Dorea lâcha un soupir, rangeant les derniers rapports de ses interrogatoires, en particulier ceux de Lucius, Narcissa et Drago Malefoy. Le début du procès était prévu pour le lendemain, et elle avait l'intention de rentrer tôt à son hôtel afin de se reposer et de revoir la liste des possibles témoignages de l'accusation qui pourraient surgir au fil de cette période.

Deux semaines s'étaient écoulées depuis ses derniers interrogatoires avec les Malefoy. Dorea avait été plus qu'ébranlée par celui qu'elle avait eu avec Drago en fin de journée.

Elle ne savait pas s'il avait été réellement honnête en affirmant ne pas aimer Astoria Malefoy, mais entendre cette déclaration l'avait perturbée bien plus qu'elle ne l'aurait souhaité.

À la suite de cela, elle l'avait croisé dans les couloirs, une ou deux fois depuis, son regard se faisant intense à chaque fois qu'il posait les yeux sur elle.

Craignant ses propres sentiments, la jeune femme avait donc tout fait pour l'éviter à son tour, consciente que le blond était du genre à se persuader qu'il allait pouvoir la séduire à son bon gré. Mais c'était Kate Harrington qu'il cherchait à séduire, pas elle. Pas Dorea Artwood.

Elle se leva de sa chaise, se dirigeant vers la porte de son bureau pour l'ouvrir.

- Karl ? appelatelle, sachant que son assistant était à l'autre bout de l'openspace.

- Oui ? réponditil en levant les yeux de son écran dans sa direction.

- Apporte ceci à Monsieur Malefoy fils, fitelle en tendant un petit amas de feuilles rangées dans une chemise.

Karl, qui venait également de se lever, s'approcha d'elle.

- C'est la retranscription de son interrogatoire, expliqua la rousse. Son père et sa mère ont déjà signé la leur, mais pas lui encore. J'ai besoin qu'il le fasse pour demain. Sinon, cela n'aura aucune valeur juridique.

- D'accord, je fais ça tout de suite.

Dorea lui remit la chemise et retourna à son bureau, qu'elle commença à ranger, tout en apercevant Karl prendre l'un des ascenseurs pour monter au dernier étage, où se trouvait « l'antre de la bête », comme elle se plaisait à l'appeler.

Cinq minutes plus tard, alors qu'elle s'apprêtait à partir, glissant son sac à main sur son épaule, Karl revint avec un air grave.

- C'est bon, il a signé ? demanda Dorea en tendant la main, accaparée par son téléphone qu'elle rangeait dans son sac.

- En fait… non.

- Non ? Il n'est pas dans son bureau ? s'étonna la rousse, relâchant mollement son bras.

- Si, il y est bien.

- Eh bien alors ? Sa secrétaire t'a empêché d'entrer, c'est ça ?

- Non, elle m'a laissé entrer, confirma Karl. Mais il veut que ce soit toi qui lui apportes.

Dorea haussa un sourcil, l'air surprise.

- Et il a dit, je cite : « Si elle veut que je signe quoi que ce soit, elle n'a qu'à venir ellemême, ici, me le demander. »

La rousse ferma les yeux de dépit, consciente que c'était typiquement le genre de Drago. Retenant un grognement rageur et serrant les dents, elle balança brusquement son sac sur le bureau et arracha littéralement le dossier des mains de Karl avant de s'engager d'un pas rageur vers le dernier étage.

Il voulait jouer à ce petit jeu ? Eh bien, soit, il n'allait pas être déçu du retour.

Sortant de l'ascenseur, elle déboucha sur un hall circulaire, où trois comptoirs d'accueil se dressaient face à des portes en acier, ornées du « W » de l'entreprise Waystar, trônant au centre.

Elle se dirigea vers une secrétaire, qui paraissait être une jeunette inexpérimentée, tapant frénétiquement sur le clavier de son ordinateur.

- Monsieur Malefoy est disponible ? demanda sèchement Dorea.

La femme leva les yeux et la détailla un instant avant de répondre :

- Oui, mais…

- Je vous remercie !

- Attendez, il faut que je le prévienne !

Mais la rousse l'ignora, s'avançant vers la porte, et l'ouvrit à la volée. Elle pénétra alors dans le bureau d'un pas brusque, attirant immédiatement l'attention de Drago, qui lisait un parchemin annoté. Il leva les yeux vers elle, et alors qu'elle se planta devant son bureau, il afficha son éternel rictus en coin.

- Maître Harrington ! s'exclamatil, feignant la surprise. Que me vaut le plaisir de votre visite ?

Elle lui jeta le dossier, ses parchemins étalés.

- Vous savez parfaitement pourquoi je suis ici ! ditelle d'un ton tranchant. Maintenant, signez ça, afin que je puisse rentrer et me reposer pour la journée de demain.

Il ouvrit la chemise et tourna une à une les pages, lisant consciencieusement ce qui y était écrit. Dorea, au bout de quelques minutes de ce manège, lâcha un soupir exaspéré et croisa les bras sur sa poitrine. Le blond, levant les yeux, la fixa un moment, ses prunelles s'arrêtant sur la naissance de son décolleté.

Les joues de Dorea s'empourprèrent aussitôt. Elle s'éclaircit la gorge pour retrouver contenance, puis attrapa les pans de son chemisier en soie anthracite, le fermant d'un geste empressé.

Le sourire en coin de Drago s'agrandit alors qu'il reportait son attention sur sa lecture. Puis, saisissant une plume, il la trempa dans l'encre et apposa sa signature sur la dernière feuille.

- Au fait, je suppose que vous allez dîner, non ? demanda Drago en lui rendant le dossier.

- Effectivement. La cuisine de l'hôtel est excellente, tout comme le room service, répondit la rousse d'un ton détaché.

- C'est triste de dîner seule dans sa chambre d'hôtel. Laissezmoi vous inviter ce soir. Histoire de… se détendre avant la journée de demain.

Dorea l'observa pendant une minute interminable, son visage se durcissant avant d'afficher un petit sourire. Elle se pencha alors, s'appuyant sur la table, offrant à Drago une vue imprenable sur son décolleté. Celuici baissa immédiatement les yeux, comme aimanté par ce qu'il apercevait.

- Mes yeux sont plus hauts, Monsieur Malefoy, glissatelle avec subtilité.

Le blond, détestant visiblement d'être ainsi pris en faute, releva ses prunelles qu'il plongea aussitôt dans les siennes.

- Que les choses soient bien claires : vous et moi, cela n'aura jamais lieu. Pour trois raisons.

- Quelles sontelles ? interrogea Drago, la mâchoire serrée.

- Premièrement, c'est une question d'éthique, murmuratelle d'une voix douce. Il serait très mal vu que je côtoie, en tant que cadre professionnelle, le fils de mon client. Deuxièmement, je vous rappelle que vous êtes marié. Et même si vous ne faites habituellement pas grand cas de ce genre de choses, et dans l'hypothèse où j'accepterais quoi que ce soit que vous me proposeriez – parce qu'avouonsle, je n'en ai rien à faire de votre femme – je redoute les problèmes que cela pourrait engendrer. Et troisièmement, ancrezvous bien cela dans votre esprit : vous n'êtes pas mon genre d'homme, articulatelle. Je vous déteste. Et je déteste ce que vous représentez. Alors cessez immédiatement cette mascarade, vous perdez votre temps.

Drago la fixa tandis qu'elle se redressait lentement. Inspirant profondément, il se leva à son tour, contournant son bureau pour se poster devant elle.

Dorea retint sa respiration, constatant qu'il se tenait très près… beaucoup trop près d'elle.

- Je crois que c'est à vous d'arrêter votre manège, Maître. Je sais parfaitement ce que vous ressentez à mon égard.

Il se pencha davantage vers elle, chuchotant d'une voix si basse que la jeune femme dut tendre l'oreille pour l'entendre.

- Mais votre corps, lui, vous trahit.

- C'est ridicule ! protestatelle.

- Ah oui ? Vous frémissez chaque fois que je m'approche trop près de vous, ditil en joignant le geste à la parole.

Un frisson parcourut sa colonne, ce qui fit sourire Drago avec une certaine satisfaction.

- Votre souffle se fait tremblant chaque fois que je me retrouve dans la même pièce que vous. Et vous resserrez les cuisses à chaque fois que je vous parle. Tiens, comme en cet instant…

Il baissa le regard et Dorea le suivit, réalisant qu'il disait vrai. Elle comprit alors, qu'après douze longues années, son désir pour le blond, à son grand malheur, ne s'était pas terni. Bien au contraire. Et apparemment, sans en être conscient, elle lui faisait le même effet.

Elle vit le blond remonter doucement son regard, le glissant sur son corps. Son estomac se contracta aussitôt. Cette vieille sensation se réveilla en elle, que seul Drago avait le pouvoir de faire surgir.

Elle avait chaud… il fallait qu'elle sorte à tout prix de cette pièce. Elle ne pouvait certainement pas se laisser aller de cette manière. C'était… c'était trahir, bien plus qu'elle ne l'avait fait depuis presque douze ans. Bien plus que lorsqu'elle avait décidé de revenir.

Jamais elle ne flancherait. Même si l'envie se faisait forte, jamais elle ne céderait à ses désirs.

Elle avait mis douze ans à façonner cette image de femme froide et distante. Ce ne serait assurément pas l'homme, cause de son malheur depuis toutes ces années, qui réveillerait en elle ce qu'elle avait mis tant de temps à enterrer : ses sentiments.

Ils se dévisagèrent ainsi, une bataille intérieure se déroulant en chacun d'eux.

0o0

Drago était conscient de ce qui était en train de se réaliser.

Il était tiraillé. Tiraillé entre la tentation de combler son désir d'embrasser cette femme sur l'instant et celle de s'éloigner d'elle, une petite voix lui rappelant qu'il avait une épouse, avec laquelle il venait tout juste d'aplanir les tensions des derniers mois.

Il ne voulait pas faire souffrir Astoria. Mais cette femme, qui se trouvait devant lui, était bien trop tentante pour qu'il écoute une fois de plus sa conscience.

Bien sûr, ses multiples amantes témoignaient de son propre malheur marital. Il se sentait, chaque jour, un peu plus oppressé par son épouse. Il pressentait que quelque chose n'allait pas depuis le début. Et même s'il s'était habitué à ce sentiment étrange, persuadé que sa place ne se trouvait pas aux côtés d'Astoria, la rencontre avec Kate Harrington avait rebattu les cartes. Elle était différente des autres. Comme si toutes ces nuits de débauche avec ses diverses maîtresses n'étaient qu'une constante recherche d'une femme semblable à Kate Harrington.

Il ne s'en était pas rendu compte immédiatement. Il lui avait fallu du temps pour l'admettre.

Mais il avait ce besoin irrésistible d'être en sa présence. C'était presque… viscérale.

Il avait d'abord eu peur de cela. Il l'avait évitée, déchiré entre l'envie de la séduire et celle de tromper une personne. Pas Astoria, mais une autre. Il n'arrivait pas à identifier de qui il s'agissait, ni à mettre le doigt dessus. Cela commençait à le frustrer réellement.

Alors, lorsqu'il se retrouvait face à Kate Harrington, il savait que les choses reprenaient leur place. Cette frustration s'estompait. Il éprouvait une élévation, une sensation qu'il n'arrivait pas à définir, comme si durant toutes ces années, il avait attendu que cette chose revienne à lui.

Drago inspira, se redressant légèrement, enfonçant les mains dans ses poches. Il se demandait alors ce qu'il devait faire. Céder à ses désirs : l'embrasser pour commencer, puis éventuellement, comme il l'anticipait, l'excitation chez l'avocate se faisant aussi forte que la sienne sur l'instant, il l'allongerait sur ce bureau et lui ferait l'amour avec une passion ardente. Ou bien, la rejeter, retourner au château, et apaiser ce même désir pour la rousse auprès de sa femme, qui n'attendait assurément que cela.

Avant qu'il ne prenne une décision, ce fut la jeune femme qui l'interrompit dans ses réflexions :

- Je crois que c'est simplement le stress du procès qui vous fait dire cela, Monsieur Malefoy. Et vous vous trompez. Je ne serai pas seule ce soir. Comme vous me l'avez fait remarquer la dernière fois, je suis une femme qui a des besoins. Mais je ne les comblerai certainement pas avec vous.

Puis elle se dirigea vers la porte.

- Bonne soirée, Monsieur Malefoy ! On se voit demain !

Drago la regarda sortir, les poings serrés, puis brusquement, il balaya d'un geste violent tout ce qui se trouvait sur son bureau.

0o0

Dorea, suivie d'Andrew, pénétra dans la salle d'audience, rejoignant sa place aux côtés de Lucius Malefoy, déjà installé, sa famille juste derrière lui.

Les journalistes faisaient un vacarme infernal à l'extérieur, et la jeune femme n'avait qu'une hâte : que le procès commence.

Après sa confrontation avec Drago, la veille au soir, elle avait passé une nuit blanche, n'ayant, pour ainsi dire, pas fermé l'œil de la nuit.

Les gestes, les paroles et le regard du blond lui revenaient sans cesse à l'esprit. Elle avait bien essayé d'oublier ce qui s'était passé dans ce bureau en appelant Andrew — qui avait accouru immédiatement — mais rien n'y avait fait.

Elle salua Alden Thorne d'un signe de tête, auquel il répondit d'un léger mouvement, tandis qu'Andrew prenait place à proximité de Narcissa Malefoy. Dorea posa son sac à main sur la table, sortant un épais dossier, sous le regard scrutateur de Drago, qui se trouvait juste face à elle.

Les mains légèrement tremblantes, elle évita soigneusement de croiser son regard perçant. Elle prit alors place à côté de Lucius.

- Monsieur Malefoy, saluatelle placidement.

- Maître Harrington, réponditil sur le même ton.

À cet instant, le Magenmagot fit son entrée, et chacun dans la salle se leva jusqu'à ce que Fudge s'installe.

Cornelius Fudge s'appuya sur le bureau du Magenmagot et se tourna vers l'assemblée, ses lunettes glissant légèrement sur le bout de son nez.

- Mesdames et messieurs, membres éminents du Magenmagot, nous sommes réunis aujourd'hui pour traiter une affaire de la plus haute importance, un sujet qui touche non seulement notre justice, mais également la sécurité de notre communauté magique.

Il marqua une pause, laissant le murmure dans la salle s'estomper avant de continuer.

- Nous sommes ici pour réévaluer la peine de Lucius Malefoy, un individu dont le nom a résonné dans nos rangs non seulement comme un membre de la haute société sorcière, mais aussi comme l'un des anciens Mangemorts les plus en vue du régime de Celuidontonnedoitpasprononcerlenom. Dans cette salle, nous ne devons jamais perdre de vue les atrocités qu'il a commises par le passé, encore moins le fait qu'il a été emprisonné pour ses crimes contre notre société.

Puis, son ton devint plus ferme.

- Cependant, une question cruciale se pose aujourd'hui. Suite à des enquêtes approfondies conduites par nos services de sécurité, nous avons récupéré des preuves solides indiquant que pendant son emprisonnement à Azkaban, M. Malefoy a continué à exercer une influence sur les autres Mangemorts emprisonnés avec lui, orchestrant des activités illégales qui menacent notre paix fragile.

Les murmures dans la salle s'intensifièrent, l'impact de ses mots étant palpable parmi les membres du Magenmagot.

- Nous ne pouvons prendre à la légère le risque qu'un homme capable de tels actes, même derrière les barreaux, puisse encore avoir une influence pernicieuse sur notre communauté. L'apathie envers ces actes de malveillance entraînerait de graves répercussions. Il est de notre devoir de déterminer si cette peine doit être prolongée ou si, par hasard, M. Malefoy mérite une clémence qui, à mon humble avis, serait extrêmement mal placée.

Il leva la main pour demander le silence et continua avec ferveur.

- Mesdames et messieurs, la question que nous devons examiner aujourd'hui n'est pas seulement celle de la peine de Lucius Malefoy, mais aussi de la manière dont nous choisissons de défendre nos valeurs au sein de cette société. Accepterionsnous de laisser un individu tel que Lucius Malefoy revenir à la liberté, alors qu'il a démontré, même dans les obscurs couloirs d'Azkaban, qu'il persiste dans ses anciennes manières ? Ignorerionsnous les lettres retrouvées à son encontre, ainsi que les preuves d'une complicité toujours active avec les factions obscures qui cherchent à nuire aux sorciers nés moldus ? En tant que représentant de la communauté magique, en tant qu'organe de notre justice, il nous incombe d'affirmer que la loi doit être maintenue. Nous ne devons pas permettre que la peur ou la complaisance nous détournent de cette responsabilité. La sécurité des sorciers et l'avenir de notre monde magique est en jeu.

L'ancien ministre appuya ses mains sur le bureau, faisant face à l'audience avec une intensité palpable.

- Je vous exhorte à considérer non seulement les actions de Lucius Malefoy, poursuivitil, mais aussi les implications de vos décisions. Serezvous les gardiens d'une paix équitable, ou laisserezvous cet homme retourner dans la société, soutenu par les ombres du passé ?

L'homme marqua une pause pour laisser ses paroles résonner dans la salle.

- Aujourd'hui, nous avons l'occasion de montrer que la justice sera servie et que notre communauté ne cédera pas à la peur ou à l'impunité. Je demande donc à chaque membre de cette assemblée de peser soigneusement les preuves et de voter selon leur conscience. La sécurité et l'honneur de notre communauté dépendent de ce que nous décidons aujourd'hui.

Fudge recula alors, laissant la salle dans un silence tendu, tandis que les membres du Magenmagot commençaient à murmurer entre eux, pesant les implications de ses mots.

Il prit le marteau et frappa, déclarant que le procès était ouvert.

0o0

Cela faisait maintenant cinq jours que les témoignages se succédaient à la barre. Tous, jusqu'à présent, semblaient dénués de réelle importance. Cependant, en voyant Gregory Goyle s'avancer vers le pupitre, c'était la première fois qu'elle redoutait ce qui se profilait. Elle n'avait pas prévu que Thorne l'appellerait à témoigner.

Elle s'était rendue auprès de lui un jour où il officiait dans le restaurant que Thorne lui avait fait découvrir sur le Chemin de Traverse. À ce moment-là, il avait fermement refusé de témoigner en faveur de Lucius Malefoy. Elle aurait dû pressentir que ce refus dissimulait une rancune bien plus tenace qu'elle ne l'aurait imaginé.

- Vincent Goyle, merci de vous exprimer aujourd'hui, commença Thorne. Pour débuter, pourriez-vous nous faire part de votre expérience en tant que membre des Mangemorts et des agissements de Lucius Malefoy, particulièrement durant votre incarcération à Azkaban ?

Vincent tenait ses mains tremblantes, mais manifestait également une impression de détermination.

- Oui, bien entendu. Lorsque je me trouvais à Azkaban, l'atmosphère était… oppressante. Pourtant, même derrière les barreaux, Lucius Malefoy continuait d'exercer son influence. Les rumeurs affirmaient qu'il avait établi des contacts avec certains des détenus, leur promettant protection en échange de leur loyauté.

- Cela signifie donc qu'il a su maintenir une forme de contrôle, même à l'intérieur de la prison ? demanda l'avocat d'un ton engageant.

- Absolument. Lucius a toujours eu ce don pour manipuler autrui. Même en détention, il savait convaincre les autres de lui être loyaux. Ses paroles résonnaient à travers les murs, écho des anciennes promesses de pouvoir.

- Et cette influence, comment l'avez-vous vécue personnellement ?

Goyle s'éclaircit la gorge.

- À un moment donné, des complices m'ont approché. Monsieur Malefoy avait ses contacts à l'extérieur et cherchait à poursuivre ses activités. Ils parlaient de réorganiser les réseaux des Mangemorts. On avait le sentiment qu'il se préparait déjà à un retour dans le monde extérieur.

- Cela signifie-t-il que Lucius Malefoy refuse de se soumettre aux conséquences de ses actes ?

- Exact, répondit Goyle, le front plissé. Même là où il était censé purger sa peine, il manœuvrait en coulisses. Je me suis souvent interrogé sur son décalage avec la réalité des dommages qu'il avait causés. Pour lui, les personnes qu'il manipulait n'étaient que des pions dans son jeu.

- Quel impact cela a-t-il eu sur vos propres croyances et valeurs, Vincent ?

- Cela m'a troublé. Mon père admirait Lucius Malefoy, et j'admirais également ce que lui et sa famille représentaient, mais avec le temps, j'ai commencé à réaliser que son idéologie était toxique. Auparavant, je pensais que nous étions puissants. En prison, j'ai pris conscience de la peur qui fondait notre existence.

- Vous avez évoqué les réseaux que Lucius a tissés au sein de la prison. Cela prouve-t-il qu'il continue d'échapper aux conséquences de ses actions ?

Dorea remarqua l'agitation manifeste de son ancien camarade de Serpentard.

- Tout à fait. Il ne montrait aucun remords. Alors que nous souffrions, il s'isolait. Il avait sa propre conception de la loyauté et du pouvoir, persuadé qu'il pourrait simplement recommencer une fois libre.

- En repensant à cela, comment imaginez-vous qu'il se comporte aujourd'hui dans cette salle d'audience ?

- Je crois qu'il se perçoit toujours comme celui qui doit diriger. Il lui manque la reconnaissance de la douleur qu'il a infligée. Qu'il soit derrière les barreaux ou non, sa mentalité demeure inchangée. C'est un homme qui pense que les règles ne s'appliquent pas à lui.

- Ainsi, vous affirmez qu'il n'a pas réellement changé, malgré les répercussions de ses actes ?

Goyle lâcha un soupir résigné.

- Exactement. J'ai peur qu'il ne reconnaisse jamais l'ampleur des dégâts qu'il a causés, ni l'impact que cela a sur les autres, moi y compris.

- Merci, Vincent. Votre témoignage éclaire notre compréhension des conséquences des actions de Lucius Malefoy, non seulement sur autrui mais aussi sur ses propres partisans.

Un sourire se dessina sur les lèvres de Dorea, alors qu'elle se levait et s'approchait de la barre, ses pas mesurés résonnant comme un écho angoissant dans la salle. Du moins pour son ancien camarade, qui la regardait s'avancer telle une bête féroce prête à le dévorer d'un seul coup.

- Monsieur Goyle, vous avez mentionné que Lucius Malefoy exerçait encore son influence en prison. Mais en tant que Mangemort, n'avez-vous pas plutôt été influencé par ce que vous estimiez devoir faire, plutôt que par ce qu'il vous commandait ?

Vincent hésita un instant, soumis au regard perçant de Dorea.

- Je... je suppose qu'il y avait une part de cela. Mais il exerçait un certain contrôle, assurément...

- Alors, permettez-moi de poser cette question. Si, finalement, votre perception de ses actions n'a pas été teintée par votre propre besoin d'appartenir à quelque chose de plus grand, était-ce alors une forme de justification de vos actes à ses côtés, même à Azkaban ?

- Peut-être qu'il y… il y avait ce besoin, oui. Mais Monsieur Malefoy a toujours eu un… un pouvoir sur moi, sur nous, avoua-t-il, pris au dépourvu.

Dorea demeura silencieuse un court instant avant de répliquer :

- Ainsi, en vérité, vous reconnaissez que votre loyauté et votre respect découlaient davantage de votre propre insécurité et de l'éducation que vous avez reçue, plutôt que d'une menace réelle ou d'un contrôle exercé par Lucius Malefoy lui-même ?

- Objection ! s'exclama Thorne. Maître Harrington tente de manipuler le témoin pour le détourner de son témoignage initial.

- C'est simplement une question ! protesta Dorea.

Fudge observa Thorne avant de laisser échapper un soupir las, n'ayant d'autre choix que de permettre à Dorea de poursuivre.

- Je vous en prie, continuez, Maître Harrington.

Dorea reporta son attention sur son ancien camarade de Serpentard.

- Monsieur Goyle, regardez-moi bien. Vous avez été au cœur de toute cette intimidation, mais cela confère-t-il à Lucius Malefoy une influence indiscutable pour laquelle il devrait être tenu pénalement responsable aujourd'hui ? Ou n'était-ce pas plutôt le fait qu'il puisse se dissimuler derrière ses croyances de pureté de sang ?

- Je… je ne sais pas. Peut-être que...

- Alors dites-nous, interrompit la rousse d'un ton glacial. Allez-vous blâmer Lucius Malefoy pour vos choix, ou reconnaître que vous avez pris des décisions en pleine connaissance de cause ?

- Je suppose que j'ai… je n'ai jamais vraiment pris le temps de réfléchir. Je…

Mais Dorea le coupa à nouveau.

- Merci, Monsieur Goyle. Je n'ai pas d'autres questions à poser.

Puis elle fit volte-face, retournant à sa table. Elle leva les yeux et aperçut Drago qui lui lançait un regard admiratif. Cependant, elle détourna rapidement les siens, comme si elle s'était brûlé la rétine.

0o0

Dorea revint avec un café en main, savourant la pause que le Magenmagot leur avait accordée. Elle reprit place sur sa chaise, goûtant la boisson qui lui picotait la langue.

- Comment se passe notre situation ? lui demanda Lucius Malefoy, qui n'avait pas bougé de sa chaise depuis le début de la pause.

- Bien, répondit Dorea d'un ton rassurant. Jusqu'à présent, tous les témoignages ont été en votre faveur.

- Pas le dernier.

- Ne vous en faites pas pour cela. J'ai retourné la situation à notre avantage.

- J'ai remarqué. Vous êtes... vous êtes très convaincante.

- Je vous remercie, murmura la rousse, touchée par le compliment.

Dorea tourna la tête et aperçut Astoria, accrochée au bras de Drago, tandis qu'ils discutaient tous deux avec Henry Montague.

- Il va appeler les Potter à la barre, murmura Andrew, haletant alors qu'il arriva à leur hauteur.

La jeune femme sursauta et se tourna vers son associé.

- Quoi ?! fit-elle, la panique la saisissant.

- Regarde à l'entrée, lui indiqua Andrew d'un signe de tête.

Dorea pivota sur sa chaise et découvrit un déferlement de journalistes, tandis qu'Harry et sa femme, Ginny, tentaient de se frayer un chemin pour entrer dans la salle d'audience.

Leur présence fit tomber un silence pesant dans la pièce, et Dorea retint son souffle lorsqu'Harry dirigea son attention sur elle.

Drago se précipita vers eux, lançant un coup d'œil anxieux au couple qui prenait place auprès de leur ancien camarade.

- Ils vont appeler Potter à la barre ?! s'exclama-t-il dans un murmure à peine audible. Je croyais qu'il ne souhaitait pas prendre part à ce procès.

La rousse tourna la tête vers son client, qui pâlit visiblement.

- Pas Potter. Sa femme, rectifia Lucius.

Dorea ferma les yeux, désolée, et poussa un soupir contrit. Elle s'en doutait. Elle avait pressenti que l'épisode de la Chambre des Secrets ressurgirait. C'était un véritable poids. Mais quelques semaines plus tôt, elle avait eu la confirmation qu'Harry, Ron et Hermione ne témoigneraient pas, désireux de rester à l'écart de ce procès. Elle avait espéré que Ginny, désormais épouse de son frère, en ferait de même.

Elle allait devoir faire ce qu'elle détestait le plus : la pousser dans ses retranchements. Être cruelle pour obtenir au moins une issue favorable.

En y pensant, une bile soudaine lui monta à la gorge.

- Maître Harrington…, commença Drago.

Elle leva la main, lui signifiant de se taire. Pendant que les trois hommes se regardaient, elle réfléchissait. Elle devait déjouer l'accusation de Thorne.

- Je crois que…

- Taisez-vous, siffla Dorea en rouvrant les yeux. Je sais parfaitement pourquoi elle est là, Monsieur Malefoy, dit-elle à l'adresse de Drago. Mais ce n'est pas vous l'accusé. Retournez donc à votre banc et… fermez-là.

Le blond jeta un coup d'œil à son père, qui acquiesça silencieusement, lui signifiant d'écouter ses conseils.

À ce moment-là, le Magenmagot réintégra la salle, et les portes se refermèrent sur le tumulte extérieur causé par les journalistes.

- Qu'est-ce que tu comptes faire, Kate ? demanda Andrew, resté près d'elle.

- Ce que je déteste le plus, répondit-elle, l'air furieux. Détruire un innocent pour garantir la liberté de mon client.

Elle lança un regard mauvais à Lucius, qui relevait le menton avec condescendance. Parfois, ou plutôt chaque minute depuis son retour dans leur vie, elle se demandait ce qui lui avait pris de faire une chose pareille. Elle se retrouvait confrontée à des situations périlleuses, telles que celle qu'elle s'apprêtait à vivre.

- Bien, reprenons là où nous en étions, dit Fudge.

Il frappa le marteau, et le procès reprit.

- Maître Thorne, je crois savoir que vous avez un témoignage à nous faire entendre, en faveur de l'accusation.

Dorea eut soudain une idée. Elle se tourna et se pencha vers Andrew, assis juste à côté de Narcissa.

- Fais immédiatement une demande pour appeler Fudge à la barre.

- Quand ?

- Pour hier, s'énerva-t-elle.

Elle remarqua Narcissa se retenir de sourire.

- D'accord, je vais en informer l'huissier, répondit Andrew, réprimant ses accès d'humeur.

Il se leva discrètement et s'approcha de l'huissier de justice, assis derrière une table, en bas des gradins où prenaient place les membres du Magenmagot.

Cependant, personne ne prêta attention aux agissements de son associé, tous trop focalisés sur l'arrivée de Ginny Potter à la barre.

Thorne se leva, contournant la table pour s'approcher de Ginny, qui se tenait derrière le pupitre, l'air visiblement agitée.

- Mrs Potter, c'est un honneur de vous avoir parmi nous aujourd'hui.

Dorea observa Ginny, la détaillant pour la première fois depuis son apparition dans la salle d'audience.

À vingt-huit ans, Ginny Potter semblait être une femme épanouie et déterminée. Ses cheveux roux flamboyants, coiffés en une queue de cheval désordonnée, mettaient en valeur ses traits délicats. Ses yeux, d'un brun profond, brillaient de vivacité et de force, reflétant une personnalité courageuse et passionnée. Elle arborait une tenue simple : une chemise en flanelle, un jean et des bottines à petit talon.

- Je vous remercie, Maître Thorne, répondit Ginny avec calme.

- Je crois savoir que votre époux est présent dans la salle ?

- Objection ! s'exclama Dorea en se levant. La question de savoir si Harry Potter se trouve ou non ici n'a rien à voir avec le sujet.

- Objection retenue, soupira Fudge. Maître Thorne, veuillez en venir au cœur des faits, s'il vous plaît.

Thorne lança un regard noir à Dorea, laquelle lui renvoya un petit sourire victorieux. Dans le métier, c'était l'équivalent d'un geste très impoli. Elle en était d'autant plus fière. Qu'on laisse son frère en dehors de cette histoire, cela lui éviterait d'avoir à l'appeler aussi.

Elle savait qu'elle ne pourrait pas le regarder en face. Pas après ce qu'il lui avait dit lors de leur dernière conversation, quelques heures avant qu'elle ne disparaisse de sa mémoire, lui aussi.

- Mrs Potter, pourriez-vous raconter à la Cour, même brièvement, ce qui vous est arrivé durant votre première année à Poudlard ?

- Je... je préférerais ne pas en parler. Je n'avais pas réellement envie de témoigner, répondit Ginny, hésitante.

- Je comprends, mais votre histoire est cruciale. Veuillez juste nous expliquer comment vous avez été impliquée dans l'affaire de la Chambre des Secrets. Quelles étaient vos émotions durant cet événement tragique ? demanda Thorne d'une voix douce mais ferme.

- Tout a commencé lorsque j'ai trouvé un journal... un journal qui appartenait à Tom Jedusor. J'étais si jeune, et je ne comprenais pas ce qui se passait. J'ai ressenti une vulnérabilité... un appel. J'ai été contrôlée, manipulée.

- Mais, Mrs Potter, cette manipulation, comme vous l'appelez, a été orchestrée par Lucius Malefoy ? Il a laissé son empreinte tout au long de cette histoire, en vous poussant à agir contre votre propre volonté, n'est-ce pas ? Dans le but unique de permettre au Mage Noir de faire son retour ?

Ginny, visiblement mal à l'aise, commença toutefois à retrouver son assurance.

- Oui, il a joué un rôle dans tout cela. Ses actions ont facilité le retour de Vous-Savez-Qui sous forme de… souvenirs qui ont contrôlé mes actes. Je me suis retrouvée dans une situation horrible. Cela a marqué ma vie à jamais.

Dorea nota tout de suite un détail sur son papier.

- Exactement, Madame ! Et vous n'étiez pas seule dans cette situation. Vous avez mis en danger d'autres élèves, n'est-ce pas ? Lucius Malefoy n'a pas agi uniquement pour son bénéfice personnel, mais a également ignoré les vies de ceux qui l'entouraient. N'est-ce pas là un acte criminel ? Un acte qui prouve qu'il sera toujours prêt à tout pour nuire à notre communauté ? Comme il l'a fait à Azkaban ?

- Objection ! s'écria Dorea en se levant. Je tiens à rappeler que Mrs Potter ne s'est pas trouvée à Azkaban ces dernières années pour attester d'une telle accusation !

- Objection rejetée. Veuillez répondre à la question, Mrs Potter, soupira Fudge d'un ton las.

La jeune femme reprit sa place, légèrement agacée.

- Oui. Oui, je porte les cicatrices de tout cela. Cela a eu un impact sur ma famille, mes amis… Sur tout le monde qui m'entoure.

- Et voilà ! s'exclama Thorne, satisfait. Voilà ce que Lucius Malefoy fait à ceux qui ne se conforment pas à son idéologie. Il les écrase comme des insectes, prêt à tout pour retrouver une grandeur passée. Ginny Weasley en est un parfait exemple.

Un silence pesant s'abattit sur la salle tandis que Thorne regagnait sa place. Fudge se tourna vers Dorea.

- Maître Harrington ? Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?

- Parfaitement, répondit Dorea en se levant.

La tension dans la salle du Magenmagot était palpable alors qu'elle s'avançait, le regard perçant, prête à remettre en question le témoignage précédent, même si cela lui était douloureux de le faire.

- Vous avez dit que l'expérience de la Chambre des Secrets a profondément impacté votre vie, votre famille, vos amis... Mais permettez-moi de vous demander, après cet événement, comment s'est déroulée votre vie à Poudlard ?

- Eh bien, après cela, j'ai continué mes études. La vie a repris son cours.

Dorea afficha un sourire calculé.

- Donc, vous diriez que votre parcours à Poudlard s'est plutôt bien déroulé, malgré cette tragédie ? Vous n'avez pas été victime d'attaques ultérieures ?

Ginny sembla hésiter.

- Non, je n'ai pas eu d'autres expériences traumatisantes.

- Et concernant votre famille, votre mari... Parlez-nous un peu de votre vie après Poudlard. Vous avez côtoyé Harry Potter, n'est-ce pas ?

- Objection ! s'écria Thorne. J'ai tenté de poser les mêmes questions tout à l'heure.

- Ce n'était pas dans le cadre du témoignage, Maître Thorne, rétorqua Dorea d'un ton calme tout en se tournant vers lui.

- Objection rejetée, ordonna alors Fudge. Continuez, Mrs Potter.

Ginny poursuivit, fronçant les sourcils.

- Oui, nous nous sommes mariés et avons eu des enfants.

- Je vois, dit la rousse. Peut-être que votre vie a été marquée par des événements tragiques, mais vous avez également connu de nombreux moments heureux, n'est-ce pas ? Comme la naissance de vos enfants... Je...

Dorea feignit l'hésitation.

- Je suis désolée, mais étant étrangère à la communauté britannique, pouvez-vous me dire ce que vous faites dans la vie ?

- Je suis joueuse de Quidditch professionnelle. Je suis attrapeuse dans l'équipe des Harpies de Holyhead et j'ai été sélectionnée pour l'équipe d'Angleterre qui participera à la prochaine Coupe du Monde de Quidditch à Paris.

Dorea affichait une mine impressionnée.

- Donc, vous avez réussi à surmonter cette expérience, et votre vie est loin d'être troublée par ce que votre famille a vécu. Peut-on vraiment dire que cela vous a laissé des cicatrices inaltérables ?

- Ce n'est pas parce que j'ai avancé que cela n'a pas eu d'impact.

- Très bien. Mais laissez-moi vous poser une question cruciale. À quel moment avez-vous été manipulée par Lucius Malefoy ? Comme je le comprends, il n'était même pas à Poudlard durant les attaques. Sur quoi repose votre accusation ?

- Je... je sais que c'était à travers le journal...

- Le journal ! interrompit Dorea. Mais comment avez-vous su qu'il vous avait été transmis par Lucius Malefoy ?

Soudain, le silence s'installa dans la salle. Plusieurs minutes passèrent alors que le visage de Ginny se fermait, réalisant ce que l'avocate venait d'avancer.

- C'était… c'était Harry, répondit finalement Ginny. Il l'a découvert l'été précédent notre première rentrée, lorsque nous étions chez Fleury et Bott. Ce jour-là, nous avons rencontré Drago et Lucius Malefoy.

Dorea afficha un sourire narquois, se tournant vers le public, croisant enfin le regard de son frère.

- Ah, Harry Potter. Un homme dont la notoriété est bien établie… ainsi que sa perception parfois défaillante. Peut-être, à ce moment-là, avait-il simplement mal ajusté ses lunettes ? dit-elle en reportant son attention sur Ginny.

Des murmures amusés furent échangés dans la salle.

- Dites-moi, enchaîna Dorea, n'est-il pas un peu trop facile d'accuser un homme sur la base d'un simple épisode isolé ?

- Ce n'est pas juste ! protesta Ginny, visiblement frustrée. Ce n'est pas qu'une simple accusation. C'était une manipulation.

- Je comprends, assura Dorea avec un léger dédain. Vous avez été manipulée, mais il semble que cette manipulation ait eu lieu grâce à un artefact que Lucius ne vous a même pas donné directement. Alors, en quoi cela justifie-t-il de l'accuser directement ?

- Euh… je… je… bégaya Ginny, prise de court.

Dorea, le cœur lourd, retourna à sa place, laissant l'épouse de son frère complètement désemparée.

- Je n'ai pas d'autres questions, Monsieur Fudge.