Note : Merci aux guest pour leurs messages. Je suis contente que cette fic vous plaise et, j'espère que ça continuera avec la suite. Voici le nouveau chapitre. Désolée pour les longues publications, j'avance lentement sur l'écriture, mais j'essaie d'avoir toujours un chapitre d'avance. Le chapitre 6 est écrit, et je vais entamer le 7.

Bonne lecture

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Chapitre 5

Le lundi arriva plus vite qu'ils ne l'avaient pensé. Si tout se passait bien, c'était le dernier jour d'Emily à l'hôpital et, même s'ils étaient tous ravis, Reid avait encore en tête la conversation qu'il avait eue avec le docteur Manford. Alors qu'avec l'aide de Pénélope, de Hotch et de Rossi il faisait en sorte de rendre l'appartement de JJ accueillant pour l'arrivée prochaine d'Emily, il ne pouvait s'empêcher de se rejouer toute la scène.

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Lorsqu'ils étaient arrivés en ce samedi, ils avaient tout de suite était interpelés par le docteur Manford. Reid était spontanément resté, sachant qu'il était le mieux placé pour comprendre le jargon médical du médecin. Cependant, il avait été surpris des nouvelles et des réserves que nourrissait le docteur Manford envers sa patiente. Ils se dirigèrent vers une salle de réunions. Une fois la porte fermée, le chirurgien-généraliste ne perdit pas de temps à exposer ses faits.

- Vous devez savoir, Docteur Reid, que nous avons demandés à notre psychologue d'évaluer Emily, pour qu'elle puisse sortir de cet hôpital sans risque, autant pour elle, que pour les autres, commença-t-il.

Cette approche rendit Reid perplexe, ne sachant pas si c'était une bonne chose ou non. Jusqu'à ce que le docteur Manford reprenne :

- J'ai cru comprendre qu'une fois sortie, elle logerait avec l'un de vous, c'est bien ça ?

- Oui, répondit Reid, simplement.

- Il me semble que vous faites tous partis d'une même équipe d'agents du FBI, non ?

- Oui, répétât Reid, où voulez-vous en venir docteur ?

- Lorsque vous serez en déplacement, qui restera avec Emily ?

- Pénélope, autant qu'elle le pourra.

Le docteur Manford soupira lourdement, frottant son front du bout des doigts.

- Sachez que l'entretien d'Emily avec la psychologue n'a pas été concluant.

- Il s'est passé quelque chose sans que nous ayons étés mis au courant ? demanda Reid, d'une voix tendue.

- Non, le problème se situe justement là, répondit le docteur Manford.

- Je ne comprends pas, répliqua Reid, fronçant les sourcils.

Le docteur Manford resta silencieux un instant, semblant chercher ses mots, ce qui, venant d'un médecin, mis Reid mal à l'aise. Finalement, le docteur soupira doucement et répondit :

- Je ne pense pas que ça soit une bonne idée, de laisser Emily retourner aussi vite à une vie normale.

- Que voulez-vous dire ? demanda Reid.

- Elle doit être suivie.

- Elle le sera.

Le docteur Manford hésita une seconde avant de répliquer :

- Il existe une excellente clinique…

- Vous voudriez la faire interner ? réagit aussitôt Reid, sur la défensive.

- Ce n'est pas un centre psychiatrique. C'est vraim…

- C'est la même chose ! coupa Reid. Ça fait seulement un mois qu'elle est revenue. Elle est encore traumatisée et ça va prendre du temps pour qu'elle aille mieux, mais ça ira. Elle n'a pas besoin d'être enfermée, à nouveau.

- Il n'est pas question de l'enfermer. Ça serait surement plus bénéfique pour vous, comme pour elle.

- Non, répondit Reid. Ça serait facile, mais ce n'est pas ce dont elle a besoin.

Le docteur Manford soupira, pinçant les lèvres, visiblement contrarié. Cependant, Reid resta sur ses positions, le fixant sans sourciller. Il savait ce que c'était de devoir enfermer quelqu'un qu'il aimait par facilité. Il l'avait fait pour sa mère et, même si aujourd'hui il s'avérait que cela avait été bénéfique pour elle, au plus profond de lui, il était incapable de refaire la même chose avec Emily. La situation était complètement différente et, Emily n'avait pas besoin d'être internée pour pouvoir aller mieux. Ils allaient tous prendre soin d'elle à leur façon, mais ils n'allaient certainement pas l'enfermer, à nouveau, entre quatre murs avec des étrangers.

- Sachez qu'elle a été incapable d'échanger quoique ce soit et, de n'importe quelle façon, avec la psychologue. Suivant les réactions d'Emily, le docteur Moore à diagnostiquée cela comme un traumatisme psychique. Si, pour l'instant, Emily semble aller bien, une fois propulsée dans la vie de tous les jours, les choses vont certainement changer et probablement évoluer vers un état de stress post-traumatique. Et vous savez parfaitement, comme moi, ce que cela veut dire, finit par articuler le docteur Manford.

- Nous n'en sommes pas là, répondit Reid, une boule nouant sa gorge.

- Nous voulons justement éviter d'en arriver là.

- Ecoutez, lorsque, ou si nous constatons un état de stress post-traumatique chez Emily, alors nous nous en occuperons mais, pour l'instant, tout ce que nous voulons c'est la ramener à la maison, en sécurité.

Les deux hommes se fixèrent, chacun contrariés et, chacun campant fixement sur ses convictions. Finalement, le docteur Manford hocha la tête. Son rôle s'arrêtait là ou commençait le choix de la famille pour le patient. Il pouvait conseiller mais, il lui était impossible d'imposer ses décisions.

- Bien, soupira-t-il. Je pense que vous faite le mauvais choix, mais je ne peux vous obligez à rien. Physiquement, elle va beaucoup mieux. Sa cheville est guérit et elle devra continuer à suivre un régime et un rythme alimentaire normal pour retrouver un poids correct, toutefois, elle est autorisée à sortir dès demain matin.

Reid acquiesça, répondant :

- Merci.

Le docteur Manford ne répondit pas tout de suite. A la place, il glissa sa main dans l'une des poches de sa blouse blanche, sortant un morceau de papier plié en deux entre ses doigts.

- Si jamais vous changez d'avis dans les mois à venir… voilà le numéro de téléphone et l'adresse de la clique, fit-il, tendant le papier vers Reid.

Ce dernier fronça légèrement les sourcils, hésitant un instant. Finalement, sans vraiment savoir pourquoi, il s'en empara et répondit :

- J'en doute, mais merci quand même.

- Je comprends ce que vous faite, mais vous ne pourrez pas la garder éternellement sous une cloche de verre. Si la situation est désespérée, n'hésitez pas et appelez ce numéro.

Reid ne répondit pas et le docteur Manford n'attendit pas non plus qu'il le fasse. Il lui adressa un dernier regard, hocha rapidement la tête et sortit de la salle de réunion, certainement pressé de terminer son planning serré. Reid, lui, jeta un coup d'œil au papier qu'il tenait dans la main. Finalement, il pressé son autre main contre son sac en bandoulière, avant de froisser le papier et de le fourrer brutalement dans l'une de ses poches sans même y réfléchir. Ce n'était pas une option. Jamais ils ne pourraient faire ça.

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Cependant, même s'il s'était refusé d'y repenser, quelque chose l'avait poussé à ne pas jeter ce morceau de papier. Le soir même, en rentrant chez lui, il l'avait sorti de sa poche et l'avais glissé dans l'un des tiroirs de son bureau. À l'appartement de JJ, Pénélope avait aménagé la chambre d'amie de façon douillette, ajoutant de gros coussins colorés sur le lit et, accrochant une ou deux guirlandes lumineuses sur les murs. Elle avait remplis le placard de la salle de bain attenante d'épaisses serviettes molletonnées. À présent, elle arrangeait le salon, ajustant coussins et couvertures, plus pour s'occuper les mains que par réel besoin de mettre de l'ordre. Une agréable odeur provenait de la cuisine alors que Rossi s'était attelé à préparer leur repas de midi. Hotch, du haut de son tabouret au comptoir, qui séparait la cuisine du salon, observait les gestes habiles du plus ancien. Finalement, Reid ne put s'empêcher de souffler :

- Est-ce que vous pensez que nous avons pris la bonne décision ?

Trois regards se tournèrent vers lui, surpris, avant que eux-mêmes ne semble se poser la question l'espace d'une minute. Finalement, Garcia s'assit sur le canapé, demandant :

- Que veux-tu dire exactement ?

- Le docteur Manford pense que c'est une mauvaise idée de la garder auprès de nous. Il a suggéré que nous la placions dans une clinique, qui serait capable de s'occuper d'elle.

Hotch et Rossi échangèrent un regard avant de reporter leur attention sur le plus jeune de la pièce. Celui-ci se tortillait les doigts, mal à l'aise, tandis que c'était lui qui avait lancé la conversation. Cependant, avant qu'ils ne puissent dire quoique ce soit, Garcia les devança.

- Tu ne penses quand même pas que nous allons la jeter parmi des étrangers !? s'insurgea-t-elle.

- Non, ce n'est pas ce que j'ai dit, répondit Reid.

- Mais tu y penses, reprocha Garcia.

- Bien sûr que non ! Je me demandais seulement si c'était la bonne solution. Allons-nous réussir à l'aider ?

- Nous y arriverons, fit Hotch, du haut de son tabouret.

- Nous devons prendre les choses par étapes, acquiesça Rossi, mais je suis d'accord, nous y arriverons.

- Nous devons la soutenir, approuva Garcia.

- Evidemment, soupira Reid. Je n'ai jamais pensé une seule seconde à l'abandonner à son sort. Je suis juste inquiet. Elle doit être suivie, cependant, elle a refusé de parler à la psychiatre qui est venue la voir à l'hôpital.

- Ça, je peux m'en occuper, répondit Rossi.

Il s'attira trois regards curieux d'avoir plus d'explication, ce qui poussa l'ancien du groupe à poursuivre :

- J'ai un vieil ami, qui a une fille. Elle est psychiatre. J'ai eu l'occasion de la rencontrer quelques fois et, je pense qu'elle serait parfaite pour Emily.

- Encore faut-il qu'elle arrive à communiquer avec elle, rétorqua Garcia.

- Ne t'en fais pas pour ça, j'ai une entière confiance en ses capacités, répliqua Rossi.

- Un point de régler, alors, fit Reid. Mais il y en a un autre qui m'inquiète : comment allons-nous faire lorsque nous serons en déplacement et que Garcia devras être au bureau ?

- Nous avons discutés un peu de ça avec JJ, répondit Hotch. Elle est un peu réticente à l'idée, mais, pour l'instant, c'est la meilleure que nous ayons.

- Laquelle ? questionna Reid, curieux.

Hotch soupira, frottant légèrement son front du bout des doigts.

- Les parents d'Emily vont bientôt réussir à rentrer au pays. Nous allons soumettre l'idée, tout à l'heure, pendant le repas, à ce qu'Emily reste chez eux lorsque nous ne serons pas là.

- Est-ce judicieux ? s'inquiéta Reid. S'ils doivent repartir.

- J'ai réussi à avoir Elisabeth au téléphone et ils ont décidés de rester ici et aussi disponible que possible pour Emily.

Finalement, ils se perdirent tous les trois dans un long silence, chacun jetant des coups d'œil fréquent à l'horloge accrochée au mur du salon. Malgré la joie qu'ils avaient tous d'avoir récupéré Emily, au fond, ils anticipaient l'avenir qui s'ouvrait devant eux, bien qu'ils allaient y faire face, quoiqu'il puisse arriver.

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À l'hôpital, l'ambiance n'était pas forcément meilleure. Il régnait dans la chambre un silence pesant, une certaine angoisse face à la suite des événements, mais aussi provenant d'Emily, qui semblait nerveuse. Morgan et JJ emballaient dans un sac les affaires de la brune, tandis que cette dernière, debout à côté de la seule fenêtre, jetait de nombreux coup d'œil vers la porte.

Le bruit d'une fermeture éclair qui se ferme résonna dans la pièce et JJ se redressa, posant son regard sur Emily, échangeant ensuite un coup d'œil avec Morgan. Jusqu'à présent, ils avaient tous l'impression de devoir marcher sur des œufs, pourtant, une fois sortit de ces quatre murs, ils savaient que les vraies difficultés allaient commencer.

- Bien, fit JJ, j'ai tout rangé, nous pouvons partir.

- Nous devons passer avant à l'accueil, signer les papiers de sortie, acquiesça Morgan.

JJ hocha la tête, attrapant les hanses du sac de voyage. Elle s'avança ensuite vers la brune, qui ne faisait pas mine de bouger.

- Emily ?

JJ ne reçut aucune réponse, pas qu'elle en attendait réellement une. Malgré le fait qu'Emily se soit exprimé verbalement l'espace d'un instant, elle n'avait pas recommencé depuis, à la frustration de tous. Toutefois, elle interagissait quand même avec eux et, c'était suffisant. La blonde fit un pas de plus vers Emily, espérant attirer son attention par ce mouvement. Elle semblait perdue dans ses pensées et la dernière chose que voulait JJ, c'était de l'effrayer avant de quitter l'hôpital. Morgan était resté en retrait, craignant que s'il s'approchait, elle réagisse mal à sa stature dominante. Cependant, il se déplaça sur le côté, pour rester en vue, qu'elle sache qu'il était toujours là.

- Em ? Tu es avec nous ? demanda doucement JJ, sa voix résonnant doucement aux oreilles.

La brune haussa finalement les sourcils, tournant enfin son attention sur eux. Son apparence était toujours aussi déchirante. Même si toutes les marques, tous les bleus avaient disparus, son aspect chétif et sa silhouette malingre dans ses vêtements trop larges, étaient suffisante pour serrer leur poitrine de chagrin. JJ s'approcha encore d'elle, maintenant qu'elle avait son attention, restant mesuré dans ses gestes. Bien que si la brune soit plus calme et encline à être approchée avec elle, JJ mettait un point d'honneur à se retenir et analyser les moindres réactions d'Emily avant d'agir. Et actuellement, le malaise évident que dégageait l'autre femme, la poussait à garder une certaine distance.

Elle esquissa alors un petit sourire, raffermissant la prise de ses doigts autour des hanses du sac qu'elle tenait.

- Ça va ? demanda-t-elle gentiment ?

Emily prit une seconde avant de répondre, semblant réfléchir. Finalement, elle acquiesça lentement, détournant brièvement le regard.

- Tu es prête à partir ? questionna JJ, forçant la brune à se concentrer sur elle.

La réaction d'Emily fut indécise. Elle haussa une épaule, hocha la tête avant de hausser, à nouveau, l'épaule.

- Tu es sûre que ça va ? redemanda JJ, inquiète.

Cette fois, Emily acquiesça, détournant son visage vers la fenêtre, coupant ainsi court aux questions. JJ compris aussitôt qu'elle devait reculer malgré ses doutes, sa frustration et le sentiment de n'arriver à rien.

- Bien. D'accord, souffla-t-elle finalement.

JJ échangea un regard avec Morgan, ce dernier étant resté silencieux jusqu'à présent. Il acquiesça doucement, et alla ouvrir la porte de la chambre.

- On peut y aller, alors, dit JJ.

Elle observa Emily, l'angoisse semblant tout à coup avoir étreint son corps. Elle avait croisé ses bras autour d'elle, rentrant presque la tête dans ses fines épaules. Le pull, trop large pour elle, qu'elle portait, dévoilait une clavicule saillante, striée de petites cicatrices blanches. Des petites marques, que JJ savait provenir d'une morsure. Cependant, l'empreinte de dents n'avait donné aucun renseignement sur l'ordure qui avait séquestré et torturé Emily, à la grande déception de l'inspecteur Collins. Toutefois, Cooper et son équipe étaient confiants sur le fait qu'ils allaient le retrouver, mettant tout l'acharnement qu'ils avaient dans l'enquête.

JJ détourna les yeux de la marque, évitant de penser aux autres marques incrustées dans la chaire d'Emily, notamment ce terrible numéro, qui lui rappellerait cruellement toute sa vie, ce qu'elle avait vécu. Elle plongea son regard dans les deux prunelles noires qui la fixaient silencieusement, penchant la tête sur un côté avant d'esquisser un léger sourire.

- On y va ? demanda-t-elle.

Emily pinça les lèvres, mais acquiesça, faisant un premier mouvement vers la porte de la chambre. JJ la suivit, mais se stoppa rapidement lorsque la brune resta bloquée dans l'embrasure. Le couloir de l'hôpital, sans être extrêmement bruyant, était quand même animé d'une vie ambiante. Des « bips » réguliers sortaient de certaines chambres, les infirmières discutaient ensembles, accompagnés des sons du matériel qu'elles utilisaient. Entre les murs de sa chambre, Emily avait été protégée par tout ce bruit environnant et JJ pouvait comprendre qu'après sept mois de séquestration, tout cela pouvait être déroutant.

- Je vais passer devant, d'accord, dit-elle doucement, devançant la brune, dans le but de la protéger.

Emily recula aussitôt d'un pas, laissant JJ passer devant elle. Finalement, elles quittèrent lentement la chambre, la brune marchant dans l'ombre de la profileuse, les bras croisés fermement autour d'elle et la tête baissée vers le sol. Elles retrouvèrent rapidement Morgan à l'accueil, qui avait demandé à la secrétaire les papiers de sortie, pour que JJ puisse les signer. Cette dernière tourna son attention vers Emily, lui souriant tendrement.

- Je dois aller signer tes papiers de sortie, mais Morgan va rester avec toi, d'accord, fit-elle doucement, avant de s'avancer jusqu'au bureau du secrétariat.

Morgan s'approcha aussitôt, prenant la place de JJ. Contre le mur, dans le couloir, ils restèrent silencieux. Morgan observa tranquillement la vie de l'hôpital, restant quand même conscient de la présence et des réactions d'Emily à ses côtés. Cette hypervigilance, dont ils faisaient tous preuve était épuisante pourtant, aucun d'eux n'arrivaient à faire autrement. Ils avaient tous cette même peur dans le creux de leur ventre, qui leur interdisait de baisser leur garde.

Un instant plus tard une certaine agitation se fit sentir, tous semblant se précipiter à vaquer rapidement, chacun de leur côté, à leur diverses occupations. Morgan continuait d'observer le va et vient incessant du personnel, lorsqu'il sentit un corps chaud, plus petit et bien plus fin que le sien, se presser contre son bras. Surpris, il tourna la tête et baissa les yeux vers Emily. Cette dernière, observait nerveusement l'agitation autour d'elle, ayant visiblement du mal à retrouver son calme. Elle respirait rapidement, pinçant ses lèvres entre ses dents, fronçant les sourcils, son regard oscillant devant elle.

Il ne savait pas si elle l'avait fait consciemment ou non mais, plus la nervosité se faisait sentir, plus elle se pressait contre lui, cherchant presque instinctivement sa protection. Morgan osait à peine bouger, craignant que le moindre mouvement effraie tellement Emily qu'elle entrerait dans une crise de panique, qu'il voulait à tout prix éviter. Un bruit plus fort que les autres résonna dans l'étage, alors que le petit convoi des plateaux repas pour le déjeuner s'arrêtait à quelque pas d'eux. Emily sursauta au bruit inattendu, percutant finalement Morgan tandis qu'elle faisait involontairement un bond vers lui. Elle garda un bras replié contre elle, mais s'agrippa de son autre main au tee-shirt de Morgan, qui fut obligé de la rattraper, refermant un bras autour de ses épaules.

Sur le moment, le cœur de Morgan fit un bond, son estomac se retournant de peur à l'idée de commettre un impair. Il s'attendait à ce que son geste sois mal interprété et qu'Emily ne bondisse de terreur, cherchant à fuir son contact. Cependant, il fut surpris lorsqu'une seconde plus tard, il constata qu'au contraire, la brune, bien que toujours tendue contre lui, semblait toutefois retrouver une respiration relative. Pris d'une impulsion, il la serra alors un peu plus, pressant un tendre baiser sur le haut de sa tête, qui frôlait son menton. Il ferma les yeux, profitant de l'instant, inspirant profondément l'odeur agréable et rassurante de savoir Emily dans ses bras, en sécurité.

- Je te tien, Em, souffla-t-il doucement. Et je ne te lâche pas. Tu es en sécurité avec moi, Princesse.

Un court silence les enveloppa, pendant lequel Morgan ne pensa à rien d'autre que de servir de réconfort et de protection. Finalement, une petite voix le surpris, chuchotant presque, qu'il dû tendre l'oreille pour entendre.

- Je sais.

Morgan ne dit rien de plus, n'osa pas faire un mouvement. Il resserra encore sa prise autour de la brune contre lui, captant le regard de JJ sur eux, alors qu'elle était revenue. Ses grands yeux bleus étaient gorgés de larmes difficilement contenues, un chagrin palpable l'entourant. Si Morgan craignait qu'elle soit jalouse, il en fut tout autre lorsqu'elle murmura, à la place, un remerciement à son encontre. L'homme hocha à peine la tête avant de finalement inciter doucement Emily à le suivre pour quitter cet hôpital, JJ emboitant leurs pas.

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Le trajet en voiture se fit dans un silence pesant. Si Emily n'avait rien dit d'autre, elle s'était, en revanche, accrochée à Morgan tout le long du chemin jusqu'au parking. Elle avait semblé retrouver un calme relatif qu'une fois la porte de la voiture fermée derrière elle. Ils arrivèrent à la maison de JJ plus vite qu'ils ne l'avaient imaginé, la blonde et Morgan échangeant un rapide regard, avant que celui-ci ne s'engage dans l'allée du jardin.

Emily, assise à l'arrière, ne sembla pas remarquer l'arrêt de la voiture ni faire aucun mouvement pour sortir. JJ pris donc l'initiative de descendre en premier, tandis que Morgan suivais après avoir éteint le contact. Ils n'eurent pas besoin de se concerter alors que lui, allait attraper le sac de voyage dans le coffre et que JJ ouvrait la portière de la brune.

Cette dernière pinça légèrement les lèvres, rencontrant le regard de JJ. Finalement, hésitante, elle détacha sa ceinture de sécurité puis se laissa glisser lentement hors de la voiture. Morgan revint avec le sac alors que JJ refermait la porte de la voiture. Emily, quant à elle, observait la maison de manière anxieuse, presque craintive. Cependant, lorsque JJ l'interpella pour rentrer, elle ne dit rien, se contentant de la suivre silencieusement.

Ils pénétrèrent tous les trois la maison, JJ et Morgan encadrant Emily. La blonde referma la porte derrière elle alors qu'elle entrait dans un petit couloir, au milieu duquel se trouvait un meuble à chaussures à côté d'une petite banquette et d'un guéridon. Morgan déposa les clés de voiture dans la panière et se déchaussa avant de poursuivre son chemin, montrant la voie. JJ rangea ses propres chaussures avec les autres, puis porta son attention sur Emily.

La brune hésita une seconde avant de faire pareille et de suivre JJ. Elles débouchèrent sur une large pièce lumineuse qui éblouie presque Emily. Elle avança lentement, suivant JJ presque avec automatisme, mais son cœur était tellement serré dans sa poitrine, qu'elle en avait le vertige. Et tous les regards qui se tournèrent vers elle lorsqu'elle arriva dans le salon, la mise tellement mal à l'aise qu'elle en resta tétanisée sur place.

Emily serra ses bras autour d'elle, semblant vouloir ainsi disparaitre. Cela interpella chacun d'eux et, sans se concerter, ils se mirent tous tranquillement en mouvement. Rossi, toujours dans la cuisine, s'attela à faire réchauffer le repas. Hotch quitta le tabouret du comptoir et se dirigea vers les placards en hauteur, attrapant assiettes, verres et couvert dans les tiroirs. Morgan, Reid et Garcia attrapèrent le tout pour l'installer sur la table ronde du coin salle à manger. JJ les observa faire une seconde avant de s'approcher d'Emily.

Celle-ci leva aussitôt un regard affolé vers elle, reculant d'un pas contre le mur derrière elle. JJ s'arrêta tout de suite, ignorant la douleur poignante qui étreignit son ventre face à la réaction instinctive de la brune. Elle ne fit aucun mouvement, n'émit aucun son. À la place, elle enfonça ses poings serrés dans les poches de son pantalon, esquissant un petit sourire rassurant.

- Tu es, ici, chez toi, d'accord, finit-elle par dire doucement. Tu peux faire ce que tu veux. J'ai demandé à ce que la chambre d'amis soit préparée pour toi… Est-ce que tu veux la voir ? Avant que nous passions à table.

Emily la fixa un instant. Finalement, elle acquiesça lentement puis suivis JJ dans un autre petit couloir ou se trouvait l'escalier, qui menait à l'étage. Une fois en haut des marches, la brune se sentit un peu mieux. C'était douillet, confortable. Elle fut tout de suite rassurée par les couleurs douces alors que ses yeux se posaient sur des murs vert pastel, et que ses pieds, en chaussettes, rencontrés une moquette moelleuse d'un agréable gris claire. C'était un couloir tout simple ou, d'un côté il y avait une fenêtre au bout et de l'autre, un renfoncement dans lequel Emily pouvait voir une bibliothèque. Au milieu se trouvait trois portes, que JJ nomma en lui faisant visiter.

- Alors… ici, dit-elle, en désignant la porte tout à gauche, c'est ma chambre.

Ensuite, elle ouvrit la porte au centre et tourna la tête vers la brune.

- Ici, c'est la salle de bain.

Emily hocha vaguement la tête, suivant JJ, qui se dirigeait vers la dernière porte. Elle poussa doucement le battant et l'invita à entrer.

- Et ici, c'est ta chambre, fit-elle gentiment.

Emily resta plantée dans l'encadrement alors que la blonde s'avançait dans la pièce. Elle l'observa ajuster quelques affaires, puis finalement, tourner son attention vers elle. Emily ne savait pas quoi faire. Elle détailla la chambre des yeux. C'était doux, accueillant, loin de la chambre d'hôpital dans laquelle elle avait séjourné dernièrement et, encore plus loin de l'endroit où elle avait vécu tous ces mois. Un frisson traversa son dos alors que ses pensées s'échappaient, un instant, vers le lieu où elle avait été retenue. Elle ferma aussitôt son esprit, inspirant profondément.

- Je vais te laisser prendre tes marques, d'accord ? dit JJ, esquissant un petit sourire.

Elle s'avança jusqu'à la porte et Emily se décala pour la laisser passer. Elle s'arrêta dans l'embrasure, se retournant vers la brune.

- Je t'appelle lorsque nous sommes prêts à manger.

Elle fit une pause et Emily acquiesça doucement.

- C'est bon de te savoir à la maison, Emily, ajouta JJ, tendrement.

Après ça, elle la laissa seule, descendant rejoindre les autres. Emily se retourna dans la chambre, détaillant chaque recoin. Un grand lit à la couette violette, les tables de chevet, le fauteuil, avec son plaid, les cadres. Les murs étaient claires, la moquette un peu moins et, le soleil, qui nimbait entièrement la chambre réchauffait et illuminait la pièce. Au-dessus de la tête de lit, elle remarqua plusieurs guirlandes et Emily esquissa un petit sourire, reconnaissant la touche personnelle de Garcia.

Etrangement, tout ça la fit se sentir mal. Elle eut la subite impression de ne pas être à sa place et elle serra ses bras autour d'elle. Ce sentiment de malaise n'était pas nouveau, mais elle était incapable de faire quoique ce soit pour y remédier. Toutefois, la dernière phrase de JJ résonnait encore à ses oreilles. « À la maison. » Était-elle vraiment à la maison ? Qu'est-ce que c'était qu'une maison, déjà ? Bien qu'elle ait conscience des réalités, depuis que les drogues avaient quittées son système, elle avait encore l'impression que rien de tout ça n'était réel. Et elle était sûre d'une chose, rien de tout ça n'allait durer. Son cœur se serra et elle eut subitement envie de disparaitre. Elle voulait se coucher et dormir. Ne plus jamais se réveiller, ne plus jamais avoir ses souvenirs, qu'elle n'arrivait pas à compartimenter, et qui la laissait dans un état de fragilité qu'elle n'arrivait pas à contrôler.

Ses pensées s'égaraient, le dégout, la culpabilité commençant à l'étreindre, lorsque la voix de JJ l'appela du bas des escaliers. Cela la ramena au présent et elle inspira et expira plusieurs fois, repoussant la crise de panique qui allait s'installer. JJ l'appela une deuxième fois, l'inquiétude se faisant tout de suite entendre, poussant Emily à quitter rapidement la chambre pour se montrer en haut des marches. Triturant ses doigts elle rencontra le regard de la blonde, qui l'invita à la suivre en penchant la tête sur le côté. Elles rejoignirent les autres, qui étaient déjà à table, chacun devant une assiette garnie.

JJ s'assit à sa place, attrapant déjà sa serviette, mais elle s'arrêta dans son élan lorsqu'elle remarqua, comme ses amis, qu'Emily était restée debout à côté de sa chaise. Elle tourna la tête vers elle, et sa poitrine se serra douloureusement alors qu'elle voyait le visage de la brune se teinter de crainte, d'hésitation et peut-être même, un peu, de peur. Elle échangea un coup d'œil avec Reid et Hotch, qui se trouvait en face d'elle et, avant qu'elle n'arrive à surmonter son propre choc, Garcia pris doucement les devants.

- Emily ? Chérie ? fit-elle d'une voix douce, attirant aussitôt l'attention de la brune sur elle.

Garcia esquissa un tendre sourire et tapota l'assise de la chaise à côté d'elle. Bizarrement, malgré le fait que JJ nourrissait une certaine colère envers la technicienne, elle fut reconnaissante de son initiative.

- Tu peux t'assoir, Em, fit Garcia, tirant JJ de ses pensées. Vient avec nous.

La profileuse attendit la réaction de la brune, respirant à peine, comme si cela allait changer la situation. Emily sembla hésiter sur ses jambes tremblantes, mais finit par se laisser tomber sur sa chaise avec raideur. Elle évita le regard de tout le monde, restant le nez plongé dans son assiette. JJ pinça les lèvres et se racla doucement la gorge, tendant une main. Elle frôla l'avant-bras d'Emily, à peine pour attirer son attention et se recula aussitôt lorsque les prunelles noires de la brune se tournèrent vers elle, brillante d'angoisse.

- Tu peux… Tu peux manger ce que tu veux, et prendre le temps que tu veux. D'accord ?

Emily se contenta de détourner la tête vers son assiette, sans que JJ n'arrive à déchiffrer ce qu'elle lisait sur le visage de la brune.

- Emily, souffla doucement la blonde. Je sais que c'est difficile, mais tu dois essayer de t'alimenter aussi régulièrement que possible.

La brune tourna la tête vers elle, fronçant légèrement les sourcils. Elle semblait confuse, hésitante, puis elle reporta son attention sur son assiette, et s'empara de sa fourchette. JJ l'observa quelques secondes de plus, mais détourna ensuite son regard vers son propre plat, préférant laisser autant d'intimité que possible à Emily.

Le repas commença dans un silence lourd, seulement coupé par le bruit des couverts qui raclent sur la porcelaine. Finalement, ils se mirent à discuter doucement entre eux et après une minute, un certain confort s'installa.

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Allongée au fond de son lit, une guirlande lumineuse éclairant faiblement la pièce, Emily se sentait seule et perdue. Elle ne savait plus qui elle était et, si même tout ça en valait encore la peine. Le repas, qui avait eu lieu, se rejouait dans sa tête et elle se sentait terrorisé face à l'avenir. Une larme coula d'un œil et vint s'échouer sur l'oreiller alors qu'elle fermait les yeux. La seule chose qu'elle voulait, s'était oublier. Mais elle ne pouvait pas. Ses cauchemars la ramenaient toujours là-bas, dans cet enfer, la culpabilité la rongeant lentement. Et puis, elle avait des amis, une famille, et ils faisaient tout pour l'aider. Elle ne pouvait rien faire d'autre que d'être reconnaissante pour leur présence. Ils avaient organisés toute leur vie autour d'elle et Emily sentit plus de larmes couler sur l'oreiller, alors qu'elle se rejouait toute la scène.

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Rossi but une gorgée de son verre d'eau, puis se lança enfin dans le sujet délicat de l'avenir, qui allait se présenter à eux.

- Bien, je pense qu'on est d'accord pour dire que nous allons devoir établir un planning, dit-il.

L'ambiance changea autour de la table et, bien qu'elle ne fût plus que l'ombre d'elle-même, Emily n'avait pas perdu ses capacités à analyser les situations. Au contraire, cette faculté c'était même accrue lorsqu'il était question de sa survie. Elle posa sa fourchette sur le bord de son assiette, qu'elle avait picoré, et leva un peu les yeux pour observer la scène devant elle. Elle tomba aussitôt dans le regard doux de Rossi, assis en face d'elle. Il lui adressa un petit sourire et continua sur sa lancée, ajoutant visiblement à son encontre :

- Nous savons que l'entretien que tu as eu avec la psychologue de l'hôpital n'a pas… été concluant. Mais… Emily, tu dois être suivie. C'est important.

La brune détourna aussitôt les yeux, se tassant légèrement contre le dossier de sa chaise, essayant de fuir autant visuellement que physiquement. Rossi pinça doucement les lèvres, échangeant un regard avec ses compagnons. Finalement, JJ pris la suite de l'ancien. Sans pour autant toucher Emily, elle fit :

- Je sais à quel point ça doit être dur pour toi, Emily, mais tu as besoin de pouvoir parler à quelqu'un. Tu as besoin de pouvoir parler de… tout ce que tu as vécus. De le faire en face de quelqu'un qui pourra t'aider à gérer toutes les émotions par lesquelles tu vas inévitablement passer.

Emily secoua la tête de gauche à droite, serrant ses bras autour d'elle. Si elle n'était pas entravée par le fait d'être assise sur une chaise, ils étaient sûrs qu'elle se serait recroquevillée sur elle. Mais, à la place, elle leva un regard hésitant vers JJ, pinça les lèvres avant d'articuler difficilement, la voix enrouée par des sanglots :

- Toi… ?

Toute la table se tut et les regards se braquèrent sur Emily. Celui de JJ s'écarquilla un peu, surprise l'espace d'une seconde, avant qu'elle ne saute sur ses pieds pour s'agenouiller à ceux de la brune. Cette dernière eut un vague recul, qu'elle réprima avec une profonde inspiration. JJ s'empara de sa main restée sur ses genoux, puis répondit :

- Je serais toujours là Emily. Je t'écouterais toujours, peu importe ce que tu me diras, mais… Je ne pourrais pas le faire seule.

Emily fronça les sourcils, jetant un rapide coup d'œil à leurs amis, autour de la table. JJ compris aussitôt ce que son geste voulait dire et, malgré tout, cela la rassura, à nouveau. A l'hôpital, lorsqu'elle les rejoignit, elle et Morgan, elle avait été surprise de voir la réaction de la brune vis-à-vis de leur ami mais, cela l'avait aussi profondément soulagée. Pour la première fois, Emily avait réussi à dominer sa peur pour placer sa sécurité entre les mains de quelqu'un d'autre qu'elle. Et, il était question de Morgan, alors tout allait bien. Si quelque chose se passait, alors Morgan saurait atteindre la brune pour lui venir en aide, il avait été accepté.

Maintenant, le fait que d'un regard elle présente leurs amis comme personnes susceptibles de l'aider était un grand pas. C'est presque deux mois auprès d'elle avaient portés leurs fruits. JJ pressa doucement la main d'Emily entre ses doigts, posant un regard tendre sur elle.

- Nous serons tous là, Emily, à chaque étape du chemin, mais… Tu sais très bien… qu'a un moment… nous ne serons plus suffisant, finit par ajouter JJ.

La brune secoua la tête, mais ne dit rien et la blonde continua :

- Rossi connait quelqu'un. C'est une femme. Apparemment, elle est excellente dans son travail.

- Je l'ai contacté, approuva l'ancien. Nous avons un premier rendez-vous avec elle lundi matin.

Emily le regarda, immobile, le visage fermé. Cela interpela Rossi mais, il mit ça sur le compte de son malaise précédent, et poursuivis tranquillement.

- Ne t'inquiète pas, d'accord ? Tu iras à ton rythme.

Emily baissa la tête vers sa main, toujours prisonnière entre les doigts de JJ. La conversation continua sans elle, chacun émettant un avis, une objection, une suggestion sans qu'elle ne s'en préoccupe. Puis vint une question de Reid, qui la tira de ses pensées.

- Maintenant vient la question de savoir comment nous allons faire, lorsque nous serons en déplacement.

- Nous pourrions faire un roulement. L'un de nous reste ici à tour de rôle ? proposa Morgan.

- Strauss va nous vouloir tous opérationnels pendant un moment, contra Hotch, secouant légèrement la tête.

- Je suis disponible, fit Garcia. Je reste toujours au QG, je peux parfaitement travailler de la maison, s'il le faut.

- Mais pas toujours, répondit Rossi.

- C'est seulement une autre organisation, répliqua Garcia, haussant une épaule.

- Sinon… Le docteur Manford…

- Reid, coupa Hotch.

- C'est une idée à soulever, rétorqua le génie.

- Qu'elle idée ? demanda JJ.

- Le docteur Manford, repris Reid, a soumis l'idée d'une clinique.

- Tu veux la faire interner ! s'exclama Morgan, le ton empreint de colère et de reproche.

- Bien sûr que non ! Mais, les jours ou nous ne sommes pas en ville…

- Elle n'est pas folle, Reid ! persifla JJ.

- Evidemment, répondit celui-ci. Mais…

- Enlève-toi cette idée de la tête. C'est hors de question ! explosa Morgan, cognant du poing sur la table.

Emily fit un bond d'au moins deux centimètres sur sa chaise, un couinement involontaire de peur sortant de sa gorge, au mouvement brusque de Morgan. Cela eut le mérite de tous les faire taire, surpris et honteux. Morgan s'en voulut aussitôt alors qu'il voyait le regard d'Emily braqué sur son poing, les yeux humides et terrorisés.

- Nous allons trouver une autre solution, d'accord ? fit Garcia. Pas la peine de se disputer.

- Oui, approuva Hotch. Elizabeth, la mère d'Emily, m'a dit qu'elle et son père devaient atterrir sur le sol américain dans les prochains jours.

- Ça pourrait être une solution de secours, acquiesça Rossi, malgré son air peu convaincu.

oOo

Après cet épisode, le silence était revenu et ils avaient tous terminés leur repas avant de débarrasser la table. Emily était restée assise, pétrifiée sur sa chaise, attendant qu'on lui dise quoi faire, jusqu'à ce que JJ la remarque et lui donne le droit de faire ce qu'elle voulait. La brune n'avait pas perdu une minute pour sauter sur ses pieds et fuir dans sa chambre, à l'étage, son cœur tambourinant douloureusement dans sa poitrine, la peur lui nouant tellement le ventre, qu'elle en avait la nausée.

oOo

A la prochaine.