Note : Pour les rares lecteurs qui suivent encore, j'en suis à plus de 200 pages sur Word à ce jour... Il y a un nouveau plot twist, cette fois concernant les amies de Lena. L'histoire continue de se développer, mais je ne sais pas trop où elle va nous mener, car, avec moi, les personnages ont souvent tendance à prendre le contrôle de mes idées, et je me retrouve parfois avec des situations qui me dépassent... J'espère que cela vous plaît toujours :)
Lena avait eu du mal à dormir cette nuit-là. La présence et l'odeur de Sam éveillaient en elle bien trop de choses qu'elle peinait à maîtriser. Elle s'était promis d'avancer à son rythme, mais elle savait que c'était plus compliqué pour elle. Ce n'était pas qu'elle voulait précipiter les choses, mais la pensée de la distance qui allait bientôt les séparer la perturbait.
Elle avait passé la nuit à chercher une solution pour être plus présente, ou au moins pour se rapprocher de Sam et Ruby. Le problème, c'est qu'elle savait qu'elle devrait en parler avec Sam pour mieux comprendre ses besoins. Mais plus elle y pensait, plus elle avait l'impression de devenir pressante, alors qu'elle avait elle-même proposé de respecter le rythme de Sam.
Elle s'était finalement levée, prenant son téléphone d'un geste automatique. Les messages d'Andrea la firent soupirer. Son amie avait inondé son téléphone, au point qu'il avait failli buguer en s'ouvrant.
Lena jeta un coup d'œil à l'heure : il était à peine 3 heures du matin, elle ne pouvait pas déranger Andrea à cette heure-là. Pourtant, en ouvrant WhatsApp, elle remarqua qu'Andrea était encore en ligne. Lena hésita, se mordant la lèvre. Elle avait besoin d'aide.
Lena hésita plusieurs minutes en voyant qu'Andrea était toujours en ligne. Devait-elle franchir le pas et lui confier ce qu'elle avait sur le cœur ? Andrea était parfois pénible, mais elle était aussi très directe, et Lena avait besoin de cette franchise. D'une oreille attentive aussi... Bien qu'Andrea ne soit pas toujours impartiale, elle ne s'était pas trop trompée jusque-là, au grand dam de Lena.
Lena
Désolée de te déranger dans tes plans avec Russel (vu l'heure, j'imagine que tu n'es clairement pas en train de bosser), mais j'aurais besoin d'un avis.
Andrea
OMG! LENA!
eut elle en réponse très rapidement.
ALORS?!
Lena
C'est compliqué.
Andrea
Comment ça compliqué?! Vous vous sautez dessus et voila!
Lena
Sauf que Sam n'a pas envie de précipiter les choses.
Andrea
AU SECOURS!
ELLE EST PIRE QUE TOI EN FAIT!
Lena
Andrea, au lieu de sur réagir tu peux juste attendre avant?
Andrea
Vas y…
Lena
La dernière fois c'était il y avait très longtemps… Elle va m'en vouloir que je t'en parle mais j'ai besoin de savoir quoi faire.
Andrea
Longtemps?
Lena
Tu me promets de ne jamais lui raconter cette conversation,
Andrea
Je suis actuellement totalement absorbée par un documentaire passionnant sur les licornes, je ne vois pas de quoi tu parles.
Lena
La dernière fois, c'était avant Ruby. Je sais que c'est compliqué pour elle, mais je ne sais pas comment avancer. J'ai l'impression d'être trop pressante, de lui dire d'aller à son rythme, alors qu'au fond, ce n'est pas du tout ce que je veux. Mais si je lui dis ça clairement, elle risque de prendre peur. Et la distance n'arrange rien, cette situation devient vraiment difficile à supporter. J'ai envie de profiter pleinement de ce qui se passe, mais je me retiens parce que je sais qu'elle n'est pas prête.
Andrea :
Ok, mais vous en êtes où exactement ?
Lena
C'est là que ça devient compliqué. Jeudi, elle m'a embrassée en me disant qu'elle ne pouvait pas m'offrir plus pour l'instant. Mais ce soir, quand j'ai proposé de dormir ensemble, tout simplement… eh bien, elle a accepté, alors que j'ai cru qu'elle allait refuser, ou même s'éloigner. Maintenant, je suis perdue, je ne sais plus quoi penser ni quoi faire…
Lena attendit quelques secondes, mais aucune réponse ne vint. Finalement, son téléphone sonna, et elle s'empressa de décrocher.
Tu pourrais prévenir ! chuchota-t-elle, s'éloignant au maximum de sa chambre pour se réfugier sur un des tabourets de la cuisine. Elle ferma la porte derrière elle et se tourna pour la regarder. Elle ne voulait pas revivre ce qui s'était passé la dernière fois.
Mais alors là… soupira Andrea. T'étais déjà compliquée, mais là t'es tombée sur pire que toi…
Je ne t'ai pas demandé de juger la situation, mais de m'aider.
Tu réalises que, chaque fois que je t'aide, tu finis toujours par dire que c'est de ma faute et m'en vouloir ?! s'agaca légèrement Andrea.
Lena souffla. Je sais. Mais là, je suis vraiment perdue… Et elle est dans mon lit. Comment tu veux que je dorme alors qu'elle est là, juste à côté ? C'est de la torture !
Ah ça… Il va falloir que tu prennes les devants, que tu entames quelque chose. Mais déjà, le fait qu'elle ait accepté, c'est une preuve.
Tu crois ?
Mais enfin, Lena ! Tu viens de me dire qu'elle n'a jamais eu de relation sérieuse depuis… Quel âge a sa gamine déjà ?
14 ans
Bordel de merde ! s'exclama Andrea. Ok, là tu lui sautes dessus, sinon c'est de la non-assistance à personne en danger.
Lena sentit une étrange combinaison de rire et de frustration monter en elle. Tu ne m'aides pas.
Mais tu imagines ?! s'exclama Andrea. Mais c'est pas vivable ! Son niveau de frustration doit être à un niveau… Mon dieu… Quand vous allez passer le pas, je te jure que ça va lui faire le plus grand bien.
Andrea ! s'indigna Lena, le rouge lui montant aux joues. Une image peu chaste traversa son esprit, qu'elle chassa aussitôt. S'il te plaît, pas de jugement, juste… Je ne sais pas… Un peu d'aide ?
Andrea soupira bruyamment. D'accord, d'accord, pas de jugement… Mais sérieusement, Lena, tu te tortures pour rien ! Elle est dans ton lit, et si elle a accepté de dormir avec toi, c'est déjà un grand pas. Tu devrais profiter de l'instant, arrêter de t'embêter avec tes angoisses. Si tu te retiens trop, tu risques juste de passer à côté de tout ça.
Lena se mordit la lèvre, hésitante. Mais j'ai l'impression de la pousser, de ne pas respecter son rythme. Et en même temps, je suis là, dans mon lit, à me retenir, et… c'est comme si je pouvais pas respirer, tu vois ?
Andrea éclata de rire. Ah ça non, je ne vois pas. Mais franchement, tu veux avancer ou pas ? Parce que là, tu te mets des barrières pour rien. Si tu veux être là pour elle, vraiment, il va falloir que tu arrêtes de jouer à l'indécise. Fais un mouvement, n'attends pas qu'elle fasse tout à ta place.
Lena ferma les yeux un instant, perdue dans ses pensées. Et si elle me rejette ? Ou si je fais quelque chose et que ça gâche tout ?
Andrea répondit, amusée : Lena, elle est dans ton lit, là, en ce moment. Elle est toujours là, elle n'a pas fui. Elle marqua une courte pause avant de reprendre, un ton taquin dans la voix. Elle est même venue passer la semaine, non ? Comment tu veux qu'elle te rejette ?! Elle est accro, probablement autant que toi. Elle souffla, exaspérée. Mon dieu, Lena, elle est dans ton lit, chez toi, depuis des jours… Qu'est-ce que tu attends, exactement ?!
Lena soupira, se pinçant le nez comme pour chasser les doutes qui tourbillonnaient dans son esprit. Je sais, mais… Je ne veux pas précipiter les choses, tu comprends ? Elle marqua une pause, cherchant ses mots. Et si je vais trop vite, et qu'elle se sent submergée ? Je veux qu'elle se sente bien, qu'elle soit prête.
Andrea, bien qu'amusée, continua de pousser Lena dans ses retranchements. Mais en fait, je ne comprends pas… Tu n'as jamais douté avant. Même si, évidemment, le type avec qui tu étais n'était pas… Bon, disons que tu ne m'as jamais appelé à 3 heures du matin parce que le gars voulait juste dormir dans ton lit… Elle s'interrompit un instant avant de rajouter : D'ailleurs, je me souviens qu'il était un peu envahissant. C'est ça qui vous avait fait rompre, non ?
Lena souffla, agacée. Je ne vois pas le rapport.
Pourtant, c'est une relation que tu as eue, non ? Et avec lui, tu ne t'es pas posé autant de questions… Sincèrement, je ne comprends pas pourquoi tu as autant peur de t'engager avec elle. Ce n'est pas une enfant, elle n'a pas besoin que tu la traites comme telle. Si elle est là, c'est qu'elle veut être avec toi. Et toi, tu t'inquiètes pour tout.
Lena baissa les yeux, puis murmura : Sauf qu'il y a sa fille aussi. Ce n'est pas juste une relation entre deux adultes consentants
Et alors ? Sa gamine te déteste ? répliqua Andrea, sans détour.
Non.
Alors je ne comprends toujours pas où est le problème.
Lena resta un moment silencieuse, les pensées enchevêtrées dans sa tête. Elle n'avait pas encore tout compris elle-même, mais quelque part, Andrea avait raison. Sam n'était pas une enfant, et elle n'avait pas besoin d'être traitée comme telle. Pourtant, cette situation était différente dans un sens que Lena n'arrivait pas a analyser encore.
Andrea, remarquant que Lena était plongée dans ses pensées, la relança. Lena, il faut vraiment que tu arrêtes de te compliquer la vie. Tu sais, peut-être que tu es la seule à faire traîner les choses. Elle n'ose pas avancer comme toi, et vous allez rester bloquées là indéfiniment. Si tu veux vraiment avancer, fais-le.
Lena prit une profonde inspiration, se rendant compte qu'Andrea avait raison. Elle avait fait une promesse à Sam : avancer à son rythme. Mais elle avait aussi des besoins, des désirs, et ils ne pouvaient pas être ignorés indéfiniment. Elle s'en voulait de laisser cette situation s'éterniser. Si elle ne faisait rien, elle risquait de tout perdre. D'accord… souffla Lena. Mais elle a déjà du mal à se laisser aller, je ne veux pas la brusquer.
Mais enfin, elle a attendu quatorze ans… La pauvre ! dit-elle, exagérant un peu.
Arrête, répondit Lena en soufflant.
Sauf qu'en fait, tu ne te rends pas compte qu'elle t'envoie des signes partout. C'est fou à quel point vous êtes aveugles toutes les deux… Heureusement que tu m'as, moi.
Tu vas t'envoyer des fleurs, maintenant ?
Je te rappelle que vous avez franchi le pas grâce à moi, parce que je lui ai parlé.
Lena leva les yeux au ciel. Ça va… Tu veux une médaille, aussi ?
Écoute, je vais te lister les signes, parce que visiblement, t'es vraiment trop aveugle… Et après, tu me donneras ma médaille, parce que oui, je la mérite.
Lena soupira alors qu'Andrea commençait. Premièrement, Sam et toi discutez depuis des mois… Vous avez échangé vos numéros bien avant qu'on se rencontre tous. Ensuite, tu nous as dit que vous parliez parfois tard le soir. Preuve qu'elle était prête à sacrifier une partie de sa soirée juste pour parler avec toi. Bon, à ce moment-là, on pourrait dire que c'est encore de l'amitié à la limite.
Lena se demandait comment Andrea avait eu toutes ces infos. Ou alors, elle avait simplement récolté quelques bribes et reconstitué l'histoire à sa manière. Après tout, il lui en fallait peu : elle était journaliste.
Ensuite, il y a eu ce fameux week-end. Elle a dormi chez toi. Là, franchement, c'est plus que de l'amitié, parce que vous partagiez ton intimité…
Lena tenta de protester, mais Andrea la coupa.
Écoute d'abord les signes. Tu m'as demandé de l'aide, alors écoute. Ensuite, après ce week-end, vous avez continué à passer vos soirées ensemble, vous avez de plus en plus discuté, au point que sur le forum, ils rigolent en disant que vous êtes plus ou moins en couple. Et Sam n'a jamais officiellement nié ça. Elle a juste demandé d'arrêter les sous-entendus, mais je suis formelle, elle n'a jamais rien nié.
Comment tu… commença Lena, surprise par cette nouvelle information.
Russel, il se divertit aussi par mon intermédiaire… Je l'avoue, c'est puéril, mais c'est ce qui m'a aussi permis de comprendre qu'il y avait plus entre vous. Toi, je savais que tu étais déjà mordue, je te connais bien. Mais c'est grâce à Russel que j'en ai eu la certitude qu'elle l'était aussi.
Lena se rendit compte qu'Andrea ne l'avait pas poussée vers Sam de manière impulsive, sans réfléchir. Elle s'en voulait d'avoir cru qu'Andrea n'avait agi que pour les pousser l'une vers l'autre, sans penser aux conséquences.
Ensuite, vous vous êtes retrouvées à Boston, et toi… Enfin, tu lui as plus ou moins avoué tes sentiments. Ou tu lui disais que tu étais carrément une handicapée de l'amour.
Eh ! s'indigna Lena.
Si tu veux, je peux te faire une liste, après, de toutes tes relations ratées.
Oh, ça va ! souffla Lena.
Bref, continua Andrea, visiblement lancée dans son récit. Ce week-end-là, ça a clairement pris un tournant dans votre relation. Sur le forum, elle a commencé à réagir pour stopper les rumeurs, ce qu'elle n'avait jamais fait avant que vous soyez vraiment "officielles". Comme si, maintenant qu'elle savait ce que vous l'étiez, elle pouvait le nier.
Lena se demanda si le fait que Russel et Andrea se transmettent autant d'informations était une bonne chose. Mais apparemment, Sam n'avait rien révélé de la semaine qu'elle avait passée ici. Ni sur le forum, ni à qui que ce soit.
Et pour finir, elle a aussi profité d'une occasion au travail pour venir te voir. Et ça, elle s'est bien gardée de le partager, parce que maintenant, vous êtes en couple ! conclut Andrea, fière d'elle-même.
Rien d'officiel… souffla Lena, légèrement déçue. Oui, Sam et elle étaient "quelque chose", mais elles n'avaient pas encore mis de mots là-dessus.
Pour elle, ça l'est. Plus elle cache des informations, plus c'est réel. Regarde, elle est arrivée quand… ?
Mardi, dit simplement Lena, encore en train de digérer les informations.
Ah ouais, elle est vraiment restée longtemps ! s'exclama Andrea. Bref, elle n'a rien dit à personne, alors qu'elle aurait pu le partager avec Russel. Je sais qu'ils ne se parlent encore plus depuis qu'on est tous ensemble… Enfin, toi avec Sam et moi avec Russel, je veux dire.
Lena avait beau avoir toutes ces informations, cela ne semblait pas suffisant.
Tout ça pour dire que, plus ça avance, plus elle garde des informations pour elle, et plus ça devient… tactile entre vous.
Oui, enfin, en dehors des câlins jusqu'à mercredi, ça n'avait pas non plus tant évolué que ça…
Oui, jusqu'à ce que jeudi, elle t'embrasse. Regarde à quelle vitesse ça avance quand vous êtes ensemble longtemps ! s'exclama Andrea, ajoutant des détails à son monologue. Depuis mardi, elle est passée des simples câlins aux bisous, et maintenant, elle est dans ton lit. Il y eut une pause, Andrea ayant terminé son explication, tandis que Lena absorbait tout ce qu'elle venait d'entendre. Si vous viviez dans la même ville, je ne te donne même pas six mois avant que vous soyez mariées ! rit Andrea.
Une nouvelle image traversa l'esprit de Lena, qu'elle s'efforça de chasser aussitôt. N'importe quoi.
Tu m'as demandé un avis, je te le donne ! Et là, le fait que tu bloques, que tu n'oses pas aller plus loin alors qu'elle… Depuis mardi, elle est juste en train de te montrer qu'elle n'attend que ça. Franchement, Lena, je comprends pas pourquoi on est encore là à en parler, tu devrais déjà être dans ton lit avec elle. Un silence s'installa, et Andrea rajouta : Pas pour dormir, hein, au cas où tu n'aurais pas compris.
Oh, ça va ! rougit Lena, passant nerveusement une main dans ses cheveux.
Donc ? demanda Andrea.
Donc… je ne sais pas.
Ce n'est pas possible ! s'exclama Andrea, faisant sursauter Lena qui dut écarter le combiné. Elle te crie presque de la prendre là, maintenant, et toi tu es là à te torturer l'esprit en pensant qu'elle n'est pas prête ! continua Andrea, agacée. Je te jure, c'est vraiment dur d'être ton amie parfois…
Tu crois vraiment…
OUI !
Mais elle ne va pas…
NON !
Je n'ai pas fini ! s'agaca Lena.
Lena, elle n'attend que ça, que tu avances. Elle t'a montré qu'elle a confiance, qu'elle est prête à avancer et même si… Dans ses mots c'est plutôt l'inverse, je te parie 500 balles qu'elle n'attend que ça ! Alors maintenant, tu raccroches ce téléphone et tu vas dans ton lit !
Lena resta silencieuse un instant, le combiné toujours en main, les mots d'Andrea tournant dans sa tête. Elle savait que son amie avait raison, que Sam lui montrait clairement son intérêt, mais une partie d'elle hésitait encore. Elle ne voulait pas précipiter les choses, ne voulait pas risquer de tout gâcher. Mais à force de l'entendre, quelque chose commença à bouillonner en elle.
Bon… Tu as peut-être raison. finit-elle par souffler, d'un ton presque inaudible.
Andrea ne la laissa pas en placer une. J'ai raison! répondit-elle, triomphante. Alors maintenant, tu te bouges le cul et tu arrêtes de te poser des questions !
Lena prit une grande inspiration, se redressant sur le tabouret. Son cœur battait la chamade, mais une lueur de décision passa dans son regard. D'accord…
Andrea laissa échapper un rire de victoire. Voilà, c'est tout ce que je voulais entendre ! Maintenant, raccroche et vas-y, parce que moi je dois dormir un peu, contrairement a vous.
Lena sourit, légèrement rouge, puis raccrocha après qu'elles se soient souhaité une bonne soirée. Elle resta un instant là, les mains tremblantes, mais résolue. Elle savait ce qu'elle avait à faire. Après un dernier souffle, elle se leva, hésitante, et fit quelques pas. En ouvrant la porte de la cuisine, elle tomba nez à nez avec Sam. Ses cheveux étaient en bataille, ses yeux clignaient à cause de la lumière soudaine, et Lena réalisa qu'elle venait de se réveiller.
Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Lena, la voix un peu tendue. La conversation avec Andrea résonnait encore dans sa tête, et la petite flamme de motivation qu'elle avait allumée vacillait. Elle n'était pas du genre à se jeter sur Sam, mais elle ne pouvait pas attendre éternellement non plus. Surtout qu'elles ne se reverraient pas avant un certain temps.
Sam cligna des yeux, semblant encore un peu perdue. Tu n'étais pas… Elle s'arrêta un instant, cherchant ses mots, encore un peu endormie. Quelle heure est-il ?
Il est 3h30 du matin, répondit simplement Lena, ses yeux qui ne pouvaient s'empêcher de se poser sur Sam.
Sam soupira en baillant. Tu ne dors jamais la nuit en fait.
Lena haussait les épaules. Et toi ? Si tu es fatiguée, retourne te coucher.
Mais Sam secoua doucement la tête, son regard à moitié perdu. On avait dit qu'on serait ensemble ce soir, et toi… Elle marqua une pause, cherchant encore ses mots, la fatigue pesant sur elle. Tu n'étais pas là.
Lena s'arrêta un instant, son cœur battant plus fort. Je suis là maintenant, j'arrive, dit-elle doucement, avant d'éteindre la lumière de la cuisine et de se diriger vers la chambre. Sam, à moitié endormie et debout près de la porte, ne semblait pas vouloir bouger. Quelle idée de se lever alors que tu es épuisée… murmura Lena, presque comme un reproche. Lena s'approcha doucement et passa un bras autour de la taille de Sam, la guidant avec tendresse vers la chambre.
Je n'arrivais pas à me rendormir répondit Sam, baillant. Elle se laissa guider dans la chambre par Lena.
Lena se coucha lentement à côté de Sam, son esprit en proie à un tourbillon d'émotions contradictoires. Tout était tellement nouveau, et la proximité constante avec Sam la déstabilisait plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Sam, comme si elle devinait l'hésitation de Lena, tourna doucement la tête vers elle. Elle glissa sa main dans celle de Lena, la serrant doucement avant de la guider contre son ventre. Puis, dans un mouvement naturel, Sam se colla un peu plus près de Lena, sa chaleur envahissant celle de son corps. Lena sentait les battements du cœur de Sam, elle avait du mal à trouver ses repères. Lena resta un instant sans bouger, sentant la douceur de la peau de Sam contre elle. Elle respira profondément, puis, avec une petite voix hésitante, murmura : Sam… je… cette situation est un peu… compliquée pour moi. Je sais que tu veux aller doucement mais…
Sam ne répondit pas. Elle semblait avoir fermé les yeux, mais Lena sentit les doigts de Sam se resserrer légèrement autour des siens, comme si la simple présence de sa main contre son ventre la rassurait. Lena tenta de continuer, mais ses mots se perdirent dans l'air. Je sais que toute cette situation est nouvelle et.. Je veux dire, je ne veux pas te brusquer ou… Te presser, Mais si ça continue je ne sais pas si j'arriverais a tenir ma promesse… Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire ? murmura Lena d'une voix un peu plus forte, mais sa voix tremblait légèrement.
Aucune réponse ne vint.
Lena tourna la tête pour jeter un coup d'œil à Sam. Ses traits étaient détendus, paisibles, et ses respirations étaient lentes et régulières. Elle avait déjà sombré dans un sommeil profond, ses lèvres murmurant quelques mots inaudibles. Lena se sentit soudainement un peu maladroite, presque gênée d'avoir brisé ce silence calme. Elle sourit doucement en la regardant, ses doigts restant fermement entrelacés avec ceux de Sam. Un léger soupir échappa à Lena, et elle se laissa enfin emporter par la chaleur réconfortante du corps de Sam, réalisant que malgré l'intensité de ses pensées, il y avait quelque chose de serein dans cette situation, une sorte de paix qu'elle n'avait pas connue depuis longtemps.
Lena s'allongea derrière Sam, effleurant doucement son cou de ses lèvres. Elle entendit Sam soupirer et ne put s'empêcher de sourire. Elle posa délicatement sa tête contre l'arrière du cou de Sam et laissa échapper un rire discret. Andrea avait raison, elle se posait trop de questions. Il était temps de laisser son cœur la guider. En tant que personne plus réfléchie, ce n'était pas facile, mais elle savait qu'elle finirait par apprendre à lâcher prise.
Lena ferma les yeux, son cœur battant plus calmement, et se laissa doucement envahir par le sommeil, le corps de Sam toujours si proche, comme une présence rassurante et familière.
(...)
Le lendemain matin s'écoula sans que rien ne paraisse étrange. Elles s'étaient réveillées presque en même temps, toujours enlacées. Leurs gestes étaient simples et naturels, comme si tout était parfaitement normal.
Le petit déjeuner fut tranquille, rythmé par des discussions légères, sans grande importance. Par moments, Lena effleurait distraitement la main ou la jambe de Sam, et celle-ci lui souriait ou poursuivait son récit. Lena remarqua plusieurs gestes d'approche de Sam, et, en y repensant, elle se rendit compte qu'elle avait inutilement paniqué la veille.
Après avoir pris chacune leur douche, Sam proposa à Lena d'aller faire développer quelques photos pour les exposer dans son salon. Elles prirent l'ordinateur de Kara et commencèrent à trier les photos, cherchant celles qui semblaient les plus « normales » parmi toutes celles du dossier. En fouillant dans les dossiers, elles tombèrent sur une vidéo de Kara. Lena eut un léger moment de doute sur la date, mais l'année et le mois s'affichèrent en bas de l'écran : c'était une semaine avant que Kara ne tombe malade.
Sam, qui tenait le portable sur ses genoux, le déposa sur ceux de Lena, afin qu'elle puisse mieux voir l'écran. Si tu veux, je peux… commença-t-elle, sachant combien la moindre chose qui avait touché Kara pouvait affecter Lena.
Lena, bien que toujours marquée par la perte de Kara, avait appris à mieux gérer la douleur avec le temps, mais la revoir à travers un écran, même figée dans le passé, lui donnait l'impression de se retrouver à nouveau face à elle. Lena resta silencieuse, les yeux rivés sur l'écran, perdue dans ses pensées. Le temps s'étira, et Sam, incertaine, finit par se lever. Elle fit un pas pour s'éloigner, mais la voix de Lena l'arrêta.
Non. Sa voix était douce mais ferme, trahissant une certaine fragilité. Sam se tourna vers elle, surprise. Reste, ajouta Lena, levant enfin les yeux pour croiser son regard.
Hésitante un instant, Sam hocha la tête et s'installa à nouveau à côté de Lena, prenant doucement sa main dans la sienne. Lena appuya sur "Play" pour lancer la vidéo.
L'écran s'alluma, et Kara apparut, assise sur son lit, entourée de piles de livres et de carnets, avec son sourire familier. Elle avait l'air un peu nerveuse, comme si elle hésitait sur la meilleure façon de commencer. Elle se passa une main dans les cheveux, ajusta ses lunettes et fixa la caméra avec cette lueur sincère dans le regard.
Salut, dit-elle en riant légèrement, si vous regardez ça, c'est que j'ai finalement eu le courage de vous envoyer cette vidéo. Ou alors Sam m'a forcée à le faire, ce qui est tout à fait possible. Elle leva les yeux au ciel avec une exagération taquine, mais son sourire resta tendre.
Bon, sérieusement, je voulais vous parler d'un projet dont je ne vous ai jamais vraiment parlé : Supergirl. Ce monde que j'ai créé… Je l'ai imaginé pour beaucoup de raisons, mais surtout pour m'évader. Je ne peux pas sortir comme je veux, alors j'ai inventé un personnage qui pouvait tout faire. Voler à travers le monde, explorer des endroits incroyables, et vivre toutes ces choses que je ne peux pas vivre moi-même.
Elle marqua une pause, comme si elle cherchait ses mots. Mais pour donner vie à ce monde, j'avais besoin d'inspiration. Et comme je ne connais pas vraiment assez de gens… eh bien, je me suis inspirée de vous.
Elle fit une grimace légèrement coupable, mais un sourire étira rapidement ses lèvres. Alex, Lena, Maggie, Andrea… Vous êtes partout dans cette histoire. Vos forces, vos faiblesses, vos caractères. Oui, certains des personnages vous ressemblent beaucoup. Peut-être même un peu trop. Je m'excuse d'avance si vous trouvez ça bizarre. Elle rit doucement, mais son expression restait affectueuse.
Alex et Maggie, par exemple… Elle secoua la tête avec un sourire amusé. Je vous ai écrit un mariage. Un grand mariage. J'ai tout organisé dans les moindres détails, du gâteau aux fleurs, en passant par la musique. Et oui, Alex, il y avait des serviettes en lin à ton goût. Elle roula des yeux en riant. Je sais, c'est un peu exagéré, mais je voulais m'assurer que je puisse être là vraiment, cette fois, pour un moment aussi important, même si ce n'était qu'en imagination.
Son sourire s'adoucit alors qu'elle se tournait légèrement vers la caméra. Lena… Toi, je savais que tu allais râler en découvrant à quel point ton personnage te ressemble. Mais tu sais quoi ? C'est parce que je voulais te montrer quelque chose. À travers elle, j'ai essayé de te faire comprendre que tu mérites d'être aimée. Que tu peux lâcher prise et laisser quelqu'un entrer dans ta vie. Tu travailles tellement dur, tu te mets tellement de pression… Tu mérites de te sentir heureuse, pas juste d'être parfaite.
Elle fit une pause, se mordillant légèrement la lèvre avant de reprendre. Andrea… Toi, tu es tout l'inverse de ton personnage. Mais je sais que, quelque part, tu as besoin d'autre chose. Une vie simple, avec quelqu'un qui t'apporte la stabilité que tu cherches, loin de ce tourbillon incessant. Je te vois déjà lever les yeux au ciel en disant que Jen est d'un ennui mortel, mais toi, Andy, il faut que tu apprennes à te poser. À savourer les choses au lieu de vouloir tout vivre, tout consommer, tout bouleverser sur ton passage. On t'adore, vraiment, mais savoir ralentir, c'est aussi une force.
Kara se redressa légèrement, croisant les bras comme pour se donner plus de sérieux. Ce projet, ce n'était pas juste pour moi. C'était aussi pour vous. Vous avez tellement compté pour moi que je voulais que vous le sachiez, et que vous le sentiez, même à travers ces personnages, ces histoires. Elle sourit à nouveau, un sourire plein de chaleur et de gratitude. Vous êtes ma famille, chacune à votre manière. Merci pour ça.
Elle jeta un coup d'œil à la caméra, comme si elle hésitait à ajouter autre chose. Puis, elle haussa les épaules avec un sourire en coin. Voilà. Maintenant, je vais laisser cette vidéo traîner dans un dossier en attendant d'avoir le courage de vous l'envoyer. Et si vous la regardez un jour, eh bien… soyez indulgentes, OK ?
Kara fit un petit signe de la main avant de couper la caméra, et l'écran devint noir.
Lena resta silencieuse un moment, la gorge nouée par diverses émotions. Sam, à côté d'elle, pressa doucement sa main, offrant un soutien silencieux. Lena respira profondément, sentant la douleur s'atténuer un peu, remplacée par une chaleur douce. Kara avait toujours su trouver les mots justes.
Lena fixait l'écran, sa main toujours serrée dans celle de Sam. Son regard restait accroché au visage radieux de Kara, si vibrant de vie dans cette vidéo. Ce sourire, cette énergie… C'était comme si Kara était encore là, dans la pièce avec elles. Mais ce qu'elle venait de révéler — qu'elle avait enregistré tout cela en prévision de le leur envoyer un jour — la bouleversait profondément. L'histoire aurait pu être totalement différente. Pas que Lena souhaite vraiment que les choses aient changé : avoir Sam à ses côtés avait été tout aussi précieux. Mais l'idée qu'elle aurait pu l'apprendre dans d'autres circonstances laissait son esprit s'encombrer d'un tourbillon de « et si ».
Sam rompit le silence la première, un sourire doux aux lèvres. Je crois qu'elle voulait nous rappeler pourquoi on avait commencé tout ça. Pourquoi ce projet comptait autant pour elle.
Lena hocha lentement la tête, se redressant légèrement. Sam enchaina : On savait que c'était important pour elle. On savait qu'elle y mettait tout son cœur. Mais ça… Sa voix s'adoucit. J'avais oublié qu'elle avait enregistré une vidéo pour en parler. Sam caressa doucement la main de Lena de son pouce. Peut-être qu'elle voulait s'assurer que ce projet reste vivant, peu importe ce qui arriverait. Une façon pour elle de continuer à être là, au cas où… Elle s'interrompit, hésitant. Il se passe quoi que ce soit.
Lena n'eut pas la force de répondre. Alors que Sam commençait à se lever, Lena lui serra doucement la main pour la retenir. Avec un soupir, elle referma l'ordinateur à contrecœur et le posa sur le canapé à côté d'elle. Je suis désolée, murmura-t-elle en croisant le regard de Sam. Cette journée n'était pas censée prendre ce genre de tournant.
Ne sois pas désolée, répondit Sam avec un petit sourire. Je comprends.
Cette journée aurait dû…
Elle n'est pas finie, coupa Sam avec assurance. Et je pense qu'on a assez de photos pour tapisser tout ce mur-là, ajouta-t-elle en désignant un des murs blancs du salon.
Le… On ne va pas tapisser ce mur, balbutia Lena, l'image de son salon envahi de photos la faisant presque grimacer.
Sam éclata de rire, un son léger qui allégea un peu l'atmosphère. Je plaisante, dit-elle en secouant la tête. On accrochera peut-être cinq ou six cadres. Le reste ira dans un album, et tu n'auras qu'à choisir lesquelles.
Lena se rendit compte que la vision de Kara avait tellement bouleversé son esprit qu'elle en était devenue totalement crédule, laissant un rire nerveux s'échapper malgré elle.
(...)
Lena et Sam avaient fait un tour en ville, profitant des quelques magasins encore ouverts ce dimanche matin. De retour chez Lena, tandis que Sam déballait les cadres destinés à mettre en valeur leurs photos, Lena s'affairait à sortir les ingrédients pour le repas. Même si Sam avait insisté sur le fait que les lasagnes de la veille étaient délicieuses, Lena tenait à lui préparer quelque chose de spécial. Mais, comme elle aurait pu le prévoir, Sam n'avait pas tardé à venir lui prêter main-forte.
Tu sais, si tu m'aides, ça ne compte plus comme un repas que j'ai entièrement préparé, plaisanta Lena avec un sourire en coin.
Je ne vais quand même pas rester là à te regarder…
Andrea, elle, sait très bien le faire, répliqua Lena avec malice.
Sam éclata de rire. Pourquoi ça ne m'étonne pas ? répondit-elle, amusée.
Lena lui lança un coup d'œil complice et esquissa un sourire, un moment de légèreté s'installant entre elles.
Sam posa le couteau qu'elle utilisait pour découper les légumes et s'appuya contre le plan de travail, observant Lena mélanger les ingrédients avec une concentration qui trahissait son envie de bien faire. Tu prends ça très au sérieux, lança Sam avec un sourire amusé.
Évidemment, répliqua Lena sans détourner les yeux de son plat. Si je me lance dans quelque chose, autant que ce soit bien fait.
Tu veux dire que tu es perfectionniste, taquina Sam, croisant les bras.
Je préfère dire que j'ai des standards élevés, répondit Lena avec un air faussement sérieux avant de sourire.
Sam secoua la tête, amusée, et reprit son poste, commençant à ranger les épluchures. Tu es bien plus détendue que je ne l'imaginais en cuisine, fit remarquer Sam.
Et toi, tu es bien plus organisée que je ne le pensais, répliqua Lena en lui lançant un regard en coin.
Elles échangèrent un sourire complice, une chaleur douce s'installant dans la pièce. Alors que Lena remuait la sauce, Sam s'approcha avec une cuillère en bois, l'air espiègle. Allez, fais-moi goûter, exigea-t-elle en tendant la cuillère comme une enfant impatiente.
Lena roula des yeux, mais un sourire adoucit sa fausse exaspération. Elle plongea la cuillère dans la casserole et la tendit à Sam, qui goûta avec un enthousiasme théâtral. Alors ? demanda Lena en arquant un sourcil.
Honnêtement ? commença Sam avec un air faussement sérieux.
Oui ?
Parfaitement délicieux, admit-elle en souriant, un éclat malicieux dans les yeux.
Lena rit doucement, secouant la tête. Tu pourrais au moins essayer de faire semblant d'avoir un avis critique, plaisanta-t-elle.
Pourquoi faire, quand c'est déjà parfait ?
Lena leva les yeux au ciel, amusée malgré elle. Sam n'était pas impartiale, mais elle devait admettre que sa présence rendait la tâche beaucoup plus agréable.
Après avoir terminé la préparation du repas, elles se rendirent dans le salon pour accrocher les cadres. Sam avait déjà étalé les photos sur la table basse, les répartissant sans ordre particulier. Une vingtaine d'images s'offraient à elles, retraçant des moments épars de la vie de Lena : une photo d'elle très jeune aux côtés d'Alex, une autre où l'adolescente blasée posait entre Andrea et Alex, jusqu'à celle où Sam et Lena, rayonnantes, souriaient en robes de soirée lors du gala.
Lena saisit cette dernière photo, un sourire tendre éclairant son visage. Ce souvenir était gravé dans sa mémoire autant qu'il l'était sur papier. Elle la tendit à Sam, presque instinctivement.
De toutes les photos, c'est celle-là que tu choisis en premier ? s'étonna Sam, un sourire en coin.
Lena haussa légèrement les épaules, feignant l'indifférence. C'est un souvenir que j'ai envie d'encadrer… Et puis, c'est toi qui as insisté, non ?
Oui, c'est vrai, admit Sam en riant doucement. Mais de là à la choisir en premier… Regarde celle-ci !
Elle attrapa une photo où Lena, âgée d'environ cinq ans, était chez Alex à en juger par son sourire radieux. Son visage était barbouillé de chocolat, trahissant un goûter visiblement mémorable.
Tu étais tellement mignonne que c'en est presque indécent, s'amusa Sam en contemplant la photo.
Lena esquissa un sourire éclatant, secouant doucement la tête. Ça, c'est parce que tu ne sais pas ce qu'il a fallu pour me convaincre de poser pour cette photo…
Sam prit un air faussement pensif, les yeux plissés. Mmmhhh… je suppose une négociation impliquant du chocolat ?
Lena éclata de rire, amusée par l'intuition de Sam. On peut dire ça, admit-elle en se rapprochant de la table pour mieux observer la photo. En réalité, c'était mon tout premier goûter chez Alex. Ses parents faisaient des tartines de Nutella. Évidemment, je n'en avais jamais mangé de ma vie… Donc là, tu as mon avis d'enfant de 5 ans, capturé en direct.
Sam gloussa, son regard pétillant d'amusement. Tu sais, j'ai une photo presque identique avec Ruby. Elle était un peu plus âgée, et elle posait à côté de sa copine Emma. Mais clairement, le chocolat a un effet désastreux sur tous les enfants.
Lena sourit, visiblement attendrie. C'est probablement pour ça que ma mère ne m'en avait jamais donné. Mais je ne lui ai jamais avoué que je me servais en douce à chaque fois que j'allais chez Alex.
Sam secoua la tête en riant doucement. Une vraie petite rebelle, hein ?
Lena haussa les épaules avec un sourire malicieux, l'air de dire qu'elle assumait parfaitement.
Donc, tu as déjà sélectionné deux photos, constata Sam en triant les clichés.
Lena leva un sourcil. Je n'ai pas validé la deuxième. Hors de question que cette horreur finisse sur mon mur, répondit-elle en désignant la photo où la petite Lena était barbouillée de chocolat.
Sam fit la moue, un sourire taquin aux lèvres. Oh, allez, c'est adorable. Tu es tellement mignonne dessus… Sam tourna la photo pour mieux la contempler. Il y a ce mélange d'innocence et de pure joie enfantine… Ce serait vraiment dommage de ne pas la mettre en valeur.
Lena roula des yeux, déjà résignée. Visiblement, elle n'allait pas pouvoir décider seule de toutes les photos. Avec seulement six cadres à remplir, l'enjeu n'était pas énorme, mais elle soupira tout de même. Très bien… Fais comme tu veux, lança-t-elle d'un ton faussement dramatique.
Mais en examinant le reste des photos, Lena se rendit compte qu'aucune ne lui convenait réellement, à l'exception de celle où elle posait avec Sam. Si elle avait dû choisir seule, elle n'aurait encadré que celle-là. Elle passa plusieurs minutes à contempler les clichés, indécise. Pendant ce temps, Sam continuait de trier les photos, les prenant tour à tour pour les examiner avant de les reposer.
Lena l'observa, amusée. Finalement, une idée lui vint. Après tout, c'était Sam qui avait eu cette idée de cadres photos, alors autant lui laisser le choix. Tu sais quoi ? dit-elle alors que Sam souriait en découvrant une photo où Lena, bras dessus bras dessous avec Andrea, posait lors de leur voyage en Amérique du Sud pendant leurs années de lycée. Sam releva la tête, intriguée. Choisis celles que tu veux. Pendant ce temps, je vais vérifier la cuisson, déclara Lena en se levant.
Elle s'éclipsa rapidement, espérant éviter tout commentaire de Sam. Mais à peine avait-elle franchi la porte qu'elle entendit la voix malicieuse de cette dernière. Attention, Lena ! Si tu me laisses choisir, ta tête pleine de chocolat pourrait bien finir encadrée ! À tes risques et périls !
Lena secoua la tête, un sourire amusé sur les lèvres, tout en s'éloignant vers la cuisine.
Après avoir posé le plat et préparé la table, Lena retourna dans le salon où Sam accrochait la dernière photo. Son regard se posa immédiatement sur celle où elle était avec Sam, toutes deux en robe de soirée. La photo était parfaitement mise en valeur, au centre du mur. Lena sourit, se rendant compte qu'elle l'aurait probablement placée au même endroit.
Elle grimaça en voyant sa tête barbouillée de chocolat à gauche, puis fit une moue en apercevant une photo d'elle avec Alex et Andrea, assises sur un banc. Cette photo avait son propre lot de souvenirs, mais Lena avait encore du mal à s'apprécier sur les photos de son adolescence. Les autres photos étaient plus récentes, dont celle prise lors du mariage d'Alex et Maggie. À part les deux photos d'enfance, Lena n'était pas totalement insatisfaite de la sélection.
Alors ? demanda Sam en s'éloignant pour contempler son œuvre.
Lena haussa les sourcils en observant le mur, son regard tombant sur la photo d'enfance. Tu as mis ça ? dit-elle d'un ton plat en désignant la photo où elle était couverte de chocolat.
Sam afficha un large sourire, imperturbable. Je t'avais prévenue ! Et ne dis pas que c'est une horreur, tu es trop mignonne dessus, répliqua-t-elle, presque indignée.
Lena secoua la tête, un léger sourire aux lèvres. Elle savait bien que Sam n'aurait pas choisi autrement. Elle soupira, feignant l'exaspération, puis s'approcha pour observer le mur de plus près. Malgré sa réticence à l'idée d'exposer certains souvenirs, elle devait admettre que l'ensemble formait un tableau plutôt harmonieux. Tu sais que tu es insupportable quand tu as une idée en tête, hein ? murmura-t-elle, mi-figue mi-raisin.
Sam, les bras croisés et un sourire satisfait sur les lèvres, haussa les épaules. Insupportable, peut-être, mais efficace. Regarde ce mur. On dirait presque que tu as une vie trépidante.
Lena se mit à rire doucement, les yeux rivés sur la photo du mariage d'Alex. Une vie trépidante, hein ? Je pense que c'est surtout grâce à Alex et Andrea. Elles ont toujours été douées pour m'entraîner dans leurs histoires.
Sam suivit son regard et hocha la tête. Peut-être, mais ce sourire, là… ça, c'est toi. Pas Alex, ni Andrea. Juste toi.
Le commentaire fit rougir Lena malgré elle. Elle détourna les yeux, cherchant une distraction, et se racla la gorge. Tu veux boire quelque chose avant qu'on mange ? proposa-t-elle pour changer de sujet.
Sam laissa échapper un petit rire mais joua le jeu. Pourquoi pas. Je prends ce que tu as.
Lena se dirigea vers la cuisine, lançant un dernier regard au mur. Malgré ses réticences initiales, elle se sentait étonnamment bien en voyant ces moments exposés. Lena sorti deux verres et une bouteille de vin blanc, puis revint dans le salon. Tu sais quoi ? Finalement, ce mur n'est pas si mal… même avec cette horreur, ajouta-t-elle en pointant la photo incriminée.
Il va falloir que tu arrêtes avec ça. Tu es adorable dessus. Je crois que tu ne te rends pas compte à quel point d'ailleurs… Compléta Sam plus pour elle-même.
Lena lança un regard furtif à Sam, qui semblait totalement absorbée par les photos. Elle ne savait pas trop comment interpréter ce commentaire de Sam, ni si elle devait insister pour en savoir plus. Elle resta un moment silencieuse, observant Sam, sentant qu'il y avait quelque chose qu'elle n'avait pas encore dit, quelque chose qui flottait dans l'air, mais elle n'était pas sûre d'oser le demander. Finalement, elle soupira et détourna les yeux, se concentrant sur les photos accrochées au mur.
Une tension subtile flottant entre elles, encore non dite. Lena inspira doucement, cachant sa curiosité, mais cherchant à pousser Sam à s'ouvrir un peu plus. Lena l'observa attentivement, son cœur battant un peu plus vite sous la douceur de la voix de Sam. Je ne suis pas sûre de te suivre, Sam, dit-elle doucement, sa voix à peine audible. Elle la fixa, un mélange de curiosité et d'espoir transparaissant dans son regard.
Sam sembla marquer une pause, un éclair de compréhension traversant son visage avant qu'elle ne baisse les yeux, mordillant sa lèvre inférieure comme pour retenir les mots. Puis, d'une voix plus basse, presque hésitante, elle se lança enfin, comme si chaque mot lui était difficile à prononcer. Je crois que tu ne te rends même pas compte à quel point… ce que tu es, Lena. Ce que tu dégages. Comment tu es… magnifique, à chaque instant, même dans les moments les plus simples. Et ce n'est pas juste physique, tu sais, c'est bien plus que ça. C'est… toi. Tout toi.
Le cœur de Lena s'emballa un instant, ses mains se crispant involontairement sur son pull, une réaction instinctive face à la confession presque timide de Sam. Elle se rapprocha légèrement d'elle. Sam... dit-elle, cherchant ses mots, mais tout semblait soudainement lourd et précieux. Sam avait baissé le regard. Lena leva doucement sa main, cherchant à capter son attention, et caressa doucement sa joue. Sam ferma les yeux sous le contact.
Lena... soupira Sam.
Ce fut le mot de trop. Sans réfléchir, Lena s'approcha et l'embrassa, un baiser qui effaça toute hésitation.
Le baiser de Lena sembla suspendre le temps. Les lèvres de Sam étaient douces, hésitantes au début, mais vite animées par une tendresse palpable. Lena sentit son cœur battre plus fort, chaque battement résonnant dans ses veines. Elle se recula doucement, ses yeux cherchant ceux de Sam.
Sam resta silencieuse un instant, les yeux clos, un léger sourire flottant sur ses lèvres. Lorsqu'elle les rouvrit enfin, une lueur d'émotion nouvelle, encore inédite entre elles, illuminait son regard.
Lena lui sourit tendrement, tandis que Sam s'approchait, une étincelle dans le regard. Sans un mot, elle se pencha et posa doucement ses lèvres sur celles de Lena, avec une douceur pleine de promesse.
Le baiser, léger au début, se transforma rapidement en quelque chose de plus profond, plus sincère. Sam semblait vouloir transmettre toute la tendresse qu'elle ressentait, tout ce qu'elle n'avait pas osé dire jusque-là. Lena, surprise mais aussi ravie, répondit avec la même intensité, sentant son cœur s'emballer à mesure que le contact se prolongeait.
Lorsque Sam se recula finalement, elle garda les yeux fixés sur Lena, un sourire timide mais sincère éclairant son visage. Je crois que… tu m'as devancée, murmura-t-elle, un éclat de malice dans les yeux.
Lena sourit, sentant son cœur s'emballer à nouveau. Eh bien, comme tu m'as incitée… répondit-elle en caressant doucement la joue de Sam.
Sam rit légèrement, les yeux brillants. C'est vrai, je t'ai un peu poussée, mais… Elle s'approcha de Lena, leurs visages à quelques centimètres à peine, une nouvelle tension naissant entre elles. Peut-être que ça m'a plu, que tu m'aies devancée.
Lena prit une légère inspiration, un peu plus nerveuse. Tu sais, hier soir… commença-t-elle, hésitant légèrement avant de poursuivre. Je t'ai parlé de quelque chose, mais tu étais tellement fatiguée que je ne suis pas sûre que tu m'aies vraiment entendue.
Sam la regarda, un peu intriguée. À quel propos ? demanda-t-elle, fronçant des sourcils.
Lena fit un geste vague autour d'elles, comme pour désigner l'espace entre elles, leurs sentiments non dits. À propos de tout ça… dit-elle doucement.
Sam arqua un sourcil. Là, c'est moi qui ai du mal à te suivre.
Lena chercha ses mots, se sentant un peu vulnérable. De toi, de nous, de… de cette proximité, peut-être ? Elle s'arrêta un instant, puis ajouta, un peu plus hésitante : Ce n'est pas évident pour moi de… de me retenir. Parce que… eh bien, tu es toi. Et être proche de toi sans… enfin, sans te toucher, c'est difficile. Elle souffla, tentant de se donner du courage. Je sais, c'est moi qui ai dit qu'on irait à ton rythme, mais s'embrasser, dormir dans le même lit… C'est un rythme plutôt rapide, non ? Et disons que je ne sais pas comment avancer si j'ai l'impression qu'on va trop vite, alors que toi, tu veux aller lentement.
Sam se mordit la lèvre. Je ne trouve pas qu'on aille si vite, pourtant… Je sais que c'est de ma faute si on avance si doucement.
Non, l'interrompit Lena, ce n'est pas de ta faute. Tu m'as prévenue dès le début, c'est juste que c'est compliqué pour moi de juste t'embrasser sans… enfin, j'ai besoin de plus, et quand tu es proche de moi, je dois… enfin, je ne veux pas avoir l'air de te presser. J'ai l'impression de trop pousser.
Je t'assure que non, c'est tout le contraire, répondit Sam en essayant de capter le regard de Lena qui fuyait. Tu es très douce, et je vois les efforts que tu fais. C'est frustrant parce que j'ai envie de faire plus, mais… Je ne suis pas sûre de savoir comment bien faire.
Lena releva les yeux vers Sam, surprise par cet aveu. Tu voudrais faire plus ? demanda-t-elle, curieuse.
Un silence s'installa, Sam ne sachant pas trop quoi répondre. Après un moment, Lena brisa l'incertitude, son ton plus interrogatif. Dans quel sens ? Elle ne savait pas vraiment ce que cette information impliquait, mais elle sentait qu'elle devait comprendre avant d'aller plus loin.
Sam hésita un instant, ses yeux cherchant ceux de Lena, mais elle détourna rapidement le regard, comme si la question la faisait un peu se perdre dans ses pensées. Puis, elle répondit doucement, presque timidement. Je ne sais pas… C'est juste que parfois, je me sens… prête, tu sais ? Mais j'ai l'impression que je fais tout trop vite, ou que je ne sais pas… Je pourrais te faire te sentir mal à l'aise? Elle prit une profonde inspiration, comme si ses mots avaient du mal à sortir. Je ne veux pas tout précipiter, mais… c'est difficile de ne pas savoir comment faire quand j'ai envie de plus.
Lena se sentit profondément touchée par la sincérité de Sam, par cette vulnérabilité qu'elle laissait transparaître. Elle posa doucement sa main sur celle de Sam, l'incitant à la regarder. Sam… Elle marqua une pause, cherchant ses mots. Comment pourrais-tu me faire sentir mal à l'aise… ? J'en ai envie aussi, mais je veux que tout soit parfait. Et parfois, j'ai l'impression que si on avance trop vite, on risque de tout gâcher. Mais je ne veux pas que tu te sentes forcée parce que je me sens prête. Je t'ai dit que j'étais d'accord pour faire comme toi tu voulais.
Sam sourit doucement, un sourire rassurant. Je sais, Lena. Je veux que ce soit parfait aussi. C'est juste… j'ai l'impression qu'on se retrouve coincées dans ce tourbillon de 'qu'est-ce qu'on fait maintenant', et j'ai peur que ça devienne un obstacle. Je ne sais pas comment te l'expliquer, ou comment comprendre que c'est le bon moment.
Lena hocha la tête. Je comprends ce que tu veux dire. Mais on va trouver une solution, sans se précipiter. Je ne veux pas que tu te sentes coincée ou frustrée. Je veux juste qu'on soit bien toutes les deux, sans pression. Donc, on pourrait trouver une sorte de… je ne sais pas… un code ?
Sam prit un moment pour réfléchir avant de répondre. Tu ne penses pas que ce code pourrait justement ruiner le moment ? Regarde, tu m'as embrassée à l'instant sans me prévenir et… eh bien, je n'attendais que ça. Si tu avais dit un mot ou fait un geste spécial pour me prévenir, ça aurait, en quelque sorte, gâché le moment. Elle souffla. C'est simple, et pourtant, on arrive à se compliquer la vie…
Lena sourit doucement. Dans ce cas, faisons l'inverse. Dès que l'une ou l'autre se sent prête à avancer plus loin, on le fait sans restrictions. Et si l'autre n'est pas prête, alors ça s'arrête là. Mais on part du principe qu'on agit sans attendre, comme ça personne ne ruine rien et comme on est d'accord pour avancer ensemble… eh bien… on sera prête à attendre si ce n'est pas le moment.
Sam sourit largement, visiblement apaisée par les paroles de Lena. D'accord. Elle prit la main de Lena dans la sienne, la serrant doucement. Je suis bien avec toi, Lena. Peu importe à quel rythme on va, tant qu'on est ensemble.
Lena regarda Sam avec tendresse et lui offrit un baiser léger, rempli de tout ce qu'elles comprenaient sans avoir besoin de mots. Moi aussi, je suis bien avec toi. Elle souffla doucement avant de reprendre : Tu sais, je réfléchis déjà à un moyen pour être… Enfin, pour me rapprocher de Boston. Elle sourit, se sentant un peu nerveuse, mais aussi excitée à l'idée de ce futur qu'elles pourraient construire ensemble. Après tout, elles étaient dans la confidence et Lena y avait pensé toute la nuit.
Sam s'éclaira immédiatement, les yeux brillant d'intérêt. C'est vrai ?
Lena afficha un sourire franc. Oui. Cette distance, les appels et les visios, c'est bien, mais… cette longue semaine m'a fait comprendre que j'ai besoin de plus.
Sam se mordit la lèvre, un peu gênée, mais sincère. Oui, je sais. En plus, avec tes galas et tes deux projets, je sais que c'est encore plus compliqué pour toi d'être disponible régulièrement. Ce n'est pas un reproche, s'exclama-t-elle rapidement. C'est juste que, tu voyages et tu travailles beaucoup, je sais que tous ces appels te demandent aussi du temps…
Lena la regarda tendrement. Mais j'ai envie de partager ce temps avec toi.
Je sais. C'est juste que ça t'empêche en quelque sorte de travailler. Alors si tu trouves cette solution, ça nous permettrait d'être vraiment plus souvent ensemble… Sourit Sam, son regard brillant d'espoir.
Lena se rapprocha de Sam, se pencha doucement et l'embrassa tendrement. Sam approfondit le baiser, et lorsqu'elles se séparèrent pour reprendre leur souffle, elles restèrent un moment silencieuses, prises dans la chaleur de l'instant. Le baiser avait été intense, marqué par toutes ces révélations qu'elles venaient de partager. Et là, plus que jamais, tout semblait possible entre elles.
(...)
L'après-midi s'était déroulé plus tranquillement. Elles avaient rangé les dernières photos, puis s'étaient installées confortablement pour regarder un film pour la soirée. Mais rapidement, elles avaient dû interrompre leur séance lorsque Ruby avait appelé sa mère pour lui annoncer qu'elle resterait probablement une ou deux journées de plus chez sa copine, qui l'avait hébergée toute la semaine.
Sam semblait un peu abattue, son regard perdu dans l'idée de ne pas être accueillie par sa fille le lendemain. Le moment de séparation approchait, et cela pesait sur son cœur.
Quand le film redémarra, un silence paisible s'installa entre elles. Saisie par cette douce tension, Lena se rapprocha de Sam et se blottit contre elle. Elles n'avaient pas besoin de parler. Chacune savait que ces moments de proximité étaient comptés.
La soirée s'écoula dans une chaleur douce, amplifiée par leur proximité. Lena ne cessait de poser son regard sur Sam, tandis que ses doigts effleuraient doucement son bras. De son côté, Sam caressait sa taille, comme pour explorer doucement les limites de leur confort. Aucun geste précipité, mais chacun était imprégné d'un désir palpable
Le film passait en arrière-plan. Elles ne se concentraient plus vraiment sur l'écran, absorbées par l'intensité du moment. Lena, sentant la tension grandir, déposa un baiser léger sur le sommet de la tête de Sam. Ce geste doux fit fermer les yeux de Sam, envahie par un tourbillon de sentiments qu'elle avait du mal à contrôler.
Peu à peu, les gestes se firent plus explicites. Sam se tourna vers Lena, leurs visages si proches que leurs souffles se mêlaient. Les doigts de Sam s'entrelacèrent dans ceux de Lena. Cette dernière laissa sa tête s'incliner doucement, capturant les lèvres de Sam dans un baiser plus long, plus appuyé que les précédents, un baiser qui traduisait toute la douceur accumulée, mais aussi une impatience silencieuse.
Sam répondit à l'instant, ses bras entourant plus fermement Lena, la rapprochant encore plus. La soirée semblait s'étirer, comme un moment suspendu dans le temps. Chaque geste, chaque contact, renforçait le lien invisible qui se tissait entre elles. La tension, plus palpable que jamais, était douce, empreinte de complicité et de désir partagé.
Elles se séparèrent enfin, essoufflées, mais souriantes, les yeux brillants de cette nouvelle complicité qui s'était installée entre elles. Lena gardait ses mains posées sur les bras de Sam. Je n'ai pas envie que tu partes demain, murmura-t-elle, sa voix douce, un ton qu'elle n'avait pas l'habitude de laisser transparaître.
Sam la regarda, un sourire léger sur les lèvres. Moi non plus, je n'ai pas envie de partir, répondit-elle doucement, partageant ce sentiment de proximité.
Alors que la nuit les enveloppait, la lumière tamisée de la lampe près du canapé projetait des ombres légères sur leurs visages. L'air semblait suspendu, chaque mouvement devenant plus lent, plus réfléchi, comme si chaque geste marquait une étape importante.
Les doigts de Lena glissèrent lentement le long du bras de Sam, suivant les courbes de sa peau comme pour en mémoriser chaque contour. Le contact léger, presque imperceptible, laissa une sensation de chaleur qui se propagea en elle. Sam ferma les yeux, un frisson parcourant sa colonne vertébrale sous la douceur de ce toucher.
Leurs regards se croisèrent, un silence lourd de sens s'installant. Lena se rapprocha, et Sam sentit son souffle chaud sur sa peau. Son cœur s'accéléra, réagissant à cette proximité. Attirée, Sam posa une main sur la joue de Lena, guidant son visage vers le sien. Leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau, cette fois avec plus de passion. C'était un baiser intense, doux et brûlant, chaque mouvement de lèvres promettant plus. Le parfum léger de Lena envahissait les sens de Sam, créant une sensation d'intimité totale. Lena passa ses mains dans les cheveux de Sam, la tirant doucement vers elle.
Sam se recula légèrement, son regard brillant d'envie et d'émotion, les joues teintées de rouge. Elle contempla Lena, qui, le souffle court, plongea son regard dans celui de Sam, cherchant une trace de doute mais ne trouvant que de l'assurance.
Les mains de Lena glissèrent le long de la taille de Sam, effleurant délicatement son ventre. Les caresses devinrent plus insistantes, chaque geste marquant un pas de plus dans leur rapprochement. Sam, à son tour, caressa la nuque de Lena, ses doigts se perdant dans la douceur de sa peau, ressentant la chaleur qui émanait d'elle.
Les respirations s'accélérèrent, le monde extérieur devenant flou, leur univers se limitant à l'espace qu'elles occupaient ensemble. La pièce semblait se réchauffer, comme si la tension qui régnait entre elles était en train de se matérialiser. Sam, les yeux fermés, se laissa aller au moment, abandonnant son corps à la sensation de ce contact si intime.
Lena, prise dans l'instant, se pencha pour embrasser Sam à nouveau, ses mains se posant sur ses hanches. Leurs baisers se firent plus profonds, plus pressants, chaque mouvement porteur d'une urgence qui n'avait jamais été aussi évidente. Sam répondit avec la même intensité, sa langue effleurant celle de Lena, cherchant à s'immerger encore plus dans cette étreinte qu'elles avaient toutes deux désirée.
Leurs corps se rapprochèrent à tel point que Sam pouvait sentir la chaleur du corps de Lena se répandre contre le sien. Les battements de leur cœur se mêlaient dans une cadence synchronisée, le temps semblant ralentir autour d'elles. Sam se retrouva dos au canapé, Lena au-dessus d'elle, leurs corps se frôlant, se cherchant dans une danse silencieuse et intime.
Leurs mains parcouraient la peau de l'autre, explorant les contours avec une douceur infinie, mais aussi une impatience palpable. Leurs lèvres se séparèrent un instant, mais pas leurs corps. On peut… Si tu n'es… Pas prête, tenta Lena, sa voix rauque, brisée par l'émotion.
Mais Sam, les yeux brillants d'une lueur déterminée, secoua lentement la tête. Non. Continue, murmura-t-elle avant de capturer à nouveau les lèvres de Lena, abandonnant toute réserve.
Le monde semblait avoir disparu autour d'elles, et seul ce moment, ce contact, restait réel.
