Bonjour, bonsoir mes petits chats ^^ !
Allez, soyons honnête, j'arrête de dire que « ce chapitre est un peu long », c'est bon, vous connaissez la chanson depuis le temps XD. Je me suis offert le plaisir de continuer d'écrire jusqu'à arriver à un truc fun et à mon sens, c'est quadruplement fun (imaginez-moi faire le clin d'œil le plus salace de mon vocabulaire XD).
Vous le savez, mon taff « civil » n'est pas le plus tendre avec moi depuis septembre et si je suis arrivé à tenir jusqu'à présent, là, j'ai besoin d'une putain de pause. Le chapitre suivant aura donc peut-être un peu de retard, parce que je pars en vacances en Italie en avril, toute une semaine à aller visiter des musées et des architectures baroques et italiennes, ce qui me semble être le paradis sur terre. Et comme j'y vais avec ma mère, vous comprendrez que ça risque d'être compliqué d'écrire (vous imaginez, en plein dans la Chapelle Sixtine, sur mon tel, à écrire du monsterfucker ? Le fou rire. En même temps, pour une Baronne, quoi de mieux indiqué XD ?)
Je m'excuse donc d'avance de mon probable retard, en espérant que ce chapitre-ci vous plaira – avec, une fois de plus, toute ma reconnaissance et mes remerciements pour être là et surtout, être aussi gentils et compréhensifs que vous l'êtes. Vous êtes des amours.
(Psssitt : j'ai une question pour vous, en bas, juste avant mes réponses à vos merveilleuses reviews ^^ ! )
Assez de blabla, je vous souhaite une très bonne lecture, en croisant fort les doigts que cela vous plaise toujours autant, depuis le temps. Et une infinie de merci, toujours, pour vos lectures et vos reviews ! Vous êtes géniaux. Des amours en sucre, j'ai dit.
Bonne lecture mes petits chats ^^ !
Chapitre 17 : « Moitié-moitié ? »
Une petite partie du cerveau d'Izuku entendit parfaitement la phrase de Kacchan et comprit individuellement tous les mots, sans réussir à en tirer un sens rationnel. Son esprit était vidé de tout, sauf de la couleur rouge carmin sur leurs peaux, partout, certaines zones déjà craquelées tandis que d'autres peinaient à coaguler, ce qui donnait des dégoulinures dégueulasses. Dont celle qu'il suivit des yeux, sur le menton d'Eij quand celui-ci reprit la parole :
« On a un peu douillé... »
« Comment ça, un autre loup-garou ?! » hurla Kam, qu'Izuku entendit trébucher à moitié sur ses rollers pour se précipiter vers Kacchan. Hésitant au possible à seulement poser les mains sur lui, tant son apparence était mâchurée de douleur.
« Un autre loup, si tu préfères… Il nous est tombé dessus… par pure surprise. »
« Enfin, il m'est tombé dessus par surprise. Heureusement qu'Eij était là. » rectifia Kacchan et bêtement, Izuku le dévisagea, incapable de se concentrer devant l'aspect de son meilleur ami, un mélange affreux de crasse et de croûte de sang dégueulasses. Il avait de la suie partout, dans le creux des oreilles, le pli des cous et accumulée au creux de sa clavicule, sans parler de l'aspect grisâtre qu'avait sa tignasse. Enfin, les rares endroits qui n'avaient pas la teinte rouille du sang en train de sécher. Heureusement qu'il était assis, dans une mare de saleté en tout genre, parce que le tremblement dans ses jambes était assez prononcé pour remonter jusque dans sa voix.
« Deku ? »
Le jappement de Kacchan s'ornait d'assez d'inquiétude pour que son ouïe lui revienne d'un coup et il se surprit à inspirer brusquement, avant de bégayer :
« Heu, oui, oui, oui, je… je suis là, pardon... »
« Amour, ça va. » le coupa Eijirô, secondé par un hochement de tête de Kacchan, aussi ridicules l'un que l'autre au vu de leurs gueules de boxeurs vaincus. L'occasion de remarquer qu'Eijirô avait un sacré œil au beurre noir, qui courait sur sa tempe en un camaïeu d'hématome à concurrencer la suie sur la peau de Kacchan. « On est pas intacts, mais on est en vie et on va bien. Tous les deux. »
« Ça se discute, vu votre état. » renifla Kam, avant de se pencher brièvement vers son homme pour poser son front contre celui englué de sueur et de sang de Kacchan. Sur les joues assombries de rouille de ce dernier, les mains de Kam paraissaient immaculées alors qu'Izuku les savait pertinemment encrassées de leur patrouille et intervention. Étrangement, ce fut la manière dont les mèches platines se plièrent, sous le geste, qui ancra définitivement en lui la réalité qu'Eij et Kacchan étaient bel et bien vivants, tous les deux. Salement amochés, mais vivants. Le reste n'était que plaies et contusions, rien dont ils n'avaient l'habitude, comme le confirma Kacchan d'une voix étouffée d'un brin de résignation :
« Mouais, et j'ai encore perdu un putain de bout de mollet dans l'affaire ! » grimaça-t-il, en soulevant avec difficulté sa jambe. Il n'avait pas perdu qu'un bout de mollet, compte tenu qu'un large lambeau de peau pendouillait au niveau de sa cuisse et la vue de la main dégueulasse d'Eijirô sur la plaie réanima subitement Izuku :
« Non ! N'y touche pas, tu as les mains sales ! Elle est où, votre trousse de soin ? »
« Déjà, c'est pas une trousse, c'est une valise, chez nous ! Et je vais chercher, si tu touches à quoi que ce soit à côté, Katsuki va t'arracher la tête. » annonça Kam avec un calme certain, ôtant au passage sa veste et son sac. « Pendant que j'y suis, vous avez besoin de quelque chose en particulier ? À manger ? »
« Pas faim. » fut la seule réponse que daigna grogner le blond, alors qu'Eijirô adoucissait la chose d'un sourire contrit :
« On doit avoir l'estomac trop noué d'adrénaline… Par contre, si tu as un truc sucré à boire, je prends. »
« On a pas ça chez nous. » lui rétorqua Kacchan, grognon à souhait, uniquement pour se voir rabrouer par Kam depuis le couloir, déjà parti en abandonnant sa veste à Izuku au passage :
« On a ça chez nous, si on sait où chercher. Vous essayez de toucher à rien, en attendant ! »
« Et nos culs, on a le droit ? » tenta Eijirô, une plaisanterie maladroite que seul l'infini talent de Kam releva, depuis la cuisine qu'il traversait au pas de course : « Pas avant que je sois revenu ! »
Izuku lâcha un sourire tremblant en posant la veste de Kam sur la sienne, le tout sur leurs chaussures qu'il poussa d'un coup de pieds dans un coin, pendant que son esprit parcourait les blessures pour analyser la violence de l'attaque. Surpris malgré sa connaissance de la résistance des loups-garous de découvrir la profondeur des plaies, et surtout de voir qu'Eij et Kacchan pouvaient encore bouger avec des trous pareils dans la peau. Avant de se pencher sur les traces de sang, il fit signe à Eijirô de s'asseoir à son tour à côté du blond, histoire d'éviter un évanouissement tout à fait plausible au vu de la fatigue sourdant de sa posture. Il n'arrivait même pas à tendre la main pour toucher son amoureux, tant la douleur semblait tatouée sur sa peau et pour juguler le reste de panique dans sa gorge, Izuku suivit sa formation professionnelle :
« Des vertiges ? Migraines ? »
« Deku, on a suivi les mêmes cours de premiers secours, si tu crois qu'on a pas putain de vérifié ça ! »
« J'ai eu un vertige, en revenant, mais c'est passé. » intervient Eijirô avec douceur, tant pour le rassurer que pour lisser la mauvaise humeur flagrante de son meilleur ami. Un mélange de fatigue, reste d'adrénaline et douleur, décida Izuku en s'agenouillant en face d'eux, soulagé de voir que ni l'un ni l'autre n'avait de pupilles dilatées ou divergentes. Pas de traumatisme crânien à première vue. Ni de coup de froid, ce qui était un brin plus étonnant vu leur quasi-nudité – à part les deux caleçons visiblement enfilés à la va-vite, et uniquement tâchés de sang en raison de l'état catastrophique de leurs mains.
« Des trucs cassés ? »
« Rien, mais je crois que ... » commença Kacchan, avant de se redresser d'un coup, version chien de chasse ayant aperçu un lapin devant Kam de retour, les bras chargés de cannettes de coca en équilibre précaire sur la valise-trousse-de-soin : « Où tu caches cette merde ?! »
« Top secret. »
La cannette de coca resta un instant suspendue dans la main de Kam, le temps que son amoureux lui lance un regard peu amène, rendu particulièrement revêche avec la suie entourant ses yeux. Puis le blond récupéra la cannette de guerre lasse pour engager une bataille féroce avec la languette d'ouverture, abandonnant sa cuisse à l'inspection d'Izuku, lequel prit soin de ne rien toucher. Kam lui déposa la valisette de soin grande ouverte et directement sur le sol, pointant du doigt au fur et à mesure de ses explications étrangement calmes :
« Tient, le matériel de soin. Y'a des gants ici, et du désinfectant là, quant au gel hydroalcoolique, il doit être quelque part dans la pochette du dessus. Tu t'en sors, mon amour ? »
Le bruit de rage que Kacchan émit suffit largement comme réponse. En tout cas assez pour qu'Eijirô tende la main et, dans le plus pur style Eijirien, recouvre d'alter trois doigts pour déchiqueter le métal. Un vrai carnage.
« J'aurais pu le faire, sinon. Au moins, ça va vous faire du bien, un peu de sucre dans le sang. Heu… Enfin... Pas la peine de se forcer... » déglutît Kam devant le spectacle étonnant de leurs amoureux vidant l'intégralité de leur soda en quelques gorgées – et Izuku rajouta à sa liste d'indice la faim dévorante. Leurs organismes canins avaient dû pomper une énergie folle, pour combattre et entamer la guérison dans la foulée, et il aurait presque parié que s'ils n'étaient pas déjà dans la cuisine à piller le frigo, c'était uniquement à cause de la douleur.
« Alors ok, d'accord, j'ai bu, mais c'est de la merde chimique et industrielle, et plus jamais tu mets ça dans ton corps Chaton ! »
« Mmm, et toi, tu arrêtes de fumer, ô mon amour ? »
« Sinon, ce loup ? » intervient Izuku pour éviter que le blond n'explose en insulte et injures en tout genre qui, pour rassurantes et familières soient-elles, l'intéressaient beaucoup moins que leurs explications.
« On l'a pas vu venir, on a rien vu venir d'ailleurs… Ni Katsuki, ni moi. » se dévoua Eijirô, sous le regard éberlué de Kam et Izuku. « On a suivi le plan à la lettre, comme prévu : j'ai donné le signal à Katsuki vers l'heure dite pour qu'il aille se mettre en place et je l'ai suivi à une sacrée distance, sans me transformer, sans portable ni appareil électronique. Tout comme on a dit. Hormis le fait qu'on était en train de… de foncer vers la gueule du loup, si je peux faire une blague pourrie, y'avait rien de particulièrement inquiétant, pas un son ou un cri quelque part, c'était le même quartier tranquille qu'on a surveillé pendant des jours. »
« Le même putain de quartier tranquille. » précisa Kacchan, grimaçant quand Izuku aspergea sa jambe d'assez de désinfectant pour imbiber le drap sous lui d'un mélange ragoûtant de caillots de sang et bout de chairs manchonnés. Qu'il ne hurle pas à la mort devant l'état du drap était suffisamment éloquent en ce qui concernait sa fatigue.
« Katsuki était sans doute à… quoi ? Deux rues ? Trois ? Des archives, enfin, de là où techniquement les équipes de surveillance pouvaient le repérer. » reprit Eij en cherchant confirmation dans le signe de tête du blond, « Bref, on allait lancer toute l'opération pour que Katsuki se faire apercevoir quand j'ai entendu un vague bruit de course quelque part sur les toits au-dessus de moi, vers ma droite. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir, mon esprit avait à peine réalisé que c'était des bruits de pattes que je me suis transformé dans la foulée, pour courir après. »
Izuku avait un sacré goût de déjà-vu, quand il se pencha plus encore sur le mollet à peu près propre de Kacchan pour examiner la blessure – une morsure, indéniablement, et sacrément profonde – afin de déterminer le meilleur endroit où commencer sa couture. Ce fut seulement en remontant son regard le long de la plaie déchiquetée qu'il réalisa qu'elle suivait peu ou prou la cicatrice que les crocs d'Eij y avaient laissé lorsqu'il avait mordu Kacchan. Avec une bien trop grande précision pour relever du pur hasard. Leur ennemi avait soigneusement choisi cet endroit pour mordre, en plein dans le feu de l'action, conscient qu'il s'agissait d'une probable faiblesse du loup blond à exploiter. Donc, ils avaient été filés, d'une manière ou d'une autre, en dépit des sens aiguisés de Kacchan et Eijirô et de toutes leurs précautions. À mille lieux des réflexions agacées d'Izuku, Kam relança son homme d'un mouvement du menton, sans doute pour le distraire de ce qui allait venir :
« Et après ? »
« Le loup m'est tombé dessus. Littéralement. J'ai rien vu venir et j'ai rien pu anticiper, un instant, je marchais le plus discrètement possible vers les archives en me préparant à courir et la seconde d'après, je me suis fait heurter par un poids monstrueux qui m'a envoyé sur le sol. Et il a attaqué de suite, sans me laisser le temps de me remettre debout. La première morsure a été pour mon mollet, qu'il a tiré en arrière si fort que j'ai cru qu'il allait me l'arracher ou me le déboîter. Enfin, sous forme de loup-garou, je suis pas sûr que je puisse appeler ça un mollet, disons une patte… bref, il m'a traîné par la patte arrière et le temps que je me retourne à peu près sur le dos, il m'avait lâché pour me sauter à la gorge. »
D'une inclinaison du menton, il dévoila sa gorge et les balafres impressionnantes qui zébraient son cou, relativement peu profonde en dépit de leur aspect. Une fois qu'on les voyait, tout du moins, car nichées comme ça à la jonction de la gorge et de la clavicule, dans tout le sang coagulant, elles en devenaient presque invisibles.
« Il a pas eu le temps de serrer longtemps parce qu'heureusement pour moi, Eij est arrivé de suite pour l'attraper par l'échine et le faire lâcher prise, mais j'ai quand même senti ma clavicule craquer salement. »
Le vert jeta un regard en coin à Eij, aux mâchoires contractées d'un reste de colère et de frustration, pour autant fixé sur Kam. Déconcerté, il suivit son regard jusqu'à l'infime raidissement dans la posture de Kam face aux blessures encroûtées de Kacchan, incapable de dissimuler une brève grimace d'angoisse devant un tel carnage. Izuku lui pressa la cuisse d'une main, par réflexe :
« Kam, c'est impressionnant, mais ils guérissent vite. Je suis sûr que ça sera refermé dès demain soir. »
« Et ta clavicule ? » demanda Kam sans prêter attention à son intervention, ce qui n'offusqua pas le moins du monde Izuku, vu les circonstances. Le souvenir du retour d'Eij se teintait encore d'angoisse absolue dans son esprit, le soir où il avait été mordu, une éternité plus tôt. Fou comme il s'était presque désensibilisé de voir son homme dans un tel état, presque habitué à sa capacité de guérison et il reporta son attention sur la blessure devant lui, sous le grognement de réponse de Kacchan :
« Rien. Je sais pas si ça s'est ressoudé tout seul, mais j'ai quasi plus mal. Ou en tout cas, je sens rien, comparé à ma jambe… Tu devais pas me recoudre, toi ? »
« Tu vas pas aimer. » prévient Izuku, se nettoyant soigneusement les mains pour enfiler des gants tout en maudissant silencieusement que le geste lui soit si naturel. « Je vais être obligé de te faire quelques points dans le muscle, sans ça, je refermerais pas la plaie. »
« Au point où j'en suis. » grommela le blond, s'occupant à tamponner une des plaies sur son poignet, maladroitement, jusqu'à ce que son mec lui ôte le coton des mains et s'en charge lui-même. Rien de plus qu'une éraflure, distraction bien mince comparée au premier point qu'Izuku déposa au creux du muscle avec une adresse discutable. La faute au réflexe de fuite du blond, qui le fit frémir davantage encore au second point.
« Quand le loup m'a lâché, il l'a fait de manière si brusque que ça m'a projeté sur le côté et je me suis encastré dans une des bennes de la rue. Entre mon poids et sa force, le choc a failli m'assommer. Je sais pas trop comment le moi-loup réagi face au stress, en tout cas j'ai pas encore de prise là-dessus, mais la putain de dose d'adrénaline que je me suis murgé m'aurait tué, si j'avais été en humain. Ça m'a fait me relever en moins de dix secondes, et l'autre con était déjà parti quand je me suis redressé. »
« Qui ? »
« Bah le connard de loup qui m'était tombé dessus, pas le pape ! J'ai même pas eu le temps de - Aïeu ! » gronda Kacchan subitement, crocs démesurés dans le claquement sec de mâchoire qu'il adressa à Izuku en guise d'avertissement. La réaction avait beau être purement instinctive, le vert s'immobilisa devant l'impressionnante rangée de crocs et le hérissement de la crinière blonde, d'assez mauvais aloi pour qu'il ne bouge pas d'un iota. Avec un sentiment proche de la peur en train de lui mordre le souffle.
Avec un geignement de douleur, Eijirô s'affaissa contre Kacchan et lui fila un coup de tête dans la mâchoire en un geste de soutien bourru au possible. L'absence de réaction le força à laisser son visage ainsi, pressé contre celui de Katsuki, jusqu'à que ce dernier le gratifie d'un reniflement avant de laisser disparaître crocs et grondements. Autorisant de fait Izuku à conserver sa tête sur ses épaules, ce dont il ne se gêna pas de profiter allégrement et repiqua son aiguille dans le muscle afin d'achever le point.
« Désolé, Deku. »
« J'aurais couiné aussi, je te rassure. »
« Et j'te raconte même pas comment moi, j'aurais chanté. » ajouta Kam, pince-sans-rire, mais toujours si délicat dans ses remarques qu'une esquisse de sourire plissa le sang croûté sur les joues du blond.
« J'ai eu de la chance, comparé à Katsuki. Juste une sale griffure sur l'épaule. » relança Eijirô au creux de la gorge de Kacchan, précision bien inutile vu l'état de ladite épaule. Par un souci de symétrie absolument délectable, le loup qui l'avait agressé lui avait balafré l'épaule qui était jusque-là vierge de toute cicatrice, histoire de rééquilibrer avec les vestiges de morsure qu'il avait sur l'autre. D'un coup d'œil, Izuku en évalua la taille et demanda avis auprès de Kam d'une mimique interrogatrice :
« Deux points, pas plus. Et encore, si vous guérissez aussi vite que vous le dites, des straps pourraient suffire... »
« Je me contenterais des straps, je suis trop claqué pour autre chose. » trancha Eij, d'une voix grave qu'Izuku soupçonna choisie tout exprès pour apaiser un peu plus Kacchan le temps qu'il soit recousu. Ce qui marchait indubitablement puisque de manière fort étrange, le blond se cala un peu plus contre la tempe d'Eijirô, à peine dérangé par le reste de l'explication de ce dernier :
« Katsuki a pas eu le temps de venir m'aider parce que tout a été réglé très vite. Le combat, je veux dire. Vous savez bien que nos loups ont un temps de réaction bien plus court et plus vif que quand on est humain, alors sous l'agressivité et le stress d'un combat, ça devient fulgurant. J'ai roulé à terre avec le gars qui nous agressait et on a dû échanger trois-quatre morsures ou coups de griffe, je saurais plus trop dire, avant qu'il se carapate. J'imagine que même avec son expérience, il jouait sur l'avantage de l'effet de surprise, et qu'il n'a pas voulu se retrouver face à deux loups-garous en même temps. »
« Surtout deux loups-garous enragés. » commenta sobrement Izuku en coupant le fil du dernier point, enchaînant presque immédiatement sur la couture externe, bien plus facile. « Pour voir le résultat sur vos gueules et le canapé, vous deviez être déchaînés… »
« Je me souviens pas tellement… Je crois que j'ai dû le mordre une seule fois, mais ça a suffi pour m'asperger de sang… Alors que de mémoire, et pour ce que ça vaut, j'ai pas dû mordre si fort que ça en plus. »
« On en reparlera quand vous serez plus peints en rouge. » grommela Kam, récupérant un morceau de coton dans leur sac de soin. Du coin de l'œil, Izuku l'aperçut l'imbiber de sérum physiologique et s'en servir bêtement pour décrasser Eijirô le plus précautionneusement du monde. « Il a dû y avoir assez de sang partout pour que la rue se transforme en scène de crime façon mauvais film d'Halloween ! »
« Pas tant que ça ! Puis vu les tailles qu'on a, en loup-garou, c'est normal que le volume de sang soit proportionnel. C'est impressionnant, mais c'est pas une quantité énorme pour des animaux de trois mètres de haut. Et si on en a ramené autant, c'est parce qu'on a quasiment fait tout le chemin de retour sous forme de loup – les poils, ça retient bien le sang. »
« Vous êtes rentrés comme ça ? Et personne vous a vu ? » s'alarma Kam, désormais à son deuxième morceau de coton au blanc devenu rouillé, au fur et à mesure qu'il rendait à Eijirô une couleur un peu moins effrayante. Celui-ci eut le bon goût de paraître penaud, face au regard incrédule de son meilleur ami :
« J'ai pas l'impression qu'on se soit fait prendre, en tout cas, on a entendu aucun cri de surprise ou de peur… On voulait déguerpir au plus vite et… Et j'ai pas franchement réfléchi, sous ma forme de loup, je voulais juste rentrer à la maison, donc j'ai suivi Katsuki. Il a un meilleur sens de l'orientation que moi. »
« Vous avez eu raison. » intervient Izuku, enfin parvenu au bout de son rafistolage d'humain, qu'il recouvrit aussitôt d'antiseptique et de pansement. Avec une grimace, Kacchan délogea Eij de leur posture pour venir s'appuyer à son tour sur lui, enfin, s'effondrer plutôt sur l'épaule du roux, un tremblement dans la jambe : « Vu la quantité de sang qu'il y a sur le canapé, vos fourrures ont retenu le plus gros. Si vous étiez redevenu humains dans la rue, tout le sang aurait été là-bas et pour le coup, les autorités auraient été appelées d'office. Bon, on est pas à l'abri que quelqu'un remarque quelque chose et qu'il y ait une enquête publique, mais disons qu'on a plus de chance que ça passe comme une bagarre de yakuza ou un combat d'animaux sauvage. »
« On se rapproche de la vérité, avec la seconde option. » plaisanta Eij, avec ce sourire dont il avait le secret et qui lui servait de remerciement subtil. En l'occurrence pour l'excuse toute trouvée par Izuku, sans que celui-ci fut dupe de la diversion de son fiancé. Ni lui ni Kacchan n'avait réfléchi à cet aspect-là, lorsqu'ils étaient revenus, mais comme à chaque fois, leurs instincts semblaient absolument infaillibles. Ce qui n'empêcha pas Kam de renifler :
« Et vous auriez pas pu redevenir humain dans le garage ? Histoire d'éviter ce carnage ? »
« On l'a fait. Katsuki en tout cas, le temps d'ouvrir la porte. On a passé un coup de serpillière avant de venir se poser dans le salon, on voulait pas avoir plus de sang étranger dans la maison que… que ce qu'il y a déjà sur le canapé. » s'excusa le roux en pliant le bout de coton abandonné sur ses jambes d'un geste machinal, loupant de fait le regard inquiet qu'Izuku échangea avec Kam. Il avait beau dire, s'ils avaient passé un coup de serpillière dans le garage, mais avaient quand même finis par inonder le canapé de sang, ils en avaient perdu bien plus que « pas tant que ça ». Louée soit leur capacité de régénération surnaturelle.
« Ça dérange pas, là, le sang ? » s'inquiéta Kam avec un geste plus qu'éloquent vers le canapé – dont ils allaient forcément devoir changer draps et couettes, pour régler une partie de l'affaire. Eij inspira brièvement, avec une telle grimace qu'Izuku sourit en posant un ultime bandage sur le haut de la plaie de Kacchan, large zone propre un brin étrange dans tout ce sang. S'ils avaient eu le temps, Izuku les aurait intégralement récurés avant de poser le moindre pansement dessus, mais vu la manière dont le lin propre se tachait déjà de rouille, sur leurs plaies, les deux loups auraient saigné jusqu'à en devenir exsangues, sous l'eau.
« On fait avec… J'ai le nez saturé d'odeur métallique, c'est une horreur. Je rêve de me doucher et d'enlever ça, sans parler de la sensation de salive partout, c'est ignoble. »
« Le grand Eijirô dérangé par un peu de salive... » taquina Kam, juste pour le plaisir de voir le roux dévoiler un demi-centimètre de crocs avant de le rabrouer gentiment :
« Celle de mon mec ou la tienne, je dis pas, mais celle d'un illustre inconnu qui s'était mis en tête de nous bousiller, non merci ! »
« Inconnu ? Vraiment ? C'était pas le type qui t'a mordu la première fois ? » proposa Izuku, sans grand espoir, et pourtant déçu en voyant son amoureux faire « non » de la tête. « Sûr ? Et il ressemblait à quoi, du coup ? »
« Certain, il avait pas du tout le même… Enfin la même gueule quoi. Et pour ce à quoi le loup de ce soir ressemblait, difficile à dire. On a pas… on a pas la capacité d'analyse d'un humain, en loup, je peux juste te dire que selon ce que j'en ai vu, il était légèrement plus petit que moi, mais plus fin que Katsuki. Et d'un poil gris classique. »
« Son odeur ? » tenta Izuku, conscient que demander à un animal une analyse humaine était ridicule, en ce qui concernait l'aspect visuel, mais proprement imbattable pour l'analyse olfactive. Et il en fut pour ses frais :
« Rien. »
« Comment ça, rien ? »
« Il ne sentait rien. Même pas la sueur. Juste la saleté et nos sangs mêlés, mais sinon il n'avait aucune odeur propre. Je serais même incapable de le reconnaître dans une foule. »
Pour le coup, Izuku s'immobilisa complètement, trop occupé à réfléchir aux implications pour continuer de poser l'antiseptique sur la plaie engorgée de la cuisse de Kacchan.
Un loup-garou inconnu, clairement hostile, déterminé à s'en prendre à eux avec un plan d'attaque minutieux… Et bien plus expérimenté qu'eux. Assez pour avoir une technique spécifique pour camoufler son odeur – à moins que ce soit un mécanisme naturel, de mémoire, certains animaux « retenaient » leur odeur face au danger, mais c'était plus côté proie que chasseur, d'ordinaire… Quoi qu'il en soit, l'avantage était considérable, de même que le fait qu'ils n'aient rien soupçonné grâce à la discrétion de la filature. Que la première morsure de Kacchan soit placée si stratégiquement était peut-être le plus inquiétant, au final : l'ennemi connaissait assez sa proie pour en avoir cerné une de ses faiblesses éventuelles.
Quelqu'un avait décidément une sacrée longueur d'avance sur eux.
« T'as l'air d'avoir mordu dans un citron, Midobro. » glissa Kam, presque amusé, et il sursauta face à la réflexion de son meilleur ami, balbutiant dans la foulée :
« Je-je suis juste… je suis agacé, en fait, énervé plutôt. Qu'il y ait un autre joueur que nous dans la partie, ça m'inquièterait déjà prodigieusement, mais un autre joueur avec une bien plus grande expérience du terrain que nous, ça, ça me fait sacrément chier… Vous avez repéré par où il était parti ? »
« Nope. » fit Eij, véritablement embêté. « Sans odeur, ça aurait été compliqué de le suivre… Et puis… on fonctionne à l'instinct, dans ces cas-là, et je voulais tellement rentrer et mettre Katsuki à l'abri que j'ai pas cherché l'ennemi avant de filer vers la maison. Désolé. »
« Tu n'as pas à l'être, mon cœur. Je vous préfère largement en vie et en sécurité, qu'à demi-morts dans les rues pour trouver un indice improbable sur un loup-garou tout aussi improbable ! »
« J'approuve. » sourit Kam dans un infime relâchement de tension, un brin plus détendu quand il poursuivit sa pensée à mi-voix : « Merci, d'avoir aidé Katsuki. »
« T'as pas à me remercier pour ça. » fit Eijirô avec un ton un peu trop bourru pour une telle remarque, sans doute pour dissimuler son émotion face à la gratitude sans fard de Kam. « Tu sais bien que c'est normal. J'allais pas le laisser aux prises avec un ennemi sans rien faire, et puis, il me le paiera demain matin, il fera des pancakes. Genre… un million. »
« Au chocolat ? » plaisanta Kam, uniquement pour le plaisir de voir le roux refaire sa grimace de pur dégoût. Petit con.
« On vous douche, et après, on étudie la suite ? Voir si on continue de suivre notre plan ? » proposa Izuku en réfrénant son sourire, ravi de sentir son amoureux poser sa main sur sa joue pour un bref contact – et atrocement dépité de constater que le réel but d'Eijirô était de le faire taire, tout en attirant son attention sur Kacchan.
Endormi assis, à peine calé contre le roux, la tête plus ou moins immobile sur son épaule, Kacchan avait sombré d'épuisement dans un sommeil assez profond pour que sa respiration soit devenue lourde. Pas encore apaisée, pas avec la douleur qui piquait encore sa jambe de frisson, mais indéniablement endormie.
« Ah. On en est là. » commenta sobrement Kam et Izuku lui adressa un sourire mi-contrit, mi-amusé. « Bon, autant pour ta discussion, Midobro, elle attendra les pancakes. Les draps sont dans le premier placard à droite dans le couloir, je vous charge de changer le bordel qu'est devenu ce canapé. »
« Tu veux de l'aide ? » proposa Eijirô, en voyant le platine ôter avec douceur la tête de Kacchan de son épaule, si délicatement que ce dernier ne broncha pas, pas plus que quand son homme glissa une main sous ses épaules et ses genoux pour le soulever d'un mouvement fluide.
« Oh t'inquiète, j'ai l'habitude. Qui crois-tu qui le récure, quand Monsieur revient couvert de cendre de mission et chouine parce qu'il tache la fourrure immaculée de son chien, mais qu'il est trop fatigué pour se doucher ? » s'amusa Kam, déjà dans le couloir et Prince Carnage sur les talons, suivant diligemment et dans une attitude proprement indignée son maître blessé.
Les petites pattes de Prince Carnage fouillaient le drap, à ses pieds, pour aplanir un peu la surface, frottement assez insistant pour qu'Izuku ouvre à moitié un œil. Dans une demie-conscience, il se rencogna contre la chaleur sur sa gauche, cherchant instinctivement une position dans laquelle le truc pointu qu'il sentait dans sa cuisse – genoux ? Coude ? Le menton de Kacchan ? – cesse de lui écrabouiller le muscle. Il finit par faire glisser sa jambe latéralement, jusqu'à ce qu'une plus grande surface permette une meilleure répartition de la masse et à l'instant où la douleur disparue, laissa son organisme repartir dans sa nuit. Voulu laisser son organisme repartir dans sa nuit, plutôt.
Un frôlement sur sa droite le fit émerger un peu plus encore du sommeil, engourdi par la chaleur des draps et l'épuisement de la veille. Persuadé qu'il allait finir par se rendormir dans la minute, il attendit patiemment, yeux clos, qu'Eij finisse de se musser dans une position confortable à son tour, en essayant de ne pas perdre le fil de son sommeil.
Mais son amoureux continua de chercher un emplacement à peu près plaisant, tourna et retourna sans réussir à se poser plus d'une poignée de secondes. Le tout accompagné de soupirs agacés, d'une discrétion absolue compte tenu de l'énervement qu'ils dégageaient, et subitement, le truc gênant sur sa cuisse disparu, alors que Kacchan relevait le museau vers Eijirô dans un geignement interrogatif.
Encore dans les vapes, Izuku entendit à peine le « Recouche-toi. » sec et presque inaudible, avant que son homme n'abandonne la partie. Et le canapé, par la même occasion. La masse de Kacchan rapetissa contre lui et Kam à toute vitesse, reprenant forme humaine au moment où les pas d'Eij atteignaient la cuisine, pour le peu que l'ouïe humaine d'Izuku pouvait entendre.
Avec une économie de mouvement inutile, puisque la respiration de Kam était bien trop légère pour qu'il soit toujours endormi, Kacchan se recoucha mal à l'aise dans cette posture et dans le silence tendu de la pièce. Pas un seul bruit, dans le reste de l'appart, pour teinter l'atmosphère d'autre chose que de la gêne et au bout de cinq minutes affreusement longues et inconfortables au possible, ils capitulèrent tous en même temps :
« J'y vais. » annonça Izuku en chuchotant, à l'instant où il entendit Kam ouvrir la bouche alors que Kacchan tentait de s'extirper des draps discrètement, et il se redressa en retenant un geignement de fatigue et de mécontentement d'abandonner la chaleur des draps. Il y avait tout juste assez de lumière pour qu'il perçoive les mains de Kacchan, de l'autre côté, qui n'avait clairement pas eu besoin de ses appareils pour percevoir son intention :
« Tu es sûr ? Il a l'air à cran, avec son… truc. Machin. Cycle. Bref, tu risques de lui donner encore plus envie. Et il a quasi pas dormi de la nuit… »
« C'est mieux que Midobro y aille plutôt que toi et ton sale caractère, non ? » intervient Kam, signant à son tour d'une main encore endormie.
« J'ai pas un sale caractère ! »
« J'aime ton sale caractère d'amour fou, si tu te demandes, mais comme là, on peut rien faire à l'insomnie d'Eij, vaut mieux que ça soit Midobro qui se dévoue, alors rallonge-toi et fais-moi un câlin. »
La grimace renfrognée de Kacchan valait un sacré paquet de fric, en tout cas bien assez pour qu'Izuku sente malgré lui un sourire lui mordre les joues. Il leur adressa à tous deux une mimique qu'il espérait rassurante, si tant est qu'ils puissent réellement voir son expression dans le noir, et s'extirpa des draps en prenant soin de ne pas trop découvrir Kam.
Prince Carnage lui fit l'honneur immense de l'accompagner, petites pattes trottinant dans le couloir, mais il s'arrêta net en voyant la silhouette d'Eijirô dans la cuisine et la petite bête s'assit soigneusement à l'entrée de cette dernière. Visiblement peu décidé à retenter l'expérience. Après une caresse appuyée entre les oreilles, Izuku s'avança sur la pointe des pieds jusqu'au milieu de la cuisine avec la sensation d'être parfaitement ridicule, puisque son fiancé l'avait sans doute entendu depuis qu'il avait bougé un orteil dans le salon :
« Eij ? »
L'éclat dans ses prunelles était aussi doré que l'aube, au-dehors, étrangement lumineux dans la pénombre silencieuse de la cuisine. Avec un soupir, le roux s'étira en laissant ses mains accrochées sur le rebord de l'évier, révélant la tension dans la courbe de ses épaules et la ligne de sa nuque, son mouvement uniquement brisé d'un murmure :
« Je t'ai réveillé. »
Ce n'était pas une question, mais il prit tout de même la liberté d'y répondre comme tel, pour alléger une lichette la raideur dans la posture de son fiancé :
« Mm. T'arrivais plus à dormir ? »
Eijirô renifla un son très loup dans son agacement, un truc à mi-chemin entre le grognement de dépit et l'aboiement étouffé. Avec un effort visible pour juguler son agacement et répondre le plus calmement possible, dans un chuchotement rauque :
« Pas tellement. »
« Le loup ? »
« Le loup. »
Le grondement n'avait rien d'amène, sans être dirigé pour autant vers lui et il tenta une nouvelle approche, plus délicate encore alors qu'il se rapprochait jusqu'à pouvoir poser à son tour ses mains sur le rebord de l'évier :
« T'as dormi un peu, au moins ? »
« Quatre heures. Après, il a plu. »
« Oh ? Beaucoup ? »
« Une bonne heure. » évalua Eijirô, trop occupé à ruminer son agacement pour réaliser que l'esprit d'Izuku avait sacrément dérivé – la pluie, ça effaçait pas mal les traces de sang, n'est-ce pas ? Et en assez grande quantité, ça nettoyait presque tout. Une chance de bâtard, comme aurait dit Kacchan. Il aurait volontiers posé quelques questions supplémentaires, mais le silence tendu et obstiné de son fiancé le fit biaiser, faussement innocent :
« J'ai rien entendu... »
« Évidemment, vous ronfliez comme des bienheureux ! Vous trois, et le chien ! »
« Ah, c'est donc Prince Carnage qui t'a réveillé. » glissa Izuku en une plaisanterie qui tomba à plat, quelque part au milieu des crispations de mains d'Eijirô, à côté des siennes.
« Tu parles. Il a collé Katsuki comme une sangsue, en s'interrompant de bouger dès que je respirais un peu trop fort. Vous, en revanche, vous vous êtes enquillé le concours de « celui qui bouge le plus dans son sommeil ». »
« Qui a gagné ? »
« Kam. Comme toujours. Même si j'avoue que ta jambe sur moi, je m'en serais passé. »
« Ça va, je suis pas si lourd que ça ! »
Son coup d'épaule se perdit dans le vide, quand Eijirô s'effaça d'un mouvement souple, complètement défensif, une explication à lui tout seul. Son organisme devait sans doute être en plein dans une phase « active » de son cycle, rendant tout contact bien trop enivrant et engloutissant son sommeil dans la chaleur de leurs corps à côté, dans l'infinité de mouvements involontaires de tout être endormi. Peut-être d'autant plus tentants qu'ils dormaient, finalement. Et s'il connaissait assez son homme, le vrai problème résidait surtout dans l'incapacité d'Eij d'enrayer ce genre d'envies instinctives, ce que la honte inscrite en filigrane au creux de sa réponse confirma :
« Insupportable. »
« Ça va passer, mon cœur. »
« Ouais, ben si ça pouvait passer maintenant… Je rêve d'aller me recoucher. Et ça me saoule d'être aussi… tendu pour juste des hormones... »
« Et tes exercices de... » commença Izuku à voix basse, coupé par un grondement sourd qu'Eij étouffa aussitôt pour éviter de réveiller Kam et Kacchan, sans avoir l'air de savoir qu'ils n'étaient plus endormis depuis belle lurette. Ils devaient observer une immobilité de statue, l'un et l'autre, pour tromper l'ouïe d'Eijirô ainsi.
« Ça marche pas, ces exercices de respiration ! Enfin, ça marche plus, avec l'adrénaline d'hier et l'afflux sanguin de mon corps pour cicatriser, y'a trop de, de… d'hormones, je crois, j'ai l'impression de baigner dans l'envie de mordre ou de baiser constamment ! »
Sa tirade s'acheva par un soupir agacé, un de plus, qui tirait de plus en plus sur le grognement tant il devenait grave. N'eut été son état d'agitation, Izuku l'aurait trouvé adorable d'être aussi énervé pour quelque chose qu'il ne pouvait pas contrôler, si révélateur de son caractère entier et de sa volonté de faire au mieux en permanence. Une de ses innombrables qualités pour lesquelles Izuku aurait volontiers cramé le monde, rien que pour avoir le plaisir de le voir aussi appliqué à donner le meilleur de soi constamment.
Pour l'heure, il s'approcha sans chercher à amoindrir le bruit de ses pas, se faufila entre Eij et l'évier en essayant de ne pas prêter attention à la manière dont son mec le huma, par pur instinct. Sans se préoccuper du peu d'espace personnel à sa disposition, il pencha la tête jusqu'à pouvoir poser son front contre celui du roux, inspirant son odeur en s'amusant une fois de plus de l'étrange mélange que donnaient leurs savons à tous. Framboise citronnée avec sous-ton de caramel, et s'il était trop habitué pour la sentir, il ne doutait pas que sa propre saveur se trouvait quelque part là-dedans.
Ainsi qu'un sous-ton de rouille que la douche d'hier soir n'avait pas totalement réussit à éliminer. À moins que ça soit les coupures en train de cicatriser qui teintaient son parfum ainsi, les seuls vestiges du combat avec l'affreuse balafre sur l'épaule, les bleus ayant déjà disparu. Une mèche rousse frôla sa joue, quand Eijirô ajusta sa position afin de caler confortablement son nez contre le sien et sans qu'il ait à dire quoi que ce soit, son fiancé calqua sa respiration sur la sienne.
Il aurait été inutile de suivre un rythme d'exercice de sophrologie, vu qu'ils les connaissaient tous par cœur – l'un des nombreux « avantages » à être un pro-héro. Il fallait bien qu'ils sachent comment juguler le stress de leur organisme dans des situations mortellement dangereuses, où l'instinct de survie risquait de les tuer plus efficacement que leur panique. Et vu qu'Eij avait dû tous les essayer, ces exercices, Izuku se contenta de poser une main légère sur le bras de son homme pour éviter d'accrocher la blessure encore encroûtée de sang. De respirer lentement en faisant confiance à la relative sérénité de son corps pour se transmettre à Eijirô.
Après tout, les chiens se calaient sur l'humeur des humains alentours, non ?
Réprimant le léger sourire qui lui monta aux lèvres avec cette pensée, il se laissa diluer lentement au creux du parfum de son mec, dans la manière dont son souffle effleurait sa peau et la chaleur de son organisme, devenue si familière qu'il se demanda vaguement s'il se réhabituerait à une température humaine normale. S'il se réhabituerait tout court, d'ailleurs. Au bout d'un temps qu'il aurait été bien en peine de définir, il sentit enfin un relâchement sous sa main, contre son front, un rythme un tout petit peu plus lent dans la respiration d'Eij. Un début infime qui allégea jusqu'à l'atmosphère de la pièce elle-même, au fur et à mesure que l'agacement et la frustration du roux se déposaient sur le sol. Au point que Prince Carnage tenta une timide expédition à pas précautionneux pour venir déposer une léchouille sur le mollet d'Izuku, amusé de sentir la boule de poil se mettre à renifler ses chevilles. Il releva un peu le menton pour déposer un baiser furtif sur le demi-sourire d'Eijirô, juste un contact léger qu'il espérait suffisamment dégoulinant d'amour pour achever d'apaiser sa nervosité.
Erreur fatale.
La douceur absurde avec laquelle Eij posa ses lèvres sur les siennes, au total diapason avec la chaleur sourdant de sa peau et les restes de tension sous les doigts d'Izuku, tua pour une seconde sa respiration en la retenant quelque part dans sa gorge. Incroyable ce qu'un simple baiser pouvait avoir, comme effet.
Si efficace qu'il s'avança instinctivement d'un centimètre pour compenser la tentative de recul de son homme, et pouvoir continuer à l'embrasser lentement. Sans s'accorder le droit d'entrouvrir franchement les lèvres, dans le seul but de conserver cette infime distance entre eux, en train de glisser le long de son dos un frisson de pure chaleur.
Il réalisa à peine que les mains d'Eijirô s'étaient posées sur ses hanches, légères au point d'en être presque éthérées sur son pyjama. C'était une caresse qui n'en portait pas le nom et cette esquisse de contact suffit à poinçonner ses nerfs d'une attente impatiente, d'un sentiment de trop et de pas assez frustrant au possible. D'autant plus frustrant qu'il ne fit lui-même pas un seul geste pour accélérer les choses, laissant la chaleur de son amoureux continuer de lui brûler la gorge et le souffle dans cette torture pire qu'excitante. Ça avait le même goût que la nuit où ils s'étaient fiancés ou que la première qu'ils avaient passée ensemble à la fac, une saveur d'éternité avec toute l'intensité et le temps volé à la vie que leurs quotidiens de pro-héro leur interdisaient d'ordinaire. Un moment rien qu'à eux, qu'Izuku savoura avec d'autant plus d'avidité qu'il se doutait fortement que le nez de leur meilleur ami, dans le salon, allait détecter quasi instantanément ce qui se passait dans la cuisine. Sa cuisine, d'ailleurs.
Mais en attendant, il était plus que ravi de piller la moindre parcelle de douceur offerte par son homme.
Et rehaussée d'une lenteur choisie tout exprès, avec laquelle Eijirô fit remonter délicatement ses mains le long du dos d'Izuku, comme si le moindre mouvement un peu trop vif pouvait les embraser en une fraction de seconde. Un constat pas très éloigné de la vérité, vu le désir en train de hérisser sa peau d'une envie désespérée de se jeter sur Eij en envoyant l'univers balader, envie uniquement retenue par la douceur de la caresse. Prisonnière de cette délicatesse qui frôlait l'obscène.
Une appréciation visiblement partagée par quelqu'un d'autre, dont le pas boitant et précipité dans le couloir du salon précéda le cri enragé d'une fraction de seconde, tendant immédiatement le roux contre Izuku. « MAINTENANT, ÇA SUFFIT ! » fut tout ce qu'il réussit à entendre avant qu'Eij abandonne ses lèvres pour se tourner tous crocs dehors vers Kacchan, furibond :
« Mais fous-moi la paix et va te recoucher, merde ! »
« T'as qu'à arrêter de faire du porno dans ma cuisine ! »
« Mais t'as vraiment un don pour l'exagération, Kat, c'est pas possible ! On tourne pas un porno ! Et même si c'était le cas, hein, qu'est-ce que ça peut te foutre, tu veux pas non plus me dire quand chier tant que t'y es ?! »
« Hé ba si, et tu peux y aller, d'ailleurs ! »
« De quoi ?! »
« Va chier, Eij, va chier avec ton envie de baiser qui est en train de s'incruster dans toute ma putain de cuisine ! »
« Tu peux parler, avec la gueule que ton odeur a ! Tu pues le cul ! Et l'odeur d'Izuku et Kam réunis ! »
« Ba alors, t'es jaloux que j'ai dormi sur les jambes de ton mec ?! »
« Kacchan ! »
« T'occupes Deku ! » lui aboya le blond au nez, le saisissant par le col pour l'ôter d'entre eux, absolument pas inquiété du grondement furieux qu'Eijirô lui claqua au museau. En fait, il en était même d'autant plus amusé de voir ce genre de réaction, si Izuku en croyait le rictus sur ses lèvres, imbibé de toute son âme de sale gosse en puissance :
« Il a pas besoin de calme, juste qu'on lui rebrousse les poils dans le bon sens ! »
« Je t'en foutrais, du rebroussage de poil ! Va donc reposer ta carcasse miteuse sur le canapé et retourne baver sur ton mec ! »
« Pas avant que tu aies arrêté de foutre ta libido partout dans ma cuisine ! MA cuisine ! » répéta Kacchan avec un air de fou furieux rendu plus comique encore par la paire d'oreilles rabattues contre son crâne, au milieu des mèches en pétard. Les pauvres appareils qu'il avait enfilés avant de sortir du salon firent un sale bruit, en tombant, mais il n'y prêta pas la moindre attention, houspillé comme il était par un Eijirô de bien meilleure humeur :
« Ta cuisine, ta cuisine, t'avais qu'à pas bouger autant dans le canapé et ça m'aurait pas réveillé ! »
« Je bouge pas ! C'est toi qui arrête pas de te retourner en tous sens là ! »
« Et à qui la faute ? »
« Comment « à qui la faute ? » ?! »
Bien sûr, Kacchan fit mine de s'étrangler, bien sûr, Eij l'enragea encore plus avec une expression choisie tout exprès pour l'agacer, en croisant les bras sur le torse pour encaisser la réplique fort sonore du blond. Plus proche d'un hurlement que d'une phrase, d'ailleurs. Izuku leva les yeux au ciel, incapable de s'empêcher de sourire devant les deux hommes en train de se chicaner, dont tous les claquements de mâchoire, exposition de crocs et autres manifestations de mauvaise humeur n'arrivaient pas à cacher leur amusement mâtiné de détente.
Un truc du même genre teintait l'expression de Kam adossé contre l'encadrure de porte du couloir, faussement dépité de la scène. Le temps qu'Izuku le rejoigne pour laisser les deux s'enguirlander en paix, Eijirô avait décidé de s'accorder à son meilleur ami et avait fait ressortir ses propres oreilles, ridicules à souhait ainsi rabattues sur son crâne. Ils commençaient à frôler le plafond, d'ailleurs, dans leurs engueulades, et Kam secoua la tête de désespoir parfaitement joué, faussement dépité de voir Prince Carnage s'enfuir à l'étage en couinant :
« Nan, mais, t'y crois, toi ? Il est pas six heures du matin, on est censé cambrioler un bâtiment national ce soir et eux, ils se disputent. »
« Ils se disputent sur qui donne le plus envie à l'autre de baiser, en plus. » renchéri Izuku à mi-voix, bien trop amusé de voir le regard de Kam pétiller une seconde, avant qu'il ne rajoute un reniflement de fausse vexation : « Et on n'est même pas comptabilisé comme responsable ! »
« Quelle honte. » commenta le platine, glissant subrepticement ses doigts jusqu'à la paume d'Izuku, chauds contre sa peau et plus chauds encore lorsqu'ils remontèrent sur son poignet en une caresse tout sauf innocente. « Il va falloir que je m'occupe de réparer cet oubli. »
« T'es sérieux ? Alors qu'on pourrait se recoucher ? »
« Tu pourrais te rendormir, toi, avec ce bruit ? » fit remarquer Kam avec un haussement de sourcil plus qu'éloquent en direction de la cuisine. Obligé de reconnaître qu'ils avaient peu de chance de fermer un œil tant que ça gueulait à ce point – ils en étaient apparemment au point où ils comparaient leurs actions depuis la veille, dans les câlins. Ubuesque, comme dispute, même si cela n'en était pas réellement une.
« C'est pas faux. »
« Et puis, » entama Kam en l'entraînant sur la pointe des pieds vers le salon, ses mèches ébouriffées de leur courte nuit formant un halo à peine illuminé de l'aube au-dehors, « vu notre programme de la journée, c'est maintenant ou jamais ! Et c'est pour le bien d'Eij, de toute façon ! »
« Ben voyons ! » claqua Izuku en se retrouvant subitement dans les bras de son meilleur ami, arrêté net devant le canapé, si collé à lui qu'il dût reculer un brin le visage pour croiser le regard amusé de Kam. « Tu me prends vraiment pour un con, parfois. »
« Midobro, voyons ! On a besoin de notre loup adoré d'attaque, pour aller récupérer des dossiers aux archives, non ? Et sous contrôle, particulièrement. Rien que l'interlude du cabanon a réussi à le faire tenir pendant près de 24h, alors imagine combien de temps, il tiendra avec une vraie partie de jambe en l'air ! Assez pour toute notre expédition. » acheva le platine d'un air docte, faussement sérieux, mais irrémédiablement désavoué par le sourire en coin qu'il tentait de lisser. Ça lui faisait des fossettes au creux des joues, juste là où Izuku posa les doigts pour l'attirer contre lui et déposer un baiser furtif sur le sourire en question. Piquant à souhait, juste avant qu'il n'y murmure :
« On a même pas encore décidé si on maintenait ce plan, mais j'imagine que tu vas me rétorquer que c'est au nom du principe de précaution qu'on va baiser ? »
« Je savais que tu te rangerais à mes arguments raisonnables et imparables. »
« Bien sûr. Ça, et ce que je sens contre ma cuisse. »
« C'est de l'enthousiasme professionnel, ça. » chuchota Kam, réalisant l'impossible en restant à peu près stoïque dans sa vanne, rendue plus hilarante encore par les sons de fausse dispute dans la cuisine. Et le vrai tour de force étant sans doute qu'il arrivait à doser ce mélange absurde d'amusement et de flirt à la perfection. Juste assez de plaisanterie pour annihiler la moindre gêne et trop peu pour empêcher le désir de s'infiltrer partout, et particulièrement dans la chaleur de ses mains sur le t-shirt d'Izuku.
« Professionnel, c'est tout ? J'en serais presque vexé. » taquina ce dernier, puisqu'il n'y avait aucune raison que seuls leurs mecs s'amusent à se tirer la bourre, pas avec le regard pétillant d'amusement de son meilleur ami à trois centimètres.
« T'avais qu'à dire oui au plan à quatre avant Midobro, si tu voulais des compliments sur ta personne ! »
« J'aurais jamais le dernier mot, hein ? »
« Avec moi ? Certainement pas ! » et Kam le poussa d'un geste sec sur le canapé, l'asseyant d'office sur ce dernier avec ce genre de sourire pour lesquels Kacchan se damnait, une attitude qu'Izuku comprenait pleinement maintenant qu'un sourire de la sorte se posait sur ses lèvres. Incroyable comme ça infusait leur baiser d'une excitation presque fébrile, que la langue de Kam sur ses lèvres s'amusa à disperser au creux de leurs souffles. Et qu'il trouva absolument renversante, quand elle s'accompagna du poids du platine sur lui alors que celui-ci envahissait sa bouche, s'arrogeant le plaisir de déposer une pointe de douleur électrique entre leurs langues. La sensation de pincement, si légère qu'elle rappelait à peine une morsure, contracta la gorge d'Izuku d'envie, sans qu'il ne se permette le moindre son. Leurs loups adorés s'engueulaient, certes, mais pas au point de pouvoir ignorer ne serait-ce qu'un geignement.
Pour s'ancrer un peu plus, il ôta les mains du canapé pour s'arroger le droit de plaquer un peu plus encore Kam contre lui, ravi de percevoir un léger accroc dans sa respiration quand son bassin roula sur le sien. Réitéra l'exacte même mouvement, pour savourer encore la décharge de plaisir qui faillit lui rouvrir la bouche sur une plainte, heureusement étouffée par les lèvres sur les siennes.
Il remercia mentalement son meilleur ami de ne dormir qu'en t-shirt, la plupart du temps volé à leurs mecs et qui lui permettait présentement de profiter des cuisses nues de Kam sur les siennes. Sans honte aucune, il s'amusa à parcourir la peau du platine et à graver sur la sienne la cartographie encore peu familière de ses cicatrices, qui montait sans jamais sembler s'arrêter, et lorsque ses doigts atterrirent sur le haut des cuisses de Kam, il se recula juste assez pour demander :
« Tu t'es fait quoi, là ? »
Là, c'était un entrelacs de cicatrices en relief, fines au point d'être presque indéfinissables les unes des autres, étalées si largement qu'elles débordaient un peu sur la hanche de Kam, disparaissant en partie sous son caleçon. Un truc de trop, ça, d'ailleurs.
« C'est la fois où je suis passé par la fenêtre d'un bureau. Tu sais, l'intervention de la société Keizan, le truc à priori banale, mais qui a mal tourné et à cause duquel je me retrouve avec toutes ces balafres. Plutôt moche, je sais. » s'amusa Kam sans réussir à dissimuler le soupçon de dépit dans son affirmation, avec lequel Izuku était on ne peut plus en désaccord :
« J'aurais pas dit ça. C'est sexy, je trouve. »
« On a truc pour les mecs amochés, Midobro ? » glissa Kam, et ses mains se posèrent sur celles d'Izuku pour lui intimer de continuer à explorer. Il fallait le connaître par cœur pour déceler, dans sa tranquille assurance, un léger soulagement qu'Izuku exploita sous la forme d'un frisson déposé sur le haut de ses hanches, du bout des doigts :
« Midobro aimerait surtout plus être appelé Midobro, alors que vraisemblablement, je vais te baiser dans l'heure qui vient ! »
« Raconte pas n'importe quoi, c'est pas parce que t'auras ta queue en moi que tu vas me baiser, je vais te baiser. Inverse pas les rôles, I-zu-ku. » scanda Kam juste sur ses lèvres, si collé à lui qu'Izuku eut réellement l'impression de ressentir chaque syllabe se poser sur sa langue, balayées aussitôt par celle de son meilleur ami pour l'empêcher de répondre. La quasi-violence avec laquelle il s'agrippa à Kam, pour s'éviter de gémir, referma les crocs de ce dernier sur sa langue en une morsure à des kilomètres de celles qui ornaient encore sa gorge, mais tout aussi excitante. Et d'une brièveté frustrante au possible, dosée juste assez pour qu'il se plaque de lui-même contre les lèvres de Kam lorsque celui-ci fit mine de se reculer, le faisant déglutir sous son empressement. A peine s'il lui concéda un demi-millimètre pour respirer, entre eux.
« Combien de temps tu penses qu'on a, avant qu'ils rappliquent ? » murmura Kam contre lui, dans l'espace quasi inexistant entre leurs lèvres et Izuku s'amusa de répondre de la même façon, sourire en plus :
« Jusqu'au premier gémissement. »
Sûr et certain que si Eij n'avait pas encore perçu le changement dans l'air ou dans leur conversation, c'était uniquement en raison de l'indignation dramatiquement surjouée de Kacchan. Qu'il entendait encore hurler dans la cuisine – désormais sur la thématique de Prince Carnage traumatisé, pour varier un peu. Un seul geignement de plaisir dans le salon et les deux seraient sur le canapé en une seconde.
« Une éternité, donc. »
« Oh, quand même, je suis pas si nul que ça ! »
Sa fausse offuscation se heurta au sourire mutin de Kam, dont les mains se posèrent sur sa gorge avec une délicatesse qui lui rappela celle d'Eijirô. Une fraction de seconde, seulement. Après, il sentit à peine sa peau le picoter alors que brusquement ses muscles lâchaient, devenant aussi réactif que Prince Carnage après une ballade de six heures et il s'effondra sur le dos, regard fixé sur le plafond dans un ébahissement total. Il aurait voulu ouvrir la bouche, sortir un cri ou une question, sans que rien s'exécute, pas un seul muscle ne répondit présent, anesthésié net par un truc qui l'aurait terrifié, sans le sourire tranquille de Kam, contre lui :
« Qu'est-ce qu'un mouvement, Izuku, sinon un signal électrique ? »
Pour appuyer sa question, une infime étincelle piqua la peau d'Izuku, au creux des paumes de Kam, simple châtaigne sans réelle douleur. L'implication mortellement dangereuse que cela avait, comme idée, ne faisait pas le poids face à la douceur avec laquelle son meilleur ami se pencha sur lui pour l'embrasser. À l'instant où les lèvres de Kam se posa sur les siennes, il sentit brusquement son organisme revenir à la vie avec une improbable vague d'adrénaline, juste à temps pour l'autoriser à se raccrocher aux mèches platines par pur réflexe, alors que son dos quittait le canapé une seconde. Comme si tous les atomes de son corps émettait une décharge de plaisir de retrouver un fonctionnement normal, un effet de fourmillement intense, presque trop, d'ailleurs. Sans doute habitué à cette réaction, Kam lui laissa une poignée de seconde pour retrouver ses esprits, avant de lui demander à mi-voix, accompagnant sa question d'un geste léger pour repousser quelques boucles vertes de son front :
« Ça va ? »
« C'est… c'est incroyable ! Depuis quand tu sais faire ça ? »
« Toujours. Je te rappelle que je suis capable de charger n'importe quel appareil électrique sans le faire cramer, qu'importe le nombre de volts nécessaire. Ça demande du doigté. »
Il avait dix mille questions – est-ce que ça pouvait servir en intervention, est-ce qu'il pouvait l'utiliser sans que cela se sente ou se voit, depuis quand exactement avait-il perfectionné cette technique, pourquoi il leur avait jamais dit l'étendue de ses capacités ?! À quel degré de précision pouvait-il manipuler un corps humain ou non humain, est-ce que ça marchait sur n'importe quel être vivant, d'ailleurs ?! — mais la raideur dans le sourire de son meilleur ami était une réponse à elle seule. Une évidence, s'il y songeait trente secondes. Kam n'avait jamais évoqué cette capacité parce qu'irrémédiablement, chaque personne ayant connaissance de cette possibilité de ses pouvoirs perdrait à jamais tout naturel face à cette lui. Une situation qu'il avait sans doute dû vivre assez souvent pour décider de garder ça secret et Izuku se demanda vaguement combien de ses camarades de primaire avaient dû lui tourner le dos, voir l'accuser à tort, en apprenant qu'il était capable de manipuler les corps. Un truc similaire aux réactions que Shinsô avait encaissé, sans doute. Et il n'y avait qu'une seule manière de réagir, du coup, à des années-lumière de sa réaction naturellement curieuse.
Il ôta ses mains des mèches de Kam et les glissa sur sa nuque, l'attira à lui en prenant son air le plus malicieux, qu'il avait honteusement volé à l'homme à deux centimètres de lui. Repoussant loin au fond de son esprit les éclats de voix de la cuisine qui glissaient sur de francs grondements, il s'efforça de maîtriser au maximum son ton pour éviter de piquer un fou rire avant la fin de sa connerie :
« Et ce doigté, il peut faire d'autres choses intéressantes, à tout hasard ? »
« T'es pas possible, quand tu t'y mets ! »
« C'est ma réplique, ça ! » s'esclaffa Izuku, bien trop bruyant dans leur tentative d'être discrets et Kam l'étouffa derechef en l'embrassant, avec un peu trop de fougue pour être réellement silencieux. Un truc impossible, vu le froissement des draps sous eux et la manière dont leurs dents se heurtèrent un brin, dans leur fébrilité.
Le silence qui tomba sur eux était lourd au point de les enfoncer dans le matelas et contre lui, il sentit à peine Kam avoir le temps de se figer dans le mouvement avant que la cavalcade dans le couloir le redresse d'un coup. Bien lui en prit, parce que le saut conjoint des immenses masses des loups sur le canapé leur fit faire un sacré rebond, aggravé encore par le très brusque affaissement du pauvre meuble sous eux.
À leur droite, Eijirô tenait à peine sur le rebord du lit où il avait sauté à l'arrache, toute son échine courbée pour enfouir sa truffe dans les mèches platines de Kam. Complètement insensible au raidissement de ce dernier face aux reniflements plus qu'insistants. Un spasme finit par remonter le long du dos de Kam en finissant par le faire frissonner et pour se soustraire au souffle d'Eijirô, il s'affala à nouveau sur Izuku, couinant un « Sa race, ça chatouille ! » agacé. Pour se retrouver face à la truffe tout aussi exaltée de son amoureux :
« Mais tu connais déjà mon odeur, enfin ! »
Izuku éclata de rire devant la moue ravie de Kacchan, assortie d'un couinement relativement bruyant quelque part sur la gauche, histoire de marquer tout son enthousiasme face au programme. Il faufila une main dans la toison blonde et y déposa une caresse, prolongée par le mouvement rude du loup contre sa paume de la main.
« Ha ba ça, si tu voulais pas te faire renifler sous toutes tes coutures, fallait pas sentir l'odeur de gourmandise ! »
« Fais gaffe, elle va finir par se voir, ta jalousie. » s'amusa Kam, appuyé par un reniflement moqueur d'Eij quand celui-ci faufila sa truffe dans la nuque du platine, inspirant leurs odeurs mêlées avec une visible satisfaction. Le fameux mélange de gourmandise et de truc apaisant qui donnait envie de dévoyer, donc.
Toute remarque spirituelle – et l'univers sait qu'il n'en avait aucune – lui fut arrachée à même ses lèvres, balayées par la langue d'Eijirô en une lichette furtive qui ne lui laissa même pas l'opportunité d'en profiter. Ce dont il se serait plaint en temps ordinaire, mais voir le museau de son amoureux redessiner la nuque de Kam en y faisant courir ses crocs jusqu'à redescendre le long de son dos, était une compensation suffisante. Presque autant que le souffle chaud de Kacchan sur eux, subitement, quand son museau s'insinua entre leurs visages pour tenter de voler un baiser.
S'il en fut pour ses frais avec Kam, encore un peu trop raide pour se détendre réellement, Izuku lui laissa libre accès, amusé de sentir son enthousiasme glisser contre sa langue, explorer sa bouche en y abandonnant son goût. Un peu brouillon dans son baiser, mais étrangement délicat pour son caractère habituel, Kacchan ne fit que mordiller sa langue avant de reporter ses crocs pour un bref pincement, sur son menton. Un mouvement affectueux au possible, qu'il réitéra sur Kam sans oser aller plus loin que la commissure de ses lèvres. L'immense masse d'Eijirô s'interrompit dans sa tâche le temps de déposer une lichette sur la truffe de Kacchan, avant de s'atteler à nouveau à l'exploration assidue du dos de Kam du bout du museau et de la pointe de la langue. Toute sa délicatesse, à l'image de celle de Kacchan, n'arrivait visiblement pas à faire fondre le début d'appréhension bien ancrée dans la posture du platine. Particulièrement dans son immobilité quasi absolue. Repoussant une seconde le loup blond, Izuku l'attira à lui d'une main sur la nuque, déposant un baiser sur le haut de sa pommette avec un chuchotement :
« Détends-toi, il va pas te mordre... »
« Détends-toi, détends-toi, facile à dire… J'me demande si j'ai eu une bonne idée, moi, réflexion faite... » grommela Kam, aussitôt coupé par le gémissement angoissé de Kacchan – sans doute à l'idée de perdre l'occasion de retrouver une quelconque forme d'intimité avec son amoureux. Adorable à souhait, avec sa gueule de chien battu.
« Tu devrais le laisser faire. »
« Qui ? Eij ? Mais je laisse faire, je te signale, je bouge pas d'un iota alors que... »
« Kacchan. » le coupa Izuku, glissant une main sur la ligne de la mâchoire du loup blond, à quelques centimètres au-dessus d'eux. « Tu devrais le laisser t'embrasser, genre pour de vrai. »
Le lourd et bruyant battement sur le canapé fit ronfler Eijirô de son rire de loup, se moquant sans vergogne de son meilleur ami battant de la queue ainsi à la simple idée d'un baiser et ce dernier lui adressa un claquement de dent agacé. Assorti d'un grognement tout d'esbroufe, qui ne fit absolument pas réagir le roux.
« Comme quoi, tu comprends parfaitement ce qu'on dit, le Husky ! Même sourd et en loup ! » ronchonna Kam derechef, étrangement ressemblant à son cher et tendre à qui il adressa un soupir désabusé. « Allez, viens, Izuku a raison, pour changer. »
S'il n'avait pas été aux premières loges pour en attester, Izuku n'aurait sans doute jamais cru Kacchan capable d'autant de douceur et de délicatesse dans son approche. La manière dont il redessina du bout de la langue, avec une maîtrise étonnante pour sa taille, le sourire crispé de son homme, fit fondre un peu la raideur de celui-ci. En percevant la bouche de son meilleur ami s'ouvrir pour laisser Kacchan y glisser son souffle, Izuku s'arrogea le droit de promener à nouveau ses mains sur les cuisses au-dessus de lui, remontant profiter de la courbe on ne peut plus sexy du cul de son meilleur ami. Où il retrouvera le museau d'Eij, qui se frotta contre ses doigts avec enthousiasme, et alors qu'il faisait remonter sa main jusqu'à la nuque de Kam, Izuku faufila l'autre le long de la mâchoire de son loup. Un pointe d'excitation lui mordit les reins quand Kam gémit, contre lui, contre la langue de Kacchan, un son discret, mais terriblement excitant, dans la pénombre. Eijirô s'offrit le plaisir de prolonger ladite pointe en saisissant entre ses crocs la main d'Izuku, ce dernier amusé de le sentir enrouler sa langue autour de ses doigts dans un geste plus qu'équivoque.
En dépit de la température des loups, l'air ambiant semblait glacial sans la chaleur du souffle d'Eij sur sa peau, une fois ses doigts relâchés de sa gueule et cette dernière repartie parcourir le dos de Kam de la pointe des crocs, très légèrement, sans jamais appuyer ni mordre réellement. Juste distiller assez de frissons et de chair de poule pour infuser le gémissement de Kam d'un peu plus d'excitation. Sans savoir si c'était en raison des crocs d'Eijirô sur sa peau ou ceux de Kacchan contre sa langue, Izuku sentit son meilleur ami se tendre un peu plus dans ce mélange d'appréhension et de désir. Une réaction fort naturelle, avec un loup-garou de trois mètres occupé à faire courir des crocs aussi grands qu'une main sur sa colonne vertébrale. Sans aucun mystère sur l'endroit où il comptait faire atterrir lesdits crocs.
« Finalement, tu serais pas contre une morsure, mm ? » chuchota Izuku contre sa gorge, aussi hypocrite que possible dans sa moquerie vu le pied qu'il prenait à sentir les frissons de son meilleur ami. Ou dans la hachure manifeste de son souffle, bien trop malmené par son amoureux pour que sa question sonne comme autre chose qu'envieuse :
« C'est… c'est pas dangereux ? »
« Ils perdront jamais le contrôle au point de nous faire vraiment mal. »
Ça, à vrai dire, il n'en aurait pas mis sa main à couper, mais Kam n'avait vraiment pas besoin d'un discours détaillé sur ses dernières réflexions en matière de maîtrise de soi loup-garoutesque.
« Je veux dire… ils risquent pas de nous transformer, nous aussi ? »
« Kacchan, sûrement pas, Eij… les risques sont plus probables. Mais il va pas mordre pour de vrai. »
« Et sa… salive ? » acheva Kam avec une aussi étrange que soudaine difficulté, mystère aussitôt éclairci quand Izuku perçut le frôlement de tissus sur ses jambes, signifiant que son caleçon n'avait pas gagné la bataille face à l'obstination d'Eijirô. Le vêtement disparu dans le salon avec la promptitude qu'on attendait de lui et Izuku aurait volontiers fait subir le même sort au t-shirt de son meilleur ami. Mais celui-ci s'accrochait au sien dans un mélange de défiance et d'appréhension interdisant le moindre mouvement, alors qu'il attendait le prochain geste du loup dans une posture tendue. Dégoulinant de tendresse, Kacchan s'ingénia à déposer une myriade de caresse du bout de la truffe ou de la langue sur les épaules et la gorge de son humain, sans oublier, vu la proximité, d'octroyer une juste part à Izuku. Ça faisait des ondoiements de chaleur sur leurs peaux, comme de minuscules éclats de désir déposés sur la peau et il fallut qu'Izuku se fasse violence pour ne pas se laisser couler dans la sensation. Et relancer délicatement :
« J'ai jamais été transformé en… en dépit de la quantité de salive que j'ai eu sur et en moi. » et sur la joue de son meilleur ami où il promenait son nez, une amorce de tension faillit lui filer une châtaigne, heureusement convertie en une unique étincelle d'électricité. « Je pense que c'est une contagion par le sang, et en grande quantité. »
« Tu penses, ou t'en es sûr ? »
« J'en suis assez sûr pour laisser Eij foutre sa langue partout. » répliqua Izuku, achevant sa course en un baiser appuyé sur la moue floue d'envie de son meilleur ami.
Le coup de truffe amusée dans sa cuisse, familier au possible, lui tira un sourire que Kam perçut parfaitement, contre ses lèvres, sans avoir le temps de poser la question qu'Izuku sentit poindre rien qu'à la manière dont il faillit ouvrir la bouche. Faillit, parce qu'il profita allégrement de la distraction de Kam pour lui mordre la lèvre, s'amuser de l'exclamation de surprise étouffée qui permit à Kacchan d'y faufiler sa langue et au roux d'attaquer aussitôt. Un vrai travail d'équipe.
La langue de son fiancé laissa une traînée humide sur lui, quand elle s'enroula autour de l'érection de Kam, lui faisant profiter de cette adresse magistrale dont il faisait preuve sous sa forme de loup. Et de sa taille, bien entendu. Izuku sentit clairement la salive d'Eij imprégner son caleçon et il savait mieux que personne le plaisir qu'il était capable de créer ainsi. L'effet se répercuta en un frisson de pur plaisir dans les épaules de Kam, arrondies par la sensation et le gémissement du platine se perdit dans les boucles d'Izuku. Lequel dû se mordre la lèvre pour ne pas en rajouter, la faute à leur position absolument parfaite pour profiter du moindre mouvement d'Eijirô sur la queue de Kam, retranscrits en arabesque sur son caleçon. Frustrants de légèreté et pourtant, irrémédiablement excitants, tout comme les sons en train de dégringoler sur lui, où se perdaient quelques geignements de Kacchan.
Incapable du moindre geste puisque obligé de se maintenir à peu près d'équerre, Kam ne put empêcher son corps de se courber un peu plus, face au plaisir, plaquant davantage son bassin contre celui d'Izuku. L'afflux de sensation envoya les mains de celui-ci dans les mèches platines, notant au passage la très nette électrisation entre ses doigts, une seconde avant qu'une étincelle remonte jusqu'à ses épaules. S'enfonçant dans ses nerfs en rendant ces derniers plus sensibles encore, comme chauffés à blanc.
La partie encore rationnelle de son esprit lui fournit un avertissement – l'effet ne durerait pas plus qu'une poignée de seconde, le temps que son organisme élimine la surcharge énergétique – stupide au possible, et son dos quitta le canapé. Accordant, dans un effet secondaire pervers, bien plus de place à la langue d'Eijirô entre eux, rayant davantage leurs voix de plaisir.
« Cadeau. » ronronna Kam, gémissant à moitié dans un ton à se damner, au moins, et ça, plus la langue d'Eijirô sur lui et le son appréciateur de Kacchan, lui donnèrent une envie désespérée d'encore. De plus. Il attrapa la nuque de Kam et dans la foulée, enfouit ses dents juste sous sa mâchoire jusqu'à sentir un gémissement sur sa langue.
Sans que jamais la peau cède sous ses dents, tristement peu efficaces, Izuku s'arrangea pour appliquer un suçon digne de ce nom, ravi de faire naître des frissons au fur et à mesure qu'il étendait le bleu. Une entreprise au goût de Kacchan, visiblement, qui se paya le luxe de fourrer son museau contre le visage d'Izuku, léchant le suçon presque sous ses dents, sur toute la longueur, dans une intention guère surprenante.
« Ha, ne… Ne fais pas… » haleta Kam dans le peu d'esprit que lui laissait la langue d'Eijirô, dont Izuku aurait pu suivre le moindre mouvement rien qu'à la manière dont le corps de son meilleur ami se tendait au-dessus de lui. S'il n'avait pas été aussi occupé lui-même à retenir un gémissement à chaque coup de cette maudite langue qui étoilait son érection d'un sentiment de pas-assez frustrant au possible.
Kacchan se ficha visiblement comme de l'an quarante des directives de Kam, bien trop perdu pour réaliser que son ordre tombait au sol en laissant le champ libre. À quelques centimètres de lui, Izuku entendit les mâchoires de Kacchan s'ouvrir, souffle brûlant contre sa joue et les crocs du loup-garou s'enfoncèrent dans la peau de Kam.
Le platine hoqueta un son achevé net par la pression des crocs de son amoureux sur sa voix, un son plus qu'excitant tant il paraissait incongru dans la bouche de Kam, dont les mains agrippèrent le t-shirt du vert à le déchirer. Ce réflexe eut pour bienheureuse conséquence de plaquer plus encore sa gorge contre la langue d'Izuku, lui offrant toute licence pour continuer de dévorer la moindre parcelle de peau atteignable, tout en ayant conscience qu'il ne concurrencerait jamais Kacchan dans le domaine.
Comme s'il l'avait entendu, le loup lâcha son amoureux une fraction de seconde, juste le temps de trouver un angle plus adéquat pour mordre derechef. Tirant un spasme de douleur à Kam, avec une volée d'étincelle contre le torse d'Izuku. Et sous sa langue, subitement, le goût citronné en passe de devenir familier se teinta de rouille.
Il devait avoir l'air particulièrement dépravé, à lécher le sang de son meilleur ami à même sa peau, entre deux morsures et suçons, mais il ne regrettait pas une seule seconde au vu de l'effet que ça avait sur celui-ci. Et sur Kacchan. Le blond gémit contre Izuku, lui vola un baiser si rapide et empressé qu'il aurait cru le rêver, sans la chaleur de son organisme sur le sien. Entre eux, Eijirô releva la tête sur un grondement sourd, et subitement, ses griffes accrochèrent la cuisse d'Izuku pour la soulever, déséquilibrant Kam :
« Hey, Eij, qu'est-ce que tu fous ?! »
Izuku n'eut pas le temps de répondre à la place de son homme. Au diable les précautions et délicatesses dont Kam avait bénéficié : Eijirô attrapa son caleçon entre ses crocs, le déchira dans un seul mouvement, une patte plaquée sur sa cuisse pour se faciliter la tâche. À peine eut-il le temps de sentir la différence de température que la langue de son loup d'amoureux s'insinua en lui. Loin, très loin. Et avec une impatience perceptible à la manière dont ses mouvements de langues, si éloignés de ses attentions habituelles, devinrent frénétiques dès qu'il retrouva, à l'instinct, cet endroit capable de faire hurler Izuku.
Et Izuku hurla.
Un truc de pure surprise additionnée d'assez de plaisir pour sentir ses nerfs s'incendier sur le champ, marquant bien malgré lui son corps sous les coups de langue ravageurs contre lesquels il sentait sa maîtrise de lui sérieusement s'effriter. Sa prise sur les mèches de Kam devait être fort douloureuse, vu comme il s'était crispé par réflexe, mais son meilleur ami se contenta de se pencher sur lui pour lui faciliter la vie, promener sa bouche sur ses épaules et sa mâchoire et y déposer des baisers dont la douceur contrastait bien trop avec la brusquerie d'Eijirô. Les rendant de fait presque plus violents, à deux doigts d'être douloureux tant la différence était aberrante.
« Izuku ? » déglutit Kam contre sa peau, enfin, voulut déglutir Kam plutôt, vu que la langue de Kacchan se chargea de rentrer cette question le long de sa gorge en s'y infiltrant, pressante. Il faillit gémir et l'effort qu'il fit pour que ça ne s'entende pas fut presque aussi excitant que le son mort-né. En tout cas pour Izuku pressé ainsi contre lui.
« Il me… il… » entama le vert vaillamment, essayant d'expliquer les intentions d'Eijirô, pourtant limpides de son point de vue, mais la brusque torsion de la langue de ce dernier en lui effaça en une seconde le concept de pensée de son esprit. À peine eut-il le temps de récupérer ce dernier qu'il sentit Kacchan abandonner sa prise pour fourrer son museau sous son menton, léchant ses gémissements à même sa gorge avec un grondement appréciateur. La vibration mettait plus en relief encore le plaisir en train de s'ancrer dans ses reins, faufilant une quasi-douleur au creux de ses nerfs tant elle s'intensifiait. Et l'obligeant à s'y reprendre à deux fois avant d'arriver à rattraper le fil de son explication, rendue affreusement inintelligible par ses gémissements.
« Il… enfin c'est… C'est pour a-a… après, c'est pour après ! » acheva-t-il avec la sensation qu'un dieu impalpable jouait avec son corps, appuyant partout où il pouvait pour le rendre malade de désir. La main qui se referma sur sa gorge, violente d'excitation, ne fit rien pour arranger ça et malgré lui, il sentit sa bouche s'ouvrir d'elle-même sur un miaulement de plaisir quand Kam lui murmura à l'oreille :
« J'envie ton homme, là, de suite. Tu crois qu'Eij me laissera un jour m'amuser avec toi comme je veux ? »
« Vois ça-aaah… a-avec lui ! » gargouilla Izuku, perdu entre la pression des doigts sur sa tranchée et la détermination sans faille d'Eijirô à lui retourner le corps de plaisir. Un but qu'il atteignait haut la patte, d'ailleurs.
Vicieux à souhait, Kam profita de son gémissement pour crocheter sa mâchoire de deux doigts, l'immobilisant bouche ouverte sans guère de moyen de dissimuler le plaisir en train de lui érailler la voix. Il capta à peine le mouvement de menton que fit Kam, à l'adresse de Kacchan, mais ce dernier exécuta l'ordre plus vite qu'il ne l'avait reçu. Incapable de résister, quand bien même il l'aurait voulu, Izuku faillit s'étouffer sous l'enthousiasme du loup, dont la langue s'enroula contre la sienne jusqu'à envahir sa gorge. Ravageuse de chaleur, si affamée de ses soupirs qu'elle ne leur laissait même pas l'occasion de quitter sa bouche, fauchés à même sa langue. Une chance, parce que l'autre langue occupée à jouer avec ses nerfs était présentement en train d'en faire de la charpie.
Sans réussir à le maîtriser, Izuku sentit un violent tremblement de plaisir mordre ses cuisses et s'insinuer jusqu'au creux de ses reins, mouvement bien involontaire qui servit de rappel à Kam. Le roulement des hanches de ce dernier sur son érection aurait fait crier Izuku derechef, sans la langue de Kacchan lui ôtant cette possibilité.
L'hyper-sensibilité du loup-garou décela sans mal le cri répercuté contre sa langue, qui râpa son organisme de plaisir au point de lui laisser couler un gémissement dans la gorge d'Izuku. Rendant plus difficile encore pour ce dernier d'encaisser le mouvement que fit la langue d'Eijirô subitement, une absurdité qui lui laissa le loisir de sentir chaque centimètre de celle-ci appuyer de toute la force possible sur sa prostate. Ce qui faisait beaucoup, de force.
Le plaisir frôla la douleur sans jamais franchement y basculer, préférant s'infiltrer dans ses reins en accrochant le moindre de ses nerfs d'une luxure à crever. Cette fois, il faillit mordre la langue de Kacchan et les doigts de Kam par pur réflexe, son corps se tendant sous le plaisir en une résistance vaine, aussi vaine que ses efforts pour relâcher sa prise sur les mèches platines.
Sans doute par pitié pour son organisme presque foudroyé de plaisir, à moins que ce ne soit parce qu'il était lui-même bien trop saturé de toutes les sensations perçues grâce à sa peau, Kacchan se recula juste assez pour le laisser respirer. Le temps d'une inspiration seulement, après quoi Kam lui lâcha la mâchoire pour lécher son gémissement en ignorant royalement la plainte qui se cachait dans celui-ci, y cracha une question qu'Izuku entendit à peine :
« Eij ? Je pourrais ? Refaire la même avec ton mec ? »
Le ton innocent et presque joyeux sonnait plus obscène encore que le son que fit la langue d'Eijirô en se retirant d'Izuku, ajoutant, pour faire bonne mesure, une traînée de salive brûlante sur la courbe de sa cuisse. Le vert grogna de dépit contre la truffe de Kacchan, le grésillement de ses nerfs criant au supplice de se voir abandonné ainsi par son fiancé. En se redressant aussi soudainement, le loup faufila ses pattes entre eux, agrippant fermement la taille de Kam et sur celle-ci, les griffes redevinrent doigts avec un craquement écœurant au possible quand Eijirô le redressa. Le roux profita immédiatement d'avoir le platine collé contre son torse pour fourrer ses lèvres sur sa gorge, avec un ton amusé qui n'enlevait rien à l'excitation qu'il charriait :
« Hé ba alors Don Juan, on tente de resquiller en négociant ? »
« N'importe quoi ! » siffla Kam, faussement boudeur dans le baiser qu'Eij déposa sur ses lèvres, incendiant sans le vouloir Izuku du spectacle sensuel au possible de son mec roulant le patin du siècle à son meilleur ami. Lui et Kacchan, d'ailleurs, s'il en croyait le gémissement sourd du loup blond, agrémenté du frottement de sa fourrure sur le drap dans une tentative vaine de soulager la pression de son désir sur sa queue.
« Heureusement pour toi, sinon on aurait dû t'attacher ! »
« Oh, ça peut toujours s'envisager, ça. » renifla Kam, dont l'idée devait passablement être différente de celle qu'Eij suggérait.
« Et c'est pas moi que tu devrais envier, plutôt Katsuki. » ronronna Eijirô avec cette insupportable satisfaction de celui qui savoure la surprise qu'il crée. Sans leur laisser le temps de poser une question, il siffla Kacchan, la vibration de l'air sous le son étant amplement suffisante pour attirer son attention vu la vitesse fulgurante à laquelle il releva le museau. Vraisemblablement, le fait de se retrouver avec deux donneurs d'ordre dans son lit ne lui déplaisait pas le moins du monde, si l'on prenait en compte le sourd couinement dans sa gorge. Une vraie chienne. La plaisanterie éculée monta aux lèvres d'Izuku, mais il l'étouffa de surprise en comprenant où Eijirô voulait exactement en venir. Et en se maudissant de ne pas l'avoir anticipé plutôt.
« Moitié-moitié, Kat ? »
Izuku vit très clairement la réalisation écarquiller le regard de Kam, dans la fraction de seconde que lui laissa Kacchan pour l'observer. Après, la patte du blond se referma sur sa gorge et l'extirpa sans patience aucune de sous Kam, le traînant sur le canapé jusqu'à ce que la masse toute de fourrure et de crocs s'abatte sur lui.
Question exceptionnelle d'avant-les-reviews :
Je voudrais retenter mon expérience de Kinktober cette année (pour celleux qui ne le savent pas, contraction de « Kink » et « Octobre », autrement dit, du cul publié tout le mois d'octobre dont l'édition 2023 était mon coup d'essai et que j'ai surkiffé XD – c'est dans mes publications si jamais y'a des intéressé ). Mon problème est qu'en m'y prenant autant à l'avance, j'ai eu largement le temps d'y réfléchir et surtout, de quoi écrire des one-shots bien plus longs. Que j'ai aucune envie d'empaqueter à la va-vite dans une fic nommée « Kinktober 2024 ».
Et tout ça est bien mignon, mais sans tout poster dans une fic, ça risque d'être compliqué de faire un format « un chapitre chaque semaine » avec programme de publication et mini-résumé pour annoncer la couleur. D'où ma question : comment vous voyez ça, vous ? Tout publier sur mon profil, mais avec une « couverture » de fic identique pour identifier le schmilblick ? On se fait un forum avec annonce, programme de publication et discussion ? Zéro idée de mon côté, donc je prends toutes suggestions comme le messie XD.
(Et si vous vous en battez les reins royal, dites-le-moi aussi, comme ça je vous embêterais plus XD)
Allez, on passe au fun,
C'est parti ^^ !
(MERCIII !)
Akane29 : Hey ^^ ! Merci beaucouuup ! Contente que ça t'ai plu et j'espère du coup que ce chapitre aussi XD ! Avec plaisir pour ma fanfic, merci à toi de la lire et de la commenter ^^ !
Omiya : Coucouuu ! Aaaw merci ! Merci merci ! Hahah, j'adore le check régulier en mode « ET LA ? » XD, c'est chou en vrai XD.
J'adore que ma fic soit ton pot de glace, quel plaisir et fierté ^^ ! Ouaiiiis j'avoue je t'ai salement spoilé (en même temps, j'avais si hâte d'écrire ça !), j'espère que du coup ce chapitre (et première partie) a été à la hauteur dudit spoil ? Tu me diras ? J'ai tellement hâte d'avoir ton opinion sur ce chapitre et le prochain, t'as pas idée !
J'adore leur blabla de canapé, et je trouve que c'est un titre qui va bien à leur petite session papotage ! Oui, je les fous tous dans le même canapé pour renforcer le côté meute et tanière ^^. On verra pour le troisième loup, on verra XP.
MERCIII pour mon livre, merci beaucoup ! J'ai pas encore commencé mes révisions de ce premier jet, je fais ma flemme (et j'écris du plan à quatre loup-garouesque XD).
Merci à toi pour ta review, ça fait tellement plaisir et c'est toujours une joie de te lire ^^ ! MERCII !
Athena : Hey hey, coucou ^^. Oh quel honneur que ma fic soit élue « gourmandise », j'suis refaite ! Merciii ! C'est un vrai plaisir pour moi de répondre aux reviews (et de les lire, surtout XD), donc merci à toi !
Aw ça me fait plaisir si l'amitié Izu/Kam est appréciée ^^. J'ai toujours peur qu'elle paraisse « fade » face au caractère de Katsuki ou à la douceur d'Eijirô, donc ça me rassure, OUF. Bon j'espère que ce chapitre-ci était pas trop en retard, et que tu me pardonneras si le prochain a quelques jours de retard à son tour T-T. Promis, je fais de mon mieux !
Merci beaucoup pour ta review et tes encouragements, c'est adorable ^^ ! (Merci pour le fait d'écrire en plus du taff ! C'est vrai que c'est pas facile, si seulement on pouvait abattre le capitalisme XD)
ViMiKi : COUCOUUU ! You're back yeees ! Je sais plus si on se l'est souhaité, en effet, mais au cas où : Bonne année aussi ^^ ! Aaaww t'excuse pas, je sais comment la vie est compliquée (moi et mes 12h supplémentaire de taff, on comprend T-T) et même si tu as eu une sacrée charge de travail (courage pour les cours, le projet de fin de parcours, j'espère que le stage, ça a été?), hé bien j'espère aussi que le chéri arrivé dans ta vie est adorable et te traite comme la queen que tu es ^^ !
Ouiii y'a eu du leeemon, y'a eu du lemoooon (ET Y'EN A ENCOOOORE XD). Ça fait grave plaisir que leur dynamisme (et Eij en chef de meute XD) plaise autant ^^ !
Alors là, c'est un compliment fort précieux, merci beaucoup ! C'est pas hyper facile à écrire, les scènes d'actions et je suis pas encore hyper à l'aise avec, donc que tu me dises que tu t'es pas fait chier et que même, c'était assez fun à lire, OUF. Triple ouf même XD. Ouais, le petit brocoli se dévergonde, que veux-tu XD.
ENFIN j'ai pu placer mes journalistes XD. Imagines-tu que depuis le début, j'ai conçu Kam comme criblé d'anxiété et de syndrome de l'imposteur en raison des interactions avec le monde professionnel, à cause de son caractère ? Et ENFIN, j'ai pu l'écrire XD. Le brocoli, toujours là pour sauver la mise en dépit de son dévergondage XD. Je dirais RIEN sur le troisième loup-garou, même sous la menace XD. Na XD. Il faut bien que je finisse mon histoire quand même, déjà j'ai spoilé mon plan à quatre, pas tout, tout de même XD.
Merci immensément pour mon livre, mercii ! Faut que je me bouge pour ma réécriture et mon second jet, mais merciii !
Merci à toi pour ta review, c'est toujours un immense plaisir de te lire ^^ ! J'espère que ce chapitre t'aura plu, que tout va bien pour toi aussi et que tes cours te laissent souffler un peu !
DES BISOUS !
Ploupipou : Oh coucou ^^ ! Pas de soucis et pas la peine de s'excuser, je sais la complexité de la vie et comme je dis toujours : faut jamais se forcer pour les reviews ^^.
Merci beaucoup pour mon roman ! Je suis pas objective du tout pour parler de celui-ci, mais ouais, le combo pirate/aventure/personnage délirant, c'est toujours savoureux XD. Alors, en ce qui concerne une fanfic avec nos zouaves en pirates, j'en ai pas de « longue » de prévue mais, un petit one-shot dans le cadre de mon kinktober 2024, c'est dans les tuyaux (Katsuki sera capitaine, voila, c'est gratuit comme échantillon XD).
MERCIII ! J'avoue avoir volontairement un peu effacé Katsuki ces derniers temps, parce que j'ai trouvé qu'il prenait énormément de place dans les premiers chapitres et que j'avais un peu peur de trop montrer mon penchant naturel pour le bakudeku… Je prends note que c'était peut-être un peu lourd, comme rééquilibrage.
Hahaha, ravie que tu apprécies Kam XD ! Kam et Katsuki, c'est mon duo de folie furieuse XD. J'adore les écrire, ils méritent tout l'amour du monde (et au moins six fics rien qu'à eux XD). Tu sais que des fois je me relis ma propre fanfic KatsuDenki toute seule, tellement je les aime ensemble XD ? Je sais qu'avec sa grande gueule et son sale caractère, on imagine mal Katsuki en soumis, mais je trouve justement que sa grande gueule rend la chose savoureuse XD. Puis ça permet aussi de donner plus de relief à leur relation, je trouve.
Oh merci immensément ! Comme dit plus haut, je suis pas la plus à l'aise avec les scènes d'action, donc je suis pire que ravie si le résultat ait pas été trop catastrophique ! Merci de ouuuf ! Le soulagement ! Hahaha, le côté pro c'est tout piqué à mon taff, je t'avoue XD. Faut bien que ça serve XD. Tu me diras pour ce début de plan à quatre, ce que tu en as pensé héhéhé XD ? J'ai trop hâte de te lire et d'avoir ton retour !
Aaaaaaw merci pour tout ces compliments ! Ma fic mérite pas autant, mercii ! J'espère arriver à maintenir ce niveau tout du long, du coup (LA PRESSION) !
Merci infiniment pour ta review, qui m'a fait tellement plaisir ! Merci merci ! Des énormes bisous à toi aussi ! Et au plaisir de te relire ^^ !
