Ce texte est écrit dans le cadre du calendrier de l'Avent d'Almayen, qui consiste à écrire chaque jour un OS pour une personne différente. Il est donc pour Memepotter, à qui j'espère sincèrement qu'il plaira !

ENJOY !


Un frisson glacé parcourut Harry qui se recroquevilla sur lui-même en grelotant. Il ne savait pas depuis combien de temps il était ici, dans un cachot sombre dont il ignorait la localisation exacte. Lorsque les mangemorts avaient immobilisé chacun de ses amis dans la salle du département des mystères et que Lucius Malefoy lui avait ordonné de lui remettre la prophétie, il avait, dans un éclair de lucidité, joué la dernière carte qu'il possédait. Malefoy avait trop besoin de cette prophétie et lui-même pouvait la casser en un seul geste. Il avait promis à Malefoy qu'il la lui remettrait s'ils libéraient ses amis. Malefoy avait bien tenté de le menacer de torturer ses amis, de les tuer même devant lui, mais Harry avait réussi à conserver son sang-froid en lui répétant qu'il la briserait s'il essayait de toucher à un de leurs cheveux. Et il avait cédé. Les mangemorts les avaient ramenés dans l'atrium du ministère et, malgré les cris de protestation de Ginny – qui était la seule de leur groupe qui était encore physiquement en état de dire quelque chose – ils les avaient jetés un par un dans une cheminée en destination de Pré-au-lard. Ce ne fut qu'une fois qu'Hermione, encore à moitié inconsciente suite au dernier maléfice reçu, eut été la dernière à disparaître que Malefoy s'était tourné vers lui. Harry lui avait tendu la prophétie avant qu'un éclair de stupéfixion ne le touche. S'il avait pu négocier la libération de ses amis, il ne s'était fait aucun espoir sur son propre sort et était presque étonné de s'être réveillé vivant au fond de ce cachot.

La fraîcheur du cachot lui laissait comprendre qu'il n'était pas loin de l'extérieur, mais aucune fenêtre ne lui permettait de le confirmer. Sa cicatrice le brûlait férocement et il se doutait qu'il se trouvait dans le quartier général des mangemorts, peut-être même dans l'endroit où résidait Voldemort. Aucun bruit ne filtrait même au travers la lourde porte de métal et Harry sursauta légèrement lorsque celle-ci s'ouvrit.

- Bien dormi, Potter ?

Harry se força à soutenir le regard de Lucius sans laisser transparaître la peur qui l'envahissait. Peu importent les raisons pour lesquelles Voldemort l'avait gardé vivant, il se doutait que la mort aurait été moins douloureuse. Bien sûr, cela lui laissait le temps de réfléchir à une façon de s'échapper ou d'espérer que quelqu'un le retrouverait, mais cela impliquait que Voldemort fasse deux fois en un an l'erreur de lui laisser une chance même infime de s'en sortir.

L'Incarcerem lancé par Malefoy l'arracha à ses pensées quand des cordes jaillies de sa baguette bloquèrent ses bras contre son dos. Le mangemort le saisit violemment par le col de sa robe et le releva sans ménagement avant de le pousser dans les couloirs. Ceux-ci étaient semblables à sa cellule : Les murs étaient en pierre et aucune fenêtre ne permettait d'avoir une idée sur leur localisation. Seules quelques portes, toutes fermées, brisaient le dédale infini de murs de pierre et de torches. Harry sut devant qui Malefoy le conduisait avant même d'arriver, la douleur de sa cicatrice s'accentuait à chaque pas qu'il faisait et il avait l'impression que son crâne explosait quand Malefoy lui fit franchir l'une des portes. Un coup de pied à l'arrière des jambes le força à tomber à genoux devant Voldemort, assis dans un grand fauteuil vert, qui le regardait avec un mélange de satisfaction féroce et de curiosité.

- Laisse-nous, Lucius.

Harry entendit la porte se refermer derrière lui et Voldemort reporta toute son attention sur Harry.

- Tu es un idiot, Harry Potter, lança-t-il finalement. J'ai pu entendre le contenu entier de la prophétie qui te concernait et… Laisse-moi te dire que je suis très déçu. Tu aurais un pouvoir particulier que j'ignore et qui te permettrait de me vaincre ? Ce pouvoir, je ne l'ignore pas. L'amour… Je l'avais oublié quand j'ai essayé de te tuer il y a quatorze ans, c'est vrai, j'en conviens. Mais aujourd'hui, ce fameux pouvoir t'a conduit à ta perte. Ton amour pour ton imbécile de parrain, puis pour tes amis a eu pour seule conséquence de t'amener ici.

Harry resta silencieux. Les dents serrées pour ne pas laisser voir de signes de douleur malgré sa cicatrice qui semblait sur le point d'exploser, il attendait. Une occasion, un espoir, n'importe quoi qui lui permettrait d'être moins vulnérable qu'en ce moment-même. Voldemort reprit :

- Tu vas mourir, Harry Potter. Je suis sûr que tu es suffisamment intelligent pour l'avoir su dès que tu t'es rendu à Lucius. Mais je vais te laisser le choix entre une mort rapide ou une douloureuse. J'aurais quelques questions à te poser concernant l'Ordre du Phénix.

Harry aurait eu envie de lui répondre férocement qu'il ne lui dirait rien du tout, mais il savait que cela ne l'avancerait à rien. Pour en avoir subi l'année dernière, il savait qu'il ne résisterait pas à beaucoup de Doloris avant de perdre le peu de détermination qu'il lui restait.

- Vous appelez ça un choix ? lança-t-il cyniquement. Tous les secrets de l'Ordre sont gardés par un Fidelitas, même si je le voulais je ne pourrais rien dire.

- Oui j'ai déjà fait la connaissance d'un elfe de maison qui m'a expliqué qu'une bonne partie de leurs secrets ne peuvent être révélés par quelqu'un d'autre que Dumbledore. Ne t'inquiète pas, les questions que je compte te poser sont de celles dont cet elfe n'avait pas la réponse mais dont je suis sûr que toi-même tu les possèdes.

- Vous surestimez grandement la confiance de Dumbledore envers moi, ne put s'empêcher de répondre Harry. Je dois être la personne la moins au courant de ses plans.

Voldemort resta silencieux, semblant réfléchir à ce qu'il venait de dire, avant de lever sa baguette :

- Endoloris !

L'explosion qui menaçait sa cicatrice depuis plusieurs minutes eut lieu et déferla dans tout son corps, le brûlant férocement de l'intérieur. Son sang était de la lave incandescente, Harry en était persuadé et ses hurlements de douleur se perdirent dans les couloirs de pierre. Lorsque la sensation cessa, il perçut en premier le sol froid sous sa joue. Il ne se souvenait même pas être tombé. Avant d'avoir eu le temps de reprendre ses esprits, Voldemort s'était levé, accroupi auprès de lui et l'avait saisi férocement par les cheveux.

- Legilimens !

Même si Harry avait su comment lutter, il aurait été incapable d'en trouver la force. Une multitude de flashs défilèrent dans son esprit, des moments de son enfance, de ses premières années à Poudlard, de son été à l'Ordre du Phénix, des exclusions systématiques des réunions de l'Ordre. Lorsque le sortilège se leva et que Voldemort le laissa retomber sur le sol, celui-ci ricana :

- Je savais que Dumbledore avait un profond mépris pour les personnes qu'il juge sans importance, mais je ne me doutais pas qu'il t'incluait dans cette catégorie, je dois l'avouer. Je t'accorde un répit. Le temps de voir si tu vas pouvoir m'être utile… Même si Dumbledore semble avoir sa propre idée sur la question depuis un bon moment. Lucius ! appela-t-il. Ramène-le dans sa cellule ! ordonna-t-il au mangemort aussitôt entré.


Harry n'aurait pas su dire ce qui le rendait le plus fou entre la douleur de sa cicatrice, l'ignorance de ce que Voldemort comptait faire de lui ou l'absence de notion du temps écoulé. La faim et la soif le tenaillaient et il avait l'impression qu'une semaine s'était écoulée, mais il se doutait qu'il n'aurait pas pu survivre aussi longtemps sans boire. Il n'avait plus eu de visite de mangemort depuis que Lucius l'avait ramené ici et il en venait presque à croire qu'ils finiraient par le laisser mourir de faim et de soif au fond de ce cachot.

Il sombrait dans le sommeil quand la porte claqua pour s'ouvrir sur un mangemort cagoulé. Celui-ci agita sa baguette et à nouveau, ses bras furent attachés avant qu'il ne soit remis debout d'une poigne ferme et poussé vers l'extérieur. Ils suivirent à nouveau une multitude de couloirs de pierre mais, au fur et à mesure qu'ils avançaient, Harry eut l'impression que la douleur de sa cicatrice refluait légèrement. Est-ce qu'il s'y habituait à force de la ressentir depuis probablement plusieurs jours, ou est-ce que le mangemort l'emmenait voir quelqu'un d'autre que Voldemort et l'éloignait de lui ? Ils passèrent devant deux autres mangemorts aux regards flous et lointains qui ne semblèrent pas s'étonner de les voir ensemble. Enfin, au bout de ce qui lui parut être une bonne dizaine de minutes, le mangemort poussa une porte qui déboucha sur l'extérieur. L'air frais de la nuit frappa Harry et le fit frissonner légèrement mais il retourna un regard interrogateur vers l'homme cagoulé. Celui-ci le poussa vers un portail de fer forgé et, lorsqu'il agita sa baguette, ils le traversèrent comme s'il n'existait pas. Une fois à l'extérieur de ce qui ressemblait à un manoir, le mangemort détacha ses liens et enleva sa cagoule.

- Professeur Rogue ? s'étonna Harry.

- Taisez-vous, Potter, répondit rapidement Rogue. Nous n'avons pas beaucoup de temps. Touchez ceci, ordonna-t-il en sortant de sa poche un bout de parchemin.

Harry s'exécuta et sentit une secousse caractéristique des portoloins l'attirer. Ils retombèrent dans une chambre aux murs gris meublée uniquement de deux lits. Malgré le peu de décoration de la pièce, Harry était persuadé de la reconnaître.

- On est…

- Au square Grimmaud, oui, confirma Rogue. Je dois juste m'assurer que vous n'avez pas subi de sortilèges de magie noire qui mettraient votre entourage en danger. Ensuite, je vous laisse entre les mains de votre parrain.

La perspective de revoir Sirius lui paraissait trop irréelle pour être vraie. Il s'assit mécaniquement sur le lit que Rogue lui désignait. Assimilant lentement ce qui venait de se passer, Harry demanda :

- Vous… Vous m'avez vraiment fait sortir de là-bas ?

- Je vous ai connu plus perspicace que ça, Potter, nota Rogue avec un rictus amusé tout en faisant courir sa baguette magique le long de son corps. Le Seigneur des Ténèbres vous a utilisé comme appât, il voulait tester ma fidélité à son égard. Il savait que si j'étais fidèle à Dumbledore, alors je vous ferai sortir.

- Vous avez renoncé à votre poste d'espion ?

- J'espère que non. Les deux jours pendant lesquels vous êtes resté là-bas ont servi à établir un plan pour modifier suffisamment de mémoires pour convaincre le Seigneur des Ténèbres que quelqu'un d'autre est responsable de votre évasion.

Harry eut le souvenir des mangemorts aux yeux vagues devant lesquels ils étaient passés.

- Vous avez le souvenir d'avoir reçu des sorts que vous ne connaissiez pas ? demanda Rogue.

- Non. Malefoy m'avait stupéfixé, et Voldemort m'a jeté un Doloris et un Legilimens.

Sa voix se brisa légèrement sur le dernier sort. Il s'était jeté au ministère parce qu'il n'avait pas su se protéger contre les rêves imposés par Voldemort, il n'avait pas pu l'empêcher de fouiller dans son esprit à la recherche d'informations sur l'Ordre du Phénix. Pourtant, Rogue qui continuait à lui lancer des sortilèges de diagnostic ne semblait pas énervé comme il avait pu l'être pendant leurs catastrophiques leçons d'occlumancie.

- Pourquoi vous m'avez fait sortir ? demanda Harry avec méfiance. Vous deviez penser que je le méritais après n'avoir pas su fermer mon esprit à Vol…

- Ne dites pas de sottises, coupa Rogue. Personne ne mérite ça. Dumbledore lui-même a convenu que mon rôle d'espion, si je venais à le perdre, ne valait pas grand-chose à côté de vous. Bien que vous nous épargneriez beaucoup de tracas si à l'avenir, vous évitiez de vous jeter dans la gueule du loup sans en parler auparavant à un membre de l'Ordre.

Au travers ses mots, Harry commençait à comprendre l'absence de reproches de Rogue. Lui-même devait se sentir responsable. Harry ne l'avait jamais porté dans son cœur, mais sans son comportement violent à son égard après l'excursion d'Harry dans sa pensine, il se serait malgré tout souvenu que Rogue était un membre de l'Ordre du Phénix et il aurait peut-être envisagé l'idée de le prévenir de son rêve avant de se jeter au département des mystères. Harry étouffa un bâillement et Rogue conclut :

- Vous me semblez aller bien. Du moins, aussi bien qu'on peut l'être après ce que vous avez subi, corrigea-t-il en détaillant ses yeux cernés et son visage pâle.

- Je peux descendre voir Sirius donc ?

- Non. Vous avez besoin de sommeil, allongez-vous et je vais lui dire de monter vous voir.

Harry acquiesça lentement et Rogue se redressa pour quitter la pièce.

- Inutile de vous dire de ne pas chercher à quitter le quartier général sans autorisation. Le Seigneur des Ténèbres va être d'une fureur sans nom devant votre fuite et je ne donne pas cher de vous si vous lui donnez une nouvelle occasion de vous atteindre.

Pendant qu'il hochait à nouveau la tête, Harry commença à réaliser pleinement ce qui venait de se passer. Rogue, qui le haïssait, venait ni plus ni moins de lui sauver la vie. Pas à cause d'une vieille dette envers son père, juste par compassion envers sa situation.

- Merci, murmura-t-il. De m'avoir sorti de là.

Rogue le sonda de son regard impénétrable, semblant presque avoir besoin de temps pour admettre ce qu'il venait de dire, avant de soupirer :

- Je vous ai demandé de ne pas dire de sottises.

Rogue sortit de la pièce sans un mot de plus. Ses sentiments envers James n'avaient pas changé. Mais, pour la première fois depuis qu'il avait passé les portes de Poudlard, au moment où il était entré dans cette cellule, il avait réussi à ne plus voir son fils. Il s'était juste retrouvé face à un adolescent, maltraité, perdu, laissé dans l'ignorance, qui avait beaucoup trop besoin d'aide et de soutien.


En espérant que ça vous ait plu, et tout spécialement à toi Meme !