Chapitre 3

Pendant plusieurs jours, la ville de Satoshi ne parla que du nouveau coup d'éclat de leur protecteur dans les bas fonds. Les rumeurs allèrent bon train, circulant entre marchands, artisans et habitants. Ceux ne connaissant pas du tout le prince héritier disaient qu'il cachait des choses pas net et qu'il avait voulu éliminer les traces de ses méfaits. Mais beaucoup d'autres, savaient pertinemment qu'Izuku avait encore du rendre justice, comme trop souvent. Les commerçants humains proches de certains démons avaient confirmés avoir aperçu sa silhouette de leur coté peu avant d'entendre le grondement de son pouvoir.

Étant vraiment resté dans les environs de Satoshi, Katsuki, Eijiro et Denki, chacun couvrant leur tête d'un capuchon ou d'un bout d'étouffe déambulaient dans les rues. Ils se cherchaient un nouveau boulot sans avoir à voyager. Ils apprirent au passage que depuis son intervention, personne n'avait revu le prince héritier. Il se terrait dans son manoir, guettant la prochaine personne qui oserait désobéir à ses règles implicitement mise en place.

Étonnement, Eijiro et Denki avaient rarement vu leur chef aussi impatient. Il n'avait jamais longtemps supporté l'inactivité mais là c'était encore différent. Le rouge avait très, voir trop, bien capté l'intérêt certain que le blond avait manifesté pour le démon royal. Il avait pensé que ça s'estomperait rapidement et qu'ils pourraient tout les trois repartirent vers d'autres aventures. Mais bien au contraire, Katsuki trépignait à l'idée de revoir le vert. Bien sur ça ne se voyait pas aussi clairement mais vu toutes les années qu'Eijiro avait passé avec lui, c'était tout comme à ses yeux.

-Kats' doucement putain. Marmonna le rouge. On va finir par se faire repérer si tu suis pas le mouvement.

Pour toute réponse, le cendré grogna d'agacement mais ralentit légèrement son allure. Ils avaient eu un tuyau d'un commerçant humain qu'un marché noir se développait à l'instar de celui officiel. Sauf que comme il changeait régulièrement d'endroit afin de ne pas attirer l'attention des mauvaises personnes, comme le protecteur de la cité par exemple, seul quelques privilégiés pouvaient y accéder. Et les trois mercenaires suivaient actuellement, le plus discrètement possible, l'un de ses fameux nanti mis dans la confidence.

Les trois humains se crispèrent en voyant le démon qu'ils suivaient s'arrêter devant un mur à l'aspect tout ce qu'il y a de plus normal. Il était maigrelet et possédait une queue touffu ressemblant à celle d'un renard qu'il faisait balancer derrière lui sauf qu'elle était blanche et noir tout comme ses cheveux. Du bout de l'une de ses griffes, il appuya sur divers éléments du mur et après quelques secondes, une ouverture se fit. Des escaliers menant aux sous sols de la ville se dévoilèrent devant lui. Il ne prit pas la peine de regarder autour de lui et s'engouffra à l'intérieur. Sans hésiter, saisissant leur chance, les trois mercenaires se précipitèrent à leur tour vers l'ouverture. Ils réussirent de peu à y entrer avant qu'elle ne se referme juste derrière Denki, qui frissonna en réalisant que sa cape n'avait pas eu la même chance que lui, sectionné sur la fin.

Ni voyant au début absolument rien, Katsuki fit un pas en avant et un feu follet d'une belle lueur dorée illumina leur chemin. Des escaliers de pierre mal taillé en colimaçon s'étendirent devant eux. Ils marchèrent un bon moment toujours guidé par les fumeroles dansantes. Au bout d'une longue descente, ils finirent par apercevoir de la lumière et de l'agitation. Bien plus rassuré, Denki s'avança, heureux de retrouver de la vie. Arrivant devant, il écarquilla les yeux, impressionné.

Un peu en contrebas, une immense cavité s'étendait sur des kilomètres. Au loin, une cascade venant de la surface se jetait dans un lac souterrain et autour de celui ci des dizaines, voir des centaines de marchands illégaux faisaient leur sale business. Il y avait de tout, des vendeurs d'esclaves, des dealeurs de drogues diverses, des revendeurs de bien volés côtoyaient des plus honnêtes vendant des objets magiques, des armes ou des éléments interdit, comme des dents ou cornes de dragon par exemple. Des combats étaient organisés, chacun pouvant faire des paris sur celui qui survivrait.

Les deux autres rejoignirent Denki et furent tout aussi soufflaient par la vue. On aurait dit qu'ils étaient à l'extérieur tellement l'énorme vasque au plafond, brûlant d'un feu magique, illuminé l'endroit. Et ce n'était pas la seule source de lumière permettant les échanges dans ce monde souterrain, des centaines de feu follet comme ceux qui les avaient guidés étaient disséminé un peu partout.

Sur leurs gardes, les trois mercenaires pénétrèrent dans le marché noir. Ils étaient là pour se trouver un nouveau boulot, pas pour acheter. Ce qui n'empêcha pas Denki de jeter un coup d'œil vers les esclaves féminines nus, tête baissée, attendant leur achat en se couvrant du mieux qu'elles pouvaient. Eijiro claqua sa langue contre son palais d'énervement.

-Evidemment ce ne sont que des humains qu'on vends comme du bétail.

-Kirishima. Ferme la, on pourrait t'entendre bordel. On est pas là pour ça. Katsuki se rapprocha de lui et lui glissa à l'oreille. Et si on se démerde bien, on pourra peut être faire quelque chose pour ses malheureux alors concentre toi.

Ils arpentèrent les différents stands pour finir par trouver ce qui les amenait dans ce lieu privé. Un peu à l'écart des marchands, se trouvait une grande tente faisant office de poste de sécurité. C'était surement là que les organisateurs du marché noir se réunissaient. Une démone aux cheveux noirs et à la poitrine opulente en sortit. Ses jambes étaient remplacés par des lames aiguisées et son regard acéré se posa immédiatement sur les trois humains.

-Veuillez attendre s'il vous plait, Maitre. Des étrangers ont pénétrés le ...

Interrompant son employée d'un mouvement de la main, un autre démon sortit à son tour de la tente. Les mercenaires n'en crurent pas leurs yeux en voyant le prince hériter, lui même. Comparé aux fois précédentes où ils s'étaient croisés, Izuku ne se cachait pas. Son visage totalement à découvert laissé clairement voir des cernes sous ses yeux phosphorescent encore plus lumineux qu'à la surface. Il était habillé tout en noir, pull fin à col roulé, pantalon et manteau long.

-Salut vous trois. Vous venez faire des emplettes ?

Incrédule, les mercenaires ne purent qu'ouvrir la bouche et la refermer bêtement. C'était le dernier endroit où ils s'étaient imaginés croiser le protecteur de la ville. Katsuki se reprit le premier et sourit férocement en s'avançant vers le vert. En une seconde, il dégaina son poignard à sa ceinture et stoppa la jambe que leva la démone accompagnant le prince sans pour autant le lâcher des yeux.

-Momo. Laisse le. Je t'ai parlé d'eux, ce sont les trois humains qui sont venus avec moi dans les bas fonds. Tu n'as pas à t'inquiéter, ils ne me feront rien.

Bien que son regard en disait long sur ce qu'elle pensait des trois humains, Momo obéit aux ordres et rabaissa sa jambe dans un cliquetis métallique. Elle resta aux cotés d'Izuku, surveillant tout autour d'eux.

-Et on peut savoir ce que tu fous ici, son altesse ? Demanda Katsuki, rangeant son arme.

Izuku se passa une main dans ses cheveux, les ébouriffant encore plus qu'il ne l'était déjà.

-J'ai malheureusement des devoirs que je suis obligé de remplir à ma grande répugnance. Je suis venu acheter des esclaves car je dois les emmener avec moi à la capitale pour satisfaire les exigences de mon père. Vous n'êtes pas sans ignorer que dans peu de temps va se dérouler à notre capitale les jeux de Jubokko ?

-Des esclaves ?! Non mais tu te fiches de nous, là ? Et c'est quoi ces jeux de machin chose ?

Bien qu'Izuku entendit distinctement le sifflement d'agacement de sa majordome, il ne releva pas et répondit aimablement à Denki.

-Les jeux de Jubokko. Le Jubokko est un arbre vampire qui se nourrit donc de sang. Il était très présent un peu partout dans notre ancien monde. Mon père, ou plutôt sa clique de scientifique démon à ses ordres sont parvenus à en recréer un immense dans les anciennes arènes du peuple qui habitait ses terres avant nous. Du coup, Hisashi a trouvé la brillante idée il y a des années de ça de nourrir notre Jubokko avec des sacrifices et des jeux pour distraire les habitants de la capitale. Tout les ans à la même période tous les membres de la famille royale se réunissent donc avec des offrandes pour les arènes. Et bien évidemment, je dois me plier à cette stupide règle.

Katsuki fronça les sourcils. Il avait tiqué sur la dernière partie de l'explication du prince.

-Attends un peu. Comment ça chaque membre de la famille royale ? Tu es le seul fils du roi démon, non ?

Cette fois, Izuku n'eut pas à répondre. Perdant patience, Momo se mit devant son maitre et fit face aux mercenaires. Toutes griffes et crocs dehors, elle les menaça clairement, se tenant en position d'attaque.

-Ca suffit maintenant. Vous, humains, n'avez pas à connaitre les différents membres de notre glorieuse royauté. Je vais vous ...

-Yaoyorozu.

Un simple murmure fit soudainement se figer la démone. Se dégonflant de toute sa hargne précédente comme un ballon de baudruche, Momo tourna lentement sa tête vers l'arrière, tremblante. Bien que paraissant toujours impassible, l'aura verte flamboyant autour du prince n'augurait rien de bon.

-Il me semble t'avoir dit de les laisser tranquille.

Se tournant totalement vers lui, la jeune démone se courba, posant un genou de métal à terre et c'est tête baissée qu'elle parla à nouveau.

-Pardonnez moi, votre altesse. Mais en voyant ces mercenaires vous parlez avec autant de familiarités, je n'ai pas su tenir ma place et vos ordres. A mon humble avis, ils vous ont approché dans l'unique but d'en savoir plus sur notre mode de fonctionnement et désire seulement vous nuire. Je ne peux permettre une telle chose, Maitre.

-Et même si c'était le cas, tu penses que je ne suis pas capable de me défendre si la situation venait à dégénérer ?

-Bien ... Bien sur que si votre altesse. Vous ... Vous êtes de loin le plus fort d'entre nous et je n'ai aucun doute sur ...

-Arrête ça, Momo. Tes flatteries. Tu sais bien que je n'aime pas ça. Je n'ai plus besoin de toi pour le moment. Va t'enquérir de l'état de santé des humains que j'ai acheté et assure toi que le trajet jusqu'au manoir se passe bien. Je te retrouverai là bas tout à l'heure. Oh et ne les enferme pas. Trouve leur à chacun une chambre s'il te plait.

La démone se redressa et posa sa main sur son cœur en signe de respect. Après un "Bien Maitre" chuchoté, elle s'éloigna du petit groupe. Non sans avoir jeter un regard méfiant aux trois autres. Izuku soupira, et son aura s'éteignit petit à petit. Il fit signe aux humains de le suivre, retournant à l'intérieur de la tente. Katsuki, Eijiro et Denki le suivirent et retirèrent leur couvre chef mais se figèrent à l'entrée en s'apercevant qu'il y avait quelqu'un d'autre à l'intérieur. Un homme à tête de corbeau était assis sur un fauteuil aussi noir que ses vêtements, ainsi que tout le reste de la pièce. Izuku s'assit dans un canapé juste à coté et fit les présentations.

-Je vous présente Fumikage Tokoyami. C'est lui qui organise ce marché noir et qui s'assure grâce à ses feux follets que tout se déroule bien.

-C'est donc comme ça que vous avez su qu'on était entré sans autorisation. Mais comment ça se fait qu'on aient pu arrivés jusqu'ici alors ?

-C'est Izuku qui m'a demandé cette faveur. Répondit la voix grave du démon corbeau, ses yeux rouges perçants, analysant les mercenaires. Autrement, jamais vous n'auriez pu trouvé cet endroit.

Il se leva de son siège et se tourna vers le prince héritier.

-Je dois te laisser. Le devoir m'appelle. A bientôt Izuku. Profite de ma tente autant que tu voudras.

Il s'inclina légèrement devant le vert avant de sortir sans faire plus attention aux trois humains. Katsuki, qui n'avait d'œil que pour Izuku depuis qu'il l'avait revu, vint rapidement se laisser tomber à ses cotés dans le canapé. Prenant immédiatement ses aises, il posa son bras gauche sur le dossier laissant pendre son avant bras et sa main dans le vide.

-Putain, t'as des potes plutôt antipathiques, son altesse. Ou alors c'est parce qu'on est humain qu'ils nous détestent tous au premier regard ?

-Ce ne sont pas mes amis. Je n'ai aucun ami. Fumikage est mon receleur. Il me couvre quand j'ai besoin et de mon coté je ne m'occupe pas de son marché noir. Et Momo est ma majordome. Elle s'occupe de mon manoir en mon absence et gère mon emploi du temps ... Officiel. Ils ne sont donc pas mes amis.

Katsuki leva les yeux au ciel en constatant le peu de second degrés que pouvait avoir le prince mais rangea toutes les informations qu'il lui donnait dans un coin de son esprit. Dans un mouvement vif mais doux, le cendré prit le menton du vert et le tourna vers lui. Les iris presque fluorescentes entouré de tant de noir rencontrèrent les rubis incandescentes.

-T'as une sale gueule. Il t'arrive quoi ?

Izuku détourna les yeux mais laissa la main du blond où elle était. Katsuki en profita pour remonter sa paume sur sa joue droite et retraça du bout de son pouce la cerne sous son œil.

- C'est rien. Je ... Je fais souvent des cauchemars après avoir tué alors je dors le strict minimum.Ça va me passer.

Eijiro, toujours debout avec Denki à l'entrée, se racla la gorge, gêné par la scène presque trop intime entre son meilleur ami et le démon.

-Bon, Kats' on va y aller ? On a du boulot à trouver et apparemment ici c'est mort alors bouge ton cul si tu veux pouvoir bouffer dans les prochains jours.

Izuku repoussa délicatement du dos de sa main celle du blond et posa son regard surpris sur le rouge, bougon.

-C'était pour proposer vos services de mercenaires que vous vous êtes aventurés jusqu'ici ? Vous ne doutez de rien en tout cas. Mais malheureusement, aucun de mes congénères d'ici ne pourrait faire confiance à des humains, étant donné qu'ils sont traités comme ...

-De la marchandise ? Ouais, on a vu. Répliqua vertement Denki.

Un silence pesant s'installa dans la petite pièce. L'homme au regard carmin fusilla ses deux compagnons de l'avoir interrompu et alors qu'il allait ouvrir la bouche pour détendre un peu l'atmosphère, Izuku les étonna à nouveau.

-Pourquoi ne travailleriez vous pas pour moi, dans ce cas ?

Katsuki éclata d'un rire sonore en voyant les deux mâchoires d'Eijiro et Denki tombés en même temps dû au choc de la nouvelle. Izuku précisa sa pensée en voyant les réactions des mercenaires.

-Oui, vous feriez parfaitement l'affaire pour surveiller les humains que je viens d'acheter durant le trajet jusqu'à la capitale. Ils se sentiront bien plus en confiance si c'est vous plutôt que si j'engage des démons. Bien sur, ça vous ferait voyager avec moi jusqu'à Shihon mais je peux vous garantir que vous serez sous ma protection toute la durée de votre séjour. Et en plus savoir que dans ma suite, il y a des humains va faire vriller mon père. Qu'en pensez vous ?

Denki sortit de sa torpeur en se claquant les joues. Refusant totalement l'information, il mit ensuite ses bras en croix devant lui.

-Non mais c'est du délire !? On va quand même pas se jeter dans la gueule du loup comme ça et risquer notre peau au milieu de votre réunion des démons les plus puissants de votre foutue race !

Eijiro, bien plus réfléchi à ses cotés, méditait sur la proposition faite, pesant le pour et le contre, un main devant sa bouche jouant avec une barbe inexistante. Finalement, il donna son avis sur la question.

-Moi je suis carrément pour. Et j'imagine que toi aussi, Kats' ?

Le cendré n'eut même pas besoin de parler, il approuva seulement en hochant la tête. Tout deux se tournèrent vers Denki, paniquant complétement.

-Quoi ? Mais les gars enfin, c'est du suicide ! Vous êtes pas sérieux ?!

Izuku se leva et se dirigea vers lui. Il prit ses deux mains entre les siennes et plongea son regard dans celui du blond électrique.

-Je vous garanti votre entière sécurité. Ma suite est intouchable. Et vous serez grassement payé pour vos services.

Denki se calma instantanément après avoir retenu un seul mot de ce que le prince venait de dire.

-Payé ? Tu vas aussi y mettre une prime de risque ?

-Bien sur. Avec Momo, je vais vous faire un contrat en bonne et due forme. Donnez moi votre prix et se sera le mieux.

Katsuki se leva à son tour et vint se poster entre Denki et Izuku. Il tendit sa main vers le prince démon, ravi de cet arrangement lui permettant de légitimer son intérêt pour le vert. Ce dernier libéra les mains de la pile électrique, sautillant d'excitation et serra celle tendu du chef de la petite bande.

-Nous avons un accord. Fais nous le même prix que tu comptais mettre dans une garde démoniaque.

-Eeeh ! Oublie pas la prime de risque hein ?

Katsuki leva les yeux au ciel. Lorsque son regard se fixa à nouveau sur Izuku, son cœur oublia provisoirement de battre. Le prince souriait. Tout simplement. Le mercenaire ne l'avait encore jamais vu avec une telle expression. Depuis qu'il l'avait rencontré, il arborait toujours cet air neutre qui le caractérisait tant. Mais ce sourire si sincère et doux était une nouveauté que le blond appréciait déjà bien plus. Il en oublia presque que la personne face à lui était l'héritier du royaume des démons. La main du vert quittant la sienne rompit son moment de légèreté.

-J'ai encore des préparatifs à terminer avant notre départ pour la capitale, je vais donc devoir vous laisser. Pour sortir, Fumikage m'a créé ma propre porte de sortie. Vous voulez la prendre avec moi ou vous avez d'autre chose à faire ici ?

D'un commun accord, tous décidèrent de partir en même temps qu'Izuku. Inutile de retourner se mêler à une foule de démons pouvant les capturer pour les revendre au plus offrant au prochain marché noir. Ils sortirent tous de la tente et Izuku les amena au fond de la cavité. Il apposa sa main aux griffes noirs contre la roche et le même escalier qu'ils avaient eu à descendre plus tôt dans la soirée apparut face à eux. Ils le gravirent en silence, s'éloignant de ce lieu illégal et des pauvres humains traités comme du bétail encore là bas. C'est les poings serrés par l'impuissance et l'ironie de repartir avec un démon qu'Eijiro se promit de tout faire pour aider ceux dont il aurait la garde prochainement.

Parvenu à la surface, ils prirent tous une grande bouffée d'air frais, ne s'étant pas rendu compte à quel point l'atmosphère était étouffante en bas. Il faisait nuit noire mais les rues restaient animés. Izuku, les mains dans les poches de son manteau long, pencha la tête vers la droite.

-Nous sommes tout proche de la frontière vers le campement des marchands humains. Le votre se trouve aussi là bas, n'est ce pas ? Rentrez bien. Je vous envoie rapidement les contrats ainsi que notre date de départ. Bonne soirée, Messieurs.

Izuku fit quelques pas avant de sauter avec grâce sur le toit le plus proche toujours suivi par le regard rougeoyant de Katsuki. Il le contempla retourner vers chez lui alors que peu à peu un sourire vorace s'étendit sur ses lèvres.

-J'ai tellement hâte que cette nouvelle mission commence. Je suis persuadé quelle va être des plus excitantes. Ce petit prince ... ne sait pas dans quoi il s'est embarqué en nous prenant à son service. Ce démon sera mien c'est clair et net.

Eijiro pouffa de rire en se mettant à son niveau, croisant les bras sur son torse.

-Sérieusement ? Tu penses vraiment avoir tes chances ? Je te rappelle que c'est pas n'importe qui. C'est carrément le putain de prince héritier de ces enfoirés de démons. C'est pas comme la fois ou tu avais voulu séduire un garde impérial.

-C'était de ta putain de faute si j'avais du faire du charme à ce connard, je te rappelle ! C'était le seul moyen de sortir de leur saloperie de prison. Et ça a parfaitement marché. Non. Crois moi, Eijiro, lui, il va m'appartenir. Je te le garantie.

-A t'entendre, on croirait que t'es tombé amoureux mon pote.

Katsuki passa le bout de sa langue sur ses lèvres, prenant le temps de réfléchir puis finalement secoua la tête.

-Oh que non putain. Ça faut pas rêver. Mais il est clair qu'il m'attire et que je veux en savoir plus sur lui. Allez viens rentrons. Nous aussi on a pas mal de choses à organiser avant de se barrer d'ici.

Faisant flotter sa cape rouge derrière lui, Katsuki tourna les talons et se dirigea lentement vers leur campement sous le regard blasé de son ami qui lui emboîta le pas.