Bonjour, bonsoir mes petits chats ^^ !

Dans le mois écoulé, j'ai réussi à péter ma voiture dans un autre département, à faire plus de soirées que depuis le début de l'année et à laisser le chat qu'on garde se coincer dans le mur de notre salle de bain, dans l'isolation (il m'a fait la gentillesse de ressortir au bout de six heures, on l'applaudit).

Et à réécrire deux fois ce chapitre, au passage XD.

L'action, c'est toujours très compliqué pour moi, j'oscille entre « mettre bien trop d'info pour qu'on ait bien la scène en tête » et « oublier des trucs parce qu'ils me semblent pire qu'évidents vu que ça fait dix ans que je pense à cette scène ». Du coup j'étale, je bavasse, je recoupe, je réécris, je doute. Je doutais tellement qu'il a fallu qu'une amie me file une pichenette en me disant « Meuf, y'a des gens qui suivent depuis deux putains d'année ton truc, arrête de douter, tu gères » pour que j'arrête de psychoser et que je finisse enfin ! (Merci meuf)

J'espère que ce chapitre vous plaira ! D'ailleurs, c'est un peu le moment de balancer vos dernières théories (et encore, faut le faire avant de lire ce chapitre et sans regarder la fin, bien entendu XD).

Me rapprocher de la fin de la fic met en relief comment, encore une fois, je suis super chanceuse d'être lues et que vous preniez le temps de laisser une petite review à chaque chapitre. Merci, merci, merci ^^ ! Et merci à mes Lectrices et Lecteurs de l'Ombre ^^ !

Bonne lecture, mes petits chats ^^ !


Chapitre 20 : « Je vais en crever, de ces escaliers. »

« Amour ? »

Izuku releva la tête si vite qu'il sentit son cou craquer, pas assez fort pour être douloureux mais largement assez désagréable pour qu'il grimace. Lui comme Eijirô, dont l'ouïe avait parfaitement entendu le claquement sec de vertèbres et son homme compatit avec une mine attristée, rendue ridicule par ses mèches ébouriffées de sortie de sieste. Il fronça aussitôt les sourcils quand il aperçut la table de la cuisine recouverte de papiers, notes et documents en tout genre, avec l'ordi allumé sur le plan de l'agence en évidence et il s'approcha jusqu'à s'asseoir à moitié sur la table, à gauche d'Izuku :

« Tu fais quoi ? »

« Je retravaille notre stratégie. »

« Encore ? »

« Mmm. » se contenta de répondre Izuku, le regard déjà de retour sur sa pile de note cryptée qu'il lisait presque aussi naturellement que le japonais classique, à ce stade. Une liste des choses à vérifier attira son attention une fois de plus, le faisant classer mentalement les sous-catégories – transport, horaires, matériel, problème éventuel – dans une ritournelle désormais familière, pour mieux se convaincre qu'il ne pouvait plus rien faire.

« Je croyais que tu devais aider Kam à remplir ses dossiers administratifs ? Enfin, à les signer ? »

L'interruption n'avait rien d'innocente, surtout pas avec la petite moue pleine d'attente et d'espoir d'Eijirô quand il lui effleura le bras du dos de sa main, tout en douceur. Un peu trop grossière comme diversion, cela dit, mais Izuku était sensible à l'attention d'autant plus gentille qu'il savait pertinemment que son mec s'était levé exprès pour venir lui tenir compagnie, alors que son organisme se remettait encore des plaies provoquées par le loup-garou inconnu. Le minimum syndical, c'était de laisser sa tentative fonctionner. Rien que par politesse, bien sûr.

Avec un soupir, il s'étira sur sa chaise, touchant du bout du pied un Prince Carnage aussi endormi que son maître, et se tourna franchement vers Eij avec un sourire contrit :

« C'est ce que je faisais avant qu'il soit appelé pour une intervention d'urgence dans son secteur. J'aurais pu continuer, mais le soucis des signatures électroniques c'est qu'elles enregistrent aussi l'heure à laquelle elles sont appliquées. »

« Il a beau être rapide, Kam peut pas être à deux endroits en même temps, donc si je signe... »

« Aaah, je vois, si tu signes pour lui alors qu'il est censé être en patrouille, on va croire à un bug ou une usurpation d'identité. Je vois. Et il est en intervention depuis quand ? » bailla Eij, encore tout ensommeillé et en d'autres circonstances, Izuku aurait volontiers tué pour qu'ils aillent se recoucher.

Se renfoncer dans sa chaleur en écoutant le bruit de sa respiration s'apaiser et éventuellement, paradis des paradis, lire un livre vautré sur le torse de son homme. Particulièrement en de telles circonstances, avec son pseudo pyjama qui n'était rien d'autre qu'un débardeur usé jusqu'à la corde, baillant de partout et donc idéal pour fourrer ses mains partout, le jogging assorti qui mettait si bien en valeur ses hanches et qui criait au confort de la maison. Lui aussi, il donnait envie de fourrer ses mains partout, d'ailleurs. Un vrai crime que ça ne puisse être considérer comme une tenue socialement acceptable, parce qu'il aurait forcé Eij à ne porter que ça pour le reste de leur vie.

« Tu me mates ? »

« Totalement. » flirta Izuku en retour, ravi de voir un très bref éclat de rouge sur les joues d'Eijirô, assez pris par surprise pour laisser un sourire flatté lui échapper. Une seconde seulement avant de renchérir sans hésitation :

« T'en as pas eu assez cette nuit ? »

« De toi ? Jamais. Et surtout pas avec le fait que c'est Kam qui a pu profiter de ta langue ! »

L'aveu brutal et le ton de petit con emprunté à Kacchan eurent exactement l'effet escompté : Eij éclata de rire, sans se retenir puisque Kacchan avait ôté ses appareils sitôt de retour chez eux. Un léger reniflement de reproche émana toutefois de Prince Carnage, sans doute agacé de voir son sommeil interrompu de la sorte, qu'Izuku ignora sans remord tant c'était agréable de voir son homme aussi détendu.

« Promis, la prochaine fois que je me concentre sur toi. »

« La prochaine fois, j'espère bien qu'on t'aura débarrassé de ce problème de loup... » rappela Izuku, avec un coup d'œil plus qu'éloquent vers ses notes et le plan de l'agence étalé sur l'écran. Et en oubliant volontairement qu'il y avait tellement d'aléas et de probabilités pour que tout se passe mal qu'à ce stade, la perspective de trouver effectivement un remède était en bas de la liste des priorités. S'en sortir vivants et libres, ce serait déjà un bon début.

« Au risque d'être un peu rabat-joie, ça m'étonnerait qu'on trouve une solution toute faite ce soir. »

« Oh, noooon… Hooo… Quel malheuuur... » surjoua Izuku avec des syllabes exagérément longues et sourdes, mine faussement désappointée histoire de soutirer encore une bribe de rire à son mec. Le rire d'Eijirô le récompensa au centuple de sa connerie, et il s'amusa de le voir réajuster son haut élimé, faussement pudique. Autrement dit, il s'attendait à tout sauf ça quand Eij se pencha sur lui, sourire carnassier aux lèvres, pour lui chuchoter sur le ton le plus vicieux de son vocabulaire :

« Et même si on trouvait une solution ce soir, j'aime trop te voir gémir sur ma queue pour pas te baiser une dernière fois en loup-garou. »

Pour le coup, il dût déglutir sa gêne personnelle, née autant de l'obscénité tranquille d'Eijirô que de l'effet que cette dernière avait sur son organisme à la merci de son mec. Celle-là, il ne l'avait pas vu venir. Malgré lui, une onde de désir lui remonta le long de la nuque, que le flair d'Eij devait se faire un plaisir absolu de détecter s'il fallait en croire le léger élargissement de son sourire, insupportable de satisfaction et Izuku s'offusqua pour tenter de dissimuler le léger afflux sanguin dans une partie sensible de son anatomie :

« Hey ! Je croyais que tu te souvenais pas de tout, en loup ! »

« Rien que du meilleur. » taquina Eij, qui bascula un peu plus pour l'embrasser, juste un baiser furtif qu'Izuku savoura en regrettant amèrement qu'il fut si bref. « Et je me serais bien fait pardonné en te baisant là, sur la table, mais Katsuki va nous dépiauter vivant si on fait des saloperies sur sa table de cuisine. »

« Dépiauter ? T'es généreux, toi, il nous fera pas cet honneur si la moindre goutte de sperme atteint son sacro-saint plan de travail préféré ! » rectifia Izuku d'un haussement d'épaule. « Surtout qu'il est déjà d'une humeur de chien… Sans mauvais jeux de mot ! Mais il était avec moi quand Kam a dû partir en intervention, il a faillit éplucher son portable de rage et il a fini par hurler à Kam qu'il le foutrait lui-même à la sieste dès son retour. »

« Haaa, ba au moins ça explique pourquoi il m'a carrément écrabouillé les jambes en venant se coucher. »

« Écrabouillé ? »

« Yep. Il est rentré comme une furie dans le salon, s'est transformé en loup entre deux enjambées et lorsque j'ai fait mine de me redresser pour lui demander ce qu'il se passait, je me suis prit un coup de tête faramineux. »

« Non ? »

« Si. Il m'a recouché de force avant de plaquer son museau sur mon torse pour essayer de dormir, tellement fâché qu'on voyait plus ses oreilles. »

« Ça, pour être fâché... Et t'as quand même réussit à te rendormir avec son poids sur toi ? »

« Dix minutes de grattouilles derrière les oreilles et il ronflait. » commenta Eijirô en lui adressant un clin d'œil, fier de sa connerie si efficace. Si fier qu'Izuku n'eut pas le cœur de faire remarquer que d'eux quatre, Kacchan était le plus sensible au manque de sommeil, et que compte-tenu des galipettes de la nuit précédente et de la guérison de sa jambe ponctionnant une énergie folle, il se serait sans doute endormi dans un ouragan. Mais certainement pas aussi rapidement, s'il devait être franc, et il suivit le fil de pensée machinalement, plus amusé qu'autre chose de réaliser qu'il pouvait relier ce point à la récente détente de Kacchan en leur présence.

« Tu trouves pas qu'il est devenu... » commença-t-il, sans réussir à convertir l'exacte intuition de sa déduction, encore trop construite de réflexion personnelles et intuitions pour avoir une quelconque solidité, mais comme à l'ordinaire, Eijirô avait parfaitement saisi :

« Plus naturel ? »

« Oui, un peu… moins guindé ? Et pourtant, on peut se vanter d'avoir toujours été des privilégiés par rapport à son caractère habituel. »

« C'est vrai qu'il s'est détendu. » commenta sobrement Ejirô, affinant avec un ton distrait. « Enfin, c'est pas qu'il était pas détendu avant ça, mais juste qu'il préférait garder son intimité avec Kam pour eux deux. Ça n'a plus tellement de raison d'être maintenant… On aurait vraiment dû coucher ensemble plus tôt. »

La conclusion aussi spontanée qu'innocente, en dépit de son sens, fit sourire Izuku :

« Tu dis ça parce que tu apprécies que Kacchan soit devenu totalement naturel avec nous, ou pour le cul en lui-même ? »

« Pourquoi choisir ? » lui rétorqua son fiancé en s'accroupissant à côté de lui avec un grognement de douleur, ignorant visiblement l'indécence du spectacle qu'il offrait, avec ses coudes sur la table et sa tête posée dessus, yeux mi-clos comme un chat. Il avait son air canaille, celui qui donnait envie à Izuku de le plaquer contre un mur et lui dérober son souffle jusqu'à ce que mort s'en suive – ou de lui jeter un oreiller à la gueule, au choix.

« Ça va mieux ? »

« Mais j'allais très bien avant aussi ! »

« Le stress, ça va mieux ? » réitéra Eijirô, patient comme à son habitude jusqu'à ce qu'Izuku hausse légèrement les épaules, guère enthousiasmé :

« Un peu moins stressé… Et encore… Je suis moins… Je suis moins stressé que prodigieusement angoissé, je crois. J'ai peur qu'il arrive quoi que ce soit... »

« Amour, on est quatre pro-héro, on va s'en sortir. Au pire, si on se fait prendre, on balancera l'excuse que Katsuki nous a trouvé, son truc de faire un test sur la fiabilité du système de protection. C'est un alibi en acier trempé, ça. »

Il concéda la chose – et l'idée de génie de Kacchan – d'un hochement de tête, sans cesser de triturer la bague de Sero à sa main :

« Et si j'avais oublié un point ? De songer à quelque chose et que ça nous retombe dessus ? »

« Tu veux qu'on refasse un tour du plan, pour te prouver que tu sais tout par cœur ? »

« Pourquoi faire, puisque je le connais pas cœur ? Non, c'est des trucs auxquelles je n'aurais pas réfléchi qui me font peur, et je vois pas en quoi retracer une fois de plus notre plan m'aiderait et... »

« Ben déjà, ça pourrait te donner l'opportunité de réaliser qu'avec ton esprit faramineux et ta capacité de réflexion, tu as vraiment pensé à tout, pour commencer. Et aussi parce que j'aime bien entendre ta voix quand tu pars dans tes grandes explications. » rajouta Eij après une demie-seconde de réflexion, adorable de sincérité et d'attention.

Izuku ne résista pas à l'envie de tendre la main vers lui, caresser sa joue en suivant distraitement la ligne de sa cicatrice du pouce. Ébahi, comme toujours, de constater les miracles qu'Eijirô réussissait à réaliser en anéantissant quasi totalement son angoisse d'un sourire et d'une mignonnerie bien placée. L'émotion enfla jusqu'à lui obstruer la gorge une seconde, lui refusant la possibilité de l'exprimer et il dut se contenter de se pencher jusqu'à poser son front contre celui du roux, respirer son odeur chaude encore imprégnée de sommeil en souriant d murmure d'Eij :

« Je ne te mérite pas, tu sais ? »

« Hey, renverse pas les rôles, c'est à moi de te déclarer ça le jour de mon mariage. »

« Notre mariage, amour. »

« Ben tient. Tu négocies avec « mon » témoin tout seul comme un grand pour lui accorder sa blague de cul dans son discours, et maintenant, c'est « notre » mariage ? »

« Mais Katsuki a dit qu'il te rembourserait ! »

« Kacchan oui, pas toi ! »

« Ah, je vois où monsieur veut en venir, pas de soucis ! Qu'est-ce que je peux te proposer, comme remboursement ? » ronronna Eijirô en se pressant un peu plus contre lui, poussant le vice au point d'effleurer ses lèvres des siennes avec une lenteur choisie toute exprès pour souligner sa proposition implicite.

Sans prendre la peine de répondre – son odeur le faisait à sa place, de toute façon – Izuku se pencha plus encore, s'octroya la gourmandise de voler un vrai baiser à son homme, un où il y avait un peu trop de pression, un peu trop d'empressement et d'envie. Le mélange parfait pour que la pseudo-retenue d'Eijirô soit réduite à néant quand il souligna son souffle de la pointe de la langue, interdit d'avoir un seul millimètre de distance entre eux par la main glissée dans ses boucles. Il n'avait pas la sensibilité de son homme, mais même lui aurait été incapable de louper le basculement du baiser à la limite de la décence en quelque chose de radicalement différent. Un truc qui avait tout à voir avec l'empressement d'Eijirô à glisser sa langue contre la sienne, se permettant la gourmandise de déposer une unique morsure sur sa lèvre au passage, presque nonchalamment, juste pour l'entendre retenir un gémissement.

Peut-être que le dépiautage vivant par Kacchan n'était pas si terrible que ça, finalement. Peut-être que c'était envisageable de baiser dans la cuisine – après tout, Kacchan avait dit « pas l'escalier », il avait jamais parlé de cuisine – mais avant qu'Izuku ait pu continuer mentalement sur cette voie sacrilège, la clé dans la porte du garage les fit sursauter. Pris en flagrant délit comme des collégiens, si c'était pas malheureux.

Kam poussa la porte d'un geste sec et s'immobilisa sur le seuil, le temps qu'Eijirô et Izuku lâchent la même exclamation surprise face à son apparence pour le moins absurde. Trempé de peinture de la tête au pied, il affichait des couleurs allant du rose pétant au jaune canari, sans oublier des teintes d'émeraudes, d'argent et de violet carmin ci et là, dans un camaïeu qui arrachait la cornée. Le platine lâcha la porte pour lever un index menaçant :

« Pas une remarque. »

« On oserait pas... » chuchota Eijirô si faiblement que seul Izuku l'entendit et il dût s'empresser de se mordre la joue pour éviter de piquer un réel fou rire. Bien plus facile à tenter qu'à faire, particulièrement avec le trottinement de Prince Carnage en direction de son maître, qu'il se mit à renifler précautionneusement, dégoûté d'autant d'odeur industriel. Lui et Eij, à en croire le plissement de nez du roux.

D'un geste, Kam repoussa quelques mèches – orange fluo et vert – de son front, pour leur lancer un regard furibond en lâchant ses rollers sur le sol, aussitôt tâchés d'éclaboussure de peinture. Que le platine se foute de l'état du carrelage démontrait l'étendue de son ras-le-bol au moins autant que la colère dans sa voix :

« Deux heures. J'ai passé deux heures à crapahuter après deux putains de voleuses ! »

« Ce sont elles qui t'ont mise dans cet état-là ? »

« L'une d'entre elles ! Elle contrôlait les liquides sous pression et au milieu d'un centre commercial, les liquides sous pression, y'en a une tripotée ! Le parfum et les laques, passe encore, mais les bombes de peintures utilisées dans le graff, ça non ! Et ça paraît pas, mais c'est redoutable, comme alter ! »

« Surtout pour toi. » réfléchit Izuku à voix haute, soulignant de fait l'absence d'une quelconque trace de sa visière sur la peau de Kam. Recouverte de peinture et inutilisable, il avait dû perdre la perdre ou s'en passer, et sans lunettes pour protéger sa vision du vent naturellement généré par sa course en rollers, ça avait dû être un enfer. Par habitude, Izuku songea vaguement que c'était un point faible à améliorer dans son équipement, puis Prince Carnage jappa de bonheur en guise d'accueil d'un Kacchan plus ébouriffé encore, émergeant du couloir du salon avec peine.

En un éclair, Izuku s'aplatit presque sur la table pour éviter d'attirer l'attention de Kacchan, peu désireux de se retrouver en ligne de mire quand il réaliserait le bordel. Dans la même veine, Eijirô se décala légèrement pour s'aligner derrière lui, un geste tout sauf chevaleresque et vexant, alors que le blond se figeait devant la scène. La poignée de porte tâchée, le sol bousillé avec les rollers encore dégoulinant dessus, son mec repeint, Kacchan engloba le tout dans un seul regard et immédiatement, plissa le nez sous l'odeur de peinture. Kam ne s'y trompa pas :

« Alors, avant que tu dises quoi que ce soit, c'est pas de ma faute, j'ai… »

« Enlève-moi tes fringues de suite ! Fous-moi ça dans le garage et tes putains de rollers aussi ! »

« Mais je vais pas me désaper là ! » protesta Kam, explicitant sa remarque d'un geste vague en direction de la cuisine, de l'entrée étroite, du garage ouvert, sans réussir à amadouer son mec un tant soit peu :

« Si t'es pas à poil dans trente micro-secondes, je te désape moi-même ! »

« Oh. » commenta Eij, ravi, s'attirant immédiatement les foudres de Kacchan qui se tourna vers lui tout crocs dehors :

« Pas comme ça, Boule de Poil ! » cracha le blond, tandis que dans son dos, Kam prenait la menace très au sérieux en se tortillant comme pas possible pour commencer à retirer sa veste, sous l'air dépité d'Eijirô.

« Zut ! »

« Ouais, zut, parce que quitte à être à poil, je préfère que ça soit pour une partie de jambe en l'air plutôt qu'une douche ! » grommela Kam, arrivé au stade du pantalon dont le tissu imbibé de peinture collait à sa peau comme du film alimentaire. Par pitié, Izuku se leva pour l'aider, les mains immédiatement tâchées tandis qu'il essayait de tirer sur le pantalon d'un côté et que Kam résistait du mieux qu'il pouvait pour qu'enfin cette saloperie quitte sa jambe. Et tente de sauver sa peau :

« C'est pas de ma faute ! Et j'ai pas fait exprès de me retrouver comme ça ! »

« Dix, neuf, huit... » entama Kacchan, précipitant les gestes d'Izuku.

« Katsuki ne fais pas ça, donne-nous une minute de plus, s'il te plaît ! »

« Quatre, trois... »

« Fini ! » hurla Izuku en roulant précipitamment en boule le pantalon, ravi d'avoir réussi à l'enlever avant qu'on atteigne la fin du décompte – et il s'écarta d'un bond juste à temps.

Kacchan chargea littéralement son petit ami, qu'il fourra manu-militari sur son épaule sans un regard pour les inévitables traces de peinture laissées sur lui, et monta l'escalier sous les hurlements de protestation de Kam. À l'oreille, il était facile de suivre le cheminement du couple jusque dans la salle de bain et finalement, la douche, où les ronchonnements de Kam s'amoindrirent prodigieusement, suivi d'un brusque silence indiquant que Kacchan l'avait sans doute rejoint.

Même si Izuku doutait fortement que ça soit pour les plans que Kam avait en tête et il commenta, fataliste :

« Il va l'éplucher vivant. »

« Si c'est la seule manière d'ôter la peinture, y'a des chances. » s'amusa Eijirô, avant de refermer d'un geste définitif le cahier de note sur la table.

« Au moins, vu la facilité avec laquelle il a récupéré Kam, on sait que sa jambe est assez guérie pour ce soir ! » renifla Izuku, avant de froncer les sourcils : « Amour, tu m'as perdu ma page et j'en ai besoin, de cette page, je te signale. »

Cela dit, pour l'heure, il avait surtout besoin de la bouteille de white spirit sous l'évier, vu l'état de ses mains. Les fringues de Kam étant de toute façon irrécupérables, il saucissonna le tout dans un sac poubelle qui traînait dans le garage. Les rollers, il n'osait pas y toucher autrement que pour les foutre dans un second sac, en attendant le nettoyage. Eijirô ne bougea pas d'un poil pour l'aider, mais il consentit à expliciter, bras croisés pour appuyer son argument :

« Tu as besoin de te détendre, pas de t'user un peu plus les yeux sur ton code ! »

« Oh, me détendre, genre en reprenant là où Kam nous avait arrêté ? » tenta Izuku, poussant le ton naïf au possible, histoire de voir si ça allait fonctionner. Son essai fit sourire Eijirô, plus amusé qu'il ne le laissa paraître dans son faux froncement de sourcils :

« C'est beau de rêver mon cœur. Mais je peux te donner un coup de main pour enlever ça, et je te promets que je serais plus doux que Katsuki. »

« Ouh, quel veinard je suis. » fit mine de ronchonner Izuku, de toute façon obligé d'accepter l'aide de son fiancé, sans quoi il allait en foutre de partout. Un crime dont Kacchan ne le laisserait certainement pas sortir vivant.

« Fais pas ta mauvaise tête, on dirait Katsuki. Allez, vient là, qu'on t'enlève cette saloperie qui cache ton odeur avant d'aller se poser sur le canapé ! »

« Mais j'ai pas sommeil ! » bougonna Izuku en se pliant toutefois à la demande, mains étendues au-dessus de l'évier dans l'attente qu'Eijirô sorte la bouteille de produit chimique à même d'ôter la peinture. Le roux dévissa la bouteille avec un tel plissement de nez que ses intonations devinrent presque nasillardes, dans sa réponse :

« J'ai jamais parlé de dormir, j'ai dit se détendre et se poser, nuance ! Non, shhh, tais-toi, » reprit-il en voyant son fiancé ouvrir la bouche pour protester. « Contentes-toi de mettre ton cerveau en pause et de me faire confiance, d'accord ? »

« La deuxième partie, je sais faire. La première... »

« Et ba fais-moi confiance pour y arriver, voila ! » conclut Eijirô et il poussa la douceur jusqu'à foutre volontairement ses pattes dans le white spirit pour débarbouiller Izuku, en dépit de l'odeur bien trop forte pour sa truffe.

L'usage de ses mains récupéré et sans avoir renversé la bouteille, Izuku se laissa entraîner dans le salon avec fatalisme, amusé de voir son amoureux aussi sûr de lui quand à sa tentative de lui changer les idées. Il dut cependant admettre, cinq minutes plus tard, qu'Eij avait toutes les raisons du monde d'être assuré : assis à ses pieds et dos collé contre la chaleur du roux, il se laissa couler avec délice dans la douceur avec laquelle son amoureux s'occupait de passer et repasser les doigts dans ses boucles pour le coiffer. Avec le son assourdi de leur conversation décousue en filigrane, la sensation devenait plus qu'apaisante, presque lénifiante.

« Toujours pas sommeil ? » s'amusa Eijirô en le voyant fermer les yeux, tête basculée sur ses cuisses.

« Ta gueule, et continue. »

« Si tu veux dormir, attends cinq minutes. Ils ont fini et ça gueule déjà. » l'avertit son homme avec un mouvement de menton vers le reste de la baraque où, de fait, les habituels cris et piaillements commençaient à retentir. Et les jappements de Prince Carnage ravi d'avoir autant de bordel. Ils les entendirent descendre dans la cuisine en argumentant sur l'utilité d'une sieste ou pas, à coups de jurons et insultes colorées, conversation que Kacchan remporta en usant de l'argument ultime que sa forme canine lui octroyait et Kam finit par débouler dans le salon, écrevisse et remonté comme jamais :

« C'est bon, t'as gagné, je vais la faire, ta putain de sieste ! »

« Comme si t'avais le choix ! » gronda Kacchan sur ses talons, tout aussi ébouriffé que son homme et tout aussi rouge, d'ailleurs, révélant qu'il avait choisi l'huile de coude pour retirer les traces de peinture.

« Mais je te signale que j'ai pas sommeil ! » grinça Kam, obligeant Izuku à ne pas rire devant son argument personnel dans la bouche de son meilleur ami. « Toi et Eij vous avez encore des trucs à guérir mais pas moi ! »

« Je m'en fous et ma jambe va très bien, je te signale. »

« Et pourquoi Midobro il a le droit de pas dormir ?! »

Le ton chouineur d'enfant en caprice agaça suffisamment Kacchan pour faire ressortir ses crocs une lichette, le temps qu'il pointe le canapé d'un doigt impérieux, sans même prendre la peine de répondre à son homme.

« Hé ba c'est putain de pas juste, voila ! » siffla ce dernier en se jetant sur le lit, dans une manifeste tentative de dissiper une partie de son agacement fabriqué de toute pièce. Et malheureusement reçu par un reniflement amusé d'Eijirô, bien décidé à ne pas laisser l'occasion se perdre :

« T'avais qu'à sortir avec moi au lycée, ça t'aurait épargné cette sieste. »

« Boule de poils, je rêve ou tu dragues mon homme devant moi ? »

« Et devant son fiancé… » souligna Izuku, pince-sans-rire, avec le plaisir d'entendre Kam éclater de rire sur le canapé, trop hilare pour maintenir son numéro d'agacement.

« Que veux-tu Eij, y'a des erreurs qu'on paie toute sa vie… »

« HEY ! » jappa Kacchan, oreilles couchées en arrière dans une attitude hilarante avec son teint rouge hérité de sa douche. « Dis tout de suite que tu regrettes d'être avec moi, sac à merde ! »

« T'inquiète pas, je t'aurais laissé aux bons soins de Midobro. Enfin, aux bons soins, il t'aurait lâchement abandonné comme il l'a fait avec moi cet aprem, mais... »

« Comment ça « lâchement abandonné » ? J'ai rien fait moi ! »

« Mon cul, lire tes notes avec ton petit goûter, c'était pas lâchement m'abandonner peut-être ? Alors que t'étais pas censé me remplir mes dossiers administratifs à la base ? » renifla Kam, presque étouffé sous son fou rire alors qu'Izuku se retournait vers lui, outré de se voir accusé de la sorte :

« Et comment t'aurais expliqué que ta signature apparaisse sur des documents alors que t'es occupé à picassoter un centre commercial, gros malin ?! »

C'en fut trop pour Kacchan, même rebiqué comme il l'était par la drague outrageusement dramatique d'Eijirô. Le blond éclata de rire en se laissant à son tour tomber sur le canapé, faisant bouger tout le monde dans le geste et colla ses jambes contre le dos d'Eijirô avant d'attirer Kam vers lui. Boudeur, le platine se laissa tout de même faire, maugréant à mi-voix :

« Je vais te picassoter la gueule, tu vas voir, toi et tes mèches vertes vous allez rien comprendre. »

« Laisse Deku tranquille et dors. »

« Mais je... »

« Ton numéro pour me distraire, ça prend pas Chaton. »

« Bien tenté Kam, au moins t'auras essayé. » conclut Eijirô, séparant une des mèches d'Izuku en trois pour commencer une tresse lâche, rien que pour le plaisir d'essayer.

Amusé, Izuku le sentit s'appliquer plus que de raison, sans doute pour couvrir les craquements d'os peu discrets de Kacchan, qui gagna un bon paquet de centimètre supplémentaire en laissant une partie du loup-garou ressurgir. Du coin de l'oeil, il le vit contrôler sa transformation jusqu'à un stade hybride étrange et pourtant harmonieux au possible. Un mélange improbable de grandes oreilles, truffe camus et membres étirés, avec des touffes de poils émergeant ci et là, étalé sur le canapé pour s'offrir en matelas à son amoureux. Comme si ledit canapé était trop inconfortable pour qu'il laisse Kam dormir dessus. Une attention adorable, mise en d'autant plus en relief par l'abondance de coussin et couette éparpillés autour d'eux. Izuku sourit, en savourant l'habilité avec laquelle Eijirô remontait sa main le long de sa nuque, tout en chaleur et pression, et il songea subitement qu'il n'avait aucune certitude de revivre un après-midi aussi détendu après ce soir.

Une fois de plus, l'angoisse remonta d'un coup au niveau de sa gorge et dans le silence relatif, il se força à expirer le plus lentement possible, selon un exercice de sophrologie. Tout pour tenter de juguler les pensées intrusives. S'il passa sous les radars de Kam, en train de ronchonner dans son coin, et de Kacchan, qui n'avait pas ses appareils, son cher et tendre contre lequel il s'adossait, lui, ne le manqua pas :

« Tu veux en parler ? »

« Absolument pas. »

« Tout va bien se passer, tu sais... » insista Eijirô d'un murmure, en faisant de son mieux pour prendre un ton léger accordé à la douceur de ses gestes dans ses boucles. Il y avait déjà belle lurette que plus aucun nœud n'y subsistait, mais Izuku ne l'aurait arrêté pour rien au monde, trop heureux de voler un peu de sa chaleur à même ses doigts.

« Évidemment, que ça va bien se passer, qu'est-ce qui pourrait foirer ? Après tout, on va tenter de s'infiltrer dans un bâtiment d'importance capitale, ultra-surveillé et dans une tentative qui nous enverrait tous dans un laboratoire si on se faisait repérer, dans le meilleur des cas. Rien qui pourrait mal tourner, absolument rien. »

« Le labo, c'est pour moi et Katsuki, t'as pas à t'en faire pour ça. »

« Oh, voila qui me rassure, merci mon cœur... »

« Comme si on allait les laisser être enfermés dans un labo. » intervient Kam en guise de plaisanterie, d'une voix endormie au possible et drastiquement étouffée par le poids du bras de son homme sur lui. Ou par la fatigue.

Guère convaincu, Izuku pinça les lèvres, son index continuant de faire tourner furieusement la bague de Sero autour de son doigt sans se soucier de l'irritation de sa peau déjà bien ancrée. Il y avait quelque chose d'apaisant dans l'engourdissement du métal contre lui, et de rassurant dans chaque pic de douleur, un truc qui l'ancrait dans le présent aussi efficacement que les mains d'Eijirô occupées à le coiffer.

« Arrête de faire ça, tu vas te niquer la main Midobro. »

« Et toi, essaye de t'endormir, tu feras plaisir à ton homme ! »

« Tu as couru tout l'aprem, même si tu ne dors pas maintenant, un peu de repos ne te fera pas de mal. » détailla Eijirô, injectant un peu de pédagogie dans ce qui tenait plus d'une bagarre de cours de récré, à ce stade.

« Mais j'ai pas sommeil et je m'emmerde… » ronchonna le platine d'une crédibilité proche du néant, particulièrement quand les griffes de son homme grattèrent un peu plus fort au niveau de ses épaules. Pour le laisser tranquille, Izuku et Eijirô retombèrent dans le silence, sans réussir à s'empêcher de sourire quand Kam le brisa de lui-même trois secondes plus tard :

« Izuku ? »

« Mmm ? »

« Tu veux bien répéter le plan, encore une fois ? »

« Encore ? Mais tu l'as récité avant même de partir en intervention ? »

« J'ai besoin d'un truc pour m'endormir. »

« Sac à merde. » siffla Izuku, assez vexé pour sortir une insulte qui avait plus sa place dans la bouche de Kacchan, et l'amusement dans le gloussement d'Eijirô lui fit lever les yeux vers son fiancé, sourcils froncés de mécontentement. « Hé bien, on rentre, on vole les données, on ressort, easy peasy, lemon squeezie, comme tu dirais. »

« Tu joues pas le jeu, mon amour. »

« Mais il le connaît sur le bout des doigts, comme toi et Kacchan, je ne vois pas l'intérêt de... »

« Tu as un rythme de parole très fluide quand tu expliques, » l'interrompit son meilleur ami depuis le canapé. « Et vu que tu t'apaises au fur et à mesure de tes explications parce que tu es en terrain connu, je vais bien finir par succomber au charme de ta voix douce et posée et m'endormir de bien-être. Donc Katsuki va être ravi que je sois enfin tranquille, Eijirô va sentir notre sérénité via sa truffe de super-chien, ce qu'il finira bien par te communiquer à travers ses mains pour compléter. La boucle est bouclée, on va pouvoir tous patienter jusqu'à deux heures du matin sans stresser, grâce à ta capacité incroyable d'explication. Et ta voix douce et posée. » réussit à enquiller Kam sans ouvrir les yeux, comme s'il était en train de réciter un poème devant un tableau noir. Et dans le silence circonspect qui suivit sa diatribe, il se mussa un peu plus contre un Kacchan visiblement au paradis :

« Alors, ce plan ? »

Devant de tels arguments et une telle logique, il n'y avait qu'à s'incliner. Izuku s'adossa un peu plus contre les jambes d'Eijirô, chaudes à en être impensable dans l'air qui se refroidissait subrepticement au fur et à mesure que la soirée grignotait l'après-midi et obéissant à Kam, il se lança :

« On patiente jusqu'à ce soir et on se rend au cabanon de surveillance sur les toits, deux heures max avant notre action pour éviter de provoquer des mouvements suspects dans les rues. On y reste dissimulés jusqu'à ce que le premier tiers de la seconde relève de l'équipe de surveillance soit passé, puis on se met en route avec le minimum de matériel sur nous, juste les oreillettes et la clé usb. »

« C'est moi qui porte la clé. »

« Oui, c'est toi qui portes la clé. » confirma Izuku avec un sourire. « Ensuite, on monte sur Eij et Kacchan en loups pour qu'ils nous transportent jusqu'à la porte de service et grâce à l'obscurité et à leur vitesse, on évite au maximum de se faire voir et on passe sous les radars, si l'on peut dire… »

« On peut pas dire qu'on va passer sous les radars vu la manière dont on va rentrer dans le poste de contrôle ! » gloussa Kam, rabroué d'un grondement d'Eijirô qui prit subrepticement la relève de Kacchan pour lui rappeler que dormir commençait par se taire.

« Shh, t'es censé dormir. Donc, on rentre, on profite des systèmes de sécurité du bâtiment pour vérifier si la voie est libre avant de se séparer. Toi et Eijirô, vous montez à l'étage pour vous infiltrer dans la salle des serveurs et y voler les informations qu'on espère utiles… S'il y a la moindre information dans les dossiers informatiques et si les trouver est faisable, bien entendu… »

Il s'arrêta une seconde face à l'idée relativement terrifiante d'une opération aussi dangereuse, qu'ils n'avaient élaborés que sur cette simple supposition que les informations liées aux dossiers constitués par M. Wanise soient bien là. Quelque part dans les ordinateurs et serveurs centraux. Et comme les trois fois précédentes, tassa cette idée au fin fond de son esprit. C'était trop tard pour avoir des regrets de ce genre.

« Kacchan et moi, on reste en bas pour vous avertir si y'a du mouvement, jusqu'à ce que vous nous donniez le signal du départ. Comme toutes les alarmes risquent de s'activer dès que tu auras enlevé la clé et que le virus de Sero sera dans le système, on foncera vous rejoindre, enfin, on foncera pour fuir avec vous par la fenêtre que vous aurez choisir de défoncer, plutôt. Niveau fuite, on fera avec les moyens du bord mais si on peut, on privilégie la même méthode qu'à l'aller en se laissant transporter par Eijirô et Kacchan en loup, pour foutre le camp le plus rapidement et le plus loin possible. Et après, enfin, on rentre à la maison pour sortir Prince Carnage et manger le meilleur petit-déjeuner de nos vies pendant que j'essaie de retrouver un rythme cardiaque normal. »

Simple, n'est-ce pas ? À ses pieds, le loulou releva la tête en la penchant sur le côté, interpellé par son nom et Izuku lui grattouilla les oreilles, attendri de le voir être aussi collé à eux. Qu'il ne soit pas allongé contre la jambe de Kacchan était étrange, d'ailleurs, mais il avait sans doute choisi la fraîcheur du carrelage par rapport au confort moelleux du canapé.

En parlant de canapé et sans réponse de la part de celui-ci, Izuku se déboîta un peu la nuque en se penchant en arrière, aplatissant le travail d'Eijirô sur la cuisse de ce dernier pour vérifier l'état de Kam et Kacchan. Si le premier avait l'air aussi immobile que Prince Carnage, le second réajustait précautionneusement sa position en essayant de ne pas déranger son précieux chargement. Sa main libre promenait ses griffes démesurées sur la nuque de Kam, caresses douces qui faisaient fondre celui-ci à chaque mouvement, s'aventurant parfois à descendre entre ses omoplates pour y signer délicatement des mots d'amour que sa physionomie ne lui autorisait plus à prononcer.

S'il l'avait voulu, Izuku aurait sans doute pu les déchiffrer, mais il les laissa dans leur monde pour reporter son regard vers son homme, contemplant une fois encore le sublime de son sourire :

« Il dort ? » signa-t-il à l'attention de son amoureux, qui lui rendit un sourire et un baiser avant de le redresser de force, déterminé à continuer de fourrer ses mains dans ses boucles.

« Comme un bébé. »


« Tu as compris ? Kacchan ? » relança Izuku, peu rassuré de voir le loup effectuer un aller-retour agacé des oreilles au lieu d'un signe de compréhension et il soupira à son tour. Il n'avait plus qu'à prier que l'esprit canin du blond allait suivre le mouvement, plus ou moins. Et espérer qu'Eijirô fasse de même, en dépit de sa mauvaise période hormonale et du fait que sur son dos, c'était Kam, et non lui, qui ajustait sa position avec la grimace d'un homme guère convaincu.

« Mouais. Ben, je préfère chevaucher mon mec, hein, tu m'en voudras pas, Eijirô. »

« T'as jamais chevauché Kacchan. » remarqua Izuku, avant de lever les yeux au ciel de pur désespoir en réalisant ce qu'il venait de dire, sous le fou rire que Kam se tapa, ravi de voir que sa connerie avait si bien marché.

« Tu crois que c'est le moment ? »

« C'est toujours le moment pour une blague de cul. » lui indique doctement Kam, rabaissant pour la dixième fois ses talons jusqu'à ce qu'Eijirô bronche, mal à l'aise.

D'un geste, Izuku lui remit les pieds là où ils étaient censés être, et avant qu'il ne recommence, agrippa la fourrure de Kacchan d'une main pour se hisser à son tour sur l'échine du loup blond. Qui se retourna aussitôt pour renifler avec attention le morceau de jambe qu'il pouvait atteindre, perturbé de se retrouver pour la première fois avec un de ses humains préférés sur le dos – et non pas l'inverse, comme les jambes écrabouillées d'Izuku se le rappelaient chaque nuit.

« J'espère que ça va aller, avec Eij… Et qu'il va bien suivre le plan. »

« Si j'étais toi, je m'en ferais plutôt pour Katsuki. » remarqua Kam, pince-sans-rire, au moment où Izuku sentait une grosse langue se mettre à lécher son mollet à travers son pantalon avec application.

« Kacchaaaan… »

« C'est pour se venger de la douche que tu l'as empêché de prendre. »

« J'ai rien empêché, je lui ai juste dit de faire vite. »

« Faire vite. Une douche. Katsuki. » conclut Kam, respectant une pause comique à souhait entre chaque tronçon de sa phrase. « Hors de question. »

« C'est pas de ma faute si on a un planning à respecter ! »

Sa remarque passa largement au-dessus des oreilles de Kacchan, toujours concentré sur sa léchouille et Izuku vérifia d'un coup d'œil l'heure sur la montre en plastique posée sur le rebord du cabanon. Le dernier changement d'équipe de surveillance s'était désormais déroulé presque une heure et demie auparavant, comme convenu.

Normalement, le meilleur moment pour passer sous la distraction des gardes, c'était les cinq à dix minutes suivant la relève, le temps que la vision s'accommode à la vue qu'on était censé surveiller. Un détail louche dans ce laps de temps pouvait passer pour un changement survenu lors de la surveillance de l'équipe précédente, pas forcément comme un signe à relever et Izuku aurait préféré caler leur essai dans cet intervalle pour plus de sûreté. Mais ça aurait été prendre le risque de se retrouver nez à nez avec l'équipe de surveillance sur le départ après son passage aux vestiaires, vu qu'ils prenaient la porte de service. Ils avaient donc attendu que l'ennui s'installe assez chez les gardes pour que le temps s'étire et dans un intervalle encore trop éloigné de la fin du service pour que le professionnalisme des employés relève leur attention. Plus facile à dire qu'à faire.

« T'as tes gants ? »

« Et toi, t'as le plan en tête ? » lui retourna Kam, avec un sourcil haussé de sarcasme pour souligner la stupidité de la question, vu qu'ils s'étaient équipés en même temps.

Avec une profonde inspiration dont le seul but était de contrôler le nœud bloqué dans sa gorge, Izuku hocha la tête, incapable de se défaire de la sensation anesthésiante de stress :

« On y va. »

Eijirô s'ébroua sous le tapotement de Kam contre son épaule et se mit en route d'un mouvement souple, trottinant le long de la rembarre sans rompre le silence de la nuit autrement que par les éclats que lançait sa fourrure sous la lumière chiche de la lune. En voyant le roux s'éloigner, Kacchan renâcla, prêt à avancer et aussitôt rappelé à l'ordre :

« Tu attends mon signal. » chuchota Izuku dans la fourrure miel, résistant à l'envie de fourrer une chiquenaude sur l'oreille de Kacchan que ce dernier battit avec un air de « Cause toujours ». Petit con.

Sous lui, la musculature du loup frémissait d'une envie palpable, viscérale, de lui désobéir et rattraper Eijirô, même s'il n'était que trois mètres devant eux. Comptant mentalement le nombre de foulées de son fiancé, Izuku se força à attendre la distance convenue et laisser Eijirô prendre soudainement une allure bien plus soutenue, avant de faire signe à Kacchan. Le blond se jeta en avant avec une telle force qu'il dût se rattraper à son cou pour éviter de tomber, déstabilisé par la vitesse que son meilleur ami réussit à atteindre en une fraction de seconde. Pourquoi marcher, là où on pouvait courir, n'est-ce pas?

Sur les traces d'Eijirô, ils filèrent de toits en toits sans qu'Izuku réussisse à distinguer les rues, sautées sans même que Kacchan marque la plus petite hésitation face au vide sous ses pattes. En quelques secondes, la taille de l'agence de renseignement sur laquelle ils fonçaient quadrupla, dévora le ciel et la vague lueur des lumières de Tokyo. D'autant plus visible qu'Eij choisissait le chemin le moins éclairé, le plus tortueux et émaillé de bâtiment de maintenance et pilonne électrique pour briser le mouvement de leur course. Le quasi-kilomètre les séparant de leur cible fut réduit à néant en une minute, même pas, et le cœur au bord des lèvres tant il était peu assuré, il se pencha plus en avant au moment où Eijirô se précipitait à la perpendiculaire de l'agence.

Il avait largement démontré qu'il savait sauter une centaine de mètres sous sa forme de loup, alors quatre-vingts ne devaient pas poser de problème. Théoriquement. Qu'il doive sauter par-dessus un hangar bas de hauteur et une rue, sans possibilité d'atterrir en douceur, le tout sans se faire voir, c'était une autre affaire. En réalité, et comme l'avait spécifié Kacchan dans la journée avec un grognement dépité, qualifier la manœuvre de périlleuse était en deçà de la réalité.

« Faites que ça marche… »

Dans ce qui semblait être un moment arraché au temps autant qu'à la gravité, la masse floue d'Eijirô se fondit dans la nuit, dissimulant jusqu'à la silhouette de Kam dans le saut avant de réapparaître comme par magie sur le blanc cassé de l'agence de renseignement. Sur laquelle ils arrivèrent avec une vitesse qui aurait brisé les os d'un humain classique, rien de moins et Izuku s'arrêta de respirer.

Les pattes avants d'Eijirô touchèrent à peine le mur qu'il tordit son corps d'un coup de rein, se plaquant contre les briques, museau pointé vers le sol sur lequel il se précipita à une vitesse prodigieuse. Izuku n'osait même pas imaginer l'aplomb et la réactivité de Kam, obligé de se maintenir sur Eij avec un équilibre parfait pour lequel il fallait remercier ses rollers et ses activités sportives particulièrement acrobatiques. A trois mètres du sol, Eijirô se retransforma en humain et continua de chuter, passant pile entre les deux caméras stratégiquement placées de part et d'autres de la porte de service pour surveiller la rue. Hors de leur champ de vision.

Parfait !

Au même moment, les pattes de Kacchan mordirent le rebord du bâtiment sur lequel il prit appui pour effectuer le même saut qu'Eijirô. Avec un peu moins de hauteur, certes, mais d'autant plus de puissance, coupant le souffle à Izuku sous la surprise. Il avait beau être désespérément agrippé à Kacchan, certain de lui faire mal tant il serrait les cuisses pour assurer son assiette, il faillit malgré tout être jeté à terre sous le bond de son meilleur ami. Et la terre, elle était plusieurs dizaines de mètres plus bas.

« Pardon ! » chuchota-t-il contre la fourrure, inutile au possible vu l'ouïe amoindrie du loup.

En face d'eux, Eij atterrit gainé d'alter sur le perron, une seconde avant Kam dont il amortit la chute en le rattrapant in-extremis d'une main, tandis que l'autre se refermait sur la poignée de la porte de service. Laquelle fut ouverte à la volée à la seconde où Kam posa le badge donné par Sero sur le détecteur. Pile à temps pour laisser passer l'immense fouet noir qu'Izuku projeta depuis les airs. Dans cette configuration et avec une visibilité proche du néant, il aurait été stupide d'espérer pouvoir viser quoi que ce soit avec ne serait-ce qu'une once de précision.

Ce qui ne voulait pas dire qu'il ne pouvait rien toucher.

Abandonnant son sort à l'agilité de Kacchan et si concentré qu'ils auraient pu s'écraser sans qu'il réagisse, Izuku dirigea la projection d'énergie noir à travers l'encadrure de porte et l'explosa en une multitude de fouets dont la maîtrise lui tira un gémissement de douleur. Sans chercher efficacité ou précision, il se contenta de projeter les dizaines et dizaines de fouet à travers la pièce en autant d'allers-retours, balayant le moindre espace disponible d'attaques aussi simultanées que possible. Le filet d'énergie lui renvoyait une foule d'information, de masses heurtées et de murs effleurés qu'il prenait soin de ne surtout pas endommager, histoire d'éviter de déclencher le moindre dispositif anti-sismique ou alarmes intempestives – ou pire, du bruit. Un afflux de messages nerveux à la limite de la torture tant il y déversa de l'énergie, divisant encore et encore les fouets pour en maximiser l'effet. Ses nerfs crièrent grâce immédiatement, piquetés de la morsure de chaque fil d'énergie émanant de son bras gauche, qu'il soutient de sa main droite dans l'espoir de maintenir une seconde de plus l'attaque.

En dépit de ses efforts, il ne réussit pas à tenir plus que cette fameuse seconde la douleur et dispersa les filaments avec un gémissement de souffrance, s'affalant sur l'échine de Kacchan au risque de le déséquilibrer dans son saut. Lequel s'acheva, comme calculé à la perfection par le blond, à travers la porte.

L'encadrure, heureusement bien plus large qu'eux, leur éraflèrent tout de même côtes et jambes de bleus à venir monstrueux, et Izuku baissa la tête juste à temps pour se plaquer contre Kacchan quand l'élan de ce dernier l'emporta dans le poste de contrôle, où il s'arrêta d'une glissade mesurée. Nonobstant la douleur, Izuku leva le bras gauche, doigts pliés pour renvoyer un fouet achever quiconque se trouvait encore debout – et se trouva face à une pièce silencieuse, encore crépitante d'étincelles vertes, et trois gardes proprement assommés sur le sol. Que Kacchan menaça d'un grondement pour faire bonne mesure.

« Je crois que ça a marché… »

Kacchan renifla, en guise de réponse. Le poste de contrôle faisait plus petit, sans la lumière du jour, mais menaçant au possible au regard de leur situation actuelle. Il descendit du loup en maudissant ses jambes crispées de tension, alors que Kam refermait d'un geste de sa main gantée la porte de service derrière lui et Eijirô. Dans son dos, Kacchan monta aussitôt la garde, truffe quasi collée contre l'encadrure du couloir, attentif au possible.

« Putain. » siffla Kam, admiratif en se faisant pousser dans la pièce d'un mouvement bourru d'Eij, « Midobro, c'était du génie ton idée de fouet. »

« Y'a pas que toi qui peut en être un. » glissa Eijirô, trouvant le temps et la force de glisser un demi-sourire dans la remarque, un geste bête au possible dont Izuku lui fut reconnaissant à en crever.

Au milieu de son cœur en vrac et de l'adrénaline dans ses veines, ce minuscule éclat de normal lui paru plus lumineux encore que le bref regard que le roux posa sur lui quand il se pencha sur l'immense bureau pour y analyser les retours caméras. L'interface était facile à comprendre, bien que la multiplicité des écrans et des fenêtres de logiciels ouvertes exigea de lui une poignée de seconde affreusement longue pour en déchiffrer le sens – et surtout, l'absence de signaux inquiétants. Et pour parachever le contrôle de la situation, un rapide coup d'œil dans le hall d'entrée complètement vide en remerciant que ni les sauts des loups, ni son alter n'aient alertés qui que ce soit.

« Aucun signe d'alerte. » rassura Izuku à mi-voix. Pas d'alarme, de bip-bip intempestif, de hurlement de sirène fâchée, rien que les retours écrans des caméras, toujours occupées à scanner leur environnement proche.

Il abandonna derechef les écrans pour aider Kam à ligoter, en quelques gestes précis, les gardes assommés, poussant le vice jusqu'à déchirer une de leurs vestes pour les bâillonner et les aveugler. Le tissu ne ferait pas long feu face à un alter agressif, mais si tout se passait bien, ils seraient ressorti avant même que les pauvres employés se remettent de leur évanouissement. Et sans leur radio, subtilisées et dûment déposées sur le bureau, ils auraient quelques difficultés à donner l'alerte. Pour faire bonne mesure, Eijirô réactiva son alter sur ses bras pour les foutre dans l'un des placards minuscules de la salle de contrôle, repéré sur le plan du bâtiment.

« Ça, c'est fait ! » conclut Kam, satisfait, en haussant à peine la voix pour couvrir le craquement d'os d'Eijirô réintégrant sa forme canine. La silhouette du roux rendait bien plus étroite encore le poste de contrôle et obligea même Kam à se décaler d'un pas distrait vers la droite, plus occupé à ajuster son oreillette qu'à éviter réellement les pattes d'Eijirô. « La voix est libre, Izuku ? »

Pour Eij et Kam, il ne souhaitait prendre aucun risque, et Izuku scruta longuement l'écran en essayant de ne pas grimacer face à la cascade de son ignoble que Kacchan émit en reprenant forme humain, à côté de lui.

« Aucun garde dans le champ des caméras, aucun mouvement des équipes de surveillance. Tout à l'air normal. »

« Alors, on y va. » décréta Kam, avec regard à l'attention d'Eijirô dont la respiration de loup-garou paraissait monstrueusement bruyante, vu sa taille. « Eij ? Tu me suis ? »

Le loup-garou lui souffla au visage pour manifester son accord, heureusement encore assez conscient pour éviter de japper. Ils n'en avaient pas le temps techniquement, mais Izuku s'accorda dix secondes pour intercepter Eijirô avant qu'il ne se dirige vers le couloir de l'agence et attirer son immense tête contre lui. Dix secondes de l'odeur de framboise mêlée de la chaleur de son amoureux, qu'il serra le plus fort possible jusqu'à sentir le museau du loup s'enfoncer dans ses côtes, avec une pointe de douleur.

Eijirô se dégagea sur un coup de truffe sur la joue en guise de rassurement, se reportant immédiatement vers Kam pour lui administrer le même traitement et interrompre le baiser furtif que ce dernier volait à Kacchan. Un Kacchan silencieux au possible dans sa tactique habituelle pour juguler son angoisse, pourtant parfaitement visible rien qu'à sa crispation quand il cracha, dans les mèches ébouriffées de son homme :

« Chaton, vous foutez le camp au moindre problème, ok ? Vous vous occupez pas de nous, et vous vous mettez en sécurité le plus rapidement possible. »

« Promis. Et ça vaut pour vous aussi. »

La haute silhouette du roux collant aux basques de Kam rassura Izuku une fraction de seconde, quand ils passèrent la porte en direction de la cage d'escalier du bâtiment. Ils étaient ensemble, au moins. Reportant son attention sur l'ordi, il lança une vérification visuelle de tout les programmes en cours, sans y trouver la plus petite alerte et il s'interrompit le temps de tendre son oreillette spéciale à Kacchan.

« On va avoir une putain de dette envers Sero. » remarqua le blond à voix basse, désignant d'un geste le retour d'une caméra où leurs hommes parcouraient un couloir à une vitesse plus que respectable.

Et effectivement, la lumière qui auréolait le visage de Kam à chaque mouvement rendait impossible toute identification précise, en tout cas sans passer par des manipulations d'image que la qualité plus que moyenne des caméras rendrait ardue. Un remerciement supplémentaire à ajouter à la liste des remerciements à adresser à Sero.

« On lui offrira un abonnement à la meilleure box mensuelle de thé du monde ! » chuchota Izuku, avec un soupir soulagement en voyant leurs amoureux disparaître des champs des caméras, même si cela les impliquait ne plus pouvoir les suivre des yeux.

Kacchan se détendit une seconde, lui aussi, et posa les mains bien à plat contre le mur à côté des écrans de contrôle pour tenter de percevoir au mieux tout changement de vibration dans le bâtiment. Il perdait peut-être un peu de sensibilité avec le t-shirt de rechange qu'il avait plaqué sous ses doigts, histoire d'éviter de laisser des empreintes, mais c'était mieux que rien. Un bip discret indiqua sur un coin de l'écran le passage de la porte sécurisée menant aux escaliers par Kam et Eijirô, sans déclencher aucune alerte. Le matériel de Sero marchait à la perfection, une fois de plus.

« Eij ! Qu'est-ce que tu fous ?! » souffla brusquement Kam au creux des oreillettes, et ils se figèrent tout deux en attendant la suite, les doigts d'Izuku en suspension au-dessus du clavier. Le long silence qui suivit lui tendit les nerfs avec assez d'intensité pour qu'il envisage sérieusement tout plaquer et rejoindre le duo à l'étage, heureusement interrompu par la voix de Kam :

« Midobro ? »

« J'écoute. »

« Heu… Eij a… Eij a du mal à monter des escaliers ? » s'enquit le platine, visiblement si déstabilisé qu'il en avait eu du mal à sortir sa question – ce qui était plus que compréhensible. Izuku fronça les sourcils d'incompréhension, sous le regard médusé de Kacchan qui prit sur lui pour poser un doigt sur son oreillette :

« Comment ça, « du mal à monter les escaliers » ? Il est capable de grimper à la verticale sur un mur, Chaton, évidemment qu'il sait monter des marches ! »

« J'ai jamais dit qu'il savait pas, mais je crois bien qu'il veut pas. » nuança Kam en chuchotant, sans pour autant réussir à gommer tout le sarcasme agacé de sa voix.

« Ne pas vouloir monter les escaliers ? » répéta Kacchan, incrédule au possible, manquant le geste désespéré d'Izuku à côté de lui, presque anéanti de comprendre ce qu'il aurait préféré ne surtout pas comprendre.

Nom de dieu. Les escaliers.

« Je vais en crever, de ces escaliers. » maudit-il, dépité au-delà des mots. « Kam, il sait parfaitement monter et descendre les escaliers, mais comme le cabot têtué qu'il est, des fois, il aime pas et j'ai pas encore trouvé exactement pourquoi. On a eu même souci sur le toit de l'hôpital, il a fallu que je supplie et cajole pendant cinq minutes avant qu'il daigne me suivre. »

« Et on peut m'expliquer pourquoi c'est dans des situations où faut surtout pas faire ça qu'il fait ça ? » siffla son meilleur ami à côté de lui, guère adouci par l'explication dans laquelle Izuku se lança vaillamment :

« Ça a un rapport avec le taux d'hormones dans vos corps et le lien de celles-ci avec votre transformation. Comme quand il a refusé de te suivre et que Kam s'est amusé à m'embrasser pour le faire revenir, tu vois ? Ma théorie actuelle, c'est que plus il y a de stress, plus il y a une diffusion d'hormone dans vos organismes et ça a tendance à… à effacer la partie humaine et raisonnée de vos esprits, et... »

« Midobro, on a pas le temps pour les thèses, je m'en charge. » l'interrompit Kam, qu'ils entendirent se pencher sur le loup avec un sourire perceptible rien qu'à la prononciation soignée de sa menace :

« Écoute-moi bien, Boule de Poil. Je peux pas rouler le patin du siècle à ton homme pour te faire grimper ces marches quatre à quatre, et j'ai déjà assez promis de ma personne en t'accordant le droit de me foutre dans de la lingerie, tout ça pour une petite blague de cul de rien du tout. Mais je te jure que si tu propulses pas ton cul poilu à l'étage, je t'empêche de jouir pour le reste de ta vie en te cramant certains nerfs bien choisis d'une décharge. Compris ? »

« C'est trop complexe comme menace, pour un loup ! » reprocha Kacchan et Izuku lui fit « non » de la tête, résigné. Plus résigné encore de voir le visage de Kacchan se décomposer en entendant le « Hé ba voila, c'était pas compliqué. » triomphant de Kam. Et les pattes d'Eijirô en arrière-plan sonore, grimpant effectivement quatre à quatre les escaliers.

« On est vraiment aussi… primitif, sous forme de loup ? On fonctionne qu'au cul ? Vraiment ? »

« Et à la bouffe. » se permit de glisser Izuku, dépité de ce retard pourtant long de même pas deux minutes. Heureusement que les radios posées sur le bureau gardaient un silence de bon aloi, signe que l'équipe de surveillance sur le toit n'avait toujours pas réalisé qu'intrusion il y avait.

« Hé ba heureusement qu'on va trouver de quoi nous guérir. » grimaça le blond en s'ébrouant, agacé. « Quoi que là, je préférerais être à la maison qu'en train de chercher un remède ! »

Sans se donner la peine d'approuver l'évidence, Izuku opina sans mot dire, ravi d'entendre Kam les avertir qu'ils avaient atteint la salle des serveurs sans encombre autre que le rechignement d'Eijirô face aux escaliers. Il écouta le platine déverrouiller la porte avec un second « bip » sonore de son badge, avant de faire passer le loup devant lui :

« Allez, rentre. T'as une alerte qui se déclenche, pour l'entrée en salle des serveurs, Izuku ? »

« Rien du tout. » rassura ce dernier, cherchant tout de même sur les ordis un petit signe clignotant ou une quelconque alerte. Mais que le fichier d'archive des mouvements de la salle des serveurs soit ailleurs ou qu'il n'y ait pas de système d'alerte spécifique pour cette pièce, il n'y avait strictement aucune réaction, et il entendit Kam ricaner :

« Je suis vraiment un génie. »

« Bouge ton cul, le génie ! » lui cracha son mec, ignorant la salve de « Rho, ça va. » et autres « T'es pas marrant. » que Kam ronchonna en refermant derrière Eij, les calfeutrant dans la relative sécurité de la salle des serveurs.

Sans pouvoir les voir, Izuku et Kacchan suivirent à l'oreille la suite très brève des opérations : Kam dénicha l'ordi de contrôle en trois secondes, aussitôt allumé pour utiliser dans la foulée la clé fournie par Sero. Avec un bref juron dû au stress, il batailla avec les mots de passe – le logiciel fonctionnait parfaitement, même s'il y eut un « Plus vite saloperie » assez explicite. Sans retour de la part d'Eijirô, Izuku supposa que ce dernier explorait la pièce ou montait la garde, d'une manière ou d'une autre. À moins qu'il ne soit en train d'observer Kam avec un regard perplexe, embrumé dans son esprit de loup.

« Ok, c'est bon, je suis dans la session utilisateur. Je vais chercher Wanise dans la barre de recherche de document, ça ira plus vite. » annonça Kam, tapant à une vitesse si vive sur le clavier que ça s'entendait en filigrane de sa voix et il grogna de déception.« Six dossiers individuels. »

« Merde. » siffla Kacchan, réussissant à synthétiser à la perfection l'état d'esprit d'Izuku. Merde, en effet.

Six dossiers, c'était largement insuffisant pour espérer trouver quelque chose, ou alors par un coup de chance absolument improbable. Bien trop pour être réaliste. Il fallait trouver d'autres critères de recherche, ou se résigner à croiser les doigts pour que dans les six dossiers se trouve ne serait-ce qu'une piste de recherche et à côté, Kacchan choisit pour eux :

« Cherche avec « loup-garou ». »

« À peine deux documents words. »

« « Loup géant », alors ? »

« Un document et un audio. »

« Prends tout. » ordonna Kacchan, en lui jetant un regard en coin qu'Izuku interpréta sans mal en « Trouve autre chose, et vite », et il appuya à son tour sur son micro pour tenter un coup de poker :

« Kam, essaie « Alter transmissible ». »

Sans doute en raison de sa fébrilité et de sa patience réduite à néant, Kam conserva un silence presque boudeur le temps de taper sur l'ordinateur, lequel mit un temps certain à chercher et isoler les fichiers correspondants à la recherche. Si longtemps qu'Izuku se demanda si ses nerfs allaient finir en confettis ou en compote, au choix, mais certainement pas intacts, puis Kam siffla, surpris :

« Plus de cent trois fichiers. »

« Cent trois ?! »

« Yep. Classés dans… les dossiers des ressources humaines, des rapports de mission, y'a des vidéos, des pdf, des power-points même… »

« Pareil, prend tout. Bien joué. » ajouta Kacchan par signe à la seule attention d'Izuku, avec un micro-sourire en prime pour tenter de détendre l'atmosphère.

Ce qui aurait peut-être fonctionné, si le stress ne lui avait pas fait relâcher sa maîtrise sur son côté loup et ses oreilles ressortaient un peu, mises en relief par la loupiotte sur son oreillette. Laquelle tenait encore par un miracle improbable, suspendue à une configuration plus canine qu'humaine par pure chance. Izuku la désigna d'un geste pour signifier qu'elle allait foutre le camp, et Kacchan retrouva immédiatement taille normale pour la renfoncer aussi sec dans son conduit auditif, agacé.

« Oh... »

« Quoi ? » s'inquiéta Izuku, une main pressée sur son oreillette comme si ça pouvait l'aider à percevoir un peu plus ce qui se passait dans la salle des serveurs.

« C'est le jackpot… Je viens de voir passer deux dossiers « Étude génétique de l'alter transmissible » dans le téléchargement des fichiers, dans un sous-dossier « canidé géant »… Assez lourds, les dossiers. »

Jackpot, effectivement. « Canidé géant », ça désignait les loups-garous à coup sûr. Si une bouffée de soulagement envahi Izuku à l'idée d'avoir enfin du matériel pour étudier les cas de son homme et de son meilleur ami, il fronça les sourcils derechef. Qui disait dossiers lourds disait forcément masse d'information conséquentes et ça n'avait aucune sorte d'intérêt de mettre autant d'énergie dans la recherche et capture de nouveau cobayes, si des études avaient déjà été réalisées. À moins que lesdites études n'aient pas été concluantes ? Ou alors, c'était des esquisses d'études, réalisées à titre purement intellectuel, sans sujet d'étude pour les mettre à exécution…

« On va en avoir, de la lecture. » commenta Kam et Izuku échangea un regard avec Kacchan, sans réellement oser croire à leur chance, ni émettre le moindre commentaire supplémentaire.

Il serait toujours temps de débriefer une fois rentrés, avec un café, Prince Carnage sur les genoux et la fatigue de la nuit dans les os, mais entiers, en sécurité et avec une perspective de plan futur. Pour l'instant, il refit un rapide examen visuel des écrans, toujours immobiles, si immobiles qu'il vérifia que l'image était bien dépourvue de tout grésillement ou légère coupure qui pouvait révéler une boucle. Guère soulager de ne rien trouver. Ils poussaient leur chance et il le savait :

« Kam, combien de temps ? »

« Encore six minutes, quarante secondes. »

« C'est trop long. » gronda Kacchan, si stressé que ses oreilles de loup s'échappèrent à nouveau de sa tignasse, immédiatement plaquées contre son crâne en signe de nervosité – et l'oreillette tomba pour de bon, rattrapée in-extremis par Izuku. Il la renfonça d'un geste sec dans l'oreille de Kacchan, juste à temps pour que ce dernier entende son homme se rebiffer :

« On a pas le choix, ce serait plus long encore de faire le tri sur place ! »

Agacé, Kacchan tapa du pied en ignorant royalement le regard noir qu'Izuku lui dédia, ce qui força ce dernier à signer avec un peu trop de force :

« Arrête, tu le stresses ! »

« Mais je suis stressé ! »

« Va sentir si y'a des vibrations sur le mur du couloir, si tu veux, pour nous avancer. » ordonna-t-il en voyant parfaitement dans les prunelles de Kacchan qu'il n'était pas dupe pour trois sous de cette tentative de diversion. Il n'avait pas mieux, cependant. Pour lui faire plaisir, sans doute, le blond ôta mains et t-shirt du mur pour s'exécuter, sans réaliser qu'il avait désormais un bon vingt centimètres de plus qu'Izuku, rehaussé davantage par ses oreilles.

Kacchan fit deux pas seulement et un grondement satura sans crier gare le micro de Kam, si fort qu'ils grimacèrent de concert sous l'effet larsen dans leurs oreillettes, par pur réflexe. Main plaquée sur son oreillette, Izuku faillit demander ce qu'il se passait et pourquoi son mec avait décidé de se taper le grognement le plus menaçant de son vocabulaire. Avant de réaliser avec un temps de retard la gravité de la situation.

« Eij ? » chuchota Kam de l'autre côté, la fin de sa question emportée aussitôt par un vacarme monstrueux, et un cri d'alerte bien inutile de sa part.

En dépit de son esprit canin aisément distrait, Eijirô n'aurait pas fait autant de bruit sans une raison valable, il n'aurait jamais fait face de la sorte à une menace qu'il aurait pu anticiper, et surtout, il n'aurait jamais engagé un combat s'il n'y était pas forcé. Avec l'impression qu'il allait vomir d'angoisse, Izuku écouta le flot de grondement sourds et claquement de mâchoires incompréhensibles qui se déversait dans le canal, jusqu'à ce que son esprit synthétise avec horreur qu'Eijirô seul était incapable de produire ces sons.

Et qu'il n'y avait sans doute qu'un autre loup pour lui résister.

La logique implacable du raisonnement lui cadenassa la mâchoire de rage et d'angoisse mêlé, tant il se serait giflé de n'avoir pas anticipé la chose. Il fallait un loup-garou pour en surprendre un autre, évidemment, un loup-garou capable de se faufiler sans se faire percevoir et sans doute, sans se faire sentir, comme ils avaient déjà pu en faire l'expérience.

Ils s'étaient plantés sur toute la ligne. Le loup qui avait attaqué Eijirô et Kacchan ne cherchait pas à préserver son anonymat, mais l'anéantissement de la menace que deux jeunes loups-garous inexpérimentés représentait. Il avait fait preuve d'une stratégie redoutable, en les laissant prendre l'initiative et en se contentant de les suivre, prêt à sauter sur la moindre opportunité d'achever le travail.

Et ils venaient de la lui offrir sur un plateau.

En un éclair, Izuku réévalua la situation en fermant les yeux sous le son ignoble d'une chair déchiré – pitié, que ça ne soit pas Eij, ni Kam ! L'idée qu'Eijirô se retrouve seul face à une créature qui avait été capable de les déchiqueter, lui et Kacchan, était suffisamment terrifiante pour le figer sur place, mais celle que ladite créature n'allait pas s'arrêter avant d'avoir tué son homme le fit vaciller. Rattrapé in-extremis par la poigne de Kacchan sur laquelle il referma les doigts, par réflexe.

« Non ! » chuchota-t-il, écœuré d'être obligé de le retenir alors qu'il aurait tout donné pour le devancer. Foncer tête baisser face à un ennemi bien trop avantagé par l'effet de surprise était la pire chose à faire, ils le savaient. Leur formation le lui hurlait, et son esprit rationnel essayait désespérément de le convaincre de ne pas bouger, en dépit de l'envie martelée dans chaque fibre de son être de lâcher Kacchan.

« J'y vais ! »

« Pas sans en savoir plus ! »

Il supplia Kacchan du regard de ne pas bouger, remarquant à peine au passage que son visage était défiguré par une demie-transformation arrêtée maladroitement. Subitement, il y eut un jappement de douleur absolue, suivit d'un très lourd son de chute. Et du silence.

Un silence épais où la respiration d'un être énorme s'entendait à travers le canal que Kam avait maintenu ouvert, le propre souffle affolé du platine aussitôt recouvert d'un enchaînement dégueulasse de brisure d'os et craquement mouillé écœurant. Typiques d'une transformation inverse. Sans attendre, la retransmission s'envahit d'un grésillement saturé, signe que Kam activait une flopée d'étincelle pour avertir que toute approche de sa personne ou de celle d'Eijirô aurait de graves conséquences. Protégé de la sorte, il cracha d'un ton de pure colère qu'Izuku lui avait rarement entendu :

« Un pas de plus et je vous électrocute ! »

« Jeune homme... »

« Un pas de plus, vers lui ou moi, et je vous électrocute ! » répéta Kam, inflexible dans sa menace et sa dureté, tandis que l'esprit d'Izuku fourmillait d'un souvenir flou, imprécis, mais un truc qui lui hurlait qu'il connaissait la voix ennemie.

Le ton était doux, gentil en dépit de sa fermeté, avec un brin de lenteur dans la manière de prononcer les mots, un phrasé qu'il avait entendu, un jour, il en était sûr, dans l'immensité des humains rencontrés et dont son cerveau tentait de faire l'inventaire, paniqué.

« Je suis vraiment désolée de devoir en arriver là... » réitéra l'adversaire, traînant une inflexion d'une manière particulière, et ça lui remonta d'un coup au niveau de la gorge lorsque la courtoisie de la formulation lui sauta à la gueule. Presque ridicule, vu la situation.

Mais parfaitement sa place dans le décor où Izuku l'avait entendu pour la dernière fois, à sept heures du matin dans une cuisine démodée, les mains serrées autour d'une tasse de café, en écoutant une dame d'un certain âge lui raconter comme elle avait menti en témoignant être attaquée par un loup-garou.


C'est parti ^^ !

(MERCIII !)

Akane29 : Aaaw merci ^^ ! Bon j'espère qu'aussi dense soit-il, ce chapitre-ci te plaira tout autant que le précédent ^^ !

Omiya : Coucouu ! Déjà : j'espère que tu vas bien, que tu te remets toujours bien et que ça va de mieux en mieux niveau inconfort, douleur et fatigue ^^ !

Merci beaucoup de me rassurer sur la densité des chapitres, j'avoue que là avec le couloir de chapitres compliqués qui s'annoncent, j'ai peur de lasser XD. Bon j'espère que cette première partie d'expédition nocturne t'a plu et que c'était à la hauteur de tes attentes ^^ ! Haaa vous deviez être dépitées de pas avoir pu lire le chapitre ensemble avec Tanuki ! Mais au moins, vous avez profité du temps passé ensembles, c'est tout aussi bien. Vous avez causé de moi O_o ? En pas trop mal j'espère XP (mais si vous avez relevé à deux des points d'améliorations de mon écriture, JE PRENDS XD) !

Hâte de te relire et encore une fois, j'espère que tu te remets bien ^^ ! PRENDS SOIN DE TOI !

Milie : Hola ^^ ! Ça me fait plaisir de savoir que vous allez bien, tant mieux ! Et merci beaucoup pour ta review ^^ !

J'avoue que tu as raison, le changement de ton entre le plan à 4 et l'infiltration est assez conséquent XD. Et encore, tu n'as pas vu la suite XD. J'ai adoré écrire Kacchan en mode acteur dramatique, d'ordinaire c'est un rôle parfait pour Kam mais c'était super fun de switcher pour une fois. On admire tous le talent d'orateur d'Izuku, pour une fois qu'il en fait une arme XD.

Hooo j'ai adoré toutes tes théories avec le loup mystère qui n'est désormais plus tellement un mystère héhéhé ! Et elles étaient toutes super intéressantes, j'ai adoré te lire ! Au cas où tu lirais ma réponse ici avant le chapitre 20, je vais éviter de trop m'étaler pour pas spoiler, sait-on jamais, mais je suis super curieuse de savoir ta réaction et ton avis sur ça, avec les infos qu'on a maintenant XD !

En tout cas, te lire m'a fait super plaisir, merci immensément pour ta review ! J'espère que ce chapitre-ci t'aura plu aussi et au plaisir te relire ! Des bisous !

BlueStars 14 : COUCOU ! Oh ça faisait un petit moment en effet, je suis heureuse de savoir que tu vas bien ^^ ! Oh t'as eu trente ans aussi ?! Bon anniversaire en retard alors ! Est-ce qu'on peut être d'accord sur le fait que c'est le meilleur âge XD ?

Je comprends tout à fait, taper des reviews aussi longues et détaillées que les tiennes sur le tel, c'est genre pas possible. Aww c'est adorable, je suis super contente que ces chapitres t'aient plu (comme toujours je croise les doigts que la fic continue de te plaire ^^ ) ! Vive la boisson chaude et la musique (j'suis au thé noir et j-rock pour te répondre héhéXD)

Chap 18 : Aaah on l'aime aussi rebiqué et agacé, notre Kacchan national XD ! Oui alors les exercices de respiration ça marche, certes, mais Eij triche aussi XD. Alors certes, fallait y penser pour le plan à 4 mais connaissant les loustics, c'est pas si étonnant que ça je trouve.

Je connais pas du tout cette trend « be safe oh be safe », désolée T-T. LES ROLLERS ! J'ai tellement aimé l'écrire cette scène ! Si tu as déjà lu le manga Air gear, c'est toootalement ça XD (je parle bien du manga et pas de l'anime, parce qu'ils ont pas réussi à convertir tout le côté incroyable du manga en animation, hélas). J'ai été ravie de pouvoir approfondir un peu comment les journalistes et le taff traitent Kam, avec son caractère irrévérencieux et pas très conventionnel, c'était un plaisir de pouvoir illustrer pourquoi il se fait appeler Kam et pas Denki depuis le début (oui j'ai quand même dû attendre presque deux ans avant d'y arriver XD). Je sais bien que c'est hyper agaçant, les réactions des journalistes, mais ça a permis à Izuku de s'amuser un peu XD.

Chap 19 : Ton Kacchan s'est effectivement bien amoché, je sais ça fait mal au cœur bichette. En vérité, on aurait tous été dans les vapes vu leurs tronches XD. Bon je ne dirais rien sur le loup-garou mystère, je te laisse rattraper les reviews des chapitres avant mais j'adore que tu te poses toutes ces questions héhé ^^ !

Oui alors, Prince Carnage comme Princess Explosion, même combat : ce sont des éléments déclencheurs parfaits XD ! Et ça permet de les voir un peu plus (parce que je les aime terriblementXD). Vive le porno dans les cuisines, cela dit ^^.

Hooo c'est vrai que du coup j'aurais ton retour sur le plan à quatre dans ta prochaine review ! Rho j'ai fort hâte XD !

En attendant : merci beaucoup pour ta review, de prendre autant de temps et de commenter tout les chapitres même si tu les as déjà lu, c'est hyper gentil et généreux ! (T'as fait comme Boa Marron, j'adore, vous me régalez tous les deux XD). Merci beaucoup beaucoup, j'espère que la suite te plaira autant du coup ^^ ! Et au plaisir de te relire !