n'aurait pas confiance en lui de sitôt, et cela ne le surprenait pas. Mais il n'était pas ici pour chercher des conflits inutiles. Ses objectifs étaient ailleurs.
«Je vois que tu es méfiant, et tu as raison de l'être,» dit Dracula, croisant les bras avec un calme apparent. «Mais je ne suis pas ici pour tuer des humains. Ce démon... » Il désigna le tas de cendres à ses pieds. «Je l'ai détruit parce qu'il allait s'en prendre à un innocent. Je n'ai aucune intention de te nuire, ni de faire du mal à ceux que tu protèges.»
Tanjiro jeta un coup d'œil rapide aux restes du démon, puis revint vers Dracula. La rapidité avec laquelle ce démon avait été éliminé témoignait des capacités redoutables de cet être étrange. Pourtant, quelque chose chez lui paraissait différent des démons qu'il combattait. Il n'émanait pas cette soif de destruction, cette faim insatiable qui caractérisait les démons de son monde.
«Pourquoi devrais-je te croire ?» demanda finalement Tanjiro, ses yeux se plissant de méfiance.
Dracula esquissa un mince sourire, presque amusé par l'honnêteté désarmante de ce jeune homme. «Je ne te demande pas de me croire. Je sais que tu ne le feras pas. Mais si je voulais te tuer ou attaquer des humains, je l'aurais déjà fait. Ce monde est nouveau pour moi. Je cherche à comprendre où je suis, et comment je peux retourner dans mon propre monde.»
Le silence retomba entre eux, pesant. Tanjiro restait immobile, observant chaque mouvement de Dracula, chaque nuance dans sa voix. Une part de lui voulait lui faire confiance, mais il avait appris à être prudent. Il pensait à Nezuko, sa sœur démon, qui l'avait aidé à comprendre que toutes les créatures des ténèbres n'étaient pas irrémédiablement mauvaises. Peut-être que cet être, ce «vampire», était différent des démons qu'il combattait.
Dracula, pragmatique, sentait l'hésitation chez Tanjiro. Il savait qu'il ne gagnerait pas sa confiance facilement, mais il devait obtenir des informations sur ce monde.
«Dis-moi, Tanjiro Kamado,» reprit Dracula, son ton plus direct. «Que sont ces démons que tu pourfends ? Ils sont différents de ceux que je connais. Leur régénération est bien plus rapide.»
Tanjiro resta silencieux un instant, pesant ses options. Puis, avec prudence, il répondit : «Les démons que nous combattons dans ce monde sont des créatures immortelles, dotées de capacités surnaturelles. Ils se nourrissent de chair humaine pour augmenter leur puissance, et la seule façon de les tuer est de les décapiter avec une lame en acier nichirin, ou de les exposer à la lumière du soleil.»
Dracula hocha la tête, absorbant l'information. Ainsi, ces démons étaient une race à part, avec leurs propres règles. «La lumière du soleil...» murmura-t-il pour lui-même. «Cela explique pourquoi ma lame ne les détruit pas entièrement.»
Tanjiro, bien que méfiant, commença à réaliser que cet être, aussi inquiétant soit-il, n'avait pas l'intention de s'en prendre à des innocents. Il était clairement en quête de réponses, tout comme lui-même l'avait été dans son combat contre les démons.
«Je ne te fais pas encore confiance,» déclara Tanjiro avec fermeté, son regard toujours fixé sur Dracula. «Mais si tu ne représentes pas une menace pour les humains, alors... je ne t'attaquerai pas. Mais sache que si tu fais du mal à quelqu'un, je me dresserai contre toi.»
Dracula sourit légèrement, respectant la détermination de ce jeune homme. «Je n'ai pas l'intention de nuire aux innocents. Je combats les ténèbres, tout comme toi.»
Dracula et Tanjiro progressaient à travers la forêt dense, leurs pas silencieux sur la terre humide. La nuit était claire, et la lumière de la lune filtrant à travers les branches des arbres projetait des ombres mouvantes sur le chemin. Chaque bruissement de feuilles, chaque souffle du vent semblait éveiller les sens aiguisés de Dracula. Ce monde était étrange, mais sa nature nocturne, enveloppée de mystères, lui rappelait ses propres terres.
Dracula observait l'environnement qui l'entourait avec une fascination contenue. Le Japon de l'ère Taishō, avec ses lanternes de papier, ses toits en tuiles incurvées, et ses sentiers bordés d'arbres majestueux, dégageait une atmosphère à la fois calme et envoûtante.
Tanjiro, marchant à ses côtés, jeta un coup d'œil rapide à Dracula. «Le Japon a toujours eu une part d'obscurité cachée dans ses légendes,» dit-il doucement. «Mais les démons... ils sont la source de la plupart des malheurs de notre époque. Nous, les pourfendeurs, avons été formés pour les combattre, et protéger ceux qui ne peuvent pas se défendre.»
Dracula hocha légèrement la tête, absorbant les paroles du jeune pourfendeur. Cette mission, cette volonté de défendre les faibles contre les créatures surnaturelles, n'était pas sans rappeler son propre passé. Il se souvenait de l'époque où il n'était encore que Gabriel Belmont, un chevalier de la Confrérie de la Lumière, luttant pour protéger l'humanité contre les forces du mal. Aujourd'hui, bien que ses méthodes et sa nature aient changé, son objectif restait le même : maintenir l'équilibre entre les ténèbres et la lumière.
«Ces démons que tu combats,» commença Dracula, son ton plus réfléchi. «Ils diffèrent des démons que j'ai affrontés. Dans mon monde, ils sont des êtres de pure corruption, des créatures invoquées par des sorciers ou nées des enfers eux-mêmes. Pourtant, ceux d'ici semblent... plus physiques, plus enracinés dans ce monde.»
Tanjiro hocha la tête, sa main caressant inconsciemment le manche de son katana nichirin. «Oui. Ici, les démons étaient autrefois humains. Ils ont vendu leur âme pour obtenir l'immortalité et des pouvoirs surnaturels, mais en échange, ils sont devenus des monstres qui se nourrissent de chair humaine. La lumière du soleil les tue, c'est pourquoi ils chassent la nuit.»
Dracula se stoppa un instant, absorbé par cette révélation. Réflexions internes : Des humains devenus démons... Cela explique leur apparence et leur régénération rapide. Ils sont différents des créatures que je connais. Mais l'essence de la corruption est la même. Leurs âmes sont liées aux ténèbres, et leur existence même est une menace pour l'humanité.
Il repensa à ses propres expériences. Dans son monde, les démons étaient souvent des entités maléfiques invoquées ou créées par des forces occultes. Leur régénération était puissante, mais pas invincible. Ici, ces créatures avaient une origine humaine, ce qui leur donnait peut-être un lien plus fort avec le monde physique, rendant leur destruction plus complexe.
«Et ces pourfendeurs,» continua Dracula, reprenant sa marche. «Vous êtes nombreux à vous dresser contre eux ?»
Tanjiro hésita un instant, comme s'il pesait la gravité de la situation. «Nous sommes une armée, mais... pas assez nombreux. Les démons sont partout, et ils deviennent de plus en plus puissants. Le roi des démons, Muzan Kibutsuji, les contrôle tous. C'est lui qui a créé la première génération de démons, et il les manipule dans l'ombre. Il est le plus dangereux de tous.»
À l'évocation de ce nom, Dracula sentit un frisson parcourir son échine. Le ton de Tanjiro avait changé, plus grave, plus chargé de peur et de respect. Muzan Kibutsuji semblait être une force à part, un roi des ténèbres dans ce monde, un équivalent des anciens seigneurs démoniaques que Dracula avait déjà affrontés.
Réflexions internes : Ainsi, ce monde a aussi son propre maître des ténèbres. Peut-être est-ce pour cela que Randall Flagg m'a envoyé ici. Il a vu dans ce Muzan un autre pion à manipuler. Ou peut-être... est-ce un hasard. Peu importe. Si Muzan est la source de cette corruption, il faudra l'éliminer.
Le paysage commençait à changer autour d'eux, la forêt dense laissant place à des champs ouverts, bordés de montagnes sombres. Au loin, Dracula aperçut les lumières d'un village. Les lanternes éclairaient doucement les rues, et des silhouettes humaines se déplaçaient dans le calme de la nuit, ignorant les dangers qui rôdaient au-delà des frontières de leur monde familier.
«Nous approchons d'un village,» dit Tanjiro. «C'est ici que je devais me rendre. Les démons sont très actifs dans cette région, et nous avons déjà perdu plusieurs villageois.»
Dracula observa le village avec curiosité. Les habitations étaient modestes, mais solides. Les villageois, malgré leur apparente tranquillité, vivaient dans une terreur latente. Chaque soir, ils devaient redouter l'arrivée de créatures qui les arracheraient à leur foyer, tout comme les villages autrefois dévastés par les vampires en Transylvanie.
Réflexions internes : Ce monde est si différent, et pourtant, les mêmes luttes se répètent à travers les dimensions. Les mêmes terreurs, les mêmes ténèbres. Ce Japon, aussi éloigné soit-il de mon époque, est confronté aux mêmes cauchemars que mon peuple autrefois. Et, tout comme moi, ils ont besoin de guerriers pour se dresser contre ces forces.
«Pourquoi fais-tu cela, Tanjiro ?» demanda soudain Dracula, brisant le silence. «Pourquoi risques-tu ta vie chaque nuit pour protéger ces gens ? Tu es jeune. Tu pourrais vivre loin de ces horreurs, mais tu choisis de te battre.»
Tanjiro s'arrêta et tourna son regard vers Dracula. Ses yeux reflétaient une douleur profonde, mais aussi une détermination inébranlable.
«Ma famille a été tuée par des démons,» répondit-il, sa voix empreinte d'une tristesse contenue. «Seule ma sœur, Nezuko, a survécu... mais elle a été transformée en démon. Je me bats pour elle, pour trouver un moyen de la sauver, mais aussi pour que personne d'autre ne souffre comme nous l'avons fait. Chaque vie compte. Chaque village mérite d'être protégé.»
Dracula resta silencieux un moment. Ce jeune homme, malgré sa jeunesse, portait en lui une sagesse forgée par la douleur et la perte. Il comprenait désormais la motivation de Tanjiro. La souffrance l'avait transformé, tout comme elle avait changé Dracula des siècles auparavant. Mais là où Tanjiro avait choisi de se battre pour les autres, Dracula, dans sa quête de vengeance, s'était lui-même perdu dans les ténèbres.
Réflexions internes : Nous sommes semblables, toi et moi. Je vois dans tes yeux le même feu que j'avais autrefois. Mais ta lumière n'a pas encore vacillé. Peut-être que je peux t'aider, tout en cherchant mon propre chemin dans ce monde.
«Tu es plus fort que tu ne le penses, Tanjiro Kamado,» dit finalement Dracula, sa voix adoucie par un respect naissant. «Je comprends maintenant pourquoi tu te bats. Et peut-être, ensemble, pourrons-nous accomplir ce que nous ne pourrions faire seuls.»
Tanjiro, surpris par ces mots, hocha la tête en silence, sentant que, malgré les ténèbres qui entouraient cet être mystérieux, une lueur d'humanité subsistait en lui.
Alors que Dracula et Tanjiro continuaient leur progression silencieuse vers le village, une présence sinistre envahit soudain l'air. Une lourde sensation pesait sur leurs épaules, comme une brume invisible, et l'odeur putride des démons envahissait les narines hypersensibles de Tanjiro. Il s'arrêta net, posant une main sur la garde de son katana.
«Ils sont proches,» murmura-t-il, son regard scrutant l'obscurité devant eux.
Dracula leva légèrement la tête, sentant à son tour cette aura malfaisante. Ce n'était pas une présence unique, mais plusieurs. Ils étaient entourés. Ses yeux rouges perçants captèrent des mouvements furtifs dans les ombres. Des créatures démoniaques approchaient rapidement, leurs corps grotesques émergeant de la pénombre comme des prédateurs prêts à frapper.
«Prépare-toi,» avertit Dracula d'un ton calme, mais tranchant.
Sans plus attendre, les démons surgirent des ombres, leurs yeux brillants de malice, leurs griffes acérées prêtes à déchiqueter toute forme de vie. Ils étaient bien plus nombreux et plus imposants que celui que Dracula avait affronté plus tôt. Leurs corps, difformes et massifs, laissaient deviner des forces brutales. Chacun d'eux portait un sourire carnassier, se délectant d'avance de leur victoire supposée.
Tanjiro dégaina son katana d'un geste fluide, la lame nichirin scintillant sous la lueur de la lune. «Ils sont nombreux,» dit-il en se plaçant en position de combat. «Mais nous devons les arrêter avant qu'ils n'atteignent le village.»
Dracula hocha la tête, ses instincts de chasseur prenant le dessus. «Alors commençons.»
Sans attendre, l'un des démons bondit en avant, sa mâchoire déformée grande ouverte, visant Tanjiro. Mais avant qu'il ne puisse atteindre sa cible, Dracula intervint. D'un geste vif, il invoqua sa Void Sword, la lame glaciale se matérialisant dans un éclat de lumière bleue. Dans un mouvement rapide, il décapita le démon d'un coup net, son corps se désintégrant partiellement avant même de toucher le sol.
«Ne les sous-estime pas,» prévint Tanjiro, se plaçant dos à Dracula alors qu'un autre groupe de démons approchait en trombe. «Ils se régénèrent très vite, tu dois viser leur tête.»
Dracula nota l'avertissement. Il avait déjà vu à quel point ces démons étaient capables de se régénérer rapidement, mais il ne se laisserait pas surprendre cette fois-ci. D'un geste précis, il utilisa ses Chaos Claws, invoquant des flammes dévastatrices qui jaillirent de ses mains et enveloppèrent l'un des démons qui s'était approché trop près. Le démon hurla en se contorsionnant sous la chaleur infernale des griffes ardentes de Dracula, mais même dans sa douleur, il continuait à se régénérer.
«Décapitation,» murmura Dracula pour lui-même.
Profitant du chaos, un autre démon bondit sur Tanjiro, ses griffes visant sa gorge. Mais Tanjiro, avec la précision d'un maître, pivota sur ses appuis et leva son katana dans un arc parfait.
«Respiration du Soleil, Premier Mouvement : Danse du Feu des Dieux !» s'écria-t-il.
La lame s'enflamma d'une lueur dorée éclatante, et dans un éclair de lumière, Tanjiro décapita le démon avec une vitesse foudroyante. Le corps de la créature s'effondra au sol, se désintégrant en cendres avant même que sa tête ne touche le sol.
Dracula jeta un coup d'œil à Tanjiro, impressionné par l'efficacité de sa technique. Ce garçon n'était pas seulement déterminé, il possédait une force redoutable, et cette respiration du soleil était manifestement l'une des armes les plus puissantes contre ces créatures.
Mais il n'y avait pas de temps à perdre. Trois autres démons surgirent des bois, leurs griffes tranchant l'air avec une rapidité incroyable. Dracula se transforma instantanément en brume, évitant les attaques en un clignement d'œil, avant de réapparaître derrière eux. Avec une précision mortelle, il utilisa sa Void Sword pour trancher les têtes des deux premiers, et projeta une vague de froid sur le dernier, gelant son corps dans une étreinte glaciale.
«Bien joué !» lança Tanjiro, qui continuait à se battre contre plusieurs démons à la fois. Ses mouvements étaient fluides, chaque coup de katana était précis, décapitant un démon après l'autre.
Malgré leur supériorité numérique, les démons étaient désavantagés face à l'alliance improbable de Tanjiro et Dracula. Les deux combattants commençaient à se coordonner instinctivement, ajustant leurs mouvements pour couvrir les angles morts de l'autre. Là où Tanjiro utilisait sa vitesse et ses techniques précises, Dracula complétait avec sa puissance brute et ses attaques surnaturelles.
Alors qu'un autre groupe de démons surgissait de la lisière de la forêt, Dracula leva une main, invoquant des créatures de la nuit. Une nuée de chauves-souris apparut dans un tourbillon d'ailes sombres, se jetant sur les démons, les désorientant et leur rendant la tâche impossible. Tanjiro profita de cette diversion pour exécuter une nouvelle série de mouvements, chaque frappe étant accompagnée d'une flamme vive et destructrice.
«Respiration du Soleil, Quatrième Mouvement : Rayon du Soleil !» cria Tanjiro.
Le katana de Tanjiro s'enflamma d'une aura encore plus éclatante, et dans un coup foudroyant, il décapita simultanément deux démons qui se jetaient sur lui.
Dracula, de son côté, fit un bond dans les airs, invoquant ses Ailes Démoniaques pour s'élever brièvement au-dessus du champ de bataille. D'un geste vif, il envoya un rayon d'énergie sombre, décapitant le dernier démon qui tentait de s'enfuir. Le corps du monstre se désintégra dans un nuage de poussière noire.
Le silence retomba soudain sur la clairière, seulement perturbé par le souffle des deux guerriers. Les cendres des démons retombaient doucement autour d'eux, et l'air était encore chargé de l'énergie des combats.
Dracula atterrit doucement, ses ailes disparaissant dans un murmure d'ombre. Il jeta un dernier regard autour de lui pour s'assurer que tous les démons étaient éliminés. «C'était une horde impressionnante,» dit-il d'un ton neutre, rengainant sa Void Sword. «Ces créatures sont bien plus dangereuses que celles de mon monde. Mais elles ont aussi leurs faiblesses.»
Tanjiro, le souffle encore court, hocha la tête en silence. Il essuya son front d'un revers de main et rengaina son katana. «Leur régénération les rend difficiles à tuer, mais tu t'en es bien sorti. Ta puissance est impressionnante.»
Dracula tourna son regard perçant vers Tanjiro, observant le jeune pourfendeur avec une admiration silencieuse. «Toi aussi, tu es puissant. Ta technique est précise. Ensemble, nous avons pu les neutraliser, mais ce n'est que le début.»
Tanjiro hocha la tête. «Le village est maintenant en sécurité. »
Dracula acquiesça. Il ressentait une étrange forme de respect pour ce jeune guerrier. Malgré sa jeunesse, Tanjiro possédait une détermination et une pureté d'âme que Dracula n'avait plus vues depuis longtemps. Et dans ce monde rempli de ténèbres, il sentait que leur alliance serait cruciale pour affronter les dangers à venir.
Le silence régnait à nouveau dans la clairière, seulement troublé par le bruissement des feuilles sous la brise nocturne. Les cendres des démons s'étaient éparpillées, ne laissant derrière elles que l'odeur de la terre humide et la tranquillité retrouvée de la forêt. Tanjiro et Dracula restaient debout, côte à côte, observant les traces de leur combat. Ils étaient tous deux fatigués, mais le poids du danger imminent semblait s'être légèrement allégé.
Tanjiro, essuyant la sueur sur son front, regarda Dracula avec un nouveau regard, un mélange de curiosité et de respect. Ce vampire, qu'il avait d'abord pris pour une menace potentielle, s'était révélé être un allié redoutable et efficace. Ses techniques de combat, bien que différentes des pourfendeurs de démons, étaient tout aussi dévastatrices, et sa maîtrise des pouvoirs surnaturels était impressionnante.
«Je dois l'admettre,» dit Tanjiro en reprenant son souffle, ses yeux brillants de reconnaissance, «tu es un combattant puissant..»
Dracula tourna lentement la tête vers lui, son visage habituellement impassible affichant une légère expression de reconnaissance. «Tu es tout aussi redoutable, Tanjiro Kamado. Peu de mortels possèdent ta détermination et ta force. Tu as l'âme d'un guerrier, mais ce n'est pas seulement ta force qui fait de toi un être exceptionnel. C'est ta pureté. Ta volonté de protéger les innocents.»
Tanjiro hocha la tête en silence. Les mots de Dracula résonnaient en lui. Toute sa vie, il avait cherché à défendre ceux qui ne pouvaient se défendre eux-mêmes, à protéger sa sœur et à venger sa famille. C'était la raison pour laquelle il combattait les démons, la raison pour laquelle il se dressait contre les forces des ténèbres chaque nuit.
«Je ne combats pas seulement pour moi,» répondit Tanjiro d'une voix calme mais assurée. «Je combats pour ma sœur, pour ma famille, et pour tous ceux qui sont menacés par ces démons. Je me battrai jusqu'à ce que ce monde soit en paix.»
Dracula resta silencieux un moment, analysant les mots de Tanjiro. Cette conviction, cette lumière, lui rappelait des bribes de son propre passé, avant qu'il ne devienne Dracula, lorsqu'il était Gabriel Belmont. Il voyait en Tanjiro un reflet de l'homme qu'il avait été, bien qu'il sache que son propre chemin l'avait conduit bien plus loin dans les ténèbres. Mais même ainsi, il ne pouvait qu'admirer cette pureté chez le jeune pourfendeur.
«Nous ne sommes pas si différents,» déclara Dracula d'un ton bas. «J'ai moi aussi combattu pour protéger ceux que j'aimais, autrefois. Mais mon chemin m'a conduit à affronter des ténèbres bien plus profondes.»
Tanjiro le regarda, ses yeux cherchant à comprendre la profondeur de ce que Dracula disait. Il n'insista pas, sentant que cet être millénaire portait un fardeau bien plus lourd que ce qu'il laissait paraître.
«Peut-être,» répondit Tanjiro avec un sourire triste, «mais aujourd'hui, nous nous battons pour la même cause. Et je te remercie pour ton aide.»
Un silence respectueux s'installa entre eux. Tanjiro, bien qu'encore méfiant à l'égard de la nature de Dracula, ne pouvait nier son efficacité et sa loyauté dans la bataille. Il avait prouvé, par ses actions, qu'il n'était pas un ennemi des innocents.
«Nous devons continuer à coopérer,» dit finalement Tanjiro. «Je ne peux pas encore te faire totalement confiance, mais tant que tu te bats pour protéger les innocents, je me tiendrai à tes côtés.»
Dracula inclina légèrement la tête, acceptant cette promesse fragile mais honnête. Il comprenait la méfiance de Tanjiro, mais pour l'instant, leurs objectifs étaient alignés.
«Je n'ai aucune intention de blesser ceux qui ne le méritent pas,» répondit Dracula, son ton pragmatique. «Ce monde est rempli de mystères, et je dois encore comprendre pourquoi Randall Flagg m'a envoyé ici. Quelque chose dans ces ténèbres me paraît familier, mais ce n'est pas mon univers. Je dois trouver un moyen de revenir.»
Tanjiro plissa légèrement les yeux en entendant le nom de Randall Flagg. «Randall Flagg ? Est-ce un démon dans ton monde ?»
Dracula secoua la tête. «Non, pas un démon. Un sorcier puissant, un manipulateur des dimensions. C'est lui qui m'a piégé et envoyé ici. Je dois le retrouver, comprendre pourquoi il m'a envoyé dans ce monde... et l'arrêter. Mais en attendant, si nous combattons les mêmes ennemis, je serai ton allié.»
Tanjiro hocha la tête. Il ne comprenait pas encore toute la complexité des paroles de Dracula, mais il savait qu'ils avaient encore des démons à affronter ensemble. Et tant que Dracula resterait du côté des innocents, il se battrait à ses côtés.
«Nous devons rester vigilants,» ajouta Tanjiro, serrant son katana. «Ce monde est en danger, et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour le protéger.»
Dracula sourit légèrement, appréciant la détermination inébranlable du jeune pourfendeur. «Alors, continuons notre lutte. Nous avons encore des ténèbres à affronter.»
Ils partagèrent un dernier regard, une compréhension silencieuse passant entre eux. Bien que leur alliance soit née de circonstances inhabituelles et que la méfiance subsiste, le respect mutuel grandissait.
