Hello everyone, voici le chapitre suivant !
J'espère que l'histoire vous plaît toujours autant.
Ça y est, le printemps est bien là, c'est agréable d'écrire sans souffrir du froid.
Passez un bon week-end et bonne lecture !
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux appartient à J.R.R. Tolkien. Et Final Fantasy 7 à Square Enix.
Chapitre 30 :
Les portes de la Moria
Lowen pensait qu'une fois loin de Caradhras, le voyage serait moins fatigant, mais il n'en fut rien.
À peine en route vers la Moria, les hurlements des Ouargues avaient retenti dans le lointain.
Le groupe avait dû marcher d'un pas rapide, mais ils avaient tant lutté contre la tempête de neige et l'avalanche que c'était trop leur demander.
Lowen était aussi fatiguée qu'eux, mais elle avait insisté pour que Legolas ne la porte pas plus longtemps. Elle refusait d'être un poids pour ses compagnons.
Lorsqu'ils firent une halte sur une colline pendant la nuit, en se relayant pour monter la garde, les hurlements des créatures retentirent de plus belle.
Malgré le feu allumé par la Communauté pour se réchauffer, Lowen ne parvint pas à s'endormir. Les hurlements des monstres la stressaient. Sam non plus, il tenait à rassurer son poney, Bill, qui sentait le danger.
En regardant du côté des Hommes, elle vit qu'Aragorn et Boromir dormaient avec la main sur la garde de leur épée.
Gimli ronflait dans son sommeil. Cela agaçait profondément la jeune fille. Il faisait toujours du boucan la nuit, quand la Communauté se couchait, mais là, comment pouvait-il dormir avec le danger si proche ?!
Lowen savait que les Ouargues n'étaient pas la seule cause de son insomnie. Elle ne cessait de repenser à son rêve et à Jessie. Cela avait paru si étrange, si… effrayant.
Soudain, un grognement lui parvint. Elle sursauta et agrippa nerveusement le manche de son sabre.
Elle réalisa qu'un loup, d'une taille incroyable, était sorti de l'ombre. Les babines retroussées, laissant voir d'énormes crocs dégoulinants de bave, il fixa de ses yeux jaunes et méchants les membres de la Communauté.
Gandalf fit un pas en avant et brandit son bâton.
« Ecoute-moi, chien de Sauron ! Gandalf est ici ! Fuis, si tu tiens à ta puante peau ! Si tu pénètres dans ce cercle, je te dessèche de la queue au museau ! »
Le loup répondit par un grognement, puis fonça vers lui. Une flèche de Legolas fendit l'air et vint se planter dans sa gorge, l'interrompant net dans sa course. La bête tomba raide morte aux pieds du magicien.
Le bruit fit se réveiller le reste de la Communauté.
« Que se passe-t-il ? » demanda Merry.
« On est attaqués ! » dit Lowen.
« Debout ! » renchérit Legolas en donnant un coup de pied au Nain, qui s'éveilla en grommelant.
Tout le monde s'empressa de prendre ses armes et se mit autour du feu. Les Hobbits reculèrent derrière le mur formé par leurs amis, Frodon devant être protégé en priorité.
Bientôt, d'autres loups jaillirent des ténèbres et fondirent sur eux. Legolas tua tous ceux qui approchaient d'une flèche dans l'œil, la gorge ou le cœur.
Aragorn et Boromir les repoussaient à grands coups d'épée, Gimli achevait ceux qu'ils n'avaient que blessés. Lowen et Gandalf utilisaient leurs propres épées, mais les ténèbres semblaient inlassablement cracher ces créatures.
Soudain, Lowen s'aperçut que le feu derrière eux perdait de son intensité. S'ils se retrouvaient dans le noir total, ils seraient affaiblis face aux loups !
Gandalf s'en aperçut et ordonna qu'on jette du bois dedans, quand Lowen en eut assez.
Serrant fort un de ses bracelets entre ses doigts, elle ferma les yeux. Se rappelant les leçons de Sephiroth sur la magie, elle invoqua sa matéria Foudre.
Legolas, qui se tenait à côté d'elle, se demanda pourquoi elle avait arrêté de bouger, quand il vit ses mains s'illuminer d'un bleu électrique.
Rouvrant les yeux, Lowen tendit ses mains en avant et projeta toute son énergie sur les loups. Des éclairs jaillirent de ses doigts et frappèrent cinq Ouargues. Ils se figèrent en pleine course, puis leur corps tomba en un tas de cendres.
Gandalf, qui s'apprêtait à réciter une formule pour déchaîner son propre feu magique, regarda la jeune fille avec surprise.
Cette dernière fit brusquement demi-tour et cria : « Attention ! »
Aragorn et Boromir se retournèrent et virent des loups leur sauter dessus ! Tous deux se retrouvèrent plaqués au sol, leurs lames bloquant les dents des monstres qui essayaient à tout prix de les tuer.
Legolas tira une flèche sur le proche, Gimli planta sa hache dans le dos de l'autre. Mais ils n'avaient pas accès aux parties vulnérables et la panique les faisait moins bien se battre.
Avec un hurlement de rage, Lowen tendit ses mains vers eux. Les éclairs firent mouche, détruisant les monstres en poussière.
Gagnée par une colère que Lowen ne pouvait expliquer, elle tendit les mains vers le ciel en criant.
Le ciel nocturne, qui était moucheté de rares nuages, parut se couvrir à une vitesse incroyable, puis le grondement du tonnerre retentit.
Conscients d'un changement, les Ouargues restants s'arrêtèrent net et levèrent la truffe vers le ciel.
Soudain, des éclairs jaillirent des nuages et frappèrent tous les monstres. Nul ne fut épargné, tout le reste de la meute fut réduit en cendres.
Vidée, Lowen tomba à genoux et respira bruyamment. Frodon sortit le premier de son hébétude et posa ses mains sur les épaules de la jeune fille.
« Demoiselle Lowen… »
« Ne… M'en veuillez pas, mais… je crois que je vais avoir de nouveau besoin qu'on me porte », dit-elle d'une voix tremblante.
Soudain, le bracelet qui contenait la matéria Foudre émit un chant. Un craquement résonna, puis le cristal se détacha du bracelet en mille morceaux.
« Oh non ! Votre matéria… ? » dit Pippin.
Interdite, Lowen tendit les mains vers les fragments. Une lumière verte parut en sortir. Elle flotta un bref instant dans le vide, avant de toucher les mains de la jeune fille et se fondre avec sa peau.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Merry.
Gandalf s'approcha et toucha la main tremblante de la jeune fille. Les yeux fermés, il parut un instant concentré, puis regarda son amie.
« Lowen, avez-vous déjà utilisé la magie de la foudre ? Sans matéria, je précise. »
« Euh, non ! Je n'ai jamais même songé à avoir un tel pouvoir. Je suis une plante, non ? Je pensais que mes pouvoirs étaient donc naturellement liés à la terre, pas au feu du ciel. »
« Et cette matéria peut-elle commander à l'orage ? »
« Non ! Elle… Elle me permet juste de créer quelques éclairs, je… »
Elle crut comprendre où Gandalf voulait en venir.
« Vous pensez que j'ai toujours eu ce pouvoir ? Que la matéria l'a juste amplifié ? »
« Je le pense, oui. J'ai bien senti qu'une partie de cette magie venait de vous, pas de votre cristal. »
Lowen écarquilla les yeux de surprise. Seul Manwë pouvait accomplir un prodige de ce genre. Jamais la jeune fille n'aurait cru qu'elle avait un pouvoir s'apparentant à celui du chef des Valars.
Pas étonnant que Sauron veuille mon corps ! Il l'a créé avec de nombreux pouvoirs en plus.
Elle regarda ses amis. Tous semblaient emplis d'une grande surprise mêlée d'admiration. Cela lui fit se sentir mal. Elle avait juste voulu aider, pas attirer l'attention !
Soudain, le vent leur rapporta d'autres hurlements de loup, dans le lointain.
Jurant dans sa barbe, Gandalf ordonna au groupe de se remettre en route.
Legolas s'approcha pour proposer à Lowen de la porter, mais Boromir fut plus rapide.
La jeune fille dans les bras, il se remit en route avec les autres.
Fatiguée, Lowen se laissa transporter en essayant de dormir. Les secousses n'aidaient pas trop, mais au bout d'une heure, elle se sentit mieux.
Le Gondorien la déposa et tout le monde se remit en marche.
Bientôt, le chemin sur se fit rocailleux et plus escarpé. Un brouillard se leva, éclipsant sa lumière du soleil.
« Vous allez bien, Lowen ? » demanda Sam, juste derrière la jeune fille.
Cette dernière ralentit pour se mettre à côté du Hobbit et de son poney.
« Je vais mieux, Sam, merci. »
« Tant mieux. C'était incroyable, ce que vous avez fait ! »
Lowen lui offrit un léger sourire, puis ils reprirent la marche en silence. Les trois autres Hobbits vinrent se joindre à eux.
« Dommage pour votre matéria, par contre », dit Pippin.
Lowen regarda le creux dans son bracelet avec une grimace. En effet, elle pouvait faire une croix sur ce cristal.
« Je ne pensais pas que les matérias pouvaient se briser », avoua-t-elle.
« Vous croyez que ça risque de se reproduire avec celles qu'il vous reste ? » demanda Merry.
« Je ne suis pas sûre… Mais dans le doute, je vais tâcher d'être économe. Sauf si c'est urgent. Et tout à l'heure, ça l'était. »
Quelques minutes plus tard, Gandalf prit la parole.
« Frodon ! Veuillez soutenir un vieil homme. »
Frodon se détacha du groupe de Semi-Hommes pour rejoindre le magicien.
« Comment va votre épaule ? »
« Bien mieux qu'avant. »
« Et l'Anneau ? »
Tous les deux s'arrêtèrent de marcher. Sam, Merry et Pippin continuèrent, mais Lowen s'arrêta sur le côté, désireuse d'entendre la suite.
« Vous sentez son pouvoir grandir, n'est-ce pas ? Je l'ai senti aussi. Vous devez être prudent, le mal viendra à vous de l'extérieur de la Communauté, mais aussi de l'intérieur.
Boromir les dépassa, inconscient des regards méfiants du magicien et de Frodon.
« En qui dois-je avoir confiance ? » demanda Frodon.
Lowen n'écouta pas la suite, elle suivit Boromir, d'une part pour le surveiller, mais aussi parce qu'elle avait conscience qu'épier les conversations des autres n'était guère poli.
Lorsqu'ils atteignirent un plateau, ils s'arrêtèrent. Devant eux se dressait un lac, et de l'autre côté, se dressait un immense mur rocheux.
« Les murs de la Moria ! » dit Gimli.
Lowen devait reconnaître qu'elle s'était attendue à quelque chose de plus spectaculaire. Peut-être une façade de palais taillée dans la roche ? Ou alors au moins des statues de Nains encadrant une porte ?
La nuit tombait lorsqu'ils eurent fini de contourner le lac pour atteindre le mur. Le ciel n'était pratiquement pas couvert, laissant apparaître les étoiles. Cela fit du bien à Lowen.
Tandis qu'ils marchaient le long du rempart de roche, tous se mirent en quête d'une quelconque entrée.
« Les portes des Nains sont invisibles lorsqu'elles sont closes », dit Gimli en tapotant la roche avec sa hache.
« Oui, Gimli, dit Gandalf. Et leur propre maître ne peut les trouver ni les ouvrir quand le secret en est oublié. »
« Pourquoi cela ne me surprend-il pas », dit Legolas avec ironie.
Insulté, Gimli répondit par un grognement. Lowen ne put réprimer un soupir agacé.
Ça y est, ils recommencent, tous les deux ! songea la jeune fille.
Tandis qu'ils avançaient, le sol se fit humide sous leurs pieds. Les Hobbits trébuchèrent plusieurs fois sur les galets trempés.
Enfin, Gandalf s'arrêta devant la paroi et passa la main dessus. De fines arrêtes d'un minerai différent se dessinèrent sous ses doigts.
« De l'ithildïn… Cela ne reflète que la lumière des étoiles et la lumière de la lune. »
Comme si le ciel l'avait entendu, les nuages s'écartèrent, révélant l'astre nocturne.
Aussitôt, un motif s'illumina sur le mur, représentant une arche soutenue par deux colonnes. Deux arbres étaient visibles dedans, chacun portant un croissant de lune, et au milieu, une étoile. Plus haut, on pouvait voir une enclume et un marteau, surmontés d'une couronne avec sept étoiles. Des inscriptions dans un langage ancien étaient gravées dans l'arche.
« C'est quoi, ce chef-d'œuvre ? » souffla Lowen, admirative.
« Ce sont les emblèmes de Durin ! » s'écria Gimli.
« Et l'Arbre des Hauts Elfes », ajouta Legolas.
« Et l'Étoile de la maison de Fëanor, l'un des Elfes premiers-nés », dit Gandalf. « Ce sont les Elfes qui ont forgé cette porte. Il fut un temps où l'amitié entre les Elfes et les Nains existait encore. »
« Cette amitié ne s'est pas éteinte par la faute des Nains, c'est sûr », déclara Gimli.
« Je ne me rappelle pas avoir entendu dire que c'était la faute des Elfes », riposta Legolas.
« Peuh, comme toujours, les Elfes sont de mauvaise foi. Au moins, cela vous fait un défaut ! » dit Gimli.
« Malheureusement pour eux, les Nains en ont bien plus », siffla Legolas avec l'air hautain. « Après tout, votre peuple est connu pour son avarice et sa grossièreté. »
Lowen serra les poings.
« Ok, cette fois, j'ai ma dose ! Vous avez fini de vous comporter comme des enfants, tous les deux ? »
Stupéfaits, Legolas et Gimli se tournèrent vers la jeune fille.
« Ces querelles datent de quand ? Cinq millénaires ? Plus ? Quelle importance ?! Vous ne vous rappelez même pas qui a commencé. Aujourd'hui, nous avons un ennemi en commun, alors vous pourriez faire un effort et vous concentrer là-dessus, plutôt que sur de vieilles embrouilles qui datent d'avant votre naissance ! »
Le Nain baissa les yeux et marmonna des excuses, tandis que Legolas baissa la tête, l'air contrit.
Gandalf sourit à la jeune fille, l'air fier de son élève. Pour rompre le silence gênant qui s'était formé suite à cet échange, il tendit son bâton vers les inscriptions au mur.
« Il est écrit : Les portes de Durïn, seigneur de la Moria. Parlez ami et entrez. »
« Et vous comprenez ce que cela veut dire ? » demanda Merry.
« C'est très simple ! Si vous êtes un ami, vous donnez le mot de passe et les portes s'ouvriront. »
Pointant son bâton vers la porte, Gandalf dit : « Annon edhellen edro hi commen ! »
Mais rien ne se produisit. Gimli émit un raclement de gorge gêné.
Gandalf tenta alors une autre phrase : « Fennas nogothrim, lasto beth lammen ! »
Il n'y eut aucun changement. Gandalf essaya alors de pousser avec ses mains puis son flanc, mais en vain.
« Rien ne se passe », dit Pippin.
« Je connaissais jadis toutes les incantations usitées dans toutes les langues des Elfes, des Hommes ou des Orques », dit Gandalf.
« Qu'allez-vous faire, alors ? » demanda Pippin.
« Cogner sur la porte avec votre tête, Pérégrïn Touque ! Mais si cela ne les fracasse pas, et qu'on me libère un peu des questions stupides, je chercherai à trouver la formule d'ouverture. »
Comprenant que cela risquait d'être long, tout le monde s'assit sur un rocher au bord de l'eau.
« Lowen, vous n'auriez pas une matéria qui permette de traverser les murs ? » demanda Merry, sans trop y croire.
« Hélas non, sinon je m'en serais déjà servie. »
Comme les autres, elle écouta distraitement les formules de Gandalf en admirant le reflet de la lune sur l'eau, quand elle vit Legolas s'approcher.
« Puis-je ? » demanda-t-il en regardant l'espace libre près d'elle.
La jeune fille haussa un sourcil. L'Elfe semblait gêné, une chose qu'elle n'avait jamais vue chez lui auparavant.
« Ce n'est pas un territoire annexé par l'ennemi », dit-elle sur le ton de la plaisanterie.
Legolas s'assit près d'elle et parut un instant songeur, avant de parler.
« Tu avais raison, mon attitude était puérile. Je suis désolé. »
Lowen le regarda avec surprise et fut touchée par ses paroles.
« Ce n'est pas à moi que tu dois présenter des excuses », dit-elle d'une voix douce.
Legolas se tourna vers Gimli. Il fumait la pipe en regardant au loin, l'air songeur.
« C'est vrai… mais je tenais à t'en faire aussi. Je constate que Gandalf avait dit vrai sur un autre sujet te concernant. »
« Quoi donc ? »
« Que ton âme est plus vieille que ton corps. »
Lowen comprit qu'il faisait allusion aux années qu'elle avait vécues sur Terre, quand elle s'appelait Jodie. Cela lui arracha une légère grimace, mais elle fut très brève.
Avec un sourire, elle se pencha pour poser la tête sur l'épaule du prince.
« Toujours amis ? » dit-elle en guise d'invitation.
Touché par son geste autant que son sourire, l'Elfe lui répondit : « Toujours amis. »
Assis sur un rocher à proximité, Boromir fit la grimace. Voir Lowen ainsi blottie contre l'Elfe lui fit étrangement mal.
Il regarda du côté de Gandalf, mais le magicien n'avait toujours pas trouvé le mot de passe. Frodon se tenait assis près de lui, attendant patiemment comme tout le monde.
La vision du Semi-Homme lui fit aussitôt penser à l'Anneau. Pourquoi s'embêter à passer par ces mines, alors que la Trouée du Rohan serait plus rapide ?
Il s'imagina déjà rentré au Gondor, Lowen à son bras. Il serait acclamé en héros pour avoir ramené une puissante magicienne qui défendrait son peuple contre le Mordor, sans parler de l'Anneau…
Boromir secoua la tête, essayant de chasser cette idée. Non, il avait promis de protéger Frodon ! Il avait donné sa parole, l'honneur comptait plus que tout. Mais le Gondor aussi, il avait juré avant tout de défendre les siens…
Il essaya de focaliser son attention sur autre chose et vit Aragorn, qui aidait Sam à enlever les sacs du dos de Bill.
« Les mines ne sont pas un endroit pour les poneys, même s'ils sont aussi courageux que Bill », dit le rôdeur.
Sam caressa la tête de son ami avec tristesse. Il s'était tant attaché à lui !
« Au revoir, Bill. »
Il regarda tristement son poney s'éloigner.
« Ne vous inquiétez pas, Sam. Il saura retrouver son chemin. »
De leur côté, Pippin et Merry se lancèrent dans un concours de lancer de cailloux. Les pierres fendirent la surface de l'eau, produisant un bruit qui résonna fort dans le silence nocturne.
Aragorn arrêta Merry avant qu'il n'en lance une de plus et l'avertit que ce n'était guère prudent.
Lowen se demanda pourquoi, quand il lui sembla voir la surface de l'eau onduler, comme si quelque chose avançait rapidement en dessous.
« C'est une énigme », dit Frodon.
Lowen se tourna vers lui. Il s'était levé et regardait le mur, tandis que Gandalf s'était assis, avec l'air défait.
« Parlez ami… et entrez. Quel est le mot elfique pour ami ? »
« … Mellon », dit Gandalf.
Le motif se fendit en deux, révélant deux battants de porte en pierre.
Lowen sourit. Enfin, ils allaient entrer et se reposer ! Tandis qu'ils franchissaient la porte, elle s'aperçut qu'il faisait incroyablement noir là-dedans. D'accord, elle se doutait que les Nains étaient habitués à l'obscurité, mais là, il faisait aussi noir que si on avait éteint toutes les lumières. Les Nains ne gardaient-ils pas des torches allumées aux murs, même la nuit, pour les gardes faisant des rondes dans les couloirs ?
« Bientôt, maître Elfe, vous allez pouvoir apprécier la légendaire hospitalité des Nains. Un bon feu, une bière brassée, une belle pièce de viande… » dit Gimli.
Tandis qu'il parlait, Gandalf souffla sur le cristal au sommet de son bâton, créant un peu de lumière. Son éclat révéla des petits corps en armure jonchant le sol.
« Car ceci, mon ami, est la demeure de mon cousin Balïn. Et ils appellent ça une mine ! Une mine ! » claironna Gimli.
Boromir regarda autour de lui et secoua la tête.
« Ce n'est pas une mine… C'est un tombeau. »
Il avait raison. Les corps jonchant le sol n'avaient plus de peau, révélant des crânes. Certains avaient des flèches plantées dans leur corps, les autres une épée plantée dans le ventre ou le cœur.
« Non… Non ! NOOOOOOOOOON ! » s'écria Gimli en regardant autour de lui.
Legolas se pencha pour enlever une flèche d'un cadavre et fit la grimace.
« Des Gobelins ! »
Il rejeta la flèche et se dépêcha d'encocher l'une des siennes à la corde de son arc. Aragorn l'imita, tandis que Boromir dégaina son épée.
« Allons vers la Trouée du Rohan. Nous n'aurions pas dû venir ici. Allez, sortons ! »
Les Hobbits furent les premiers à obéir. Ils reculèrent tout doucement vers la porte, quand Frodon parut glisser en arrière.
Ses amis se retournèrent et virent qu'il était suspendu à un tentacule, ledit tentacule s'allongeant jusqu'à disparaître dans l'eau du lac.
« LOWEN ! GRAND-PAS ! VENEZ ! » cria Sam.
La jeune fille et le rôdeur se retournèrent et virent qu'un monstre aquatique était sorti de l'eau. Il traînait Frodon au sol, l'entraînant vers le lac.
Pippin et Merry se précipitèrent pour le retenir, tandis que Sam frappa le tentacule de son épée.
Ce dernier, à moitié coupé, lâcha le Hobbit et disparut sous l'eau. Mais six autres en ressortirent et frappèrent les trois Semi-Hommes, avant de rattraper Frodon et l'emporter dans les airs, au-dessus du lac.
Legolas se précipita à la porte et tira des flèches vers le tentacule retenant Frodon. Lowen, Aragorn et Boromir se précipitèrent dans l'eau et se mirent à trancher les appendices visqueux du monstre.
Suspendu dans les airs, Frodon vit le monstre émerger davantage de l'eau, révélant une peau grise et visqueuse. Une bouche s'ouvrit, remplie de dents et poussant un cri bestial.
Tout en tranchant des tentacules, Lowen réfléchit rapidement. Devait-elle encore utiliser la magie ? Cela lui semblait risqué.
Et zut ! Pas le temps de réfléchir !
Elle se concentra et invoqua la matéria Glace.
« Attention les jambes ! » cria la jeune fille.
Les deux Hommes la virent brandir une boule de lumière bleu sombre au-dessus de sa tête, puis la jeter droit sur la tête du monstre.
Sitôt en contact avec le globe, ce dernier se transforma en une épaisse couche de glace qui recouvrit la créature. L'eau autour de lui se gela, mais le phénomène s'arrêta avant de toucher les deux Hommes et la jeune fille.
Lowen se précipita pour fendre les tentacules tenant Frodon. Boromir tendit les bras et le réceptionna.
Soudain, un craquement retentit. Les quatre amis virent que la glace était en train de se fendre. Le monstre gigotait à l'intérieur !
« DANS LES MINES ! » cria Gandalf.
« LEGOLAS ! » cria Boromir.
L'Elfe vit une fissure se former dans la prison de glace et se dépêcha de tirer une flèche. Le monstre à l'intérieur rugit de colère.
Il se débattit furieusement, brisant en morceaux l'étau de glace.
Heureusement, la magie de Lowen avait accordé un répit suffisant aux quatre amis. Ils rejoignirent rapidement Legolas et se précipitèrent à l'intérieur des mines.
Les tentacules du monstre se tendirent désespérément vers eux, mais sitôt contre les murs de la Moria, leur pression fit s'effondrer l'entrée.
Le magnifique ouvrage en ithildïn se brisa, réduisant leur unique sortie à un tas de gravats.
L'obscurité revint. Lowen perçut le souffle rapide de ses amis, puis Gandalf donna un coup de son bâton au sol. Son cristal se ralluma, éclairant la salle autour de lui.
« Nous n'avons plus le choix, désormais. Il nous faut affronter les ténèbres de la Moria. Soyez sur vos gardes. Il y a des êtres plus anciens et plus répugnants que les Orques dans les profondeurs du monde. »
Le magicien prit la tête du groupe. Tous en file indienne, ils gravirent un escalier.
« Ne faites pas de bruit. Il nous faudra quatre jours de marche pour atteindre l'autre côté. Espérons que notre présence passera inaperçue. »
