Le soldat évanoui commença à se réveiller, Solus reposa les notes sur son bureau et se rassit sur le lit pour assister au réveil du jeune militaire.

- Argh... Où suis-je...?

Sa vision se fit plus nette après être complètement émergé, la première chose qu'il voyait c'était l'harfang des neiges et lorsqu'il le reconnut, le jeune soldat sursauta de peur, recroquevillé vers un coin du lit. Il chercha son arme mais ne la trouva pas, il ne pouvait que se recroqueviller sur lui-même.

- N-Ne t'approche pas d-d-de m-m-moi ! Arrière, dragon, chouette ou je-ne-sais-quoi ! V-Va-t-en !

- Hé, détends-toi, le rassura Solus, je ne vais pas te manger !

- B-Bah alors, q-qu'est-ce que t-tu m-me veux ? M-M'en faire c-comme garde-manger ?

- Non, je ne vais pas te manger ! Je ne mange ni les humains ni les chouettes ! Je veux juste...

- AAAAAH ! M'en faire comme esclave ? Comme jouet ? Te débarrasser de moi parce que je suis témoin ? AAAAAH ! Je suis trop jeune pour mourir dans d'atroces souffrances !

«Non mais... Il n'est pas possible celui-là !»

- Tu veux bien me laisser finir, oui ?! criait Solus sans être brusque et violent. Arrête de crier, je veux juste que tu sois mon ami !

- AAAAAAH ! ... Quoi ?

- Je ne sais pas comment te l'avouer mais...

Il lui montra son bras normal avec son bracelet à l'avant, le soldat reconnaissait cet accessoire.

- Hé, mais... Ah, mais... Tu... tu es...

- Oui, je suis le mystérieux géant encapuchonné.

Le jeune homme ne savait pas quoi dire. Solus avait-il fait exprès de se jeter dans la gueule du loup juste pour aller chercher Otus ? Pour lui, c'était sûr et certain qu'il l'avait fait exprès. Il se sentait dépité et stupide de s'être fait avoir. Et en plus de ça, il avait un peu le cœur brisé de découvrir que cette mystérieuse chouette géante mâle encapuchonnée c'était Solus transformé en parti en dragon.

- Désolé si tu es déçu, s'excusa-t-il, et puis... regarde le côté positif, durant tout ce temps je t'ai emmené avec moi alors que tu étais évanoui et je ne t'ai même pas mangé ! Si je l'avais fait, ça ferait un moment que tu ne serai plus ici, tu serai en ce moment même dans mon estomac !

Le soldat s'était dit qu'il n'avait pas tort sur ce coup-là, il se sentait encore plus bête d'être aussi peureux de la sorte. Il lui posa quand même une question assez pertinente :

- Est-ce que... je ne sais pas si je vais arriver à trouver les mots... Quand tu m'as dragué avec tes... énormes bras...

Il rougissait en disant ces mots mais put continuer sa phrase :

- Est-ce que toi aussi tu... tu aimes les garçons ? Je ne sais pas trop si ça te concerne, tu m'as l'air plus jeune que moi...

- Pour répondre à ta question... Oui, j'aime les garçons. Et pour être honnête, ça ne fait pas longtemps que je me suis découvert... Au début, c'était... difficile de le savoir à 12 ans, presque 13, mais maintenant, j'en suis complètement sûr en embrassant un garçon que je connais.

Le soldat était étonné.

- Tu as un petit-ami ? À 12 ans ? Là ?

- Plus ou moins..., rougit Solus, gêné en se massant la nuque. C'était celui que je suis venu chercher.

- Attends, c'est OTUS ? Mais...

Solus le coupa en posant son index sur les lèvres du jeune militaire.

- Bon, venons-en au fait : T'as faim ? Ma mère a fait à manger et il reste encore de la nourriture sur la table... À moins qu'Otus ne les mange tous.

- Un... peu...

En descendant les escaliers pour aller au salon manger, le jeune homme se sentait coupable d'avoir touché Solus malgré qu'il lui ai demandé de le faire en récompense de l'avoir aidé mais en même temps, il était soulagé qu'il n'était pas allé aussi loin dans son fantasme, la jeune chouette n'avait que 12 ans et donc encore mineur! Lui, il avait 18 ans et en âge d'avoir un petit-ami et d'aller aussi loin.

- Au fait, commença Solus, tu ne m'avais pas dit ton nom...monjoli. C'est quoi ?

- Marcus, sursauta-t-il légèrement sur ce petit surnom.

- C'est un beau prénom que tu as là ! Si tu étais légionnaire, je t'aurais appelé «Légionnaire Marcus».

- Oui mais bon... Je débute en tant que militaire... J'ai commencé il y a un mois et...

- Hé, je rêve ou tu le dragues, Solus ? remarqua Brindille en coupant la parole au jeune Marcus sans le vouloir.

- «Ne le mets pas trop mal à l'aise, le pauvre...» signait Otus entre chaque bouchées quand il avait les mains libres.

Hedwige gloussait un peu.

- Il est vrai que Solus est du genre à flatter les gens avec ses paroles à rebrousse-poil.

- «Ce n'était pas étonnant avec Molström... C'était étonnant qu'il soit encore en vie alors que cet automate détruisait tout ce qu'il bouge.»

- Ouais, confirmait Brindille, c'était assez courageux de sa part, je trouve, de se frotter à lui alors que personne n'osait le faire.

- «Il ne reste plus qu'à le féliciter pour ça. Il est trop fort. Total respect !»

Il applaudissait tout en mâchant son repas, les autres en firent de même. La jeune chouette en était flattée sachant qu'il avait honte d'avoir utilisé les reliques de ses ancêtres pour son objectif.

Hedwige posa une question assez embarrassante à Marcus.

- Est-ce que tu as une petite amie qui t'attend pendant que tu es à l'Armée ?

- MAMAN ! la réprimanda Solus. Ce n'est pas un sujet sur à quoi il lui faut poser !

- Je... Eh bien... répondit le jeune homme avec timidité. Comment vous dire... Je suis... Hum... gay...

- Gay...?

- Il aime les garçons, m'man...

Elle était plus qu'étonnée.

- Aaaah ! D'accord ! Mais pourtant tu n'as pas une tête à aimer les garçons.

Sur le coup, Brindille ne rigolait pas, étant donné que la question de la préférence et de l'identité de genre était à prendretrèsau sérieux. Solus expliqua à sa mère le concept.

- On peut être né garçon sans pour autant avoir une tête à aimer les garçons... J'espère que ça ne te dérange pas... non ?

- Oh non non non, ça ne me dérange absolument pas ! Au contraire, ça m'étonne ! Et puis, il est gentil ce Marcus. Il n'y a pas de raison d'être méchant avec lui quelqu'il soit.

Il se tourna ensuite vers son père.

- Et toi, p'pa ? Tu n'as rien contre, j'espère ?

- Oh bon... Tant qu'il ne fait rien de mal...

Satisfait de cette réponse mais hésitant, Solus n'osait pas révéler à ses parents qu'il aimait lui aussi les garçons, il avait trop peur de leur réaction. Sa mère rêvait que le fils qu'il était ait une petite amie fille, humaine ou chouette qu'importe, et avoir des enfants (donc des petits-enfants pour Hedwige) mais ça risquerait de piquer fortement là où ça faisait mal sachant que les garçons n'enfantent pas.

- Mais au fait, pourquoi cette réaction et cette question, Solus? douta sa mère. Est-ce que toi aussi, tu aimes les garçons ?

- Hm... N-Non, non, non ! C'est juste que c-c'est mon ami et donc c-c-c'est normal que je le défendes de c-cette façon ! Ne t'imagine pas des choses, hein ! H-Haha... Je suis juste ouvert d'esprit contrairement à certains...

«N'est-ce pas, Fib et Bonacci ?» pensa-t-il dans sa tête avant de changer légèrement de sujet.

- Ah oui, juste une question, Marcus. C-Comment ils ont réagi, tes parents, lorsqu'ils ont appris que tu étais gay ?

- Ils m'ont inscrit à l'Armée dès mes 18 ans pour «m'apprendre les bonnes manières»...

Silence assez triste à table.

- C'est pour ça que j'ai dit que je débutais et que ça ne faisait qu'un mois que j'étais là-bas...

Brindille était furieux de cette décision.

- Ah bah bravo ! Des parents qui se débarrassent de leur propre fils en l'envoyant dans l'Armée juste parce qu'il n'est pas comme les autres ?! Du genre «Ciao bye bye, et ne reviens pas tant que tu n'es pas un homme, un vrai»?! C'est n'importe quoi !

- «C'est sûr...»

Otus avait déjà tout fini son repas monstre, Hedwige débarrassa la table et fit la vaisselle pour s'occuper l'esprit. Elle était affectée par les paroles du jeune soldat. Elle ne penserait jamais à faire la même chose à Solus s'il révélait son attirance pour les garçons. Déjà rien qu'en le voyant dans sa forme géante, c'était déjà un homme, un vrai, et non un peureux ou quelqu'un de fragile. Quelle que soit la chose qui l'avait aidé, elle le remercia dans sa tête de l'avoir fait prendre confiance en lui et d'être lui-même.

- Vous savez, les informa Marcus depuis le salon, tous les gays ne sont pas efféminés ou fragile en apparence, il y en a qui sont virils purs et durs. De vrais hommes quoi !

- C'est un peu comme les gars efféminés, ajouta Brindille, à qui on soupçonne d'aimer les garçons... Eh bah non ! Certains aiment les filles !

- «La vie est vraiment étonnante parfois...»

- Grave !

- Ce qui est étonnant, c'est que votre ami Brindille... Il est vraiment... ouvert d'esprit !

- Si je n'étais pas si ouvert d'esprit, je ne serais pas habillé de ce costume d'araignée sur moi ! Vous auriez, devant vous, un phasme 100% banal ! Les araignées c'est franchement cool !

- Pour quelqu'un qui s'habille comme ça, oui... Moi j'en ai la phobie et j'aurais fait une attaque si j'en voyais une en vraie dans la nature...

- Chacun ses goûts.

Otus baillait à s'en décrocher la mâchoire : il était temps d'aller dormir ! Il faisait déjà nuit.