Bonjour !

Merci pour les nombreux passages !

Comme je n'ai encore aucun retour, je pense à arrêter de publier. J'écrirai la suite pour moi et tant pis... Un simple avis, même négatif ne serait pas dérangeant, ce serait une occasion de voir ce que je peux améliorer !

Bonne lecture ! Et à bientôt ...

PaddyLondubat


Disclaimer :

L'univers et les personnages appartiennent à J.K. Rowling.


Chapitre 8

L'ombre au bout des doigts

Harry

Je restais en retrait, appuyé contre un mur, les bras croisés sur ma poitrine. J'observai mes amis s'entraîner avec l'aide de Sirius et de Remus. C'était fascinant de voir à quel point ils avaient évolué. Chacun d'eux maîtrisait désormais son propre style.

Ron était une véritable machine. Il alliait parfaitement la magie blanche et la magie grise, et sa force physique lui donnait un net avantage en duel rapproché. Il frappait avec précision, enchaînait avec une efficacité redoutable. À le voir ainsi, je savais qu'il n'aurait aucun mal à tenir tête à un Mangemort dans un vrai combat.

Ginny était rusée, imprévisible. Ses maléfices de Chauve-Furie étaient d'une puissance phénoménale, et Sirius commençait sérieusement à se poser des questions sur sa capacité à manier, elle aussi, la magie grise. Elle esquivait avec agilité, attaquait avec férocité. Elle avait toujours eu du répondant, mais là, c'était autre chose : elle se battait comme si elle y mettait toute sa rage, et je savais, je le voyais dans ses yeux qu'elle ne craignait pas de blesser si nécessaire.

Hermione, elle, était l'incarnation même de la logique et du savoir. Ses sorts étaient précis, réfléchis. Elle ne lançait jamais un sortilège au hasard, chaque mouvement était calculé, anticipé. Sa connaissance des enchantements lui permettait de s'adapter en fonction de son adversaire. Elle était redoutable d'intelligence, et cela la rendait aussi dangereuse qu'efficace.

Neville, lui, combattait avec une force tranquille. Il n'avait pas l'agilité de Ron ou la rapidité de Ginny, mais il était un roc. Il encaissait, ripostait avec puissance, sans jamais perdre son calme. Il avait changé, il avait grandi. Ce n'était plus le garçon maladroit de première année. Il était déterminé, solide. Un pilier sur lequel on pouvait s'appuyer.

Et puis il y avait Luna. Luna, insaisissable, fluide, toujours en mouvement. Elle se battait comme si elle dansait, ses gestes étaient gracieux, presque aériens. Elle semblait ailleurs, détachée, et pourtant chaque attaque était précise. C'était son imprévisibilité qui la rendait dangereuse, personne ne savait jamais quel sort elle allait lancer, ni comment elle allait réagir.

Je les regardai, et une évidence s'imposa à moi. Ils se complétaient parfaitement. Et, quelque part, ils me complétaient aussi. J'étais puissant, je le savais, mais je n'avais pas leur maîtrise, ni leur logique du combat. Je n'avais plus voulu participer une seule fois depuis le premier entraînement où je m'étais laissé emporter dans mes souvenirs. Me retrouver face à quelqu'un, échanger des sorts dans le but de m'entraîner ne m'inspirait plus la même confiance qu'auparavant. J'avais peur de retomber dans ce tourbillon d'émotions qui avait failli blesser mes amis... Alors je pouvais peut-être frapper fort, mais eux savaient comment frapper juste.

Et puis, je savais que je pouvais compter sur eux, si un jour je perdais le contrôle, si la magie en moi devenait trop instable, ils seraient là pour me protéger. Pour me retenir. Pour me ramener.

Un bruit de chute me ramena à l'instant présent, Ron venait d'envoyer Neville au tapis, après y avoir mis tour à tour Hermione et Ginny, puis Luna qui, avec Neville, l'avaient attaqué par surprise sur la consigne silencieuse de Remus.

Lorsque je le vis lever les yeux vers moi, un sourire en coin, je sus qu'il allait me mettre au défi de sortir de ma zone de confort.

— Alors, tu viens ou tu restes là à regarder ?

Pris d'un doute, je ne répondis pas immédiatement, préférant jeter un coup d'œil à Sirius, espérant qu'il me donne son avis. Je savais que j'avais retrouvé un certain contrôle de mes émotions, mais j'avais toujours cette peur qui me nouait la gorge à l'idée de m'emporter dans une nouvelle folie furieuse. Sirius et Hermione avaient eu raison : l'Occlumencie m'avait bien aidé, la discipline sportive que je m'étais imposée chaque matin et mon carnet aussi.

Sirius hocha la tête comme pour me dire que je pouvais le faire mais que ça restait à moi de décider. Alors je fermai les yeux et pris une profonde inspiration pour faire le vide dans mon esprit. Il n'était pas question que j'affronte qui que ce soit sans être prêt mentalement.

Quand je rouvris les yeux, je laissai un petit sourire agrandir mes lèvres. Et malgré l'hésitation qui me serrait encore la poitrine, je déclarai d'une voix que je voulais assurée :

— D'accord, on verra si je peux te donner du fil à retordre.

Je fis face à Ron avec une certaine excitation qui faisait battre un peu plus vite mon cœur. Son regard changea immédiatement quand il comprit que j'étais prêt à donner tout mon possible pour l'empêcher de gagner facilement. Il se fit plus sérieux, mais un léger sourire resta sur son visage. Il était confiant, je le savais et il avait raison. Il avait une maîtrise du combat que je n'avais pas, mais ma puissance pouvait tout faire basculer de mon côté.

Le combat commença. Les sorts fusèrent, rapides et précis. Je me sentais bien. J'avais le contrôle de moi-même. Ron attaqua le premier, son Expelliarmus filant droit vers moi. Je le bloquai d'un simple Protego sans effort et répliquai immédiatement avec un Stupefix. Ron esquiva avec un sourire, avant de contre-attaquer avec une série de maléfices cuisant. J'évitais avec fluidité, appréciant la sensation que l'endurance gagnée lors de mes courses matinales me servait enfin.

Il termina sa série avec un sortilège que je ne connaissais pas. Mais je vis du coin de l'œil, mon parrain, sourire fièrement. Et je compris qu'il s'agissait d'un maléfice de magie grise. Je me décalai à temps, perdant malgré tout l'équilibre, mais je n'avais pas l'intention de lui laisser l'avantage. Sans hésiter, je lançai à mon tour un Expelliarmus. Ron para, puis contre-attaqua avec un Petrificus Totalus, mais je l'esquivai en me déplaçant à la dernière minute.

Il attaqua encore, son sourire plus large que jamais, cette fois avec un Rictusempra pour me déstabiliser. Je bloquai avec un nouveau Protego, et, au lieu de me laisser perturber, je répliquai par une série de maléfices cuisant. La sensation de ces sorts me rappela la puissance que j'avais ressentie lors de mon affrontement avec Bellatrix.

C'était un frisson, une étincelle.

Mais je la réprimai aussitôt, concentré. Je devais garder mon calme. Je ne devais pas céder. Je sentis alors qu'il fallait en finir. Ron bloquait chacun de mes maléfices avec une facilité désarmante, et je savais que je devais conclure rapidement. Je concentrai ma magie, envoyant un Expelliarmus plus puissant que je ne le voulais. Cette fois, il ne put l'éviter. Sa baguette s'envola et il fut projeté en arrière sous la force du sort.

Un silence pesant s'abattit dans la pièce. Mes muscles étaient tendus, ma respiration haletante. Mon cœur battait la chamade, mais j'avais réussi. Je l'avais fait.

J'avais gardé le contrôle.

Je m'approchai de Ron en souriant, lui tendant la main pour l'aider à se relever.

— Bien joué, Ron. Le félicitai-je, en lui donnant une accolade.

Mais, alors que je me détendais, un frisson glacé, subtil mais inoubliable, parcourut ma colonne vertébrale. L'ombre, ce murmure intérieur, m'avait frôlé. Et je savais qu'elle attendait toujours, tapie dans l'ombre, prête à surgir à la moindre faiblesse.

Sirius nous observa un instant, un sourire fier étirant ses lèvres, avant de secouer la tête en riant.

— Vous avez tous été excellents, vraiment. Allez profiter, je vous offre le reste de la journée ! Après tout, il ne vous reste qu'une semaine avant la rentrée. Allez-vous amuser dehors !

Ron s'étira en grimaçant avant de lancer d'un ton enjoué :

— Quidditch dans le jardin, ça intéresse qui ?

Ginny accepta aussitôt, visiblement ravie de l'idée. Je restai silencieux un instant, partagé entre l'envie de voler et cette habitude récente de rester en retrait. Mais l'idée d'être dans les airs, de ressentir le vent siffler à mes oreilles, finit par l'emporter.

— Allez ! Cédai-je avec un léger sourire.

Hermione, Luna et Neville refusèrent immédiatement, arguant qu'ils préféraient nous observer du sol. Alors que je m'apprêtais à suivre Ron et Ginny, qui tentaient encore avec détermination de convaincre nos trois amis de se joindre à nous, Sirius m'interpella :

— Harry, attends une seconde.

Je me retournai vers lui. Il posa une main sur mon épaule et plongea son regard dans le mien, un sourire étirant ses lèvres.

— Tu t'es très bien débrouillé. Dit-il simplement. Tu as fait de réels progrès. Vraiment. Je voulais que tu le saches.

Son ton était sincère et chaleureux. J'encaissai le compliment avec une légère gêne, me contentant d'hocher la tête, mais Sirius ne lâcha pas mon épaule.

— Tu as très bien combattu. Reprit-il après un instant de silence. Tu es rapide, précis, et tu réfléchis avant d'agir. Mais je vois bien que tu n'es pas satisfait de toi.

Je baissai les yeux.

— Je n'ai pas totalement gardé le contrôle. Admis-je finalement à voix basse. Quand j'ai utilisé le maléfice cuisant… Il y a eu un instant où j'ai failli…

Je déglutis.

— C'était tentant. Soufflai-je. L'ombre était là. Pas forte, mais présente.

Sirius ne répondit pas immédiatement. Il croisa les bras, réfléchissant, puis il me fixa avec une intensité qui me fit presque détourner le regard.

— Mais tu ne l'as pas laissée gagner. Dit-il simplement.

Je relevai la tête, surpris.

— Ce que tu ressens… Cette noirceur pour laquelle tu es attiré, elle ne va pas disparaître du jour au lendemain. Elle est là, tapie dans un coin, et elle essaiera toujours de te séduire. Mais tant que tu la combats, tant que tu refuses de céder… Alors tu as le contrôle.

Je voulus protester, dire que ce n'était pas aussi simple, mais il posa une main sur mon épaule.

— Regarde-moi. Insista-t-il. Tu n'es pas ton père. Tu n'es pas moi non plus, ni même Remus. Tu es toi. Et ce que je vois, c'est un sorcier qui s'est battu aujourd'hui sans dépasser la ligne.

Je soufflai, les bras croisés contre ma poitrine.

— Et si, un jour, je n'y arrive pas ?

Sirius eut un petit sourire triste.

— Alors tu ne seras pas seul. On sera là. On t'aidera à reprendre le contrôle.

Je hochai lentement la tête, sans être totalement convaincu, mais l'étau sur ma poitrine se desserra un peu.

— Maintenant. Ajouta Sirius avec un sourire plus léger, je crois que quelqu'un a promis d'aller jouer au Quidditch.

Je levai les yeux au ciel, mais mon cœur s'allégea légèrement.

— Allez, file avant que les autres ne viennent te chercher eux-mêmes. Lança-t-il en me donnant une tape dans le dos.

Je pris une grande inspiration et quittai la pièce, sentant encore son regard sur moi. Ses mots résonnèrent dans ma tête, tentant de dissiper ce qui s'accrochait encore à mon esprit. J'avais réussi à me maîtriser, c'est ce qu'il avait dit. Mais alors pourquoi cette ombre persistait-elle en moi, tapie dans un coin de mon esprit, prête à ressurgir au moindre faux pas ? Je secouai la tête, comme pour chasser ces pensées, et accélérai le pas jusqu'au jardin.

L'air extérieur était chargé d'une douce chaleur estivale, contrastant avec la tension que je sentais encore dans mes épaules. Sans hésiter, je saisis mon balai et, d'un geste fluide, m'élançai dans les airs. L'adrénaline monta aussitôt, chassant le poids qui pesait sur ma poitrine. Le vent s'engouffra dans mes cheveux, fouettant mon visage avec une brutalité rafraîchissante, et l'espace d'un instant, je me sentis complètement libre.

Là-haut, il n'y avait plus de doutes, plus de culpabilité, plus de craintes.

Juste moi, la vitesse, l'altitude.

Je poussai mon balai à pleine vitesse, savourant cette sensation grisante qui me rappelait pourquoi j'avais toujours aimé voler. C'était instinctif, naturel. Mon corps savait quoi faire avant même que mon esprit ne formule une intention. Je laissai échapper un rire en piquant brusquement vers le sol avant de remonter dans une arabesque souple, savourant cette montée d'excitation pure, ce frisson de contrôle absolu mêlé au danger subtil de la chute.

Je continuai à enchaîner les tours, me concentrant uniquement sur l'air qui me portait, sur la manière dont mon balai répondait au moindre de mes mouvements. Peu à peu, la tension de l'entraînement et de la discussion s'effaça, remplacée par une clarté nouvelle.

En contrebas, Ron défendait le but qu'il avait imaginé entre deux arbres, le regard plissé par la concentration, tandis que Ginny lui lançait le Souaffle avec toute la force dont elle était capable. Je ralentis, observant leurs échanges. Je savais qu'ils voulaient tous les deux s'entraîner pour garder leur poste dans l'équipe.

Instinctivement, je me laissai glisser vers eux, lançant des passes précises à Ginny, corrigeant ses trajectoires, ou feintant avant de projeter la balle dans une direction inattendue pour tester les réflexes de Ron. Petit à petit, je me laissai happer par le jeu, oubliant tout le reste. Chaque passe, chaque interception, chaque éclat de rire me ramenait à une légèreté que je croyais perdue.

Lorsque l'on redescendit peu avant l'heure du repas pour prendre une douche, j'affichais un grand sourire et étais parfaitement détendu. Mon corps était fatigué, mais mon esprit, lui, semblait enfin respirer.

Mais alors que l'eau chaude glissait sur ma peau, une ombre familière vint troubler cette quiétude. Les images de l'entraînement refirent surface. Ce moment où j'avais lancé le maléfice. Cette seconde où j'avais frôlé la perte de contrôle. Ce frisson étrange, entremêlé d'adrénaline et d'une puissance grisante.

J'avais aimé cette sensation. Un peu trop.

Mon cœur se serra alors que je posai une main sur le carrelage froid, cherchant à me raccrocher à quelque chose de tangible, de réel. Ce n'était pas moi. Ça ne pouvait pas être moi. Pas maintenant. Pas après tout ce que j'avais traversé.

Je fermai les yeux, inspirant profondément, m'obligeant à repousser ces pensées au plus profond de mon esprit. J'étais encore maître de moi-même. Je devais l'être.

Lentement, je laissai l'eau chaude délasser mes muscles, luttant pour me concentrer sur autre chose. Sur le vent dans mes cheveux, sur la liberté du vol, sur les éclats de rire de mes amis.

C'était ça qui comptait. C'était ça qui était vrai.

Pas le reste.