L'agent double
Les éléments en italique sont des répliques reprises directement du livre "Harry Potter et Le prisonnier d'Azkaban" de J.K. Rowling
Pendant la semaine qui suit, Drago, Millicent et Harry suivent ce qu'ils ont décidés à la lettre. Pendant que Harry s'applique à rester le plus proche de Ronald Weasley durant les cours qu'ils ont en commun, ses amis épient les actions du rouquin et de son rat. Très rapidement, le brun a remarqué que son pendentif vibre faiblement et émet une lueur bleutée lorsqu'il se trouve proche de Croûtard. Dans ces moments-là, il attrape le pendentif que Sofia lui a offert dans son poing et sourit, se rendant compte qu'il marche. De plus, cela confirme peut-être leurs soupçons.
La carte en main, c'est en général Drago qui s'occupe de veiller la nuit pour vérifier que le rat ne sort pas en cachette. Heureusement pour le sommeil du blond, ses deux amis prennent parfois la relève. Contrairement à ce qu'ils pensaient, ce n'est pourtant pas Croûtard qui passe son temps à sortir du château. Le chat de Hermione semble beaucoup se balader, et pas uniquement dans l'enceinte de Poudlard. De plus, celui-ci semble trouver un malin plaisir à torturer le rat en lui courant après. Malheureusement pour eux, la carte ne note pas où ils vont une fois hors des murs de l'école.
Le quotidien de Ronald est particulièrement simple. Le roux suit ses cours, mange, va à ses cours de l'après -midi, remange, puis se rend dans sa salle commune pour faire Merlin sait quoi. La plupart du temps, son rat attend et se balade dans le dortoir avant que son maître ne revienne, pour le nourrir deux fois par jour. C'est la nuit, comme l'avait prédit Drago, que l'animal s'active. Certaines fois, le blond ne comprend pas en ne voyant plus apparaître le nom de Peter sur la carte, avant de se souvenir qu'il peut se glisser dans des trous que la carte ne connaît pas. Cependant, il ne semble pas préparer quoi que ce soit, du moins, pas pour le moment. Il n'a aucun endroit ou il se rend régulièrement qui ne se trouve pas être le dortoir des garçons de troisième année à Gryffondor.
Harry ne sait pas pourquoi, mais le fait de se concentrer sur ces enquêtes secrètes lui permettent clairement de ne plus penser à son enfance. La colère contre Dumbledore et le monde magique restent bien présentes dans son cœur et dans son esprit, mais la présence de ses amis et de ses tantes la calme légèrement. De façon générale, il est assez occupé pendant la journée pour ne pas passer qu'il ne fait partie d'aucun des deux mondes. Pourtant, le soir, il se remet souvent en question une fois couché dans son lit. C'est dans ces moments qu'il se tourne en direction de Drago pour voir si son ami dort ou non.
C'est une semaine et demi après avoir commencé leurs observations que les trois amis décident de mettre en commun leurs déductions. Le mercredi soir, après que Harry revienne de son entraînement avec le professeur Lupin, Harry, Drago et Millicent s'attablent au fond de leur salle commune pour discuter en toute tranquillité.
— Ça fait dix jours que je passe tout ce temps avec Ronald, et rien de spécial n'a changé, annonce Harry en fronçant le nez, déçu. Il est toujours content de traîner avec moi, il me parle de Quidditch… mais il est vraiment collé à Croutard, tout le temps. Même en dormant ! C'est assez énervant…
— Je sais, je l'ai surveillé sur la carte sans arrêt, et il bouge à peine, confirme Drago dans un soupir en lâchant la carte du maraudeur sur la table, entre eux trois. Il reste collé à Ron ou traîne dans le dortoir. Par contre, Pattenrond, le chat de Granger, ne lâche pas le rat d'une semelle.
— C'est vrai, ajoute Millicent en hochant la tête et croisant les bras sur la table. À chaque fois que Pattenrond s'approche un peu trop, Ron réagit. Il ne laisse pas le chat s'approcher de Pettigrow. Au début, je pensais que c'était juste par précaution, mais maintenant je me demande si Ron ne sent pas qu'il y a quelque chose. C'est comme s'il savait que le chat n'aime pas Croutard.
— Oui, mais on ne peut pas lui dire quoi que ce soit pour le moment. Et ça fait des jours qu'on essaie de se rapprocher de Croûtard sans éveiller les soupçons. Si on ne fait rien de plus, on risque de rater notre chance. Harry se laisse aller en arrière et pousse un long soupir. Pourtant, la lueur de détermination qui brille dans ses yeux n'est pas éteinte. Ils réussiraient à l'avoir.
— Il nous faut un plan plus concret, déclare Harry en se redressant finalement sur sa chaise et baissant la voix. Pattenrond semble être notre meilleure option. S'il tente d'attraper Croutard pendant que Ron est distrait, on pourrait intervenir sans que ça ait l'air suspect. Il suffit qu'on trouve le bon moment pour agir, et qu'on soit là au bon endroit.
— Attendez le garçon, les arrêts Millicent en pointant du doigt la carte. Vous voyez là ? Le nom du chat de leur amie Gryffondor est une fois de plus dans les couloirs de Poudlard, loin de sa maîtresse. Celui-ci semble se faufiler entre les quelques élèves qui restent dans les couloirs pour aller à l'extérieur.
— Regardez. Il vient de sortir de la tour de Gryffondor. Hermione est sûrement déjà en train d'étudier pour ses examens de fin d'année, il part super loin d'elle, termine-t-elle dans un souffle, le regard brillant.
— Quoi, s'exclame un peu fort Drago en ouvrant de grands yeux et faisant se retourner quelques élèves qui murmurent des "chut" furieux.
— Mais pourquoi, demande Harry, ne comprenant pas ou son amie veut en venir.
— Tu m'a bien dit qu'il s'agit d'un fléreur, demande Millicent à Harry après avoir levé les yeux au ciel.
— Demi-fléreur, répond Harry, se lassant des énigmes de son amie. Et ?
Harry observe ses deux amis, qui semblent se comprendre. Pendant une seconde, il se sent exclu. Il voit que ses deux meilleurs amis ont également créé un lien qu'il ne comprend peut-être pas. Sans savoir pourquoi, cela ne lui plait pas et il fronce les sourcils, presque jaloux de leur complicité. Drago fixe la direction dans laquelle est partie le chat, déterminé à comprendre ce que cache le félin.
— Vous allez m'expliquer à la fin, s'impatiente Harry dans un murmure étouffé.
— Ils repèrent assez facilement si quelqu'un est mal intentionné, lui confie enfin son amie en remarquant que le blond est bien trop pris dans ses pensées pour pouvoir dire quoi que se soit.
— Ho.
Harry sourit en comprenant pourquoi ses amis se sont réjouis une seconde avant lui et il se rappelle de ce que Hermione lui avait confié sur son nouvel animal de compagnie le jour même ou elle l'a adopté. C'est exactement ce que Millie vient de lui répéter. Pattenrond a compris que Croûtard n'est pas une personne bien. Mais cela n'explique pas ses balades nocturnes à l'extérieur ! Pendant quelques secondes, les trois amis s'assoient au fond de leur chaise et croisent les bras, les sourcils froncés par la concentration. C'est Drago qui se redresse, un sourire rusé sur les lèvres. Il tousse légèrement et sort son vieux sourire en coin qui fait craquer les filles. Il joint ses mains sur la table et laisse un petit silence, pour faire monter le suspense
— C'est là que ça devient étrange. Les fléreurs, ou les demi-fléreurs comme Pattenrond, peuvent être loyaux envers les personnes en qui ils voient quelque chose de vrai, quelqu'un qui les attire par leur caractère. Hermione est d'une loyauté sans faille… mais si Pattenrond a trouvé quelqu'un de plus proche de son instinct, il pourrait le suivre, même sans elle.
— Quelqu'un que ce fichu chat a jugé digne de sa loyauté, Millicent pose un doigt sur son menton et fixe le bois de la table pour se concentrer… C'est peut-être mauvais signe. Si Pattenrond cherche un sorcier dangereux, ça pourrait bien être…
— Sirius Black, Termine Harry pour son amie, le teint livide. Vous pensez que Pattenrond pourrait l'avoir trouvé et décide de l'aider ? Il ne peut pas encore être si proche de Poudlard ?
— Mec, même si personne ne l'a retrouvé après Halloween, ça ne veut pas dire qu'il est parti pour de bon. Drago grimace. Lui aussi aurait préféré que le cousin de sa mère fuit dans un autre pays. Mais au vue des circonstance, il comprend également le sentiment de colère et l'envie de vengeance que doit probablement couvrir le dernier membre mâle de la famille Black.
Le trio échange un regard lourd de sens. Bien qu'ils aient compris que le rat de Ronald n'est ni plus ni moins que Peter Pettigrow, cela ne résout en rien ce qui concerne le prisonnier d'Azkaban. Est-ce que Sirius a tenté de tuer Peter et l'a raté parce qu'il ne voulait pas de témoin sur le meurtre de James et Lily Potter ? Ou parce que le véritable traître, c'est Peter ? C'est à cet instant que Harry se souvient d'Halloween. Sirius Black avait tenté de s'introduire dans la tour Gryffondor mais n'avait finalement pas réussi ! Et Si Sirius savait que Peter est vivant et que c'est pour cette raison qu'il a tenté d'entrer chez les rouge et or ? Peter serait le véritable méchant ?
— Attendez… Sirius n'est pas venu pour moi, à Halloween, mais pour lui.
Drago croise les bras. Il avait oublié cet incident. En y réfléchissant, il est vrai que cela rendrait tout plus logique. Il est au courant que le rat est Peter Pettigrow et veut terminer le travail. Il veut le tuer. C'est pour ça qu'il s'en est prit à la tour et non aux anciens cachots.
— S'il savait que Pettigrow s'y cachait sous l'apparence d'un rat, il n'aurait pas hésité à prendre des risques pour l'attraper, souligne le blond. Il se lève, les mains sur les hanches et la tête penchées vers le plafond, il a les sourcils froncés. Dans un soupir, il détourne son regard du plafond pour le rediriger vers ses amis.
— Oui, mais pourquoi la tour de Gryffondor en particulier ? Il aurait pu essayer de le coincer ailleurs, non, interroge Millie en observant le manège de Drago.
— Black a juste saisi la première occasion qu'il a eue pour l'atteindre. Intervient Drago en posant cette fois ses deux mains sur la table, le buste penché en avant.
— Ce qui veut dire que ce n'est pas toi, Harry, qu'il visait, résume Millicent. Elle sourit en pensant que cela change beaucoup pour son ami.
— Il cherchait Peter depuis le début… pour se venger ? Demande Harry en se passant une main dans les cheveux. Mais qu'est-ce que ça change pour nous ?
— Ça change tout, réplique rapidement le blond en se rasseyant rapidement sur sa chaise. Il se penche en avant et s'apprête à expliquer sa pensée, mais Harry le coupe dans son élan en se rapprochant à son tour, les yeux brillants de détermination.
— Si Sirius est après Peter, alors il est peut-être moins dangereux que ce qu'on nous a raconté. Il ne voulait pas tuer mes parents, c'est Peter qui a fait tout ça…
— Oui, mais ça ne veut pas dire que Sirius n'est pas dangereux, le met en garde Millicent en fronçant les sourcils. Si on se met en travers de son chemin, même involontairement, il pourrait nous voir comme des obstacles… Il a passé douze ans en prison, ça l'a forcément changé.
— Et si on continue de suivre Pattenrond, on risque peut-être de tomber sur Sirius lui-même. Alors, il faudrait peut-être… prévenir quelqu'un. C'est avec peine que Drago dit cette dernière phrase. Lui qui est si sûr de lui et de ses capacités, il n'est pas à l'aise avec le fait de demander de l'aide. En comprenant que leur ami a peur pour lui et pour eux, Harry et Millicent lui sourit doucement. Millicent tend une main vers lui et la pose sur son avant bras pour tenter de le rassurer.
— On peut en parler à Marlène, assure Harry. Elle nous a promis d'être là si on trouve quelque chose. Si Sofia envoie un hibou dès qu'on sent que Sirius est proche, elle arrivera peut-être assez vite pour nous protéger.
— D'accord, mais on envoie ce hibou dès qu'on a des preuves, avertit Millicent. Et on reste discrets jusque-là. On ne doit pas laisser Ron ou quiconque suspecter quoi que ce soit, sinon Pettigrow pourrait fuir.
— Mais tu veux quoi comme autre preuve que ce qu'on a s'exclame à voix basse Drago, laissant ses ressentiments prendre légèrement le dessus. Peter est le rat de Ron et Sirius a tenté de le tuer en allant dans le dortoir des Gryffondor à Halloween alors que tout le monde sorcier sait que le grand survivant est à Serpentard ! Je veux dire, on est débile de ne pas avoir compris ça plus tôt !
Millicent et Harry se regardent une seconde et hochent la tête. Leur ami a raison. Pourtant, c'est leur parole contre celle d'un rat. Et vu tous les mensonges qui se cachent sous la mort des parents de Harry, il doit être capable de mentir comme de respirer.
— Si on trouve Black, tu restes en arrière, d'accord, demande finalement Drago au survivant. Je sais que tu rêves de lui poser des questions, mais pas de folie, Potter.
Un silence se fait après que Drago ait fini de parler. Les trois adolescents observent la carte du maraudeur, perdue dans leurs pensées. Tandis que Harry se demande si son parrain pourrait être innocent, Millicent elle s'inquiète pour ses amis, consciente qu'ils ne parlent que très peu de leurs problèmes entre eux. Drago en revanche passe en revue tous les sorts offensifs que son père et Severus lui ont appris, dans le but de défendre Harry et Millicent.
— Ce soir, propose finalement Millicent en remarquant que le chat prend son temps pour sortir du bâtiment.
— Demain soir. Il faut qu'on soit fixé.
— On devrait prévenir Sofia….
— On devrait surtout prévenir Hermione, c'est de son chat qu'on parle, aussi.
Une fois qu'ils ont décidé de suivre Pattenrond hors de l'enceinte scolaire la nuit suivante, les amis prennent des mesures pour protéger leurs arrière et éviter de se faire prendre. Dans un premier temps, ils décident de prendre la cape d'invisibilité pour ne pas se faire attraper par le chat. Puis, Harry indique qu'il envoie sur le champ une lettre à sa tutrice pour l'informer des événements et qu'il est possible de trouver une personne sorcière derrière l'attitude du chat.
— J'ai vraiment peur que se soit Black, avoue Millicent en jetant un oeil en direction de Harry
— Si c'est lui, on lui demandera des comptes, intervient le survivant pour clore la discussion.
Drago insiste une fois de plus pour mettre son parrain au courant des évènements dans le but qu'ils ne soient pas sanctionnés pour être à l'extérieur après l'extinction des feux. Tandis que Harry hésite à faire cette confidence au maître de potion, Millicent dit que Remus Lupin devrait également être informé de leurs intentions.
— C'est trop de monde, on peut pas juste donner des faux espoirs à tous ces gens qui veulent revoir leur ami vivant et en bonne santé. Harry imagine la douleur de Marlène si elle se rend compte que Sirius est vraiment innocent.
— J'ai l'impression que c'est déjà ce qu'elle ressesnt…
— Au moins Sofia, indique Millicent, Elle le mérite.
Après quelques arguments, il est décidé que la seule personne qui serait mise dans la confidence de leur sortie de nuit serait Marlène. Mary est encore bien trop touchée par la situation, la personne recherchée était le meilleur ami de Remus et le harceleur de Rogue. Aucune de ces trois personnes n'est prête à faire face à la réalité s'ils découvrent que Sirius est bel et bien ami avec le chat de Hermione. C'est pour cette raison que Drago et Millicent se positionnent juste derrière Harry pour participer à l'écriture de la lettre pour Marlène. Pendant de longues minutes, ils essaient d'expliquer leurs déductions à la jeune journaliste.
"Chère Marlène,
Je voulais te tenir au courant des derniers événements depuis Noël. Les choses avancent, et nous pensons avoir trouvé une piste importante — mais elle est loin d'être sans risques.
Drago, Millicent et moi avons continué à observer Ron et son rat, Croûtard, qui devient de plus en plus étrange. Il semble terrifié à la moindre occasion, surtout lorsqu'il croise Pattenrond, le chat de Hermione, qui est à moitié fléreur. Je suis sûr que tu sais ce que cela implique. Pattenrond semble traquer Croûtard, comme s'il savait qui il est réellement, et tente peut-être de le mener directement à Sirius Black.
Nous avons aussi repensé à la nuit d'Halloween, lorsque Sirius a essayé d'entrer dans la tour de Gryffondor. Au début, on pensait qu'il voulait m'attaquer, mais cela semble plus logique qu'il cherchait à attraper Peter. Sirius doit savoir ce que Peter a fait et veut prouver son innocence ou simplement en finir avec lui. Par contre, comment Sirius a découvert que Peter est en réalité Croûtard reste un mystère.
Nous avons décidé de suivre Pattenrond pour voir où cela nous mène. Peut-être trouverons-nous Sirius ou même Peter. Nous savons que cela pourrait être dangereux, c'est pourquoi je voulais te demander une faveur : pourrais-tu rester vigilante et venir rapidement si nous t'envoyons un message ? Cela me rassurerait énormément de savoir que tu es prête à intervenir si la situation devient compliquée.
Avec toute mon affection,
Harry"
Une fois la lettre attachée à la patte de Hedwige, et celle-ci envolée, les trois amies se sourient, heureux de voir que leur enquête avance enfin. Ils se souhaitent une bonne nuit et se séparent, épuisés par la discussion et leurs cours de la journée. Le lendemain matin en se levant, Harry reste couché un moment après s'être réveillé. Il roule sur le côté et tend la main vers le sol pour en sortir discrètement le balais, et l'observe avec envie depuis le haut de son lit. Du bout des doigts, il glisse le long du manche lisse et observe avec satisfaction l'inscription "éclaire de feu" écrit dans une magnifique calligraphie.
— Tu veux voler avec, n'est ce pas, sourit Drago.
Celui-ci vient à peine de se réveiller. Les yeux encore ensommeillés et les cheveux en bataille, Harry se surprend à le trouver vraiment beau. Pendant une seconde, il a envie de lui caresser les cheveux pour les remettre en place et de toucher la peau de sa joue, simplement pour découvrir si elle est aussi douce que celles de ses mains. En se rendant compte de ses pensées, Harry rougit doucement et remercie Merlin qu'il fasse encore un peu nuit pour que son ami ne remarque pas son embarras.
— Oui, clairement, avoue Harry après avoir repris contenance. Est-ce que je devrais pas le donner à Rogue pour qu'il regarde juste s'il y a des sortilèges dangereux dessus ? Maintenant qu'on est sur que Sirius ne veut pas me tuer, je pense que si ça vient de lui… ce n'est peut-être pas si dangereux…
— Fais ce que tu veux, lui dit simplement Drago en baillant largement, t'es assez grand pour faire tes propres choix… Mais ne va pas voler dessus sans être certain qu'il est ok !
— Promis, indique Harry en soulevant ses draps.
Le survivant s'habille en vitesse et annonce à Drago qu'il le verrait plus tard. Il remballe le balais dans son emballage puis le prend contre lui et sort de sa salle commune sous les regards interrogateurs de certains élèves. Il se dépêche de se rendre devant le bureau de son directeur de maison et toque immédiatement. Le professeur répond après quelques secondes. Severus Rogue est encore et toujours vêtu de ses vêtements noir et de sa cape, noire également. Il observe Harry quelques secondes avant de poser son regard sur l'objet qui accompagne le garçon.
— Que faites-vous avec un balais dans le château, Potter, demande lentement Rogue, visiblement en colère. Bien que l'éclair de feu soit bien emballé dans le papier, il est facilement reconnaissable.
— Je l'ai reçu ce matin, monsieur, indique le survivant en gardant la face face à son petit mensonge. Je voudrais savoir si vous pouviez vous assurer qu'il n'y a aucun danger.
— Vous vous pensez si intéressant, monsieur Potter ?
— Non, en revanche Sirius Black souhaite apparemment me tuer, alors je préfère ne prendre aucun risque.
L'enseignant dévisage Harry avant d'attraper brusquement le balais. Bien que son comportement laisse à désirer, Harry reconnaît pourtant le petit sourire caractéristique de la fierté de son professeur.
— Je ferais ce qu'il faut. Allez rejoindre vos camarades.
Le professeur de potion claque au nez de Harry, qui sourit. Au moins, son balais serait examiné et il pourrait ensuite voler avec. Plus besoin de le cacher, comme ils l'avaient décidé avec Drago. C'est avec joie que Harry s'en va prendre son petit déjeuné ce jeudi matin là, heureux de pouvoir peut-être utiliser un balais plus correct pour le prochain match, qui se déroulera ce samedi. Deux jours plus tard, Harry espère que le professeur de potion viendrait le voir pour lui rendre le balais. Malheureusement, cela ne se passe pas. Le matin du match, un vent frais se lève après deux jours de pluie, ce qui fait soupirer de soulagement Harry, Drago et leurs coéquipiers. Lorsqu'ils vont prendre leur petit déjeuner, Sofia et Millicent viennent les rejoindre pour leur souhaiter bonne chance.
— Je te signale qu'on est aussi fort que vous, intervient Sofia en souriant de malice.
— Pourtant, c'est nous qui allons gagner, assure Drago à la jeune métisse dans un sourire enjôleur.
Sofia croise les bras et relève la tête avant de repartir vers sa table pour souhaiter bonne chance à sa propre équipe. Juste avant que Flint ne vienne chercher son meilleur poursuiveur et son attrapeur, c'est au tour de Hermione, Neville et Ronald de venir pour les encourager.
— Ne tombe pas de ton balais et évite de manger le vif, recommande Hermione en se remémorant les dernières rencontres de Harry.
— Le balais, pas dans le saule cogneur, ajoute Neville avant d'éclater de rire.
— Bonne chance Harry, dit simplement Ron. Sur son épaule est perché le rat. En l'observant, Millicent hoquète de stupeur et pose ses mains devant sa bouche. Drago tourne un regard interrogateur vers elle. Soudain, il se fait empoigner par l'arrière de sa veste et se lève précipitamment, tandis que Harry subit le même sort. Millicent ne fait pas partie de l'équipe mais décide de les suivre, toujours légèrement choquée pour une raison qui échappe aux deux garçons.
— Il n'y avait plus un de ses doigts doigt, de Pettigrow, un seul doigt, murmure sans relâche la jeune fille en marchant entre ses amis.
— Oui, c'est ce que tout le monde dit, et alors ?
— Le rat, il a un doigt qui manque, c'est vraiment lui ! Millicent est blême.
— Mais on le savait déjà, Millie, chuchote Harry en passant un bras autour des épaules de son amie.
— Tout est devenu beaucoup plus réel quand j'ai vu… qu'il manque un doigt au rat de Ronald, avoue la jeune fille, les bras ballants.
— Tout va bien se passer, lui assure Drago en souriant doucement.
— Ho mon dieu, s'écrie à son tour Harry en faisant se retourner certains de ses coéquipiers, le regard interrogateur.
Une fois de plus, Drago est perdu, tandis que Millicent lutte contre les larmes. Cela devient beaucoup trop réel à son goût.
— Le journal, souffle Harry, dans le journal, il y avait une photo des Weasley ! Il a eu accès au journal que le ministre lui a donné ! Si c'est celui qui parle du voyage des Weasley…. Alors on a raison.
Les trois amis restent silencieux pour le reste du trajet. Juste avant d'entrer dans la loge des joueurs, Millicent enlace brièvement ses amis puis se dirige vers Hermione, Neville et Sofia, qui l'attendent un peu plus loin. Ceux-ci adressent des signes de mains aux deux serpents avant d'aller s'installer dans les gradins.
Dans la petite cabane avant-jeu, Flint fait un petit discours que Drago et Harry n'écoutent pas, bien trop occupés à s'indigner du balais que Harry doit prendre pour jouer. Drago l'identifie comme étant un "Comète" puis prévient son ami qu'il s'agit pratiquement d'une relique, tant il est vieux.
Lorsque madame Bibine crie le nom de la maison vert et argent, toute l'équipe s'envole, prête à attraper le vif et remporter la victoire. Le vent que Harry trouvait rafraîchissant le matin même lui semble d'un coup bien plus froid. Alors qu'il se débat avec l'écharpe qu'il a mal attachée, il remarque que le stade de Quidditch est en effervescence. Les équipes prennent position sous les acclamations des spectateurs et Harry réussit finalement à accrocher correctement son écharpe. Les couleurs bleues et vertes scintillent dans les gradins, et une tension palpable règne dans l'air. Harry se tient prêt sur son balai, le cœur battant un peu plus vite à l'idée d'affronter Cho Chang, l'Attrapeuse de Serdaigle. Dès qu'il la repère de l'autre côté du terrain, il sent un léger rouge lui monter aux joues : Cho est non seulement belle, mais elle a aussi cette allure gracieuse qui attire indéniablement son regard. Harry secoue la tête et prête attention à ce qu'il se passe en dessous de lui. Il remarque que Drago lève les yeux au ciel et rougit une nouvelle fois en pensant qu'il s'est aperçu de son intérêt pour la serdaigle. Est-ce que Sofia pourrait la lui présenter ?
Le coup de sifflet de Madame Bibine résonne vivement dans le stade, et les joueurs s'élancent dans les airs. Le match démarre avec une intensité qui fait immédiatement grimper l'adrénaline de tous. Les Poursuiveurs des deux équipes se disputent avec vigueur le Souafle. Rapide et stratégique, Drago intercepte habilement les passes adverses et met ses coéquipiers en bonne position pour marquer à plusieurs reprises. Après quelques minutes de jeu seulement, Harry hurle de joie pour célébrer leur troisième point.
Lorsque le jeu reprend, quelques échanges rapides se font entre les deux équipes avant que Montague ne s'empare du Souafle et le lance en direction de Drago. Celui-ci parvient à marquer son quatrième but déclenchant une fois de plus des acclamations enthousiastes dans les tribunes vertes et argentées. Harry, qui place un peu plus haut en surveillant le terrain, ne peut s'empêcher de jeter un coup d'œil vers Cho, espérant apercevoir sa réaction. Elle continuait de surveiller les alentours avec intensité, concentrée et imperturbable. Son sérieux ne fait que renforcer l'envie chez Harry de la connaître.
Le match se poursuivit, de plus en plus acharné. Serdaigle ne se laisse pas intimider, et continue de se battre pour tenter de rattraper son retard. Lorsqu'une collègue de Cho marque un but spectaculaire, les Serdaigle explosent de joie. Harry se retrouve à admirer la façon dont elle plane avec grâce pour aller enlacer sa collègue. Il faillit perdre de vue sa mission, avant de secouer la tête pour se concentrer.
Drago, un peu plus bas, est en pleine action. Il passe entre les Poursuiveurs de Serdaigle et lance le Souafle vers l'un des anneaux, marquant à nouveau. Harry lui jeta un coup d'œil, un sourire aux lèvres, tout en continuant de chercher le Vif d'Or. Soudain, son regard capte une lueur dorée juste sous les gradins de Serdaigle, et son cœur bondit. Mais au même moment, il s'aperçoit que Cho l'a également repéré. Pendant une seconde, les deux attrapeurs fixent la petite balle dorée. Puis, Harry n'hésite plus. Il se penche en avant, et accélère. Le vent fouette son visage alors qu'il plonge en direction du Vif d'Or, mais il ne pouvait ignorer la présence de Cho juste à côté de lui. Ils volent côte à côte, et pendant une fraction de seconde, leurs regards se croisent. Harry sent ses joues s'échauffer, mais il se concentre sur sa mission, déterminé à ne pas laisser cette distraction lui coûter le match.
Cho, elle aussi, semble prête à tout pour attraper le Vif. Elle se rapproche, les yeux déterminés. Mais à cet instant, Drago, qui avait remarqué la situation, manœuvra habilement pour détourner l'attention d'un Cognard qui fonçait droit sur Harry. La diversion fonctionne : Harry se concentre pleinement et tend le bras de toutes ses forces.
Dans un dernier effort, il se couche sur son balai et sa main se referme autour du Vif d'Or. Le coup de sifflet retentit aussitôt, et la foule explose. Les Serpentard envahissent le terrain pour célébrer leur victoire, Harry se retrouve rapidement entouré de ses coéquipiers. Drago lui donne une tape sur l'épaule avec un sourire satisfait, tandis que Harry jette un regard rapide vers Cho. Elle lui fit un petit signe de la tête, un sourire discret aux lèvres, et Harry sentit son cœur battre encore plus fort.
En retournant à l'intérieur du château, Drago et Harry sont escortés par leurs amis Hermione, Neville et Sofia, qui les félicitent pour leur belle tactique de jeu. Une fois la tension et l'excitation du match retombée, Harry s'autorise enfin à se poser. Il décide d'aller faire un tour autour du lac avant de prendre une douche, histoire de prendre l'air et de retrouver ses esprits. Hermione et Sofia le suivent, ne voulant pas le laisser seul pour le moment.
— Alors… j'ai trouvé des pistes sur ce qu'on pourrait faire pour obliger Pettigrow à se montrer, commence Hermione en cherchant ses mots. Il existe effectivement des incantations pour forcer un Animagus à reprendre forme humaine. Mais…
Elle hésita, levant les yeux pour observer Harry et Sofia. Ses deux amis tournent vers elle un regard rempli d'espoir. La brune baisse les yeux et joue avec ses doigts, détestant devoir leur annoncer des mauvaises nouvelles. Harry a mis Sofia au courant la veille au soir. La jeune fille est désormais avec eux dans cette guerre silencieuse et souhaite tout autant que le rat finissent derrière les barreaux que son ami. Elle ne veut plus jamais voir autant de détresse dans les yeux de sa mère d'adoption.
— C'est bien plus complexe que ce que je pensais, avoue finalement la brune.
— À quel point complexe ? demande rapidement Harry, son excitation retombant légèrement.
— Eh bien, les sorts sont nombreux, mais ils sont tous classés comme magies de contrainte, ce qui veut dire qu'il faut une très grande précision et… beaucoup de puissance magique pour que ça marche. En plus, certains de ces sorts ne fonctionnent que si l'Animagus est affaibli ou surpris. Pettigrow pourrait résister s'il se sent menacé ou s'il a une chance de s'échapper
— Donc, même si on le surprend, il y a une possibilité que ça échoue, résume Sofia d'une voix blanche. La jeune fille avait l'espoir que son amie de Gryffondor puisse trouver la bonne formule… Malheureusement, cela ne semble pas le cas.
— Oui, confirme Hermione en hochant la tête, tout en tapant du pied dans un caillou. Mais ce n'est pas tout. J'ai aussi trouvé des sortilèges qui se basent sur des éléments particuliers, comme la création d'une cage ou un champ de force autour du rat pour limiter ses mouvements. Cela empêcherait Pettigrow de fuir avant que l'on utilise le sort de révélation.
Sofia et Harry se lancent un regard inquiet. Sont-ils capable de lancer un sort qui demande autant de précision ? Et puis comment faire pour piéger ce rat dans une cage ?
—Et… tu penses qu'on serait capable de faire ça, Hermione ?
— C'est faisable, mais ça demande une grande maîtrise, indique la rouge et or d'une voix hésitante. Ce que j'ai trouvé indique que pour lancer ces sorts sans risque, il vaut mieux être… en groupe. Je pensais que si toi, moi, et peut-être Sofia travaillons ensemble, on pourrait amplifier l'efficacité de l'incantation. On peut aussi demander à Drago, Millicent et Neville de maîtriser l'incantation pour si jamais l'un de nous est pas d'attaque sur le moment. Et dans le pire des cas, on s'y met tous pour le coincer.
— Tu veux dire qu'on pourrait tous ensemble forcer Pettigrow à se transformer, en synchronisant nos sorts ? La voix de Sofia se fait plus forte grâce à la solution que propose Hermione. Une nouvelle étincelle brille dans son regard, permettant à Hermione de regagner confiance en elle.
— Exactement, dit la brune en souriant. Ce serait notre meilleure chance. Mais… il y a aussi un autre problème. Certains de ces sorts sont proches des sorts de contrainte légale, qui sont normalement utilisés par les Aurors, et ils nécessitent un certain niveau de pouvoir. Je ne veux pas nous mettre en danger… ni causer de problèmes à quelqu'un d'autre.
Les trois amis restent silencieux se taisent quelques secondes, mesurant les conséquences des paroles de Hermione.
— Donc on pourrait le forcer, mais… il y a un risque, murmure Harry.
— Oui, répondit Hermione. Mais, si nous restons prudents et que nous avons un plan pour l'attraper, on pourrait le faire sans attirer l'attention… et sans avoir besoin d'aide extérieure.
— On n'a pas vraiment le choix, rétorque Harry, le regard dur. Si Pettigrow continue de se cacher, il pourrait encore causer des problèmes. On doit le révéler, le prouver… Je veux la vérité. J'en ai besoin.
Sofia hoche doucement la tête et place une main rassurante sur l'épaule d'Harry.
— On est là pour t'aider, Harry. On va y arriver.
— D'accord. Hermione s'arrête de marcher au bord du lac et se tourne vers le serpentard et la serdaigle, sa détermination revenue.
— Je vais continuer à travailler sur ces incantations et nous préparerons tout ce qu'il faut pour agir dès que nous aurons une chance, promet-elle avant de se remettre en chemin pour le château. Harry et Sofia acquiescent, le cœur battant d'espoir.
Ce soir-là, Harry et ses amis se glissent sous la cape de Harry et sortent du château sans un seul bruit. Ils passent devant les tableaux en se retenant de les réveiller pour leur faire peur puis réussissent à aller à l'extérieur. Bien que l'air ne soit pas encore chaud à l'extérieur, il fait à peu près bon, ce qui rassure les trois étudiants. Ils ne mourront pas d'hypothermie. Ils font encore quelques pas avant de se cacher derrière des colonnes.
— Le chat arrive, il va bientôt sortir.
— Ok, on lance les sorts ?
— Oui, c'est partit !
Tous trois se posent mutuellement des sorts silencieux afin de ne pas alerter le chat par leurs gestes maladroits. Une fois fait, ils rangent chacun leur baguette et attendent sagement que leur guide pointe le bout de son nez. Cela ne saurait tarder et à peine cinq minutes après qu'ils soient arrivés, Pattenrond sort de l'établissement et trottine en direction de la forêt interdite. Après un regard en direction de la lune, Harry se lance à sa poursuite aussi silencieusement que possible, ne connaissant pas la durée d'un sort silencieux. Ses amis s'empressent de le suivre, cachés avec lui sous la cape.
Les trois adolescents se tiennent serrés sous la cape d'invisibilité, leur souffle légèrement précipité par l'excitation et l'appréhension. Devant eux, Pattenrond avance d'un pas assuré.
— Tu es sûr qu'il sait où il va ? murmure Drago, à voix basse, ses yeux clairs fixant le chat qui trottine quelques mètres devant eux.
— Regarde-le, répondit Harry en chuchotant à son tour. Il sait exactement ce qu'il fait.
Millicent, placée entre eux, garde une main fermement accrochée à Harry pour éviter de trébucher. Lorsque son pied bute à une racine, elle se rattrape à ses amis qui la soutiennent sans difficultés avant de recommencer à marcher.
— Si c'est un piège, on est vraiment stupides, souffle-t-elle. Un mince sourire trahit son excitation.
Le trio suit Pattenrond à travers la pelouse sombre et détrempée, quittant les lumières chaleureuses du château pour s'aventurer dans l'ombre inquiétante des arbres bordant la Forêt interdite. Le chat, quant à lui, ne montre aucune hésitation. Il bondit avec agilité sur une souche. Pendant quelques secondes, ses yeux sondent l'obscurité, comme s'il cherche quelque chose.
— Il va entrer dans la forêt, murmure Drago, visiblement partagé entre l'émerveillement et la nervosité.
— Alors on entre aussi, répond fermement Harry.
Le chat roux saute pour reprendre sa route. Sous la cape, le trio franchit les premiers arbres. Le silence est à peine troublé par le bruissement des feuilles mortes sous leurs pieds. La lumière de la lune filtre à travers les branches, faisant frissonner Millicent. L'obscurité les ralentit avant qu'ils ne se rendent compte que Pattenrond lui ne ralentit pas le pas. Bien que effrayés par la forêt, les trois amis prennent leur courage à deux mains et continuent à avancer à une bonne vitesse pour ne pas perdre leur précieux guide, qui les emmène loin dans la forêt. Bien que apeurés par la situation, les trois amis se rendent très rapidement compte que la forêt interdite doit certainement être un très bel endroit, si on ne s'y trouve pas de nuit. Les rayons de la lune luisent sur le visage et le vent caresse les feuilles des arbres avec douceur. Harry se surprend à humer avec bonheur l'odeur du pétricore qui se trouve tout autour d'eux.
Pattenrond s'arrête soudain près d'un buisson. Ses oreilles se redressent, et il laisse échapper un miaulement guttural avant de disparaître dans l'ombre.
— Il a vu quelque chose, demande Millicent dans un murmure, en s'accroupissant légèrement pour mieux regarder.
Harry lève une main pour signaler qu'ils doivent rester immobiles. Ils attendent quelques secondes, le cœur battant, jusqu'à ce qu'une silhouette massive émerge lentement de l'obscurité. Un chien. Immense, noir, avec un pelage hérissé et des yeux brillants d'une intelligence inquiétante.
— C'est lui, demande Drago, un mélange de peur et d'excitation dans la voix. Ses deux amis n'osent pas répondre à sa question, figés.
Le chien renifle Pattenrond, qui semble étrangement calme. Puis il tourne la tête, comme s'il avait senti quelque chose. Harry sent son estomac se nouer. Bien qu'ils soient cachés sous la cape, il sait que les animaux ont des odorats épatants.
— Il sait qu'on est là, murmure Millicent. Elle attrape la main de Harry et la sert fort pour se rassurer.
Avant que l'un d'eux ne puisse réagir, le chien se retourne brusquement et s'élance dans les profondeurs de la forêt, Pattenrond sur ses talons.
— On le suit ? demande Drago, déjà prêt à avancer.
— On n'a pas le choix, si on veut des réponses répond Harry, d'une voix ferme.
— On doit prévenir Marlène, rappelle Millicent. Mais aucun de ses amis ne l'écoute, trop occupés à avancer.
Le trio se précipite à sa suite, ne se préoccupant plus que la cape les recouvrent en entier. Les branches basses griffent légèrement le tissu, et l'air devient de plus en plus dense à mesure qu'ils s'enfoncent dans la forêt interdite. Après quelques minutes de course haletante, ils débouchent dans une petite clairière. Le chien s'est arrêté au centre d'une façon assez théâtrale.
La clairière semble suspendue dans le temps. Il s'agit d'un espace dégagé, cerné par des arbres aux branches noueuses qui s'élèvent comme des ombres menaçantes vers le ciel nocturne. La lumière de la lune, encore croissante et brillante, baigne le lieu d'une clarté argentée irréelle. Chaque brin d'herbe semble scintiller, et le sol est parsemé de fleurs sauvages fanées qui semblent toutes mortes sous la lumière froide de l'astre. L'air est frais, chargé d'humidité, ce qui fait frémir Millicent.
Le grand chien noir se tient immobile au milieux de la clairière. Ses yeux jaunes, perçants et vifs, fixent l'endroit exact où se tiennent Harry, Millicent et Drago sous la cape d'invisibilité.
— Il sait, souffle Drago, les yeux fixés sur l'animal comme s'il s'attendait à ce qu'il parle.
Harry hésite une fraction de seconde avant de retirer lentement la cape d'invisibilité, révélant le trio sous la lumière diffuse de la lune. L'atmosphère se fige. Le chien noir grogne doucement, un son sourd et grave qui résonna dans l'air immobile. Pattenrond s'avance, frôlant la jambe de Harry, comme pour lui donner un signe d'encouragement. La queue caressant le pantalon de Harry, le félin lance un regard au canin qui se trouve en face de lui, comme pour le prévenir.
— On n'a pas fait tout ça pour reculer maintenant, murmure Harry autant pour lui que pour ses amis, qui l'entourent de façon protectrice.
Il fait un pas en avant, puis un autre, jusqu'à se retrouver à quelques mètres du chien. Celui-ci émet un grondement sourd, mais Harry sent qu'il ne s'agit pas d'une menace, mais bien d'un avertissement. A la lumière de la lune, Harry réussit à mieux observer le chien qui se trouve devant lui et hausse les sourcils. Il reconnaît immédiatement la silhouette imposante au centre de l'espace dégagé. Ce n'est pas n'importe quel chien. C'est le chien noir. Celui qu'il avait vu devant la Cabane Hurlante lors de sa première visite à Pré-au-lard. C'est également Sirius Black. Il est là, immobile, les muscles tendus, les yeux jaunes brillant d'une intensité presque surnaturelle. Sa respiration lente et régulière contraste avec le silence de la nuit. À ses pieds, Pattenrond se frotte contre ses pattes, comme pour affirmer que, malgré l'apparence effrayante du molosse, il n'y avait pas lieu de s'inquiéter.
Drago et Millicent, juste derrière lui, échangent un regard prudent. Drago serre sa baguette, les lèvres pincées en une moue sceptique.
— Eh bien, pour un fugitif recherché, il a l'air de préférer poser pour un tableau que de s'enfuir.
Millicent, toujours pragmatique, plisse les yeux en direction de l'animal.
— Ou il attend le bon moment pour nous sauter dessus.
— Non, répondit Harry, avec une certitude qu'il ne s'explique pas entièrement. Il ne nous attaquera pas.
Il sait. Sirius a changé. Il n'est plus l'homme que les récits d'il y a douze ans décrivent, ni l'ombre de vengeance que ses premières apparitions semblaient suggérer. Le chien penche la tête, comme s'il écoutait leurs paroles. Puis, il éternue bruyamment. Pattenrond miaule doucement, comme pour approuver l'échange.
Drago haussa les épaules, visiblement moins impressionné.
— Tout ça est bien joli, mais pourquoi est-ce qu'il nous fixe comme ça ? Qu'est-ce qu'il veut ?
Le vent frais faisait frissonner Harry, mais ce n'est pas la température qui le mettait mal à l'aise. A peine a-t-il détourné son regard de la bête qui se trouvait en face de lui que celle-ci a disparu. A la place, c'est un homme qui lui fait face. Un étranger au visage émacié, dont tous les indices prouvent qu'il est innocent du crime pour lequel il a été enfermé durant douze longues années.
Sirius s'avance lentement. Ses mouvements sont prudents comme s'il craint d'effrayer Harry. Sa silhouette maigre et décharnée semble à peine humaine sous la lumière argentée de la lune. En revanche ses yeux, eux, sont intenses et pleins de vie. Il observe Harry sous toutes ses coutures, visiblement ému de pouvoir le découvrir de ses yeux d'humain. Drago et Millicent sont à ses côtés, leurs baguettes brandies avec détermination, comme un rempart protecteur autour de leur ami. Harry, lui, soutient calmement le regard de Sirius. Sa posture est droite, confiante. Il paraît inébranlable. L'évadé a bien raison de se montrer prudent, car au moindre mouvement brusque, aucun des deux étudiants n'hésiterait à le toucher d'un sort offensif pour défendre leur ami. Sirius sourit et s'arrête à une distance respectable. Il observe Harry avec une émotion difficile à décrire, une combinaison de soulagement, de douleur et de peur.
— Harry, murmura Sirius de sa voix rauque et brisée, comme s'il n'avait pas parlé depuis bien longtemps. Tu as grandi…
Harry reste silencieux un instant, jaugeant l'homme devant lui.
— Oui, répondit-il simplement d'une voix froide. Et vous ? Vous avez beaucoup changé aussi.
— Ce n'est pas exactement un compliment, lance Drago avec une pointe de sarcasme, toujours sur le qui-vive. Vous n'avez pas l'air… très présentable.
— Drago, fit doucement Harry en levant une main, pour calmer son ami.
Millicent, plus pragmatique, prend la parole :
— Si vous êtes ici pour parler, faites-le. Mais un seul faux pas, et vous verrez de quoi on est capables.
Sirius hoche lentement la tête et lève les mains en signe de paix.
— Vous avez raison d'être prudents, dit-il d'une voix rauque. Je ne mérite pas votre confiance, pas encore.
Harry fronce les sourcils. Il sonde le visage de l'homme qui se trouve devant lui.
— Pourquoi êtes-vous ici, Sirius ? Pourquoi avez-vous pris tous ces risques ?
Sirius inspire profondément. Il semble chercher les bons mots avant de reprendre la parole.
— Pour te voir, répond-t-il. Pour te dire la vérité.
Harry croise les bras, un geste à la fois défensif et méfiant.
— Quelle vérité ? Que vous avez trahi mes parents ? Que votre "brillante" idée de confier leur secret à Pettigrow les a tués ?
Sirius tressaille, comme frappé en plein cœur, mais il ne détourne pas les yeux. Son attention est toujours fixée sur son filleul, le jeune garçon, le fils de son meilleur ami. Il lui ressemble tellement, cela déstabilise Sirius.
— Non, Harry, je n'ai jamais trahi James et Lily. Pas comme ça. C'est Peter qui les a vendus, pas moi.
— Vous attendez que je vous croie sur parole ? répliqua Harry avec dureté.
Sirius avançe d'un pas, le regard brûlant de sincérité.
— Non, Harry. Je veux que tu me crois parce que c'est la vérité. James était mon meilleur ami, mon frère. Je l'aimais, lui et ta mère, … Elle croyait en moi. Ils étaient comme ma propre famille. Je n'aurais jamais… je ne pourrais jamais…
Il s'interrompt, la voix brisée, et Harry sent quelque chose vaciller en lui. Mais il n'est pas prêt à lâcher prise.
— Alors pourquoi leur avoir suggéré Peter ? Pourquoi avoir changé ?
Sirius baisse la tête, accablé par le poids de sa culpabilité. Lorsqu'il relève les yeux, Harry et ses amis y voient une telle douleur que cela les choque. Comment un être si frêle peut porter autant de douleur et de peine ?
— Parce que je pensais que personne ne le soupçonnerait, murmura-t-il. J'ai cru qu'il était trop insignifiant pour attirer l'attention. C'était une erreur, une terrible erreur…
— Une erreur qui leur a coûté la vie, tranche Harry d'une voix hivernale.
Sirius relève des yeux brillants de larmes.
— Oui, Harry. Et je le porterai avec moi jusqu'à ma mort.
Un silence pesant s'installe, uniquement brisé par le bruissement des feuilles dans la brise nocturne. Pattenrond est assis sur une souche d'arbre à quelques pas de là et observe avec intérêt les sorciers jouer à ce jeu de questions réponse. Ses oreilles sont droites vers le ciel, tandis que sa queue balance doucement le long de la souche. Il semble attendre que la discussion s'arrête pour pouvoir les raccompagner au château.
Millicent pose une main légère sur l'épaule de Harry, un geste discret mais rassurant. Sirius de son côté s'assied sur un tronc d'arbre couché au sol et se tient les mains, le dos légèrement voûté en avant.
— Pourquoi maintenant ? demande Harry, plus doucement. Pourquoi après tout ce temps ?
— Parce que je ne pouvais plus rester là-bas, enfermé, pendant que le vrai coupable courait librement, explique Sirius avec passion. Peter doit être arrêté, pour ce qu'il a fait à James et Lily… et pour ce qu'il pourrait encore faire. Alors lorsque je l'ai vu dans le journal, sur l'épaule d'un des enfants de Molly et Arthur… je me suis dit que c'était le moment. Il est à Poudlard. Avec toi.
Harry fixe Sirius un long moment, cherchant des traces de mensonge ou de manipulation dans ses paroles. Mais il n'y trouve rien d'autre que la douleur et le désespoir d'un homme brisé.
— Si c'est vrai, dit-il enfin, alors prouve-le. Attrape Peter. Montrez-moi que vous dites la vérité.
Sirius hoche lentement la tête. Ses épaules se redressent légèrement, comme si ce moment lui rendait une part de dignité perdue.
— Je le ferai, Harry. Je te le promets.
Drago siffle entre ses dents, sceptique.
— Et qu'est-ce qu'on fait, nous, pendant que vous jouez au héros ?
Sirius esquissa un sourire fatigué.
— Vous faites ce que vous avez déjà fait : veiller sur Harry. C'est tout ce que je peux demander.
L'échange initial a été tendu, mais, au fil des minutes, il est devenu clair que Sirius n'est pas un danger immédiat. Sa voix rauque, son regard hanté et ses gestes nerveux trahissent autant une volonté de se défendre que celle de se faire entendre. C'est pourquoi Harry décide de lui poser plus de questions.
Assis sur une souche, Sirius les regarde tour à tour. Il a déjà répondu à des questions sur sa fuite et a expliqué qu'il n'a jamais trahi Lily et James. Harry, toujours méfiant, le fixe avec intensité. À ses côtés, Drago est dans une posture défensive, les bras croisés, prêt à bondir. Millicent reste silencieuse, son regard perçant passant de Sirius à Harry, comme si elle attendait le moment où quelque chose se passerait entre les deux.
Harry sourit intérieurement, soulagé. Bien que particulièrement méfiant envers son parrain qui s'est enfui de la prison Azkaban, il est tout de même content de pouvoir compter sur lui pour pouvoir attraper ce traître de rat. Des centaines de questions se baladent dans sa tête : Pourquoi ses parents n'ont-ils pas mieux prévu les choses ? Pourquoi ont-ils pris un tel risque pour lui ? Pourquoi ont-il eu besoin d'un gardien du secret ? De quoi avaient-ils si peur ? Qui protégeait James et Lily pendant qu'ils le protégeait lui ? Parmi toutes ces questions, une seule est assez importante pour qu'il prenne le temps de la poser.
— Pourquoi est-ce que mes parents ont pris un gardien du secret, demande brusquement Harry. Qu'est-ce qui les a poussés à prendre des mesures aussi extrêmes ? Est-ce que Voldemort les cherchait ?
Sirius semble pris de court. Son expression change subtilement : une lueur de panique traverse ses traits, mais il tente de la dissimuler.
— Voldemort les cherchait, oui, répondit-il d'une voix rauque. Il fait une pause, son regard s'attarde sur le sol. Tes parents étaient très engagés contre lui. Ils savaient qu'ils étaient des cibles. Mais… ce n'était pas seulement ça.
— Qu'est-ce que tu veux dire, demande Harry. Il penche la tête et fronce les sourcils.
Sirius hésite, comme s'il pesait le pour et le contre de ce qu'il allait dire. Il finit par hausser les épaules avec lassitude.
— Lily et James voulaient te protéger, Harry. C'était leur priorité absolue. Ils savaient qu'ils étaient en danger, mais toi, tu étais... Il s'arrête, cherchant une nouvelle fois ses mots. Tu étais la cible principale.
— Moi ? Harry est incrédule. Mais pourquoi ? Je n'étais qu'un bébé !
Sirius ouvre la bouche pour répondre, mais il se ravise. C'est suffisant pour que Drago lève un sourcil, et se positionne dans une posture défensive.
— Tu caches quelque chose, déclara Drago d'un ton accusateur.
Sirius relève la tête, piqué au vif.
— Je ne—
— Oh, arrête ! coupe Drago en s'avançant d'un pas menaçant. Tu détournes la question. Si tu veux qu'on te fasse confiance, dis la vérité. Toute la vérité. Pourquoi Voldemort cherchait Harry ?
Millicent s'avance à son tour pour se mettre à la hauteur de ses deux amis. Elle croise les bras et hoche la tête en signe d'approbation.
— Drago a raison. Si tu sais quelque chose, dis-le.
Sirius passe une main tremblante dans ses cheveux emmêlés et soupire profondément, abattu.
— D'accord, d'accord. Vous avez raison.
Il se redresse légèrement et fixe Harry dans les yeux.
— C'était à cause d'une prophétie.
Le silence qui suit est assourdissant. Harry écarquille les yeux, la gorge soudainement sèche. Qu'est ce que cela signifie exactement ?
— Une prophétie ? demanda-t-il d'une voix étranglée.
— Oui, acquiesce lentement Sirius. Une prophétie faite avant ta naissance. Elle parlait d'un enfant qui aurait le pouvoir de détruire Voldemort. Ton nom n'a jamais été mentionné, mais… tout semblait indiquer que c'était toi.
Millicent émet un grognement indigné, tandis que Drago semble figé sur place, les yeux écarquillés.
— Une prophétie ? répète Millicent, la voix tremblante de colère. C'est à cause d'une prophétie que tout ça est arrivé ? Que ses parents ont dû vivre dans la peur ?
Drago se tourne brusquement vers Harry, le regard brillant de fureur.
— Et ils t'ont caché ça tout ce temps ?
Harry, de son côté, ne sait plus quoi dire ni quoi penser. La révélation s'enroule autour de son esprit comme une liane étouffante. Qui est le "ils" dont parle Drago ? D'autres personnes que ses parents étaient au courant ?
— Qui savait ? finit-il par demander d'une voix faible.
Sirius hésite à nouveau, mais il répond rapidement :
— Dumbledore, Rogue, Peter aussi peut-être... Ils étaient au courant.
Harry sent un frisson parcourir son échine.
— Mary et Marlène ? demanda-t-il, espérant que la réponse soit non.
— Non, répond Sirius en secouant la tête. Elles ne savaient rien.
Drago explosa.
— Mon parrain savait, et il n'a rien dit ?!
Harry se tourne vers lui, partageant sa colère mais incapable de l'exprimer.
— Ils t'ont traité comme une arme, Harry. Une fichue prophétie, et ils ont décidé de te cacher la vérité ? C'est révoltant, ajoute Millicent avec mordant.
Encore sous le choc, Harry fixe le sol. Il n'arrivait pas à ordonner ses pensées. Une partie de lui veut hurler, une autre veut fuir loin de tout cela. .
— Pourquoi… murmura-t-il enfin. Pourquoi personne n'a jugé bon de me le dire ?
Sirius, accablé, répond plus doucement doucement
— Ils pensaient te protéger. Mais… je crois qu'ils ont eu tort.
Un silence lourd retombe, brisé uniquement par les bruits lointains de la forêt. Pendant de longues secondes, Millicent tient sa main posée sur l'épaule de Harry dans le but de lui offrir un peu de réconfort, tandis que Drago tempête de son côté. Le blond ne sait pas s'il doit croire le parrain de Harry, car il ne peut pas lui faire complètement confiance. Pourtant, cela ressemble bien à Rogue de cacher ce genre d'information dans le but de protéger ses étudiants. En proie à une débat intérieur, s'appuie doucement contre l'autre épaule de Harry, autant pour se soutenir que pour réconforter à son tour son ami.
Sirius observe Harry et ses amis se soutenir dans cette épreuve et est heureux de voir que le jeune garçon ait réussi à trouver des amis autant impliqués dans sa vie que ne l'étaient James et et Remus dans la sienne. Il se lève et tourne la tête vers la droite, pour voir le sommet de la tour d'astronomie, qui dépasse au-dessus de la cime des arbres. Là-bas, son ami croit encore à sa culpabilité.
— Bon, on ne va pas rester ici toute la nuit. Il faut qu'on retourne au château, s'exclame finalement Millicent en observant la lune au-dessus de sa tête.
Drago hoche la tête, mais il regarde Sirius avec méfiance.
— Et lui ? demanda-t-il d'un ton sec.
Sirius leva les mains en signe de reddition.
— Je ne vais aller nulle part. Mon objectif, c'est de retrouver Peter Pettigrow. Rien de plus. Mais… j'aurai besoin de votre aide.
— Pourquoi nous, demande immédiatement Harry, impressionné par le culot de l'homme en face de lui..
Sirius le fixe avec intensité, espérant que le fils de son ami ferait le bon choix.
— Parce que personne d'autre ne le fera, Harry. Peter doit être attrapé pour que mon nom soit lavé, mais aussi pour que justice soit faite pour tes parents. Si je tente quoi que ce soit seul, je risque de me faire capturer ou pire. Mais toi, tu es à Poudlard. Tu as des ressources, et tu as… Il jette un regard à Drago et Millicent. Des alliés.
— Alors, tu veux qu'on t'aide à attraper Pettigrow, demanda Drago, sceptique. C'est complètement fou. Tu te rends compte de ce que tu demandes ? Si on se fait attraper, c'est nous qui irons à Azkaban.
Millicent croise les bras, le visage fermé.
— Peut-être, mais c'est aussi notre chance de savoir la vérité. Elle tourne la tête vers Harry. Qu'est-ce que tu en penses, Potter ? C'est toi qui es le plus concerné.
Harry prend une profonde inspiration. Il n'est pas sûr de ce qu'il ressent – colère, confusion, un vague sentiment de responsabilité. En revanche, ce dont il est certain, ce que depuis qu'il a découvert l'identité de Croutard, Mary et Marlène sont persuadées de l'innocence de Sirius. Après tout ce qu'elles ont fait pour lui, il peut bien leur rendre la pareil en libérant l'un de leur ami les plus cher. De plus, Lui, Millicent et Drago ont depuis le début décidé également d'attraper Peter. Ils ont même demandé à Hermione de déterminer quels sorts utiliser.
— On t'aidera, dit-il finalement en regardant Sirius. Mais à une condition : tu me diras tout. Pas de secrets, pas de demi-vérités. Si je dois risquer ma peau pour toi, je veux savoir pourquoi.
Sirius hoche la tête, soulagé.
— D'accord. Je te promets de tout te dire, Harry. »
— Bien, ajoute Millicent en tirant sur la manche de sa robe. Mais il va falloir qu'on planifie ça. On ne peut pas juste partir à la chasse au rat sans réfléchir. »
Drago intervint, d'un ton plus calme mais toujours agacé.
— On pourrait utiliser les soirs après le couvre-feu. Si on travaille ensemble, on peut se relayer pour te couvrir, Harry.
Harry réfléchit, son esprit encore embrumé par la révélation de la prophétie. En revanche, le fait de devoir élaborer une nouvelle fois un plan lui permet de remettre un peu les idées en place. Il réfléchit à son planning et hoche lentement la tête.
— D'accord, je peux venir te voir … Vendredis ou mardis soirs, après le couvre-feu.
Millicent hoche la tête.
— Ça marche. Mais on devra être prudents. Si Rogue ou un préfet nous attrape, on est cuits.
Sirius se redresse, l'air grave mais déterminé.
— Vous n'avez rien à craindre. Je trouverai un endroit sûr où on pourra parler. Je vous laisserai un moyen de me contacter si besoin.
— Très bien, conclut Drago. Mais si jamais tu fais un faux pas, Sirius, on te livre nous-mêmes au ministère.
— Compris. Sirius esquisse un sourire triste.
Avec une certaine hésitation, ils commencent à marcher vers la lisière de la forêt. Pattenrond trottent devant eux, guidant silencieusement le chemin. Le trajet de retour est empreint de prudence : ils s'assurent constamment que personne ne les suit ou ne patrouille autour du château.
Une fois arrivés aux abords de Poudlard, Sirius se tourne vers Harry.
— Souviens-toi, Harry. Vendredi soir. Je t'attendrai dans la cabane hurlante. Mais sois discret. Il y a un passage secret qui y mène, juste sous le saule cogneur. Prends une longue branche pour appuyer sur le bouton qui se trouve à l'entrée du tunnel, le saule ne te fera pas de mal.
