Un soir, après une journée particulièrement épuisante, Lena rentra chez elle, le poids de la solitude semblant plus lourd que d'habitude. Elle déposa son sac sur le canapé, mais au lieu de se précipiter sur son téléphone pour un appel avec Sam, elle s'arrêta un instant. Ses yeux se perdirent dans le vide, comme si un monde invisible flottait devant elle, ses pensées se bousculant.
Depuis quelques semaines, son esprit ne cessait de tourner en boucle. Une idée s'était immiscée dans ses pensées, mais tant qu'elle n'avait pas de certitudes, elle n'osait rien dévoiler. Elle savait que ses réflexions étaient loin d'être abouties et que les choses n'étaient pas assez claires pour partager quoi que ce soit.
Finalement, après un long moment de silence, elle attrapa son téléphone. Son pouce hésita quelques secondes avant de composer le numéro qu'elle connaissait par cœur. Sam décrocha après deux sonneries, sa voix chaleureuse venant immédiatement apaiser Lena, comme une bouffée d'air frais.
Hey, toi, dit Sam d'une voix douce. Tu viens juste de rentrer ?
Oui… murmura Lena, sa fatigue perceptible dans sa voix. Je suis épuisée, mais je suis contente d'entendre ta voix.
Sam laissa échapper un léger rire, son ton léger et réconfortant. Si tu veux, je peux te tenir compagnie pendant que tu te prépares. J'ai toute ma soirée pour toi.
Je suis vraiment une chanceuse alors ! Lena sourit malgré elle, se laissant tomber sur le canapé. Parle-moi de ta journée.
Sam commença à raconter des anecdotes légères sur Ruby, ses collègues, et un client particulièrement têtu qu'elle avait dû gérer. Pendant ce temps, Lena ferma les yeux, se laissant transporter par sa voix. Elle s'imaginait assise sur le canapé de Boston, Sam à ses côtés, leurs doigts entrelacés.
Lena ? appela Sam après un moment de silence.
Oui ? répondit Lena, légèrement surprise de l'interruption.
Tu es trop silencieuse. Ça va ?
Lena hésita, cherchant les mots. Elle détestait se laisser aller à se plaindre, mais la vérité lui échappa malgré elle. Je crois que cette distance devient plus difficile que je ne le pensais. Elle marqua une pause, son regard se perdant dans le vide. Et je ne parle même pas de tout ce qui se passe ici.
Elle avait essayé de tout garder pour elle, de contenir ce tourbillon d'émotions, mais la pression des derniers jours était devenue insupportable. Andrea lui avait annoncé sa grossesse deux semaines au par avant et Lena n'avait pas encore trouvé le courage d'en parler à Sam. Les réactions de ses amies, mêlées à ses propres doutes, formaient un poids écrasant.
La routine, autrefois apaisante, lui semblait désormais interminable, chaque jour se confondant avec le précédent. Plus le temps passait, plus elle se sentait déconnectée de tout, comme si un fossé invisible mais infranchissable se creusait entre elle et ce qu'elle désirait vraiment.
Elle expira profondément, sa voix trahissant une frustration qu'elle ne parvenait plus à contenir. Les appels, ça ne suffit plus… J'ai besoin de toi, Sam. J'ai besoin que tu sois ici, avec moi.
Elle marqua une pause, sentant sa gorge se nouer, hésitant à en dire davantage. Mais le poids qu'elle portait depuis des semaines refusa de rester enfoui plus longtemps. Cette distance… Elle devient insupportable, murmura-t-elle, sa voix vacillant.
Lena ferma les yeux, comme pour rassembler le courage de poursuivre. Ce n'est pas juste la distance, poursuivit-elle, plus doucement. C'est ce vide constant quand vous n'êtes pas là, toi et Ruby. Trois jours… On a eu trois jours ensemble le mois dernier, et c'était à peine assez pour me rappeler à quel point j'ai besoin de vous, de vous avoir près de moi.
Elle attrapa un coussin et le serra contre elle, comme pour combler un vide qu'elle ne pouvait plus ignorer. Et tout le reste n'aide pas, avoua-t-elle d'une voix tremblante. Andrea traverse quelque chose d'important, et ça touche aussi Alex… qui s'en réjouie même si… Enfin, tout semble tellement fragile en ce moment.
Lena baissa la tête, ses pensées s'embrouillant alors qu'elle évoquait ce qui pesait sur elle. Les attentes, les problèmes d'Alex, Maggie, Andrea… Tout ça me donne l'impression de n'être qu'une spectatrice, incapable de vraiment faire partie de leur vie, et encore moins de la mienne.
Elle inspira profondément, luttant contre le flot d'émotions qui menaçait de déborder. Mais malgré ses efforts, une larme roula sur sa joue, trahissant sa vulnérabilité. Je veux être forte, Sam, mais… sans toi ici, à mes côtés, c'est comme si tout ce que j'essaye de tenir en place s'effondrait.
Sam resta silencieuse un instant, pesant ses mots avec soin. Sa voix, lorsqu'elle s'éleva, était douce mais teintée d'une inquiétude sincère. Je comprends, murmura-t-elle. C'est dur pour moi aussi, Lena. Chaque jour sans toi… c'est comme s'il me manquait une partie essentielle de moi.
Elle inspira profondément, son ton devenant plus ferme, plus rassurant. Je te promets qu'on trouvera une solution. Je ne veux pas que tu aies à porter tout ça toute seule. Et je ne veux pas que cette distance continue à nous éloigner. On mérite mieux que ça, toi et moi.
Sam marqua une pause. Puis, doucement, presque avec précaution, elle ajouta : Tu sais… tu parles d'Andrea, d'Alex, de… tout ce qui semble te peser en ce moment. Mais tu ne m'as pas vraiment dit ce qui se passe. Est-ce que ça va ?
Lena ferma les yeux, serrant le coussin un peu plus fort contre elle comme pour se donner du courage. Elle inspira profondément avant de laisser échapper, d'une voix hésitante : Andrea est enceinte.
Un silence tendu suivit, mais pas pour longtemps. Quoi ?! s'exclama Sam, sa voix un mélange de choc et d'incrédulité. Elle doit être totalement paniquée !
Lena eut un faible sourire, mais son regard restait sombre, marqué par les souvenirs des derniers jours.
Complètement, murmura-t-elle. Elle a débarqué chez moi l'autre jour. Elle n'arrêtait pas de parler, de tourner en rond…
Lena marqua une pause, laissant les images de cette scène lui revenir. Andrea a toujours eu un côté insouciant, presque irréfléchi parfois. Tu la connais maintenant… sa vie a toujours été un mélange de succès et d'excès. Elle s'amusait, vivait des histoires sans lendemain, sans jamais vraiment penser aux conséquences. J'avais même fini par me dire qu'un jour, ça arriverait.
Elle baissa légèrement la voix, son ton se faisant plus doux, même à travers le téléphone. Mais cette fois, il y a quelque chose de différent. Sa relation avec Russel est sérieuse, elle commence à en prendre conscience. Et c'est déjà assez suffisant pour lui faire peur... Mais là... il y a un enfant en jeu, et ça la terrorise.
Lena poussa un soupir, et le léger bruit de sa respiration au bout du fil traduisait le poids des derniers jours. Je ne l'ai jamais vue comme ça, Sam. Elle est tellement paniquée... Elle est perdue.
Sam tenta de l'apaiser et de la rassurer, mais Lena sentait encore plus cette distance physique entre elles.
Un silence s'installa un instant avant que Lena n'ajoute, sa voix presque tremblante : Et puis, il y a Alex. Elle m'a appelée peu de temps après, tellement heureuse pour Andrea. Elle parlait de tout ce que ça changerait pour elle, à quel point c'était fantastique, que ça allait la poser pour de bon. Alex s'est littéralement projetée à sa place sans comprendre qu'Andrea est totalement paniquée.
Mon dieu… souffla Sam de l'autre côté, réalisant la complexité de la situation.
Lena reprit, sa voix hésitant légèrement : Mais tu vois, c'est là que ça devient encore plus compliqué. Alex a toujours rêvé d'avoir des enfants, mais… je ne suis pas sûre que Maggie soit sur la même longueur d'onde. Je ne leur ai jamais posé directement la question, bien sûr, mais ça fait un certain temps qu'elles sont ensemble et... Connaissant Alex, je pensais que le sujet serait très vite abordé. Seulement, elles n'en parlent pas, donc je suppose qu'Alex a définitivement fait une croix dessus.
Un silence suivi, brisé par la voix douce et posée de Sam. Ça fait beaucoup à encaisser, Lena. Pour toi, pour Andrea… et même pour Alex, qu'elle le réalise ou non.
Oui… murmura Lena.
Sam continua, sa voix empreinte de compréhension. Andrea est forte, mais je comprends que ça puisse la terrifier. Ce n'est pas rien de se poser la question : « Est-ce que je suis prête à être parent ? » Et si elle est déjà en proie à des doutes dans sa relation, ça doit être encore plus compliqué.
Lena resta silencieuse au bout du fil, écoutant chaque mot de Sam.
Quant à Alex… Si elle a décidé de mettre de côté son envie d'avoir des enfants, c'est sûrement parce qu'elle aime Maggie et qu'elle veut que leur relation fonctionne. Mais ce genre de compromis… ça ne disparaît jamais vraiment.
Le silence de Lena s'étira, presque pesant. Sam reprit doucement, sa voix teintée d'une infinie douceur : Lena… tu ne peux pas tout porter seule. Ni pour Andrea, ni pour Alex. Tu es toujours celle qui soutient tout le monde, mais là… c'est au-delà de tes forces. C'est bien plus profond.
Un léger bruit au téléphone se fit entendre, Lena bougeait nerveusement. Elle finit par murmurer, presque à contrecœur : J'ai vraiment l'impression de tout rater, quoi que je fasse.
Sam inspira avant de répondre avec une bienveillance sincère : Est-ce que vous avez essayé de parler, toutes les trois ? De poser les choses à plat, honnêtement, sans tenter de vous ménager ou d'éviter les vrais sujets ?
Un nouveau silence s'installa, plus lourd cette fois. Finalement, Lena murmura, presque pour elle-même : Non. Mais je doute que ça change quoi que ce soit… Alex est trop enthousiaste, Andrea complètement paniquée, et moi… Je suis juste fatiguée, Sam. Fatiguée de tout ça. J'ai envie que tu sois là, avec moi. Pas juste une voix au téléphone, pas juste ces conversations à distance…
À l'autre bout de la ligne, Sam laissa échapper un soupir, presque imperceptible. Un moment passa, silencieux, avant que des bruits de fouille ne se fassent entendre de son côté. Lena ne dit rien, l'écoutant sans l'interrompre. Elle serra le coussin contre elle, le regard perdu, laissant son esprit vagabonder. Pendant un instant fugace, elle imagina tout abandonner : son travail, son téléphone, ses responsabilités. Juste partir, traverser les kilomètres, et retrouver Sam.
Écoute, dit finalement Sam, brisant le silence. Je vais poser quelques jours en fin de semaine, et je viens te voir.
Le cœur de Lena bondit dans sa poitrine. Tu es sérieuse ? demanda-t-elle, comme si elle avait du mal à y croire.
Ruby est encore à son summer camp, et ma boss me doit bien quelques jours de congés, expliqua Sam.
Lena s'était redressée sur le canapé, un immense sourire illuminant son visage. Le téléphone fermement maintenu contre son oreille, elle s'y agrippait comme à une bouée. Si Sam avait été devant elle, Lena aurait sans doute sauté dans ses bras pour la serrer fort — et peut-être bien plus encore. Mais Sam venait. Ici. Dans quelques jours. Elle serait là. Lena avait envie de crier de joie.
Et, pour être honnête, reprit Sam, toutes ces excuses, c'est surtout parce que… toi aussi tu me manques. J'ai envie de te voir, de t'embrasser, et… Mon Dieu, Lena, ça fait presque un mois qu'on ne s'est pas vues et c'est beaucoup trop long !
Sa voix, teintée d'un soulagement palpable, s'interrompit brusquement lorsque Lena répondit, d'une voix plus déterminée encore : Si tu savais comme je t'aime, Samantha Arias. Je vais m'arranger pour déplacer tous mes rendez-vous de fin de semaine, qu'on ait encore plus de temps ensemble.
Sam éclata de rire, un rire franc et joyeux qui fit pétiller les yeux de Lena. Cette dernière se leva du canapé et se mit à marcher dans son salon, une énergie nouvelle l'animant. Son regard s'arrêta bientôt sur une photo posée sur une étagère : elle et Sam, côte à côte, rayonnantes, lors d'un après gala. Tu n'as pas idée du cadeau que tu es en train de me faire, Sam, murmura Lena, presque émue aux larmes. Non, vraiment, tu ne peux pas imaginer.
(…)
Le reste de la semaine se passa beaucoup plus joyeusement pour Lena. Ce n'était pas parce qu'elle avait moins de travail, ni parce qu'Andrea et Alex étaient devenues plus discrètes. C'était surtout parce que Sam arrivait dans quelques jours, et pour Lena, attendre seulement deux ou trois jours était une perspective suffisante pour illuminer sa semaine.
Andrea, de son côté, lui avait parlé sans relâche au téléphone et était même passée plusieurs fois chez elle. Lena en profita pour inviter Alex et lui transmettre un message important. Andrea était toujours perdue face à sa situation, bien qu'elle ait parlé à Russel. Ce dernier semblait prêt à suivre Andy dans toutes les démarches qu'elle souhaiterait entreprendre. Lena n'en attendait pas moins de lui, d'ailleurs, avec tout ce qu'elle avait entendu à son sujet et les fois où elle l'avait vu auprès d'Andrea, elle avait fini par comprendre son caractère.
Maggie, quant à elle, restait plus discrète. Lena se demandait si la situation d'Andrea avait un impact sur elle aussi. Contrairement à Alex, qui semblait aborder les choses avec plus d'ouverture, Maggie fuyait les soirées entre amies. Elle était de plus en plus occupée, et chaque fois que le sujet revenait dans le groupe WhatsApp, elle ne répondait presque plus.
Lena avait rapidement compris que Maggie n'était pas du tout à l'aise avec l'idée de grossesse ou de bébés, et elle se demandait comment Alex arrivait à gérer cette dynamique avec autant de calme.
Les filles avaient enfin pu se retrouver pour une soirée entre amies, après plusieurs semaines sans se voir. Maggie avait décliné l'invitation, tandis qu'Andrea était ravie de pouvoir venir. Lena pensait que, même si Russel était très compréhensif, Andrea devait se sentir mal à l'aise de devoir prendre la décision seule. Toutes les échappatoires semblaient bonnes à prendre… Même si elle était en couple, Andrea avait du mal à se défaire de ses anciennes habitudes de fuite.
Alex, quant à elle, n'était pas triste de passer la soirée sans Maggie. Elle arriva avec deux bouteilles : une sans alcool pour Andrea et une bouteille de vin pour Lena et elle.
Alex était tellement heureuse pour Andrea, tellement épanouie par cette grossesse, que Lena en ressentait presque un sentiment de dépit. Elle voyait bien qu'Alex refusait de voir les problèmes dans son propre couple. Lorsque Andrea prévint de son retard, ce qui n'aurait pas été elle autrement, Lena en profita pour discuter plus ouvertement avec Alex.
Lena attendit un moment, observant Alex avec bienveillance, avant de se lancer doucement dans la conversation. Elle prit une gorgée de vin, puis tourna son regard vers son amie, son sourire discret, presque imperceptible. Alors, comment ça se passe avec Maggie ? demanda Lena, ses yeux croisant ceux d'Alex. Elle devait venir ce soir… mais elle a décliné. Ce n'est pas dans ses habitudes. Tout va bien ?
Alex la fixa un instant, une légère hésitation dans ses yeux, avant de se redresser, semblant peser ses mots. Oui… enfin, je ne sais pas trop. Elle est un peu distante en ce moment. Ça a commencé avec l'annonce de la grossesse d'Andrea. Je crois qu'elle a du mal à gérer ça.
Lena hocha lentement la tête, comprenant immédiatement. Maggie avait toujours eu une tendance à fuir certaines situations, et la grossesse d'Andrea n'avait fait que renforcer ce comportement. Mais elle voulait être sûre qu'Alex ne se sentait pas seule dans cette épreuve. Et toi, comment tu te sens par rapport à tout ça ? demanda-t-elle d'une voix douce, avec une attention sincère.
Alex baissa les yeux un instant, semblant chercher ses pensées. Elle hésita, puis soupira avant de reprendre, son regard toujours fuyant. Tu sais, Lena… je crois que Maggie me fuit, murmura-t-elle, la voix plus basse. Depuis qu'Andrea est enceinte, elle… Alex s'interrompit, comme si les mots se coinçaient dans sa gorge. Elle se laissa glisser plus profondément dans le canapé, un lourd soupir échappant de ses lèvres.
Lena resta silencieuse, attentive, attendant qu'Alex poursuive. Elle sentait qu'il y avait plus, que son amie était en train de lutter pour formuler ce qui pesait sur son cœur.
C'est comme si elle avait peur, ou… je sais pas trop. Je crois qu'elle a… peur de ce que ça veut dire pour nous, pour notre avenir. Je lui ai toujours dit que je voulais des enfants, que je rêvais de fonder une famille. Et elle m'avait dit qu'elle ne se voyait pas comme ça. J'avais espéré qu'avec le temps, qu'en étant ensemble, ça finirait par changer. Mais c'est tout le contraire…
Lena écouta attentivement, réalisant peu à peu la source du malaise. Alex avait toujours eu ce désir profond d'être mère, mais elle ignorait à quel point Maggie était réticente à ce sujet. Tu en as déjà parlé avec elle, non ? demanda-t-elle doucement, avec une lueur de compréhension.
Alex hocha la tête et laissa échapper un profond soupir. Oui, plusieurs fois. Mais elle n'a jamais voulu vraiment approfondir le sujet. Je pensais qu'après notre mariage, elle finirait par changer d'avis. Mais depuis, on n'en a plus jamais reparlé. Et maintenant, avec la grossesse d'Andrea, le sujet est revenu sur le tapis… mais Maggie se ferme encore davantage. Elle baissa les yeux, sa voix teintée de tristesse. Je crois qu'elle ne veut vraiment pas d'enfants. J'ai attendu, j'ai espéré que notre vie ensemble suffirait. Elle sait à quel point c'est important pour moi. J'ai tout essayé, Lena, vraiment. Mais je ne comprends pas… pourquoi elle ne voudrait pas au moins essayer, pour nous.
Lena la fixa en silence, son regard empli de douceur. Elle savait qu'Alex traversait une épreuve émotionnelle lourde, partagée entre l'amour qu'elle éprouvait pour Maggie et son désir profond de fonder une famille. Elle savait que les réponses n'étaient pas simples, mais elle pouvait au moins offrir son soutien, sans jugement.
Lena posa doucement sa main sur le bras d'Alex, ses yeux emplis de compréhension. Je suis désolée, Alex, murmura-t-elle. Si Maggie est aussi fermée à l'idée, est-ce que tu te vois attendre indéfiniment ? Ou tu penses que ça pourrait changer quelque chose pour vous deux ?
Alex resta un moment silencieuse, le regard perdu, plongée dans ses pensées. Elle se mordilla la lèvre avant de répondre d'une voix basse et incertaine. Je ne sais pas. Je sais juste que je suis perdue… J'aime Maggie, mais… je veux aussi une famille. Je ne sais pas si j'aurai la force de renoncer à ça. Et je ne sais pas si je pourrai lui pardonner, si jamais ça devient impossible entre nous.
Elle laissa sa phrase en suspend, un poids d'incertitude qui semblait l'alourdir davantage. Lena sourit doucement, un sourire plein de soutien, et serra légèrement le bras d'Alex. Quoi qu'il arrive, je suis là pour toi, Alex. Mais tu mérites de vivre ce que tu veux vraiment. Il va bien falloir en discuter et prendre une décision ensemble, aussi difficile que cela soit.
Alex la regarda, les yeux brillants d'émotion, reconnaissante. Elle murmura un simple merci. Alex savait que Lena disait vrai, mais malgré tout, l'idée de se retrouver face à un avenir sans Maggie semblait presque insurmontable.
La discussion fut interrompue par la sonnette de la porte d'entrée. Andrea était enfin arrivée, et la conversation se tourna rapidement vers les échanges entre Russel et Andrea. Alex, cette fois-ci, semblait un peu moins enthousiaste, comme si la discussion qu'elle avait eue avec Lena avait éveillé quelque chose en elle.
Alors qu'elles mangeaient tranquillement, Andrea se tourna vers Lena avec un sourire malicieux. Et toi alors ? On est là à parler de mes problèmes, qui, comme tu l'as dit l'autre jour, ne se résoudront pas en un jour… Alors, on peut peut-être laisser ça de côté et se concentrer sur quelque chose de plus léger. Comment ça se passe avec Sam ? demanda-t-elle, un regard suggestif dans les yeux.
Lena se mordit discrètement la lèvre, essayant de ne pas trahir son enthousiasme à l'idée de la venue de Sam le lendemain soir. Ce qui, bien sûr, ne passa pas inaperçu aux yeux d'Andrea. Oh toi… Tu n'as pas un petit détail croustillant à nous raconter ? lança Andrea avec un sourire malicieux.
Lena roula des yeux, feignant l'agacement. Pourquoi, chaque fois que tu parles, j'ai l'impression que ça tourne toujours autour de ça ? demanda-t-elle en soupirant.
Eh ! répondit Andrea en haussant les épaules. Parce que c'est le sexe qui fait tourner le monde, voilà tout.
Lena souffla, feignant l'agacement. Mouais.
Andrea croisa les bras, remarquant que Lena n'avait pas l'intention de partager plus de détails. Alors ? Une soirée sexe de prévue ? demanda-t-elle, un sourire espiègle aux lèvres.
Andrea ! s'exclamèrent Alex et Lena en même temps.
Roh lala ! Vous êtes vraiment coincées… c'est dommage que Maggie ne soit pas là, souffla Andrea en se vautrant un peu plus dans son siège.
Le prénom de Maggie fit tiquer Alex, ce que Lena remarqua immédiatement. Un silence s'installa, et Andrea observa tour à tour Lena et Alex, curieuse. Qu'est-ce que j'ai dit ? Il y a un problème avec Maggie ?
Alex resta silencieuse, et Lena lui lança un regard furtif avant de se tourner vers Andrea. Ce n'est pas vraiment Maggie le problème, commença-t-elle calmement.
C'est ta situation, coupa Alex, en se repliant légèrement.
Qu'est-ce que j'ai fait, encore ? râla Andrea, sur la défensive.
Ce n'est pas toi le problème, et arrête de râler, Andy ! répondit Lena, un peu agacée.
Alors c'est quoi, exactement, votre problème ? continua Andrea, visiblement perdue.
Maggie ne veut pas d'enfants, coupa brusquement Alex.
Et ? demanda Andrea, sans comprendre. Ce n'est pas elle qui est enceinte actuellement, et je doute que vous… Mais elle fut coupée par le regard accusateur de Lena.
Alex, les mains croisées, tripotait nerveusement son pull. Mais moi, j'en veux. Un autre silence s'installa, lourd de non-dits. J'en ai toujours voulu.
Ah, répondit simplement Andrea, commençant à comprendre l'enjeu réel. Donc, j'imagine qu'elle n'est pas venue à cause de… tout ça, ajouta-t-elle en faisant un geste englobant les trois femmes.
C'est ça, confirma Alex, continuant de tripoter nerveusement le bas de son pull.
Je comprends pourquoi tu étais aux anges quand je t'ai appelée l'autre jour… réalisa Andrea. Mais tu sais, moi je ne suis pas prête comme tu l'es… Alors je peux comprendre Maggie, dans un sens.
Alex se redressa, les yeux pleins de frustration. Mais j'ai fait des compromis, j'ai mis de côté cette envie… Elle commença à s'agiter. J'ai essayé ! s'écria-t-elle. Pourquoi pas elle ? Et pourquoi quand je lui demande j'ai l'impression d'être celle qui doit faire ce choix ? J'ai l'impression d'avoir toujours le mauvais rôle!
Andrea souffla, se penchant en avant. Parce que c'est plus difficile dans ce sens-là, Lex. Elle marqua une pause, puis ajouta, plus sérieusement : Et je sais de quoi je parle.
Alex la fixa, son souffle court, comme si elle attendait que ses mots prennent un sens. Tu… tu ne vas pas le garder ? demanda-t-elle, presque désespérée.
Je n'ai pas dit ça, mais ça fait partie de mes options, répondit Andrea, calmement. Tu sais, c'est beaucoup de responsabilités. Ce n'est plus une vie de couple à deux, sans prise de tête. Si vous voulez partir en vacances aux Bahamas demain, c'est facile à deux. Elle soupira. Mais avec une famille, des enfants… tout devient plus compliqué. Il faut penser à une autre personne qui dépend complètement de toi. C'est vraiment pesant. Elle laissa un silence s'installer avant de reprendre. Alors, sincèrement, je ne vais pas lui jeter la pierre.
Alex baissa les yeux, luttant contre l'émotion qui montait en elle. Mais tu ne parles pas des bons côtés, dit-elle, presque sur un ton de défi. L'amour, le partage de quelque chose de plus fort… Un amour vraiment profond, bien différent de celui que tu portes pour un conjoint.
Andrea la regarda, un peu surprise par la tournure de la conversation. Et toi ? demanda-t-elle en se tournant vers Lena, qui était restée silencieuse. Qu'est-ce que t'en dis ?
Lena soupira doucement et, avec un petit sourire, répondit : Je dirais qu'on n'a pas du tout la même vision du couple, pour commencer. Elle haussait légèrement les épaules, comme si elle essayait de dédramatiser la situation. Alors si on commence à parler famille, on risque de ne pas être d'accord sur beaucoup de choses. Elle sourit un peu plus largement. Je pense que ça ne sert à rien d'imaginer ce que pourrait ou penserait les autres. Chacune de nous a son propre avis, et ça ne sert à rien d'en parler, surtout si c'est juste pour nous convaincre les unes les autres.
Un silence s'installa, mais personne ne brisa ce moment. Chacune réfléchissait à ses propres pensées, et la conversation sembla se figer dans un espace de calme fragile.
Ce fut le bip du téléphone de Lena qui rompit le silence. Elle avait posé son téléphone sur la table, et Andrea, toujours aussi rapide, s'en saisit avant même que Lena n'ait eu le temps de réagir.
Sam arrive demain ?! s'exclama-t-elle en levant les yeux vers Lena, les sourcils haussés.
Lena souffla, bien consciente qu'Andrea avait une fois de plus pris les devants. Je voulais vous en parler ce soir… commença-t-elle, son ton presque hésitant. Avec toute cette situation, ce n'est pas évident pour moi non plus. Vous n'êtes pas seules dans tout ça, vous ne pouvez pas comprendre. Sam n'est pas là… et même si on se parle par téléphone, ce n'est pas vraiment la même chose.
Tu déconnes ?! s'écria Andrea, visiblement surprise. Je te signale que Russel n'est pas là tout le temps non plus.
Et tu vas me dire que ça te dérange ? rétorqua Lena, un sourire en coin, sachant très bien que la situation convenait parfaitement à Andrea. Cette dernière roula des yeux puis se rassit, marmonnant quelque chose d'incompréhensible. Lena, malgré son calme apparent, ne pouvait cacher la lueur d'excitation qui brillait dans ses yeux.
Elle reste longtemps ? demanda Alex, intéressée.
Juste trois jours, répondit Lena, un sourire en coin qui en disait long sur son état d'esprit. Ce week-end, ça aurait fait un mois qu'on ne s'était pas vues... ajouta-t-elle, presque rêveuse, comme si rien d'autre ne comptait à cet instant.
Andrea, toujours dans son rôle de provocatrice, ne put s'empêcher de lâcher un commentaire. Oh, trois jours avec ta copine, ça va être un vrai marathon, hein ? Elle sourit, cherchant à taquiner Lena, mais aussi, de manière plus subtile, à obtenir une réaction plus franche de sa part.
Lena, les joues légèrement rosies, essaya de garder son calme. Andrea, arrête avec ça.
Mais Andrea, visiblement ravie de voir que sa remarque avait fait mouche, continua. Tu sais, vous avez l'air de vous être vraiment trouvées toutes les deux. Il n'y a rien de mal à se faire plaisir...
Alex, absorbée par les détails de la situation, ne prêta aucune attention à ce qu'Andrea racontait à cet instant. Elle se contenta de sourire, touchée par le bonheur évident de son amie. Franchement, ça fait plaisir de te voir aussi épanouie, dit-elle en la regardant avec sincérité.
Soudain, Andrea, qui n'avait toujours pas lâché le téléphone de Lena, lu le nouveau messages reçu. Elle se figea en lisant un message et, sans attendre, le lut à voix haute : 'J'ai hâte d'arriver demain ! Je n'en peux plus, ça fait trop longtemps…' avec un émoji cœur...
Le silence se fit immédiatement plus lourd. Lena se mordilla la lèvre, réalisant que le message de Sam dévoilait tout l'enthousiasme et l'envie qu'elles partageaient désormais.
Andrea, avec un sourire satisfait, se tourna vers Lena. Ah, là, c'est clair, j'ai bien tapé dans le mille. Elle leva les mains en signe de victoire, visiblement amusée par l'effet de son commentaire. Demain, c'est le début de votre marathon sexe ! s'exclama-t-elle en riant bruyamment.
Lena, bien qu'énervée par l'irrévérence d'Andrea, ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine chaleur, flattée et heureuse. Elle laissa échapper un petit sourire timide, mais résolu. Ok, maintenant ça suffit avec tes insinuations. Rends-moi mon téléphone.
Andrea éclata de rire. Oh, mais je t'ai connue moins pudique ! Elle se tourna vers Alex, qui semblait presque en admiration. D'ailleurs, toi, tu me dois 50 balles.
Alex roula des yeux en voyant la main tendue d'Andrea, mais se détourna d'elle pour poser une main réconfortante sur l'épaule de Lena. En tout cas, je suis contente pour toi. Vous le méritez.
Lena lui sourit en retour, sentant un vrai soutien de sa part, pendant qu'Andrea râlait derrière elles pour son argent. Lorsqu'Alex se détacha de Lena, elle fixa Andrea. Ça va, c'est pas comme si t'étais à la rue… T'as vraiment aucune retenue, c'est désolant.
Attends… dit Lena, interrompant Alex alors qu'elle s'apprêtait à se lever. C'était quoi exactement le pari ?
Alex, mal à l'aise, hésita et resta silencieuse, tripotant ses mains nerveusement. Elle jeta un coup d'œil furtif à Andrea, mais ne dit rien. Andrea, elle, se sentait parfaitement à l'aise et afficha un sourire en coin. Bah, que toi et Sam couchiez ensemble.
Lena se redressa, son regard s'intensifiant alors qu'elle adoptait une posture résolue et implacable. Un sourire en coin vint étirer ses lèvres, et elle répondit d'une voix calme, mais empreinte de fermeté : C'est trop vague. Puis, avec une précision cinglante, elle ajouta : Détaille, Rojas.
Andrea souffla d'agacement, mais elle savait que la partie venait de prendre une tournure sérieuse. On avait parié que Sam et toi coucheriez ensemble d'ici la fin de l'année. J'avais dit avant fin juillet, et Alex pensait plutôt autour de décembre. Mais visiblement, ça a été bien avant fin août. Donc quoi, juin ? Quand tu es partie trois jours ?
Lena, toujours calme, se tenait dans sa posture de PDG, le regard sûr et implacable. Tu sais quoi, c'est toi qui paries, et tu mises aussi ce qu'Alex te doit.
Andrea, haussant les sourcils, sentit la tension monter. Sérieux ? dit-elle en élevant la voix, mais son sourire en coin montrait qu'elle était prête à jouer le jeu. Ok, Luthor, tu veux vraiment la jouer comme ça ?
Lena ne bougea pas, son regard restant ferme et calculateur. Donne-moi le mois exact.
Toujours aussi dure en affaires, soupira Andrea, mais elle était maintenant totalement investie dans la mise. Elle s'avança légèrement, fixant Lena comme si cette dernière avait la réponse gravé sur le visage. Bon, je dirais mars.
Lena afficha un sourire satisfait en croisant les bras, visiblement certaine de sa position. Raté. Andrea râla, mais elle n'était pas prête à laisser la partie finir si facilement. Ok, très bien, tu as une dernière chance...
Elle fixa Lena, pesant ses mots comme s'il s'agissait de négocier un gros accord. Juin ?
Lena se pencha légèrement en avant, un sourire calculé sur les lèvres, satisfaite de l'issue. Tu me dois 100 balles, Rojas.
Mais non ! s'exclama Andrea, déçue, mais un brin admirative.
Alex se déplaça enfin pour aller chercher l'argent qu'elle devait.
Bon, et alors ? demanda Andrea en tendant son billet avec un air de défi. C'était quoi la réponse ?
Avril, répondit simplement Lena, récupérant les billets avec un sourire en coin.
Oh putain, mais oui ! s'exclama Andrea. C'était la fameuse semaine ! Pourquoi j'ai oublié ce détail ?! S'énerva-t-elle contre elle-même.
Alex les observa un instant, les yeux mi-étonnés, mi-déçus. Vous êtes vraiment atteintes, dit-elle platement en les dévisageant.
Lena haussa les épaules avec nonchalance avant de rendre son billet à Alex.
EH ! s'écria Andrea. Pourquoi tu lui rends ?!
Parce que tu fais toujours ça, répliqua Lena, en haussant les sourcils. Tu sais très bien qu'elle perd à chaque fois.
Et toi tu la couvres tout le temps ! râla Andrea. C'est vraiment injuste.
Alex, un sourire amusé aux lèvres, remercia Lena, qui lui répondit par un simple clin d'œil. La prochaine fois, tu arrêtes de parier à tout-va.
Oh, ça va, si on ne peut même plus s'amuser... souffla Andrea, faussement agacée.
(…)
Lena tapotait nerveusement sur le volant de sa voiture. Elle avait réussi à terminer ses rendez-vous à temps pour être là, prête à accueillir Sam. Son organisation méticuleuse lui avait permis d'arriver avec une large avance de trente bonnes minutes. Trop heureuse à l'idée de retrouver Sam et surtout de la voir, Lena n'avait pas anticipé qu'elle aurait à patienter autant.
Un message de Sam, reçu une dizaine de minutes plus tôt, l'avait avertie d'un retard possible d'environ une demi-heure. Avec ce contretemps, Lena se retrouvait à attendre presque une heure, une situation inhabituelle pour elle, toujours si absorbée par ses multiples responsabilités.
Plutôt que de se laisser gagner par l'impatience, elle décida de rentabiliser ce temps libre. Lena ouvrit son ordinateur portable, vérifia ses mails et répondit aux plus urgents, espérant alléger sa charge de travail pour le lendemain. Elle avait organisé sa semaine en conséquence : une journée en télétravail prévue pour le lendemain et un samedi entièrement libéré, sachant que Sam repartirait en fin de journée. Deux jours à partager ensemble. Lena comptait bien en profiter pleinement.
La discussion de la veille avec Alex et Andrea trottait encore dans son esprit. Depuis qu'elle était avec Sam, Lena avait réussi à dégager plus de temps pour leur relation, une première dans sa vie sentimentale. Ses amies n'avaient pas manqué de le souligner, avec leur franchise habituelle.
La conversation avait aussi porté sur la fameuse vidéo de Kara, celle où, dans son éternel optimisme, elle avait su viser juste pour chacune d'entre elles. Alex, bien que toujours marquée par la perte de sa sœur, parvenait désormais à évoquer ses souvenirs avec plus de nostalgie que de tristesse. Andrea, de son côté, avait fini par admettre que Kara n'avait pas tout à fait tort sur certains points. Et Lena… Lena ne pourrait jamais remercier assez Kara pour ce coup de pouce inestimable. Sans elle, elle n'aurait peut-être jamais rencontré Sam.
Elle avait acheté le premier tome, et le suivant était prévu pour une sortie six mois plus tard. L'idée d'organiser une nouvelle fête avec les membres du RPG avait été évoquée, mais comme l'histoire ne comptait que six chapitres, Lena doutait que l'engouement soit aussi fort que pour le lancement du premier. Lors de leur conversation la veille, Andrea avait confié qu'elle ne serait probablement pas aussi disponible pour la sortie du deuxième tome. Alex, en revanche, était prête à s'investir pour toutes les publications à venir. Lena savait que Sam ferait aussi de son mieux pour se libérer et assister à un maximum de sorties. Quant à elle, son emploi du temps resterait le facteur décisif. Pourtant, elle gardait en mémoire que le premier tome avait eu une importance particulière, et elle se réjouissait d'avoir réussi à être présente malgré les contraintes.
Alors qu'elle souriait en repensant à l'accueil chaleureux que Sam lui avait réservé lors de son arrivée surprise, le bruit du coffre qui s'ouvrait la sortit de ses pensées. Un rapide coup d'œil à son ordinateur, toujours posé sur ses genoux, lui fit réaliser qu'elle avait rêvassé pendant près d'une heure. Sam était déjà arrivée.
Elle referma précipitamment son portable, le rangea maladroitement, puis se précipita pour enlacer Sam dès que celle-ci eut refermé le coffre.
Lena serra Sam un peu plus fort, un sourire tendre illuminant son visage. Elle s'écarta légèrement, juste assez pour plonger son regard dans le sien, avant de l'embrasser doucement. Ses gestes trahissaient une certaine urgence, comme si elle cherchait à rattraper le temps perdu, et Sam, amusée, répondit à son baiser avec un sourire contre ses lèvres.
Lorsque leurs visages se séparèrent, Sam l'observa, un sourcil arqué, son expression oscillant entre surprise et amusement. Tu n'étais pas censée venir m'accueillir à l'aéroport ? lança-t-elle avec un sourire taquin.
Lena recula d'un pas, ses joues s'empourprant aussitôt. Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux, incapable de soutenir le regard espiègle de Sam. Eh bien… commença-t-elle, sa voix trahissant son embarras. Elle tenta un sourire maladroit. J'avais prévu, vraiment… Mais…
Sam croisa les bras, s'appuyant nonchalamment contre la voiture, ses yeux pétillants de malice. Mais quoi ?
Lena soupira et détourna les yeux vers la portière, comme si elle cherchait un refuge dans cette échappatoire imaginaire. Elle prit une inspiration profonde avant de lâcher dans un souffle : Je repensais à la dernière fois… Quand je suis venue te faire la surprise, pour la sortie du premier tome de Kara.
Sam éclata de rire, un éclat sincère et joyeux, tout en secouant doucement la tête. Oh, cette fameuse nuit… Et le lendemain, quand Russel nous a surprises.
Lena esquissa un sourire, ses joues toujours marquées d'un rouge timide, mais ses épaules semblant un peu plus légères. Et où j'ai failli rater mon rendez-vous important, pendant que toi tu devais courir pour rejoindre le groupe dans la voiture. Oui, exactement celle-là.
Sam fit un pas en avant et posa délicatement une main sur la joue de Lena, son regard adouci par une tendre sincérité. Je n'ai jamais été aussi heureuse que tu sois venue, malgré tout. Sa voix se brisa légèrement avant qu'elle ne poursuive, ses yeux empreints de regrets. Mais ensuite… je m'en suis tellement voulu, surtout en te voyant t'effondrer de fatigue le soir, une fois qu'on est rentrées chez toi le surlendemain.
Lena laissa échapper un rire doux, sa nervosité s'évanouissant peu à peu. Et moi, je ne regrette absolument rien. C'était une excellente idée, et ça le reste encore aujourd'hui.
Sam, toujours souriante, se pencha pour déposer un baiser léger sur le front de Lena avant de lui ouvrir la portière. Allez, monte. Ce sont de beaux souvenirs, mais on a beaucoup de choses à rattraper. Et rester sur ce parking ne nous aidera pas à rattraper quoi que ce soit.
Lena s'installa derrière le volant, une expression douce sur le visage, tandis que Sam prenait place sur le siège passager, son sourire complice ne la quittant pas.
Alors, cette soirée avec les filles ? demanda Sam tandis que Lena effectuait une manœuvre pour sortir de sa place.
Ça ne s'est pas si mal passé, répondit Lena avec un soupir. Je crois qu'Alex et Maggie traversent une crise… C'est probablement pour ça qu'Alex était si distraite quand Andrea l'a appelée. Elle commence doucement à sortir du déni, mais j'ai l'impression qu'elle réalise aussi que c'est un tournant important dans leur vie avec Maggie.
Tu m'avais dit qu'Alex voulait des enfants, non ? se rappela Sam. Et Maggie, elle n'est pas du même avis ?
Lena hocha la tête, une lueur de tristesse traversant son regard. Il semblerait que non. À vrai dire, dès que le sujet de la grossesse d'Andrea est abordé, Maggie se ferme complètement. Alex m'a confié qu'elles avaient discuté de ce sujet avant leur mariage, et Maggie a toujours été contre l'idée d'avoir un enfant. Alex pensait pouvoir s'y faire… Elle espérait qu'avec le temps, Maggie changerait d'avis après le mariage.
Sam resta silencieuse quelques instants, réfléchissant, avant de demander doucement : Tu penses qu'elles pourraient divorcer ?
Lena tourna la tête pour lui jeter un regard surpris, fronçant légèrement les sourcils. Pourquoi tu me demandes ça ?
Sam garda les yeux sur la route, son ton calme mais chargé de sous-entendus. Écoute, j'ai élevé une fille seule. Je sais à quel point ce sujet peut être difficile, et pour certaines personnes, il suffit d'en parler pour que tout s'effondre.
Lena serra légèrement le volant, le regard fixé sur la route, une lueur de réflexion dans les yeux. Tu crois que Maggie pourrait demander le divorce parce qu'Alex n'arriverait pas à renoncer à son désir d'avoir une famille ? demanda-t-elle, sa voix teintée d'inquiétude.
Sam haussa légèrement les épaules, laissant échapper un soupir. D'après ce que tu m'as dit, Maggie ne semble vraiment pas vouloir d'enfants. Et c'est son droit, répondit-elle avec calme. Mais elles n'ont pas la même vision de leur avenir. Elle marqua une pause, ses traits se durcissant légèrement. À long terme, un désaccord comme celui-là pourrait bien devenir un obstacle impossible à surmonter pour leur couple.
Les mots de Sam flottaient dans l'habitacle, lourds de sens, tandis que Lena restait silencieuse. Ses doigts se crispèrent un instant sur le cuir du volant, puis se relâchèrent. Elle savait que son amie avait raison. Ce genre de désaccord fondamental ne pouvait qu'éroder une relation, même entre deux personnes profondément amoureuses.
Tu sais, finit par dire Lena d'une voix douce, je crois qu'Alex espérait vraiment que leur amour suffirait à tout régler. Mais parfois… Elle hésita un instant, cherchant les mots justes.
Parfois, l'amour ne suffit pas, compléta Sam, terminant sa pensée avec une simplicité désarmante.
Un silence confortable s'installa entre elles, ponctué seulement par le ronronnement du moteur. Lena tourna dans une rue bordée d'arbres, son appartement n'étant plus très loin.
J'ai essayé de lui en parler. Reprit Lena, brisant doucement le silence. Alex n'a pas l'air de vouloir avoir cette discussion avec Maggie. Elle commence juste à réaliser que son désir d'enfant est encore plus grand que… Elle s'interrompit, cherchant ses mots. Que son couple. Je lui ai juste dit que j'étais là si elle avait besoin, mais… Je ne suis pas sûre de pouvoir faire plus.
Sam hocha lentement la tête, une compréhension profonde se lisant dans son regard. Il lui faudra du temps. Pour l'instant, je ne pense pas que tu puisses faire plus, dit-elle avec douceur. Puis, après un court silence, elle ajouta : Et puis, Lena, tu dois aussi penser à toi. Je sais que tu as toujours fait passer tes amies en priorité, mais… parfois, il faut savoir s'écouter.
Lena acquiesça, un sourire léger adoucissant ses traits. Oui, tu as raison. Mais maintenant, tu es là, répondit-elle en lançant un bref regard à Sam. Et il faut qu'on réfléchisse à comment se rapprocher, à comment vivre plus près l'une de l'autre. Ces dernières semaines ont été tellement intenses, et c'était difficile de n'avoir que ta voix au téléphone. Elle marqua une pause, pesant ses mots. Maintenant, j'ai besoin de plus. Ce n'est plus suffisant.
Sam posa une main légère sur l'accoudoir entre elles, ses doigts effleurant doucement ceux de Lena, avant de glisser vers son avant-bras dans une caresse rassurante. Lena détourna brièvement son attention de la route pour lui offrir un sourire doux, ses yeux pétillant d'une émotion sincère.
Sam répondit à ce sourire par un regard tendre, serrant délicatement le bras de Lena avant de retirer sa main. Alors on trouvera une solution, dit-elle simplement, mais avec une assurance inébranlable.
Elles arrivèrent enfin devant l'immeuble de Lena. Après avoir garé sa voiture sur sa place de parking, elles montèrent en silence dans l'ascenseur. Le calme était lourd de réflexion pour Lena, perdue dans ses pensées, la conversation avec Sam sur Alex et Maggie tournant en boucle dans son esprit. Elle fronça les sourcils, se demandant comment ses amies et elle avaient pu en arriver là, comment elles s'étaient retrouvées dans des situations si complexes.
Sam l'observait, elle posa doucement une main sur le bras de Lena, la tirant doucement de sa rêverie. Lena tourna son regard vers elle et lui sourit, reconnaissant cette présence calme et rassurante. Sam lui rendit son sourire, son regard empreint de tendresse.
Une fois arrivées dans l'appartement, Lena referma la porte derrière elles et lança ses clés dans le vide-poche. Mais avant qu'elle ne puisse faire un geste de plus, elle fut soudainement bloquée contre la porte. Sam, rapide et pleine de désir, s'était jetée sur elle, ses lèvres se scellant aux siennes avec une intensité fulgurante. La surprise envahit Lena, son souffle se coupant, mais ses mains réagirent instantanément, se posant sur le dos de Sam pour la rapprocher encore plus.
Le baiser se fit plus passionné, comme si le temps s'était arrêté autour d'elles. Les émotions qui avaient été contenues ces dernières semaines se libéraient dans ce contact, dans cette urgence partagée. Lena, toujours un peu prise au dépourvu, répondit pleinement à Sam, ses mains glissant sur son visage, la retrouvant dans un instant suspendu.
Sam et Lena restèrent ainsi, leurs corps pressés l'un contre l'autre, leurs lèvres mêlées avec une intensité qui trahissait des semaines d'une passion contenue. Quand le besoin de reprendre leur souffle s'imposa, elles se séparèrent légèrement, leurs fronts toujours collés. Leurs regards s'accrochèrent, brillant d'un désir évident, leurs respirations entrecoupées emplissant l'espace silencieux.
Lena, toujours appuyée contre la porte, sentait son cœur tambouriner dans sa poitrine. Ses mains s'agrippaient doucement aux hanches de Sam, comme pour s'assurer qu'elle ne partirait pas, qu'elle resterait là, aussi proche que possible. Sam, quant à elle, caressa la joue de Lena avec une douceur presque contradictoire au feu qui brillait dans ses yeux. Son pouce traça lentement le contour de la lèvre inférieure de Lena, la malice habituelle dans son regard laissant place à une tendresse palpable.
Wow, souffla Lena, sa voix rauque et presque tremblante.
Sam esquissa un sourire, mais cette fois, il était chargé de désir autant que d'affection. Elle se pencha à nouveau, effleurant les lèvres de Lena, laissant un baiser plus bref, mais tout aussi chargé de promesses.
Tu m'as tellement manqué, murmura Sam contre ses lèvres, sa voix vibrante d'un désir à peine contenu.
Lena ferma les yeux, s'abandonnant un peu plus à ce contact qui éveillait en elle une douce et troublante confusion. Elle le savait : ces moments étaient devenus essentiels. Tu n'as pas idée à quel point j'en ai rêvé, souffla Lena, sa voix tremblant légèrement sous le poids de l'émotion.
Sans plus attendre, Lena se redressa doucement, sa main trouvant celle de Sam pour l'entraîner avec elle, un sourire espiègle éclairant son visage. Sam serra ses doigts dans les siens, son regard chargé d'une promesse muette.
Main dans la main, elles traversèrent l'appartement, leurs pas pressés par l'impatience. En silence, mais avec une intensité presque palpable, elles échangèrent un dernier regard juste avant de franchir la porte de la chambre. Les quelques centimètres qui les séparaient encore disparurent aussitôt qu'elles s'engouffrèrent dans l'intimité de la pièce, laissant la passion prendre le dessus.
(…)
Lena était installée sur le canapé, les jambes posées sur la table basse, un ordinateur sur les genoux et ses lunettes glissées sur le nez. Elle fixait l'écran avec une concentration presque palpable. Absorbée par ce qu'elle lisait, elle ne remarqua pas que Sam, assise sur le fauteuil à ses côtés, ne cessait de l'observer.
Lena fronça légèrement les sourcils et tapota rapidement sur le clavier. Sam, amusée, se mordit la lèvre pour étouffer un léger rire. Cela ne manqua pas d'attirer l'attention de Lena, qui releva les yeux vers elle, le front toujours plissé. Quoi ? demanda Lena, son ton neutre, mais son regard interrogateur.
Rien, répondit Sam en esquissant un sourire. J'aime juste l'expression que tu prends quand tu es concentrée.
Prise au dépourvu, Lena ne répondit pas, tandis que Sam feignait de replonger dans un livre qu'elle avait saisi au hasard, probablement pour donner le change. Mais avant que Lena ne puisse répliquer, un appel visio interrompit le moment.
Lena soupira doucement avant de retirer ses lunettes et d'accepter l'appel. Sur l'écran, le visage sérieux de son directeur financier apparut, prêt à discuter d'un sujet visiblement important pour l'entreprise. Elle croisa les jambes sur la table basse, prête à se concentrer malgré l'ennui prévisible.
Sam, installée sur le fauteuil en face, n'avait pas l'intention de rendre cette tâche facile. Avec une nonchalance calculée, elle posa ses pieds sur la table, juste assez pour effleurer ceux de Lena. Cette dernière, absorbée par les explications sur les graphiques et les projections financières concernant les futures ventes, déplaça ses pieds sans y prêter vraiment attention.
Mais Sam persista. Elle répétait ses gestes, taquinant doucement Lena qui finit par s'agacer silencieusement. D'un mouvement un peu brusque, Lena retira ses jambes de la table et s'assit plus droit sur le canapé tentant de garder une posture professionnelle.
Sam laissa passer quelques instants, feignant l'innocence. Puis, avec l'air de quelqu'un qui cherchait simplement une nouvelle place, elle quitta le fauteuil pour venir s'installer au bout du canapé, juste à côté de Lena mais toujours hors du champ de la webcam. À cette distance, son jeu prenait une autre tournure : son pied, posé nonchalamment sur le canapé, se mit à effleurer doucement la cuisse de Lena.
Lena tressaillit imperceptiblement, détournant brièvement les yeux de l'écran pour regarder ce qu'il se tramait. Elle sourit en regardant son directeur financier sur son écran comme si de rien était. Oui… oui, tout à fait. Les prévisions vont dépendre, il y a ces variables à prendre en compte.
Mais Sam avait bien vu sa réaction. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire malicieux alors qu'elle continuait à observer Lena, savourant son trouble visible.
Lena tenta de reprendre le contrôle, ignorant tant bien que mal les provocations de Sam. Mais lorsqu'elle sentit le pied de cette dernière monter légèrement, elle sursauta de façon plus marquée, ce qui attira l'attention de son interlocuteur.
Lena ? Tout va bien ? demanda-t-il, sincèrement perplexe.
Lena redressa brusquement les épaules et afficha un sourire crispé. Oui, tout va bien. Désolée, je réfléchissais à vos derniers points. Continuez, je vous écoute.
Sam, voyant que Lena luttait pour rester concentrée, changea subitement de stratégie. Ses yeux se posèrent sur les lunettes que Lena avait laissées sur le canapé, à portée de main. Sans un mot, elle les attrapa et les enfila, adoptant une expression exagérément sérieuse, comme si elle se préparait à une réunion importante.
Ce fut la goutte d'eau pour Lena. Elle tourna la tête vers Sam et resta figée, incapable de détacher son regard. Sam, avec ses lunettes légèrement de travers et son sourire espiègle, était tout simplement irrésistible.
Lena ne se rendit même pas compte que son directeur financier poursuivait sa présentation, jusqu'à ce qu'il s'interrompe brusquement : Lena ? Vous… Vous m'entendez toujours ?
Elle sursauta, se raclant la gorge avec un air embarrassé. Oui, pardon… Je viens de me rappeler que j'ai un meeting prévu avec l'un des chefs de projet à propos de ces nouveaux points. On pourrait reprendre cette discussion plus tard ? Je vous rappellerai pour ajuster le budget prévisionnel. Sans attendre sa réponse, elle referma précipitamment le clapet de son ordinateur portable, mettant un terme abrupt à la visioconférence puis elle posa son ordinateur sur la table basse.
Elle se tourna alors vers Sam, croisant les bras avec une fausse sévérité. Tu es machiavélique, tu le sais, ça ?
Sam pencha légèrement la tête, toujours avec ce sourire narquois. Moi ? Je suis parfaitement innocente...
Lena roula des yeux, mais un sourire se dessina sur ses lèvres. J'aurais adoré pouvoir passer la journée juste avec toi, mais tu sais que j'ai encore quelques petites choses à finir. Tu ne peux pas me déconcentrer comme ça.
Sam haussa un sourcil, visiblement peu convaincue. Je ne te déconcentre pas!
Lena laissa échapper un rire discret, ses yeux revenant se poser sur les lunettes que Sam portait encore. Son regard se fit plus intense, et sa voix baissa d'un ton. Mais je dois admettre une chose… Tu es magnifique avec des lunettes. Et Andrea a peut-être raison : dans certaines circonstances, elles peuvent être… très intéressantes.
La remarque fit rougir légèrement Sam, mais elle n'eut pas le temps de répondre. En une fraction de seconde, Lena réduisit l'espace entre elles, se penchant pour capturer ses lèvres dans un baiser fougueux.
Sam n'eut que le temps de murmurer un : Je savais que tu craquerais, avant que Lena ne l'entraîne complètement dans son élan.
La tension monta rapidement entre elles, mais la sonnerie stridente du téléphone de Lena interrompit brutalement le moment.
Lena grogna en s'éloignant à contrecœur, attrapant son téléphone posé à côté de son ordinateur sur la table basse. Elle jeta un regard désolé à Sam, qui leva les mains en signe de reddition avant de soupirer. C'est l'un de mes chefs de projet, expliqua Lena en consultant l'écran. Il faut vraiment que je lui réponde.
Sam se laissa tomber en arrière sur le canapé, un sourire amusé aux lèvres. Très bien, je te laisse. Mais attention, je ne garantis pas de le faire toute une journée.
Lena lui lança un regard à la fois tendre et complice avant de répondre à son appel.
Le reste de la journée s'écoula entre appels, vérifications de documents et moments volés avec Sam. À un moment, la secrétaire de Lena s'était même déplacée jusque chez elle pour lui faire signer des papiers. Heureusement, cette dernière ne demanda pas à entrer plus loin que le seuil. Lena expédia la signature dans le hall en moins de dix minutes avant de retourner au salon, où Sam l'attendait.
Eh bien, je suis impressionnée… Quand tu dis "télétravail", c'est vraiment du travail, souffla Sam, un peu dépitée.
Pourquoi ? demanda Lena, prenant place à ses côtés sur le canapé tout en récupérant son ordinateur pour le poser sur ses genoux. Elle devait encore parcourir quelques documents avant de rappeler son directeur financier. La situation ayant évolué sur plusieurs points, le business plan allait devoir être revu, comme elle l'avait anticipé.
Eh bien, quand je travaille à la maison, mon ordinateur est allumé, mais… Sam grimaça, visiblement gênée par ce qu'elle s'apprêtait à avouer. Je passe la plupart de mon temps à faire autre chose.
Donc, tu te mets en télétravail, mais tu ne travailles pas vraiment ? releva Lena, un sourcil légèrement arqué.
Sam fit une nouvelle grimace. Disons que… si, mais… Je travaille à rendre ma maison plus présentable. Parce que je n'ai pas vraiment le temps de m'en occuper quand je rentre le soir. Bon, d'accord, je sais, ce n'est absolument pas professionnel.
Lena esquissa un sourire amusé, une étincelle malicieuse dans le regard. Ah, tout s'explique alors, lança-t-elle en refermant son ordinateur, décidée à jouer un peu.
Sam, intriguée, plissa les yeux. Qu'est-ce qui s'explique ?
Le fait que tu sois toujours en train de me perturber, répondit Lena avec une pointe de taquinerie. Clairement, tu es une experte pour trouver des distractions… même quand tu es censée travailler.
Sam ouvrit la bouche, faussement indignée. Je ne te perturbe pas !
Non ? rétorqua Lena en croisant les bras, un sourire en coin. Alors, qui est-ce qui m'a interrompue cinq fois aujourd'hui pour "juste poser une question"… ou pour "voir si je voulais un café", même si tu n'en prenais pas ?
Sam se mordilla la lèvre, visiblement coupable mais incapable de nier. Bon, d'accord, j'admets que j'ai un peu exagéré… Mais c'est parce que… tu travailles trop ! Sérieusement, Lena, même ta secrétaire t'apporte des documents chez toi.
Et toi, tu as trouvé une excellente manière de te rendre indispensable pour que je m'arrête quelques minutes, non ? ajouta Lena, sa voix teintée de douceur cette fois.
Sam roula des yeux, mais elle ne put s'empêcher de sourire en retour. C'est ça, tourne ça à ton avantage.
Toujours, répondit Lena avec un clin d'œil. Maintenant, dis-moi, qu'est-ce que tu veux vraiment ? Une pause ? Une excuse pour m'arracher à mes documents ?
Peut-être un peu des deux… et peut-être que j'ai envie de t'entendre dire que je ne suis pas si perturbante que ça, lança Sam avec un sourire malicieux.
Lena éclata de rire. Oh, Sam, crois-moi, tu es exactement aussi perturbante que ça… mais dans le bon sens.
Sam rougit légèrement, mais le sourire qui étira ses lèvres trahissait son plaisir. Je vais prendre ça comme un compliment.
Tu peux, confirma Lena avant de reprendre son ordinateur. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je dois ajuster ce budget prévisionnel… sauf si tu comptes encore me perturber un peu ?
Sam marqua une pause, feignant une intense réflexion, avant de se lever avec un soupir exagéré et un air faussement résigné. D'accord, travaille. Mais je te préviens, à 18 heures, je ne garantis plus rien.
Lena esquissa un sourire amusé en retournant à ses documents. Je compte bien sur toi pour ça, répondit-elle, le regard pétillant de malice.
(...)
