Chapitre 75 : Portails et Alliances

Circé, la grande enchanteresse, se tenait dans une pièce éclairée par des chandelles, la lumière dansante projetant des ombres mouvantes sur les murs de pierre de son sanctuaire. Malgré l'inquiétude qui pesait sur son cœur, elle conservait un calme souverain. Ses gestes étaient lents, calculés, comme si chaque mouvement était une part d'un plan plus vaste. Devant elle, un autel d'une élégance ancienne, gravé de runes mystérieuses et couvert de reliques. Des volutes de fumée s'échappaient d'un encensoir doré, parfumant l'air d'une odeur douce et mystique.

Cela faisait des jours que Dracula, son époux bien-aimé, avait disparu, happé dans un autre monde. Leur lien, si profond et ancien, s'était momentanément obscurci, comme un fil coupé par un destin capricieux. Mais Circé ne pouvait se permettre de céder à la peur. Elle savait qu'il était encore vivant, quelque part, perdu dans une dimension lointaine. Et pourtant, une partie d'elle, nourrie par l'amour, s'inquiétait sans relâche.

Posant une main délicate sur un ancien grimoire, Circé murmura des paroles d'une langue oubliée. Son regard se perdit un instant dans les flammes des chandelles, se rappelant la première fois où elle avait rencontré Dracula.

Mais Circé n'était pas du genre à s'effondrer sous le poids de l'émotion. Au contraire, elle canalisait cette inquiétude en énergie pure. Avec des gestes gracieux, elle traça des symboles lumineux dans l'air, chacun d'eux résonnant avec une puissance ancienne. Le cercle qu'elle avait préparé au sol s'illumina d'une lueur bleuâtre, vibrant de magie. C'était une incantation complexe, destinée à traverser les mondes.

« Ciri... » murmura-t-elle doucement, son esprit se concentrant sur la voyageuse interdimensionnelle.

Circé avait toute confiance en Ciri. Elle se souvenait encore du jour où elle et Dracula avaient aidé la jeune femme à combattre la Chasse Sauvage, ces cavaliers maudits qui la traquaient sans relâche. À cette époque, Ciri avait montré un courage indomptable, une volonté de fer, et Circé avait vu en elle une force rare, presque semblable à la sienne. Elle savait que si quelqu'un pouvait retrouver Dracula, c'était Ciri. La jeune femme avait traversé tant de dimensions, défiant les lois de l'espace et du temps. Elle serait la clé pour le ramener.

Circé acheva son incantation d'une voix douce mais ferme, chaque mot résonnant dans l'espace autour d'elle. Une lumière blanche éclata au centre du cercle magique, envoyant un éclat vibrant dans l'éther, un appel clair destiné à traverser les barrières entre les mondes et à atteindre la voyageuse.

« Aide-moi à le retrouver, Ciri. Dracula a besoin de toi... et moi aussi. »

Les runes autour du cercle brillèrent un instant de plus avant de s'éteindre, laissant la pièce dans un silence lourd de signification. Circé ferma les yeux un moment, laissant son esprit se calmer. Elle savait que son message avait été envoyé. Il ne restait plus qu'à attendre une réponse, et elle avait confiance que Ciri répondrait à l'appel.

La pièce se remplit à nouveau du crépitement des chandelles, et le murmure de la magie s'estompa dans l'air. Circé, bien que calme en apparence, se tenait droite, le regard fixé sur l'horizon, prête à tout pour retrouver celui qu'elle aimait. Elle avait éveillé une puissance ancienne, et désormais, le destin de Dracula était entre les mains de la voyageuse.

Sous le ciel chargé de nuages sombres, la tension était palpable. Carrie et Eleven se tenaient côte à côte, les visages tendus, leurs regards fixés sur l'ombre imposante de Randall Flagg. Le vent soufflait violemment autour d'eux, faisant tourbillonner poussière et débris. Flagg, leur père biologique, se tenait à distance, un sourire narquois aux lèvres, convaincu que la Terre était enfin à sa portée. Il croyait que sans Dracula, rien ne pourrait l'empêcher de mettre son plan en œuvre. Mais il avait sous-estimé la force de ses propres filles.

« Vous pensez pouvoir m'arrêter, vous deux ? » ricana Flagg, ses yeux perçant les ténèbres comme des flammes. « Vous êtes fortes, c'est vrai. Mais vous n'êtes pas assez puissantes pour contrer ce que j'ai prévu. »

Carrie échangea un regard rapide avec Eleven, un mélange de peur et de détermination brillant dans ses yeux. « Il pense qu'on est faibles parce que Dracula n'est pas là », murmura-t-elle.

Eleven hocha la tête, serrant les poings, sentant l'énergie brute circuler dans son corps. « Il a tort. Nous ne sommes plus des enfants terrifiées. »

Flagg leva une main, et instantanément, l'air autour d'eux sembla s'épaissir. Un grondement sourd monta du sol, comme si la Terre elle-même réagissait à la présence de cette puissance maléfique. Ses doigts se ployèrent lentement, et le ciel s'assombrit davantage. Une énergie noire émergea de ses paumes, tourbillonnant dans l'air comme une tempête d'ombres. À ses pieds, un artefact ancien, un objet mystérieux et complexe, pulsait avec une lumière malsaine. Cet artefact était la clé de son plan, la source de la destruction qu'il comptait libérer sur le monde.

Carrie sentit l'énergie croître autour de Flagg et réagit instinctivement. Elle étendit ses bras, ses yeux brillant d'un éclat rouge. Avec un simple geste, elle envoya des vagues de télékinésie puissantes vers Flagg. Les débris autour d'eux se soulevèrent, projetés dans sa direction avec une force brutale.

Mais Flagg, avec un simple mouvement de la main, renversa l'attaque. Les pierres et les morceaux de métal s'arrêtèrent net avant de retomber au sol comme des feuilles mortes. « Pathétique », grogna-t-il, sa voix teintée de mépris.

Eleven n'attendit pas une seconde de plus. Concentrant ses forces, elle leva les bras et ferma les yeux, son nez saignant légèrement alors que son pouvoir s'intensifiait. Soudain, une vague d'énergie pure explosa depuis le centre de son corps, créant un choc télékinésique qui fit vibrer l'air et le sol. Flagg fut forcé de reculer, surpris par la puissance combinée des deux jeunes femmes.

« Pas mal », marmonna Flagg en se redressant, une lueur de surprise dans ses yeux. « Mais vous ne comprenez pas encore l'ampleur de ce que je suis. »

Soudain, il leva ses deux bras et la terre sous leurs pieds se fissura. Des tentacules d'énergie noire jaillirent du sol, se tordant dans l'air comme des serpents, se dirigeant à toute vitesse vers Carrie et Eleven. Les deux jeunes femmes esquivèrent habilement les premières attaques, mais Flagg accéléra le rythme, forçant Carrie à utiliser toute sa concentration pour contrer chaque mouvement. Ses mains dansaient dans l'air, ses pouvoirs soulevant des boucliers invisibles pour bloquer les frappes de leur père.

« Tu ne nous as jamais aidées ! » cria Carrie, sa voix brisée par l'émotion. « Tout ce que tu as fait, c'est semer la destruction autour de nous. »

« Je vous ai donné la vie », répondit Flagg, sa voix résonnant dans l'air comme un tonnerre lointain. « Et maintenant, je vais vous montrer ce que cela signifie vraiment d'avoir du pouvoir. »

Alors qu'il s'apprêtait à lancer une nouvelle attaque, Eleven leva la main, concentrant toute son énergie sur l'artefact qui pulsait à ses pieds. Elle savait qu'il était la source de son pouvoir actuel, l'outil dont il comptait se servir pour plonger le monde dans le chaos.

« Carrie, l'artefact ! » cria Eleven. « Si on le détruit, il perdra une partie de sa puissance ! »

Sans hésiter, Carrie se concentra sur l'objet.. En un instant, elle lança toute sa force télékinésique sur l'artefact. L'impact fut violent, une explosion d'énergie noire déferla dans toutes les directions. Le sol trembla violemment sous leurs pieds alors que l'artefact se fissurait, crachant des éclairs d'énergie incontrôlable.

Flagg hurla de rage. Il tenta de maintenir le contrôle de l'artefact, mais l'objet s'effritait déjà sous l'attaque combinée des deux jeunes femmes. Des éclats d'énergie jaillissaient de plus en plus fort, tandis que Carrie et Eleven poussaient leur pouvoir à son paroxysme, chacun de leurs mouvements visant à détruire ce symbole de pouvoir maléfique.

Dans un cri déchirant, l'artefact explosa, libérant une onde de choc si puissante qu'elle projeta Flagg en arrière. Ses yeux flamboyaient de colère, mais il savait qu'il avait perdu cette bataille. Le plan qu'il avait mis en place depuis des mois venait de s'effondrer devant lui, anéanti par ses propres filles.

Se relevant avec difficulté, Flagg les observa, ses lèvres tordues en un sourire cruel. « Vous pensez avoir gagné ? » cracha-t-il, essuyant le sang qui coulait de sa bouche. « Vous n'avez fait que retarder l'inévitable. Vous n'êtes rien sans Dracula. »

Eleven, respirant difficilement, fixa Flagg avec une détermination glaciale. « Nous sommes bien plus que tu ne le penses. »

Flagg, comprenant qu'il ne pouvait pas continuer le combat dans cet état, recula, un portail d'ombre s'ouvrant derrière lui. « Très bien », dit-il, sa voix devenant un murmure sombre. « Jouez à ce petit jeu... mais la prochaine fois, vous n'aurez pas cette chance. »

Et avant que Carrie ou Eleven ne puissent réagir, Flagg disparut dans le portail, laissant les deux jeunes femmes seules au milieu des débris. L'artefact n'était plus qu'un tas de cendres, et le silence s'abattit sur la scène, brisé uniquement par le souffle lourd des deux héroïnes.

Carrie jeta un regard à Eleven, un mélange de fierté et de soulagement dans ses yeux. « On l'a fait. »

Eleven hocha la tête, essuyant le sang sur son visage. « Mais ce n'est pas fini. Il reviendra. Et cette fois, on doit être prêtes. »

Les deux jeunes femmes, malgré l'épuisement, se tenaient droites, prêtes à faire face à tout ce que l'avenir leur réservait.

Sous la lumière éclatante du soleil de midi, la réunion des Piliers se déroulait dans une tension à peine dissimulée. Dracula avait prouvé sa force et gagné leur respect après plusieurs duels. Les pourfendeurs, bien que méfiants au départ, avaient commencé à voir en lui un potentiel allié dans leur lutte contre les démons. Kagaya Ubuyashiki, toujours calme et sage, supervisait la scène avec une attention particulière, observant chaque détail.

Mais alors que l'atmosphère commençait à se détendre, un léger frémissement parcourut l'air. Les pourfendeurs, avec leur instinct aiguisé, sentirent immédiatement quelque chose de différent. Une énergie étrange et perturbante s'infiltrait dans l'air, comme une vibration magique qui secouait les feuilles des arbres alentour. Un souffle de vent surnaturel parcourut l'espace, et soudain, l'environnement changea subtilement, comme si une force invisible se préparait à se manifester.

Sanemi Shinazugawa, le Pilier du Vent, fut le premier à réagir, son épée déjà dégainée. « Qu'est-ce que c'est encore ?! » aboya-t-il, ses yeux cherchant une menace imminente.

Kyojuro Rengoku, toujours prêt à agir, posa une main rassurante sur le manche de son épée, les yeux étincelant d'une excitation contenue. « Je sens une grande puissance... mais cela ne ressemble pas à l'énergie démoniaque habituelle. Soyez en garde ! »

Les autres Piliers se redressèrent, leurs sens en alerte maximale. Le sol sous leurs pieds tremblait légèrement, et un tourbillon d'énergie lumineuse commença à se former devant eux, distordant l'air comme une porte qui se fracturait entre deux mondes.

Dracula, quant à lui, demeurait immobile, les yeux plissés alors qu'il observait attentivement le phénomène. Ce n'était pas une énergie qu'il associait aux démons de ce monde, mais quelque chose d'autre... quelque chose de plus familier. Un souvenir lointain s'éveilla en lui alors que le portail s'ouvrait lentement.

Le tourbillon s'élargit, et une lumière blanche en jaillit. Une silhouette apparut d'abord dans l'éclat du portail, suivie d'une autre. C'était une femme jeune, aux cheveux blancs argentés, portant une armure de cuir élégante et pratique, et à ses côtés se tenait un homme imposant en armure, avec deux épées croisées dans son dos.

Leurs tenues médiévales européennes contrastaient fortement avec l'atmosphère japonaise traditionnelle des pourfendeurs. La femme aux cheveux blancs fit un pas en avant, son regard perçant balayant les environs avec assurance. L'homme à ses côtés, plus réservé mais tout aussi imposant, jaugeait silencieusement les pourfendeurs.

« Qui sont-ils ? » murmura Mitsuri Kanroji, le Pilier de l'Amour, les yeux grands ouverts d'émerveillement. « Ils n'ont pas l'air de démons... mais je n'ai jamais vu de guerriers comme eux. »

Sanemi, toujours sur la défensive, serra son épée et gronda. « Peu importe d'où ils viennent, nous ne savons pas s'ils sont alliés ou ennemis ! »

Mais avant que les tensions ne puissent monter davantage, Dracula fit un pas en avant. Un sourire discret étira ses lèvres alors qu'il observait la jeune femme. Il la connaissait. Il l'avait déjà rencontrée, dans des circonstances tout aussi extraordinaires.

« Ciri », dit-il d'une voix calme mais assurée. « Voilà bien longtemps que nous ne nous étions pas croisés. »

À la surprise des pourfendeurs, la femme aux cheveux blancs — Ciri — sourit en retour, un mélange de soulagement et de respect dans ses yeux.

« Dracula... Gabriel, » répondit-elle. « Je suis heureuse de te retrouver. Circé m'a envoyé te chercher. »

À ces mots, l'atmosphère changea immédiatement. Les pourfendeurs, qui s'étaient mis sur la défensive à l'apparition de ces deux étrangers, baissèrent progressivement leur garde. La simple reconnaissance entre Dracula et Ciri suffisait à apaiser leur méfiance. Le lien de confiance que Dracula avait établi avec eux jouait en sa faveur.

Tengen Uzui, toujours extravagant, éclata d'un rire amusé. « Alors, il semble que ces étrangers sont des amis, après tout ! Quelle entrée dramatique, je dois dire. »

Giyu Tomioka, le Pilier de l'Eau, observait en silence, ses yeux restant fixés sur Geralt. Il sentait que cet homme, bien qu'allié, dégageait une aura de danger, semblable à celle de Dracula.

Dracula s'avança vers Ciri et Geralt, ses pas lourds résonnant sur le sol. « Je suppose que Circé s'inquiète de ma disparition, » déclara-t-il en souriant légèrement, ses yeux jetant un regard complice à Ciri. « Mais qui est ce guerrier à tes côtés ? »

Geralt de Riv, d'un ton neutre mais respectueux, se présenta en inclinant légèrement la tête. « Je suis Geralt de Riv, un sorceleur. Je traque et élimine les monstres pour vivre, mais dans ton cas, Dracula, je pense que nous pouvons discuter avant d'en venir aux épées. »

Un murmure s'éleva parmi les pourfendeurs. L'idée de traquer des monstres rappelait étrangement leur propre mission, bien que Geralt semblait opérer dans un univers bien différent. Cependant, les pourfendeurs ne purent s'empêcher de sentir une forme de respect mutuel grandir à l'égard de cet homme qui, comme eux, combattait les créatures de la nuit.

Shinobu Kocho, toujours souriante, s'approcha doucement, les yeux plissés d'une curiosité aiguisée. « Un sorceleur, dites-vous ? Vos méthodes semblent proches des nôtres. Peut-être que nous ne sommes pas si différents après tout. »

Geralt, un homme de peu de mots, hocha la tête en réponse, tout en observant l'environnement avec une vigilance constante. « Peut-être, » répondit-il simplement.

Dracula, toujours aussi impassible, fit un pas en avant, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. Il connaissait le type d'homme qu'était Geralt, un guerrier pragmatique, calculateur mais respectueux.

« Tu as enfin retrouvé ton père, » dit Dracula en se tournant vers Ciri, ses yeux perçant la distance qui les séparait. « Je suis content pour toi. Et la Chasse Sauvage ? »

Geralt répondit avant que Ciri ne puisse parler, sa voix grave résonnant avec une satisfaction discrète. « Nous l'avons détruite. »

Un sourire rare et sincère se dessina sur les lèvres de Dracula, une lueur de soulagement passant brièvement dans ses yeux. « Je suis heureux que ce problème soit enfin réglé, » murmura-t-il. Ses mots étaient empreints d'un profond respect, conscient de la lutte épique qu'avait été la destruction de la Chasse Sauvage.

Le tourbillon du portail commençait à s'apaiser, et l'énergie dans l'air se stabilisait. Mais même après la fermeture du portail, l'aura mystérieuse et puissante qui accompagnait Ciri et Geralt restait palpable, laissant les pourfendeurs intrigués par ces nouveaux venus et leur histoire.

Dracula, après un bref échange de regards avec Geralt, se tourna vers les pourfendeurs et s'adressa à eux avec un respect sincère dans la voix. « Ces deux-là sont des alliés de confiance. Je les connais bien. »

Sous le regard attentif des pourfendeurs, Ciri se tourna vers Dracula, ses yeux trahissant une certaine gravité. Elle croisa les bras et soupira légèrement, consciente que le moment qu'ils avaient partagé jadis dans une autre dimension n'était plus qu'un souvenir. La réalité présente exigeait leur attention immédiate.

« Circé s'inquiète beaucoup pour toi, Dracula, » commença Ciri d'une voix calme mais résolue. « Depuis ta disparition, elle n'a cessé de chercher un moyen de te retrouver. Elle savait que tu étais piégé dans un autre monde, mais elle ne pouvait pas te localiser avec précision. Alors elle m'a envoyé. »

Dracula hocha la tête, comprenant l'urgence de la situation, bien que son expression restât impassible. Il ressentait l'inquiétude de Circé, même à travers les mots de Ciri, mais il était trop discipliné pour laisser cela l'affecter.

« Et je suppose que notre voyage de retour ne sera pas aussi simple, n'est-ce pas ? » répondit Dracula en croisant ses bras, son ton plus curieux que préoccupé.

« Non, » répliqua Ciri. « Il y a une dimension instable que nous devons traverser avant de pouvoir revenir dans ton monde. Un détour inévitable. » Elle se tourna vers Geralt, puis vers les pourfendeurs, avant de continuer. « Il pourrait y avoir des complications en chemin. C'est pourquoi je voulais m'assurer que tu étais prêt. »

Dracula haussa un sourcil, mais ne sembla pas particulièrement troublé. « Un détour... » murmura-t-il, pensif. « Eh bien, il semblerait que j'aie encore des aventures devant moi. »

Kyojuro Rengoku, toujours fasciné par ce qui se passait autour de lui, s'avança d'un pas enthousiaste. « C'est incroyable ! Vous voyagez entre les mondes comme si c'était une simple promenade ! Mais dites-moi, » ajouta-t-il en se tournant vers Geralt, « vous êtes un sorceleur, c'est bien cela ? Pouvez-vous nous en dire plus ? Vos compétences semblent similaires aux nôtres. »

Geralt, bien que généralement réservé, prit la parole, conscient que les pourfendeurs étaient curieux de ses capacités. « Les sorceleurs sont des chasseurs de monstres. Nous sommes créés pour combattre des créatures surnaturelles. »

Il fit une pause, observant les visages attentifs des pourfendeurs, avant de continuer. « Nous subissons des mutations qui nous donnent des réflexes accrus, une résistance aux poisons, et des capacités de guérison rapides. Nous utilisons aussi des potions spéciales pour augmenter temporairement notre force, notre vitesse, ou notre perception. »

Tengen Uzui, toujours attiré par tout ce qui était extravagant, s'approcha avec un grand sourire. « Des potions ?! C'est incroyablement flashy ! Je dois voir cela de mes propres yeux ! »

Geralt esquissa un sourire rare mais amusé devant l'enthousiasme de Tengen. Il glissa la main à sa ceinture et en sortit une petite fiole d'un liquide bleuâtre. « Celle-ci est une potion de perception. Elle augmente mes sens pendant un court instant, mais en contrepartie, elle est toxique pour mon corps. » Il rangea la fiole dans sa poche avant de montrer ses deux épées. « Quant à mes épées, celle en acier est pour les créatures naturelles, et celle en argent pour les créatures surnaturelles. »

Shinobu Kocho, la Pilier de l'Insecte, s'avança à son tour, le sourire toujours mystérieux sur ses lèvres. « Vous êtes un chasseur de créatures surnaturelles, alors nos objectifs se rejoignent. Mais dites-moi, Geralt, avez-vous déjà affronté des créatures aussi dangereuses que nos démons ? »

Geralt fronça légèrement les sourcils, réfléchissant. « J'ai affronté des créatures terrifiantes dans mon monde, des vampires, des spectres, des goules... mais je dois admettre que je ne connais pas les démons que vous combattez ici.. »

Il lança un regard vers Dracula, comme pour souligner la différence entre les monstres qu'il connaissait et l'entité puissante devant lui.

Dracula sourit légèrement à cette remarque. « Les démons de ce monde sont en effet uniques, mais j'imagine que vous seriez capable de les affronter sans trop de difficultés. »

Ciri, souhaitant revenir à l'essentiel, prit la parole, interrompant les échanges amicaux. « Dracula, je sais que ces pourfendeurs t'ont impressionné, mais nous devons partir bientôt. La dimension instable que je mentionnais pourrait poser des risques si nous traînons trop longtemps ici. »

Les pourfendeurs écoutèrent attentivement, même si la mention d'une « dimension instable » leur semblait abstraite et étrange. Mitsuri Kanroji, touchée par la relation de confiance visible entre Ciri et Dracula, exprima son avis avec douceur. « Vous avez partagé beaucoup de choses ensemble, n'est-ce pas ? Cela se voit dans la manière dont vous vous parlez. »

Dracula hocha la tête. « Nous avons combattu côte à côte contre la Chasse Sauvage, une menace qui traverse les dimensions pour détruire tout sur son passage. »

Ciri, souriant doucement à ce souvenir, se tourna vers les pourfendeurs. « Dracula est un allié de confiance. Il m'a aidé en luttant contre la Chasse Sauvage.. »

Dracula, se tournant une dernière fois vers Ciri, acquiesça. « Si Circé t'a envoyée, alors je sais que je peux compter sur toi pour nous ramener. »

Ciri hocha la tête en signe de reconnaissance. « Prépare-toi, Dracula. Nous partirons bientôt. Mais sache qu'il faudra affronter des défis avant de retourner dans ton monde. »

Les pourfendeurs, bien que silencieux, observaient avec un respect grandissant la relation de confiance et de camaraderie qui se dégageait de l'interaction entre Ciri, Geralt, et Dracula. Pour eux, il était clair que ces étrangers venus d'ailleurs n'étaient pas des ennemis, mais des alliés puissants qui avaient traversé des épreuves bien plus grandes que celles auxquelles ils avaient été confrontés jusqu'à présent.

Dracula se tourna vers les pourfendeurs, ses yeux scrutant chacun d'entre eux. Son regard, bien qu'austère, portait une lueur de respect. Il savait que leur mission contre les démons était d'une importance capitale pour leur monde, mais également qu'il ne faisait plus partie de cette lutte. Il prit une profonde inspiration, sentant le poids des attentes sur ses épaules, avant de parler d'une voix grave et assurée.

« Je n'ai aucun doute que vous réussirez à vaincre les démons. Vous êtes des guerriers redoutables, chacun doté de compétences uniques. Votre force et votre détermination sont plus que suffisantes pour anéantir le mal qui hante ce monde. Vous n'avez pas besoin de mon aide. »

Les pourfendeurs l'écoutaient en silence. Certains d'entre eux, comme Giyu Tomioka, gardaient leur visage impassible, mais l'aura de respect qui émanait de chacun d'eux était palpable. Kyojuro Rengoku, fidèle à son caractère passionné, s'avança, le sourire large et sincère.

« Tu nous honores, Seigneur Dracula, par tes paroles. » Sa voix était empreinte de chaleur, et son regard brillait d'admiration. « Ton passage ici a été éclairant. Peu importe que nous soyons de différents mondes, je sais que nous avons appris beaucoup de toi, et pour cela, je te suis reconnaissant. »

Dracula inclina la tête en signe de respect. « Le respect est mutuel, Rengoku. Vos flammes sont puissantes, et votre cœur brûle avec une ardeur que peu peuvent égaler. »

Sanemi, toujours aussi agressif, garda les bras croisés, mais même lui n'osa pas rompre l'atmosphère solennelle. Mitsuri Kanroji, plus émotive, avait les yeux légèrement humides. Elle sentait que ce départ marquait la fin d'une rencontre rare, peut-être même unique.

« Dracula, » commença-t-elle doucement, « c'était un honneur de te rencontrer. J'espère que là où tu vas, tu trouveras la paix avec ceux que tu aimes. »

Un mince sourire traversa les lèvres de Dracula à cette déclaration, bien qu'il n'ait jamais cherché la paix pour lui-même. Il appréciait la douceur de Mitsuri, sa capacité à voir la lumière même dans l'obscurité.

Alors que le portail commençait à se former derrière lui, Ciri s'avança, levant la main pour stabiliser l'énergie magique. Ses yeux verts brillaient d'une lueur déterminée, et elle hocha la tête en direction de Dracula, prête à repartir.

Geralt, quant à lui, prit un instant pour observer les pourfendeurs. Son regard alla de l'un à l'autre, analysant silencieusement leurs compétences et leur dévouement. Enfin, il rompit le silence, sa voix grave mais respectueuse.

« Vous êtes des guerriers redoutables. Chacun de vous porte en lui une force que je n'ai rencontrée que chez peu d'hommes dans mes voyages. » Il hocha la tête, un respect tacite dans ses paroles. « Vous avez un combat difficile devant vous, mais je n'ai aucun doute que vous en sortirez victorieux. Peut-être que nos chemins se croiseront à nouveau un jour. »

Tengen Uzui, toujours aussi flamboyant, esquissa un sourire large. « J'espère que ce jour-là sera aussi flashy que nos batailles. Ça serait une rencontre digne des plus grandes légendes. »

Shinobu Kocho, avec son sourire énigmatique, ajouta : « Peut-être qu'à cette occasion, nous pourrons comparer nos méthodes de chasse aux créatures surnaturelles. »

Geralt sourit en coin, amusé par leur enthousiasme. Il n'était pas homme de grandes déclarations, mais il appréciait la camaraderie naissante.

Le portail, maintenant stable, illuminait la clairière d'une lumière vive et tourbillonnante. Dracula fit un dernier geste de tête en direction de Kagaya Ubuyashiki, dont le visage bienveillant et calme ne montrait aucun signe de doute. Le chef des pourfendeurs hocha simplement la tête, un geste silencieux mais chargé de compréhension.

« Bonne chance à vous tous, » dit Dracula avant de franchir le portail, suivi de Ciri et Geralt.

Le portail se referma lentement derrière eux, ne laissant derrière lui que le bruissement des feuilles sous la brise légère. Les pourfendeurs, bien qu'encore sur leurs gardes, étaient maintenant marqués par une nouvelle compréhension et un respect silencieux pour le Seigneur des Ténèbres. Leur combat contre Muzan continuait, mais ils savaient qu'ils n'étaient pas seuls dans cette vaste guerre contre les forces du mal, même si leur allié avait désormais pris un autre chemin.