NDA 09/03/25 : C'est officiel, en fait, je n'écris vraiment mieux que sous préssion, sinon mon cerveau décroche avant même d'avoir fait une phrase. Hallucinant. Merci pour vos reviews à tous, ça me va droit au coeur. J'espère que ce chapitre, même si plus court que le précédent, vous plaira quand même. On retourne bientôt à Poudlard!

Bonne lecture ~


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Mardi 1er Janvier 1945

Ils avaient oublié de tirer les rideaux avant de se coucher.

Tom avait dormi quelques heures profondément, avant que le soleil ne commence à le gêner. Finalement, ce fut d'avoir le nez dans les cheveux noirs d'Evelyn, qui le fit lentement émerger de son sommeil. Entièrement lovée dans ses bras, la jeune femme respirait contre sa clavicule, paisible. Elle sentait bon. Il n'avait aucune envie de bouger.

Un feu crépitait doucement dans la cheminée, signe que Charlotte était passée rallumer les braises mourantes durant la courte nuit qu'ils avaient eu. Tom senti ses joues chauffer, et sut qu'il devait être écarlate désormais. Pourtant, la main délicate qui reposait contre son torse ne lui donnait aucun regret. Evelyn était magnifique, dans sa robe de nuit, si sereine, si… Il ne savait pas quel mot lui correspondait le mieux. Il avait envie de la réveiller en l'embrassant. Et il pouvait tout aussi bien la garder contre lui jusqu'à ce qu'elle s'éveille seule.

Ses doigts couraient le long des mèches noires emmêlées. Cette sensation de douceur… Ce parfum. Il avait des fourmis dans tout le bassin et envie de sourire. Tom réalisa qu'il aimait son contact, même si elle était toujours froide. À moitié endormi, il l'avait laissé le déshabiller et l'aider à se coucher, chacun de ses gestes, chaque caresse, il en avait apprécié la saveur. Et là encore, bien qu'elle dorme, l'avoir dans ses bras lui donnait l'impression d'être enfin à sa place. C'était improbable.

Il ne se souvenait pas de la dernière fois qu'il avait supporté le contact avec un autre être humain sans en être malade. Cette aversion lui venait de l'orphelinat, même si c'était devenu trop flou avec le temps pour qu'il se rappelle avec précision des origines… Il frissonna. La vieille bâtisse se matérialisa sous ses yeux et la pulpe de ses doigts perdit le lien avec Evelyn.

Le désir pour sa désormais fiancée disparu tout aussi vite, et il s'écarta d'elle, soulevant la couette pour sortir du lit, tout en faisant attention à ne pas la réveiller. Il se rhabilla, évitant d'effleurer sa propre peau, le souvenir flou d'un dégoût profond de lui-même de nouveau présent. Sa carte d'anniversaire reposait toujours sur la table de chevet, près d'une vasque d'eau tiède qui avait remplacé leur tasse de chocolat de la veille. Il s'aspergea le visage pour chasser les sensations désagréables qui l'habitaient, et coula un dernier regard sur Evelyn, qui dormait toujours à poings fermés.

Tom referma la porte le plus délicatement possible et traversa le couloir, chaussures à la main, pour ne pas faire de bruit. Il hésita cependant sur la marche à suivre, une fois dans sa suite. Devait-il se changer et se rendre au petit déjeuner? Ou Pouvait-il juste renoncer à cette partie-là, et dormir plus longtemps? Il était encore fatigué, malgré le rappel de son ancienne vie. Oui mais… Il allait épouser Evelyn Snow, la cadette du comte. Il allait faire partie de cette famille noble dans les deux mondes.

Et Tom refusait d'avoir de nouveau honte sur ses manières.

Alors il se changea, optant pour une tenue plus décontractée sans pour autant être dénuée d'élégance, et se rendit immédiatement à la bibliothèque pour éplucher les livres sur l'étiquette et le savoir-vivre. Burrows le trouva aux alentours de 9 heures, et lui porta du thé, signalant que les hôtes de la maison dormaient encore. Et il reçut pour consigne de le prévenir lorsque l'un des hommes de la famille serait levé.

L'horloge sonna onze coups lorsque la porte de la bibliothèque s'ouvrit de nouveau. Mais ce ne fut pas la silhouette du serviteur qui émergea. C'était celle d'Evelyn, dans sa robe de chambre couvrant celle avec laquelle elle avait dormi. Elle n'avait même pas pris la peine de mettre des pantoufles. L'air hagard, et pourtant, une lueur effrayée au fond des yeux. Tom se releva, inquiet de cette expression qu'il n'avait que trop souvent aperçu à Poudlard, lorsque ses amies étaient en danger.

«Snow, un prob…» Il fut coupé par le boulet de canon qui le saisit à la taille. L'étreinte lui parut désespérée, et il mit un temps avant de la lui rendre. «Evelyn…?»

«Pardon… Je…» Sa voix tressauta, avant de légèrement monter dans les aigu. «J'ai cauchemardé à propos d'hier, mais ce n'était pas la fin que nous avons eue. Et tu n'étais plus là, à mon réveil, alors…» Elle mentait. Tom le sentait. Du moins elle cachait clairement quelque chose. Evelyn secoua la tête contre son buste, avant de s'écarter de lui.

«Evelyn…?» Même à travers l'horcruxe, il pouvait sentir sa terreur. Était-ce un bout d'enveloppe déchirée dans ses cheveux?

«Ça va… Je vais bien. Je voulais… Je voulais juste m'assurer que toi tu ailles bien.» Tom décida de percer ce nouveau mystère tout en restant secret, et il lui offrit un sourire rassurant.

«Je vais bien. Maintenant, tu devrais retourner t'habiller avant d'attraper la dragoncelle.» Il se pencha sur son front pour y déposer un baiser, avant de la pousser gentiment vers la sortie.

Il fallait qu'il parle à Charlotte, elle devait forcément savoir ce qu'il se tramait dans les appartements d'Evelyn. Il était presque sûr que c'était aussi elle qui lui apportait le courrier une fois sur deux. Mais plus tard. Pour l'instant, il fallait qu'il se montre à la hauteur des attentes de son futur beau-frère, et du beau-père qui l'accompagnait. Il avait déjà maitrisé l'art de la table, et les multiples techniques de révérences, y compris, au cas où il ferait face à la famille royale. Il ne s'était pas exercé, mais il ne doutait pas d'être parfait.

Il l'était toujours pour flatter l'égo d'autrui.

Puisque sa promise était levée, il lui paraissait évident que le reste de la famille ne devrait pas tarder, aussi, il se dirigea d'un pas tranquille vers le petit salon où il y croisa Lord Anthony et Lord John, luttant dans une partie d'échecs contre Mr Mouses, qui souriait avec candeur.

«Cavalier en H…» Commença le Lord régnant.

«Monsieur, si vous jouez cette pièce, vous serez en échec.» Avertit le valet de pied.

«Bon. Tour en A4» Tenta Lord John,ne laissant pas son homme de main le couper.

«Monsieur, je suis navré.» Son fou prit la tour sans aucune hésitation.

Tom approcha le plateau et les trois hommes, avant de froncer les sourcils. Le père et le fils étaient acculés par les pions du serviteur. Comment en étaient-ils arrivés là?

«Puis-je me joindre à vous?» Demanda-t-il, plus par politesse qu'autre chose.

«Vous pouvez, je suis certain qu'une troisième tête ne sera pas de trop.» Se moqua gentiment Mr Mouse.

Et en effet, Tom parvint à grapiller quelques pièces, mais peut-être était-il trop tard, peut-être n'était-il pas si doué, ou peut-être l'homme en face l'était-il trop? Toujours est-il qu'ils furent écrasé par Mr Mouse, qui les salua ensuite d'une poignée de main, avant de s'enquérir de la préparation du petit déjeuner.

«Eh bien… dommage que vous retourniez à Poudlard d'ici deux jours, la prochaine partie sera dans une semaine, j'aurais apprécié que nous soyons trois de nouveau.» S'amusa Lord John, déçu.

«Vous jouez souvent?»

«Une fois par semaine.» Expliqua Lord Anthony. «Mais père n'a jamais gagné. Moi non plus d'ailleurs, c'est pourquoi nous jouons ensembles depuis deux ans. Mais ça ne suffit pas.»

«Non… Voyez-vous, Mr Mouse est un ancien lieutenant de l'armée britannique, il n'a pour ainsi dire, jamais échoué une seule fois, sauf pour protéger notre mère patrie.»

«Et maintenant, certains jours d'hiver nécessitent ma canne. Mais ne vous en faites pas, Monsieur Riddle, j'ai toujours su me servir de cette dernière, quelle que soit sa forme.» Et Tom compris. Monsieur Mouse était certes un sorcier, mais il avait servi dans l'armée moldue, probablement durant la précédente guerre, et sa baguette était cachée, à l'image des Patriarches Malfoy, dans la canne à pommeau qu'il utilisait.

«Peut-être pourrons nous le battre d'ici vôtre retour à la maison cet été?» Exprima Lord John dans un sourire, avant de se diriger d'un pas vif vers la salle à manger.

Cette simple phrase eu pourtant l'effet d'un brasier chaleureux. Jamais personne n'avait parlé de son retour avec autant de gentillesse et d'impatience. C'était acté. Tom n'était pas juste le fiancé d'Evelyn, il était lui, et c'était pour ces motifs que les hommes de cette famille l'appréciaient. Un retour à la maison. C'était ainsi qu'ils voyaient les vacances. Et même si Tom savait qu'il devrait obligatoirement repassé par l'orphelinat pour valider son départ définitif, il aurait un endroit par la suite.

Une maison.

Comment avait-il fait pour ne pas voire tout çaauparavant? Ils savaient pour ses origines, pour la magie noire désormais, et la seule chose qui les tentaient, c'était de voir où en étaient ses progrès! L'absence totale de racisme dû à son sang était une chose neuve, mais plus encore, ce qu'ils déploraient,c'était sa situation familiale et les difficultés qu'il allait devoir subir pour récupérer ce qui lui revenait de droit. Pas parce qu'il était souillé, mais parce que ses parents, en l'occurrence, sa mère, n'avait pas aidé ses affaires.

Un parent se doit de toujours protéger son enfant, quelle qu'en soit les conséquences. C'était le mantra de Lady Gisella, reprit par Lord John, et mit en place par Lord Anthony. Ils l'avaient fait pour Evelyn, bien qu'aucun d'entre eux n'aient parlé de l'endroit où elle avait été envoyée pendant un peu plus d'un an. Et ils semblaient prêts à faire de même pour lui, s'il en avait besoin.

«Tom, cesse donc de fixer ces pièces d'échecs, nous avons perdus, et viens manger.» L'apostropha le lord régnant en passant la tête dans l'entrebâillement de la porte.

Tom n'avait plus rêvé d'avoir une famille aimante et une maison depuis ses cinq ans. Lorsqu'il avait compris qu'il était trop différent des autres enfants pour que des adultes puissent s'intéresser à lui et le choisir à l'adoption. La vie avait un drôle de sens de l'humour, pour lui offrir tout ce qu'il avait espéré une fois qu'il en avait oublié son souhait. À moins que ce ne soit un coup de pied final, pour avoir tenté à plusieurs reprises, de mettre Evelyn sur son chemin, sans qu'il ne s'en aperçoive?

oOoOoOo

L'homme ricana.

Il savait tant de choses depuis la veille au soir, qu'il avait modifié ses plans pendant la soirée, et mit à exécution ses derniers pendant le trajet du retour. Il n'avait aucun doute sur la rapidité de la mise en place. Il était si facile de manipuler des adolescents, surtout lorsqu'ils se croient supérieurs aux autres. Et dans ce cas précis, lorsque la personne en question est une jeune femme éprise et jalouse.

Olive Hornby avait pesté et s'était rendue misérable suite au départ du couple à scandale. Cette jeune fille avait donc dévoilé toutes ses faiblesses en un coup. Elle voulait le garçon, et désirait la mort d'Evelyn Snow, tout en se mettant le plus possible en avant. Il fallait donc lui donner un petit peu de chance. Et quoi de mieux qu'un faux levier pour rétablir la vérité?

Oh, il savait, ses éclaireurs avaient confirmé l'interception de la lettre du maître chanteur, avant de la renvoyer à sa destinataire. Le but étant de ne pas permettre une remontée de la signature magique. Car il ne doutait pas que cette jeune femme en soit capable. Soumettre l'héritier de Salazar Serpentard d'une telle manière, prouvait qu'elle savait jouer de la baguette. Et peut-être même plus, si on prenait en compte ce qui ornait son annulaire et la fleur à son cou.

Savait-elle de quoi il s'agissait? Pour les exhiber ainsi à la vue de tous sans crainte? Cette possibilité était à prendre en compte, mais il pariait tout de même sur le non. Car ça ne semblait pas être la bonne chose à faire que de montrer l'une des trois reliques de la mort au monde entier. Surtout quand on cherchait à tirer son épingle du jeu. C'était prendre le risque d'être attaqué, et ne pas pouvoir tenir à jour ses plans. Tout du moins, lui, ne criait pas sur tous les toits qu'il possédait le bâton de la mort, même si certaines créatures l'avaient senti de très loin.

Il ne restait plus qu'à récolter les graines du doute qu'il avait semé par le biais d'un tiers.