Bonjour à tous,
Un début de changement pour Astrid.


Chapitre 102: Des nouvelles heureuses

- Tu es sûre?

- Absolument certaine, je voudrais les lui donner.

- Attention, on parle d'un dragon sauvage blessé. Ce n'est pas Krokmou, et encore moins Fjord.

- Je sais, mais j'ai pris conscience de plusieurs choses pendant que tu étais cloué au lit.

- Comme quoi?

- Du genre qui ne te regarde pas.

- Très bien, je n'insiste pas. Dans ce cas, attrape.

Sans crier gare, Harold balance les poissons pour Astrid qui peine à les attraper. Non sans donner un regard noir à Harold.

- Me regarde pas comme ça, je t'ai épargné la peine d'aller chercher ces victuailles. Retournons dans les bois.

- Et si on nous croise? Que doit-on dire?

- La vérité: que tu as pris deux poissons pour un dragon. Et comme c'est toi qui les tiendras, ça fera rapidement le tour de l'île.

- Espérons que l'on croisera personne alors.

Par chance pour Astrid, ils ne croisent personne et ils n'ont pas eu besoin de se justifier. Harold ouvre la marche et les jeunes adultes atteignent rapidement le lieu où ils avaient laissé le dragon.

- Bon, je fais quoi maintenant? demande Astrid.

- Vu que tu as déjà de l'expérience avec Krokmou et Fjord, je pense que tu n'as pas besoin de mon aide. Reste comme tu es: sûre de toi et sans crainte. Reste cependant dans son champ de vision, et pas de paroles blessantes ou comparatives.

Astrid écoute attentivement et sort des bois dès qu'elle se sent prête et se dirige vers le Dragon Vipère. Ce dernier tourne la tête et dresse ses épines sur sa queue en guise de défense.

- Tout doux le dragon. Je viens en amie, regarde ce que j'ai pour toi. déclare Astrid.

- Rappelle toi que c'est une femelle, intervient Harold. N'hésite pas à la complimenter.

Astrid écoute les conseils de son ami et continue d'avancer.

- Calme toi ma belle, je veux t'aider. Je ne suis pas ton ennemi.

Malgré ses bonnes paroles, la dragonne refuse de se calmer et ne baisse toujours pas sa garde. En ultime recours, Astrid jette un cabillaud en direction du reptile. Le poisson tombe près de la dragonne qui ne peut s'empêcher de le renifler. Quand elle estime qu'il est sain, elle le prend dans sa mâchoire, le mâche et l'avale.

- Tu vois, tu ne risques rien avec moi. Et regarde, j'en ai un autre pour toi.

La dragonne regarde Astrid et elle baisse lentement sa garde. Quand Astrid estime qu'il n'y a plus aucun danger, elle reprend son avancée jusqu'à être à un mètre du dragon. Elle s'arrête lorsqu'elle constate que la dragonne fait un mouvement de recul. Astrid décide de stopper sa marche et tend le deuxième poisson. Le Dragon Vipère sent le poisson et se rapproche d'Astrid, le reptile prend délicatement le poisson et l'avale aussi rapidement que le précédent. Une fois fini, elle renifle Astrid sous tous les angles avant de partir en boîtant.

- Pas mal pour un début.

- Je déteste toujours autant cette phase où elle m'inspecte, j'ai l'impression d'être vulnérable.

- Tu t'y feras à la longue, c'est une habitude à prendre.

- Rien ne te dérange, ce n'est pas pareil.

- Et pourtant, il y a deux choses que je ne supporte pas chez Krokmou. Sa façon de me réveiller et le partage de poisson.

- C'est quoi cette histoire?

- Quand Môssieur le Furie Nocturne veut faire son vol du matin et que je traîne au lit, il n'hésite pas à sauter sur le toit de la hutte et ça me réveille. J'ai surtout l'impression que le toit va s'écrouler à n'importe quel moment avec un Furie Nocturne en prime.

- Et il continue encore? Même ici? demande Astrid.

- Et oui, même ici. Malheureusement.

- Et ce partage de poisson?

- J'espère pour toi que tu n'auras pas à subir ce que j'ai eu. J'étais plus petit et plus mince qu'aujourd'hui, et Krokmou s'est mis en tête de me donner à manger. Du coup, quand il rentrait de chasse, il recrachait une moitié de poisson et il me la donnait. J'ai évitait de la manger et j'ai eu du mal à lui faire comprendre que ce n'était pas la peine de se donner tant de mal pour moi.

- Beurk, c'est écoeurant.

- Je n'ai jamais dit qu'elle était jolie à entendre. Mais pour en revenir à toi, tu as été parfaite. Tu ne pouvais rien faire de plus.

- J'ai surtout eu l'impression de n'avoir rien fait.

- C'était un premier contact, il ne faut pas brusquer les choses. Au moins, tu ne t'es pas fait courser.

- Comment ça?

- Tu demanderas à Angus, et s'il refuse, je te la raconterai.

- J'ai l'impression que tu as des dossiers sur lui.

- Comme il en a sur moi. En même temps, après toutes ces années en communauté, on se connaît par coeur.

Harold regarde la position du soleil et constate qu'il se fait tard.

- On va devoir rentrer, il se fait tard. Je vais être en retard pour le vol routinier.

- Tu ne te lasses jamais?

- Jamais, c'est une routine que l'on a depuis plusieurs années et même Krokmou s'impatiente quand je suis en retard. On se voit ce soir chez tes parents.

Astrid regarde donc Harold s'éloigner vers sa hutte et se décide à bouger quand il a disparu de son champ d'horizon. Arrivée chez elle, elle constate que sa mère est seule.

- Où sont les autres?

- Ta grand-mère est sortie pour jouer à l'orlog avec les anciens, Angus et ton père sont sortis dans l'après-midi pour aller je ne sais où.

- Oh.

- Alors, tu n'es pas trop sévère avec Harold? Il est encore en vie.

- Il est plus coriace qu'il en à l'air. Mais nous avons eu une drôle de discussion cet après-midi.

- De quel genre?

- Nous avons trouvé un dragon blessé sur l'île et Harold a voulu le soigner: jusque là, rien d'exceptionnel. Sauf qu'il affirmait que c'était une femelle et je l'ai demandé comment il savait ça, et il m'a répondu qu'il avait regardé au niveau de son entrejambe pour connaître le sexe du reptile. Et quand je lui avais demandé plus d'explications, il a esquivé la réponse sous prétexte que ce n'était pas à lui de répondre.

- Je vois, déclare Sigrid en s'asseyant. Ma fille, il y a des choses que je dois t'expliquer concernant ... certains ... domaines. Tout d'abord, il faut que tu saches ...

- Je maintiens que tu as mis trop de richesse dans le mundr (prix de la mariée), elle ne vaux pas tout ce prix. déclare Angus.

- Ne discute pas, c'est moi qui ait négocié. répond son père. De toute façon, dès le moment où tu es venu me voir, tu as perdu tout mot dire dans la négociation.

- Mais Père ...

- Le débat est clos. Oh, tu es rentrée Astrid. Je ne t'avais pas vu.

- Et c'est normal, répond Sigrid. Angus et toi étaient tellement absorbés dans votre discussion que rien ne pouvait vous déranger. Et on pourrait savoir quel était le sujet?

- Tout simplement ...

- Elle sera faite ce soir devant tout le monde, y compris Harold.

- C'est que ça doit être très important, intervient sa soeur. Tu as besoin de sa permission?

- Très drôle.

Jusqu'au repas du soir, frère et soeur se chamaillent comme à l'ancienne époque. Ce n'est qu'à l'arrivée d'Harold que les hostilités cessèrent enfin.

- Il y a de l'ambiance ici, déclare Harold. C'est parce qu'Astrid s'est approchée d'une dragonne qu'Angus la met dans tous ses états.

- Comment ça? demande Haaken.

- Ah, on dirait que j'ai fais une gaffe. Et à la vue de votre réaction, je dirais qu'elle n'a rien dit.

Harold entre dans la maison et vient s'installer dans la pièce centrale. Comme d'habitude, la doyenne Hofferson l'ignora royalement.

- Harold, tu es enfin là. Il était temps que tu viennes.

- Pourquoi? Le repas risquait de refroidir?

- Non, mais Astrid pourra enfin se tenir correctement. répond Angus. Elle ne tient pas en place.

- Même pas vrai, déclare sa soeur. Je sais ce que je fais.

- Je vois ça, intervient son père. Comme approcher des dragons sauvages sans que je ne sois au courant?

Astrid regarde son père avant de détourner le regard vers Harold qui murmure un désolé.

- En vérité, commence Astrid, il s'agit ...

- Je plaisante, répond son père. Si tu veux approcher des dragons, c'est ton droit. À condition que tu ne sois pas toute seule, je ne veux pas que tu sois blessée.

Harold poussa un soupir de soulagement avant de croiser le regard d'Astrid.

- Maintenant que nous sommes tous réunis, commence Haaken, j'ai une nouvelle importante à vous annoncer. Cet après-midi, le contrat de mariage a été accepté par le frère de Kaïra.

- Tu as en a mis du temps, déclare la grand-mère. De mon temps, j'avais déjà mis au monde ton père et ton oncle à ton âge.

- Il y a eu des circonstances exceptionnelles, déclare Haaken.

- Et il a accepté facilement? demande Sigrid.

- Père a su trouver les mots justes.

- Disons simplement qu'Angus était le meilleur parti et que Kaïra était entre de bonnes mains. Ainsi que certains avantages pour être la belle-famille du futur chef, ça aide aussi.

- Ça ressemble à du marchandage, intervient Astrid.

- Dans ce cas précis, non. Il a juste voulu s'assurer qu'Angus avait les moyens financiers pour assumer économiquement sa nouvelle famille.

- Il a vite accepté quand il a vu que tu étais prêt à mettre des pièces d'or.

- Trêve de bavardages, festoyons cette heureuse nouvelle. Sigrid, nous allons avoir du travail dans les prochaines semaines.